Science

Plus d’usages que prévu pour un outil québécois de détection de cancers
La Tribune le 28 juillet 2025

Grâce à l’utilisation de l’intelligence artificielle, la technologie Sentinel développée par l’entreprise québécoise Reveal Surgical démontrait déjà de belles choses dans sa détection en temps réel de tissus cancéreux pendant des chirurgies au cerveau. Le potentiel de cet outil s’élargit désormais à d’autres cancers et même à des domaines inusités à l’extérieur du milieu médical.

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Cet article serait mieux placé dans le fil Science? Il ne s’agit pas ici de piratage de données, mais de modification génétique.

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Il faut être prudent avec la nature et surtout ne pas rendre certains changements ou modifications irréversibles, en jouant dangereusement aux apprentis-sorcier.

Résumé

Science

On pourrait bientôt éliminer les moustiques. Mais le devrait-on?

Par Louise Toutée, stagiaire Fernand-Séguin

7 août 2025 à 04h15|

Mis à jour le7 août 2025 à 10h39

Aucun des moustiques présents au Québec n’est considéré comme un vecteur de maladie — à part le virus du Nil occidental, depuis un certain temps. (123rf)

«Les moustiques sont sur Terre depuis plus de 120 millions d’années. Un monde sans moustique, ce n’est pas la Terre», pour Frédéric Simard, entomologiste à l’Institut de recherche pour le développement (IRD).


Ça fait longtemps que l’humain lutte contre les maringouins, et tente même parfois de les éliminer. Pour l’instant, avec un succès limité: ces insectes sont présents sur tous les continents, à l’exception de l’Antarctique et de quelques îles.

Mais des équipes de recherche à travers le monde développent des méthodes toujours plus précises qui sont en train de changer la donne.



Combattre le moustique par… le moustique

Steve Whyard, professeur de biologie à l’Université du Manitoba, perfectionne une technique qui a fait ses preuves en éliminant une espèce de mouche à viande de l’Amérique du Nord. L’idée est simple : stériliser en laboratoire des insectes mâles de l’espèce choisie, puis les relâcher dans la nature.

Chez certaines espèces de moustiques (incluant le moustique commun, bien présent au Québec), la femelle ne s’accouple généralement qu’une fois dans sa vie. Si elle s’accouple avec un mâle stérile, elle ne produira donc aucun bébé.

«L’attrait de la technique, c’est qu’elle est spécifique à une espèce, vu que les moustiques ne s’accouplent qu’avec leurs congénères. Et c’est une technologie de contrôle local, parce que les moustiques ne voyagent pas très loin.»

— Steve Whyard, biologiste

On pourrait donc en théorie l’utiliser dans les villes en relâchant régulièrement des essaims de moustiques transgéniques. Cela permettrait de remplacer les pesticides que de nombreuses municipalités répandent déjà pour lutter contre les insectes nuisibles, et peut même être plus efficace.

La méthode n’est cependant pas conçue pour éliminer une espèce pour de bon, mais d’autres chercheurs en développent de bien plus agressives. Car ailleurs dans le monde, les moustiques représentent plus qu’une simple nuisance. À cause des maladies qu’ils transmettent comme la malaria ou la dengue, les moustiques sont responsables de plus de 725 000 décès chaque année, la plupart en Afrique subsaharienne.

Défier la génétique

Une de ces approches est de développer des moustiques transgéniques portant des traits désavantageux qu’ils transmettront à leur descendance, comme un gène pour rendre leurs enfants femelles stériles.

(Steklo / Shutterstock)

Auparavant, le problème de ces techniques était que les moustiques n’avaient que 50 % de chance de transmettre le gène modifié à leur descendance. La modification avait donc tendance à disparaitre d’elle-même au fil des générations. Mais des avancées récentes en manipulations génétiques permettent d’amplifier artificiellement la transmission du gène, ce qui amène les moustiques à le transmettre à jusqu’à 99 % de leur descendance.



Résultat: «On peut libérer un très petit nombre de moustiques et ils vont faire le travail eux-mêmes, en répandant cette modification à grande échelle», raconte Federica Bernardini, chercheuse qui étudie cette technique pour le consortium de recherche Target Malaria.

Dans des tests en laboratoire en 2018, l’introduction d’un gène affectant la fertilité des moustiques femelles, combiné à cette nouvelle technologie, a mené une population captive de moustiques à l’extinction après seulement huit générations.

Éradiquer ou pas?

D’autres techniques encore sont en développement pour lutter contre les insectes porteurs de maladie. En mars dernier, la professeure en biologie de l’Université Notre-Dame Lee Haines a démontré qu’un médicament servant à traiter des maladies rares avait aussi comme effet de rendre notre sang toxique pour les insectes qui le boivent. Les moustiques en mouraient en moins d’une journée. «C’est très puissant», témoigne-t-elle.

Ces technologies, combinées aux classiques pièges et insecticides, pourraient bientôt nous rendre capables d’éliminer complètement certaines espèces, selon Steve Whyard et Federica Bernardini.



Ce n’est pas nécessairement l’objectif des scientifiques qui combattent la malaria, remarquez. «On n’a pas besoin d’éradiquer une espèce pour éliminer la malaria, explique Talya Hackett, chercheuse à Target Malaria. Il suffit de réduire suffisamment la population de moustiques pour briser le cycle de transmission.»

Néanmoins, s’ils avaient l’option d’éradiquer les moustiques porteurs de maladie d’un claquement de doigts, presque tous les chercheurs interrogés le feraient. «Sans hésiter», dit Frédéric Simard.

Pour les insectivores comme l’hirondelle bicolore, les moustiques ne forment qu’une très petite partie de la diète — de l’ordre de 1 %. (Robert Auger)

Pas un gros rôle dans les écosystèmes

Or si on les éliminait bel et bien, quelles répercussions cela aurait-il sur leurs écosystèmes?

Talya Hackett étudie depuis sept ans le rôle que joue l’Anapheles gambiae, le principal moustique porteur de la malaria, dans un écosystème du Ghana. Avec son équipe, elle a observé quels insectes se posaient sur les fleurs de la région, et analysé le contenu de l’estomac et des crottes d’oiseaux, de geckos ou d’araignées.

Ses résultats sont préliminaires, mais ils suggèrent que la disparition de l’Anapheles gambiae n’aurait pas de gros impact sur son environnement. «Ce ne sont pas des pollinisateurs particulièrement efficaces», explique-t-elle. Et ils ne semblent former que 1 % de la diète des animaux qui les mangent.

«Ce qu’ils apportent, c’est la misère et la souffrance», selon Lee Haines.

Et ici?

La question est plus délicate quand on la pose au sujet des moustiques qui nous piquent sans transmettre de maladies, comme la plupart de ceux présents au Québec.

Ici non plus, ils ne jouent probablement pas un rôle irremplaçable dans l’écosystème. «Ils servent de nourritures à des insectivores, mais leur rôle n’est pas très spécifique, explique Frédéric Simard. Il n’y a aucun insectivore qui dépend des moustiques.»



Un des seuls endroits où leur disparition pourrait avoir un impact notoire, selon lui, est le nord du Canada. Les moustiques y sont présents en si grand nombre durant l’été qu’ils amènent des animaux comme les caribous à choisir des chemins précis pour les éviter, ou parfois même à nager au milieu de lac jusqu’à se noyer.

Pour Steve Whyard, le besoin de prendre en compte la santé mentale de la population justifie d’éliminer les moustiques en ville, mais pas de déranger ce genre d’écosystème sauvage.

Et grâce aux nuisances qu’ils causent, les moustiques sauvages ont même comme effet de protéger certaines zones naturelles, en décourageant les populations de s’y installer. «Ils sont des sortes de gardiens, d’une certaine façon», résume Lee Haines.

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https://www.lapresse.ca/actualites/sciences/2025-08-24/du-riz-a-l-arsenic.php

https://www.lapresse.ca/actualites/sciences/2025-08-24/demystifier-la-science/comment-capter-l-eau-dans-l-air.php

Résumé

Quand l’art illumine les mystères de la bioluminescence

Par Johanne Fournier, Collaboration spéciale

22 août 2025 à 04h03|

Mis à jour le22 août 2025 à 06h12

4 minutes

La rencontre entre l’artiste Amélie Brindamour et la scientifique Deborah Benkort a permis de découvrir comment la nature peut inspirer la création en art visuel. (Johanne Fournier/Collaboration spéciale)

À Rimouski, une rencontre entre une artiste en art visuel et une chercheuse en océanographie a révélé comment la nature peut inspirer la création. Mercredi, dans la salle d’exposition du Centre d’artistes Caravansérail de Rimouski, l’art et la science se sont donnés rendez-vous pour explorer l’un des phénomènes les plus fascinants du monde vivant: la bioluminescence.


À l’occasion de la clôture de l’exposition Nous sommes tou·te·s signaux d’Amélie Brindamour, le public a eu droit à un échange captivant entre l’artiste et la professeure Déborah Benkort de l’Institut des sciences de la mer (ISMER) de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR). La causerie était animée par le directeur général et artistique de Caravansérail, Philippe Dumaine.

Une lumière venue du vivant

Selon Déborah Benkort, la bioluminescence est une réaction chimique qui implique une molécule appelée luciférine, qui s’oxyde grâce à une enzyme, la luciférase, produisant ainsi une lumière froide d’une efficacité remarquable: 80 % de lumière pour seulement 20 % de chaleur.



Omniprésent dans les écosystèmes marins, ce phénomène sert de langage complexe aux créatures des profondeurs. Communication défensive pour échapper aux prédateurs, signaux de reproduction chez d’autres ou encore leurres offensifs, la lumière devient un véritable système de communication biologique.

«La luminescence est même observable par satellite», précise la chercheuse, soulignant l’ampleur de ce phénomène naturel que les scientifiques arrivent à comprendre de plus en plus.

De la pieuvre au Lite Bright

Cette richesse communicationnelle a profondément inspiré Amélie Brindamour dans sa création. «Les lumières que la pieuvre émet sont complexes, elles varient énormément. Ça m’a fait penser au Lite Bright, un jouet de mon enfance». De cette observation est née une installation interactive où la voix humaine se transforme en signaux lumineux, créant un dialogue poétique entre notre langage et celui des créatures marines.

Une partie de l’exposition Nous sommes tou·te·s signaux révèle des pièces fabriquées avec du bioplastique à base d’algue. (Johanne Fournier/Collaboration spéciale)

L’artiste pousse plus loin sa démarche en travaillant directement avec des biomatériaux. Dans un laboratoire du Cégep de Rivière-du-Loup, elle a fait croître du mycélium de reishi sur de la jute, créant une installation qui réagit aux battements cardiaques grâce à des capteurs électroniques. «Je voulais reproduire les signaux biochimiques que le mycélium envoie sur le sol de la forêt», explique-t-elle.

Quand la modélisation révèle l’invisible

Du côté scientifique, Déborah Benkort utilise la modélisation numérique pour décrypter les écosystèmes marins face aux changements climatiques.

Ses recherches révèlent notamment comment l’installation d’éoliennes en mer peut modifier les courants marins et, par effet domino, perturber toute la chaîne alimentaire planctonique.



Un dialogue fructueux entre deux mondes

Cette collaboration arts-sciences illustre parfaitement la complémentarité entre les approches créative et analytique. «L’art est une belle façon de communiquer la science et de toucher plus de monde, reconnaît Mme Benkort. Tout le monde a sa propre façon de comprendre et de s’identifier.»

Pour Amélie Brindamour, ce travail relève de la science-fiction dans son sens le plus noble: partir de données scientifiques rigoureuses pour ensuite laisser libre cours à la spéculation créative. «J’essaie de partir de l’information la plus exacte possible, puis je m’en détache pour poser des questions philosophiques.»

Vers de nouveaux assemblages spéculatifs

L’artiste ne compte pas s’arrêter là. Son prochain projet explore les bioplastiques à base d’algues «qui valorise ce qu’on considère comme endommagé, un peu à l’image de l’environnement». Elle souhaite aussi utiliser les ratés de ses expérimentations avec le mycélium, «ces matériaux qu’on considère un peu comme des déchets». «Comment pourrait-on créer de nouveaux assemblages spéculatifs?», s’interroge Mme Brindamour.

L’installation Armillaria mellea d’Amélie Brindamour invite le visiteur à placer un doigt dans le capteur de fréquence cardiaque afin d’entrer en contact avec le mycélium, qui allume selon le pouls de chaque personne. (Johanne Fournier/Collaboration spéciale)

Présenté dès le 4 septembre au Centre d’artistes Panache de Baie-Comeau, ce projet marque l’évolution de sa pratique vers une approche plus sculpturale, toujours nourrie par sa fascination pour les systèmes intelligents de la nature.



Leçon d’émerveillement

Au-delà des considérations techniques et artistiques, cette rencontre rappelle l’importance de l’émerveillement face à la nature. Dans un contexte de changement climatique, l’art peut devenir un vecteur puissant de sensibilisation, transformant les données scientifiques en expériences sensorielles capables de toucher le grand public.

Car, comme le souligne Déborah Benkort: «La luminescence a quelque chose de magnifique.» Une beauté que l’art d’Amélie Brindamour permet de redécouvrir sous un nouveau jour, prodigieusement lumineux.

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Une bonne idée mais qui n’est pas pour demain car les couts de réalisation sont énormes pour le moment et les technologies pas encore au point. À mettre dans les réserves de solutions à venir.

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https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2025-09-02/recherche-scientifique/notre-bouclier-contre-une-economie-mondiale-devenue-arme.php

Recherche scientifique Notre bouclier contre une économie mondiale devenue arme

Nos universités de recherche figurent parmi les meilleures au monde. Elles forment des diplômés hautement qualifiés et produisent des découvertes de pointe, mais trop souvent, ces percées sont exploitées ailleurs, faute d’une stratégie coordonnée reliant la découverte scientifique à l’avantage industriel. Voilà l’échec historique de la politique industrielle canadienne.

L’intégration du talent, de la recherche et du capital est essentielle. Les industries de pointe ne sont pas seulement des moteurs de productivité : elles sont les briques fondamentales de la sécurité nationale. À l’heure où les outils cybernétiques et les systèmes autonomes redéfinissent la défense, le Canada ne peut se contenter d’adopter passivement des technologies étrangères.

L’urgence concerne aussi les talents. Tout grand projet national – énergie nucléaire, réseaux électriques élargis, sécurité appuyée sur l’IA – exige une expertise accumulée sur plusieurs décennies. Le talent ne s’improvise pas. Sous-financer l’enseignement supérieur et la recherche est donc une stratégie vouée à l’échec. Pire, les politiques actuelles en matière de visas étudiants et d’immigration minent notre avantage : chercheurs et doctorants qui alimentent nos laboratoires et font vivre l’innovation se détournent du Canada, rebutés par l’instabilité de nos règles. Une voie rapide, fiable et stratégique pour attirer les meilleurs est indispensable si nous voulons rester concurrentiels. Le gouvernement fédéral doit lever le plafond imposé aux permis d’études pour les cycles supérieurs.

La capacité du Canada à absorber les chocs conjoncturels compte, mais notre avenir dépendra ultimement de notre aptitude à construire la lame de fond de la résilience. Pour cela, il faut miser sur nos deux atouts les plus solides : une recherche de calibre mondial et des bassins d’expertise profonds. Talent et découverte ne sont pas des abstractions – je le constate chaque jour dans nos universités et nos laboratoires. Ils constituent les fondations de nos capacités souveraines et de notre productivité.

https://www.lapresse.ca/actualites/sciences/2025-09-07/demystifier-la-science/l-importance-de-l-humidex-au-quebec.php

L’importance de l’humidex au Québec

Chaque semaine, notre journaliste répond aux questions scientifiques de lecteurs.

Publié à 5 h 00


Mathieu Perreault La Presse

(https://www.lapresse.ca/auteurs/mathieu-perreault)

De retour d’un récent voyage en France, je remarque que le facteur humidex ne semble pas jouer beaucoup dans ce pays, contrairement au Québec. Pourquoi ?

Luc Rufiange

C’est bien vrai, le facteur humidex change peu la température ressentie en France, mais beaucoup au Québec, explique l’hydroclimatologue Philippe Gachon, de l’UQAM. Le facteur humidex a d’ailleurs été inventé au Canada.

« On utilise l’indice humidex dans l’est du Canada en particulier, précise M. Gachon. Comme l’Europe, l’Ouest du Canada n’est pas frappé par de l’humidité très forte. En Europe, quand les vents viennent du Sahara, il n’y a pas d’humidité. Je viens de la Côte d’Azur, j’ai connu ça. »

PHOTO D. BAAR, FOURNIE PAR PHILIPPE GACHON

Philippe Gachon, professeur d’hydroclimatologie à l’UQAM

Une des villes les plus sèches et les plus chaudes de France est Carpentras, près d’Avignon, où il a fait jusqu’à 50 °C, mentionne l’expert.

Dans des régions très humides, par exemple Singapour ou le Viêtnam, en revanche, la chaleur est aggravée par l’humidité de l’air.

« Au Québec, il arrive des masses d’air humide directement du golfe du Mexique, qui voyagent en altitude, détaille Philippe Gachon. En plus, on a beaucoup de lacs, dont les Grands Lacs, qui s’évaporent beaucoup lors des canicules et qui augmentent l’humidité de l’air. »

Sueur

Pourquoi l’humidité augmente-t-elle la température ressentie ? « Parce que l’une des manières pour le corps de se refroidir est par la transpiration », répond M. Gachon, qui a contribué en 2016 à un rapport sur les canicules au Québec. « La sueur s’évapore et ça refroidit la surface de la peau. Lorsque l’air est très sec, l’évaporation se fait facilement. Quand il y a une humidité élevée dans l’air, on a de la difficulté à transpirer parce qu’il y a moins de différence entre notre peau saturée d’eau et l’air extérieur. »

C’est pourquoi les traces de la sueur sont plus visibles dans les climats humides. « Quand l’air est très sec, la sueur s’évapore tout de suite. Quand il fait humide, l’eau s’accumule sur la peau et trempe les vêtements », précise l’expert.

L’indice humidex a été mis au point en 1965 par M. K. Thomas, de la division météorologique du ministère des Transports du Canada. Cela suivait une dizaine d’années de réflexion sur le sujet aux États-Unis et au Canada. Un « indice d’inconfort » avait été proposé en 1959 par M. Thomas. Le nom a ensuite évolué pour devenir « indice d’humidité », avant de prendre son nom d’humidex en 1965. La formule de calcul a été publiée en 1979 par d’autres chercheurs d’Environnement Canada.

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En savoir plus

  • 1,5 °C
    Hausse moyenne des températures estivales au Québec entre 1948 et 2016

Source : INSPQ

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Un phénomène violent et inexpliqué observé dans l’Univers

(Paris) Des astronomes ont détecté pendant une journée une succession de sursauts gamma – les explosions les plus puissantes de l’Univers – provenant d’une même source, un phénomène jamais observé et qu’aucun scénario ne permet d’expliquer, selon un communiqué de l’ESO mardi.

En théorie, les sursauts gamma « ne se répètent jamais, car l’évènement qui les produit est dévastateur », explique dans un communiqué de l’Observatoire austral européen (ESO) Antonio Martin-Carrillo, astronome à l’University College de Dublin (Irlande).

Ce qui rend le signal capté cet été par la communauté scientifique « différent de tous ceux observés au cours des 50 dernières années », poursuit M. Martin-Carrillo, co-auteur d’une étude sur le sujet publiée dans The Astrophysical Journal Letters.

L’alerte initiale a été donnée le 2 juillet par le télescope spatial Fermi de la NASA. Qui a détecté non pas un, mais trois sursauts provenant d’une même source en l’espace de quelques heures.

https://www.lapresse.ca/actualites/sciences/2025-09-09/un-phenomene-violent-et-inexplique-observe-dans-l-univers.php

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Sciences

Démystifier la science La pollution atmosphérique aggrave les risques de cancer

Est-ce que la pollution atmosphérique contribue à l’augmentation des cancers ?

Pierre-Paul St-Onge

Oui, et pas seulement dans les métropoles très polluées des pays pauvres. La pollution de l’air des villes canadiennes, même si elle a diminué depuis 40 ans, peut aussi contribuer à aggraver les risques de cancer.

« Jusqu’à récemment, on étudiait le lien entre pollution et cancer du poumon surtout en Asie », explique le virologue Brian Oliver, de l’Université technologique de Sydney, en Australie, qui signait une étude sur le sujet ce printemps dans le British Journal of Cancer.

Risque multiplié par deux ou trois

Il n’y a pas encore de données précises permettant de voir dans quelle mesure la pollution atmosphérique augmente les risques de cancer. Mais selon le chercheur, l’effet de la pollution est semblable à celui de l’obésité, qui fait augmenter de deux à trois fois les risques de certains cancers. En comparaison, les fumeurs courent dix fois plus de risques de développer un cancer que les non-fumeurs.

Autour des autoroutes

Le risque de cancer augmente nettement chez les personnes vivant à proximité des autoroutes, surtout dans les 100 mètres voisinant des voies rapides où circulent beaucoup de camions brûlant du diesel. « À 400 mètres, soit en hauteur, soit à l’horizontale, le risque devient plus faible », relève Brian Oliver.

Le problème, poursuit-il, c’est que les logements à proximité des voies rapides sont souvent moins chers et attirent les jeunes couples en âge d’avoir des enfants. Et pour les enfants, la pollution atmosphérique a d’autres conséquences médicales, en plus d’augmenter les risques de cancer.

On pense que la pollution atmosphérique pourrait jouer un rôle. Oui, l’air des villes occidentales est plus propre qu’avant, mais il y a de plus en plus de gens dans les villes.

Brian Oliver, virologue à l’Université technologique de Sydney, en Australie

La Dre Schiller, de son côté, estime que certains cancers du poumon d’avant l’an 2000 pourraient avoir été non détectés et causés par la pollution atmosphérique. Il se peut qu’on ait détecté ces cancers seulement après des métastases dans d’autres organes, selon elle.

Quelles sont les prochaines questions auxquelles la recherche scientifique devra s’attaquer ? « On veut comprendre le mécanisme qui lie la pollution atmosphérique, notamment, les particules fines, aux cancers », répond la Dre Schiller.

https://www.lapresse.ca/actualites/sciences/2025-09-14/demystifier-la-science/la-pollution-atmospherique-aggrave-les-risques-de-cancer.php

Science

Pourquoi ça réchauffe plus vite ici?

Par Jean-François Cliche, Le Soleil

14 septembre 2025 à 04h00

SCIENCE AU QUOTIDIEN / «Comment expliquez-vous que le Canada et le nord en général se réchauffent plus vite que le reste de la planète? Est-ce parce qu’il pollue plus? Même que la Chine et l’Inde? Est-ce l’inclinaison de la planète?», demande Ginette Labrie, de Sherbrooke.

Le Canada se réchauffe effectivement environ deux fois plus vite que la moyenne de la Terre. La température moyenne à la surface du globe s’est élevée d’environ 0,85 °C entre 1880 et 2012 — avec le gros du réchauffement concentré dans les dernières décennies.

Par comparaison, la température moyenne dans l’ensemble du Canada s’est accrue de 1,7 °C entre 1948 et 2016, indique le Rapport sur le climat changeant du Canada de 2019, préparé par des scientifiques fédéraux.



Ça n’est cependant pas parce que le pays pollue tellement plus que les autres. Comme le suggère Mme Labrie, la Chine (15 700 mégatonnes d’équivalent CO₂ en 2022) et l’Inde (près de 4000 Mt) sont de beaucoup, beaucoup plus gros émetteurs que le Canada (757 Mt).

En outre, les gaz ont tendance à se répartir également sur toute la planète et, même si ce n’est pas instantané, ils le font suffisamment vite pour que les concentrations de CO₂ au-dessus du Canada soient essentiellement les mêmes qu’ailleurs dans le monde. Le graphique ci-dessous, tiré du rapport cité plus haut, le montre d’ailleurs très bien.

Alors pourquoi notre climat change-t-il plus vite que la moyenne planétaire?

De manière générale, il me semble qu’il y a quelque chose d’un peu faux dans l’idée de comparer le rythme de réchauffement d’un pays à celui de la Terre entière. On sait en effet que les continents se réchauffent environ 1,6 fois plus vite que les océans, d’après une étude parue dans les Geophysical Research Letters, parce que l’eau transmet très bien la chaleur vers les profondeurs, ce que le roc ne fait pas du tout.

Or, comme personne ne vit sous l’eau et que les océans couvrent plus des deux tiers (71 %) de la planète, cela implique que presque tous les pays se réchauffent plus vite que la moyenne du globe. Le simple fait que cela survienne ici aussi n’est donc pas, en soi, très étonnant ni parlant.

Il y a plus…

Mais il n’empêche qu’au Canada et dans le Grand Nord, l’écart avec le reste du monde ne peut pas s’expliquer complètement par les différences océans-continents. Il y a quelque chose de plus qui est à l’œuvre ici, et ça n’est pas un détail anodin.

Les climatologues appellent «amplification polaire» le phénomène par lequel les pôles se réchauffent plus vite que le reste, et c’est particulièrement vrai dans l’Arctique, où les changements climatiques ne sont pas deux, pas trois, mais bien quatre fois plus rapides que la moyenne depuis 1979, selon une étude publiée en 2022 dans Nature Communications – Earth & Environment.

La principale raison, mais pas la seule, est qu’à mesure que l’atmosphère devient plus chaude, la couverture neigeuse et de glace recule vers le nord, et persiste moins longtemps chaque année. Dans l’Arctique canadien, le consortium de recherche climatique Ouranos a observé que le couvert neigeux persistant jusqu’en juin a reculé de 13 % par décennie, pour une perte totale de 2,5 millions de km².

Or, la neige, comme on le sait, réfléchit presque toute la lumière visible émise par le Soleil et la renvoie vers l’espace.

Mine de rien, cela représente environ 43 % de toute l’énergie que nous recevons de notre étoile, si bien qu’un couvert neigeux refroidit l’air au-dessus par environ 5 à 10 °C, selon Ouranos.

Le même principe vaut également pour le recul de la banquise: chaque année, pendant une période de plus en plus grande, de larges pans de l’océan Arctique sont libres de glace et absorbent toute l’énergie du Soleil au lieu d’en réfléchir une bonne partie.

Comme on s’en doute, perdre un tel effet refroidissant pendant plusieurs semaines par année n’a pas le choix de faire une différence notable dans les moyennes annuelles de température. Et puisque c’est un facteur qui joue dans tout le Canada — même si l’effet est plus aigu dans le Grand Nord —, mais pas dans les régions de la planète où il n’y a presque jamais de neige, cela rend les changements climatiques plus rapides ici qu’ailleurs.

Cet écart entre le Canada et le reste de la planète n’est probablement pas qu’une histoire de neige et de glace. En 2005, dans Climate Dynamics, des chercheurs ont modélisé ce qui se passerait sur une planète sans continents et sans glace si l’on doublait les concentrations de CO₂ dans son atmosphère. Et même sans glace ni couvert de neige, les pôles s’y réchauffaient plus vite que le reste parce que les latitudes médianes se mettaient à convoyer plus de chaleur vers les pôles.

On sait que sur Terre et dans la «vraie vie» (pas juste dans des simulations), les courants océaniques et atmosphériques sont modifiés par le réchauffement climatique. Alors, il se pourrait aussi qu’ils transportent maintenant plus de chaleur vers les pôles.


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Le démantèlement du secteur fédéral de la science, aux États-Unis, fragilise la coopération canado-américaine sur les Grands Lacs. Pertes de subventions, interdictions de voyager, suppressions de postes : les chercheurs avec qui Découverte a discuté redoutent l’effritement de l’alliance qui protège la plus grande réserve d’eau douce de la planète.

Je n’aurais aucun problème à éradiquer les punaises de lit par contre… Même si elles ne transmettent aucune maladie, j’attends toujours qu’on m’explique leur utilité dans nos écosystèmes.