Architecture - Actualités

Nouvelles et textes concernant l’architecture en général.

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On n’a pas de fil spécifiquement dédié à l’architecture, alors je publie cet article ici.

Regard sur 2023 De l’architecture et des hommes

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Dans un écrin de verdure, la maison des Abouts se dresse comme un oiseau sur une branche, lovée avec délicatesse sur sa presqu’île cerclée par une petite rivière. Le bâtiment, imaginé par Pierre Thibault, inspire toujours la même fascination deux décennies plus tard.

Majestueuses, iconiques, étonnantes, charmantes, inspirantes… Les maisons, c’est une véritable passion, et nous vous présentons celles qui ont marqué nos esprits cette année !

Mis à jour hier à 12h00

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La Presse

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

La cuisine du docteur en alimentation Hubert Cormier et de son conjoint Mathieu Malenfant a été pensée avec soin. Réalisée par Perron Design, elle se distingue par ses rondeurs et l’intégration de touches de couleur, comme celle du luminaire bleu ciel de Lambert & Fils.

PHOTO CHARLES WILLIAM PELLETIER, ARCHIVES COLLABORATION SPÉCIALE

À Cap-à-l’Aigle, dans Charlevoix, l’entreprise Rose des Champs s’est installée dans une ancienne église, rebaptisée la Cité d’art.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

La maison de Barbara Jacques et Gilles Legault dans le Mile End n’a rien de la demeure classique : il s’agit d’un ancien atelier mécanique transformé par le célèbre architecte Ron Keenberg, qui s’est inspiré des silos à grain de son Manitoba natal.

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Le marbre est un matériau de prédilection de nombreux designers et architectes, qui l’aiment tant pour son effet punché que pour son intemporalité. Le designer Luke Havekes l’a choisi pour habiller élégamment sa cuisine.

PHOTO JOSIE DESMARAIS, ARCHIVES LA PRESSE

Cette maison aux allures de belle campagnarde est inspirée de l’architecture des anciennes du coin pour se fondre dans son paysage agricole… L’implanter sans brusquer le paysage est l’un des points forts de La Comtois de Terrebonne, récompensée par une certification argent aux Grands Prix du design.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

L’élégante Maison Carlier, Prix d’excellence de l’Ordre des architectes 2023, est une réalisation des architectes Loukas Yiacouvakis et Marie-Claude Hamelin, de la firme Yh2.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Passionnée de maisons anciennes, Sylvie Guévin redonne leur lustre à des demeures en manque d’amour et réinvente l’habitat, comme pour cette propriété de Lac-Brome, où elle a chiné des meubles et objets anciens pour s’accorder avec le style de la maison.

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Bâtie sur le modèle des cathédrales, la maison de Claude Auclair s’inscrit comme un exemple de développement durable dans le paysage québécois, une construction extraordinaire qu’il a mis près de 20 ans à réaliser.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

L’artiste Léonie-Emmanuelle Dupéré n’a pas peur d’ébouriffer les classiques. Elle habille la coquille classique de cette demeure du chemin de la Côte-Sainte-Catherine, datant de 1920, aux boiseries opulentes, avec une esthétique éclatée qui marie les antipodes.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

La Maison Jaune de la rue de Grand-Pré, dans le Plateau Mont-Royal, construite à la fin du XIXe siècle, est iconique. À l’intérieur, se dévoile un détail surprenant : des escaliers en pas japonais qui mènent à la tourelle.

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

À Bromont, cette ancienne chapelle a été transformée en maison de plain-pied, tout en conservant ses éléments distinctifs : les vitraux.

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On en a un maintenant :slight_smile:

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Merci de l’initiative, je trouvais qu’elle s’imposait car beaucoup trop d’articles se perdent dans d’autres fils comme sujets secondaires. Surtout que la qualité architecturale intéresse une majorité de nos membres et il est important à mon avis d’en faire une sujet spécifique de partage et de discussions. :+1:t2:

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L’audace architecturale de Vancouver, vue de Montréal

Publié à 4 h 00 HNE

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Maxime-Alexis Frappier est un architecte montréalais qui accumule les prix. Tombé amoureux de Vancouver il y a 10 ans, il s’est fait un nom là-bas et continue d’y développer des projets. Le plus récent est la tour Pacific by Grosvenor, un immeuble résidentiel haut de gamme de 39 étages situé à l’entrée du centre-ville. C’est là que nous l’avons rencontré pour discuter des atouts d’une ville qui a, selon lui, 10 ans d’avance sur Montréal en matière d’architecture.

C’est ce que Vancouver a à offrir. On a le sentiment d’être enrobé un peu par le paysage!

L’architecte pointe l’horizon, cet écrin de montagnes et de mer derrière le centre-ville. Nous sommes dans l’un des penthouses de sa tour. Et la vue est époustouflante.

Portrait de Maxime-Alexis Frappier.

L’architecte Maxime-Alexis Frappier sur l’un des balcons de la tour Pacific qu’il a conçue.

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Cloutier

Chaque nouveau projet au centre-ville doit tenir compte de cet environnement naturel.

Ils ont mis en place certains cônes de vision protégée à des endroits très stratégiques. Indiscutables, immuables. Et ça, pour moi, c’est la grande richesse, ici.

Une citation de Maxime-Alexis Frappier, ACDF Architecture

Certaines règles existent aussi à Montréal pour conserver, par exemple, la vue sur le mont Royal, mais elles sont parfois moins strictes dans la pratique, constate l’architecte.

À Vancouver, au contraire, un angle du Pacific a dû être arrondi de 45 centimètres pour respecter un de ces cônes de vision.

Vue de l'immeuble.

Le Pacific de l’architecte Maxime-Alexis Frappier, à Vancouver

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Cloutier

Il vante aussi Vancouver pour la priorité qu’elle donne à l’environnement immédiat de chaque nouvel immeuble : l’impact sur les bâtiments environnants par son ombrage et le vent qu’il redirige, par exemple, et aussi sur les piétons, une grande priorité.

Ce qu’on a développé, c’est un jeu de balcons et d’articulations sur les façades est et ouest, avec des surfaces qui sont un peu inspirées des couleurs grisâtres de Vancouver, explique M. Frappier.

On nous pose toujours la question suivante, toutes les deux ou trois phases : “Quelle est votre contribution à l’espace public? […] Comment votre bâtiment, même s’il est de grande hauteur, va-t-il être capable d’enrichir l’expérience du piéton au niveau de la rue?” souligne-t-il.

Des silhouettes ornent les piliers à la base de l'immeuble.

Au pied de la tour, une œuvre de l’artiste Lyse Lemieux. À Vancouver, chaque projet doit tenir compte de son impact sur les piétons.

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Cloutier

Du balcon de la tour Pacific, on aperçoit, juste à côté, la Vancouver House, du célèbre architecte danois Bjarke Ingels. Inauguré en 2020, ce gratte-ciel est devenu emblématique de la ville, avec sa forme spectaculaire plus étroite à la base qu’au sommet.

Un rappel aussi de l’importance de l’espace au centre-ville. On nous limite à une superficie de plancher de 7500 pieds carrés par étage, ce qui est très petit, note Maxime-Alexis Frappier.

La Vancouver House.

La célèbre Vancouver House, de l’architecte danois Bjarke Ingels

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Cloutier

L’architecte aime l’approche de Vancouver, qui favorise les développements près de son centre et des transports en commun.

Ça, c’est une occasion que Montréal ne doit pas manquer, estime-t-il. Il faut favoriser une grande densification et démystifier la crainte qu’on a de la hauteur.

Pourquoi n’est-ce pas aussi spectaculaire à Montréal?

Maxime Alexis-Frappier nous montre deux autres édifices récents du centre-ville de Vancouver à l’architecture originale.

Un immeuble aux lignes courbes.

La nouvelle tour résidentielle Alberni, du Japonais Kengo Kuma, près du port de Vancouver.

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Cloutier

Un projet qu’il apprécie particulièrement est la nouvelle tour résidentielle incurvée de 43 étages du japonais Kengo Kuma.

Et, pas tellement loin, la tour de condos de luxe The Butterfly sera bientôt inaugurée. Elle évoque la nature éphémère des nuages omniprésents dans le ciel de Vancouver.

Un gratte-ciel tout en rondeurs.

Le Butterfly, dont l’architecture évoque des nuages, sera bientôt inauguré.

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Cloutier

Les projets architecturaux audacieux et récents y sont bien plus nombreux qu’à Montréal.

La ville se développe et s’embourgeoise depuis des décennies avec un taux de développement très, très, très élevé, explique M. Frappier. Chacun des projets des concepteurs veut se démarquer. […] Ici, on peut sentir qu’il y a une énergie, une quête de nouveauté et d’innovation.

Bien sûr, l’argent est un facteur. Il y a beaucoup à Vancouver d’investisseurs, de promoteurs et d’acheteurs fortunés, dont la présence favorise les projets plus luxueux.

Oui à l’audace, croit Maxime-Alexis Frappier, mais pas sans limites. Alors qu’on a devant nous des défis environnementaux monstrueux à surmonter, est-ce que l’architecture héroïque, sculpturale, très coûteuse, avec une empreinte environnementale plus forte, est la voie à prendre?

M. Frappier, à qui on doit notamment le nouvel Hôtel Monville, à Montréal, convient que les architectes québécois ont une bonne réputation à Vancouver, une ville où leur métier est très respecté. On veut être efficaces dans notre construction, on veut dégager des sous parce qu’à Montréal, on fait des miracles avec très, très peu de budget, en réalité.

Cette année, il va continuer de faire la navette entre Montréal et la Colombie-Britannique. Il adore ses visites là-bas, mais il insiste : il aime la métropole québécoise, où il développe aussi plusieurs projets et où, il tient à le préciser, il se fait de très belles choses en architecture.

Le Parq Vancouver.

Le Parq Vancouver, premier projet de Maxime-Alexis Frappier dans la ville, inclut un casino, deux hôtels et un centre des congrès.

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Cloutier

4:43

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Le Téléjournal avec Céline Galipeau

L’audace architecturale de Vancouver

À lire et à écouter :

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c’est bien beau, mais les projets mentionnes sont des projets de TRES haute gamme…genre 1M pour un studio…

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C’est le genre d’élément qui bénéficierait Montréal (ou toute autre ville).

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Un concours international pour voir la ville en vert


Sid Lee Architecture
Les Ateliers Cabot doivent commencer à sortir de terre en 2025 au 4000 rue Saint-Patrick.

Sébastien Tanguay
à Québec
15 janvier 2024
Transports / Urbanisme

Face aux défis climatiques, les métropoles du monde se mobilisent pour réduire leurs émissions polluantes et accélérer l’avènement de villes plus vertes et plus résilientes. Une des manifestations les plus tangibles de cet élan apparaît dans le concours Réinventer les villes, qui propose de stimuler le génie architectural et urbanistique international en vue de développer des manières durables de construire et d’habiter la cité.

Cette compétition fait office de grand laboratoire planétaire, où architectes et urbanistes du monde entier concoctent un « avenir urbain vert et juste ». Conscientes que les villes émettent 70 % de la pollution sur Terre, les cent plus grandes métropoles du monde, réunies au sein de l’organisation C40, ont lancé ce concours en 2017 pour accélérer l’innovation et participer à l’atteinte des ambitions conclues à la COP21.

Le concours s’inspire de l’initiative Réinventer Paris, mise en place en 2014 par la mairesse, Anne Hidalgo. La capitale française proposait alors un grand brassage d’idées pour valoriser 23 sites sous-utilisés appartenant à la Ville.

C’était l’occasion, pour les architectes et les urbanistes du monde, de coucher leurs rêves pour la Ville Lumière sur une surface constructible totalisant 150 000 m2. Environ 650 d’entre eux ont répondu à l’appel et déposé quelque 372 propositions dans ce que le quotidien Le Parisien considérait comme le chantier « peut-être le plus important jamais entrepris dans la capitale depuis des décennies ».

Former l’avant-garde du design urbain

Depuis sa naissance, Réinventer les villes a couronné 39 propositions dans 14 villes, dont 2 à Montréal. Chaque métropole participante doit désigner un site déprécié, voire à l’abandon, qui servira de terrain de jeu aux équipes candidates. C’est à partir de ce lieu que celles-ci imaginent un projet qui doit respecter les objectifs de la Ville, mais aussi les impératifs environnementaux et sociaux établis par C40, qui obligent l’atteinte de normes extrêmement élevées en matière d’efficacité énergétique et d’empreinte carbone sur toute la durée de vie des bâtiments lauréats.

« Réinventer les villes est sans doute un des concours les plus “challengeants” au monde, souligne Martin Leblanc, architecte et associé principal chez Sid Lee Architecture, dont la proposition, élaborée avec une vingtaine de partenaires, a remporté la deuxième édition de Réinventer les villes Montréal en 2021. Chaque participation impose un investissement colossal de temps, d’argent et d’énergie. »

La première proposition lauréate de Réinventer les villes Montréal, baptisée Haleco, sort présentement de terre à l’extrémité ouest du Vieux-Montréal, sur l’ancienne cour de services de la rue de la Commune qui borde l’autoroute Bonaventure. Sur cette verrue urbaine s’érigera un édifice affichant un dessin de l’artiste Marc Séguin en façade et qui abritera 367 appartements, dont 40 communautaires, plus de 4000 m2 d’espaces destinés aux entreprises et aux commerces, une ferme aéroponique et un verger.

« Le but avoué de Réinventer les villes, c’est vraiment de développer des prototypes reproductibles ailleurs dans le monde et des façons de faire qui amènent une transformation, ajoute Pascal Harvey, directeur du développement et de l’urbanisme chez Sid Lee Architecture. La créativité doit être optimale parce qu’il ne s’agit pas seulement de façonner un projet d’architecture : il faut aussi le rendre le plus performant possible, élaborer son montage financier, imaginer comment le lieu va être investi et quel impact il aura sur son environnement pendant toute sa durée de vie. »

Élève modèle en environnement

Les Ateliers Cabot, la proposition qui a valu les honneurs à Sid Lee Architecture, a nécessité la concertation d’une vingtaine de collaborateurs pour prendre forme. Le projet prévoit réhabiliter 72 % des vestiges de la Canadian Power Boat Corporation pour faire, sur ce site industriel abandonné, un pôle artistique, entrepreneurial et communautaire « ancré dans le giron de l’économie sociale et circulaire ».

« Si nous voulons réussir une chose, c’est ça : développer un modèle financier qui permet à des organismes communautaires, des start-up, des gens d’innovation et des artistes de se retrouver dans un lieu comme les Ateliers », explique Martin Leblanc.

« Une de nos inspirations initiales, ajoute Pascal Harvey, c’étaient certains quartiers d’Europe, entre autres Amsterdam Nord ou Alcântara à Lisbonne, qui ont pris forme à partir d’une appropriation informelle des lieux jusqu’à devenir des endroits culturellement foisonnants et recherchés. »

En plus d’offrir un bercail qui appartient aux milieux artistique et communautaire, les Ateliers Cabot deviendront un élève modèle en matière de construction durable. La proposition promet l’atteinte d’une performance zéro carbone et zéro déchet organique au cours de ses trois premières années d’exploitation. Au moins la moitié des 28 000 m2 du site appartiendront à des espaces verts, et le recyclage des eaux de pluie et des eaux grises réduira de 84 % la consommation d’eau potable.

Les Ateliers Cabot prévoient aussi la mixité des usages. En plus des lieux de création et de diffusion, ils compteront une grande serre, un hôtel ainsi qu’une « pépinière industrielle et technologique ». La vente du terrain doit se conclure cette année et les travaux, commencer dès 2025.

Une compétition pour briser les conventions

« C’est un lieu qui dépasse les dogmes de l’urbanisme traditionnel, où le zonage cantonne à une activité précise », souligne Martin Leblanc. C’est d’ailleurs un des objectifs de Réinventer les villes : briser les conventions pour que de nouvelles façons de faire, plus durables, puissent sortir du moule.

« L’idée d’un concours, c’est à la fois de mobiliser les talents et de favoriser la mise à l’épreuve de différentes propositions pour aller chercher la meilleure, résume Geneviève Cloutier, directrice du Centre de recherche en aménagement et développement de l’Université Laval. Ça peut servir de bougie d’allumage intéressante pour développer des façons de faire exceptionnelles. Le défi, c’est ensuite de maintenir cet élan de manière plus régulière et récurrente. »

C’est d’ailleurs le défi que Réinventer les villes propose de relever. « La meilleure manière d’avoir un design exceptionnel, c’est d’avoir une commande exceptionnelle, dit Martin Leblanc. Souvent, les projets ne se basent pas nécessairement sur la qualité de vie humaine ni sur la création d’un quartier à long terme, mais plutôt sur un cadre financier prédéterminé à respecter. Le processus de Réinventer les villes développe des outils qui permettent à un design d’exception non seulement de se réaliser, mais aussi de se pérenniser. »

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L’architecture au service des élèves L’école de demain, dès aujourd’hui

Les bonnes idées ne manquent pas dans le milieu de l’éducation au Québec. Elles se retrouvent toutefois en pièces détachées dans différents établissements de la province. Bonne nouvelle : différents acteurs cherchent à rassembler ces morceaux dans des formules innovantes. L’aménagement et l’architecture comptent parmi les vecteurs clés de ce changement. Le collège Sainte-Anne et l’école Stadacona en sont la preuve.
Publié à 12h00

L’architecture au service des élèves Collège Sainte-Anne : de l’idéation à la réalisation

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Pendant sept ans, le collège Sainte-Anne s’est penché sur les moyens de redéfinir ses méthodes d’enseignement afin de faire de ses cinq établissements des lieux d’apprentissage d’avant-garde. Le nouveau pavillon de son école secondaire de Dorval accueillait une première cohorte à la rentrée de 2022.

Publié à 12h00

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Isabelle Morin
Isabelle Morin La Presse

Il est le fruit d’une ambitieuse réflexion menée par Ugo Cavenaghi, directeur général du collège Sainte-Anne, et Isabelle Senécal, alors directrice de l’innovation pédagogique. « On voulait des espaces polyvalents, de la luminosité, une ouverture sur l’extérieur », énumère celle qui dirige désormais l’école. Le résultat est stimulant.

Conçu par l’architecte Pierre Thibault et Architecture 49, le bâtiment zéro carbone s’inspire d’établissements islandais, néerlandais et danois visités par son comité de recherche. Malgré une journée grise de janvier, il est abondamment baigné de lumière. On y trouve de grands murs fenestrés, peu de corridors, des galeries extérieures qui cerclent le bâtiment sur deux étages. De partout, on peut voir la canopée des arbres, un quartier, le fleuve à proximité.

Au premier niveau, les salles d’exercices grouillent d’activité, tandis que des élèves combinent des calculs mathématiques à la gym. L’énergie est semblable dans les laboratoires créatifs où, regroupés debout autour de tableaux, certains coopèrent pour résoudre un problème. Tout en haut, à l’étage supérieur, le silence se fait entendre malgré la présence d’élèves dispersés dans l’aire ouverte. On y trouve seulement six classes fermées, une bibliothèque ouverte et quantité d’alcôves et de cubicules qui servent au travail individuel ou d’équipe.

Entre ces deux étages, des zones communes sont utilisées pour manger, se détendre ou enseigner. Déployés au cœur de la structure, de grands gradins permettent la circulation entre les étages, mais ont aussi trouvé d’autres utilités. Assis sur les marches de merisier ou calés dans des poufs, quelques élèves y rêvassent, tandis que d’autres discutent ou travaillent. L’espace sera plus tard occupé par une enseignante et sa classe, le temps d’une dictée.

Des possibilités multipliées

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

L’architecte Pierre Thibault et la directrice du collège Sainte-Anne, Isabelle Senécal

L’aménagement du collège Sainte-Anne propose différents contextes d’apprentissage. « À la maison, on adopte des postures différentes selon l’activité. On ne lirait pas à son bureau ou sur une chaise de cuisine, mais dans son salon. C’est la même chose ici », indique Isabelle Senécal. Ainsi, selon les activités et au sein d’un même cours, l’élève peut être invité à se déplacer d’une classe fermée à l’espace commun, d’un cubicule aux gradins. La configuration des classes et des laboratoires est aussi modulable.

Entre deux cours, les gradins se remplissent d’élèves. Aucune cloche n’a sonné. L’agitation sera brève et le niveau sonore, peu élevé, annonce la directrice du collège avec fierté, en ajoutant qu’apprendre à habiter ces lieux ouverts exige une gestion particulière et assidue.

« Changer de structure, c’est changer de culture », disait l’architecte Frank Lloyd Wright. Dans cet environnement, les élèves apprennent l’autonomie, la capacité d’adaptation et la débrouillardise.

« On a beaucoup travaillé sur la pédagogie active. Pour que ça fonctionne, les élèves doivent être engagés dans leur apprentissage et pour les impliquer, les tâches doivent être signifiantes », relève Isabelle Sénécal. La rigidité des contenus, du temps et de l’espace est un carcan, croit-elle. Les matières enseignées en silos, les horaires figés, les postures d’apprentissage statiques sont autant de freins à l’évolution des méthodes d’enseignement. « Nous, on cherche à assouplir le cadre. En permettant aux professeurs de travailler en interdisciplinarité, par exemple, on gagne environ 20 % de temps sur une année. On suit le programme du Ministère à la lettre, mais on peut se permettre de l’enrichir. » Dans cette vision émancipée de l’éducation, les lieux sont autant d’outils pour évoluer autrement.

Des fenêtres anticollision

Les dangers sont en effet bien réels. Selon une estimation fédérale, jusqu’à 42 millions d’oiseaux périraient au Canada chaque année après une collision avec un édifice.

Des normes à Toronto et à Ottawa, mais pas à Montréal

Résumé

Vitrage anticollision Des oiseaux à sauver par milliers

PHOTO FOURNIE PAR PROVENCHER ROY ET PERKINS & WILL

Les grandes façades de béton et de bandeaux de fenêtres du complexe fédéral Place du Portage 3, à Gatineau, disparaîtront au profit de surfaces vitrées plus sûres pour les oiseaux.

Le changement d’apparence du complexe fédéral Place du Portage 3, à Gatineau, fera une différence de vie et de mort pour des milliers d’oiseaux.

Mis à jour à 12h00

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André Laroche
André Laroche Collaboration spéciale

Ce haut lieu de la fonction publique canadienne subit actuellement une cure de jeunesse qui s’étirera jusqu’en 2027. Ses grandes façades de béton et de bandeaux de fenêtres, typiques du modernisme du tournant des années 1970, disparaîtront au profit d’élégantes surfaces vitrées arborant un motif architectural en verre dépoli.

Ce motif composé de lignes verticales est inspiré des chutes de la Chaudière situées tout près des lieux, explique Mélanie Dupuis, architecte associée au cabinet montréalais Provencher Roy, qui pilote ce projet avec la firme Perkins & Will, établie à Ottawa.

Le résultat promet d’être plus esthétique, mais surtout moins dangereux pour les oiseaux sédentaires de la rivière des Outaouais et pour les espèces migratoires qui passent près du bâtiment. La menace de collision sera désormais claire devant eux.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Les architectes Mélanie Dupuis et Guillaume Martel, de Provencher Roy & associés

« Un oiseau est incapable de percevoir un obstacle transparent devant lui. À ses yeux, il a le champ libre. Il va frapper les surfaces de verre réfléchissantes de plein fouet, ce qui est souvent fatal pour lui », indique Guillaume Martel, aussi architecte associé chez Provencher Roy. « Nous avons donc dû imaginer des stratagèmes pour avertir les oiseaux du danger. »

Les dangers sont en effet bien réels. Selon une estimation fédérale, jusqu’à 42 millions d’oiseaux périraient au Canada chaque année après une collision avec un édifice.

Bien souvent, ils meurent sur le coup ou subissent une blessure grave. Au mieux, ils tombent au sol, étourdis et vulnérables aux prédateurs.

Aux États-Unis, on estime que près de 1 milliard d’oiseaux subissent le même sort, surtout le long des routes migratoires, comme à Chicago ou à New York.

Selon l’organisme FLAP Canada, voué à la prévention de ces collisions, les populations d’oiseaux auraient diminué de 3 milliards en 50 ans en Amérique du Nord. Cette importante baisse laisserait planer une menace sur la biodiversité, la pollinisation des plantes et le contrôle des ravageurs.

Un verre plus clair… et plus dangereux

PHOTO TONY CENICOLA, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES

La multiplication des surfaces vitrées parfaitement lisses et claires a contribué à augmenter la mortalité des oiseaux.

Qu’est-il survenu pour que les immeubles deviennent de tels pièges pour la population ailée ? La principale cause serait un avancement technologique dans la fabrication du vitrage, répond dans un article du Guardian publié en décembre dernier l’architecte new-yorkaise Deborah Laurel, elle-même catastrophée après avoir appris qu’un de ses projets avait causé une hausse significative de mortalité d’oiseaux dans Staten Island.

Avant les années 1960, la majorité des grandes vitres utilisées pour les immeubles contenait des impuretés et des imperfections qui obstruaient la lumière.

Mais l’avènement de nouvelles méthodes de confection a permis de créer des vitres parfaitement lisses, claires et uniformes.

« Et surtout plus réfléchissantes », souligne Mme Laurel dans ce même article.

Ce nouveau type de vitrage a frappé l’imagination des architectes qui ont multiplié, dans la seconde moitié du XXe siècle, les grands bâtiments de verre et d’acier qui se reflètent les uns les autres dans les métropoles d’aujourd’hui, ajoute-t-elle.

Résultat : les oiseaux sont maintenant confondus par cette transparence impeccable des fenêtres, ou encore par le reflet du ciel, de la végétation qui entoure les immeubles, ou des points lumineux créés par l’éclairage extérieur ou intérieur.

Des fenêtres anticollision

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Exemple d’une fenêtre anticollision

Comment réduire cette menace pour les oiseaux sans réduire les qualités optiques du verre ?

Des fabricants ont répondu à cette question en proposant des traitements intégrés au verre, formant des motifs souvent très discrets à notre œil, mais facilement perceptibles pour les oiseaux.

Il existe même une norme canadienne, suggérée et non imposée : une trame de points espacés de 50 mm sur la totalité des surfaces vitrées situées jusqu’à une hauteur de 16 mètres qui permet une réduction efficace des collisions.

PHOTO FOURNIE PAR PROVENCHER ROY ET PERKINS & WILL

Tout un bouquet de stratégies sont mises en œuvre pour réduire les collisions avec les oiseaux.

Pour la Place du Portage 3, les architectes ont mis en œuvre tout un bouquet de stratégies : les surfaces de verre réfléchissantes seront avant tout ornées de larges bandes translucides verticales pour atténuer les reflets de la rivière, des arbres et du ciel. « Elles ont été pensées pour ne pas altérer le confort visuel des utilisateurs de l’intérieur, mais elles seront visibles pour les oiseaux », ajoute Mélanie Dupuis.

Ce n’est pas tout. Un autre motif, celui-ci inspiré des aurores boréales, a été inséré dans la façade de la passerelle qui surplombe le boulevard Maisonneuve pour réduire l’éblouissement des automobilistes par les rayons du soleil. La nuit tombée, il sera illuminé par des couleurs douces qui n’auront pas d’effet sur la migration des oiseaux suivant les différentes périodes de l’année.

Enfin, l’éclairage intérieur général sera aussi éteint le plus tôt possible en soirée ; d’abord pour des raisons d’économie d’énergie, mais aussi pour ne pas attirer les oiseaux. « C’est un enjeu qui a été considéré avec sérieux », affirme Guillaume Martel.

Des normes à Toronto et à Ottawa, mais pas à Montréal

PHOTO ANDRES KUDACKI, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES

Un oiseau tombé au sol après être entré en collision avec un édifice, à New York.

La municipalité de Toronto impose depuis quelques années l’installation de fenêtres faiblement réfléchissantes et opaques, ou ornées de motifs anticollisions, à tous les nouveaux bâtiments de plus de quatre logements. Cette norme s’applique aux 16 premiers mètres au-dessus du sol.

Ce règlement a été adopté après que la société Cadillac Fairview a été poursuivie pour la mort de centaines d’oiseaux migrateurs qui s’étaient heurtés à l’un de ses immeubles. Une entente est survenue après que l’entreprise a fait installer sur ses vitres une pellicule pour alerter les oiseaux.

Prenant exemple sur la métropole ontarienne, la Commission de la capitale nationale à Ottawa a inclus une série de mesures sécuritaires pour les oiseaux dans son cahier de normes architecturales, remis à jour en mars 2023.

De son côté, la Ville de Montréal n’a prévu aucune ligne directrice du même genre. Une étude menée avec le Regroupement QuébecOiseaux, il y a quelques années, a conclu que ce n’était pas nécessaire puisque le problème serait marginal par rapport à la situation à Toronto.

« Deux hypothèses permettraient de différencier les cas de Montréal et de Toronto : la géographie et la topographie. D’une part, les Grands Lacs créent un entonnoir dirigeant les oiseaux vers le centre-ville de Toronto. D’autre part, le mont Royal aurait un effet sur l’altitude de vol des oiseaux à Montréal », a indiqué l’administration municipale dans un échange de courriels.

Néanmoins, « plusieurs arrondissements de la ville de Montréal encadrent l’apparence des bâtiments par leur règlement de zonage afin, notamment, de limiter l’usage d’un verre ayant un taux de réflexion élevé », a-t-on précisé.

Le danger des fenêtres de maison

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Les fenêtres des résidences sont responsables de la plupart des collisions.

Seulement 1 % des collisions mortelles se produisent contre des bâtiments de grande hauteur, affirme l’organisme QuébecOiseaux. La plupart de ces collisions se produisent contre des fenêtres de résidence, à des hauteurs entre le niveau du sol et la cime des arbres.

C’est pour cette raison que ses spécialistes proposent une série de mesures aux propriétaires de maison pour réduire les risques :

  • Recouvrir la fenêtre de motifs sur toute la surface et à l’extérieur.
  • Installer des écrans extérieurs, des toiles solaires ou des volets.
  • Utiliser des produits de prévention des collisions, comme du ruban ou des points autocollants, des marqueurs à peinture à base d’huile, etc.
  • Pour de nouvelles fenêtres, choisir un verre à motifs sans danger pour les oiseaux ou des matériaux conçus pour la sécurité des oiseaux.
  • Repositionner les mangeoires à moins d’un mètre des fenêtres afin de réduire le risque que les oiseaux s’y heurtent à grande vitesse s’ils fuient un prédateur.

Consultez le site de FLAP Canada pour connaître la variété d’options (en anglais)

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Architecture

Lauréat du prix Pritzker L’architecture doit « apporter de la joie aux gens », estime Riken Yamamoto

PHOTO EUGENE HOSHIKO, ASSOCIATED PRESS

Riken Yamamoto

(Tokyo) Les bâtiments doivent rendre les gens heureux, a estimé jeudi le Japonais Riken Yamamoto, deux jours après avoir remporté le prix Pritzker, plus haute distinction mondiale de l’architecture.

Publié hier à 7h17

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Agence France-Presse

« Mon objectif à long terme est de concevoir une architecture qui puisse apporter de la joie aux gens, et pas seulement à mes clients », a déclaré Yamamoto, très ému en s’exprimant face à des journalistes à Tokyo.

« En vous écoutant parler de moi de cette manière, j’ai le sentiment qu’il est possible pour moi d’accepter que je sois un bon architecte », a déclaré l’homme de 78 ans, au bord des larmes.

Réputé pour son travail combinant l’architecture et des préoccupations d’ordre social, il est devenu mardi le neuvième Japonais a recevoir le prix Pritzker.

PHOTO TOMIO OHASHI, ARCHIVES PRIX PRITZKER, FOURNIE PAR THE NEW YORK TIMES

« Riken Yamamoto, architecte et militant social » œuvre à « des sociétés harmonieuses en dépit de la diversité des identités, des économies, des politiques, des infrastructures et des logements », ont salué dans un communiqué les organisateurs du prix Pritzker souvent comparé au « prix Nobel » de l’architecture.

Il a été choisi « d’abord parce qu’il nous rappelle qu’en matière d’architecture, comme en démocratie, les espaces doivent être créés par la détermination des populations », a jugé le jury de la prestigieuse récompense.

La majorité des travaux et ensembles architecturaux de Yamamoto se trouvent au Japon, mais aussi à Zurich en Suisse et en Chine.

Il a par exemple créé une école primaire à Yokohama, dont les terrasses relient toutes les salles de classe, encourageant ainsi les mille élèves à se mélanger.

PHOTO TOMIO OHASHI, ARCHIVES PRIX PRITZKER, FOURNIE PAR ASSOCIATED PRESS

La transparence de sa caserne de pompiers à Hiroshima permet au public de voir les véhicules de pompiers et le personnel à l’intérieur, tandis que le musée d’art de Yokosuka donne aux visiteurs l’impression d’être immergés dans le paysage naturel.

« Près de 20 % de nos lauréats sont originaires du Japon, ce qui n’est dépassé par aucune nationalité dans le monde », a déclaré Tom Pritzker, dont le père Jay Pritzker, de la chaîne hôtelière Hyatt, est à l’origine du prix.

« Ayant passé beaucoup de temps au Japon, je pense que cela s’explique par la relation de la culture japonaise avec la nature », a-t-il déclaré lors d’une cérémonie organisée jeudi à l’ambassade des États-Unis à Tokyo.

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J’ai une étrange question pour vous. J’ai toujours été un grand fan de la firme Cardinal Hardy, acheté par IBI et ensuite Lemay. Je me demandais récemment s’ils pratiquaient toujours.

L’un des deux associés de l’époque, Aurèle Cardinal, est président de Humà Architecture.

Toutefois, je ne trouve pas de trace récente de Michel Hardy. La dernière remonte au concours pour la Place des montréalaises, alors qu’il avait collaboré avec NÓS Architectes.

Est-ce que quelqu’un sait si M. Hardy pratique toujours?

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Selon le site de l’OAQ, je crois qu’il a son propre bureau

Michel Hardy Architecte inc.
373, rue de la Commune Ouest
Montréal
Québec, H2Y 2E2

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