La CAQ dans ses deux mandats aura fait reculer drastiquement le Québec dans tous les dossiers progressistes: les TEC, l’Immigration, l’Éducation, la Santé, l’Environnement, le logement, les Infrastructures et leur entretien, la Culture, le soutien aux Villes et j’en passe.
PLUMobile se déploie dans plusieurs municipalités de la Côte-de-Beaupré et de l’Île d’Orléans pour offrir du transport collectif et adapté. (Frédéric Matte/Le Soleil)
Depuis maintenant des années, le service offre du transport collectif et adapté entre la Côte-de-Beaupré et l’île d’Orléans, jusqu’à Québec et Sainte-Foy. Et ses trajets sont plus populaires que jamais.
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«C’est plein tout le temps», assure le maire de L’Ange-Gardien et préfet de la MRC de la Côte-de-Beaupré, Pierre Lefrançois, ravi que le service soit «en progression». «C’est 140 000 transports par année, 450 véhicules évités dans la ville de Québec tous les jours.»
Mais malgré ces résultats, PLUMobile doit freiner. Sans avis, Québec a récemment retranché plus de la moitié des subventions sur lesquelles l’organisation de transport collectif pouvait compter depuis des années.
«C’est une coupure de 369 000 $ sur une aide financière qui était de 689 000 $ par année», a expliqué M. Lefrançois en marge d’une réunion de la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ), mercredi.
Sur trois ans, PLUMobile perd 1,1 million en financement en raison d’une révision des subventions du ministère des Transports.
PLUMobile assure le transport en commun entre la Côte-de-Beaupré, l’île d’Orléans et Québec. (Frédéric Matte/Le Soleil)
Sans changement de cap de Québec, le maire ne voit pas comment les usagers pourraient ne pas ressentir les impacts des coupures.
«Ça risque d’être des coupes de services alors qu’on est en progression et des augmentations de tarifs pour les usagers et pour les municipalités.»
— Pierre Lefrançois, maire de L’Ange-Gardien et préfet de la MRC de la Côte-de-Beaupré
Partout au Québec
Le cas de la Côte-de-Beaupré et de l’île d’Orléans n’en est qu’un parmi tant d’autres.
Dans les derniers jours, bien des élus régionaux ont dénoncé des coupures dans le financement de leur service de transport intermunicipal. Ce fut notamment le cas à Montmagny, où Québec a retranché 120 000 $, ou en Gaspésie, où la perte est chiffrée à 300 000 $. «Ça vient toucher directement toutes nos régions au Québec», résume le maire Lefrançois.
Ces coupures découlent de la décision du gouvernement Legault de retrancher 200 millions de l’enveloppe 2022-2025 du Programme d’aide au développement du transport collectif.
Le ministère des Transports a expliqué son choix par «les efforts de réduction des dépenses demandés dans le cadre du contexte budgétaire actuel».
L’Union des municipalités du Québec, plusieurs organismes et les oppositions à l’Assemblée nationale ont vertement dénoncé ces coupes, soulignant qu’elles vont à l’encontre même des objectifs de l’État.
Les élus de la CMQ, qui représentent toute la grande région de Québec, ont joint leur voix jeudi, en adoptant unanimement une résolution pour dénoncer «l’incohérence» des coupures et demander le retour complet et prévisible du financement.
Tous les élus de la Communauté métropolitaine de Québec ont adopté une résolution demandant au gouvernement Legault de revenir sur sa décision. (Simon Carmichael/Le Soleil)
Bien qu’il reconnaisse les impacts des coupes, le cabinet du ministre des Transports, Jonatan Julien, souligne que son appui demeure «nettement supérieur à la période postpandémique» avec 998 millions d’ici 2028. Entre 2022 et 2025, Québec avait versé 1,2 milliard aux sociétés de transport.
«Les mesures exceptionnelles mises en place durant la pandémie étaient nécessaires, mais, par définition, elles étaient exceptionnelles et ne pouvaient pas être maintenues indéfiniment.»
— Jonatan Julien, ministre des Transports et de la mobilité durable
Coupes rétroactives
Il n’y a pas que la décision de couper dans le financement qui irrite Pierre Lefrançois et les administrateurs de PLUMobile. Ils déplorent aussi la manière de faire du gouvernement et du ministère des Transports.
Québec a annoncé aux villes en novembre dernier qu’il coupait leur financement pour le futur, mais aussi pour l’année 2025, qui s’achevait.
«Donc c’est pas juste des coupures. C’est des coupures dans un budget qui était déjà dépensé!», s’indigne le maire de L’Ange-Gardien.
Une situation si «absurde» que les équipes municipales ont d’abord pensé qu’il s’agissait d’une erreur. «Quand on a reçu la lettre, on est allé voir le ministère, et on nous a dit que c’était vraiment ça…»
Le maire de L’Ange-Gardien et préfet de la MRC de la Côte-de-Beaupré, Pierre Lefrançois. (Jocelyn Riendeau/Archives Le Soleil)
En plus de revoir son budget pour 2026 pour l’ajuster au financement réduit, PLUMobile doit donc trouver une manière de récupérer 369 000 $ pour boucler l’année 2025.
Et tout ça en respectant le contrat de cinq ans qui a été signé par le transporteur. «On ne peut pas changer les règles de même en cours de route», explique Pierre Lefrançois, qui ne peut exclure des pénalités s’il doit réduire la fréquence de certains parcours.
«Tout le monde essaie déjà de faire de la gestion serrée dans nos municipalités, ajoute l’élu. On est en région, on n’est pas des municipalités riches. Donc, là, on se creuse la tête.»
«Mais il n’y a pas mille solutions.»