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Les Alpes sur la rive-sud, l’Everest sur la rive-nord

Par Jean-François Cliche, Le Soleil

20 juillet 2025 à 04h00

Les Appalaches du côté américain (ici, les White Mountains) sont plus hautes que de ce côté-ci de la frontière. (David Bombardier)

SCIENCE AU QUOTIDIEN / «J’ai regardé récemment un documentaire sur la Bretagne où il était affirmé que les “monts d’Arrée”, qui sont aujourd’hui des collines, ont déjà été des montagnes aussi hautes que l’Everest (8850 m), il y a 350 millions d’années. Ça m’a rappelé avoir déjà vu le même genre d’affirmation au sujet des Appalaches, notamment. Peut-on prendre au sérieux de telles estimations portant sur des reliefs disparus depuis très, très longtemps?» demande Michel Renaud, de Charlesbourg.


J’ignore jusqu’à quelle altitude les monts d’Arrée se sont déjà élevés dans le passé, avant que l’érosion ne les transforme en collines. Mais il est pas mal certain que les Appalaches n’ont jamais atteint des hauteurs comparables à celle de l’Everest actuel.

«À leur plus haut, elles ont dû avoir une altitude d’environ 4000 à 5000 m, mais c’était il y a environ 350 millions d’années [et] les sommets les plus élevés n’étaient pas au Québec, mais États-Unis. Ce qu’on a ici, c’est la marge de la chaîne de montagnes», indique Carl Guillemette, professeur de géologie à l’Université Laval. (Un de ses collègues de l’Université Lehigh, en Pennsylvanie, disait essentiellement la même chose dans une entrevue avec la radio publique américaine, il y a quelques années.)



Tout de même: ces 4000 à 5000 m en auraient fait l’équivalent des Alpes actuelles – pas l’Everest, mais de la grande montagne quand même…

Le territoire qui est maintenant le Québec a par ailleurs déjà eu une chaîne de montagnes qui était aussi imposante que l’Himalaya, mais ses vestiges sont sur la rive nord du Saint-Laurent: ce sont les Laurentides, plus précisément la formation que les géologues appellent la province de Grenville, que l’on voit dans la carte ci-dessous, tirée du site web Planète Terre, que le regretté chercheur de l’UL Pierre-André Bourque a mis sur pied il y a une trentaine d’années.

Les «provinces géologiques» du Québec. (P-A Bourque/UL)

(J’invite d’ailleurs tout le monde à consulter ce site, qui est très bien fait et magnifiquement vulgarisé.)

Plusieurs indices

Maintenant, comment peut-on possiblement savoir quelle hauteur avait tel ou tel massif montagneux il y a des centaines de millions d’années — voire un milliard et plus? En fait, il existe plusieurs catégories d’indices qui peuvent renseigner là-dessus.

«C’est souvent multidisciplinaire. Mais quand les observations convergent», dit M. Guillemette, on finit par avoir des estimations assez solides.

Par exemple, le type de roche que l’on trouve dans des montagnes peut déjà donner une idée des forces qui ont fait sortir les reliefs de la terre, et donc des altitudes impliquées.



«Si on enfouit de la boue suffisamment en profondeur, elle va se transformer chimiquement sous l’effet de la pression et de la chaleur, explique le géologue. Donc, si on trouve un type de roche quelque part et qu’on sait quelles conditions de température et de pression ça prend pour le créer, alors on peut déduire quelle épaisseur de roche il y avait par-dessus.»

La partie québécoise des Appalaches, par exemple, est faite de roches sédimentaires qui se sont formées il y a environ 500 millions d’années par l’accumulation de débris divers (sables, coquilles, algues mortes, etc.) qui se sont déposés au fond d’un océan ancien, et qui ont par la suite été figés en roches par la pression continue de la colonne d’eau. Mais ces roches-là n’ont pas été métamorphosées chimiquement par les forces extrêmes qui ont fait lever les montagnes, soit la collision des plaques continentales de l’Amérique et de l’Afrique il y a environ 350 millions d’années.

On peut le constater aisément quand on va en Gaspésie, où les couches individuelles de sédiments sont encore bien visibles, comme le montre l’image ci-dessous. Cela montre que ces roches n’ont pas été soumises à des pressions et des températures suffisantes pour les métamorphoser, ce qui indique que les Appalaches québécoises n’ont pas dû être particulièrement hautes, même à leur apogée.

Si l’on regarde attentivement cette photo du rocher Percé, on se rend vite compte que le plus célèbre caillou du Québec est fait d’une série de strates orientées à la verticale, qui sont d’anciennes couches sédimentaires. (Infographie Le Soleil)

Par contraste, aux États-Unis où la chaîne est à son plus haut avec quelques sommets qui dépassent toujours des 2000 m — contre 1200 m pour le mont Jacques-Cartier, le plus haut du côté québécois —, les Appalaches ont des roches métamorphiques, ce qui indique qu’elles ont été exposées à des températures et des pressions plus fortes, souligne M. Guillemette.



Mais ça n’est rien en comparaison de la roche qu’il y a de nos jours dans le Grenville (les Laurentides). Ce sont des roches qui ont longtemps été enfouies très profondément dans le sol, qui faisaient partie de «la racine de la montagne» et que la tectonique a fini par faire remonter suffisamment pour qu’elles soient éventuellement exposées par l’érosion, explique M. Guillemette.

«La pression au fond de la fosse des Mariannes [le point le plus profond des océans du monde, à près de 11 000 m] est d’environ 100 mégapascals [autour de 1000 fois la pression de l’air au niveau du sol], dit le géologue. Mais la pression qu’il faut pour former des roches comme celles du Grenville [souvent des magmas qui ont cristallisé en profondeur], c’est de l’ordre de 1000 mégapascals.

«On parle ici de profondeurs de 30 à 40 km, ce qui suggère des montagnes à peu près aussi hautes que l’Himalaya actuel.»

Lors de l’«orogénèse» (la formation des montagnes), une plaque continentale «allochtone» monte sur une autre, l’«autochtone». Entre les deux, la couche «para-autochtone» est de la roche autochtone qui a été déformée par le processus. (P-A Bourque / ULaval)

D’autres indices

Parmi les autres indices dont disposent les géologues pour jauger l’altitude passée d’une chaîne montagneuse, il y a l’estimation des sédiments qui ont été emportés, ajoute M. Guillemette. Ceux-ci doivent bien se déposer quelque part et peuvent porter une signature chimique qui permet de les relier aux montagnes.

En évaluant les volumes qui se sont déposés au fil du temps, on peut se faire une idée de la hauteur passée des montagnes.

Dans le cas des montagnes grenvilliennes, cependant, ça n’est pas vraiment possible «parce que les sédiments ne sont pas très bien préservés: ils ont fini par faire d’autres chaînes de montagnes [notamment les Appalaches, d’ailleurs]», dit M. Guillemette.

Une autre méthode consiste à se servir de ce qu’on sait des mouvements tectoniques passés pour «reconstruire la collision des plaques et estimer le raccourcissement que ça a créé, parce que le raccourcissement doit forcément être compensé par une élévation», explique le géologue.

Bref, il y a plus d’une manière de se faire une idée de la hauteur d’une chaîne montagneuse, même quand elle est vieille de plusieurs centaines de millions d’années. Et oui, quand plusieurs de ces indices convergent, cela donne des estimations tout à fait crédibles.


Vous vous posez des questions sur le monde qui vous entoure? Qu’elles concernent la physique, la biologie ou toute autre discipline, notre journaliste se fera un plaisir d’y répondre. À nos yeux, il n’existe aucune «question idiote», aucune question «trop petite» pour être intéressante! Alors écrivez-nous à : jfcliche@lesoleil.com.

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@acpnc merci du partage. En plus du cancer cité dans l’article, on observe aussi de l’épuisement immunitaire dans les maladies post-infectieuses comme l’encéphalomyélite myalgique et la covid longue, des maladies invalidantes qui n’ont pour l’instant aucun remède.

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J’ai ouvert ce fil justement pour partager toutes sortes d’informations scientifiques sur une foule de disciplines pour enrichir notre culture personnelle, tout en répondant en même temps aux problématiques de notre époque.

Personnellement j’ai toujours été fasciné par la science et les connaissances générales depuis mon enfance et encore aujourd’hui je suis toujours à l’affût des nouveautés. Je consacre d’ailleurs au moins un après-midi par mois (idéalement une journée de pluie) pour consulter à la bibliothèque tous les magazines scientifiques que l’institution reçoit régulièrement. Une véritable aubaine quand on pense au coût de toutes ces publications qui sont mises gratuitement à la disposition de tous.

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C’est à la fois intéressant et inquiétant, mais ça montre où s’en vont les humanoïdes.

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Difficile de ne pas être cynique quant aux marchés potentiels de ces humanoïdes: les forces policières, armées et autres DHS et ICE de régimes autoritaires.

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Comment les pharmaciens se débarrassent-ils des médicaments périmés ?

Yves Dugré

Ils sont envoyés à des incinérateurs pour déchets dangereux, répond Alain Renard, responsable québécois de l’Association pour la récupération de produits santé (ARPS), financée par des sociétés pharmaceutiques.

Ce programme a été lancé seulement l’an dernier au Québec, alors qu’il existe depuis 2007 en Colombie-Britannique et depuis 2013 en Ontario. Malgré tout, 74 % des Québécois savent qu’il faut rapporter à la pharmacie les médicaments périmés, plutôt que les jeter aux ordures ou dans la toilette. Cette proportion est de 59 % en Ontario.

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L’objectif bien connu de 10 000 pas par jour n’offre que peu d’avantages pour la santé si on le compare à une cible de 7000 pas par jour

Cette étude a un gros angle mort. 3 000 pas de plus, c’est autant de distance parcourue pour prendre en photos davantage de chantiers.

Il est prouvé scientifiquement que prendre des photos de chantiers est bon pour la santé mentale.

L’avantage est donc significatif, du point de vue du bonheur.

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Après ça dépend de l’état de santé de chacun et du plaisir que chacun.e retire de ces marches de santé. Personnellement j’ai intérêt à pousser davantage afin de faire baisser mon taux de sucre, ma pression et ma circulation dans les jambes. Ainsi je marche entre 7 et 8.5 km par jour en moyenne avec des pointes jusqu’à 12 dans mes randonnées.

Or avec ma médication et mon exercise quotidien toute l’année, je maintiens mon poids santé et j’ai relevé complètement de deux graves opérations (en 3 ans) en retrouvant la forme à chaque fois.

Me reste peut-être alors à ajouter davantage de photos de chantiers pour voir si mon bilan s’améliore encore un peu plus. Une chose est sûre bouger c’est du pur bonheur autant pour le corps que pour l’esprit. Alors avis à tous, il n’est jamais trop tard pour commencer, car tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir :grinning:

Voici les fondations du projet Utile à Québec sur le chemin Ste-Foy (quartier Montcalm) près de chez moi. Et la deuxième photo: une évocation de l’immeuble pour étudiants dont le rdc devrait apparaitre la semaine prochaine à la repris de la construction.

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https://www.lapresse.ca/actualites/sciences/2025-08-02/l-a-b-c-d-une-bombe-atomique.php

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Et si les chances d’avoir un garçon ou une fille n’étaient pas 50/50?

Par Louise Toutée, stagiaire Fernand-Séguin

2 août 2025 à 04h09

Dans les familles qui ont déjà trois garçons, les chances que le quatrième enfant en soit un aussi sont de 61 %. (123RF/Famveldman/123RF/Famveldman)

Connaissez-vous une famille nombreuse dont les trois ou quatre enfants sont tous du même sexe? Ce genre de scénario n’est peut-être pas dû au hasard: une nouvelle étude révèle que certaines mères seraient prédisposées à avoir des enfants d’un certain sexe, à cause de leur âge et de leur génétique.


«Mon père a seulement des frères et ma mère a seulement des sœurs, raconte Siwen Wang, doctorante en épidémiologie nutritionnelle à l’Université Harvard et première autrice de l’étude. En grandissant, j’avais déjà remarqué que c’était quelque chose qui semblait être de famille.»

En étudiant un registre recensant près de 150 000 naissances par près de 60 000 mères, la chercheuse a pu constater que ce cas de figure n’était pas anecdotique. Dans leur base de données, les familles de trois enfants avaient plus souvent des enfants d’un seul sexe que ce que prédit le hasard — et la tendance était plus marquée avec les familles de quatre enfants, et encore plus avec celle de cinq.



Selon l’équipe de recherche, certaines femmes jouent à pile ou face avec «une pièce de monnaie truquée». «Dans les familles avec trois garçons, la probabilité d’avoir un autre garçon était de 61 %; dans les familles avec trois filles, la probabilité d’avoir une autre fille était de 58 %», écrivent-ils dans l’étude publiée dans la revue Science Advances.

Au contraire, les familles de deux enfants avaient plus de chance d’avoir un enfant de chaque sexe. Selon Siwen Wang, c’est probablement parce que de nombreux couples arrêtent d’avoir des enfants dès qu’ils ont eu au moins un garçon et une fille.

Alors que si un couple a deux enfants du même sexe, il va souvent continuer à agrandir la famille pour essayer d’avoir un enfant de l’autre sexe.

La faute à l’âge et aux gènes

L’âge de la mère semble avoir un rôle à jouer: à nombre d’enfant égal, les femmes ayant eu leur premier enfant après 28 ans avaient plus de chance d’avoir des enfants d’un seul sexe que les mères plus jeunes.

Certains changements biologiques reliés à l’âge pourraient affecter les spermatozoïdes et expliquer cet effet, soulignent les scientifiques. Le sexe d’un enfant dépend en effet du chromosome porté par le spermatozoïde qui féconde l’ovule, qui porte lui-même chromosome X: un spermatozoïde porteur du X mènera à la conception d’une fille (XX), tandis qu’un porteur de Y donnera un garçon (XY).

Des études ont montré qu’un cycle menstruel plus court, comme celui qu’ont les femmes plus âgées, favorise les spermatozoïdes porteurs du Y. Mais avec l’âge, l’environnement du vagin tend à devenir plus acide, ce qui favorise au contraire les spermatozoïdes porteurs du X. Cela pourrait être dû à des différences de vitesse ou de résistance entre les spermatozoïdes porteurs de chromosome X ou de Y, mais ces différences morphologiques ne sont pas clairement établies dans la littérature scientifique.



«Chaque femme pourrait avoir une prédisposition différente à chacun de ces facteurs lorsqu’elle vieillit», spéculent les auteurs. Il y aurait probablement autant de femmes qui favorisent les spermatozoïdes X que les spermatozoïdes Y en vieillissant, ce qui explique qu’il naisse finalement environ autant de garçons que de filles dans la population générale.

Les femmes dont la première grossesse survient après 28 ans sont plus susceptibles d’avoir des enfants du même sexe. (Photothèque Le Soleil/Photothèque Le Soleil)

Des mutations mystérieuses

La base de données, qui contient de l’information récoltée sur des infirmières américaines entre 1956 et 2015, comprend aussi de l’information génétique sur certaines d’entre elles. Les scientifiques ont pu identifier une mutation génétique que l’on retrouve plus souvent chez les mères ayant seulement des filles, et une autre chez celles qui ont seulement des garçons.

«Selon ce qu’on sait actuellement, une des mutations joue un rôle dans la modification de l’ARN, et l’autre impacte le développement, notamment du visage et de l’odorat, explique Siwen Wang. Ce sont des fonctions très génériques qui pourraient être impliquées dans la détermination du sexe, mais on ne comprend pas encore comment.»

Une vieille question

Le rapport des sexes à la naissance est un sujet qui intéresse la science depuis longtemps. Cela fait par exemple depuis le 17e siècle que des scientifiques ont réalisé qu’il nait toujours un peu plus de garçons que de filles à travers le monde – généralement 105 garçons pour 100 filles.



Mais c’est la première fois qu’une étude est capable d’identifier des traits maternels précis reliés à la tendance à avoir des enfants d’un seul sexe, notamment des traits génétiques. Selon Benoît Laplante, chercheur en démographie à l’Institut national de la recherche scientifique, très peu de bases de données permettent des analyses aussi poussées.

« Il faut avoir énormément d’informations sur chaque personne, de l’information de nature génétique, et avoir de très grands nombres [de participants]. C’est rare, la combinaison de tout ça», explique-t-il.

Néanmoins, il manque à la base de données un morceau crucial du casse-tête: des informations sur les pères. Ce sont leurs spermatozoïdes qui déterminent le sexe d’un bébé, et il est possible qu’ils possèdent eux aussi un biais envers un sexe ou l’autre. Tenter de récolter ces informations est la prochaine étape pour Siwen Wang, afin de «rendre l’histoire plus complète».

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« Le biohacking est apparu en 2008, sous l’impulsion d’anciens informaticiens du MIT [Massachussets Institute of Technology], qui considéraient que le vivant serait au cœur de la nouvelle révolution technologique, qu’elle serait plus biologique que basée sur le silicone », explique Daphné Esquivel Sada, sociologue montréalaise qui a étudié la question dans son doctorat. « Ils voulaient lancer des communautés de biotechnologies, des laboratoires communautaires, et ont eu l’appui de grandes figures de Harvard et Stanford en biologie synthétique. »

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