Réseau routier du Québec - Discussion générale

Fil de discussion pour discuter du développement, de l’entretien, du financement, etc du réseau routier du Québec, à Montréal ou ailleurs.

Il faut mentionner également parmi les raisons -et ce n’est pas la seule, mais ça demeure un des enjeux fondamentaux- est la propension au Québec à faire beaucoup de routes et d’autoroutes - trop - pour ce qu’on est capable de maintenir en actif.
Il faudra se demander, éventuellement, si on n’a pas juste trop de km de voies routières pour ce qu’on est capable financièrement de maintenir.

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Sauf qu’on est pas dans Simcity et on va pas juste démolir les autoroutes qui serait ‘‘en extra’’ et qui nous coûtent trop chères. Il faut augmenter la capacité à les entretenir et augmenter notre capacité d’avoir les ressources financières pour les entretenir.

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On a déjà retiré des autoroutes ailleurs pour les remplacer par de simples boulevards (Bonaventure à Mtl) ou routes régionales.
Ceci étant, il faut surtout arrêté d’en construire de nouvelles selon moi. Dans le dernier mois, j’ai vu passé 2 ou 3 annonces de prolongement d’autoroute ou de route du ministre Bonnardel, c’est peu dire.

Bonaventure c’était plus le cas d’une autoroute qui n’avait pas sa place, plus qu’une en excès, car on l’a remplacé en élargissant Nazareth & Duke pour créer le moyennement convivial boulevard Robert-Bourassa. De plus, ce n’est pas vraiment les autoroutes Montréalaises qui sont en surplus, oui elles coûtent chère à entretenir, mais on s’entend que la 31 vers Joliette ou la 955 ne sont pas réellement nécessaire et auraient pu rester des routes nationales.

Construire de nouvelle autoroute non (prolongement de la 25, prolongement de la 73, prolonger la 13 & la 15 sur la Rive-Nord) mais compléter des petits tronçons dans certains secteurs oui pour améliorer la sécurité et permettre un meilleur transit en évitant certains secteurs(Parachèvement de la 35 vers les USA, la 20 dans le Bas-St-Laurent, connecter la 640 & la 30 (je sais je rêve sur celle-là)). On l’a vue avec la 30, qui a détourné du transit de l’île de Montréal.

Cependant, si on raccorde 2 bouts discontinués, on a besoin d’assurer qu’on ne va pas rendre la situation pire, et ça passe par le zonage pour ne pas forcer l’étalement urbain. On raccorde certains tronçons de rue dans les villes pour désenclaver des secteurs et améliorer l’accès.

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On est d’accord sur le propos, mon commentaire ne visait pas à défaire des autoroutes montréalaises, mais tes exemples de la 131 vers Joliette ou encore de la 73 vers St-George de Beauce sont les “autoroutes en trop” dont je faisais surtout allusion.

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Peut-être mais il y a aussi beaucoup d’exemples d’incompétence et de négligence. De simples lignes qui ne sont pas tracées, des ampoules qui ne sont pas remplacées depuis des années. Et puis c’est vrai qu’en terme de longueur notre réseau est étendu mais si on se compare à l’Ontario leurs autoroutes sont beaucoup plus larges donc ça revient un peu au même en terme de kilomètres de voies à entretenir. Le réseau de Toronto par exemple est beaucoup plus étendu en kilomètres et en nombre de voies que celui de MTL et pourtant la qualité est là. Le MTQ est juste trop incompétent et ça fait mal à voir. Si des routes de campagne sont négligées on peut mieux comprendre. Mais des autoroutes en pleine métropole il n’y a pas d’excuse. La 40 n’est pas digne d’être l’autoroute principale de Montréal. C’est frustrant.

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Pas vraiment. Au Québec, on a la 20 et la 40, avec la 30 entre les deux sur une partie, puis la 15 qui longe le fleuve puis se rend vers Tremblant. On a la 10, la 55, la 50, la 73, la 85, la 131 qui est doublée jusqu’à Joliette, la 25, la 440 (à Laval et à Québec), la 640, la 13, la 520, la 35, la 540, la 740 et j’en oublie sans doute. Beaucoup de km d’autoroutes, dont certains tronçons à plus de 4 voies. On parle de près de 2300km d’autoroutes, sans compter les projets de prolongements en cours ou dans les cartons. Je ne te parle même pas de nos innombrables routes numérotées.

En Ontario, y’a le réseau des 400 (de 400 à 407; 416 et 417). Pour le reste, ce sont surtout des routes régionales. On parle d’un réseau de 1996 km pour les autoroutes.

L’Ontario a une superficie comparable, mais avec près du double en population.
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D’accord mais tu ne réponds pas à mes questions concernant la largeur. On a 2300km d’autoroutes contre 2000km d’auoroutes pour eux mais ils ont plusieurs autoroutes à 6-8 voies par direction. Nous c’est souvent 2-3, 4 max et c’est rare. Même pas d’autoroutes de 4 voies sur l’île. Donc si on combine la longueur plus la largeur ça fait beaucoup beaucoup plus de km de voies à entretenir chez eux. Et pourtant la qualité est là, les lampadaires fonctionnent, les lignes sont là. On est même pas capable d’avoir une autoroute principale qui a du bon sens sur l’île. Moi ça me frustre énormément.

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C’est vrai qu’au Québec nous n’avons pas nécessairement un budget suffisant pour assurer le maintien de nos infrastructures autoroutières. (quoique comme pour les infrastructures d’eau de Montréal, c’est en grande partie le résultat non pas d’une démesure, mais d’un retard accumulé par négligence et difficile à rattraper)

Mais il faut aussi considérer que la population du Québec est plus étalée géographiquement qu’une province comme l’Ontario. Objectivement, nous avons besoin de plus d’autoroutes qu’eux.

Pour revenir au cas de l’échangeur Dorval. C’est clairement plus un cas d’incompétence que de manque de budget. Son remplacement avait été anticipé, planifié et budgété il y a 15-20 ans.

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Je t’avoue ne pas avoir la réponse concernant la largeur des voies et il est vrai que la 401 est très large dans sa partie torontoise. Il faut rappeler que la 407 est privée aussi, donc les fonds ne proviennent pas du gouvernement.
@nephersir7
D’accord, oui, on a une population plus étalée sur le territoire, mais mon propos reste néanmoins le même : on a beaucoup d’autoroutes et de routes à entretenir suite à des choix qui ont été faits au QC où on voulait, à l’aire de la modernité, relier toutes nos grandes et moyennes villes par un réseau routier supérieur. D’autres provinces ont fait des choix différents, en mettant l’emphase sur des autoroutes moins nombreuses, mais plus larges à certains endroits et en reliant leurs autres villes par de simples routes.

Un exemple : la 117 et la 15 dans les Laurentides se suivent presque parallèlement tout le long. Était-ce vraiment nécessaire de doubler le réseau routier de cette façon à partir, disons, de Ste-Adèle? Même chose pour la 173 et la 73 en Beauce. On aurait pu créer que de simples voies de contournement à certains endroits pour éviter de faire rentrer les camions dans les centres-villes de Beauceville et St Georges de Beauce plutôt que faire une autoroute à 4 voies sur toute la longueur jusqu’à Québec. C’est beaucoup d’argent en entretien pour finalement pas grand chose.

Dans un autre registre, on aurait pu, par exemple, finir la maudite 138 jusqu’au Labrador, beaucoup plus nécessaire selon moi, plutôt que de prolonger la 19 ou doubler la 131.

La réalité géographique de ces provinces est différente. Possiblement que si on avait pas le St-Laurent entre les deux on aurait pu consolider la 20 et la 40 en une seule autoroute plus large entre Montréal et Québec, mais c’est pas ça la réalité.

Au Québec, on est encore dans un déficit d’autoroutes interrégionales. On le constate voit avec tous les accidents mortels sur la 50, où on a décider d’économiser en ne construisant pas une véritable autoroute à 4 voies.

Cette séparation ne date t-elle pas de l’époque ou la 15 était une autoroute à péage?

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Un déficit? C’est plutôt le contraire selon moi. Il y a des autoroutes dont la configuration les rend dangereuses, certes, mais c’est dans leur conception initiale le problème, pas nécessairement dans leur capacité routière.

La géographie des provinces est différentes, mais pas tant que ça non plus. Oui, il y a le St Laurent et je ne remet ni en question la 20, ni la 40. Je remet en question les autoroutes que l’on construit en grand nombre et qu’on élargit ou prolonge toujours alors qu’on sait déjà qu’on a un déficit d’entretien. Je critique nos choix, au Québec, d’avoir privilégié la construction d’autoroutes un peu partout plutôt que d’avoir miser sur des routes régionales moins larges, mais plus directes.

Pour la 15, bonne question, je ne le sais pas. C’était un exemple, par contre.

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Au début des années 60 le gouvernement étudiait deux possibilités pour le prolongement de l’A15 dans les Laurentides.

  • Une mise aux normes autoroutières pour la route 117
  • Un nouvel alignement.

Ils ont choisi la deuxième option pour plusieurs raisons. On voulait éviter de passer en plein milieu des villages, c’était plus facile pour instaurer des péages, ça permettait un accès plus rapide que par la 117.

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La 407 n’est pas entièrement privée. Les nouveaux tronçons appartiennent et sont gérés par la province (30%). Il y a un péage par contre.

Note bien que j’ai spécifié “autoroutes interrégionales”. Cela n’est pas incompatible avec la notion que nous avons un surplus d’autoroutes de banlieue autour de Montréal, Québec et Sherbrooke (et même Gatineau avec la 5).

Je vois mal où ça aurait pu faire la job. Je m’imagine mal une route régionale entre Candiac et Lacolle sous prétexte que les débits de circulation ne sont pas assez importants.

En lien avec la conversation de décembre dernier.

Nos routes en déroute: un réseau routier trop étendu au Québec

PHOTO DIDIER DEBUSSCHÈREL’autoroute de la Capitale sur cette photo fait partie d’un vaste réseau routier qui parcourt la région de Québec.


JEAN-FRANÇOIS CLOUTIER

Lundi, 7 juin 2021 01:00MISE À JOUR Lundi, 7 juin 2021 01:00

Le Québec possède un réseau routier plus de 50 % plus vaste que celui de l’Ontario, même si sa population est presque moitié moindre, une situation qui explique en grande partie pourquoi nos routes sont en si mauvais état, selon des experts.

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« L’étendue, la superficie de notre réseau routier par rapport à la taille de la population font en sorte qu’avant de considérer tout le reste, c’est pas facile d’entretenir nos routes. C’est probablement la statistique qui explique le mieux l’état actuel de notre réseau », avance Guy Doré, professeur de génie civil à l’Université Laval.

Selon une étude de la firme Applied Research Associates réalisée pour le compte du ministère des Transports en 2020, le Québec possède l’un des réseaux routiers les plus étendus dans tout le nord-est de l’Amérique du Nord et même à la grandeur du Canada.

Par rapport à 10 autres provinces ou États en Amérique du Nord, seule la riche Alberta pétrolière compte plus de kilomètres de routes que le Québec.

Plus que le voisin

La comparaison est particulièrement frappante avec l’Ontario voisin dont la population est de 14,5 millions d’habitants (contre 8,4 millions pour le Québec). L’Ontario possède un réseau de 40 427 kilomètres, alors que le Québec dispose d’un réseau de 61 468 kilomètres.

M. Doré explique que la population de l’Ontario est plus densément concentrée dans le sud de la province, ce qui permet de fonctionner avec beaucoup moins de kilomètres de route que le Québec.

Michel Aumonst, président de Bitumes Québec, abonde dans le même sens.

« Chaque Québécois a 2,5 fois plus de kilomètres de route pour lui qu’un Ontarien. Il faut qu’avec chaque dollar dépensé en entretien des routes on fasse beaucoup plus », dit-il.

Selon M. Doré, l’état du réseau routier québécois s’est globalement amélioré entre 2000 et 2012. De gros efforts ont été consentis à cette époque pour entretenir ce qui avait déjà été aménagé.

Depuis cette période, les routes du Québec ont eu tendance à se détériorer, soutient M. Doré.

Michel Aumont estime, lui aussi, qu’il y a eu des années où il y a eu détérioration du réseau, mais il est satisfait des investissements récents annoncés par le gouvernement Legault.

Malgré l’étendue de son réseau, le Québec continue toutefois d’ajouter de nouvelles routes.

Le gouvernement caquiste a annoncé en 2020 qu’il irait de l’avant avec le prolongement de la 138 sur la Basse-Côte-Nord.

Il est aussi question de refaire l’autoroute 55 à quatre voies entre Drummondville et Trois-Rivières.

« C’est très discutable », dit Guy Doré.

Vrai besoin ?

Ce dernier souligne que tous les ajouts de nouveaux tronçons de route sont justifiables en soi.

« Il y a toujours un besoin pour des nouvelles routes, mais est-ce que ce besoin est plus grand que les autres besoins qu’on a ailleurs ? » demande-t-il.

Il ne faut pas être naïf et croire que les décisions se prennent toujours de manière parfaitement rationnelle.

« Politiquement, c’est beaucoup plus rentable d’annoncer une nouvelle route que d’annoncer qu’on va entretenir celles qu’on a déjà », soumet-il.

NOMBRE DE KILOMÈTRES DE ROUTES

  • Alberta : 63 115
  • Québec : 61 468
  • Saskatchewan : 54 422
  • Minnesota : 46 600
  • Ontario : 40 427

Le kilométrage de routes mesure-t-il également le nombre de voies?

Je pense que non. Pourtant il devrait.