Science

Le basalte a aussi le potentiel de séquestrer le CO2.

“Il part de l’atmosphère, il réagit avec la roche, soit il se dépose dans le sol ou il rejoint les cours d’eau pour se déposer au fond des océans”, explique Pierre-Luc Chagnon en ajoutant que, dans les deux cas, “ça fait un stockage net de carbone”.

Ce dernier parle d’une science encore très jeune. “On est confiant, [mais] les questions qui restent c’est plus au niveau de la rentabilité économique et non de facteurs de risque. […] Reste à voir si le coup en vaut la chandelle”, conclut le chercheur d’Agriculture et Agroalimentaire Canada.

Pour Marie Eisenmann et Francis Denault, la réponse est “oui”.

“En Europe, on parle déjà de révolution agricole avec le basalte. C’est déjà très utilisé en Angleterre, aux États-Unis, en Australie, il y a des études. Au Québec, c’est nouveau”, affirme Mme Eisenmann.

Les deux agriculteurs souhaitent ainsi faire connaître cette solution peu explorée dans la Belle Province au cours des prochains mois.

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Recherche au CUSM L’espoir d’une grande avancée en psychiatrie

Moins 80 °C ! Par un tel froid, de l’eau chaude jetée en l’air se changerait aussitôt en glace. Et un humain survivrait environ trois minutes. C’est pourtant à cette température extrême que seront rangés des milliers d’échantillons sanguins, dans une pièce exiguë de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

Publié à 7 h 00

Marie-Claude Malboeuf La Presse
(https://www.lapresse.ca/auteurs/marie-claude-malboeuf)

Signaux cachés recherchés

Son objectif ? Amasser « des millions et des millions de variables » pendant au moins dix ans pour tout offrir aux scientifiques et aux experts en IA. Et les laisser croiser toutes ces informations à la recherche de signaux cachés.

Depuis quelques années, les pistes se multiplient. Nombre de patients dépressifs affichent, par exemple, des taux très élevés d’inflammation dans le sang et guérissent mieux lorsqu’ils combinent anti-inflammatoires et antidépresseurs, selon certaines études expérimentales.

Toutes ces recherches demeurent cependant à petite échelle, et leurs résultats ne sont jamais reproduits, ce qui entraîne trop d’incertitude, souligne le Dr Ducharme.

Sa biobanque permettra enfin aux scientifiques de mettre leurs conclusions à l’épreuve. Car il est rare de réunir une telle masse de données, recueillies dans un contexte clinique réel, tous diagnostics confondus (dépression, schizophrénie, troubles de la personnalité, abus de substance et autres).

Des millions de pièces

En oncologie, le profil génétique des tumeurs cancéreuses guide le choix des traitements depuis près de 20 ans. Mais le cerveau et les gènes sont d’une complexité sans égal, et se voient sans cesse remodelés par l’environnement et les expériences personnelles. Sans l’IA, aucun humain ne pourrait résoudre un casse-tête de plusieurs millions de pièces qui peuvent s’emboîter d’une infinité de manières.

Jusqu’où la technologie nous conduira-t-elle ? Même les experts l’ignorent encore.

« Certains croient que faire des prédictions ne sera jamais possible, rapporte le Dr Ducharme. Personnellement, je ne m’attends pas à une révolution, mais j’espère qu’on réalisera des progrès. »

Les éléments sous la loupe

Cheveux

Blonds, bruns, gris ou roux, peu importe : un millier de cheveux seront collectés dans les hôpitaux de l’Université McGill au cours des dix prochaines années, puis envoyés en Allemagne pour analyse. Le but ? Déterminer le niveau moyen de diverses hormones dans les trois mois précédant la cueillette, puisque celles-ci s’accumulent dans la chevelure. Certains taux sont associés à la dépression, à l’anxiété ou à d’autres troubles psychiatriques. Chaque centimètre de cheveu correspond à un mois de vie.

Sang

Les cellules sanguines conservées dans la biobanque SPARK stockent une mine de renseignements très précis. Elles permettent, par exemple, d’identifier tous les gènes d’un individu et de savoir lesquels « travaillent » et lesquels semblent endormis. Une information cruciale, puisque l’activité des gènes influence la bonne marche de l’organisme, y compris du cerveau. D’autres analyses serviront à mesurer le niveau de milliers de protéines et métabolites. Les premières sont fabriquées par les gènes pour faire fonctionner le corps. Les seconds sont produits par les processus corporels : hormones, neurotransmetteurs, déchets, etc.

Cerveau

Les structures et le fonctionnement du cerveau des participants seront aussi immortalisés. L’imagerie par résonance magnétique (IRM) permet notamment de scruter la communication entre diverses régions clés, comme l’amygdale, qui est liée aux émotions et à la peur. À la manière de Google Maps, ces images révéleront où se situe l’équivalent d’embouteillages ou de barrages routiers. Les scientifiques pourraient un jour découvrir que certains de ces dysfonctionnements sont la signature de troubles précis. Jusqu’à maintenant, estime toutefois le Dr Ducharme, « l’impact de l’IRM sur la pratique clinique en psychiatrie a été lamentable ».

Questionnaires

Tous les participants seront interrogés en personne et répondront à des questionnaires sur leurs expériences, leurs habitudes de vie, leur santé, etc. Ils passeront également des tests cognitifs. Leur réponse aux traitements prescrits sera parallèlement enregistrée tous les six mois. Ces suivis permettront de relier leurs données biologiques à l’évolution de leur maladie sur une décennie. Pareilles informations sont précieuses, puisque les troubles mentaux ne sont pas statiques : ils peuvent disparaître, s’aggraver ou changer de forme pour des raisons mal comprises.
En savoir plus

1/3
    Proportion des Canadiens qui seront touchés par une maladie mentale au cours de leur vie

source : gouvernement du Canada

https://www.lapresse.ca/actualites/sciences/2025-10-05/recherche-au-cusm/l-espoir-d-une-grande-avancee-en-psychiatrie.php

Démystifier la science Y a-t-il des peuples résistants aux microbes ?

Y a-t-il un peuple qui a généralement un système immunitaire plus efficace que les autres à travers le monde ? – Jean Pellerin

Il y a des différences au niveau du système immunitaire entre les populations de différentes régions, mais il n’y a pas de peuple avec une résistance « meilleure » que les autres.

« Il y a des variations sur le plan génétique entre les individus quant au fonctionnement du système immunitaire et à la vulnérabilité aux différents microbes. Mais il y a aussi des variations entre populations », explique Maria Francesca Cortese, immunologiste de l’Institut de recherche à Vall d’Hebron, en Espagne, qui publiait en 2021, dans la revue Microorganisms, une étude sur l’évolution historique de la réponse immunitaire aux microbes de différentes populations humaines…

https://www.lapresse.ca/actualites/sciences/2025-10-05/demystifier-la-science/y-a-t-il-des-peuples-resistants-aux-microbes.php

Nobel de physique Trois chercheurs récompensés pour leur découverte de l’effet tunnel quantique

(Stockholm) Le prix Nobel de physique 2025 a été décerné mardi au Britannique John Clarke, à l’Américain John M. Martinis et au Français Michel H. Devoret pour leurs travaux dans la mécanique quantique.

Publié à 6 h 07 Mis à jour à 6 h 34

Agence France-Presse

Le trio a été récompensé « pour la découverte de l’effet tunnel quantique macroscopique et de la quantification de l’énergie dans un circuit électrique », a déclaré le comité Nobel.

Ils ont réalisé une série d’expériences pour démontrer que « les propriétés étranges du monde quantique » peuvent être rendues concrètes dans un système assez grand pour être tenu dans la main.

Une question majeure en physique est celle de la taille maximale d’un système pouvant démontrer des effets de mécanique quantique.

La mécanique quantique décrit la façon dont les choses fonctionnent à des échelles incroyablement petites — au niveau des particules.

Par exemple, lorsqu’une balle ordinaire frappe un mur, elle rebondit et le prix décerné mardi récompense des expériences effectuées dans les années 1980 qui ont montré qu’une particule, à l’échelle quantique, peut en réalité traverser directement un mur comparable — un phénomène appelé « effet tunnel ».

Le prix Nobel de physique « a ouvert la voie au développement de la prochaine génération de technologies quantiques, notamment la cryptographie quantique, les ordinateurs quantiques et les capteurs quantiques », selon le jury.

L’an dernier, le prix Nobel de physique avait distingué le Britanno-Canadien Geoffrey Hinton et l’Américain John Hopfield pour leurs recherches dès les années 1980 sur les réseaux de neurones artificiels, ouvrant la voie au développement de l’intelligence artificielle contemporaine.

À la réception du prix, les deux scientifiques s’étaient dits très inquiets des récentes avancées technologiques de l’IA.

Le Nobel consiste en un diplôme, une médaille d’or et un chèque de 11 millions de couronnes suédoises (1,63 million de dollars).

https://www.lapresse.ca/actualites/sciences/2025-10-07/nobel-de-physique/trois-chercheurs-recompenses-pour-leur-decouverte-de-l-effet-tunnel-quantique.php

Sciences

Un médicament montréalais approuvé aux États-Unis

Les autorités américaines ont approuvé le 19 septembre un médicament inventé à Montréal. Il permet de ralentir la progression d’une maladie rare appelée « syndrome de Barth ».

Publié à 18 h 26

](https://www.lapresse.ca/auteurs/mathieu-perreault)

L’elamipretide a été découvert par M. Schiller en 2000. Une compagnie américaine, Stealth, travaille depuis 2005 à développer des traitements exploitant les effets de l’elamipretide sur le corps humain. L’utilisation de l’elamipretide pour le syndrome de Barth, sous le nom commercial de Forzinity, et le premier médicament pour lequel Stealth a l’approbation de la FDA.

Forzinity est injecté chaque jour. Son coût n’a pas encore été dévoilé. Il fonctionne en améliorant le fonctionnement des mitochondries. « Ça pourrait notamment être utilisé pour traiter d’autres maladies liées à un mauvais fonctionnement des mitochondries, dit M. Schiller. Il y a des maladies rares liées seulement à ce mauvais fonctionnement des mitochondries, mais il y a aussi des maladies où un mauvais fonctionnement des mitochondries fait partie du problème, comme la dégénérescence maculaire. »

https://www.lapresse.ca/actualites/sciences/2025-10-07/un-medicament-montrealais-approuve-aux-etats-unis.php

Le Soleil et son voisinage

Un système riche de planètes, de lunes et d’astéroïdes gravite autour du Soleil, dont le seul endroit connu pour abriter la vie, notre Terre.

Un texte de Alain Labelle

Publié le 11 octobre 2025

Dans une série de trois articles, notre journaliste explore les dernières découvertes en astronomie. Premier arrêt de ce voyage cosmique : notre Système solaire.

Le Système solaire est un monde vaste et complexe dont la richesse et la diversité ne cessent d’émerveiller les scientifiques, qui constatent que les endroits où la vie peut se développer sont bien plus nombreux qu’ils ne le pensaient il y a encore 25 ans.

Nos découvertes soulignent que la recherche de vie ne doit pas se limiter aux planètes rocheuses. Elle peut aussi exister dans des environnements extrêmes, comme sous la glace des lunes des géantes gazeuses, s’enthousiasme l’astrophysicien et directeur du Planétarium de Montréal Olivier Hernandez.

De l’énigmatique Encelade à la glaciale Europe en passant par la très convoitée planète Mars, les astrophysiciens ne cessent d’aiguiser leur regard sur notre proche et lointain voisinage. Ils réussissent même à observer le Soleil de très près, un exploit qu’on pouvait à peine envisager il y a quelques années…

Notre étoile

Le Soleil s’est formé il y a environ 4,6 milliards d’années. Il est aujourd’hui au cœur d’un système de huit planètes, d’au moins cinq planètes naines et de plus de 220 lunes. Environ 4600 comètes et des millions d’astéroïdes et de corps glacés sont aussi sous son influence gravitationnelle.

Pour illustrer son importance, notre étoile représente à elle seule pas moins de 99 % de la masse totale du Système solaire.

Les récentes recherches sur le Soleil se sont concentrées sur son activité et son interaction avec le reste du Système solaire. Pour l’astrophysicien Olivier Hernandez, le travail réalisé par la sonde Parker de la NASA est d’une importance majeure pour mieux comprendre notre étoile. En décembre 2024, alors qu’elle filait à plus de 690 000 km/h, la sonde s’est approchée à 6,2 millions de kilomètres du Soleil. Du jamais-vu! À cette distance, Parker a réussi à pénétrer dans l’atmosphère extérieure du Soleil, sa couronne.

Il s’agit de la plus courte distance du Soleil atteinte par une sonde pour étudier l’étoile, remarque Olivier Hernandez.

Durant ce passage, Parker a capté les images les plus proches jamais réalisées du Soleil. On peut y observer des éruptions de plasma qui s’empilent les unes sur les autres, mais aussi le vent solaire visible dans ses moindres détails.

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Sciences

Une première au Canada Un patient reçoit un cœur qui avait cessé de battre

(Toronto) Un hôpital de Toronto dit avoir réalisé le mois dernier la première transplantation d’un cœur qui avait cessé de battre au Canada.

Publié à 12 h 50

Hannah Alberga La Presse Canadienne

Le Réseau universitaire de la santé de Toronto (UHN) affirme que la procédure pourrait permettre d’accroître de 30 % le bassin national de donneurs si elle est étendue dans l’ensemble du pays.

Cette procédure a été adoptée il y a une décennie dans certains pays européens et en Australie.

La procédure a été réalisée par une équipe chirurgicale menée par le Dr Seyed Alireza Rabi. Celui-ci était membre de l’équipe qui avait réussi une des premières transplantations du genre aux États-Unis.

Le Dr Rabi arrive du Massachusetts General Hospital, où il a réalisé une cinquantaine de fois cette opération. Le chirurgien considère comme miraculeux chaque moment où le cœur d’un donneur se remet à battre dans le corps d’un autre patient.

Le chirurgien en chef du RHS, le Dr Thomas Forbes, mentionne que le nombre de personnes en attente d’un nouveau cœur au Canada s’élève à plus de 175 personnes. Cette nouvelle procédure pourrait sauver la vie de plusieurs d’entre eux.

« Cette innovation permet fondamentalement d’accroître le nombre de cœurs disponibles pour un don. Malheureusement, il existe une pénurie d’organes pour les patients souffrant d’une insuffisance cardiaque avancée », lance-t-il.

Des chercheurs québécois ont découvert que le temps d’attente pour une transplantation cardiaque est de 342 jours dans la province.

Un adulte sur quatre inscrit sur une liste d’attente au Canada mourra ou ne sera plus admissible à cette opération parce que son état de santé s’est détérioré.

Une procédure inversée

Habituellement, une transplantation cardiaque est réalisée lorsque le cœur d’un donneur déclaré en état de mort cérébrale bat encore. Le chirurgien retire le cœur du donneur, le refroidit et le place dans une solution de conservation spéciale. L’organe peut demeurer à l’extérieur d’un corps pour environ quatre heures s’il est placé dans de la glace, et même pendant une plus longue période si la température est contrôlée.

Cette procédure est semblable à celle réalisée le mois dernier au UHN, seul l’état de santé du donneur était différent. La personne a été déclarée morte par des critères circulatoires.

Le cerveau du donneur peut encore montrer des fonctions de base, comme des réflexes très limités, mais les perspectives de rétablissement neurologique sont nulles. Si la famille accepte de lui retirer l’assistance vitale, le patient sera considéré comme un candidat potentiel pour une telle opération.

L’équipe ne dispose que de 60 minutes pour transplanter le cœur d’un donneur à un receveur, raconte le Dr Rabi. L’organe n’est plus considéré comme viable au-delà de cette période.

Une grande nervosité règne dans la salle pendant une brève période pendant que l’équipe attend de voir si le cœur se réveillera dans son nouveau corps.

« C’est un cœur que l’on prend d’une personne. Il cesse de battre. Il est froid. La température est de quatre à dix degrés. On l’apporte, on le replace dans le corps d’un autre patient. Il est exposé à un nouvel environnement, à un sang nouveau. Et là, on espère qu’il se remettra à battre, pas seulement à battre, mais à battre à un point où il pourra aider une autre personne à vivre », souligne le Dr Rabi.

https://www.lapresse.ca/actualites/sciences/2025-10-11/une-premiere-au-canada/un-patient-recoit-un-coeur-qui-avait-cesse-de-battre.php

Sciences

Démystifier la science Mieux détecter les incendies de forêt grâce aux nouvelles technologies

Publié à 8 h 00

Mathieu Perreault La Presse

](https://www.lapresse.ca/auteurs/mathieu-perreault)

Quelles sont les avancées pour améliorer la lutte contre les incendies de forêt ?

Georges Bougie

Des drones sont maintenant utilisés pour détecter les incendies de forêt et pour larguer des retardateurs de flammes, ce qui permet de protéger les pompiers. De plus, l’intelligence artificielle (IA) permet de mieux quantifier le risque d’incendie lié au temps sec.

« Les drones et l’IA ouvrent de nombreuses possibilités », explique la professeure Susan Prichard, de l’Université de Washington, à Seattle, spécialisée dans l’écologie des incendies de forêt. « On a vu par exemple en Colombie-Britannique des algorithmes d’IA détecter, à partir des images de caméras montées sur des tours de retransmission de signaux cellulaires, les conditions propices à l’apparition et à la propagation des incendies, quand il y a beaucoup de combustible [branches cassées et arbustes] très sec. Les drones peuvent aussi aider à détecter les incendies naissants et protéger les pompiers menacés, en épandant de petites quantités de retardateur de flammes. »

Les retardateurs de flammes sont des liquides anti-incendie plus efficaces que l’eau.

Un ingénieur montréalais a testé pendant deux ans, en 2023 et 2024, de petits drones pour détecter les foyers d’incendie1. « L’objectif est de détecter les petites traces de fumée pour pouvoir attaquer les feux naissants avec des retardateurs de flammes », explique Youmin Zhang, un ingénieur aérospatial, professeur à l’Université Concordia.

On veut aussi se servir des images satellites et de l’IA pour mieux prévoir les trajectoires de surveillance des drones. On pourrait surveiller les forêts 24 heures par jour, en utilisant, par exemple, des capteurs thermiques la nuit pour détecter la chaleur des feux naissants.

Youmin Zhang, ingénieur aérospatial et professeur à l’Université Concordia

M. Zhang cherche maintenant du financement pour tester des drones-hélicoptères plus grands, qui pourraient avoir plus de capteurs et transporter une plus grande quantité de liquide, ainsi que des drones à ailes fixes, qui volent plus vite et pourraient surveiller de plus grandes superficies. Avec le temps, la lutte aux incendies de forêt se fera à l’aide de ces trois catégories de drones, petits et grands hélicoptères et à ailes fixes, selon lui.

« J’avais recruté un étudiant pour tester un modèle d’avion-taxi à ailes fixes chinois destiné à la surveillance des incendies de forêt, relate M. Zhang. Ça aurait permis de profiter de leur logiciel de pilotage automatique. Malheureusement, il n’a pas eu son visa d’études pour venir au Canada. »

L’ingénieur montréalais travaille sur ce type de drones depuis 2019 et estime qu’ils pourraient aussi être utilisés en ville, au sommet des gratte-ciel.

Brûlis

Il existe aussi d’autres innovations pour combattre les incendies, mais qui n’utilisent pas les technologies de pointe, par exemple le retour des incendies préventifs et contrôlés. Les feux préventifs permettent de créer des zones tampons près des lieux habités, et les feux contrôlés servent à éliminer du bois mort (combustible), dans les zones éloignées des lieux habités. Ces stratégies étaient déjà utilisées par les Autochtones, puis ont été reprises par les colons européens par la suite.

« Mais à partir des années 1980, il y a eu des pressions pour combattre tous les incendies de forêt et pour interdire les incendies préventifs, notamment avec le développement de la villégiature en région éloignée, relate Mme Prichard. Avec les changements climatiques, on se rend compte que ce n’est plus viable d’abandonner ces tactiques. Autour de Banff c’est très fréquent, et aussi dans le nord des Prairies. »

Un débat fait rage à propos de ces techniques délaissées dans les années 1980 et 1990. Mike Flannigan, spécialiste des incendies de forêt à l’Université Thompson Rivers, en Colombie-Britannique, estime que les feux préventifs causent plus de dommages qu’ils n’apportent de bienfaits.

On sait maintenant que la fumée des incendies de forêt entraîne beaucoup de problèmes de santé. Alors on épargnerait peut-être des biens immobiliers avec un nombre moindre d’incendies de forêt, mais au détriment de la santé de la population.

Mike Flannigan, spécialiste des incendies de forêt à l’Université Thompson Rivers

Les incendies préventifs permettraient peut-être de réduire la quantité totale de fumée des incendies de forêt, mais peut-être pas à toutes les saisons, fait valoir M. Flannigan. Des gens seraient incommodés par la fumée des feux préventifs certaines années où, finalement, le temps pluvieux réduirait le nombre d’incendies. Pour eux, le dommage est bien réel, dit-il.

Le météorologue et biologiste de Colombie-Britannique préfère une autre innovation non technologique : l’interdiction de fréquentation des parcs nationaux, comme l’a fait le Nouveau-Brunswick l’été dernier, durant les périodes à risque élevé.

« Interdire complètement l’accès est plus efficace pour éviter des incendies causés par l’humain que la simple prohibition des feux de camp », souligne-t-il.

1. Regardez Une vidéo de drones de Youmin Zhang

https://www.lapresse.ca/actualites/sciences/2025-10-12/demystifier-la-science/mieux-detecter-les-incendies-de-foret-grace-aux-nouvelles-technologies.php

Charlevoix Le projet de l’Espace Hubert-Reeves en péril

Nul projet n’incarne mieux la vision du grand scientifique que fut Hubert Reeves que celui qui doit voir le jour dans la région de Charlevoix, juge son fils.

Publié à 13 h 00

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Nicolas Reeves Professeur à l’École de design, UQAM

La région de Charlevoix constitue un exemple frappant des transformations qu’a subies notre planète et s’avère un véritable musée-territoire à ciel ouvert, une sorte de document préhistorique que nous avons le devoir de préserver et d’étudier. Il s’agit d’un document inestimable sur la formation de la Terre, son évolution et les changements environnementaux.

Hubert Reeves

La disparition d’Hubert Reeves a engendré d’innombrables marques de sympathie qui témoignent de sa très grande notoriété dans toute la francophonie, ainsi que du respect et de l’affection que lui ont valus ses travaux, tant sur le plan scientifique que sur celui de la préservation de l’environnement.

Depuis son décès, survenu il y a maintenant deux ans, plusieurs institutions et organismes nous ont sollicités, ma famille et moi-même, dans le but d’associer son nom à un lieu, un évènement, un prix ou une bourse. Si nous avons donné notre accord à plusieurs d’entre eux, aucun ne nous semble plus pertinent que le projet de l’Espace Hubert-Reeves⁠1, qui correspond en tout point à son parcours de vie, à son éthique humaniste et environnementale, à ses recherches, ainsi qu’à l’amour qu’il éprouvait pour le territoire du Québec, en particulier pour la région de Charlevoix.

Voué à la formation, à la diffusion et à la médiation scientifiques, l’Espace Hubert-Reeves s’intègre à la région géographique de Charlevoix, identifiée depuis 1988 comme réserve de la biosphère de l’UNESCO.

L’étude de sa candidature comme Géoparc mondial par ce même organisme est également en cours. Situé à La Malbaie, le projet est porté depuis plus de 10 ans par des personnes de talent dont le dévouement à la transmission de la connaissance scientifique et au développement économique a permis jusqu’à présent de regrouper plus de 65 % des fonds nécessaires, pour un budget total estimé à 20 millions de dollars.

Les échéances approchent

Or, il se trouve que l’obtention de ces fonds est conditionnelle à l’attribution des fonds manquants, pour lesquels une demande a été déposée auprès du gouvernement fédéral depuis maintenant un an. Les organismes contributeurs provincial, municipal et privé, en attente de la confirmation des montants, ont prolongé à leur ultime limite leur engagement financier.

Les échéances qui approchent mettent en péril la réalisation de ce développement scientifique, communautaire, éducatif et écologique de première importance, grâce auquel, profitant de l’extraordinaire musée à ciel ouvert que constitue l’astroblème de Charlevoix, les visiteurs pourront prendre conscience de l’histoire du territoire modelé par un gigantesque impact météoritique survenu il y a 400 millions d’années.

Au-delà de ses contributions à l’astrophysique, l’importance qu’occupe Hubert Reeves dans les cultures canadienne et francophones, l’impact de ses publications et de ses interventions sur la prise de conscience environnementale de toutes les audiences, ainsi que le nombre impressionnant de vocations scientifiques qu’il a suscitées sur au moins trois générations, ne sont plus à démontrer.

Honorer sa mémoire par la réalisation d’un espace portant son nom, consacré à la mise en culture de la science et situé en un lieu où la Terre, la mer et le ciel se rencontrent par leur histoire comme par leur géographie, constitue la meilleure façon de rendre hommage à sa personne et à son œuvre.

Je reste conscient des nombreux arbitrages à court et moyen terme qu’exige l’exercice de la gouvernance. Je souhaite néanmoins par cette lettre attirer l’attention des responsables politiques fédéraux sur l’importance d’une décision rapide : il s’agit ni plus ni moins que de garantir pour les générations futures la transmission de l’héritage d’Hubert Reeves sur la connaissance de l’Univers et de la Terre, et par là réaffirmer l’urgence de préserver la planète, par l’éveil des consciences sur la fragilité des équilibres qui permettent à la vie de s’y perpétuer.

1. Visitez le site de l’Espace Hubert-Reeves

https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2025-10-13/charlevoix/le-projet-de-l-espace-hubert-reeves-en-peril.php

Sciences

Virus La menace du chikungunya

New York a détecté un premier cas local de contamination par le chikungunya. Ce virus transmis par le moustique provoque des douleurs arthritiques pouvant durer des années et des complications plus graves encore. Une menace pour le Québec ?
Publié le 19 octobre

Mathieu Perreault La Presse

Le chikungunya va-t-il migrer au Québec ?

Éventuellement, mais ce n’est pas imminent, selon Michael Libman, chercheur à l’Institut de recherche du CUSM et ancien directeur du Centre de médecine tropicale et géographique. « Notre climat pour le moment est trop froid pour le chikungunya ». Mais puisqu’il migre vers le nord, des projets de surveillance sont menés au Canada. « On a trouvé le moustique qui transmet le chikungunya en Nouvelle-Écosse et à Niagara. Mais on n’a pas eu d’infection », précise le Dr Libman.

La maladie est présente depuis plus de 10 ans dans le sud de l’Europe et est apparue plus récemment dans le sud des États-Unis. Son apparition à Long Island en octobre pourrait être liée à un automne particulièrement chaud, remarque le biologiste à la retraite Townsend Peterson, de l’Université du Kansas, qui a consacré sa carrière à la progression géographique des maladies tropicales.

Mais de manière générale, la transmission du chikungunya aux États-Unis – et éventuellement au Canada – est ralentie par le fait que le moustique qui le transmet ici est moins « efficace » dans la transmission du virus que l’espèce de moustiques qui sévit en Afrique, en Asie du Sud-Est et au Brésil, relève le Dr Libman.

Devrait-on se faire vacciner ?

Et si on va en Europe ou dans le sud des États-Unis ?

Quels sont les symptômes et la gravité de la maladie ?

Peut-on la traiter ?

Quelles sont les autres maladies transmises par des insectes qui menacent le Québec ?

Le cas le plus inquiétant, selon le Dr Libman, est la maladie de Lyme, transmise par une tique. Mais éventuellement on pourrait voir la dengue et la malaria. « On oublie souvent qu’au XIXe siècle, quand il y avait beaucoup de dengue et de malaria dans le sud de l’Europe, on avait souvent des cas de ces maladies au Canada. Ils arrivaient avec l’immigration et il y avait une transmission locale, jusqu’à ce qu’il fasse trop froid pour les moustiques. »

https://www.lapresse.ca/actualites/sciences/2025-10-19/virus/la-menace-du-chikungunya.php

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Sciences

Étude Des patients atteints de dégénérescence maculaire liée à l’âge retrouvent la vue

Un appareil mis au point par des chercheurs européens et américains a permis à des patients atteints de dégénérescence maculaire liée à l’âge de retrouver la vue.
Publié à 9 h 52

Jean-Benoit Legault La Presse Canadienne

Le système PRIMA (pour « photovoltaic retina implant microarray ») « combine un implant photovoltaïque sous-rétinien et des lunettes qui projettent une lumière proche de l’infrarouge vers l’implant afin de restaurer la vue dans les zones d’atrophie rétinienne centrale », expliquent les auteurs de l’étude dans les pages du prestigieux New England Journal of Medicine.

La vision des participants s’est suffisamment améliorée pour qu’ils puissent effectuer des tâches visuelles comme la lecture et l’écriture, ajoutent-ils.

« C’est une énorme avancée, à mon avis, a commenté la docteure Sarah Chorfi, qui est ophtalmologue au Centre hospitalier de l’Université de Montréal et dont l’enthousiasme était palpable lorsque La Presse Canadienne a discuté de cette innovation avec elle.

« Du point de vue de la rétine, de la recherche pour les gens qui ont de la basse vision, pour moi, c’est une excellente nouvelle. Je pense que c’est révolutionnaire. »

Plus spécifiquement, les participants à cette étude souffraient d’atrophie géographique due à la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Il s’agit de la phase finale de la maladie, pendant laquelle le patient perd de manière irrémédiable sa vision centrale ―, mais conserve au moins une certaine vision périphérique ― en raison de la détérioration d’une petite section de sa rétine. Certains patients décrivent vivre avec un disque noir dans chaque œil.

L’atrophie géographique due à la dégénérescence maculaire liée à l’âge serait la principale cause de cécité irréversible et toucherait plus de cinq millions de personnes à travers le monde. Elle touche principalement les personnes âgées.

« Ces gens-là ne peuvent plus voir de façon centrale parce que leurs photorécepteurs ne fonctionnent plus, a expliqué la docteure Chorfi. Donc, ces chercheurs se sont dits, c’est pas grave, il n’y a plus de photorécepteurs, on va insérer une puce dans la rétine à l’endroit où il y avait les photorécepteurs pour passer outre ces photorécepteurs et envoyer directement un signal dans le reste de la rétine. »

Ainsi, lors de la nouvelle procédure, un chirurgien insère une minuscule puce photovoltaïque de 2 millimètres carrés, de l’épaisseur d’un cheveu humain, sous la rétine.

On peut comparer cette puce à un panneau solaire qui capte la lumière et la transforme en courant électrique, à la différence près que ce courant permet ensuite de voir au lieu de faire fonctionner le téléviseur. C’est ce que font naturellement les photorécepteurs.

Les patients portent ensuite des lunettes équipées d’une caméra vidéo intégrée qui envoient un faisceau infrarouge d’images vidéo à l’implant situé à l’arrière de l’œil. L’implant les transmet alors à un petit processeur de poche pour les améliorer et les rendre plus claires.

Les images sont enfin renvoyées au cerveau du patient, via l’implant et le nerf optique, ce qui lui permet de retrouver la vue.

« Dans cette étude portant sur 38 participants atteints d’atrophie géographique due à la DMLA, le système PRIMA a restauré la vision centrale et a permis une amélioration significative de l’acuité visuelle entre le début de l’étude et le 12e mois », ont expliqué les auteurs.

Les patients doivent toutefois travailler pendant plusieurs mois pour « rééduquer » leur cerveau et apprendre à interpréter correctement les images.

Ce n’est pas la première fois que cette stratégie est utilisée, a dit la docteure Chorfi, mais il manquait jusqu’à présent une étape importante : celle du raffinement du courant électrique pour permettre une vision relativement claire. Jusqu’à présent, la vision qui était restaurée « n’était aucunement une vision assez bonne pour permettre de lire ou faire un mot croisé ».

Les auteurs de l’étude ont vraisemblablement surmonté cette difficulté, en plus sans que leurs patients ne doivent prendre de médication à long terme puisque « la puce est bien tolérée », a-t-elle indiqué.

Cette réussite, a souligné la docteure Chorfi, est en bonne partie attribuable aux travaux d’autres chercheurs qui avaient essayé des stratégies similaires, tout comme la prochaine avancée qui sera annoncée aura une dette envers les auteurs de cette étude.

C’est comme ça que la science progresse, a-t-elle rappelé, « un bloc à la fois, surtout au niveau des yeux parce que c’est tellement complexe, mais là, c’est un gros bloc qui vient d’être ajouté ».

On peut donc espérer d’autres annonces porteuses d’espoir, non seulement pour les patients atteints de DMLA, mais aussi pour ceux qui souffrent de maladies comme la rétinite pigmentaire ou la dystrophie maculaire, a-t-elle estimé.

« Je suis autant excitée parce que pour moi, le fait d’avoir réussi à faire, ça ouvre énormément de portes pour le futur, a dit la docteure Chorfi. C’est la version 1.0 de leur innovation et […] je pense que vraiment il y a place à améliorer leur innovation à eux, donc oui, ce sont de très bonnes nouvelles. »

D’autant plus, a-t-elle ajouté en conclusion, que la compagnie derrière cette innovation travaillerait déjà à améliorer la résolution des images, ce qui serait « un peu comme passer de la télévision que nous avions dans les années 1990 à celle que nous avons aujourd’hui ».

https://www.lapresse.ca/actualites/sciences/2025-10-22/etude/des-patients-atteints-de-degenerescence-maculaire-liee-a-l-age-retrouvent-la-vue.php

Démystifier la science Où sont les marées record ?

Chaque semaine, notre journaliste répond aux questions scientifiques de lecteurs

Publié à 6 h 00

Mathieu Perreault La Presse

Est-il vrai que les plus grandes marées au monde sont au Nunavik et non dans la baie de Fundy ?

Marie Pépin

Il manque malheureusement de données pour tirer la chose au clair.

Début septembre, Makivik, le gouvernement inuit du Nunavik, dans le nord du Québec, a affirmé dans un communiqué que les marées dans la baie des Feuilles à Tasiujaq, un village de la baie d’Ungava, atteignaient en moyenne 16,35 m, selon des mesures prises sur une année en 2024-2025. Le communiqué indique aussi que la baie des Feuilles détient déjà le record de la plus haute marée pour une journée précise, soit 16,6 m, établi en 1953.

Les marées de la baie des Feuilles dépasseraient donc le record Guinness de 14,5 m enregistré au cap de Burncoat, dans la baie de Fundy, en Nouvelle-Écosse.

« Pour avoir des mesures fiables sur les marées moyennes à un endroit, il faut 20, 30 ans de données », explique Daniel Bourgault, professeur d’océanographie physique à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR). « Dans le Grand Nord, il n’y a pas beaucoup de stations de marégraphes qui mesurent l’amplitude des marées. Je lis dans des articles sur les marées du Nunavik que des gens veulent installer des marégraphes, mais il faudra attendre plusieurs années pour en avoir. »

Un record est généralement basé sur plusieurs décennies de données, selon M. Bourgault. « On parle de 30, 40 ans de données, normalement. Le problème, c’est qu’il n’y a pas beaucoup de marégraphes fédéraux [l’appareil mesurant l’amplitude des marées] dans l’Arctique. »

Les marégraphes fédéraux sont gérés par Pêches et Océans Canada1. Ceux qui ont été utilisés par Makivik ne font pas partie de ce réseau, alors il peut y avoir un problème d’étalonnage qui complique la comparaison des données, selon M. Bourgault.

Le b.a-ba des marées

Les marées suivent plusieurs cycles. « En général, il y a deux semaines entre les marées les plus fortes et les moins fortes », explique Daniel Bourgault, dont la spécialité est l’analyse des courants, des marées, des vagues et des glaces dans l’estuaire du Saint-Laurent et le fjord du Saguenay. « Ça dépend du cycle lunaire. Mais, en plus, les marées dépendent de la force conjuguée de la lune et du soleil. S’ils sont en opposition, la marée va être plus basse. »

L’un des cycles de l’opposition entre la lune et le soleil est beaucoup plus long, de l’ordre de 20 ans, selon M. Bourgault.

Pour compliquer le tout, dans les endroits où la pente des fonds marins est très douce, on ne peut mettre le marégraphe sur un quai. « Quand il faut mettre le marégraphe au large, pour qu’il ne se retrouve jamais à sec, c’est une infrastructure beaucoup plus compliquée. »

Les nouveaux satellites pourront aider à établir les palmarès des marées, selon Cédric Chavanne, aussi de l’UQAR, qui est spécialiste des marées.

Le satellite franco-américain SWOT (topographie des eaux de surface et des océans), lancé en 2022, a une résolution beaucoup plus précise que ses prédécesseurs en matière de mesure du niveau de la mer, selon M. Chavanne. « C’est de l’ordre du centimètre, alors qu’avant, la précision était entre deux et quatre centimètres. »

De plus, SWOT ne repasse au-dessus du même endroit de la planète qu’à tous les 25 jours, ce qui fait qu’établir une moyenne des marées qui prendra en compte le cycle soleil-lune prendra plus que 20 ans. M. Chavanne estime toutefois que des méthodes statistiques pourraient réduire ce délai de beaucoup.

SWOT comporte des composants canadiens et inclut des chercheurs de l’Université de Sherbrooke dans son équipe scientifique.

1. Consultez la carte des marégraphes de Pêches et Océans

En savoir plus

15 mètres
    Amplitude maximale des marées au Mont-Saint-Michel, en Normandie, connues pour leur vitesse comparable à celle d’un « cheval au galop », selon un dicton local ; c’est le record en Europe

Source : Destination Mont-Saint-Michel

https://www.lapresse.ca/actualites/sciences/2025-10-26/demystifier-la-science/ou-sont-les-marees-record.php

L’aventure de la langue proto-indo-européenne expliquée grâce à la génétique

Les langues d’origine indo-européennes s’étendent sur les deux tiers du globe, de l’Inde aux Amériques en passant par l’Europe. Pourquoi une telle prédominance ? La génétique préhistorique permet d’en apprendre plus à ce sujet.

https://www.lapresse.ca/actualites/sciences/2025-10-26/l-aventure-de-la-langue-proto-indo-europeenne-expliquee-grace-a-la-genetique.php

Du « soleil sur demande » pendant la nuit? Des astronomes inquiets

Une entreprise américaine veut placer des satellites miroirs en orbite terrestre pour vendre un éclairage nocturne.

Le projet

Reflect Orbital a proposé au législateur américain plusieurs tailles de satellites, allant de 10 mètres sur 10 mètres à 18 m sur 18 m et 54 m sur 54 m.

Reflect Orbital entend fournir de l’éclairage pour des événements spéciaux.

Photo : Reflect Orbital

À une altitude de 625 km, le satellite test de la compagnie, baptisé Earendil-1, serait équipé d’un miroir déployable d’une taille de 18 mètres sur 18 mètres.

Si l’expérience est un succès, Reflect Orbital veut déployer une constellation de 4000 satellites à l’horizon 2030. L’un des fondateurs de l’entreprise, Ben Nowack, évoque même la création d’une mégaconstellation de 250 000 satellites.

Selon la jeune pousse, chacun des faisceaux lumineux couvrira une superficie d’environ 5 kilomètres de diamètre au sol et sera plusieurs fois plus lumineux que la pleine lune, mais tout de même beaucoup moins que le soleil.

L’objectif est de fournir au moins 200 W de puissance – soit seulement 15 % de la puissance totale du soleil à midi – à ses clients.

Un impact dévastateur en astronomie

Le projet de Reflect Orbital est loin de faire l’unanimité dans le monde scientifique, particulièrement du côté des astrophysiciens, dont le travail nécessite une grande noirceur pour observer les objets faiblement lumineux du ciel profond.

La Société canadienne d’astronomie (CASCA), par exemple, dit s’inquiéter de l’éventuel déploiement de ces technologies impliquant la redirection de la lumière solaire vers la face nocturne de la surface terrestre, explique son président Erik Rosolowsky dans un communiqué.

Cette constellation de satellites miroirs conçus pour réfléchir la lumière du soleil pourrait ainsi devenir l’un des objets les plus brillants du ciel nocturne et obstruer l’observation d’objets célestes moins lumineux, selon la CASCA.

On s’attend à ce que cette lumière solaire redirigée ait des impacts extrêmement négatifs sur l’astronomie, en raison de la pollution lumineuse générée par les miroirs, mais aussi à cause des interférences qu’elle peut causer dans les observations de l’Univers aux longueurs d’onde optique, infrarouge et radio.

Une citation de Erik Rosolowsky, CASCA

En outre, l’éclat des miroirs pourrait saturer les caméras des télescopes et laisser des traces lumineuses intenses sur les images scientifiques, prévient la CASCA.

Une orbite de plus en plus encombrée

Pour l’astrophysicienne Nathalie Ouellette, de l’Institut Trottier de recherche sur les exoplanètes et membre de la CASCA, le projet représente un véritable cauchemar pour la pollution de l’orbite terrestre.

Représentation par ordinateur des débris dans l’orbite terrestre, réalisée par l’Agence spatiale européenne.

Photo : La Presse canadienne

On était déjà préoccupés par la prolifération de constellations privées de milliers de satellites, comme ceux de Starlink ou Amazon, qui fournissent des services Internet, affirme Nathalie Ouellette.

La scientifique pense que le déploiement de cette mégaconstellation de satellites/miroirs représenterait une augmentation des risques pour l’environnement spatial en générant beaucoup de débris spatiaux qui menaceraient les satellites scientifiques actuels et futurs en orbite terrestre.

Déboussoler la nature

Nathalie Ouellette s’inquiète d’autant plus que, selon elle, le projet de mégaconstellations pourrait perturber le cycle jour-nuit de l’humain et de toutes les espèces vivantes.

Les migrations d’oiseaux, la pollinisation, la croissance des plantes et les comportements animaux pourraient être perturbés par la lumière solaire réfléchie la nuit depuis l’orbite.

Une citation de Nathalie Ouellette, Institut Trottier de recherche sur les exoplanètes

Plusieurs animaux, tels que les oiseaux migrateurs, les insectes et les chauves-souris, dépendent du cycle jour-nuit et de l’obscurité naturelle pour se guider, chasser ou se reproduire.

Cette lumière réfléchie la nuit pourrait désorienter les animaux et perturber gravement les cycles de vie, souligne Nathalie Ouellette.

Selon la scientifique, l’impact d’une telle lumière sur la santé humaine causerait également un problème, notamment en modifiant le rythme circadien, l’horloge biologique interne du corps, qui régule les cycles de sommeil et d’éveil sur une période d’environ 24 heures.

Cette approche constitue tout simplement une utilisation imprudente et inefficace de l’orbite terrestre, une ressource précieuse et limitée.

Une citation de Nathalie Ouellette, Institut Trottier de recherche sur les exoplanètes

Les calculs montrent que, même avec un miroir de la taille envisagée (18 à 54 mètres), la quantité d’énergie solaire renvoyée au sol par un seul satellite ne représenterait qu’une fraction infime de la puissance du soleil de midi.

Une citation de Yves Poissant, CanmetÉNERGIE

“On parle de 30 000 fois moins que l’intensité du Soleil. L’impact sur la production additionnelle d’électricité ou sur les cultures sera négligeable, ce qui ne sera pas rentable”, indique Yves Poissant.

Il faut non seulement penser au coût de lancement des satellites, mais aussi au temps requis pour que l’opération devienne rentable. Bien que les panneaux solaires soient très durables – environ 30 ans –, des débris spatiaux qui circulent à grande vitesse risquent de causer des dommages importants.

Une citation de Federico Rosei, Université de Trieste

Selon Yves Poissant, il est temps que des normes internationales soient mises en place : “Est-ce qu’on a le droit de mobiliser l’orbite terrestre à des fins commerciales?”, se demande-t-il. “L’orbite terrestre est de plus en plus convoitée, il serait bien de mettre en place des règles claires pour que ce soit équitable pour tout le monde.”

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C’est le far west dans l’espace. Gratuit et peu réglementé, les entreprises recherchant des ressources abondantes gratuites s’y ruent sans scrupule.

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… sans scrupule, tout en jouant dangereusement avec la sécurité de tout le monde par des chutes de débris qui pourraient devenir incontrôlables, parce qu’imprévisibles durant de nombreuses décennies.

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200 watts pour 5km de diamètre, depuis 625km de distance… Même les phares d’une voiture, avec des faisceaux très dirigé, n’est guère visible à 5km de distance !

Je suis légèrement sceptique ! Considérant que la SSI, avec ses 2500m² de panneaux solaire, n’est pas vraiment plus qu’une étoile filante vu de la Terre !

Je ne comprends pas le but de ces satellites miroirs? À quoi ils serviraient concrètement?

J’ai trouvé ceci sur Wikipédia au sujet du projet russe Znamia durant les années 1990. L’emphase est la mienne:

Znamia (en russe : Знамя, « bannière » ou « drapeau » en français) est une série d’expériences russes développées dans les années 1990 et destinées à étudier la possibilité de renvoyer le rayonnement du Soleil pour éclairer notamment les villes de l’Arctique russe plongées dans l’obscurité une grande partie de l’année. Pour réaliser cette étude des réflecteurs de taille croissante devaient être placés en orbite. Un premier réflecteur de 20 mètres de diamètre, Znamia-2, est déployé brièvement avec succès en 1993. Mais une deuxième tentative en 1999 avec un réflecteur de 25 mètres échoue et le projet est arrêté.

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Quand les pôles magnétiques voyagent

Depuis 50 ans, le pôle Nord a quitté le Canada et se rapproche de plus en plus de la Russie. Et dans l’Atlantique Sud, un trou dans le champ magnétique terrestre s’agrandit d’année en année, perturbant les satellites et exposant les avions à plus de rayonnements. Des chercheurs tentent de comprendre ce qui cause ces « excursions magnétiques ».
Publié à 5 h 00

« Le pôle Nord magnétique se déplace très vite vers la Sibérie. On cherche à comprendre pourquoi. Il y a plusieurs hypothèses », explique Juliette Girard, océanographe de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) qui vient de publier, dans la revue Geochemistry, Geophysics, Geosystems, une étude sur l’évolution du champ magnétique en Arctique depuis 6000 ans.

En 50 ans, le pôle Nord magnétique s’est déplacé de près de 2000 kilomètres dans l’océan Arctique, du Nunavut vers les eaux internationales revendiquées par la Russie et le Danemark.

Ce mouvement s’accélère : le déplacement n’avait été que de 400 km entre 1831, l’année de la découverte du pôle Nord magnétique, et la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le pôle Nord géographique, lui, ne bouge pas.

L’a b c du géomagnétisme

Inversions et excursions

Satellites et cancer

Le paléogéomagnétisme

https://www.lapresse.ca/actualites/sciences/2025-11-09/quand-les-poles-magnetiques-voyagent.php

Démystifier la science Nos organes n’ont pas tous le même âge

Est-ce que toutes les parties du corps humain vieillissent au même rythme ?

Jean Pellerin

Non, pour plusieurs raisons, génétiques, environnementales et liées au mode de vie.

« Depuis quelques années, des recherches ont constaté que les différents organes du corps humain ont leur propre horloge biologique », explique Mika Kivimaki, du Collège universitaire de Londres (UCL), qui a publié une étude sur le sujet au début de l’année dans The Lancet.

Certains organes vieillissent plus vite, d’autres plus lentement. La vitesse de vieillissement de chaque organe dépend de facteurs génétiques, environnementaux et de mode de vie. Certaines maladies affectent davantage un organe qu’un autre.

Mika Kivimaki, épidémiologiste du Collège universitaire de Londres

L’épidémiologiste d’origine finlandaise donne l’exemple du tabagisme, qui endommage surtout les poumons et les artères où circule le sang, ou de l’hypertension non traitée, qui fait vieillir les artères. Sur le plan génétique, la mutation APOE4 augmente le risque d’alzheimer, tandis que la mutation UMOD accélère le vieillissement des reins. L’inflammation dans les reins générée par UMOD augmente par ailleurs le risque de rhumatismes.

Si nous trouvons des manières de ralentir le vieillissement des organes, des traitements qui seront spécifiques à chaque organe, on pourrait retarder la progression de centaines de maladies liées à leur vieillissement.

Mika Kivimaki, épidémiologiste du Collège universitaire de Londres

Médecine personnalisée…

https://www.lapresse.ca/actualites/sciences/2025-11-08/demystifier-la-science/nos-organes-n-ont-pas-tous-le-meme-age.php

Si les pôles s’inversent un jour, on aura enfin le vrai nord magnétique au nord. Présentement c’est le pôle nord d’un aimant (boussole) qui est attiré vers le pôle sud de l’aimant que représente la terre, qu’on appelle faussement le nord magnétique.

Démystifier la science

Les dangers des écrans dans les autos

Publié à 7 h 00

Chaque semaine, notre journaliste répond aux questions scientifiques de lecteurs.

Mathieu Perreault La Presse

Est-ce que les écrans tactiles dans les voitures sont des sources importantes de distraction ?

Marie Pépin

Oui, selon deux études qui se sont penchées sur la question.

« Un conducteur qui manipule un écran tactile fréquemment dans une voiture a dix fois plus de moments d’inattention qu’un conducteur qui n’y touche jamais », explique Gabrial Anderson, un psychologue de l’Institut de transport de Virginia Tech (VTTI), aux États-Unis.

M. Anderson a recueilli ses données à partir de caméras installées pendant six mois dans plus de 200 voitures. Il a aussi calculé qu’un automobiliste qui interagit régulièrement avec un écran tactile installé dans sa voiture ne regarde pas la route de 20 % à 30 % du temps. L’interaction régulière avec des boutons du tableau de bord d’une voiture (par exemple les contrôles de température ou de volume de la radio) pousse un automobiliste à quitter la route des yeux 7 % du temps.

Ces données ont été présentées au 12e congrès Drive Smart du VTTI l’été dernier. Une autre étude, sans caméra mais qui inclura des données de téléphones cellulaires et des boîtes noires des voitures (notamment sur la manipulation des écrans tactiles), est en cours et porte sur plusieurs milliers d’automobilistes. Elle permettra de calculer l’augmentation du risque d’accident lié aux écrans tactiles.

Augmentation du temps de réponse

Au Royaume-Uni, le Laboratoire de recherche sur les transports (TRL), un centre de recherche parapublic de la banlieue de Londres, a pour sa part utilisé un simulateur de conduite pour évaluer le risque des écrans tactiles. Il s’agit de l’avant d’une voiture, lié à un casque avec écran intégré où on peut faire défiler la route.

« Il n’y a pas de différence entre manipuler un téléphone ou un écran tactile sur le tableau de bord », dit Shaun Helman, du TRL, qui est l’un des coauteurs de l’étude publiée en 2020.

L’augmentation du temps de réponse causée par les écrans était même supérieure à l’inattention créée par la consommation de cannabis, ou d’alcool, sans dépasser la limite légale d’alcoolémie, note Neal Kinnear, l’auteur principal de l’étude du TRL, qui a depuis fondé sa firme de génie-conseil sur la sécurité routière, Affective Mobility.

L’étude du TRL impliquait les logiciels Apple CarPlay et Android Auto, qui reproduisent le téléphone de l’automobiliste sur l’écran tactile. Les cobayes devaient consulter et mémoriser une liste d’épicerie, écouter des chansons spécifiques sur Spotify, envoyer des messages textes, ouvrir l’application de la BBC pour choisir une station et trouver une station-service sur la carte. Quand on les appelait pour leur demander ce qu’il y avait sur la liste, ils ne se souvenaient que de deux des six éléments qu’elle contenait.

« Notre étude ne permet pas de prédire le risque d’accident, mais il y a eu beaucoup d’études naturalistes qui ont analysé les données cellulaires de dizaines de milliers de conducteurs, les ont croisées avec les statistiques d’assurances et ont pu déterminer le risque de parler au téléphone ou de manipuler un téléphone, indique M. Kinnear. Maintenant que les écrans tactiles sont dans toutes les voitures, on va pouvoir faire le même genre d’étude. »

C’est ce type d’étude que le VTTI en en train de mener.

Volant tactile

Face au problème des écrans tactiles, des groupes comme le TRL plaident pour un recours accru à la manipulation vocale de leurs fonctions. Mais des ingénieurs américains ont une autre ambition : modifier les volants pour les transformer en « souris » permettant de naviguer sur un écran tactile.

« Notre technologie permet d’utiliser toute la circonférence du volant pour envoyer des informations à l’écran tactile ou au téléphone cellulaire », précisent John Gotti et Bradley Davis, de la firme SmartGrips. « On peut faire avec le volant ce qu’on fait avec l’écran tactile : taper, glisser, élargir, réduire. »

Regardez une vidéo du volant SmartGrips (en anglais)

Les deux ingénieurs de Virginie travaillent avec l’Université du Michigan pour tester leur volant avec des cobayes en 2026.

D’ici là, certaines adaptations sont nécessaires. « Quand on loue une voiture en voyage, de plus en plus souvent on a un modèle où les fonctions de base de la conduite, par exemple la température du dégivrage, sont centralisées dans l’écran tactile, dit M. Kinnear. Avant, on pouvait prendre notre voiture de location et partir tout de suite. Je pense que dorénavant, il faudra prendre quelques dizaines de minutes pour être sûr que l’on comprend l’écran tactile. »

En savoir plus

21 %
    Augmentation du temps de réaction chez un automobiliste qui a consommé du cannabis

Source : TRL

27 %
    Augmentation du temps de réaction chez un automobiliste qui utilise un téléphone mains libres

Source : TRL

46 %
    Augmentation du temps de réaction chez un automobiliste qui utilise un téléphone qu’il tient dans sa main

Source : TRL

55 %
    Augmentation du temps de réaction chez un automobiliste qui utilise un écran tactile Apple CarPlay ou Android Auto

Source : TRL

https://www.lapresse.ca/actualites/sciences/2025-11-16/demystifier-la-science/les-dangers-des-ecrans-dans-les-autos.php

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