Science

Des découvertes scientifiques marquantes et inusitées

(Phoenix) Riz, hydrogène vert et blanc, fibres transgéniques, stress et cancer, perfluorés dans l’air, rosée… Des dizaines de présentations à la plus grande rencontre en science généraliste au monde, en Arizona, décrivent des recherches ayant le potentiel d’améliorer la société, un petit pas à la fois. Voici quelques-unes des plus marquantes.

Des fibres qui sauvent des vies

Augmenter de seulement 2,5 % la quantité de fibres dans l’alimentation occidentale permettrait d’éviter des dizaines de milliers de morts. Pour améliorer le taux de fibres dans le blé, une agronome de l’Université du Nebraska, Katherine Frels, a fondé en 2022 la Coalition pour les fibres dans les céréales. Les investissements dans le développement de nouvelles variétés de blé sont minimes, parce qu’il est plus difficile à modifier par le génie génétique, explique-t-elle. Mais les bénéfices des fibres changent la donne : chaque point de pourcentage supplémentaire de consommation diminue de 1 % la prévalance des maladies cardiovasculaires et du cancer de l’estomac, et de 2 % les cas de diabète, selon Nicola McKeown, professeur de nutrition à l’Université de Boston.

Un lien entre stress et cancer

Les promesses de l’hydrogène vert

Ce riz qui n’a que faire de la chaleur

Assaut contre les revues médicales

De moins en moins de rosée

Les perfluorés dans les airs

Une mite séductrice

Résumé

Un lien entre stress et cancer

PHOTO TIRÉE DU SITE DE LA NATIONAL LIBRARY OF SCIENCE

Des cellules humaines productrices de cortisol

Le stress cause bel et bien le cancer, selon des chercheurs de l’Université Midwestern, en Arizona. Ils ont exposé des cellules humaines à du cortisol, une molécule produite quand le corps humain est soumis à un stress physique ou psychologique. Les cellules étaient alors plus susceptibles de proliférer de manière incontrôlée, ce qui est l’une des caractéristiques du cancer. Détail important : cette prolifération accrue des cellules exposées au cortisol survenait tant dans celles qui y étaient soumises en continu que dans celles qui y étaient exposées temporairement. Un stress ponctuel augmente donc quand même le risque de cancer.

Les promesses de l’hydrogène vert

PHOTO TIRÉE DU SITE D’AIR LIQUIDE

La plus grande usine d’hydrogène au monde d’Air Liquide est au Nevada et produit de l’hydrogène vert avec l’énergie solaire.

L’hydrogène est très recherché pour stocker de l’énergie, pour créer des engrais et alimenter des moteurs non polluants. Et cet hydrogène sera de plus en plus vert. Depuis 10 ans, des gisements naturels d’hydrogène « blanc » permettent une extraction moins énergivore, indique Sunita Satyapal, responsable de l’hydrogène pendant 15 ans au département américain de l’Énergie. Ensuite, l’énergie solaire s’améliore et alimente le processus d’électrolyse de l’eau, pour la création d’hydrogène en usine. L’hydrogène vert, non issu de carburants fossiles, devient donc rentable, soulignent Adam Weber, du laboratoire Lawrence Berkeley en Californie, et David Edwards, directeur d’Air Liquide. L’entreprise a inauguré au Nevada une énorme usine d’hydrogène vert solaire.

Ce riz qui n’a que faire de la chaleur

PHOTO NORIKO HAYASHI, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES

Champs de riz dans le centre du Japon

Des chercheurs chinois ont dévoilé l’an dernier une avancée pour l’adaptation aux changements climatiques : un riz génétiquement modifié pour s’adapter à la chaleur. Une session à l’AAAS était consacrée à cette « avancée majeure », selon Argelia Lorence, de l’Université d’État de l’Arkansas, qui étudie l’impact de la chaleur sur les céréales. La productivité des rizières baisse de 10 % à chaque degré Celsius d’augmentation de la température, et le riz devient farineux. À l’inverse, les plants transgéniques chinois sont 60 % plus productifs par temps chaud et six fois moins susceptibles d’avoir un goût farineux. Le gène modifié est aussi présent dans d’autres céréales comme le blé.

Assaut contre les revues médicales

PHOTO CHRISTOPHER MICHEL, UCSF, WIKIMEDIA COMMONS

Kirsten Bibbins-Domingo

En avril dernier, le département de la Justice des États-Unis a accusé de partisanerie politique quatre importantes revues médicales : le New England Journal of Medicine (NEJM), le Journal de l’Association médicale américaine (JAMA), Chest et Obstetrics & Gynecology. Les éditeurs ont invoqué la liberté d’expression, mais cette attaque, dans la même veine que la guerre de l’administration Trump contre les universités, a eu des conséquences négatives, ont affirmé les patrons du JAMA, du NEJM et de Science à la réunion de l’AAAS : les études qu’ils reçoivent analysent beaucoup moins de sous-groupes basés sur l’origine ethnique, le sexe ou le revenu, a donné comme exemple Kirsten Bibbins-Domingo, du JAMA.

De moins en moins de rosée

PHOTO CHRISTOF STACHE, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Rosée matinale sur une toile d’araignée

La rosée sera moins fréquente avec les changements climatiques, selon des chercheurs de l’Université d’État de l’Arizona. L’accumulation d’eau sur le sol, quand les nuits sont plus fraîches, joue un rôle important dans la croissance de la végétation. Cet apport hydrique est crucial durant les sécheresses. Il est aussi important parce que les pluies torrentielles, qui deviendront plus fréquentes avec le réchauffement de la planète, irriguent moins bien la végétation, un problème qui touche particulièrement le nord-est de l’Amérique du Nord. Entre 2001 et 2021, la quantité de rosée a diminué de 5 % en moyenne, avec une baisse de 8 % en Californie.

Les perfluorés dans les airs

Les normes sur la présence de perfluorés concernent généralement les sources d’eau potable. Mais cinq États américains se préparent à encadrer la présence dans l’air de ces produits chimiques, utilisés notamment dans les revêtements antidérapants, antitaches et imperméables, selon Rebecca Aicher, une biologiste qui suit le dossier pour l’AAAS. Il n’y a pas encore de tests approuvés pour les perfluorés dans l’air, et il n’est pas clair s’ils sont plus ou moins absorbables par le corps humain de cette façon. Autre inconnue : la formation de nouveaux perfluorés à la suite de réactions chimiques, un domaine de recherche émergent, est probablement différente dans l’eau et dans l’air.

Une mite séductrice

PHOTO MICHAEL QUINN, NPS, WIKIMEDIA COMMONS

Le lézard Sceloporus doit en partie sa teinte orange à une mite qui rend les femelles plus séduisantes.

Est-ce qu’un parasite peut augmenter le succès reproductif ? Il semble que oui pour le lézard Sceloporus, qui vit dans le Sud-Ouest américain. Des chercheurs de l’Université d’État de l’Arizona montrent qu’une mite qui vit dans les écailles du cou des lézards femelles augmente la coloration orange que prend le haut de leur corps quand vient le temps de se reproduire. Les biologistes ont confirmé que les femelles moins orange attirent moins les mâles. La présence de ces mites cause des lésions à la peau des lézards femelles, mais cela est compensé par ce succès reproductif plus élevé, concluent les chercheurs.

En savoir plus

  • 11 000 tonnes par an
    Production de l’usine d’hydrogène à énergie solaire d’Air Liquide au Nevada

Source : Air Liquide

10 millions de tonnes par an
Production d’hydrogène aux États-Unis

Source : Département américain de l’Énergie

  • 50 tonnes par an
    Production du seul gisement commercial d’hydrogène blanc au Mali

Source : H2 Science Coalition

5000 milliards de tonnes
Réserves d’hydrogène blanc dans le monde

Source : H2 Science Coalition

  • 23 millions de tonnes par an
    Fuites naturelles d’hydrogène blanc dans le monde

Source : H2 Science Coalition

Une nouvelle étude montre l’importance d’être exposé à la nature pour notre cerveau

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

On savait déjà que l’exposition à la nature avait des effets bénéfiques sur la santé. On en connaît désormais un peu plus sur les changements déclenchés sur le cerveau grâce à une revue de littérature réalisée sur le sujet par des chercheurs de l’Université McGill et de l’Université Adolfo Ibáñez, au Chili.

Plus le moment passé en nature est long et immersif, plus les bénéfices sur la santé sont marqués et durables, mais seules quelques minutes passées dans un milieu naturel, comme un parc, sont suffisantes pour constater des effets positifs sur le corps et l’esprit.

« Je pense qu’il est de plus en plus reconnu que la nature a un effet apaisant sur nous et qu’elle est bénéfique pour réduire le stress et améliorer la régulation émotionnelle », mentionne en entrevue Mar Estarellas, coauteure principale et chercheuse postdoctorale au département de psychiatrie de l’Université McGill.

Il y avait tout un « spectre » du niveau de l’exposition à la nature dans les études, passant de simplement regarder une image de nature sur un ordinateur à une immersion complète dans une forêt.

« Le simple fait de regarder des images de la nature pendant trois minutes avait déjà un impact sur le niveau de stress de ces personnes, sur leur attention, sur leur esprit, sur la régulation du corps », souligne Mme Estarellas.

Avec son équipe, elle a examiné 108 études avec des imageries cérébrales réalisées au cours des 20 dernières années, notamment des électroencéphalogrammes (EEG) et des imageries par résonance magnétique (IRM).

« Que pouvons-nous apprendre de toutes ces études, menées dans différentes régions du monde, dans différents laboratoires ? Je pense que c’est là que réside leur intérêt : elles révèlent de nombreux points communs que tout le monde constate, ce qui leur donne encore plus de poids », a-t-elle mis de l’avant.
Moins d’effort mental en nature

En analysant les études, les chercheurs ont observé certaines tendances et ont décelé ce qu’ils appellent un « modèle en cascade », qui illustre la réaction du cerveau à la nature.

D’abord, le cerveau a besoin de moins d’effort mental pour traiter la charge sensorielle que ce qu’on retrouve dans les villes ou en ligne. À mesure que la charge sensorielle diminue, le rythme cardiaque diminue, la respiration est plus profonde et les régions du cerveau qui interviennent dans la détection des menaces, comme l’amygdale, sont moins actives.

« C’est comme si votre cerveau et votre corps trouvaient beaucoup plus facile de traiter les stimuli sensoriels provenant de la nature. Votre réaction de lutte ou de fuite ralentit, votre attention se régule. Vous éprouvez alors, je suppose, une sorte de fascination apaisante pour la nature, qui adoucit votre attention et vous permet en quelque sorte de vous reconstruire. Et les réseaux cérébraux qui sont corrélés à l’introspection ou à la réflexion sur soi-même ralentissent également. C’est donc aussi un ralentissement complet, depuis les sens jusqu’aux fonctions supérieures […] et tous les processus plus complexes, telle la rumination, ralentissent également », détaille Mme Estarellas.

Elle espère que ses travaux favoriseront la conversation autour de l’urbanisme vert et aussi que davantage de médecins seront portés à recommander à leurs patients de passer du temps en nature.

« C’est l’un des objectifs que j’espère atteindre avec cette étude, de souligner l’importance d’intégrer davantage des environnements naturels dans notre société et notre culture, non seulement dans les villes, mais aussi dans les hôpitaux, les écoles et autour de nous au bureau, par exemple. Je suis profondément convaincue que cela serait très bénéfique pour nous tous et j’espère que cela aura un petit impact, au moins un début d’impact », conclut-elle.

L’étude a été publiée dans la revue scientifique Neuroscience and BioBehavioral Reviews.

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l’Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Les chimpanzés sont fous des cristaux

PHOTO FOURNIE PAR JUAN MANUEL GARCÍA-RUIZ

Un chimpanzé nommé Toti manipule un cristal de quartz ayant été transporté dans le dortoir de son refuge.

Si vous prêtez un cristal à un chimpanzé, vous risquez de ne jamais le revoir.

Des chercheurs l’ont appris à leurs dépens. Ils ont présenté divers types de cristaux – quartz, calcite, etc. – à des chimpanzés dans un centre de réhabilitation. Les singes ont été fascinés, et les chercheurs ont dû offrir beaucoup de bananes et de yogourt pour récupérer leur plus gros cristal. D’autres n’ont jamais été rendus.

L’étude sur les chimpanzés et les cristaux, publiée dans la revue Frontiers in Psychology, est en réalité une tentative de comprendre pourquoi nous, les humains – plus proches cousins des chimpanzés –, sommes si captivés par ces minéraux scintillants.

Les humains aiment aussi les cristaux et leur attribuent parfois des propriétés curatives ou surnaturelles.

Certains collègues disent qu’il faut dire aux gens que c’est complètement ridicule. Mais pour moi, ce qui est important, c’est d’expliquer pourquoi cette croyance existe.

Juan Manuel García-Ruiz, auteur de l’étude et cristallographe au Donostia International Physics Center, en Espagne

Juan Manuel García-Ruiz est un spécialiste des propriétés matérielles des cristaux et de leurs applications scientifiques. Mais il s’intéresse aussi à « l’impact des cristaux sur l’histoire de l’art et de la pensée », dit-il. La découverte de quartz et d’autres cristaux sur des sites archéologiques montre que nos ancêtres préhistoriques conservaient ces pierres il y a déjà 700 000 ans. Elles semblent ne pas avoir été transformées en outils, ornements ou tout autre objet utile.

Résumé

Une attirance spontanée

Pour comprendre l’attirance de nos ancêtres pour les cristaux, M. García-Ruiz en a montré à des chimpanzés. Son équipe a travaillé avec deux groupes logés séparément à la Rainfer Fundación Chimpatía près de Madrid, un refuge pour chimpanzés issus du trafic, de la captivité ou de situations de maltraitance.

PHOTO ADEN KAHR, THE NEW YORK TIMES

Un cristal de quartz placé dans un enclos pour chimpanzés d’un refuge en Espagne. L’expérience visait à mieux comprendre la fascination des humains pour ces minéraux brillants.

Pour la première expérience, deux piédestaux ont été installés dans les enclos des chimpanzés. Sur l’un, on a placé un cristal de quartz d’environ 30 cm de hauteur, et sur l’autre, une roche de grès de dimensions similaires. (M. García-Ruiz a surnommé cette expérience « Le Monolithe », un clin d’œil à la mystérieuse structure extraterrestre noire du film 2001 : L’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick.)

Les chimpanzés sont devenus fous des cristaux.

Dans une cour, ils se sont attroupés autour du monolithe jusqu’à ce que la femelle alpha, Manuela, l’arrache de son piédestal.

Par la suite, le cristal a rarement quitté la vue de la troupe, qui a montré peu d’intérêt pour la roche de grès. Une vidéo montre un chimpanzé mâle de 50 ans nommé Yvan qui le transporte tout en grimpant et en mangeant du chou, le passant entre ses mains et ses pieds avec beaucoup d’adresse.

Dans l’autre cour, l’expérience a tourné court quand un chimpanzé nommé Sandy a immédiatement saisi les deux objets et les a apportés dans les dortoirs, où les gardiens humains vont rarement.

Le premier groupe a aussi fini par apporter le quartz au dortoir. Le récupérer a nécessité les négociations prolongées évoquées au début de cet article, ce qui suggère que les animaux « accordent de la valeur au cristal », conclut M. García-Ruiz.

Pour la deuxième expérience, les chercheurs ont disposé des tas de cailloux dans les jardins, avec quelques petits cristaux pêle-mêle dans chacun. Les chimpanzés ont immédiatement trié les cristaux des tas.

Comme des prospecteurs

Ils les ont mouillés avec leur salive, les ont tournés dans la lumière et les ont examinés comme des prospecteurs d’antan. Quand les chercheurs ont installé des caméras dans les dortoirs des chimpanzés, ils ont vu qu’Yvan en manipulait un alors qu’il se préparait à faire la sieste dans son nid de foin.

En se basant sur leurs observations, les chercheurs déduisent que les chimpanzés étaient attirés par la transparence et la forme des cristaux.

Ils semblaient aussi vivre « quelque chose au-delà de la curiosité », affirme M. García-Ruiz.

Le chercheur ose une hypothèse plus spéculative : les cristaux, en tant que « seul objet euclidien dans la nature », auraient-ils aidé les humains à inventer la géométrie et à acquérir la pensée abstraite ?

Des experts externes sont plus mesurés dans leur interprétation des résultats.

Une attraction « claire »

Les chimpanzés de l’étude « partagent apparemment notre propre fascination pour les objets brillants et translucides », constate Michael Haslam, archéologue à Historic Environment Scotland, qui étudie l’utilisation des outils par les animaux. Mais les antécédents des chimpanzés de l’étude – ayant été en contact prolongé avec les humains – ainsi que la petite taille de l’échantillon empêchent toute généralisation.

Ce serait aller trop loin de tirer des conclusions plus larges sur le reste – pourquoi les chimpanzés aiment les cristaux ; si cette attirance existait chez nos ancêtres hominidés ; si les cristaux ont influencé nos schémas de pensée –, tranche M. Haslam.

Il fait remarquer que d’autres animaux, comme certains oiseaux, sont aussi attirés par les objets cristallins.

« L’attraction est claire, mais la motivation ne l’est pas », a-t-il dit.

M. García-Ruiz espère réaliser des expériences similaires avec des chimpanzés sauvages. Contrairement à ceux élevés parmi les humains, « ils n’ont aucune idée des polyèdres et de la géométrie euclidienne », dit-il. « Je pense que ce sera encore plus intéressant. »

Cet article a été publié dans le New York Times.

Lisez cet article dans sa version originale (en anglais ; abonnement requis).

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Démystifier la science/ Quand la guerre fait grimper les GES

Les conflits armés comme ceux en Iran, en Ukraine ou à Gaza font grimper les émissions mondiales de gaz à effet de serre. Mais cette pollution est-elle significative ou marginale ? Bref, la guerre nuit-elle à nos efforts pour atteindre la carboneutralité ?

La question

« Je suis surpris de constater que les nombreux conflits armés ne sont pas plus dénoncés comme facteur aggravant du réchauffement climatique. Quand Poutine s’est attaqué à l’Ukraine, j’étais découragé de constater la quantité de gaz à effet de serre produite par tous ces chars russes qui consomment de grandes quantités de pétrole, sans oublier les avions, les fusées, les tirs d’artillerie, etc. Pendant ce temps, je faisais de la culpabilité en utilisant mon auto pour aller à l’épicerie », écrit Pierre Turenne.

Au moins 5,5 % des émissions mondiales

Les conflits armés font-ils grimper de manière significative les émissions de gaz à effet de serre (GES), comme le suggère M. Turenne ? La réponse courte est oui. Mais avant d’évaluer les conflits armés, il faut d’abord analyser les émissions associées aux structures militaires permanentes, qui précèdent tout conflit. Celles-ci représentent environ 5,5 % des émissions mondiales de GES.

Ce sont deux chercheurs britanniques qui sont arrivés à cette conclusion dans un rapport publié en 2022, intitulé Estimating the Military’s Global Greenhouse Gas Emissions (Estimation des émissions mondiales de gaz à effet de serre de l’armée). « Si les armées du monde formaient un seul pays, ce chiffre signifierait qu’elles auraient la quatrième empreinte carbone nationale au monde, supérieure à celle de la Russie », estimaient-ils à l’époque. C’est aussi l’équivalent de quatre fois les émissions annuelles du Canada. Les trois plus importants émetteurs de GES sont la Chine, les États-Unis et l’Inde.

Ce bilan est probablement plus élevé quelques années plus tard. « Quand on a estimé les émissions mondiales associées aux forces armées, avec des données de 2019, les dépenses militaires s’élevaient alors à 1900 milliards de dollars américains. En 2024, elles totalisaient 2700 milliards de dollars et elles devraient continuer d’augmenter », signale Doug Weir, directeur du Conflict and Environment Observatory, une ONG établie au Royaume-Uni.

Selon l’expert, les dépenses militaires mondiales pourraient atteindre 6600 milliards d’ici 2035.

On estime que chaque augmentation de 100 milliards de dollars des dépenses militaires génère environ 32 millions de tonnes d’équivalent dioxyde de carbone [CO2].

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Doug Weir, directeur du Conflict and Environment Observatory

Mais cette conclusion du rapport publié en 2022 est-elle fiable ? « Oui et non, répond Doug Weir. Ce chiffre de 5,5 % correspond à notre meilleure estimation des émissions militaires en temps de paix et repose sur des données de 2019. Il s’agit d’une estimation, car les données publiées par les armées sur leurs émissions sont incomplètes et leur publication est facultative en vertu de l’Accord de Paris. » Un rapport dévoilé en 2025 conclut d’ailleurs que moins de 10 % des armées nationales compilent et publient leurs émissions polluantes.
Évaluation en cours

Le portrait ne tient donc pas compte jusqu’à présent des principaux conflits armés qui sévissent dans différentes régions du monde.

Selon Doug Weir, la guerre en Ukraine marque la première tentative de suivi des émissions générées par un conflit en cours. « Les résultats suggèrent que ces émissions peuvent être supérieures aux émissions annuelles de nombreux pays développés », affirme-t-il.

Selon les plus récentes estimations, entre 2022 et 2026, la guerre en Ukraine a généré 311 millions de tonnes d’équivalent CO2, soit l’équivalent des émissions annuelles du Royaume-Uni.

À Gaza, des chercheurs ont estimé l’an dernier que les 15 premiers mois du conflit avaient générés des émissions polluantes d’environ 31 millions de tonnes d’équivalent CO2.

Quant à l’Iran, des chercheurs travaillent déjà à produire une première estimation des émissions de GES associées au conflit, affirme Doug Weir.

Pour chaque conflit, il faut également tenir compte des émissions produites dans le cadre des opérations de reconstruction, ajoute l’expert. C’est sans compter les impacts sur les sociétés et les économies, ce qu’on appelle le coût social du carbone, précise M. Weir. « Rien qu’en raison des augmentations proposées des dépenses militaires de l’OTAN, nous prévoyons que les dommages climatiques pourraient atteindre 298 milliards de dollars par an. »
Conflit iranien : des effets incertains

Le conflit militaire et le blocus du détroit d’Ormuz en Iran affectent les prix du pétrole et du gaz, et ses effets sur la transition énergétique sont encore incertains. Une analyse publiée dans le New York Times indique que les énergies renouvelables et les énergies fossiles pourraient tirer profit du conflit.

Face à une hausse des prix du pétrole, certaines nations pourraient accélérer leur transition en misant davantage sur les énergies renouvelables, comme l’éolien ou le solaire. D’autres, cependant, risquent fort de relancer la production d’électricité à partir du charbon pour pallier la crise.

« À court terme, les pays s’approvisionneront en énergie partout où ils pourront en trouver. Mais à long terme, il y a matière à repenser la situation », a déclaré Kevin Book, directeur général de ClearView Energy Partners, en entrevue avec le New York Times. Une récente analyse publiée par Bloomberg conclut d’ailleurs que le conflit iranien pourrait donner un coup de pouce pour accentuer le recours à l’énergie solaire et aux batteries, dont les coûts ne cessent de diminuer.
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400 litres
    Les chars M1 Abrams fournis par les États-Unis à l’Ukraine consomment en moyenne 400 litres de carburant pour chaque tranche de 100 km parcourus. Les soldats le surnommeraient « le glouton d’essence » (The Gas Guzzler).

Source : The National Interest

Spectacle surprise La Lune frappée par des météorites sous les yeux des astronautes d’Artemis II

(Washington) Lors de leur vol autour de la Lune, les astronautes d’Artemis II de la NASA ont vu sous leurs yeux des météorites s’écraser sur la surface lunaire, un spectacle rarissime qui attise la curiosité des scientifiques.

« Il s’agissait sans aucun doute de flash d’impacts sur la Lune. Et Jeremy (Hansen) vient d’en voir un autre », a ainsi décrit lundi le commandant Reid Wiseman en plein survol de l’astre, le premier réalisé par des hommes en plus d’un demi-siècle.

« Stupéfiant », a répondu, comme sonnée, la responsable scientifique de la mission, Kelsey Young, plus de 400 000 kilomètres plus bas.

« Je ne pense pas que je m’attendais à ce que l’équipage en voit lors de cette mission, donc vous avez probablement vu la surprise et le choc sur mon visage », a-t-elle confié le lendemain lors d’une conférence de presse.

Dans le centre de la NASA de Houston, la description en direct de ces flashs de lumière causés par des impacts a été accueillie par des « cris de joie » de scientifiques, a-t-elle raconté.

Ce phénomène n’avait en effet été « que rarement observé », avait souligné lundi Jenni Gibbons, astronaute de réserve pour la mission Artemis II auprès de l’AFP. « Le fait qu’ils en aient vu quatre ou cinq est tout simplement remarquable », a-t-elle noté.

« Aucun doute »

« Préoccupation réelle »

« Je suis personnellement surpris » qu’ils « en aient vu autant », confie auprès de l’AFP Bruce Betts, scientifique en chef de la Planetary Society.

Mais « c’est très intéressant », abonde-t-il, car ces descriptions d’impacts lumineux pourraient nous permettre de nous faire une meilleure « idée de la fréquence de ces impacts », abonde-t-il.

Mais aussi de leur taille. « Pour que cela puisse produire un éclair visible par des astronautes à 6000 kilomètres de distance […] ce n’est certainement pas un grain de poussière, mais pas non plus un gros rocher ».

(…)

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Naissance d’un baleineau/ Les cachalots soutiennent les femelles qui mettent bas

Au début, les chercheurs à bord des bateaux ne comprenaient pas ce qu’ils apercevaient dans les vagues. Onze cachalots, regroupés à la surface, étaient étrangement immobiles hormis d’occasionnelles plongées peu profondes. Après environ une heure, les cétacés se sont agités, et un nuage de sang a rougi l’eau. Une attaque de requin ? se sont demandé les chercheurs. Mais non, c’était autre chose.

Soudainement, une 12e baleine, bien plus petite a émergé, portée à la surface par les autres pour qu’elle puisse respirer sa toute première bouffée d’air.

L’évènement, analysé dans deux études publiées le 28 mars dans les revues Science et Scientific Reports, s’ajoute au corpus de recherches indiquant que les humains ne sont pas la seule espèce où les mères reçoivent une forme d’aide pendant et après l’accouchement.

« D’après moi, on ne peut pas parler de sages-femmes, telles qu’on les perçoit dans notre perspective humaine », affirme un des auteurs, Alaa Maalouf, spécialiste en apprentissage automatique et en robotique chez Project CETI, l’OSBL de recherche sur les baleines qui a assisté à la naissance, l’a documentée et analysée. « Mais il y avait sans aucun doute de l’assistance et du soutien envers la mère et le baleineau », poursuit-il. Fait notable, la moitié des cachalots présents n’étaient pas de la famille de la mère. Or, pour les scientifiques, la participation de non-apparentés est significative : elle suggère que la réciprocité sociale, par opposition à l’instinct de perpétuer sa lignée génétique, jouerait un rôle.

PHOTO PROJECT CETI, FOURNIE PAR ASSOCIATED PRESS

De nombreuses études semblent indiquer que les humains ne sont pas la seule espèce où les mères reçoivent une forme d’aide pendant et après l’accouchement.

On en sait assez peu sur la naissance des animaux sauvages. Elle est rarement observée en dehors de la captivité, qui modifie les comportements. Plusieurs animaux sociaux – lions, chimpanzés, etc. – s’isolent pour mettre bas.

La science a longtemps présumé que l’humain était la seule espèce où la parturiente, la mère en train ou sur le point d’accoucher, reçoit de l’aide. L’accouchement humain est exceptionnellement difficile en raison de la structure du bassin de la femme et de la taille de la tête du bébé.

L’expérience montre, encore et encore, que des caractéristiques qu’on pensait exclusivement humaines ne le sont pas.

Wenda Trevathan, anthropologue biologique à l’Université d’État du Nouveau-Mexique qui étudie l’accouchement

À ce jour, la science a documenté plusieurs espèces – certains primates, des dauphins et même des rongeurs – offrant protection et autres formes d’assistance aux parturientes.

Expériences solitaire et collective

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Chez les baleines, il semble que les espèces à fanons soient plus solitaires à l’accouchement et que la mère seule soulève le baleineau à la surface pour sa première respiration, explique David Gruber, biologiste marin et directeur de Project CETI. Mais chez les cachalots et d’autres cétacés à dents, la naissance est une expérience collective.

Longtemps chassés pour leur huile et rendus célèbres par le roman Moby Dick, les cachalots ont été dévastés par la chasse commerciale. Aujourd’hui, ils sont classés comme espèce vulnérable. Project CETI étudie les cétacés avec une mission audacieuse : tirer parti de l’intelligence artificielle pour décoder leur vocalisation par clics, dans le but de l’interpréter en langage humain.

PHOTO BRIAN J. SKERRY, NATIONAL GEOGRAPHIC, FOURNIE PAR THE NEW YORK TIMES

Une femelle cachalot et son baleineau

Une idée chimérique, disent certains experts, selon qui ces séquences de clics, appelées codas, s’apparenteraient plus à de la musique qu’à des mots traduisibles. Quoi qu’il en soit, Project CETI a fédéré un groupe impressionnant de scientifiques de domaines très divers : biologie marine, apprentissage automatique, linguistique et cryptologie. En 2024, le groupe a publié les résultats d’un « alphabet phonétique du cachalot ». CETI signifie Cetacean Translation Initiative, un clin d’œil à SETI (Search for Extra-Terrestrial Intelligence), l’effort scientifique pour détecter la vie extraterrestre.

Un abondant corpus de données

La naissance que les chercheurs ont observée a eu lieu en juillet 2023 au large de la Dominique dans les Caraïbes. Elle a été documentée par deux drones dans les airs, des enregistreurs acoustiques dans l’eau et des photographies à partir des bateaux, procurant aux scientifiques un abondant corpus de données à analyser. Le biologiste marin Shane Gero, qui étudie ce groupe de baleines depuis 2005, a identifié les individus et fourni leurs arbres généalogiques.

Il suit la mère, surnommée Rounder, depuis qu’elle tétait sa propre mère, Lady Oracle, qui était présente à la naissance et particulièrement attentive à Rounder avant l’accouchement, dit M. Gero.

PHOTO BRIAN J. SKERRY, NATIONAL GEOGRAPHIC, FOURNIE PAR THE NEW YORK TIMES

Un groupe de cachalots, toutes des proches de Rounder, qui étaient présentes lors de la naissance du baleineau

Les baleines ne peuvent pas respirer sous l’eau et naissent par la queue (la nageoire caudale, plus précisément). Par une chance que M. Gero décrit comme miraculeuse, Rounder s’est retournée alors que la queue de son baleineau apparaissait, ce qui a permis à un drone de filmer cet instant. L’accouchement a eu lieu 34 minutes plus tard.

« C’est fantastique et rarissime que la naissance d’un cachalot soit documentée de manière si complète, et particulièrement la réaction des autres baleines durant l’accouchement », s’émerveille Philippa Brakes, écologiste comportementale et biologiste marine, qui n’a pas participé aux études. Elle copréside un nouveau groupe de recherche sur la culture non humaine à l’Union internationale pour la conservation de la nature.

« Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que les chercheurs ont documenté comment des individus d’une unité sociale étaient engagés dans la naissance, souligne-t-elle. Cela semble indiquer une superposition de comportements culturels et innés qui sont spécifiques au contexte, ce qui serait intéressant à explorer davantage. »

Cet article a été publié dans le New York Times.

Dépistage de la démence /Le sens de l’orientation comme repère

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

« Ces dernières années, il y a eu un certain nombre d’études qui ont montré que le sens de l’orientation est affecté au début de la maladie d’Alzheimer », explique Adrien Peyrache, neuroscientifique à l’Université McGill.

De récentes avancées scientifiques sur le sens de l’orientation pourraient bientôt permettre de dépister la démence de 5 à 10 ans plus tôt.

« Ces dernières années, il y a eu un certain nombre d’études qui ont montré que le sens de l’orientation est affecté au début de la maladie d’Alzheimer », explique Adrien Peyrache, neuroscientifique à l’Université McGill. « L’an dernier, il y en a eu deux en particulier, sur des cerveaux post-mortem et dans des études longitudinales, qui ont montré que le sentiment d’être désorienté, et les modifications dans la zone du cerveau qui est liée à l’orientation, sont présents très tôt dans l’Alzheimer. »

Le sens de l’orientation est distinct de la navigation spatiale, c’est-à-dire la capacité de se souvenir du chemin entre le chalet et le travail ou la maison d’un ami. « Par exemple, si je suis un peu perdu et que je vois le mont Royal, ça m’oriente, dit M. Peyrache. Je ne sais pas exactement comment aller à ma destination, mais ça me dit généralement où je suis à Montréal. Ou alors, je sais que si je veux revenir à l’endroit d’où je viens, je peux revenir sur mes pas. Le sens de l’orientation permet de faire des détours simples. C’est comme la boussole de notre cerveau. »

Une étude du neuroscientifique, publiée en avril dans Nature, portait sur cette « boussole interne » chez le rat. Les chercheurs ont exposé leurs cobayes à des lieux nouveaux durant quelques semaines, ce qui a modifié la région du cerveau responsable de la mémoire. Mais la région du cerveau où se trouve la boussole interne, responsable du sens de l’orientation, restait stable au fil des découvertes de lieux nouveaux.

En d’autres mots, cette boussole interne « fournit une base très stable pour interpréter les informations spatiales de la mémoire, explique M. Peyrache. Si les structures de la mémoire dans le cerveau changent sans cesse, comment nos souvenirs restent-ils aussi stables ? »

Dépistage

Si un test permettait d’évaluer les troubles du sens de l’orientation, il serait peut-être possible de dépister beaucoup plus tôt la démence. Actuellement, le seul dépistage est fait avec un test de « trouble cognitif léger » (TCL). Si le test TCL est positif, un dépistage plus serré de la démence est fait par la suite. La démence apparaît souvent un an ou deux après un test TCL positif.

Si on avait pour le sens de l’orientation l’équivalent du test TCL, on pourrait peut-être dépister la démence de cinq à dix ans avant l’apparition des symptômes, évalue M. Peyrache. « Ça pourrait permettre de découvrir de nouveaux médicaments qui retardent les symptômes plus sévères s’ils sont donnés dès qu’il y a une atteinte du sens de l’orientation. » De tels tests et médicaments existent pour le parkinson, note-t-il.

Au Centre allemand pour les maladies neurodégénératives (DZNE), des chercheurs travaillent depuis 2012 à l’élaboration de tels tests du sens de l’orientation.

La plupart des travaux sur la démence portent sur la mémoire à long terme. Des résultats préliminaires sur un test d’orientation permettent de penser qu’on pourrait détecter dès l’âge de 25 ans une prédisposition à la démence.

Vladislava Segen, psychologue au Centre allemand pour les maladies neurodégénératives

Le test d’orientation de DZNE, appelé « intégration de parcours », utilise des casques de réalité virtuelle. Mme Segen estime qu’il pourra être utilisé cliniquement dans moins de 20 ans, possiblement même 10 ans. Il y a déjà des projets pilotes de tests avec des casques de réalité virtuelle en Grande-Bretagne pour le « diagnostic différentiel » entre plusieurs types de démence, note-t-elle.

À titre de comparaison, le test TCL a été utilisé en recherche pendant 20 ans avant d’être utilisé pour le dépistage clinique. Pour le moment, le test TCL ne mène pas à la prise de médicaments retardant l’apparition des symptômes de démence.

Réfléchir en marchant

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Démystifier la science/ Les oiseaux savent faire face au froid de canard

J’aimerais savoir comment il est possible que les oiseaux ne meurent pas de froid.

Manon Malouin

Les oiseaux ont plusieurs stratégies pour résister au froid : migration vers des régions légèrement moins froides, changements métaboliques, abris, réserves de nourriture, rassemblement en groupe et, plus rarement, hibernation. Plusieurs chercheurs se penchent d’ailleurs sur la question pour savoir comment les différentes espèces réagiront aux changements climatiques.

D’abord, l’expression « avoir la chair de poule » n’est pas qu’une métaphore. « Beaucoup d’espèces d’oiseaux frissonnent, avec leurs muscles pectoraux, quand il fait froid », dit Conor Taff, de l’Université Cornell, qui vient de publier une étude sur le froid et les hirondelles. Ce frissonnement génère de la chaleur.

M. Taff, qui a publié son étude dans la revue Current Biology, étudie depuis 10 ans un site où plusieurs nids sont sous surveillance constante, près d’Ithaca, dans l’État de New York. « On veut comprendre ce qui influence le succès reproductif des hirondelles bicolores, dit le biologiste de Cornell. Je m’intéresse plus particulièrement aux vagues de froid durant la période de reproduction, au printemps. » Le site expérimental, où chaque nid est surveillé par des caméras et où de faux œufs donnent des informations sur la température et le couvage, existe depuis 40 ans.

Les hirondelles bicolores passent l’hiver dans les tropiques. Il y a aussi des espèces qui ne font pas de grandes migrations, mais qui se déplacent légèrement, dit M. Taff. Par exemple, le canard noir et l’arlequin plongeur passent l’hiver près des côtes des Maritimes, où il y a de moins grands froids.

Les oiseaux vont aussi se protéger du vent d’hiver, qui augmente les pertes de chaleur, soit en se perchant dans les arbres, soit en se regroupant pour profiter de la chaleur de leurs semblables. C’est le cas de la mésange à tête noire.

Les changements métaboliques les plus connus sont ceux des manchots, qui génèrent plus de chaleur interne l’hiver avec un métabolisme accéléré.

Si on expose les manchots aux froids hivernaux durant l’été, ils ne peuvent pas les soutenir. Ils ont un changement métabolique saisonnier.

Conor Taff, de l’Université Cornell

De rares espèces, dont les colibris, hibernent chaque jour pendant les moments les plus froids, ce qui leur permet d’avoir une température interne plus basse. Une autre tactique assez rare est celle de la gélinotte huppée, qui s’enfouit dans la neige dans les moments les plus froids pour garder sa chaleur, comme dans un igloo.
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100e anniversaire de David Attenborough/ L’homme qui racontait la planète

PHOTO BBC STUDIOS, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES

Sir David Attenborough dans un musée en 2024

David Attenborough fêtera ses 100 ans le 8 mai. Depuis plus de 70 ans, il a parcouru le monde, partageant avec le public sa passion pour les merveilles de la nature. Le plus célèbre naturaliste et communicateur de son époque a aussi vu la planète subir de profonds changements. Portrait d’un homme modeste qui refuse de prendre sa retraite.

« La nature est le plus grand de tous les trésors, et pourtant, au cours de ma vie, nous l’avons davantage dégradée que durant toute l’histoire de l’humanité », résume David Attenborough, au début du troisième épisode d’un documentaire consacré à sa formidable carrière, Attenborough : 60 Years in the Wild (Attenborough : 60 ans dans la nature), diffusé en 2012.

Sir David Attenborough – il a été fait chevalier par la reine Élisabeth II en 1985 – n’est pas un témoin ordinaire des impacts des activités humaines sur la planète. Depuis 1954, il a voyagé partout ou presque dans le cadre de ses nombreuses séries documentaires qui lui ont rapporté plusieurs prix. Preuve de sa longévité, il a remporté au moins un prix BAFTA, les Oscars britanniques, pour un film produit en noir et blanc, en couleur, en haute définition, en 3D et en résolution 4K.

Ses rencontres avec les créatures les plus incroyables sur Terre ont ému le public sur plusieurs décennies : celles avec les gorilles des montagnes, une baleine bleue, le ménure (un oiseau aux performances vocales inouïes) ou encore cette scène émouvante avec un bébé rhinocéros aveugle (voir capsules).

À bientôt 100 ans, David Attenborough ne parcourt plus le monde aussi souvent, mais il refuse de prendre sa retraite. Dans une entrevue accordée en 2016 au journaliste James Rampton, du quotidien britannique The Independent, il précise qu’il ne se lasse jamais du monde naturel, ajoutant que l’idée de prendre sa retraite lui apparaît comme un projet « ennuyeux ».

« Une chance incroyable »

David Attenborough voit le jour le 8 mai 1926 en banlieue de Londres. Il a deux frères, dont l’aîné, Richard, deviendra un acteur et un réalisateur qui remportera plusieurs prix cinématographiques.

Signe de sa curiosité pour le monde naturel, il passe son enfance à récolter des fossiles et à collectionner les salamandres. Âgé de 11 ans, il devient même le fournisseur du département de zoologie du University College à Leicester où son père était recteur !

Sans surprise, il étudie la géologie et la zoologie et obtient son diplôme universitaire en sciences naturelles à l’Université de Cambridge en 1947. Après son service militaire, il travaille pour une maison d’édition, où il révise des textes de vulgarisation scientifique pour les enfants.

Résumé

En 1952, il fait son entrée officielle à la BBC, où il devient producteur. En 1954, il lance Zoo Quest, une série documentaire relatant les efforts du zoo de Londres pour capturer des spécimens d’animaux partout dans le monde. Ironiquement, il n’était pas l’animateur pressenti au départ, la BBC jugeant qu’il avait une dentition trop proéminente pour bien paraître à l’écran. Il remplace à la dernière minute le directeur du zoo, malade, choisi pour animer cette nouvelle émission.

« J’ai vraiment eu une chance incroyable. Je veux dire, avoir passé ma vie à faire quelque chose que j’aurais fait gratuitement, et être payé pour ça… c’est un immense privilège », dira-t-il lors d’une entrevue en 2016.

Le succès de Zoo Quest lance sa carrière : il deviendra un formidable vulgarisateur scientifique qui initie le public aux mystères de la nature.

Dès 1973, il imagine une grande série portant sur l’histoire de la vie sur Terre. Life on Earth, diffusée en 1979, connaît un immense succès. La série de 13 épisodes a nécessité trois ans de préparation. Sa popularité repose autant sur sa rigueur scientifique que sur la qualité exceptionnelle de ses images. Tous reconnaissent également le grand talent d’Attenborough à raconter une histoire, celle de notre planète.

Une icône

En plus de 70 ans, il a participé à plus de 100 films documentaires, dont 9 séries emblématiques sur l’histoire de la vie et des différentes espèces sur Terre.

S’il est devenu une icône au fil des ans, David Attenborough a toujours refusé ce titre. « La création d’un programme [de télévision] est avant tout un travail d’équipe. Et je me sens constamment gêné par la reconnaissance dont je bénéficie pour un travail qui, en réalité, est accompli par de très nombreuses personnes », affirme-t-il en 2016, lors d’une entrevue soulignant son 90e anniversaire.

Grâce à son immense curiosité, sa grande gentillesse et un brin de modestie, l’homme a séduit partout où il est passé.

« On dit qu’il ne faut jamais rencontrer ses héros, mais je suis ravi d’avoir rencontré celui-ci. En personne, Attenborough est exactement comme on l’imagine : charismatique, captivant et charmant », écrivait d’ailleurs le journaliste James Rampton en 2016.

Depuis sa naissance, en 1926, la concentration de CO2 dans l’atmosphère a bondi de plus de 41 %. Plusieurs espèces sont disparues à jamais, et d’autres sont au bord de l’extinction. La grande majorité des écosystèmes terrestres et marins subissent les assauts de l’activité humaine. Le réchauffement planétaire tout comme le déclin de la biodiversité font dorénavant l’objet de grandes rencontres internationales.

David Attenborough garde espoir, mais son message est sans équivoque.

« Nous comprenons aujourd’hui mieux que jamais le monde naturel. Nous savons comment le protéger au mieux pour les générations futures. Je ne peux qu’espérer que nous le ferons. »

Six rencontres marquantes

Les gorilles du Rwanda

En 1978, David Attenborough se rend au Rwanda dans l’espoir de filmer les gorilles des montagnes. Le résultat surprendra toute l’équipe qui accompagne le communicateur. Un jeune gorille se couche sur Attenborough pendant qu’un autre lui tourne la tête avec ses mains pour l’observer « droit dans les yeux ». Une scène émouvante qu’il décrira plus tard comme l’un des moments les plus extraordinaires de son existence.

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L’oiseau qui imite tout ou presque

Dans la série The Life of Birds (La vie des oiseaux), diffusée en 1998, David Attenborough présente le ménure, un oiseau-lyre réputé pour ses impressionnantes capacités d’imitation. On l’entend imiter le son d’un appareil photo, d’une alarme de voiture et même celui d’une tronçonneuse ! À noter que ces « chants » sont ceux d’oiseaux vivant au zoo d’Adélaïde, en Australie, exposés à différents sons d’origine humaine.

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Le bébé rhinocéros

En 2013, David Attenborough fait la rencontre de Nicky, un bébé rhinocéros né aveugle. L’homme de 86 ans n’hésite pas à s’agenouiller au sol pour établir un contact avec l’animal, qui n’a que l’ouïe et l’odorat pour percevoir son entourage. Des vétérinaires ont jugé plus tard qu’il était trop risqué d’opérer Nicky dans l’espoir de lui rendre la vue.

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L’oiseau de paradis bavard

En 1996, David Attenborough est interrompu à plusieurs reprises par un oiseau de paradis pendant le tournage de son documentaire Attenborough in Paradise (Attenborough au paradis), diffusé en 1996. « Pour moi, les oiseaux de paradis sont les oiseaux les plus romantiques et les plus glamour au monde. Et c’est un film que je rêve de réaliser depuis 40 ans », dira-t-il.

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La baleine bleue

Une baleine bleue mesure en moyenne entre 25 et 27 mètres de long et pèse plus de 100 tonnes. Mais malgré sa taille impressionnante, il n’est pas si facile d’en apercevoir une. David Attenborough a 58 ans quand il décrit le passage du mammifère sous son embarcation lors du tournage de la série The Living Planet, diffusée en 1984.

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La tortue solitaire ou Lonesome George

Dans une scène tournée en 2012, aux îles Galápagos, on aperçoit David Attenborough, 86 ans, couché au sol, tout près d’une tortue surnommée « Lonesome George », la dernière de son espèce (Chelonoidis abingdonii) encore en vie. « C’est la créature la plus rare au monde », dit-il. Ironie du sort, Lonesome George mourra de causes naturelles quelques semaines plus tard. On estimait qu’elle avait environ 101 ans.

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Ce n’est pas la révélation du siècle. Trump n’essaie-t-il pas plutôt de détourner l’attention de son échec monumental en Iran?

Le Pentagone dévoile des documents (peu concluants) sur les ovnis

PHOTO JON ELSWICK, ASSOCIATED PRESS

Des documents liés aux ovnis dévoilés par le Pentagone vendredi

Ne cherchez pas de photos de petits hommes verts. Les 160 premiers documents sur les ovnis déclassifiés vendredi par le Pentagone à la demande de l’administration Trump consistent essentiellement en images floues et peu concluantes. Assez pour calmer la curiosité des plus fervents croyants aux extraterrestres ?

Comme la quasi-totalité des documents rendus publics, cette vidéo prise en Grèce en octobre 2023 est plus intrigante que révélatrice. Les images captées par une caméra infrarouge permettent de suivre un point lumineux faisant plusieurs virages à 90 degrés, à une vitesse de 125 km/h. Après près de trois minutes, l’opérateur de la caméra perd la trace de la forme.

« Diamant » volant

Cette vidéo est l’une des plus claires parmi les 160 rendues publiques. Elle présente un objet « en forme de diamant », selon la description du Pentagone, qui n’était visible qu’en infrarouge. Il se déplaçait à 800 km/h dans les cieux grecs en 2024. « Ces documents, cachés derrière le secret-défense, ont longtemps alimenté des spéculations justifiées et il est temps que les Américains les voient de leurs propres yeux », a déclaré le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth.

Images difficiles à interpréter

Plusieurs documents sont toutefois difficiles à interpréter. Les informations sur cette image d’un « corps dense tacheté avec un réticule central » sont encore plus succinctes que les autres informations dévoilées vendredi. On ne mentionne pas la date exacte de captation de l’image.

Photos du programme Apollo

Seules les photos d’ovnis croquées durant le programme lunaire Apollo sont identifiées correctement, comme celles-ci, prises pendant la mission Apollo 12 en 1969.

Jusque dans les années 1940

PHOTO FOURNIE PAR LE PENTAGONE

Photo d’ovni prise par les astronautes de la mission Apollo 17 en 1972

Cette photo d’ovni, prise par les astronautes de la mission Apollo 17 en 1972, est parmi les plus anciennes dévoilées vendredi. Il n’existe aucun consensus sur la nature de ces trois formes, note le Pentagone. Certains documents rendus publics vendredi remontent aux années 1940, mais ceux-ci sont uniquement des descriptions écrites.

Balade dans un parc éolien

Des relents de X-Files

Une forme de ballon de football

Intrigantes taches éphémères

Intrigantes taches éphémères

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Le Canada aura accès à un télescope géant

IMAGE TIRÉE DU SITE D’ESO

L’ELT en construction, en 2023

Le télescope géant européen accueillera des astronomes canadiens. Une subvention annoncée jeudi garantit leur accès à ce télescope qui entrera en service entre 2030 et 2035 et permettra de détecter la vie extraterrestre si elle existe. Cet accès à l’ELT sera coordonné depuis Montréal.

« C’est la plus grosse subvention de ma carrière pour l’astronomie au sol », dit René Doyon, de l’Université de Montréal, qui dirige l’Observatoire du Mont-Mégantic.

Le télescope géant européen (ELT, selon le sigle anglais correspondant à Extremely Large Telescope), en construction au Chili, mesurera 39 mètres de diamètre et verra sa « première lumière » en 2030. La subvention de 11,3 millions de la Fondation canadienne pour l’innovation couvrira le quart du coût de l’un des six instruments de l’ELT.

Cet instrument, le spectrographe ANDES, permettra peut-être de détecter la vie sur des exoplanètes, en orbite autour d’autres étoiles. « C’est une machine incroyable qui pourra détecter des biosignatures sur les systèmes les plus proches », dit M. Doyon.

L’atmosphère de l’exoplanète la plus proche de la Terre, Proxima B (4,2 années-lumière), n’a pas pu être observée par les autres télescopes terrestres et spatiaux parce qu’elle ne passe jamais devant son étoile, donne en exemple M. Doyon. Cela élimine l’utilisation d’une technique d’observation « de transit ».

ANDES commencera ses observations en 2035. Il pourra déterminer si une exoplanète a de l’eau dans son atmosphère en quelques nuits d’observation, et de l’oxygène en 20 à 30 nuits.

De plus, le Canada envisage de se joindre au réseau européen de télescopes Observatoire austral européen (ESO), ce qui améliorerait encore davantage l’accès à l’ELT. La décision sera prise dans un mois à la réunion annuelle de Société astronomique canadienne à Montréal.

Le passage à l’ESO nécessiterait l’abandon du partenariat avec les États-Unis pour des télescopes de 8 m à Hawaii. Un télescope géant, le télescope de 30 m (TMT), devait aussi être construit à Hawaii dans ce partenariat canado-américain, mais sa construction est suspendue depuis dix ans à cause de l’opposition d’autochtones hawaïens.

« On respecte la décision des Hawaïens, mais le projet de TMT n’arrive pas à décoller, dit M. Doyon. Donc se joindre à l’ESO est une possibilité. » Un déménagement de TMT dans les îles Canaries est envisagé, mais il est en concurrence avec un autre télescope géant américain, Magella, prévu au Chili.

ESO a aussi des télescopes de 8 m et de 4 m au Chili.

Mont Mégantic

La participation du Canada à l’ELT et sa cogestion par l’Université de Montréal (avec celle de la Colombie-Britannique) n’auraient pas été possibles sans l’expertise de l’observatoire du Mont-Mégantic, qui a un télescope d’un diamètre de 1,6 m.

« Il a été question de fermer Mégantic en 2015, dit M. Doyon. Heureusement, ça n’a pas eu lieu. On a développé une expertise en instruments infrarouges très forte à l’Université de Montréal grâce à la possibilité de faire les tests à Mégantic. De leur point de vue, les Européens nous prendraient à bras ouverts dans l’ESO. »

L’autre télescope canadien, à Victoria, a plutôt une expertise en correction de la turbulence atmosphérique et a des liens moins forts avec le milieu universitaire.

Regardez une vidéo de l’ELT en construction (en anglais)

En savoir plus

  • 6826
    Nombre d’exoplanètes qui ont été découvertes

Source : NASA

300 millions
Estimation du nombre de planètes qui pourraient être habitables dans l’Univers

Source : NASA

Chêne rouge, exoplanètes, véhicules électriques… encore plus de science

L’atmosphère de l’exoplanète WASP-121b (à plus de 850 années-lumière de nous) est divisée en trois couches: des vents de fer (!) soufflent proche de la surface, de très forts courants de sodium (!!) circulent par-dessus, et une couche d’hydrogène les chapeaute. (ESO/M. Kornmesser) (ESO/M. Kornmesser)

Toute la semaine, au 93e congrès de l’ACFAS, des milliers de chercheurs francophones se sont réunis à l’UQTR pour présenter les résultats de leurs dernières recherches, les analyser et en débattre. Le Soleil vous en a résumé plusieurs au cours des derniers jours, mais il y avait tant de sujets intéressants que nous vous en présentons encore quelques-uns de plus!

La «migration assistée» du chêne rouge

Résumé

En général, le fait que certaines espèces parviennent à remonter de plus en plus vers le nord à mesure que le climat se réchauffe n’est pas vu comme une chose souhaitable. Mais il y a des exceptions.

De jeunes pousses de chêne rouge. (Archives)

«Il va falloir planter des nouvelles espèces, alors c’est aujourd’hui qu’il faut commencer», a plaidé Samuel Pinna, professeur de technique forestières au Cégep de la Gaspésie, lors d’une présentation à l’UQTR, jeudi. M. Pinna fait pousser des chênes rouges de diverses provenances en Amérique dans un jardin afin de voir lesquels prospèrent le mieux dans la région.



En 2024, une équipe du Centre d’enseignement et de recherche en foresterie de Sainte-Foy (CERFO, affilié au Cégep de Ste-Foy) a semé ou planté 3500 chênes rouges dans le Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie. Une autre tranche de 3500 suivra en juin prochain.

L’espèce est à peu près absente de des deux régions présentement. On trouve des chênes rouges ailleurs dans le sud du Québec mais, hormis de très rares enclaves jouissant d’un microclimat, l’Est du Québec est généralement trop froid et/ou trop humide — les chênes préfèrent en général les endroits plutôt chauds et secs.

Mais éventuellement, le réchauffement planétaire devrait ouvrir ces territoires au chêne rouge, en même temps que les conifères qui peuplent la forêt là-bas vont se retirer, petit à petit.

Or, pour des régions comme la Gaspésie, où l’industrie forestière récolte très, très principalement des conifères, justement, cela n’augure rien de bon. En aidant une migration qui va de toute manière arriver, on pourrait limiter les dégâts.

«C’est une espèce dont le bois a une bonne valeur économique, et qui a une valeur faunique aussi parce qu’elle produit beaucoup de glands [qui servent ensuite de nourriture aux animaux], et elle est déjà présente dans plusieurs de ces régions de l’est du Québec [bien que très rare]», a expliqué Samuel Royer-Tardif, chercheur au CERFO, lors de la même présentation à l’ACFAS.

Le CERFO avait d’ailleurs déjà commencé à «aider» le chêne rouge à s’implanter dans l’est de la province, notamment sur la Côte-de-Beaupré, au cours des dernières années.



Des équipes sont à couper ce bois à maturité avant qu’une trop grande quantité ne soit affectée par la tordeuse. Selon les secteurs, il y a de très beaux arbres. Par contre, dans d’autres endroits, une sélection doit être faite et laisser les moins beaux sur place. (Louis Potvin)

L’ennui, dit M. Royer-Tardif, est que l’industrie forestière québécoise est tellement concentrée sur les conifères qu’il existe relativement peu de données sur les autres essences qui pourraient, éventuellement, acquérir une grande importance économique.

«On a peu de connaissances sur tout ce qui est feuillu, dit M. Royer-Tardif, parce que l’emphase industrielle est sur les conifères à 90 %. On les connaît très bien, on connaît toutes leurs courbes de croissance, on sait à quelle distance ces espèces-là vont transférer [à cause du réchauffement], etc. Mais les feuillus, on les connaît relativement peu, alors que c’est ça qui s’en vient comme nouvelles espèces: les caryers, tous les chênes, ils ont un gros potentiel.

M. Royer-Tardif et son équipe travaillent présentement à cartographier les zones de la Gaspésie qui seront les plus propices au chêne rouge.

«Je ne vois pas la migration assistée comme une action pour sauver la forêt. C’est une action ponctuelle pour répondre aux besoins des communautés humaines, et parfois pour sauver certaines espèces», indique-t-il.

Nuageux avec averses de sels

Résumé

Il n’est pas facile d’étudier l’atmosphère des planètes hors du système solaire. Sur les quelque 6000 exoplanètes qui ont été découvertes jusqu’à maintenant, on n’est parvenu à «lire» la composition de l’atmosphère que pour une centaine d’entre elles. Mais le petit peu qu’on a vu jusqu’à maintenant a révolutionné nos connaissances. Et une nouvelle révolution pourrait être à nos portes.

Rendu d’artiste d’une exoplanète. (NASA, ESA, CSA, J. Olmsted)

«Avant la découverte d’exoplanètes, les théories de formation de planètes expliquaient bien notre système solaire, où les petites planètes rocheuses [Mercure, Vénus, la Terre et Mars] orbitent proches de l’étoile, et où les géantes gazeuses [Jupiter, Saturne, Neptune et Uranus] sont plus éloignées. On s’attendait à des configurations semblables autour d’autres étoiles», explique Nicolas Cowan, professeur d’astronomie à l’Université McGill, qui donne une conférence sur le sujet à l’ACFAS.

A priori, c’était plein de bon sens, d’ailleurs: les planètes rocheuses du système solaire sont environ cinq fois plus denses que les géantes gazeuses. Et il en est ainsi parce que tout de suite après la formation du Soleil, il y a 4,5 milliards d’années, les matériaux les plus denses ont été plus fortement attirés vers notre étoile que les autres, pour les mêmes raisons qu’un objet plus dense va couler plus vite au fond de l’eau qu’un corps moins dense. Il était donc naturel de s’attendre à voir la même chose autour des autres étoiles.

«Mais la découverte des jupiters chaudes a tout bouleversé, poursuit M. Cowan: la présence de géantes gazeuses si proche de leur étoile prouvait que les planètes migrent de leur orbite d’origine. Depuis, nous avons aussi découvert que les planètes les plus abondantes dans la galaxie sont celles entre la taille de Terre et de Neptune. En fait, nous comprenons maintenant que le système solaire ne représente pas un système planétaire typique, mais une configuration plutôt rare.»

Jusqu’à présent, c’est surtout l’atmosphère de ces géantes chaudes qu’on est parvenu à analyser. En effet, il faut habituellement un «transit» (la planète passe directement devant son étoile) pour nous permettre de déchiffrer son enveloppe gazeuse. Et comme ce type de planète fait le tour très vite de son étoile, souvent en seulement quelques jours (voir le graphique ci-dessous), ça donne plus de chances d’y arriver que pour d’autres planètes qui mettent des mois, des années ou même des décennies à compléter leur orbite.

Il y a beaucoup plus de «jupiters chaudes» qu’on le croyait. (Graphique: gracieuseté N. Cowan)

Sur les quelques dizaines dont l’atmosphère nous est connue, certaines ont même des nuages faits de roches, de métaux ou de sels si chauds qu’ils s’évaporent. Or notre échantillon est non seulement petit, mais dramatiquement peu diversifié. La mission européenne Ariel, qui doit s’envoler en 2029, visera à élargir cette palette.

M. Cowan fait partie d’une équipe internationale qui travaille à sélectionner environ 1000 exoplanètes dont on «lira» l’enveloppe gazeuse. À suivre!

Le télescope Ariel en train d’être assemblé, en 2024. (Image : Airbus / ESA) (Archives)

Le «trou de beigne» de la voiture électrique

Résumé

La voiture électrique est souvent perçue comme un «trip» urbain que les régions ne partagent pas. Et ça n’est pas entièrement faux, puisque il est vrai que les véhicules électriques (VÉ) ne parviennent pas, ou si peu, à percer dans les secteurs éloignés. Mais les VÉ ne sont peut-être pas aussi urbains qu’on le croit : les quartiers centraux des grandes villes figurent parmi les endroits où on en achète le moins.



C’est juste que les motifs de cette impopularité ne sont pas les mêmes, a-t-on appris lors d’une présentation faite lundi, au 93e congrès de l’ACFAS.

L’étudiant à la maîtrise Guillaume Lessard et son directeur Dominic Morin, professeur de sociologie à l’Université Laval, y ont présenté une analyse des raisons qui font que certains ménages se convertissent à la voiture électrique et d’autres non.

Il y est apparu, sans surprise, que les VÉ n’ont pas la cote en région, où entre 1 et 3,5 % des véhicules étaient électriques à la fin de 2024 — contre 5 à 8 % près des grands centres urbains. Parmi les raisons citées pour ne pas passer à l’électrique, l’«autonomie trop limitée» fut citée à hauteur de 51 % en région, contre une moyenne de 20 % au Québec, d’après un sondage réalisé pour Hydro-Québec en 2022.

Une voiture électrique est en charge à Ottawa, le 13 juillet 2022. (Sean Kilpatrick/Archives La Presse Canadienne)

Mais le plus étonnant était ailleurs: alors qu’un peu moins de 11 % des répondants du sondage disaient ne «certainement pas» envisager d’acheter éventuellement un VÉ, ils étaient trois fois plus (35,5 %) à écarter complètement cette possibilité dans… les quartiers centraux de Montréal. Mais là-bas, l’autonomie n’était pas une raison. Près de la moitié d’entre eux (47 %) disaient plutôt ne «pas avoir besoin d’une automobile» (contre 15 % à l’échelle du Québec entier), et 27 % déploraient ne pas avoir accès à une borne (moyenne québécoise: 16 %).

D’un point de vue géographique, l’adoption des VÉ ressemble donc à un «beigne», relativement populaire dans les banlieues, mais moins au centre et au-delà.

Il y avait d’autres facteurs qui entraient en ligne de compte et qui compliquaient un peu le portrait, comme une concentration plus élevée (indépendamment de la géographie) chez les gens qui ont des revenus élevés, vivent en couple et ont une maison où il est plus facile d’avoir une borne de recharge.

«Cela soulève des questions d’inégalités et de clivages sociaux et territoriaux face à l’annonce/incitation à emboîter le pas vers une fin de la vente des automobiles à essence neuves», m’a indiqué M. Morin lors d’un échange de courriels.

Rappelons qu’en 2020, une interdiction de vendre des véhicules à essence neufs avait été annoncée pour 2035, mais qu’elle a été levée l’an dernier.

Le défi de la modernisation du GPS

Il permet de retrouver son chemin. Il guide les bombes vers leurs cibles et les avions et navires à bon port. Mais des concurrents chinois et européen lui dament le pion. Et des technologies de brouillage le compromettent. La mise à jour du système mondial de positionnement (GPS) s’avère tout un défi.

Les avions aveugles

Depuis 2024, de nombreux vols commerciaux à destination des pays baltes et de l’Europe de l’Est sont devenus momentanément aveugles. La raison : un blocage par les Russes des signaux du système mondial de positionnement (GPS), qui permet aux pilotes de savoir où ils sont.

Transports Canada a publié en 2024 un avis sur le risque de blocage des signaux GPS « dans les régions en conflit ».

Une autre avenue est l’usurpation (spoofing), où le signal GPS est imité pour donner au récepteur GPS un mauvais positionnement.

« Bloquer et imiter des signaux satellites est de plus en plus facile et de moins en moins coûteux, même si c’est illégal », dit François Pomerleau, titulaire de la chaire en robotique de terrain de l’Université Laval. « Il y a un désir de rendre la navigation plus robuste, en renforçant les systèmes satellites et en ajoutant d’autres systèmes de navigation. »

À la fin avril, le Pentagone a officiellement mis fin au programme OCX, qui a coûté 8 milliards US. Celui-ci devait améliorer la gestion informatique des satellites GPS pour les rendre moins vulnérables à l’usurpation et au blocage, notamment au moyen du cryptage. Parmi les stratégies utilisées, concentrer les ondes sur une zone plus petite pour qu’elles soient plus puissantes et difficiles à bloquer, modifier les signaux par des modifications de logiciels contrôlés à partir de la Terre et introduire des sceaux d’identification cachés dans les signaux.

« OCX a été victime d’une ambition trop grande de tout résoudre en même temps au lieu de faire des améliorations petit à petit », dit Todd Humphreys, directeur du laboratoire de navigation de l’Université du Texas à Austin. « Vous avez eu le même problème chez vous avec le système Phénix. » Le système de paie Phénix du gouvernement fédéral canadien devait générer des économies, mais a plutôt causé beaucoup d’erreurs, en plus de coûter 5 milliards.

Face à la lente modernisation du GPS, certains avions et navires utilisent le système de télécommunications satellite Iridium, beaucoup plus coûteux que SpaceX, et qui est pour le moment incompatible avec le GPS. « Mais Iridium, et éventuellement SpaceX, pourront aider à la navigation seulement jusqu’à ce qu’ils deviennent eux-mêmes des cibles », dit M. Humphreys.

L’a b c du GPS

Lire la suite

Le GPS a été développé par l’armée américaine dans les années 1970, avec un premier satellite lancé en 1977. Il y en a présentement 32 en orbite, qui sont de la troisième génération. La technologie civile a été lancée en 1993.

Chaque satellite émet des ondes radio, qui contiennent la position du satellite et le moment où l’onde a été émise. Avec ces informations, un récepteur peut déterminer sa position avec une précision de quelques mètres pour les applications civiles comme un téléphone et de quelques centimètres pour les applications militaires.

La puissance du GPS a été démontrée lors de la première guerre du Golfe, en 1991.

Trois solutions terrestres

Mis à part le renforcement du système GPS, trois solutions s’offrent actuellement pour une navigation plus robuste, selon M. Pomerleau de l’Université Laval : la reconnaissance du paysage par vidéo, le radar et le lidar, un radar utilisant la lumière plutôt que des ondes sonores.

Les systèmes de navigation des voitures, par exemple, utilisent déjà ces trois systèmes. Avec le GPS, il est difficile de savoir si on est dans une voie ou dans l’autre sur une route.

François Pomerleau, titulaire de la chaire en robotique de terrain de l’Université Laval

La navigation par vidéo dépend de l’établissement de cartes en 3D du monde réel. Pour les améliorer, certains chercheurs veulent y intégrer des notions « sémantiques » qui vont par exemple distinguer un arbre d’une maison. « L’arbre va changer au fil des saisons, mais la maison risque de changer moins d’apparence au fil des années, dit M. Pomerleau. Donc on peut davantage se fier à la maison pour savoir où on est. »

PHOTO FOURNIE PAR FRANÇOIS POMERLEAU

Tests de l’équipe de François Pomerleau dans une forêt près de Québec

Ces technologies de navigation sans satellite sont particulièrement utiles en forêt, dans les centres-villes avec de hauts bâtiments, dans les immeubles et dans les mines. L’équipe de M. Pomerleau a aussi participé à des manœuvres militaires en Arctique, où la navigation satellite fonctionne moins bien parce que les signaux GPS arrivent de l’équateur, et parce que les tempêtes solaires y ont plus d’effets sur les télécommunications.

Le magnétisme à la rescousse

Une autre avenue pour contrecarrer les interférences avec le GPS est d’utiliser le magnétisme de la Terre, qui varie légèrement d’un endroit à l’autre.

« On pourrait arriver à une précision de quelques dizaines de mètres », dit David Roy-Guay, cofondateur de SBQuantum, une firme de Sherbrooke.

SBQuantum a obtenu des contrats militaires canadien et américain, pour aider à mettre sur pied un système de navigation magnétique. Un tel système magnétique serait impossible à bloquer ou à usurper, mais sa faible précision en ferait un appui plutôt qu’une solution de rechange au GPS.

La technologie de SBQuantum fait appel à des boussoles en diamant, qui sont extrêmement sensibles aux variations du champ magnétique. Ces magnétomètres utilisent des défauts dans le diamant.

Un autre volet des activités de SBQuantum est de cartographier les variations de champ magnétique de la planète avec une armada de petits satellites appelés cubesats. Deux cubesats de cartographie magnétique ont été lancés en mars dernier dans le cadre du MagQuest Challenge du gouvernement américain. Son objectif est d’avoir d’ici 2030 une carte magnétique de la planète plus précise.

PHOTO TIRÉE DU SITE DE SBQUANTUM

David Roy-Guay, cofondateur de SBQuantum

Ces variations de champ magnétique sont dues aux anomalies dans le noyau terrestre et à la présence de gisements de métaux plus près de la surface.

Les concurrents

Quand les premiers satellites BeiDou, l’équivalent chinois du GPS, ont été lancés il y a dix ans, des chercheurs se sont demandé pourquoi ils émettaient des ondes semblables à celles du GPS.

Avec la montée de l’usurpation, la réponse est maintenant claire : l’une des capacités de BeiDou, qui est opérationnel depuis 2020, est de faire dérailler le GPS en temps de guerre.

« BeiDou a plusieurs avantages, notamment des communications bidirectionnelles », dit le général à la retraite William Shelton, qui a dirigé le Space Command de l’armée américaine de 2011 à 2014. Le GPS ne peut qu’émettre des ondes, pas en recevoir, ce qui limite sa modernisation en continu. Les autres systèmes de navigation sont le Glonass russe et le Galileo européen, respectivement opérationnels depuis 1996 et 2025. Glonass, qui a connu une interruption de service au début du millénaire à cause des déboires financiers entourant la chute de l’URSS, est beaucoup moins avancé que le GPS, selon le général William Shelton.

En savoir plus

  • 1400 milliards US
    Bénéfices du système GPS depuis ses débuts dans les années 1980

Source : Département américain du Commerce

1 à 1,5 milliard US
Pertes économiques d’une journée de panne mondiale de GPS

Source : Département américain du Commerce

  • 700
    Nombre de munitions et de missiles américains qui dépendent du GPS
    Source : Ars Technica
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Jérôme Dupras a été annoncé à ce poste lors d’une conférence de presse aux côtés des ministres Drainville et Bernard, à Québec, mercredi après-midi.

Véritable Clark Kent québécois, Jérôme Dupras troque à nouveau sa basse pour son sarrau. En tant que Scientifique en chef du Québec, il lui reviendra entre autres les reponsabilités de PDG du Fond de recherche du Québec et de conseiller le gouvernement québécois sur des questions scientifiques.

Il remplace Rémi Quirion, qui avait annoncé son départ l’année dernière.
[…]

En lisant cette nouvelle :wink:


Source : https://www.facebook.com/lescowboysfringants/posts/10157133281667572

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Rarement vu un article aussi bourrée de fautes. Radio-Canada peut plus se payer Antidote?! J’en compte presqu’une dizaine sur les screenshots ci-dessous…


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La résistance aux séismes de la pyramide de Khéops expliquée

Vue latérale de la pyramide de Khéops (aussi appelée Khufu) (Photo d’archives)

Photo : Getty Images / Nicola Micheletti

Certaines caractéristiques structurelles de la pyramide de Khéops lui ont permis de résister aux tremblements de terre sans subir de dommages importants au cours des milliers d’années qui se sont écoulées depuis sa construction, montrent les travaux de géophysiciens égyptiens.

La pyramide de Khéops (également appelée Khufu) a été achevée il y a environ 4500 ans dans le complexe pyramidal de Gizeh, en Égypte. La zone a subi depuis plusieurs séismes importants, dont les plus récents : celui de 1847 d’une magnitude estimée à 6,8, et celui de 1992, d’une magnitude de 5,8, qui a dévasté Le Caire et fait plus de 500 morts.

Merveille sous surveillance

Jusqu’à aujourd’hui, peu d’études ont tenté d’expliquer la résilience de la grande pyramide de Gizeh, la seule des sept merveilles du monde qui a résisté à l’épreuve du temps.

En fait, il n’existe aucun consensus scientifique pour expliquer comment Khéops est restée si stable face aux secousses sismiques.

C’est un mystère qui continue de diviser les ingénieurs et les archéologues, écrivent Asem Salama et ses collègues du NRIAG (Institut national de recherche en astronomie et en géophysique), au Caire, dans leur étude publiée dans la revue Scientific Reports (nouvelle fenêtre) (en anglais).

Pour mieux comprendre la source de la résilience de la pyramide, les scientifiques égyptiens ont utilisé des capteurs sismiques ultrasensibles pour enregistrer les vibrations générées par l’activité humaine ou naturelle (construction, trafic, vagues, vents, etc.) à 37 endroits autour, sur et dans l’œuvre architecturale.

Résumé

Enregistrement des vibrations dans une chambre de décharge de la grande pyramide. L’inscription visible sur le côté gauche commémore la découverte des quatre chambres supérieures par des archéologues occidentaux en 1837.

Photo : Scientific Reports/Asem Salama et al

Un chef-d’œuvre d’ingénierie

Les scientifiques ont constaté que la plupart des secousses (76 %) enregistrées à l’intérieur de la pyramide présentent une fréquence de 2 à 2,6 hertz, ce qui indique, selon eux, que les contraintes mécaniques sont réparties uniformément dans l’ensemble de la structure.

En contrepartie, les vibrations enregistrées dans le sol autour présentaient une fréquence d’environ 0,6 hertz.

Mesure des vibrations directement devant la pyramide.

Photo : Asem Salama et al

Habituellement, lorsque deux choses vibrent à des fréquences identiques, leurs secousses ont tendance à se combiner et à s’amplifier : c’est ce qu’on appelle le phénomène de résonance.

Or, selon les chercheurs, la différence entre ces fréquences protège la pyramide lors d’un tremblement de terre en limitant les interactions entre la structure et le sol, lequel amplifie les oscillations.

Bien ancrée dans le sol

La façon dont la structure de la pyramide amplifie les secousses provenant du socle rocheux a aussi été étudiée.

Étonnamment, les tests n’ont montré aucune amplification des oscillations dans la chambre souterraine, qui est directement creusée dans la roche.

Relevés de vibrations dans la galerie menant à l’entrée du calife al-Ma’moun (communément appelée le tunnel des voleurs).

Photo : Asem Salama et al.

En outre, l’amplification des vibrations augmente en prenant de la hauteur dans la structure, atteignant son maximum dans la chambre du Roi, où les oscillations sont multipliées par 4 par rapport au niveau du socle rocheux.

Étrangement, dans les chambres de décharge situées juste au-dessus de la chambre du Roi, le facteur d’amplification baisse à 3.

L’équipe du NRIAG pense que cette réduction diminue le risque que l’activité sismique endommage la chambre du Roi. Ainsi, les chambres de décharge offriraient une protection structurelle à cette dernière.

Les auteurs indiquent que la pyramide a été construite sur du calcaire, une roche qui possède un centre de gravité bas, des caractéristiques qui atténueraient les risques liés à l’activité sismique.

Il est difficile toutefois de déterminer si cette résistance aux tremblements de terre était une caractéristique intentionnelle de sa conception.

Toute idée d’une optimisation sismique intentionnelle de la part des architectes de l’Égypte antique reste purement spéculative, insistent les auteurs.

Un chef-d’œuvre antique

Commanditée par le pharaon Khéops autour de 2560 av. J.-C. pour accueillir son corps momifié, l’œuvre a été supervisée par son vizir (premier ministre) et architecte, Hémiounou. Ce dernier a géré la logistique de 20 000 à 30 000 ouvriers sur un chantier qui aura duré environ 20 ans.

Si la structure interne a résisté aux nombreux séismes, son apparence n’a pas eu la même chance. En 1303, un violent séisme a secoué la région, ce qui a grandement endommagé le revêtement de calcaire blanc poli qui recouvrait la pyramide. Ce revêtement a ensuite été complètement retiré pour être réutilisé pour construire d’autres bâtiments au Caire. La pyramide était couronnée à son sommet par un pyramidion (la pointe), probablement recouvert d’or.

La pyramide de Khéops était couronnée à son sommet par un pyramidion (une pointe), probablement recouvert d’or.

Photo : Budget Direct

À l’origine, la pyramide de Khéops était haute de près de 146,6 mètres, ce qui en faisait la plus haute construction humaine pendant plus de 3800 ans. Au fil des siècles, elle a perdu 9,6 mètres en raison de l’érosion, du prélèvement de pierres et de la perte de son pyramidion.

À lire aussi :

Des pyramides et des humains

L’Égypte antique a érigé environ 130 pyramides. Toutefois, les experts ne s’entendent pas sur le statut de certaines petites pyramides qu’ils jugent secondaires.

La civilisation des pharaons n’est pas la seule à avoir construit des bâtiments de forme triangulaire. Très près d’elle, au sud, dans l’actuel Soudan, la Nubie a construit plus de pyramides que l’Égypte (plus de 200).

Les pyramides de Méroé, au Soudan, sont plus petites, plus étroites et plus pointues que celles construites en Égypte.

Photo : Getty Images / Yannick Tylle

Leurs apparences étaient toutefois différentes, comme les pyramides de Méroé ou de Napata, qui sont plus petites, plus étroites et plus pointues. Elles servaient également de sépultures royales.

En Amérique centrale et du Sud, les civilisations Teotihuacán, Aztèque et Maya ont aussi construit des pyramides, surtout pour des raisons religieuses (rituels) et politiques.

La pyramide du Soleil à Teotihuacán, au Mexique

Photo : Getty Images / Mario Martinez

Au Pérou, des peuples pré-incas ont aussi bâti des pyramides.

C’est au Mexique que se trouve la pyramide de Cholula, considérée comme la plus grande jamais construite au monde (bien plus massive que celle de Khéops).

L’Asie a aussi connu des architectes aux idées architecturales pointues.

Le courant «à deux étages», ça se peut — juste pas à Québec

SCIENCE AU QUOTIDIEN / «Je m’assois souvent sur un banc devant le château Frontenac. J’y ai entendu des guides touristiques raconter que le fleuve coule vers l’est et que, lorsque la marée monte vers l’ouest, elle se superpose à l’eau qui coule toujours vers l’est. Mais un ami plaisancier m’a dit que c’est faux. Alors qui a raison?» demande Guy Sirois, de Québec.

De manière générale, il peut arriver que des courants se superposent dans un même cours d’eau. Cela survient aux endroits où deux masses d’eau de densités différentes se rencontrent : l’eau plus dense s’écoule au fond et celle qui l’est moins passe par-dessus. On peut alors avoir des courants superposés qui vont en sens inverse l’un de l’autre.

C’est le cas à l’embouchure du Saguenay, par exemple. Là-bas, un bras de mer remonte dans le fjord sur plusieurs dizaines de kilomètres parce que l’eau salée est plus dense que l’eau douce — environ 1025 kg/m³ contre 1000 kg/m³. L’eau qui arrive du golfe du Saint-Laurent est également plus froide, ce qui amplifie l’écart de densité.

Sauf que ce genre de situation ne survient pas à la hauteur de Québec. L’eau salée, comme on le sait, ne remonte pas plus loin que la pointe est de l’île d’Orléans, environ. Et encore, à cet endroit, il s’agit d’une eau de mer qui a été très diluée dans l’eau douce et qui n’est plus tellement salée.

Il serait effectivement «étrange que l’écoulement du fleuve continue vers l’est par en dessous de la marée montante. Cela supposerait que la colonne d’eau est stratifiée, alors que ce n’est pas le cas au niveau de Québec. De plus, si la colonne d’eau était stratifiée, l’eau salée de la marée montante passerait en dessous, et non au-dessus, de l’eau douce du fleuve», indique Cédric Chavanne, chercheur en océanographie à l’UQAR et spécialiste des marées.

Son collègue à Environnement Canada, Pascal Matte le confirme : «Nous avons réalisé plusieurs mesures par bateau des courants sur plusieurs sections entre Trois-Rivières et l’île d’Orléans et nous avons fait le même constat partout: les inversions de courant sont synchronisées sur la colonne d’eau», m’a écrit M. Matte lors d’un échange de courriels.

Effets locaux

La suite

Le frottement avec les rives fait que la rencontre des marées et du courant produit de drôles de résultats autour de la pointe ouest de l’île d’Orléans. (Pierre Lahoud)
Cela dit, cependant, il y a quand même certains écarts qui peuvent survenir très localement, à cause de la forme du fleuve et/ou du fond de l’eau. Une équipe dont M. Matte faisait partie a simulé récemment les flux d’eau devant Québec, là où l’île d’Orléans commence. Les résultats ont été publiés l’année dernière dans Estuarine, Coastal and Shelf Science et ont montré toutes sortes de désynchronisations dans le flux des marées.

Pas de superposition de courants, à part quelques exceptions très localisées, mais des écarts notables: le courant ne change pas de direction partout en même temps.

Ces simulations ont montré un décalage d’environ une heure entre le moment où la marée s’inverse et celui où le courant change de direction — par exemple, le courant ne change pas de sens tout de suite après que la marée cesse de monter, cela survient environ une heure après.

Cela s’explique en partie par le fait qu’à ce moment-là, il y a déjà beaucoup d’eau qui s’est accumulée dans l’estuaire, ce qui empêche celle qui est devant Québec de s’écouler tout de suite, explique l’article. En outre, le renversement survient sur les bords du fleuve avant de se produire dans le chenal. Sur les bords, en effet, l’onde de marée rencontre plus de frottement, ce qui la ralentit. Or, comme la gravité agit en permanence, il s’ensuit que le courant s’inverse d’abord sur les côtés, et un peu après au centre.

Fait intéressant, cette étude-là a mis au jour toutes sortes d’effets ultra-locaux dans l’interaction courants-marées. Par exemple, quand la marée ne fait que commencer à monter, environ deux heures après la marée basse, le courant du fleuve s’inverse et remonte vers l’ouest du côté sud de l’île d’Orléans, alors que l’eau continue de s’écouler vers l’est dans le chenal nord — du moins, sur une couple de kilomètres.

Cela s’explique par le fait que l’eau circule beaucoup mieux du côté sud. C’est là que passe le gros du débit fluvial. L’eau étant plus «freinée» du côté nord, la marée montante y met plus de temps à inverser le courant sur toute la longueur de l’île que du côté sud.

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La NASA révèle ses plans lunaires

IMAGE TIRÉE DU SITE DE LA NASA

Illustration montrant des astronautes, des habitats, des astromobiles, des systèmes d’alimentation et des opérations de ravitaillement dans l’éventuelle base située près du pôle Sud lunaire

Un périmètre de plusieurs centaines de kilomètres carrés. Des drones sauteurs comme dans la série For All Mankind. Et une construction dès 2029. La NASA a dévoilé mardi d’ambitieux plans pour installer sa première base sur la Lune. La Chine n’entend pas se faire damer le pion.

La NASA a indiqué que la base lunaire aurait un périmètre de sécurité de plusieurs centaines de kilomètres carrés. Des drones seront postés à partir de 2028 aux quatre coins du site choisi, pour en assurer la sécurité. Les modules habitables sont beaucoup plus petits. Dans un premier temps, en 2032, ils devraient pouvoir abriter quatre astronautes pour des séjours d’un à deux mois.

Des réacteurs nucléaires générant de l’électricité seront testés à partir de 2029, et des panneaux solaires sont aussi prévus. Des voitures non pressurisées, comme celle que les astronautes d’Apollo utilisaient, sont prévues dans la deuxième phase du projet de la NASA, entre 2029 et 2032, et un astromobile (rover) pressurisé où les astronautes pourraient faire des déplacements d’une durée allant jusqu’à 45 jours est annoncé.

« La NASA avait révélé très peu d’informations sur ses plans de base lunaire avant [la semaine dernière] », dit Myriam Lemelin, une géomaticienne de l’Université de Sherbrooke, qui a pu assister à un colloque virtuel de la NASA sur les prochaines missions lunaires.

Après la mission Artemis II, qui a fait le tour de la Lune en avril avec à son bord le Canadien Jeremy Hansen, la NASA fera en 2027 un test de l’arrimage de la capsule lunaire Orion avec un ou deux alunisseurs, puis, début 2028, un alunissage habité avec Artemis IV.

« L’un des alunisseurs, Blue Moon, doit être testé cette année en version robotique, plus petite », dit Mme Lemelin, qui est coresponsable scientifique de la mission Vertex, prévue pour la fin 2026 et appelée depuis mardi Moon Base 3 (MB3).

(…)

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Polytechnique Montréal

Une découverte pourrait réduire la consommation d’énergie de l’IA

(Montréal) Une équipe de Polytechnique Montréal a identifié un nouveau matériau organique qui pourrait augmenter de manière significative la performance des puces photoniques, sans pour autant nécessiter de modifications majeures aux infrastructures déjà en place.

Cela pourrait un jour réduire la consommation d’électricité des centres de données et des systèmes d’intelligence artificielle (IA) générative – une découverte qui prend tout son sens quelques jours après qu’une agence onusienne eut prévenu que la consommation en eau et en électricité des centres de données devrait être multipliée par deux d’ici 2030, en raison surtout de l’explosion de la demande pour l’IA.

« La problématique tourne vraiment autour des capacités de calcul actuelles, a expliqué le responsable de ces travaux, le professeur Stéphane Kéna-Cohen.

« La vitesse des puces électroniques comme on les connaît […] est limitée. La stratégie depuis 2005 est d’ajouter de plus en plus de transistors et aussi d’agrandir les puces informatiques [mais] plus les puces deviennent grandes, plus la communication entre les différentes parties des puces est difficile. »

Et la solution à cette problématique, poursuit-il, « c’est d’utiliser la lumière pour communiquer entre les différentes puces informatiques, […] ce qu’on appelle des puces photoniques ».

Chaque seconde, les données derrière des milliards de courriels, de vidéos TikTok et de requêtes d’IA parcourent le monde sous forme d’impulsions lumineuses via les réseaux de fibre optique.

Chemin faisant, ces signaux traversent de minuscules composants qui servent de canaux à la lumière : les puces photoniques. Ces dispositifs ne se contentent toutefois pas de transporter les signaux : ils les orientent et les combinent, garantissant ainsi une circulation efficace de l’information à travers des réseaux complexes.

Mais les puces photoniques ont leurs limites puisque, par exemple, chaque question posée à un agent comme ChatGPT nécessite de multiples allers-retours entre les composants, ce qui augmente d’autant le nombre de fois que les signaux doivent être convertis et transformés.

C’est ici qu’intervient la découverte du professeur Kéna-Cohen et de ses collègues.

On transforme un système vraiment passif pour la lumière en système actif qui permet de moduler la lumière, d’amplifier la lumière, d’ajouter les fonctions qui sont aujourd’hui absentes sur ces puces à base de silicium.

le professeur Stéphane Kéna-Cohen

(…)

États-Unis et Royaume-Uni

Le téléphone lié à « la chute de la fécondité », selon deux études

L’arrivée des téléphones intelligents a fait chuter la fécondité aux États-Unis et au Royaume-Uni, affirment deux nouvelles études. Le fait que la technologie facilite l’accès à la pornographie et l’attrait des réseaux sociaux pourraient expliquer le phénomène.

« Nous avons été surpris de l’ampleur des résultats », explique Caitlin Myers, économiste au Middlebury College au Vermont et coauteure d’une étude publiée en juin sur le site de prépublication du National Bureau of Economic Research (NBER). « L’arrivée du téléphone intelligent explique près de la moitié de la chute de la fécondité aux États-Unis. »

L’étude de Mme Myers prenait en compte les améliorations du réseau cellulaire aux États-Unis entre 2007 et 2011, qui permettaient d’accéder à l’internet avec un téléphone.

Hernan Moscoso Boedo, qui a étudié le lien entre la fécondité et l’accès aux pleines capacités des téléphones intelligents aux États-Unis et au Royaume-Uni entre 2007 et 2020, a eu le même type de résultat. « Le taux de grossesse adolescente a diminué de 73 % aux États-Unis », dit l’économiste de l’Université de Cincinnati, qui a publié ses résultats sur le site de prépublication SSRN.

Jamais on n’aurait pensé arriver à un tel résultat avec des mesures de santé publique. Ça montre la puissance des téléphones intelligents.

Hernan Moscoso Boedo, économiste de l’Université de Cincinnati

Les deux économistes américains ne savent pas quel mécanisme lie téléphones intelligents et fécondité. Ils citent les réseaux sociaux qui rendent hommes et femmes moins susceptibles d’avoir des interactions réelles, l’envoi de sextos qui augmente le risque de faux pas compromettant l’établissement de relations solides et la pornographie qui rend les hommes plus irréalistes dans leurs demandes et moins dépendants de partenaires pour les satisfaire.

« Avant les téléphones intelligents, il y avait des barrières à la pornographie, s’il fallait y accéder sur l’ordinateur familial », dit M. Moscoso.

L’impact des téléphones intelligents a été de diminuer la fécondité des femmes de moins de 35 ans, et de ralentir celle des femmes plus âgées, selon l’économiste de Cincinnati.

« Une explication partielle » ?

(…)