Nouvelles économiques et commerciales

Je ne comprends vraiment pas ce phénomène. La bière en canette possède un arrière-gout déplaisant qui ne se trouve pas dans celles en bouteilles.

D’ailleurs, il me semble qu’il devient de plus en plus difficile de trouver des bières qui étaient auparavant en bouteilles.

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Très cool. Ils sont situés dans quel immeuble!?

Le communiqué ne le mentionne pas

https://www.ifrs.org/news-and-events/news/2022/06/ifrs-foundation-launches-montreal-issb-centre-supported-by-key-actions/

C’est une logique d’affaires qui me déplait aussi en ce qui concerne les bières de micro-brasseries, que je préfère nettement en bouteille pour toutes sortes de bonnes raisons. Mais il semble que les consommateurs s’en accommodent :face_with_diagonal_mouth:

Certains des problèmes des canettes tiennent avant tout de leur réputation. Par exemple, on associe souvent les canettes à un goût métallique. Pourtant, la bière dans les canettes n’est pas en contact avec le métal, il y a un film alimentaire. Les bières en fût touchent beaucoup plus à du métal, et on entend beaucoup moins cette plainte pourtant, et j’aurais tendance à penser que c’est simplement parce qu’on associe moins la bière dans un verre lorsqu’on est dans un bar bar au métal. Cependant, à boire directement dans une canette, là on touche le métal avec sa bouche et il peut y avoir un goût, et la canette a définitivement une odeur qui vient gâcher les choses.

Il y a aussi une impression de « cheap », la canette à longtemps été le royaume de la bière bas de gamme, et c’est une association difficile à complètement éclipser.

Pourquoi les canettes sont populaires? Elles sont moins lourdes, plus facile à transporter et à entreposer, et leur nature permet un graphisme plus évolué sur le produit. Je crois que c’est ça qui fait tourner tranquillement le marché. Pour le consommateur, une fois le produit dans un verre, je doute qu’en aveugle on puisse faire une différence entre la bouteille et la canette. À boire du contenant, voir une différence est plus probable, mais dans une situation où on a pas de verre (par exemple en pique-nique), le côté pratique de la canette peut aussi avoir son avantage.

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On pourrait faire comme en Allemagne et en Asie je crois: imposer un format unique de bouteille. Ainsi le réutilisage-recyclage peut mieux s’implémenter à l’échelle.

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Il y avait un quota imposé de contenants à usage multiple (nos bouteilles brunes, utilisées 15-20 fois avant recyclage) au Québec il y a quelques années, mais ça a été aboli.

En ce qui concerne le verre, je crois que la demande des contenants en verre augmente aussi depuis quelques années, pour diminuer l’usage du plastique. On peut penser aux pots de yogourt, bouteilles de lait, pots de miel, ketchup/moutarde québécois, etc.

Il faudrait juste trouver un moyen de mieux les recycler. Certaines entreprises récupèrent leurs bouteilles via une consigne (2 $ pour une bouteille de lait de 1 litre)

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Je parle pour moi, mais j’achète souvent les canettes au lieu des bouteilles simplement pour ce qui est de la consigne. Je ne retourne presque jamais mes contenants consignés parce que j’en ai très peu et que ce que j’achète, ce sont des bières de micro à l’unité que les épiceries refusent presque systématiquement de reprendre, que ce soit acheté chez eux ou ailleurs. J’aimerais beaucoup plus acheter des bouteilles et les retourner pour qu’elles soient réutilisées, mais vu l’obstacle j’aime mieux mettre une canette dans le bac de recyclage en sachant qu’elle, elle sera recyclée.

En lien avec cette nouvelle économique, voici un clip (filmé par drone) de l’usine O-I (Owens Illinois) de Pointe St-Charles, réalisé et partagé cette semaine par @tipat99 . :sunglasses: :+1:

Usine O-I (fabrication de verre) vue du ciel

27 juin 2022

L’usine O-I (Owens Illinois) de Pointe St-Charles filmé avec un drone DJI Mini 2.

Cette usine fabrique est recycle du verre qui sont principalement utilisé pour des bouteilles de bières et autres alcools.

Pat vidéo Drone & plus

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Dire que j’ai travaillé une seule semaine dans cette usine en 1967 avant d’abandonner ma carrière d’ouvrier- étudiant. J’ai vite compris que la travail d’usine ce n’était pas pour moi. À l’époque plusieurs jeunes quittaient l’école pour gagner leur vie soit à la Dominion Glass ou à la Northern Electric l’autre gros employeur de PSC. On y travaillait fort mais ce n’était pas mal payé et plusieurs y ont pris leur retraite après des décennies de labeur. En 1968 j’ai eu la chance de travailler sur le site de l’Expo qui est devenu mon lieu de travail étudiant pour les 5 années suivantes et qui m’a ouvert des horizons plus en accord avec mes intérêts personnels.

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Industrie de la construction Le cimentier Lafarge achète l’énorme carrière Mathers à Saint-Eustache

PHOTO TIRÉE DU SITE WEB GROUPE MATHERS

Vue aérienne de la carrière Mathers à Saint-Eustache, la plus grosse productrice de pierre concassée de construction au Québec

Transaction majeure dans le marché des matériaux de base en construction d’immeubles et de routes au Québec.

Publié à 14h46

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Martin Vallières

Martin Vallières La Presse

Le cimentier Lafarge Canada, une filiale de la multinationale Holcim dans les matériaux de construction, achète l’énorme carrière Mathers à Saint-Eustache, qui est la plus grosse productrice de pierres concassées au Québec.

Lafarge Canada achète aussi l’entreprise Pavage St-Eustache du Groupe Mathers, qui est une importante productrice de revêtements routiers à partir de granulats de béton et d’asphalte recyclés.

Avec cette acquisition, Lafarge Canada, qui exploite déjà la cimenterie de Saint-Constant, dans le sud du Québec, devient l’un des plus gros fournisseurs de granulats de pierres pour les chantiers de construction de bâtiments et d’infrastructures routières dans l’est du Canada.

« Il s’agit de la plus importante acquisition au sein de la ligne de produits des Granulats dans l’Est du Canada en plus de 10 ans pour Lafarge », confirme David Redfern, PDG de Lafarge (Est du Canada), dans le communiqué d’annonce de la transaction effectuée en privé avec la famille Mathers.

« Et ce n’est que le début. Le Québec est un marché dynamique et passionnant avec des projections de croissance élevées soutenues par de nécessaires développements d’infrastructures actuels et futurs. »

« Avec cette acquisition ciblée, nous ajoutons à nos activités la plus importante carrière de pierres concassées au Québec et étendons notre influence dans l’industrie, avec la production de béton et d’asphalte recyclés », indique pour sa part Toufic Tabbara, qui est « chef régional » chez le cimentier Holcim Amérique du Nord, la société mère de Lafarge Canada.

La capacité d’extraction et de production de pierres concassées à la carrière Mathers est décrite à hauteur de 625 tonnes métriques par heure.

Établies depuis près de 60 ans, les deux entreprises de la famille Mathers vendues à Lafarge Canada, Carrière St-Eustache et Pavage St-Eustache, regroupent 80 employés.

Ceux-ci s’ajouteront à l’effectif de Lafarge Canada qui compte 6000 employés répartis parmi 350 sites de production et de distribution de matériaux de base en construction d’immeubles et de routes (béton, agrégats, pierres concassées, asphalte, etc.).

À la direction du Groupe Mathers, qui comprend d’autres entreprises de commerce de détail et de divertissement à Saint-Eustache, la présidente et administratrice Brigitte Mathers indique par communiqué que « nous sommes très fiers de ce que nous avons construit au fil des ans avec les opérations de Carrière et Pavage St-Eustache. Ce fut une expérience très enrichissante pour ma famille de pouvoir voir les entreprises se développer ».

Très très grosse Nouvelle pour la Rive-Sud de Montréal!!

Alstom concrétise une promesse avec un centre d’innovation:

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En lien avec cette nouvelle:


Communiqué de presse d’Alstom: :point_down:

Alstom crée un centre innovation dans la Grande région de Montréal dans les solutions de mobilité durables

  • Le mandat du centre est de développer les futures plateformes à propulsion hybride, à batterie ou à l’hydrogène, à faible ou zéro émission

4 juillet 2022 – Alstom annonce la création d’un nouveau centre d’innovation dédié aux solutions de mobilité ferroviaire vertes qui sera situé sur le site de son siège social pour les Amériques à St-Bruno-de-Montarville au Québec, au Canada. Rappelons qu’il s’agissait là d’un engagement phare pris par le groupe au moment de l’acquisition de Bombardier Transport, complétée en janvier 2021.

Ce centre d’innovation aura comme mission première de développer les futures plateformes à propulsion verte hybride, batterie ou hydrogène spécifiquement adaptées au marché nord-américain du transport sur rail des biens et des personnes, et répondre ainsi aux besoins de décarbonisation du secteur. Il sera dirigé par Éric Rondeau, qui a une expérience reconnue dans le domaine de l’électrification des transports, ayant d’ailleurs récemment agit comme conseiller stratégique principal auprès d’Investissement Québec International et le ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec pour la mise en valeur et le déploiement de la filière batterie du Québec.

L’installation du centre à St-Bruno assurera une synergie inédite par sa proximité avec les quelques 500 ingénieurs d’Alstom travaillant actuellement sur le site, ainsi qu’avec des installations dédiées au prototypage. Il bénéficiera également d’équipements dernier cri de réalité virtuelle et de réalité augmentée pour lui permettre d’optimiser les activités de développement des futures plateformes à propulsion verte. En fonction de ses mandats, le centre pourrait créer jusqu’à environ 80 emplois d’ici quelques années. Les ingénieurs du centre collaboreront étroitement avec les acteurs clés du secteur québécois de la recherche et de l’innovation, ainsi qu’avec des partenaires industriels de la filière québécoise de la batterie et de l’hydrogène. Notamment, le centre travaillera avec l’Institut de recherche sur l’hydrogène de l’Université du Québec à Trois-Rivières sur les conditions de succès de l’écosystème de ravitaillement et d’opération de la propulsion à l’hydrogène. Il participera également à l’Initiative de croissance durable de l’Université McGill, un laboratoire d’idées visant à fournir aux entreprises et aux gouvernements des solutions novatrices pour accélérer la transition verte dans le domaine des transports.

“Alstom offre la gamme la plus complète de solutions vertes pour soutenir les efforts environnementaux de ses clients. Nous allons maintenant accroître notre capacité avec des produits qui seront spécifiquement adaptés à la réalité géographique, climatique et réglementaire du marché nord-américain.”

Michael Keroullé, President, Americas Region

Michael Keroullé, President d’Alstom Amériques

« Alstom offre la gamme la plus complète de solutions vertes pour soutenir les efforts environnementaux de ses clients. Nous allons maintenant accroître notre capacité avec des produits qui seront spécifiquement adaptés à la réalité géographique, climatique et réglementaire du marché nord-américain. Le contexte d’affaires et les atouts du Québec, combinés à notre expertise en design et d’ingénierie établie ici à St-Bruno, nous offrent un environnement unique pour innover et croître » a déclaré Michael Keroullé, président d’Alstom Amériques.

« Contrairement à l’Europe ou l’Asie, le réseau ferré du Canada et des États-Unis est à peine à 1 % électrifié. Plus de 27 000 locomotives au diesel l’empruntent tous les jours, ce qui pèse lourd sur le bilan carbone de nos sociétés. Il faut accélérer le verdissement de ce mode de transport, notamment en offrant aux décideurs publics et à nos clients des technologies de propulsion électriques éprouvées. Ce sera le rôle de ce centre d’innovation de développer ces nouvelles plateformes innovantes ou de les adapter pour répondre aux défis d’ici » a pour sa part indiqué Éric Rondeau.

Alstom est le leader mondial de l’innovation verte dans le secteur du transport sur rail. Elle emploie 1 700 personnes au Québec et son siège décisionnel pour les Amériques est installé à St-Bruno-de-Montarville au Québec. Elle agit comme fournisseur de matériel roulant, des solutions de signalisation, de services, d’infrastructure et de systèmes clés en mains pour REM, des sociétés telles que la Société de transport de Montréal et Exo, ainsi que dans les plus grandes villes canadiennes et pour les grands chemins de fer. Alstom est un fier acteur canadien et a été certifié « Top Employer 2022 » au Canada par le Top Employers Institute.
Alstom™ est une marque déposée du groupe Alstom.


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Bonne nouvelle conservatrice pour Montréal!!

Le siège social de Produits forestiers Résolu restera à Montréal, assure son PDG:

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Pénurie de main-d’œuvre Seize emplois en un après-midi

PHOTO SARKA VANCUROVA, LA PRESSE

La pénurie de main-d’œuvre frappe de plein fouet les commerçants du centre-ville de Montréal.

Les commerçants du centre-ville de Montréal sont plus désespérés que jamais de recruter des travailleurs. Avec en poche un CV minimaliste au possible, et en affirmant ne pas parler anglais, notre journaliste a été en mesure de décrocher pas moins de 16 emplois en quelques heures de recherche à peine. Se faire embaucher en ne parlant pas français s’est révélé autrement ardu.

Publié à 5h00

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Delphine Belzile

Delphine Belzile La Presse

William Thériault

William Thériault La Presse

« C’est aussi facile que ça, se trouver un emploi »

PHOTO SARKA VANCUROVA, LA PRESSE

Sur les 30 candidatures déposées dans des commerces du centre-ville en un après-midi, notre journaliste a reçu 16 offres d’emploi.

Au moment où le centre-ville de Montréal reprend vie, les commerçants peinent à répondre à la demande, faute de travailleurs. Une opération de distribution de CV menée par La Presse l’a rapidement confirmé. En un après-midi, notre journaliste y a décroché 16 offres d’emploi.

Le 20 juin dernier, nous avons parcouru la rue Sainte-Catherine, de la station Guy-Concordia à la Place des Arts, avec en main 30 CV des plus modestes. La représentante de La Presse s’est présentée sous l’identité de « Juliette », cégépienne n’ayant aucune maîtrise de l’anglais. Une formation de gardiens avertis et une expérience professionnelle comme monitrice de camp de jour étaient les principaux faits saillants de sa candidature.

PHOTO SARKA VANCUROVA, LA PRESSE

Les commerces à la recherche d’employés sont légion au centre-ville.

Les CV ont été remis en personne dans 13 boutiques de vêtements et chaussures, 10 restaurants et cafés, 3 crèmeries, 3 pharmacies et 1 cinéma.

La réalité est saisissante : la pénurie de main-d’œuvre frappe les commerçants du centre-ville de Montréal de plein fouet. Après seulement trois heures de recherche et quelques entrevues d’embauche immédiates, nous avions décroché neuf offres d’emploi. Sept autres se sont ajoutées dans la semaine ayant suivi ces visites.

Plus de la moitié des candidatures remises rue Sainte-Catherine ont donc été retenues par les employeurs malgré les maigres compétences mentionnées dans notre CV. Certains commerçants étaient également prêts à nous faire signer un contrat de travail sur-le-champ, par peur qu’une embauche potentielle leur glisse entre les mains.

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Après une courte entrevue, notre journaliste s’est vu offrir un poste aux Trois Brasseurs, malgré son inexpérience dans la restauration.

Des restaurateurs ont aussitôt ajouté la représentante de La Presse à l’horaire de la semaine suivante pour pourvoir des postes vacants, et ce, même sans expérience. « C’est aussi facile que ça, se trouver un emploi », s’est exclamé le gérant des Trois Brasseurs, angle Crescent, après nous avoir accordé une entrevue d’embauche sur le coin du bar.

Bien que le centre-ville de Montréal soit reconnu pour son bilinguisme, la majorité des employeurs ont considéré notre candidature sans hésitation. « Si tu apprends l’essentiel de l’anglais rapidement, il n’y a pas de problème », nous a confié le gérant d’une boutique de chaussures.

Au moment où s’amorcent les vacances d’été, bon nombre de vitrines de la rue Sainte-Catherine affichent toujours « Nous embauchons ». Parmi les 30 commerces visités, seulement une boutique confirmait avoir une équipe complète. Nous sommes loin du CV qui se retrouve dans le fond du tiroir. C’est plutôt devenu une denrée rare pour de nombreux commerçants.

Le pouvoir aux employés

Une fois notre démarche dévoilée à certains commerçants, ceux-ci nous ont confié à quel point leur réalité est « difficile » alors que les candidats ont l’embarras du choix.

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À la boutique Jack & Jones du centre-ville de Montréal, on est prêt à faire plusieurs compromis pour attirer de nouveaux employés.

La pénurie de main-d’œuvre donne le pouvoir aux employés de négocier leurs heures de travail. Certains n’hésitent pas à demander de travailler seulement les jours de semaine pour avoir leurs soirs et leurs fins de semaine. « S’ils veulent un congé, nous n’avons pas le choix de leur accorder, comme nous avons besoin d’eux », révèle Danny Girard, gérant de la boutique de vêtements Jack & Jones au centre-ville de Montréal.

Chez Chocolats Favoris, on demandait un spécimen de chèque dès que possible. La banque de CV est pratiquement vide, nous a confirmé Josée Fortin, gérante du Chocolats Favoris du Quartier des spectacles. Habituellement, elle en détient une quarantaine.

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Manquant d’employés, le Chocolats Favoris du Quartier des spectacles peine à répondre à la demande en cette saison des festivals.

Ce n’est plus nous, ce sont [les employés] qui choisissent maintenant. On dirait que les rôles se sont inversés.

Josée Fortin, de Chocolats Favoris

Lors de notre visite, le commerce venait tout juste de « survivre » aux Francos de Montréal. Josée Fortin prévoyait devancer ses heures de fermeture à l’approche du Festival international de jazz de Montréal en raison du manque de main-d’œuvre, quitte à se priver de milliers de dollars de revenus. Elle-même prévoyait faire des heures supplémentaires pour pourvoir les postes vacants.

La réalité est tout aussi difficile dans la restauration malgré une clientèle qui est au rendez-vous après deux ans d’incertitudes. « Juliette » s’est fait embaucher comme hôtesse dans les trois restaurants où elle avait déposé sa candidature. Bien que les commerçants du centre-ville de Montréal se réjouissent de l’abolition des mesures sanitaires et de la reprise des festivals d’été, le retour à la normale intensifie l’impact de la pénurie de main-d’œuvre.

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Les restaurateurs s’arrachent littéralement les employés compétents, souligne Klaudia Roy, copropriétaire de deux pizzérias No.900.

À l’heure actuelle, ils s’arrachent les employés pour compléter leur équipe et assurer un service de qualité. « C’est tellement difficile de trouver des employés compétents et formés que les restaurateurs viennent chercher tes propres employés dans ta maison », soulève Klaudia Roy, copropriétaire des pizzérias No.900 du Quartier des spectacles et de Verdun. Auparavant, les employeurs évitaient d’agir ainsi par respect, mais la pénurie de main-d’œuvre les force à prendre les grands moyens, ajoute-t-elle.

Comment expliquer la pénurie ?

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Courtisée par tous les secteurs d’activités, la main-d’œuvre a l’embarras du choix, ce qui n’avantage pas le secteur du commerce de détail.

Ça ne date pas d’hier : pratiquement tous les secteurs économiques souffrent d’une pénurie de main-d’œuvre. Mais comment expliquer celle qui touche spécifiquement le commerce de détail, à plus forte raison au centre-ville de Montréal ? Des experts se prononcent.

Des travailleurs se réorientent

Les successions de fermetures durant la pandémie ont généré énormément d’incertitudes dans le secteur des ventes et des services. De nombreux travailleurs se sont alors redirigés vers d’autres types d’emplois, en quête de stabilité, explique Noémie Ferland-Dorval, directrice des communications et des affaires publiques pour l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés. Quant aux jeunes, ils se sont orientés vers des emplois de bureau avec des horaires de semaine et plus réguliers, ajoute-t-elle. Comme tous les secteurs recrutent profusément, « la main-d’œuvre a un choix important ».

Le « trop-plein » manquant

Le secteur des ventes et des services avait l’habitude de pourvoir ses postes vacants par le « trop-plein » d’emplois dans les secteurs spécialisés, souligne Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. À l’heure actuelle, comme la pénurie de main-d’œuvre permet aux étudiants de travailler dans leur domaine d’études spécifique, les employeurs dans les secteurs de services se retrouvent avec un bassin de candidatures moins grand, souligne-t-il. Le tiers des postes vacants au Québec relevait du domaine des ventes et des services lors du quatrième trimestre de 2021, rapporte l’Institut de la statistique du Québec. À la grandeur du pays, le commerce de détail observait une hausse des postes vacants de 12,8 % au premier trimestre de 2022 par rapport au trimestre précédent, selon Statistique Canada.

Une surenchère salariale

PHOTO SARKA VANCUROVA, LA PRESSE

Chez Simons, le salaire d’entrée a récemment augmenté à 18 $ de l’heure.

Bien que le centre-ville de Montréal offre une multitude d’attraits, le simple intérêt d’y travailler ne suffira pas aux employés, affirme Michel Leblanc. Les commerçants devront augmenter les salaires de leurs employés pour assurer la rétention de la main-d’œuvre, explique-t-il. « Il va y avoir inévitablement un effet d’inflation salariale au centre-ville. » On parle d’une « guerre de talents », alors que les commerçants s’efforcent d’attirer de la main-d’œuvre au centre-ville, ajoute Noémie Ferland-Dorval. La rareté de la main-d’œuvre force les commerçants à hausser les salaires. Chez Simons*,* le salaire d’entrée a récemment augmenté à 18 $ de l’heure. Cette concurrence salariale génère énormément de pression sur les petits commerçants du centre-ville qui n’ont pas cette capacité financière, souligne-t-elle.

Les hôtels absorbent la main-d’œuvre

L’hôtellerie s’est lancée dans un recrutement massif d’employés après avoir souffert d’une baisse importante de sa clientèle pendant la pandémie. Le secteur s’approprie à l’heure actuelle énormément de main-d’œuvre du secteur des ventes et des services, explique Michel Leblanc. Les hôteliers offrent des salaires compétitifs et des conditions de travail plus attrayantes pour les employés, une option parfois impossible pour les commerçants du centre-ville, ajoute-t-il. Le salaire d’entrée d’une préposée aux chambres peut s’élever jusqu’à 20 $ de l’heure, confirme Jean-Sébastien Boudreault, président de l’Association des hôtels du Grand Montréal.

L’automatisation des services

Le marché de l’emploi retrouvera son équilibre seulement dans une dizaine d’années, estime Jean-Luc Geha, professeur et directeur de l’Institut de vente à HEC Montréal. Selon lui, l’automatisation apparaît comme la solution essentielle pour remédier à la pénurie dans le secteur des ventes et des services. Certaines technologies permettent de réduire le nombre de travailleurs tout en conservant les services à la population, affirme Jean-Luc Geha, citant les guichets automatiques comme meilleur exemple. La pandémie a prouvé l’efficacité de l’automatisation des services, notamment avec les codes QR et les applications de paiement direct, ajoute-t-il. « Je ne serais pas surpris que dans 10 ans, on se serve soi-même dans les magasins », conclut le spécialiste.

Embauché sans parler français

PHOTO SARKA VANCUROVA, LA PRESSE

Le restaurant Foodchain de l’avenue McGill College est l’un des deux employeurs qui ont offert un travail à notre journaliste qui affirmait être unilingue anglophone.

Trente-trois CV soumis, deux emplois obtenus. Nous avons mené la même expérience que notre collègue, cette fois en tant qu’unilingue anglophone cherchant du travail au centre-ville de Montréal. La tâche s’est révélée ardue, mais pas impossible.

Avec une fausse identité, nous avons déposé un curriculum vitæ assez modeste dans 33 commerces de tous les genres : restaurants, magasins de vêtements, cafés, kiosques de téléphonie mobile, arcade, boutiques de souvenirs.

Nous avons présenté nos candidatures en prétendant ne parler qu’anglais. Sur notre CV, seulement deux expériences professionnelles : moniteur de camp de jour, puis employé de cuisine en restauration.

Pendant nos entretiens avec les employeurs, nous avons clairement avoué ne pas être à l’aise avec le fait de servir des clients en français.

Au Québec, le droit de travailler et d’être servi en français existe depuis la mise en place de la loi 101, en 1977. Aujourd’hui, la loi 96 stipule explicitement que « l’entreprise qui offre au consommateur des biens ou des services doit respecter son droit d’être informé et servi en français ».

Certaines des réponses que nous avons entendues laissaient croire qu’il existait tout de même des ouvertures.

« Ne t’inquiète pas, moi, je parle juste anglais. » « Plusieurs personnes parlent seulement anglais ici, c’est correct. » « Ce n’est pas un problème, mon ami. » « Ici, tu peux travailler dans l’entrepôt. Si tu postules dans l’Ouest-de-l’Île, tu pourras être vendeur en anglais avec facilité. »

Deux emplois

À 20 reprises sur 33, la personne abordée a accepté le CV, rédigé uniquement en anglais. Six commerces ont refusé notre CV parce que nous ne parlions pas français, cinq employeurs disaient ne pas embaucher à l’heure actuelle, et deux autres nous ont redirigés vers un formulaire écrit ou sur le web.

En définitive, nous avons décroché deux emplois.

Le premier employeur qui nous a rappelés, le restaurant Cultures, n’avait même pas reçu notre CV : c’était le voisin d’un autre restaurant que nous avons contacté, dans l’aire de restauration du Complexe Desjardins.

Le franchisé, désespérément en manque de personnel pour pourvoir une case horaire peu attirante, a été direct : « Pas d’entrevue, tu viens me voir et je commence à te former pour mon quart d’ouverture. De 3 h du matin à 11 h. »

Pourtant, dès les premiers instants de la conversation, nous avions évoqué la barrière de la langue. « Tu n’auras qu’à apprendre quelques mots, nous a assuré le franchisé. Bonjour, merci, au revoir, numéro un. Ce n’est pas compliqué. »

Nous l’avons rappelé le lendemain, dévoilant notre jeu. « C’est une case horaire spéciale, je ne m’attends pas à trouver quelqu’un, s’est-il défendu. C’est pour ça que je dois travailler seul. »

Quelques heures plus tard, un deuxième employeur nous contactait, par texto, pour nous proposer un emploi. Il s’agissait du restaurant santé Foodchain, avenue McGill College, en bordure de la rue Sainte-Catherine Ouest.

« Tu aurais travaillé dans la cuisine », sans parler aux clients, a assuré le gérant lorsque nous l’avons rappelé pour lui expliquer notre démarche.

Réticence palpable

Parmi les 20 lieux de travail qui ont accepté de conserver le CV que nous avons soumis, plusieurs l’ont fait avec réticence, certains par politesse.

Souvent, la première question que nous posaient les employeurs, c’était si nous parlions français. Lors de l’après-midi, nous avons reçu plusieurs commentaires sur la nécessité de maîtriser cette langue pour bien servir le public.

« Ici, la moitié des clients te parleront en français. Tu dois les comprendre », a dit l’un des employés du Jack & Jones, rue Sainte-Catherine Ouest, avant de refuser le CV. « Tu ne parles pas français ? Ce sera un problème pour nous », a expliqué le commis du Game Stop, au Centre Eaton.

Le gérant du magasin Lids, qui vend des vêtements et des casquettes de sport, était même prêt à nous accorder une entrevue sur-le-champ. Lorsque nous lui avons fait mention de notre unilinguisme, il s’est immédiatement désisté.

Lisez « Embaucher, “un job à temps plein” »

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Du point de vue des recruteurs:

texte intégral

Embaucher, « un job à temps plein »

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Marion Fournier, propriétaire du nouveau restaurant Le 267, dans le Vieux-Longueuil

Le rapport de force a changé. Les employeurs ont l’impression que ce sont maintenant eux qui passent une entrevue auprès des candidats… quand ceux-ci daignent se présenter. Incursion dans une séance d’entrevues d’embauche.

Publié à 5h00

Nathaëlle Morissette

NATHAËLLE MORISSETTELA PRESSE

Des cours de salsa qui empêchent une candidate de travailler le lundi soir, l’impossibilité d’être à l’horaire le dimanche pour une autre, un réveil qui ne sonne pas pour une future employée convoquée à une rencontre… en après-midi, et, finalement, un jeune homme qui brille par son absence au moment de l’entrevue sans jamais donner de nouvelles.

Lorsque Marion Fournier, nouvellement propriétaire du restaurant Le 267, situé dans le Vieux-Longueuil, a accueilli La Presse dans son établissement en chantier — pour nous permettre d’assister à ses entrevues d’embauche —, elle semblait loin de se douter que son après-midi ensoleillé du début du mois de juin ne serait pas aussi fructueux qu’elle l’avait anticipé.

Bien sûr, elle avait déjà goûté à la nouvelle réalité du recrutement qui demande beaucoup de temps à l’employeur. Il doit appeler un candidat dès qu’il reçoit son curriculum vitæ pour ensuite maintenir un contact incessant avec lui. « C’est un job à temps plein », lance-t-elle sans détour.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Marion Fournier au travail pour embaucher du personnel. Elle a besoin de plus de 20 employés pour son nouveau restaurant.

Et Mme Fournier avait entendu plusieurs « histoires d’horreur » racontées par ses amis restaurateurs, si bien que certains évènements survenus depuis le début de son processus d’embauche lui semblaient même devenus banals. « J’ai engagé trois chefs… il ne m’en reste qu’une », a-t-elle confié avant le début de sa séance d’entrevues, quelques semaines avant la date d’ouverture qu’elle s’était fixée.

La restauratrice ne s’attendait pas non plus à ce que tous les jeunes lui demandent de travailler du lundi au vendredi. « Et oui, j’ai eu des no-shows », a-t-elle également admis en tentant d’enterrer le son agressant des perceuses.

« On a aussi des gens qui ne répondent pas aux appels et des curriculum vitæ où on n’indique aucun numéro de téléphone. Mais ce n’est vraiment pas la majorité, je suis agréablement surprise. », ajoute-t-elle, confiante malgré tout.

De mauvaises surprises

Mais cet après-midi là lui réservait d’autres surprises, de mauvaises cette fois. Mme Fournier, qui a décidé de faire le saut en restauration en ouvrant le premier établissement d’un tout nouveau concept créé par Pacini, avait jusque-là réussi à engager 12 personnes. Pour faire rouler son restaurant — qui abrite les trois marques Tok-Tok (hot-dogs coréens), Smokissime (sandwichs à la viande fumée à tremper dans une sauce) et Queues de Castor —, Mme Fournier a besoin de plus de 20 employés.

À l’instar des jours précédents, la séance d’entrevues a plutôt bien commencé. La première candidate, Mélanie, âgée de 23 ans, est arrivée à l’avance. L’entretien se fera sur un banc situé à l’extérieur du resto, histoire de fuir la poussière et le bruit d’un local qui semblait bien loin d’être prêt à accueillir des clients sous peu.

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Marion Fournier en entrevue avec Mélanie, 23 ans

« Je suis toujours souriante », lance-t-elle spontanément lorsqu’on lui fait la remarque à propos de son air joyeux. Cheveux ramassés en chignon, espadrilles blanches aux pieds, la candidate qui a soigné son apparence répond avec enthousiasme aux questions de celle qui pourrait devenir sa patronne. L’échange se déroule sur un ton joyeux. Mme Fournier vend sa salade et insiste sur le fait qu’il est important d’avoir du plaisir en travaillant. Elle est convaincante.

Mélanie veut travailler à temps partiel, car elle s’est inscrite à un cours d’esthétique. Est-elle prête à rentrer au boulot la fin de semaine ? « Oui, sans problème », dit-elle, marquant des points auprès de son intervieweuse.

Se qualifiant de flexible, elle s’empresse toutefois d’ajouter qu’elle n’est pas disponible les lundis soir. « C’est mon cours de salsa-danse latine. » Cette demande n’a toutefois pas fait sourciller Marion Fournier.

Lorsqu’elle se lève du banc de parc, la restauratrice dessine un bonhomme sourire sur la demande d’emploi. Va-t-elle la rappeler ? « Oui ! Elle est vraiment très dynamique, répond-elle une fois la candidate partie. Je suis privilégiée comme employeur, j’en suis consciente. »

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Marion Fournier sort satisfaite de son entrevue avec Mélanie.

Rattrapée par la réalité

Quelques minutes plus tard, toutefois, la réalité du recrutement la rattrape. Nous ne verrons jamais la deuxième candidate qui était convoquée à 14 h. À plusieurs reprises, alors qu’elle l’attendait au soleil sur le trottoir, Mme Fournier a consulté ses textos. Rien.

« Si elle ne prend pas la peine de m’appeler, c’est de mauvais augure », confie-t-elle, cachant mal sa déception. La candidate fantôme appellera finalement 15 minutes après l’heure prévue de son entrevue. Son téléphone était déchargé, explique-t-elle la voix éraillée. L’alarme devant la réveiller n’a donc pas sonné.

« J’ai un mauvais feeling », indique Julie, bras droit de Mme Fournier, présente pour accueillir les candidats. « Je vais laisser la chance au coureur », ajoute tout de même la patronne qui a accepté de rencontrer la jeune femme plus tard en soirée.

Près de 30 minutes plus tard, la scène se répète. Le troisième aspirant brille par son absence. Nous apprendrons plus tard qu’il ne donnera jamais signe de vie.

Heaven, dernier candidat de la journée, se présente accompagné d’une amie, également intéressée par un emploi d’été. Marion Fournier décide de faire les entrevues à l’intérieur, à la suite du départ des ouvriers. Âgé de 17 ans, le jeune homme raconte qu’il a quitté son gagne-pain parce que le patron ne respectait pas les horaires. Au 267, il est prêt à travailler quelques soirs par semaine jusqu’à 21 h 30 maximum.

Son amie, questionnée après lui, cachait mal sa nervosité. Ses jambes qui sautillaient frénétiquement sous la table la trahissaient. La jeune femme, qui a travaillé chez McDonald’s et Burger King, n’est pas disponible le dimanche.

Ils ont malgré tout fait bonne impression à Mme Fournier. Elle demeure toutefois hésitante puisqu’ils ont montré peu d’ouverture à travailler la fin de semaine.

À noter que tous les candidats interrogés ont manifesté plus d’enthousiasme en apprenant la présence dans le restaurant d’une cabine de photos (photobooth) ou en se faisant offrir la possibilité de faire des livraisons avec un vélo électrique qu’envers le salaire offert. Le taux horaire a été fixé entre 15 $ et 17 $ plus le partage des pourboires qui peut parfois valoir 4 $ l’heure de plus. Ils ont été convoqués à une séance d’information qui devait avoir lieu quelques semaines plus tard. Tous avaient assuré leur présence. L’ouverture était prévue pour le 20 juin.

Un mois plus tard…

Près d’un mois plus tard, à la veille du 1er juillet, Le 267 n’était toujours pas en mesure d’accueillir ses premiers clients. Retards dans les travaux et problèmes de branchement figurent sur la liste des facteurs expliquant la situation. Aucun des candidats que La Presse a rencontrés en compagnie de Mme Fournier n’est venu à la séance d’information, même si tous s’y étaient engagés. Ils ne lui ont pas non plus redonné signe de vie. Au téléphone, Marion Fournier ne cache pas sa peur de perdre d’autres employés, pressés de ramasser des sous pour l’été.

J’essaie de les garder motivés. J’en ai fait rentrer pour faire du ménage. Je sais que ça va se resalir après, mais au moins, je leur donne des heures, ils ont un salaire. Je reste proche.

Marion Fournier, propriétaire du 267

Mme Fournier a également demandé à quelques-uns de distribuer des coupons pour un tirage. L’expérience semble avoir été concluante. « Je leur écris. Je les tiens informés. »

Si la nouvelle propriétaire a agi d’instinct, sa stratégie pour fidéliser son équipe semble être la bonne, selon Céline Morellon, spécialiste en ressources humaines et présidente de Leaders de valeurs, groupe conseil.

« Dans une situation comme celle-là, si on n’est pas capable de les payer directement, la meilleure tactique, c’est le contact incessant, non seulement entre le patron et les employés, mais également entre les employés. »

« Il ne faut jamais se déconnecter de la mission de notre organisation dans nos contacts avec eux. Ensuite, entre eux, ils ne voudront pas se lâcher », ajoute-t-elle.

Jointe de nouveau il y a quelques jours, Mme Fournier nous annonce finalement qu’elle pourra ouvrir le lundi 11 juillet. Récemment, elle a perdu deux employés, des « coups de cœur » qui ont commencé à travailler ailleurs. Pour le moment, elle compte 25 personnes dans son équipe. « Je peux encore avoir des surprises, laisse-t-elle tomber avec lucidité. À l’ouverture, c’est là que je vais voir combien d’employés il me reste. »

« On ne peut plus recruter comme à l’époque »

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Le rapport de force a changé en faveur des travailleurs et c’est aux employeurs de s’adapter, fait valoir Céline Morellon, présidente de Leaders de valeurs, groupe conseil.

« Plus on parle de la rareté de main-d’œuvre dans les médias, pire c’est dans les entrevues. Les travailleurs savent qu’ils ont le gros bout du bâton, ils savent qu’on a besoin d’eux et que si cet employeur-là dit non, il y en a un autre qui va dire oui. C’est aussi simple que ça », résume Céline Morellon, spécialiste en ressources humaines et présidente de Leaders de valeurs, groupe conseil.

Le secteur manufacturier ainsi que les entreprises de services comme les restaurants et les salons de coiffure, par exemple, souffrent particulièrement de cette situation, explique-t-elle.

Maintenant que le rapport de force a changé et que les candidats sont conscients qu’on a plus que jamais besoin d’eux, que doivent faire les employeurs s’ils veulent réussir leur « opération recrutement » ?

« C’est à eux de changer leur schème de pensée, explique-t-elle aux entrepreneurs qu’elle rencontre. On ne peut plus recruter comme on recrutait à l’époque. C’est fini, c’est mort. »

PHOTO FOURNIE PAR CÉLINE MORELLON

S’attendre à avoir une lettre de recommandation ou une lettre de motivation avec le curriculum vitæ et d’écarter des candidatures, ça ne marche pas. Tu reçois un CV, tu es content.

Céline Morellon, présidente de Leaders de valeurs, groupe conseil

« Tu prends le temps de l’analyser et tu rencontres ton monde immédiatement, ajoute-t-elle. On ne peut plus se permettre d’avoir des processus de recrutement sur trois, quatre ou cinq jours. Quand les gens envoient un CV, ils l’envoient à quatre endroits différents, ça va être premier arrivé, premier servi. »

L’entrevue doit également être à l’image de l’entreprise. « Si votre ambiance d’entreprise est festive, joyeuse, le fun, l’entrevue doit être festive, joyeuse et le fun, illustre Mme Morellon. Si votre ambiance d’entrevue est plus stricte, plus carrée, vous allez trouver des joueurs qui apprécient ça, il faut juste que ça soit cohérent avec ce qu’ils vont vivre le lendemain et le surlendemain. »

Autre point important, sachant que la main-d’œuvre est rare et que, parfois, aucune candidature n’est soumise pour un poste affiché, les entreprises doivent commencer à recruter tôt, conseille Céline Morellon. À ce chapitre, elle n’hésite pas à critiquer « le manque de vision » de plusieurs organisations.

« C’est ça qui se passe en ce moment dans les aéroports, c’est ça qui se passe partout, observe-t-elle. Les organisations ne sont pas capables de se projeter assez loin. Elles ont toutes commencé le recrutement en vue de l’été au mois de mars. C’est au mois de décembre dernier qu’il fallait commencer à s’afficher et à annoncer ses couleurs. »

Pas loin de chez nous, le Waverly a couvert toutes les fenêtres d’une annonce pour recruter un cuisinier.

J’ai l’impression que c’est devenu le plus grand défi en restauration pour partir une business, on voit des pancartes de recrutement sur des locaux plusieurs mois avant leur ouverture!

État de la rue Bernard Ouest, dans Outremont

Beau dimanche pour faire un tour sur la rue Bernard! La rue est piétonnisée en partie, et il y avait un événement de Montréal complètement Cirque pour animer la rue cette fin de semaine.


J’ai compté les locaux de la rue Hutchison jusqu’à l’avenue Wiseman. Il y a 59 locaux sur ce tronçon. Sur ce nombre, 54 sont occupés, pour un totale de 92% de locaux occupés. Il y a 3 locaux à louer (5%) et 2 inoccupés (2%). Quelques adresses bien achalandées:


Un des rares locaux inoccupés est cet édifice en travaux depuis longtemps, qui était au coeur d’un litige sur le zonage des lieux de culte sur la rue:

Une particularité, ces commerces dans une cour intérieure:

Bref, la rue Bernard est en bien bonne santé commerciale. C’est une belle rue, bordée d’édifices intéressants, propre. Pas loin de 10% des commerces de la rue sont des courtiers immobilier. Je crois que les immenses terrasses sont un succès. Point négatif cette année: s’il n’y avait pas eu l’événement de Montréal complètement Cirque, la rue aurait beaucoup moins d’aménagement que les années précédentes. Le bac de sable pour les enfants ou les peintures au sol ne sont pas là, comme précédemment.

Entre le Plateau et Outremont… Un petit tronçon négligé

Entre Hutchison et Parc, la rue Bernard n’a jamais été aménagée comme à l’est ou à l’ouest. Le trottoir est beaucoup plus étroit, il y a peu de recul des édifices, et c’est un tronçon un peu désagréable. Il serait intéressant de voir la ville repenser ce segment de la rue et faire le lien entre le Plateau et Outremont. Le trottoir devrait être élargi, et des arbres sont à planter. Ce tronçon a 9 locaux occupés, et le seul local inoccupé est en grosse rénovation (il s’agit de l’édifice au coin de Parc et Bernard, le rez-de-chaussée est ouvert en ce moment).

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