Stade des Expos (2022)

L’emplacement du stade prend forme sur papier

Des plans préparés par des ingénieurs de Stantec confirment que le projet est loin d’être en dormance

MARTIN JOLICOEUR

Samedi, 2 octobre 2021 00:00MISE À JOUR Samedi, 2 octobre 2021 00:00

Le Groupe Baseball Montréal a beau tout faire pour calmer le jeu, en coulisse, le clan Bronfman s’active à continuer de faire progresser son projet de construction de stade de baseball.

Au cours des derniers jours, Le Journal a mis la main sur des plans d’implantation du futur stade à voir le jour dans la zone industrielle visée du quartier Pointe-Saint-Charles, mieux connue sous le nom de Bassin Wellington.

Préparés par la firme de génie-conseil albertaine Stantec, les plans montrent l’ampleur du projet à venir, l’orientation du stade de 440 000 pi2, le lieu précis où il serait érigé, et les terrains et immeubles probablement voués à l’expropriation.

Parmi eux, sans doute, l’immense centre multifonctionnel de Loto-Québec, tout juste en face de l’entrepôt Costco de la rue Bridge, semble parmi les plus à risque.

Ces plans, signés par Stantec, portent la date du 27 avril 2021, indiquant que loin d’être en dormance, le projet d’équipe de baseball professionnel mené par le clan Bronfman continuait d’aller bon train au printemps dernier, tandis que la province entamait tout juste son déconfinement.

Silence radio des parties

La haute direction de Stantec n’a pas donné suite à nos nombreuses demandes d’entrevues, soumises tant à Montréal qu’à son siège social d’Edmonton, au cours des derniers jours.

Pour mémoire, l’albertaine a racheté les restes de Dessau en 2014, dont la réputation avait été sérieusement entachée dans la foulée de la commission Charbonneau.

Mais une source indépendante, œuvrant au sein de la société-conseil, a confirmé au Journal que ce plan qui porte la signature de Stantec reflète bien une part du travail accompli par ses professionnels dans le dossier du stade montréalais.

Même silence de la part de Claridge, la société d’investissement de Stephen Bronfman, fils héritier du milliardaire montréalais et ex-actionnaire des Expos, Charles Bronfman. Son PDG, Pierre Boivin, n’a pas donné suite à notre demande d’entretien pour discuter des plans.

Enfin, le Groupe Baseball Montréal (GBM) n’a pas non plus souhaité discuter des plans obtenus ni confirmer avoir octroyé un mandat d’ingénierie à la firme Stantec pour la production de tels plans d’implantation.

Les discussions se poursuivent

Peu de temps après avoir été contacté par Le Journal, GBM diffusait hier un communiqué de quatre phrases, par lequel il indiquait continuer de « travailler au développement du projet des villes sœurs » avec Tampa Bay, ainsi qu’avec plusieurs acteurs issus entre autres des milieux de l’architecture et du développement économique.

« Nous devons poursuivre notre démarche avec rigueur jusqu’à ce que nous soyons en mesure de partager une vision complète et inclusive qui suscitera l’appui de la communauté », a déclaré Stephen Bronfman. Ce dernier en a profité pour nier l’information selon laquelle une annonce des promoteurs était prévue pour le lendemain des élections municipales de Montréal. « Aucune annonce concernant le projet » n’est envisagée le 7 novembre, « ni dans les jours ou semaines suivants », dit le communiqué.

Le site choisi, connu sous le nom du Bassin Wellington, est une vaste zone industrielle et commerciale de Pointe-Saint-Charles, enclavée par le canal Lachine et des voies ferrées. Des milliers de navetteurs la traversent soir et matin pour atteindre le pont Victoria, qui lie Montréal et la Rive-Sud.

Selon les plans de Stantec, l’immense centre multifonctionnel de Loto-Québec et son stationnement étagé, de 350 000 pi2, tout juste en face du magasin Costco de la rue Bridge, semblent à risque d’expropriation. Il en va de même d’une portion des installations du plus grand producteur de céréales et farines au Canada, P&H Milling Group, dont les silos à grains et entrepôts se trouvent au bout de la petite rue Oak, qui risque aussi de disparaître sous le futur stade.

Les coûts de construction de ce dernier pourraient, dit-on, dépasser le milliard de dollars. Québec envisage la possibilité de contribuer au projet.

  • Avec la collaboration de Jean-Louis Fortin
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Projet de stade de baseball

Une manche corsée entre Legault et Nadeau-Dubois


PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE
Le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois

(Québec) Le premier ministre François Legault a dit une chose et son contraire quant à l’idée d’investir des fonds publics dans le projet de stade de baseball du groupe de Stephen Bronfman au cours d’échanges virulents avec le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois.

Publié le 8 décembre 2021 à 17h00
TOMMY CHOUINARD
LA PRESSE

Lors de la période des questions à l’Assemblée nationale, mercredi, le député de Gouin a demandé à M. Legault de ne pas mettre « une cenne dans le stade privé de Stephen Bronfman », parce que les Québécois « ont d’autres priorités ». « Mon steamé, au baseball, je l’aime all dressed ketchup, mais pas d’argent public ! », a-t-il lancé.

François Legault lui a aussitôt reproché un gazouillis envoyé sur Twitter la veille dans lequel il disait que « mettre des millions dans une demi-équipe de baseball pendant que les aînés mangent de la bouette, c’est ça, la vision de la CAQ ».

« Le chef de Québec solidaire nous dit qu’il veut faire de la nouvelle politique, qu’il veut faire ça moderne. Je n’ai jamais vu ça, de la bouette comme ça », a accusé le premier ministre. Il a ajouté que les « sparages sur Twitter » de M. Nadeau-Dubois ne sont « pas dignes d’un chef de parti ». Le président de l’Assemblée nationale, François Paradis, a dû intervenir à quelques reprises en raison de la tournure des échanges.

Sur le fond, François Legault a tenu des propos bien ambigus. Il a d’abord indiqué qu’« il n’est pas question que notre gouvernement mette un sou des contribuables là-dedans ». Mais lorsque Gabriel Nadeau-Dubois l’a relancé, il a précisé ensuite que « si jamais il y a un stade de baseball, ça ne va pas coûter un sou aux contribuables québécois ». En utilisant cette formule, il a en quelque sorte repris l’idée qu’il avait lui-même exprimée dans les derniers mois en se montrant ouvert à un soutien financier de l’État à coût nul pour les contribuables, qui tiendrait compte des retombées économiques du projet de Stephen Bronfman.

De son côté, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a réitéré que des discussions étaient en cours depuis quelques mois avec le groupe de M. Bronfman au sujet de son projet de 1 milliard de dollars comprenant notamment un stade de baseball. « Chaque projet économique, on les regarde. Pour moi, le baseball, c’est comme les Nordiques, c’est comme une mine, on les regarde tous », a-t-il affirmé. « S’il y avait une entente qui se ferait, c’est parce qu’on aurait conclu comme gouvernement qu’il y a des retombées économiques plus grandes que le coût, et il faudrait l’expliquer. Le gros débat, c’est comment on définit les retombées économiques. »

À Zone Économie ce soir

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Un message a été fusionné à un sujet existant : Secteur Bridge-Wellington (Devimco) - Jusqu’à 30 étages

Stade de baseball à Montréal Bronfman demande des centaines de millions à Québec

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

Vue aérienne du bassin Peel, site projeté par Stephen Bronfman et son équipe pour la construction d’un nouveau stade de baseball à Montréal

Le groupe de Stephen Bronfman demande à Québec une contribution financière pouvant aller jusqu’à quelques centaines de millions de dollars pour son projet de stade de baseball à Montréal, a appris La Presse. Le projet est d’une valeur totale d’environ 1 milliard de dollars. Si le gouvernement va de l’avant, ce sera à coût nul pour les contribuables et selon la formule suivante : une partie en subventions et une autre en prêts « pardonnables ».

Publié le 7 décembre 2021 à 5h00

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Tommy Chouinard

Tommy Chouinard La Presse

Vincent Brousseau-Pouliot

Vincent Brousseau-Pouliot La Presse

Un projet de 1 milliard

Le groupe de Stephen Bronfman demande une contribution financière pouvant aller jusqu’à quelques centaines de millions de dollars au gouvernement du Québec pour son projet d’environ 1 milliard qui comprend la construction d’un nouveau stade de baseball au bassin Peel, a appris La Presse.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Stephen Bronfman, président exécutif de la firme d’investissement Claridge, en 2019

Depuis février 2021, Claridge, la firme d’investissement de M. Bronfman, et le Groupe Baseball Montréal, le groupe de gens d’affaires mené par M. Bronfman qui veulent ramener une équipe du baseball majeur à Montréal, demandent une contribution financière à Québec dans le cadre du projet de stade de baseball au bassin Peel. Le groupe de M. Bronfman n’a jamais indiqué publiquement quelle somme il demandait.

Le Groupe Baseball Montréal n’a pas souhaité commenter le dossier.

Selon nos informations, le Groupe Baseball Montréal n’aurait pas fait une demande unique avec un chiffre précis au gouvernement du Québec. Les deux parties discutent plutôt de plusieurs scénarios de contribution financière. La quasi-totalité de ces scénarios se chiffre à au moins une centaine de millions de dollars. À titre d’exemple, l’un des scénarios évoqués revient à une contribution d’environ 300 millions de dollars pour Québec.

Le gouvernement Legault, qui étudie la demande, n’a pas encore pris de décision. Depuis des mois, Québec se dit ouvert à l’idée de faire une contribution financière, mais à coût nul pour les contribuables québécois.

« Si, demain matin, il y avait une équipe de baseball au Québec, des joueurs paieraient des impôts au Québec, des impôts qu’on n’aurait pas [sans équipe]. Donc, si on prend une partie de ces revenus d’impôts là, puis qu’on les donne à une entreprise qui nous amène cette entreprise-là, tout le monde est gagnant. […] Il faut s’assurer que le Québec va recevoir plus de retombées, donc d’entrées fiscales réelles, que le montant d’aide qui serait donné à [cette] entreprise », a dit le premier ministre du Québec, François Legault, en mars dernier. Il a réitéré essentiellement les mêmes propos le mois dernier lors d’une entrevue accordée à TVA Sports.

Selon nos informations, Québec considère dans ses calculs les recettes fiscales additionnelles générées par de l’argent provenant de l’extérieur du Québec (par exemple les impôts des joueurs ou la TVQ des touristes américains qui viendraient assister à un match), et une partie des retombées économiques provenant notamment de l’étranger.

Depuis le printemps 2019, M. Bronfman et son groupe ont comme projet de déménager les Rays de Tampa Bay à Montréal en garde partagée. Selon ce plan, l’équipe jouerait la moitié de ses matchs à domicile à Tampa Bay et l’autre moitié à Montréal. Le propriétaire des Rays, Stuart Sternberg, est d’accord avec ce projet. Il conserverait d’ailleurs une participation importante (voire majoritaire) dans l’équipe. Les Rays ont un bail valide à Tampa Bay jusqu’en 2027.

Ce concept d’équipe à temps partagé est unique : il n’y a pas d’équipe de sport professionnel partagée entre deux villes actuellement en Amérique du Nord.

Pour que ce projet se réalise, MM. Sternberg et Bronfman ont indiqué qu’il fallait construire un nouveau stade dans chacune des deux villes. Aucun stade ne sera construit sans l’assurance qu’une équipe y jouera – au moins pour la moitié de la saison. Le projet doit aussi obtenir l’aval du baseball majeur et du syndicat des joueurs.

À Tampa Bay, les Rays ont évoqué publiquement à la mi-novembre un scénario où les gouvernements locaux paieraient environ 50 % d’un nouveau stade en Floride. Les Rays sont disposés à payer environ 350 millions US pour leur nouveau stade évalué à 700 millions US.

Subventions et prêts

Selon nos informations, le projet soumis par M. Bronfman est d’une valeur de 1 milliard de dollars. Cette somme comprend à la fois le coût de construction d’un stade de baseball et d’autres infrastructures dans le quartier, près du stade.

Le groupe de M. Bronfman, qui n’a pas donné publiquement d’informations sur le financement de son projet pour l’instant, n’a jamais révélé ce chiffre.

Lors de la plus récente estimation publique, en 2013, une étude commandée en partie par M. Bronfman établissait le coût de la construction d’un nouveau stade (36 000 sièges) à 500 millions de dollars. En tenant compte de l’inflation, on arrive à 585 millions en 2021 uniquement pour le stade.

Selon nos informations, si Québec va de l’avant avec sa contribution financière, il envisage une partie en subventions et une autre partie sous forme de prêts à remboursement conditionnel (communément appelés « prêts pardonnables »).

Pour les subventions, l’argent serait ainsi versé au groupe de M. Bronfman sans condition autre que la venue de l’équipe à Montréal. Pour les prêts à remboursement conditionnel, l’argent serait éventuellement converti, en tout ou en partie, en subvention à la condition que le projet remplisse les paramètres de retombées fiscales/économiques sur lesquels les deux parties se sont entendues.

Plus de détails au début de l’année 2022 ?

Avant de prendre une décision définitive, Québec veut s’assurer que le projet d’un stade de baseball au bassin Peel, financé en partie par des fonds publics, obtienne une acceptabilité sociale suffisante à Montréal et au Québec.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

En 2019, le Groupe Baseball Montréal avait indiqué vouloir aménager au bassin Peel, entre autres, « un espace vert, un parc à l’intérieur du parc, accessible à la population, ouvert et inclusif ».

Au début de l’année 2022, peut-être dès janvier, le groupe de M. Bronfman envisage de faire une sortie publique pour donner davantage de détails sur son projet. Il s’agit du plan à l’heure actuelle, mais rien n’est coulé dans le béton.

La dernière fois que le groupe de M. Bronfman a donné des détails publiquement sur le projet, c’était en octobre 2019, à l’occasion de sa présentation lors de la consultation sur l’avenir du quartier du bassin Peel organisée par l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM).

En plus du stade de baseball, le Groupe Baseball Montréal avait alors indiqué vouloir aménager :

  • « un espace vert, un parc à l’intérieur du parc, accessible à la population, ouvert et inclusif, et dont l’aménagement permettra à plusieurs partenaires de la communauté de mieux desservir leurs clientèles » ;
  • des espaces à vocation spécialisée comme une clinique de médecine sportive, un centre de réhabilitation à vocation communautaire, un centre d’interprétation de l’histoire du quartier, un espace pour le Panthéon des sports du Québec ;
  • des espaces pour les organismes communautaires.

Dans son rapport rendu public en mars 2020, l’OCPM conclut qu’il faudrait une deuxième consultation sur ce projet « très controversé » de stade, qui devrait être analysé « sur la base d’un projet plus développé ». La présidente de l’OCPM à l’époque, Dominique Ollivier, est aujourd’hui numéro deux de l’administration Plante (elle est présidente du comité exécutif).

Le groupe de M. Bronfman doit d’ailleurs rencontrer la mairesse de Montréal Valérie Plante d’ici Noël, a indiqué le cabinet de la mairesse Plante. Il s’agira de leur première rencontre depuis la réélection de Valérie Plante.

Le terrain convoité par le groupe de M. Bronfman appartient au gouvernement fédéral (la Société immobilière du Canada), mais la Ville de Montréal possède aussi un droit de préemption – une sorte de droit de veto – sur ce terrain. Elle doit donc être d’accord en pratique pour que le projet de stade de baseball au bassin Peel voie le jour.

En attente d’une décision du baseball majeur

Pour que le projet d’une équipe de baseball à temps partagé entre Tampa Bay et Montréal aille de l’avant, il faut l’accord du baseball majeur et du syndicat des joueurs. Plus tôt en novembre, le propriétaire des Rays de Tampa Bay, Stuart Sternberg, a présenté son projet d’une équipe à temps partagé au comité exécutif du baseball majeur. Pour que le projet voie le jour, il doit être entériné par ce comité, puis par l’ensemble des propriétaires du baseball majeur. Le comité n’a pas voté sur le projet lors de cette réunion. Le commissaire Rob Manfred a indiqué qu’il y avait d’autres sujets plus pressants à l’ordre du jour. M. Sternberg estime pouvoir obtenir une décision du baseball majeur au cours des prochains mois. Le baseball majeur est en lock-out depuis le 1er décembre. Il s’agit du premier conflit de travail dans le baseball majeur depuis 1994.

Le calcul de Québec

Si le gouvernement Legault va de l’avant, il envisage de faire une contribution uniquement à la hauteur des recettes fiscales provinciales générées par le projet sur de l’argent provenant de l’étranger (par exemple, les impôts des joueurs ou la TVQ sur les dépenses des touristes américains venus à Montréal pour le baseball), ainsi qu’un pourcentage des retombées économiques générées par le projet, notamment sur l’argent provenant de l’étranger.

PHOTO MIKE CARLSON, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Les futurs joueurs des Expos-Rays paieraient en impôts québécois environ 4,25 millions de dollars par an, selon les calculs de La Presse.

Selon nos informations, Québec considère notamment quatre facteurs pour évaluer les retombées du projet :

  1. les impôts payés au Québec par les joueurs des Expos-Rays ;
  2. les recettes fiscales, pour Québec, générées par la construction du stade (une étude de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain évaluait ce montant à 55,6 millions en 2013 ; cela donne 65 millions en dollars de 2021 avec l’inflation) ;
  3. les recettes fiscales du Québec (par exemple, la TVQ) générées par les touristes de l’extérieur du Québec qui viendraient à Montréal pour voir les matchs des Expos-Rays ;
  4. un pourcentage des retombées économiques du projet, en particulier celles provenant des touristes étrangers venus à Montréal pour voir des matchs de baseball.

Québec n’a pas décidé sur quel horizon il calculerait les retombées fiscales du projet. En mars dernier, le premier ministre François Legault avait parlé d’un horizon de cinq ans.

En vertu des règles fiscales, les futurs joueurs des Expos-Rays paieraient en impôts québécois environ 4,25 millions de dollars par an, selon les calculs de La Presse (en présumant une masse salariale de 75 millions CAN pour l’équipe ; celle des Rays était de 71 millions CAN au début de la saison 2021).

Et dans 25 ans ?

Pour Québec, les joueurs des Expos-Rays généreraient environ des recettes fiscales de 106 millions sur 25 ans (sans tenir compte de l’inflation sur les salaires), selon les calculs de La Presse. En appliquant une inflation annuelle de 3 % des salaires, on arrive à des recettes fiscales de 155 millions sur 25 ans, selon les calculs de La Presse.

Une étude de 2013, financée par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Claridge et d’autres gens d’affaires, évaluait les impôts québécois des joueurs à 9,8 millions/an pour une équipe à temps complet. Pour une équipe à temps partagé, ce chiffre diminuerait à 4,9 millions/an en impôts québécois – donc sensiblement le même résultat que les calculs de La Presse (4,25 millions/an).

Depuis 2013, le groupe de M. Bronfman n’a pas chiffré publiquement son estimation des retombées économiques et fiscales de son projet d’équipe de baseball.

En pratique, la grande majorité d’une masse salariale de 75 millions de dollars américains pour une équipe du baseball majeur est payée par les revenus nationaux des droits de diffusion du baseball majeur, principalement les droits de diffusion aux États-Unis. La firme Ernst & Young, qui a réalisé l’étude de 2013 pour la Chambre de commerce et des gens d’affaires, estime que chaque équipe du baseball majeur recevait en 2014 au moins 60 millions US comme part des revenus des contrats nationaux de diffusion des matchs.https://www.lapresse.ca/actualites/grand-montreal/2021-12-07/stade-de-baseball-a-montreal/bronfman-demande-des-centaines-de-millions-a-quebec.php

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Les partis d’opposition sont tous sortis contre le financement du gouvernement du Québec

Fonds publics pour un stade de baseball

Anglade : le gouvernement « prend les gens pour des cons »

(Québec) Le gouvernement Legault « prend les gens pour des cons » en soutenant qu’investir dans le projet de stade de baseball du groupe de Stephen Bronfman se ferait à coût nul pour les contribuables, accuse la cheffe libérale Dominique Anglade. Les partis d’opposition considèrent que Québec frappe une fausse balle avec ce projet.

Publié le 7 décembre 2021 à 12h42
Tommy Chouinard
La Presse

La Presse a révélé mardi les dessous des discussions entre le gouvernement et le groupe de M. Bronfman, qui demande à Québec une contribution financière pouvant aller jusqu’à quelques centaines de millions de dollars pour son projet de stade. L’objectif du groupe est de ramener une équipe du baseball majeur dans la métropole, en obtenant la garde partagée des Rays de Tampa Bay.

Si Québec va de l’avant avec sa contribution financière, il envisage une partie en subventions et une autre partie sous forme de prêts à remboursement conditionnel (communément appelés « prêts pardonnables »). Ce serait selon lui à coût nul pour les contribuables : il accorderait une aide financière équivalente aux recettes fiscales additionnelles générées par de l’argent provenant de l’extérieur du Québec (par exemple, les impôts des joueurs ou la TVQ des touristes américains qui viendraient assister à un match) et une partie des retombées économiques provenant notamment de l’étranger.

« Quand je lis qu’on nous dit que ça va être à coût nul pour les Québécois, on prend les gens pour des cons quand on dit ça ! » a lancé Dominique Anglade lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale. « La réalité, c’est que ces investissements-là coûtent de l’argent aux contribuables » et penser qu’au net ce serait à coût nul, « c’est vraiment supposer beaucoup, beaucoup de choses ».

Certes, « on serait tous contents d’avoir du baseball pour Montréal », a-t-elle ajouté, « mais la réalité, c’est que le gouvernement devrait avoir d’autres priorités ».

Investir des fonds publics « dans une demi-équipe de baseball qui appartient à des millionnaires et des milliardaires, c’est une absurdité », a accusé de son côté le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois. « Ça démontre que François Legault a complètement perdu le sens des priorités. »

Pour lui, parler d’« un stade de baseball à coût nul, c’est comme un troisième lien carboneutre, c’est prendre les Québécois pour des valises ». Les promoteurs d’équipes sportives professionnelles ont « la tendance fâcheuse de gonfler les retombées potentielles », et le gouvernement est en train de tomber dans le panneau, a-t-il ajouté.

« Des promesses d’investissements à coût nul, c’est exactement ce que ces gouvernements ont fait dans le cas de Bombardier et regardez où ça nous a amenés. C’est de la poudre aux yeux, de la bouillie pour les chats, ça ne vaut rien. »

Le Parti québécois s’oppose également à l’idée « d’investir des fonds publics dans le retour possible d’une équipe de baseball ou, encore pire, dans la construction d’un stade sans savoir qu’une équipe viendrait y jouer », a soutenu son chef parlementaire Joël Arseneau.

Quand on lui a rappelé l’appui du Parti québécois à la construction du Centre Vidéotron avec des fonds publics, projet qui devait favoriser le retour d’une équipe professionnel de hockey à Québec, il a répondu tout de go : « Comme quoi on peut tirer des leçons de notre expérience ».

« Le discours du gouvernement à l’effet que cet investissement-là pourrait lui rapporter en taxes et impôts – sur les salaires, par exemple, des joueurs professionnels –, ça ne nous convainc pas. Ce serait assez hasardeux et aléatoire d’aller dans ce sens-là, et nous, nous ne privilégions pas cette approche », a-t-il ajouté. « On a déjà joué dans ce film-là et c’est difficile, à l’heure actuelle, de croire ça va se produire davantage que dans le passé. »

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Après les Nordiques, un ministre du Baseball

NICOLAS LACHANCE

Mardi, 7 décembre 2021 15:53MISE À JOUR Mardi, 7 décembre 2021 15:53

Le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon assume maintenant les fonctions de ministre du Baseball et des Expos, mais n’est pas prêt à signer un chèque en blanc à des promoteurs afin de mettre un «troisième stade au bilan du gouvernement».

Québec pourrait financer un projet de stade de baseball à Montréal s’il est rentable et acceptable socialement. «Je suis en discussion avec les promoteurs depuis quelques mois», a indiqué le ministre de l’Économie, indiquant que c’est lui le ministre du Baseball. «On va laisser aux promoteurs le soin de faire la présentation de leur projet à la population. Et, on n’est pas là encore.»

Selon le quotidien La Presse, le groupe de Stephen Bronfman a demandé au gouvernement du Québec une contribution financière de plusieurs centaines de millions de dollars pour la construction d’un nouveau stade de baseball à Montréal.

Québec étudierait cette proposition.

«Nous, au gouvernement, il n’y a rien à annoncer présentement. J’ai eu des pourparlers avec eux autres, absolument», a-t-il mentionné lors d’une courte mêlée de presse à l’Assemblée nationale mardi.

Avant d’allonger des sommes publiques pour la construction d’un stade, le ministre attend de «voir les retombées» possibles pour le Québec.

M. Fitzgibbon admet avoir vu «des morceaux» du projet. Il estime cependant que c’est aux promoteurs d’en faire la présentation à la population. «Il faut qu’il soit socialement acceptable. Après ça, il y aura d’autres discussions», a-t-il dit.

Le ministre ne veut surtout pas répéter les erreurs du passé et financer en grande partie des infrastructures sportives qui resteront vides et ne seront pas rentables.

«Je peux garantir à la population du Québec […]: il n’y aura pas de troisième stade dans le bilan du gouvernement de la province de Québec», a déclaré M. Fitzgibbon. «Les gens ont vu le film, on n’a pas aimé ce film-là.»

Refus des partis d’oppositions

Les partis d’opposition ont rejeté en bloc l’idée d’investir dans la construction d’un stade de baseball neuf au centre-ville de Montréal.

«Quand on nous dit: ça va être à coût nul pour les Québécois, je veux dire… on prend les gens pour des cons», a déclaré la cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade, précisant qu’elle serait contente néanmoins d’avoir du baseball pour Montréal. «La réalité, c’est que ces investissements-là coûtent de l’argent aux contribuables.»

Le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, estime que le gouvernement devrait avoir d’autres priorités.

«Un stade de baseball à coût nul, là, c’est comme un troisième lien carboneutre, c’est prendre les Québécois pour des valises. Il n’y a personne qui croit à ça», a-t-il affirmé.

Joël Arsenault du Parti Québécois soutient aussi qu’il ne s’agit pas d’une bonne façon d’investir les fonds publics. Questionné sur l’appui du PQ au financement de l’amphithéâtre de Québec à une autre époque, M. Arsenault a signalé «qu’on peut tirer des leçons de notre expérience!»

Lors de la période de questions, le député solidaire Sol Zanetti a demandé au gouvernement d’offrir de la bonne nourriture aux aînés qui vivent en CHSLD avant de financer «une demi-équipe de baseball professionnelle à Montréal.»

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Et une petite chronique de Paul Journet

Du pain et des jeux!

Et une de Martin Leclerc

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Absolument incroyable qu’on puisse même envisager une chose pareille.

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Deux autres chroniques dans La Presse

Dans la section Sports :

Dans la section Affaires :

Hummm :face_with_monocle:

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les petits caractères:

MinFitzgibbon précise: pas d’argent public directement dans la construction du stade mais n’exclut pas une aide gouvernementale si les retombées du projet sont importantes.
https://twitter.com/SebBovetSRC/status/1468620040916418565

:roll_eyes:

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Excellente analyse !

Je suis d’accord !

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Pour rire, le petit billet idéologique d’Olivier Niquet à propos du stade :wink:

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Pour Bronfman, la barre est haute

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Stephen Bronfman, en 2019

Philippe Cantin

Philippe Cantin La Presse

La semaine qui s’achève a été désastreuse pour Stephen Bronfman et son groupe, qui cherchent à ramener le baseball majeur à Montréal.

Publié le 11 décembre 2021 à 7h00

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Mardi dernier, la manchette de La Presse révélant que leur demande de contribution financière au gouvernement du Québec pourrait atteindre des « centaines de millions » a provoqué, à juste titre, un tollé. Les partis de l’opposition, les analystes et des milliers de citoyens ont exprimé un sain scepticisme (je suis poli !) face à l’idée que l’opération se ferait à coût nul pour les contribuables.

Dans ce contexte chaud, on aurait pu croire que le Groupe Baseball Montréal réagirait publiquement afin de défendre son projet. Mais non, même si la bataille des communications est engagée. S’il s’agissait d’un match de baseball, les promoteurs accuseraient déjà un retard de 5-0 en troisième manche.

Pourquoi cet étonnant silence ? Mes informations, validées auprès de gens proches du dossier, m’indiquent que cette discrétion n’est pas guidée par un désir d’opacité.

Au contraire, Bronfman et son groupe sont convaincus qu’ils présenteront, sans doute au premier trimestre de 2022, un plan porteur pour le secteur Bridge-Bonaventure, susceptible de créer un effet « wow » à Montréal.

Ils espèrent que l’aiguille de l’opinion publique bougera ensuite de leur côté.

Dans leur esprit, il est cependant fondamental de ne pas court-circuiter les étapes en cours, jalonnées d’entretiens délicats. D’abord avec le gouvernement du Québec, ensuite avec la Ville de Montréal.

Les chiffres de retombées financières soumis par le Groupe Baseball Montréal sont décortiqués avec attention par le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon et ses spécialistes, qui posent de nombreuses questions et multiplient les vérifications. Et si Valérie Plante ne nage pas en plein inconnu quant aux intentions de Bronfman, la rencontre cruciale où il lui dévoilera son plan précis n’a pas encore eu lieu. On sait néanmoins que c’est pour bientôt.

Comment réagira la mairesse ? Là-dessus, les paris sont ouverts. Mais une chose me semble claire : les promoteurs sont parfaitement conscients des politiques et des engagements de l’administration Plante en matière de développement urbain, comme le nombre de logements sociaux dans les projets immobiliers, l’accès à des espaces verts de qualité et l’intégration harmonieuse des édifices, stade ou autre, à l’environnement ambiant. À moins d’une immense surprise, leur concept respectera ces priorités.

Autre facteur à considérer : comme mon collègue André Dubuc l’a révélé en juin dernier, le Groupe Baseball Montréal est conseillé par l’architecte urbaniste Clément Demers, qui a contribué au développement du Quartier international de Montréal et du Quartier des spectacles. Sa réputation est excellente.

En revanche, dans des entreprises de si grande ampleur, le diable est souvent dans les détails. Il ne faut donc pas présumer que le plan soumis profitera de la nécessaire acceptabilité sociale.

La prudence du Groupe Baseball Montréal sur le plan des communications s’explique aussi par une réalité très simple : dans cette affaire, Montréal est à la remorque de Tampa, et non l’inverse.

Les Rays désirent aussi un nouveau stade pour l’équipe à garde partagée. Leur domicile actuel est situé à St. Petersburg, en banlieue de Tampa. Ils veulent maintenant s’établir dans la ville-centre et sont en discussions avec la mairesse Jane Castor, qui accueille favorablement l’idée. Selon le Tampa Bay Times, elle présentera bientôt divers scénarios de contribution financière aux Rays. L’État de la Floride sera aussi sollicité.

Avant de déclencher un véritable processus de consultation à Montréal, durant lequel Bronfman et son équipe présenteront leur projet et les groupes intéressés – partisans et opposants – exprimeront leurs points de vue, il faut la quasi-certitude que Tampa foncera dans l’aventure. Sinon, ce sera du temps perdu.

Le baseball majeur doit aussi donner son accord pour que l’affaire décolle. Des analystes croyaient que cette approbation surviendrait dès la fin de la dernière saison. Le déclenchement d’un lock-out retarde cependant les choses. La conclusion d’une nouvelle convention collective avec l’Association des joueurs est, pour l’instant, la grande priorité du commissaire Rob Manfred et des propriétaires d’équipe.

Le retour du baseball majeur à Montréal alimente l’actualité depuis plusieurs années. Nous arrivons enfin à l’heure de la décision. C’est en 2022 que le Groupe Baseball Montréal remportera ou perdra son pari.

Aujourd’hui, miser sur ses chances de victoire serait osé. Les contribuables sont pour la plupart réticents à l’idée que des fonds publics financent une industrie de divertissement milliardaire, même dans un cadre de développement plus global.

Vendre le projet à la population sera donc une tâche gigantesque. Mais les promoteurs sont bien préparés.

Depuis des mois, j’entends dire qu’une somme étonnante de travail est réalisée en coulisses. Après vérifications, je mesure mieux le sérieux de cette affirmation. Des groupes conseils ont été formés en économie, en tourisme et même en innovation/écoresponsabilité. Beaucoup de gens apportent leur contribution.

Si Tampa Bay fonce dans l’aventure et si le baseball majeur donne son accord à la garde partagée, les promoteurs du Groupe Baseball Montréal convaincront-ils la population d’appuyer leur projet ?

Pour cela, ils devront remplir deux conditions essentielles.

D’abord, prévoir des retombées économiques à la fois prudentes – l’enflure les servirait très mal – et supérieures à la contribution du gouvernement. Et démontrer sans équivoque que ces retombées seront réelles et vérifiables.

On peut donc s’attendre à une actualisation des chiffres ayant circulé, notamment à propos de l’impôt perçu par le Québec sur les salaires des joueurs. Pour satisfaire le baseball majeur et l’Association des joueurs, une équipe en garde partagée aurait certainement une masse salariale beaucoup plus élevée que celle des Rays la saison dernière. Avec, par conséquent, des rentrées fiscales plus importantes pour le gouvernement que la somme de 4 à 5 millions jusqu’ici évoquée.

Ensuite, les promoteurs devront convaincre l’administration Plante que le projet de développement sera moderne et novateur, qu’il profitera à l’ensemble des Montréalais, tout spécialement ceux établis dans le quartier visé, et qu’il deviendra une vitrine pour la ville.

Tout cela est possible. Mais soyons lucides : pour Stephen Bronfman, la barre est haute, très haute.
https://www.lapresse.ca/actualites/chroniques/2021-12-11/pour-bronfman-la-barre-est-haute.php

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Retour du baseball à Montréal Bronfman optimiste, Plante veut une mise à jour publique

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Stephen Bronfman soutient qu’une « conférence de presse » devrait se tenir dans les prochains mois, après les Fêtes.

L’homme d’affaires Stephen Bronfman s’est montré pour le moins optimiste en vue du retour du baseball à Montréal, mardi, à sa sortie d’une rencontre avec la mairesse Valérie Plante. Celle-ci réclame toutefois une mise à jour publique sur le projet avant tout chose.

Publié le 14 décembre 2021 à 12h02

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Henri Ouellette-Vézina

Henri Ouellette-Vézina La Presse

Philippe Teisceira-Lessard

Philippe Teisceira-Lessard La Presse

« Ça va devenir quelque chose pour Montréal. Et ce n’est pas juste un stade de baseball, c’est un centre communautaire pour Montréal, qui sera actionné 12 mois par année. Ça va être quelque chose de magnifique, on va pouvoir donner plus à notre ville qu’on aime tellement », a indiqué l’entrepreneur devant l’hôtel de ville, en fin d’avant-midi, en disant vouloir « ranimer une partie de Montréal où il n’y a pas grand-chose qui se passe ».

M. Bronfman soutient qu’une « conférence de presse » devrait se tenir dans les prochains mois, après les Fêtes. « On n’est pas à ce moment où on peut faire des grosses annonces ou donner des détails, parce que notre travail continue toujours, mais ça va être bientôt », a-t-il résumé, avant d’ajouter : « il y a beaucoup de balles toujours dans l’air, mais il y a en a de moins en moins ces jours-ci. On est presque à la fin ».

On va être transparents, parce que c’est notre style. C’est ce que les Québécois, les Montréalais et les Canadiens veulent : de voir comment ce projet-là va affecter notre vie ici, à Montréal.

Stephen Bronfman, du groupe Baseball Montréal

L’homme qui est à la tête de la firme d’investissement Claridge affirme que la mairesse Plante s’est montrée « très réceptive » pendant la rencontre, parlant même d’un « très bel échange ». « Tout le monde sait que c’est un très bon projet pour Montréal. On est tous ensemble, on a tous la même vision. Il faut travailler ensemble. Mais c’est sûr que ça va fonctionner », a avancé M. Bronfman, souriant.

Plante veut une mise à jour publique

Valérie Plante, elle, a demandé mardi au Groupe Baseball Montréal de faire preuve de transparence avec les Montréalais, au sortir de la rencontre avec M. Bronfman. Elle affirme que son groupe a fait « du bon travail », mais qu’il doit maintenant expliquer publiquement ses intentions pour la venue d’une équipe de baseball dans la métropole.

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

La mairesse de Montréal, Valérie Plante.

Il y a un enthousiasme, mais le diable est dans les détails. On veut un bon projet, la population s’inquiète. Et il y a une inquiétude que je partage parce que ce projet-là doit être bénéfique socialement et économiquement à long terme. Je crois que c’est la plus grosse question.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

Une mise au point publique est « absolument nécessaire », a martelé Mme Plante. « La prochaine étape, pour nous, c’est que le Groupe Baseball fasse une mise à jour à la population, puisse parler de leur projet, de leur vision et également répondre aux questions, a-t-elle dit en point de presse. Parce qu’il y en a beaucoup. […] Il y a plein de questions. »

La cheffe de Projet Montréal dit avoir réitéré à M. Bronfman que « Montréal ne sera pas le promoteur du retour du baseball » et qu’« il n’y aura pas d’argent public des Montréalais et des Montréalaises dans ce projet-là, dans la construction d’un stade ».

Québec prudent, la FCC s’indigne

Questionné à ce sujet lundi, le premier ministre François Legault, qui étudie l’idée d’une contribution « à coût nul » pour les contribuables, s’est fait prudent. « Ce projet-là, il faut qu’il soit appuyé par la mairesse, c’est un dossier important dans un quartier en plein développement », a-t-il simplement offert, en parlant du stade de baseball.

Début décembre, La Presse rapportait que l’équipe de Stephen Bronfman réclame à Québec une contribution financière pouvant aller jusqu’à quelques centaines de millions de dollars pour son projet de stade de baseball à Montréal. La quasi-totalité de ces scénarios se chiffre à au moins une centaine de millions de dollars. À titre d’exemple, l’un des scénarios évoqués revient à une contribution d’environ 300 millions.

En calculant que Québec s’attend « à obtenir une moyenne de 5600 $ d’impôt sur le revenu de chaque contribuable cette année », une telle subvention « équivaudrait aux impôts de 54 000 contribuables québécois », a déploré mardi le directeur québécois de la Fédération canadienne des contribuables (FCC), Renaud Brossard. Il dit avoir « de la misère à croire que le projet de stade d’un milliardaire soit le meilleur endroit où dépenser l’argent des impôts » de toutes ces personnes, « surtout lorsque l’on considère l’état du système de santé et le fait que les Québécois sont encore les plus taxés du continent ».

« Des décennies de recherche en économie nous montre que les contribuables perdent systématiquement lorsque leurs gouvernements subventionnent la construction de stades, » a dit Brossard. « Il est évident que le gouvernement doit rejeter cette demande et on ne comprend pas pourquoi ça lui prend autant de temps pour le faire », a conclu M. Brossard.https://www.lapresse.ca/sports/baseball/2021-12-14/retour-du-baseball-a-montreal/bronfman-optimiste-plante-veut-une-mise-a-jour-publique.php

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Bronfman promet « plus qu’un stade », la mairesse Plante veut de la transparence


Stephen Bronfman, président du Groupe Baseball Montréal
PHOTO : RADIO-CANADA

La Presse canadienne
13 h 49 | Mis à jour à 14 h 54

Stephen Bronfman est optimiste quant à la réalisation de son projet au bassin Peel et promet « plus qu’un stade de baseball » pour Montréal. La mairesse Valérie Plante est quant à elle toujours intéressée par le projet, mais lui a rappelé qu’il devait être socialement et économiquement bénéfique à long terme.

Celui qui est à la tête du Groupe Baseball Montréal (GBM) et la mairesse de Montréal ont fait le point avec les médias, mardi, après que les promoteurs du projet eurent mis à jour l’équipe de Mme Plante sur la nature exacte du projet.

Bronfman et son groupe souhaitent ramener le baseball majeur dans la métropole et visent la construction d’un nouveau stade au bassin Peel. Le GBM s’est associé au promoteur immobilier Devimco pour développer tout le quartier autour de cet éventuel stade.

C’est d’ailleurs ce qu’a promis Bronfman : un projet communautaire.

Ce ne sera pas juste un stade de baseball : ce sera un centre communautaire pour Montréal, qui va fonctionner 12 mois par an, a-t-il dit à l’extérieur de l’édifice Laurent-Saulnier, où a eu lieu la rencontre. Ça manque à Montréal. C’est une façon de redonner à notre ville qu’on aime tellement.

« C’est beaucoup plus qu’un stade. On parle d’un quartier, de ranimer une partie de Montréal où il n’y a pas grand-chose qui se passe. Ce n’est pas qu’un projet sportif, c’est un projet communautaire. »

— Une citation de Stephen Bronfman, président du Groupe Baseball Montréal

Valérie Plante a toutefois mis quelques bémols.

Ça a été une rencontre utile. Ce qui était important pour moi, c’était de réitérer au groupe deux points importants. Le premier, c’est que Montréal ne sera pas le promoteur du retour du baseball. Le deuxième, c’est qu’il n’y aura pas d’argent public des Montréalais (qui ira) dans la construction d’un stade, a indiqué la mairesse qui a rencontré les médias dans la rotonde du Parc olympique, avant une réunion de la Chambre de commerce de l’est de Montréal.

Ceci étant dit, c’est un projet qu’on trouve intéressant, on le dit depuis le début. Il y a évidemment des étapes à suivre et la prochaine pour nous, c’est que le Groupe Baseball Montréal présente son projet à la population, présente sa vision.

Mme Plante a également invité le GBM à faire preuve de transparence.

On l’entend, on le voit : il y a plein de questions. Je pense que la prochaine étape, c’est ce que j’ai invité le Groupe à faire, c’est de vraiment faire une mise à jour publique, parce qu’ils attendent différentes réponses et qu’il y a différents éléments qui pourraient évoluer dans les prochaines semaines, les prochains mois. On veut qu’il puisse partager tout ça avec tous les Montréalais et Québécois et qu’on puisse se faire une tête et voir où nous en sommes.

« Il y a un engouement, un intérêt, mais il y a aussi des craintes. Il faut avoir des éléments concrets pour que les Montréalais et les Québécois puissent dire si c’est une bonne idée ou non. »

— Une citation de Valérie Plante, mairesse de Montréal

Bronfman a promis de le faire dans un avenir proche, soit en janvier ou en février. Celui qui est à la tête de la société de placements Claridge croit obtenir le feu vert du commissaire de la MLB Rob Manfred.

Nous aurons le signal si nous pouvons aller de l’avant très bientôt — souhaitons que ce sera positif — et nous pourrons tout divulguer par la suite, a déclaré Bronfman. La transparence est le plus important. Nous présenterons tous les aspects de notre plan. Il n’y aura rien de caché.

Tout dépend de tout : le projet à Tampa, notre projet. Dès qu’un élément tombera en place, ça fera un effet domino.

À la suite de la publication du rapport de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM), la mairesse avait grandement critiqué la présentation du GBM, lui reprochant notamment de manquer de concret. Elle a admis mardi que Bronfman et son groupe ont fait leurs devoirs.

Définitivement, ils ont travaillé. Ils ont fait du bon travail et c’est un projet dans lequel ils croient. Mais ce sont eux les promoteurs, c’est à eux de venir le présenter en bonne et due forme. Je leur ai dit très clairement : il y a de l’engouement, mais le diable est dans les détails. La population s’inquiète et c’est une inquiétude que je partage. Ce projet doit être bénéfique socialement et économiquement à long terme. Ultimement, c’est la plus grosse question. C’est pourquoi cette mise à jour publique est absolument nécessaire.

La semaine dernière, La Presse rapportait que le GBM pourrait demander une participation financière de Québec pouvant aller jusqu’à 300 millions de dollars sur un projet estimé à 1 milliard selon le scénario adopté. Bronfman n’a pas confirmé ces chiffres, se contentant de rappeler qu’il s’agissait davantage qu’un stade de baseball.

Pour cette rencontre avec la mairesse Plante, Bronfman était accompagné du président de Claridge, Pierre Boivin, de William Jegher, leader, immobilier, hôtellerie et construction, région de l’Est pour EY et proche collaborateur de Bronfman dans le dossier du retour du baseball, ainsi que de l’architecte-urbaniste Clément Demers.

Le concepteur du Quartier international de Montréal s’est récemment joint au GBM à titre de conseiller sur toutes les questions d’urbanisme et d’aménagement. Il est professeur retraité de la Faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal.

Projet de stade de baseball La (sage) prudence de la mairesse


PHOTO DOMINICK GRAVEL, ARCHIVES LA PRESSE | Valérie Plante

Stephen Bronfman a eu l’attitude d’un homme d’affaires. Et Valérie Plante, celle d’une mairesse.

Publié le 14 décembre 2021 à 16h58 | MARIO GIRARD | LA PRESSE

Pour l’un des ténors du Groupe Baseball Montréal, la rencontre qu’il a eue mardi matin avec la mairesse au sujet du projet de stade de baseball a été très positive et lui a permis de dire que « c’est sûr que ça va fonctionner » aux journalistes venus l’entendre.

Mais pour Valérie Plante, « le diable est dans les détails ». Elle demande donc d’en savoir plus sur la nature et la faisabilité de ce projet évalué à 1 milliard de dollars dont une contribution « à coût nul » de 300 millions viendrait de Québec.

Elle veut que le diable et les détails soient présentés au public et qu’on fasse preuve de transparence.

Bonne affaire.

Chose certaine, il n’est pas question pour elle que Montréal devienne le « promoteur » de ce stade de 35 000 sièges destiné à recevoir une quarantaine de matchs par année. « On a déjà joué dans ce film-là et on a vu ce que ça donnait », a dit la mairesse.

Il aurait été très étonnant que cette rencontre se solde par sa bénédiction absolue. Elle a fait preuve d’une extrême prudence face à ce projet au cours des derniers mois, surtout pendant les semaines de la campagne électorale.

Elle avait alors souligné que si ce projet voyait le jour, le Groupe Baseball Montréal n’aurait pas droit à un congé de taxes foncières. En fait, ce que Stephen Bronfman veut obtenir de la Ville de Montréal, c’est qu’elle abandonne son droit de veto sur le terrain visé, soit celui qui est situé en face du bassin Peel et qui appartient au gouvernement fédéral.

Valérie Plante a mille fois raison de faire preuve de prudence. Le Québec possède son lot d’éléphants blancs. La dernière chose que les contribuables veulent est de grossir le troupeau.

Le 5 novembre dernier, les Montréalais ont clairement montré leur préférence pour Valérie Plante plutôt que Denis Coderre, qui est associé au retour du baseball et à ce projet.

La mairesse ne peut pas décevoir les citoyens. Elle doit leur montrer qu’elle sera une juge hyper solide dans ce dossier. Elle ne peut pas se permettre de faire un mauvais choix. Elle sait que trop bien.

Mais il y a plus. Les préoccupations de la mairesse doivent aller au-delà du projet de stade de baseball. En abandonnant son droit de préemption sur ces terrains, elle doit également savoir ce qu’on en fera.

À quel type de développement assisterons-nous ? Car il n’y a probablement pas que le baseball qui anime les promoteurs de ce projet.

Mais dans ce jeu de négociations et de tractations, je suis quand même étonné que la question du Stade olympique ne réussisse pas à s’imposer.

Alors que les membres du Groupe Baseball Montréal sollicitaient une rencontre avec le gouvernement provincial, au printemps dernier, la direction du Parc olympique tentait de rappeler qu’un mastodonte construit à très grands frais (4,5 milliards à ce jour) par les Québécois existait toujours à l’angle du boulevard Pie-IX et de l’avenue Pierre-de-Coubertin.

Exploiter le Stade olympique plutôt que de construire un nouveau stade, c’est le souhait de plusieurs, notamment de Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie. Notons que son gouvernement entend investir 490 millions au cours des dix prochaines années dans la rénovation du Stade et du Parc olympique.

J’ai tenté d’obtenir mardi un entretien d’une quinzaine de minutes avec Michel Labrecque, président-directeur général du Parc olympique. Son attaché de presse m’a dit que « son agenda était rempli ».

Pourtant, en mars dernier, Michel Labrecque disait sur les ondes de QUB Radio que le stade était prêt à accueillir les matchs de baseball n’importe quand, « avant, pendant ou après ».

Rappelons que le Stade olympique, lieu polyvalent néanmoins conçu pour accueillir des matchs de baseball, a été l’hôte des rencontres préparatoires des Blue Jays de 2014 à 2019.

Michel Labrecque rappelle que le site du Stade olympique dispose de 4000 places de stationnement et est desservi par deux stations de métro et bientôt trois stations du REM.

Alors, pourquoi pas le Stade olympique ?

Parce que pour les amateurs de sport, « l’expérience » du stade est nulle. Le public des Expos, des Alouettes et de l’Impact n’a jamais apprécié cet espace froid, trop vaste et qui n’offre pas la magie des stades découverts construits au cours des dernières années.

Bref, la durée de vie d’un stade équivaut aujourd’hui à celle d’une génération. Tout de même incroyable !

Il faut croire que les amateurs de sport ont une plus grande propension à la nouveauté que ceux du théâtre et de l’opéra. Ces derniers continuent de fréquenter avec une émotion non dissimulée le théâtre antique d’Orange, en France (construit sous le règne d’Auguste, au Ier siècle av. J.-C.), ou le théâtre d’Épidaure, en Grèce (construit au IVe siècle av. J.-C.).

Chose certaine, le gouvernement québécois devra faire un choix déchirant : investir 300 millions dans un nouveau stade qui servira des intérêts privés ou injecter près de 500 millions dans la rénovation d’un stade dont on s’apprête à célébrer le 50e anniversaire et que l’on dit dépassé et désuet.

Pour le moment, j’ai l’impression d’assister à une vaste mise en scène qui consiste à nous faire croire que l’on peut faire les deux.

Du pain et des jeux, disait-on au temps des Romains. Ces derniers ne savaient pas que le peuple paierait si cher un jour ces jeux. Et pour la levure.

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Je risque de me faire lancer des balles rapides ! :wink: mais je lance une proposition.
Si on ferait de ce projet un parc/stade dans tout le quadrilatère pour en faire un lieu marquant, accessible et écofriendly, Le projet se venderait peut-être mieux au public.

C’est certain que les developpeurs immobilier appréciraient pas et que l’achat des terrains demanderait beaucoup d’argent publique mais ça donnerait un stade unique.

Le developpement pourrait se faire sur les autres terrain autour.

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Je trouve cette proposition alléchante. En plus le secteur est devenue tellement minéralisé que le rejet d’une telle proposition serait injustifié.

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Il faudrait aussi une nouvelle passerelle car le Pont Wellington n’a qu’un trottoir piéton relativement étroit; sans cela le site serait très enclavé.

Malheureusement, il faut aussi prévoir du stationnement.

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