Revitalisation de l'Est de Montréal

Ce n’est pas de l’argent neuf, ce 5M$ est inclus dans le 23 M$ annoncé il y a quelques mois

Les 3 projets que finance ce 5 M$ sont :

  • Conversion du site de l’église Saint-Enfant-Jésus, située dans le Vieux Pointe-aux-Trembles, en un bâtiment à vocation culturelle, communautaire et touristique (2,8 M$)
  • Construction d’un bâtiment communautaire sur le boul. Yves-Provost à Anjou (1,6 M$)
  • Aménagement et la revalorisation du secteur du P’tit Beaubien dans la Petite-Patrie (950 k$)
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Ce sont des arbres sur deux terrains voisins entre le boulevard Henri-Bourassa et l’A40.

« La décision d’abattre des arbres n’a pas été prise à la légère. Les terrains visés sont des sites contaminés. À la suite de l’analyse de la végétation, il a été convenu qu’il serait nécessaire de procéder à l’abattage dans le but de décontaminer les terrains et ainsi de poursuivre la redynamisation de l’Est, objectifs importants pour la Ville de Montréal », explique l’administration de Valérie Plante, dans une réponse écrite aux questions du Devoir. On évoque par la même occasion la volonté d’« accueillir des projets de développement économique structurants ».

Texte complet : Montréal autorise et finance l’abattage de 1323 arbres

Montréal autorise et finance l’abattage de 1323 arbres


Photo: Adil Boukind, Le Devoir
Les deux boisés où 1323 arbres comptent des arbres matures et qui constituent aussi un habitat pour une espèce menacée.

Alexandre Shields
Pôle environnement
15 mars 2024
Environnement

La Ville de Montréal autorise l’abattage de 1323 arbres sur deux terrains boisés qui lui appartiennent en vue de paver la voie à un éventuel « développement ». Une somme de 14 millions de dollars est d’ailleurs prévue pour le projet, qui sera réalisé dans les prochains jours. Mais Le Devoir a aussi constaté que ce chantier détruira l’habitat d’une espèce menacée et des sites de nidification d’oiseaux.

Au terme d’un processus d’appel d’offres, une entreprise a obtenu un contrat de 14,8 millions afin de réaliser les travaux de destruction des boisés situés dans l’est de Montréal. Ce contrat s’inscrit dans le cadre d’un financement de 100 millions de dollars accordé par le gouvernement Legault pour la « revitalisation » de ce secteur de la ville.

« La décision d’abattre des arbres n’a pas été prise à la légère. Les terrains visés sont des sites contaminés. À la suite de l’analyse de la végétation, il a été convenu qu’il serait nécessaire de procéder à l’abattage dans le but de décontaminer les terrains et ainsi de poursuivre la redynamisation de l’Est, objectifs importants pour la Ville de Montréal », explique l’administration de Valérie Plante, dans une réponse écrite aux questions du Devoir. On évoque par la même occasion la volonté d’« accueillir des projets de développement économique structurants ».

Selon les détails inscrits dans un document officiel de la Ville, le contrat prévoit « l’abattage » de 1323 arbres sur deux terrains voisins situés entre le boulevard Henri-Bourassa et l’autoroute 40. Selon ce qu’a pu constater Le Devoir sur place, on trouve des zones d’arbustes autant que de grands arbres matures dans ces espaces verts fréquentés par des cerfs de Virginie. Les deux terrains, où l’on observe des dépôts sauvages de déchets, sont entourés de sites occupés par des entreprises liées au camionnage.

Malgré la destruction prévue de zones boisées, « aucune clause de reboisement n’est prévue au contrat, car il s’agit d’un projet de décontamination en vue de réhabiliter en vue de développement futur », précise un document rédigé par la Commission permanente sur l’examen des contrats.

En plus du déboisement, il est en effet prévu « d’excaver, de gérer les déblais et d’effectuer des travaux de réhabilitation ainsi que de remblayer et de niveler ». Le document souligne d’ailleurs que « le projet comporte certaines particularités qui le rendent complexe, dont le volume important de sols contaminés, le nombre d’arbres à abattre, la superficie du terrain ainsi que la présence de couleuvres, qui doivent être relocalisées ».

Espèce menacée

Selon les informations scientifiques disponibles sur le site du Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), qui est sous la responsabilité du gouvernement, les terrains en question sont en effet des habitats pour la couleuvre brune, une espèce classée « menacée » par le gouvernement du Québec.

Parmi les menaces pour ce reptile « inoffensif pour l’humain », on mentionne l’urbanisation. Plusieurs projets de développement ont d’ailleurs détruit des habitats de l’espèce au fil des ans dans la région métropolitaine, qui regroupe la totalité de son aire de répartition au Québec.

Le CDPNQ indique également la présence potentielle d’une espèce floristique en péril dans un des boisés qui seront détruits, mais son nom n’est pas disponible publiquement.

Comme il s’agit de deux des rares boisés de ce secteur lourdement industrialisé, ils sont fort probablement fréquentés par plusieurs espèces d’oiseaux, souligne le directeur général de l’organisme QuébecOiseaux, Jean-Sébastien Guénette. Lors du passage du Devoir, on constatait d’ailleurs la présence de plusieurs espèces différentes.

Nidification

Dans ce contexte, l’abattage d’arbres risque fort de détruire des sites de nidification de certaines espèces, dont certaines migratrices. « Pour la majorité des espèces, la période critique s’étend de la mi-mai à la fin juillet, mais certaines […] nichent déjà présentement, alors que d’autres vont nicher jusqu’à la fin du mois d’août », explique le spécialiste de la faune aviaire.

Qui plus est, rappelle M. Guénette, en vertu de la « Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs », il est formellement interdit « de nuire aux oiseaux migrateurs et de déranger ou de détruire leurs nids ou leurs oeufs, et ce, partout au Canada ». Cela signifie qu’à partir d’une période qui débute à la mi-avril et qui s’étend jusqu’à la fin du mois d’août, il serait interdit de réaliser les travaux de déboisement dans les deux boisés.

« Les travaux d’abattage sont prévus avant la période de nidification, soit du 24 mars au 14 avril 2024 », précise toutefois la Ville, dans une réponse écrite. Les sites potentiels de nidification seront donc détruits, mais avant l’arrivée des oiseaux.

Par ailleurs, l’administration Plante doit annoncer sous peu un plan de développement concernant le secteur du boulevard de l’Assomption et de l’avenue Souligny, dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. Comme le révélait récemment Le Devoir, il serait question de raser une partie d’un des derniers boisés du secteur, nommé « boisé Steinberg », afin de construire un nouveau tronçon routier conçu essentiellement pour faciliter le camionnage industriel.

Les citoyens du secteur qui militent depuis des années pour la protection des espaces verts promettent déjà de bloquer tout projet qui empiéterait sur ce boisé. Une présentation officielle est prévue le 26 mars. Selon le discours officiel de l’administration de Valérie Plante, le scénario qui sera retenu « doit impérativement viser à améliorer la qualité de vie des résidentes et des résidents par la diminution des nuisances », en plus de « maximiser la préservation et l’acquisition des espaces verts ».

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Est-ce que l on sait c’est quel terrain exactement. Je ne trouve pas l’information dans l’article?

Dans le sommaire décisionnel du dossier 1236542001 de la dernière séance du comité exécutif

Le présent dossier décisionnel vise l’octroi d’un contrat pour la réhabilitation des terrains 12 (lot 3 926 169) et 13 (lot 3 156 707) appartenant à la Ville de Montréal, conformément aux obligations prévues dans la Loi sur la Qualité de l’environnement et au RCG 20-005.

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Je n’arrive pas à télécharger le sommaire décisionnel. C’est pour la réalisation de quel type de développement (résidentiel, commercial?)

Texte complet : 1 323 arbres abattus dans l’est pour décontaminer un terrain

1 323 ARBRES ABATTUS DANS L’EST POUR DÉCONTAMINER UN TERRAIN


Deux terrains de la Ville seront déboisés dans le cadre de travaux de décontamination (Source: Google Maps)

21 MARS 2024
Emmanuel Delacour

La Ville de Montréal fera abattre plus d’un millier d’arbres dans l’est dans le cadre d’un contrat de décontamination des sols, une situation dénoncée par l’Opposition officielle, qui demande davantage de transparence dans ce genre de dossier.

Montréal a accordé le 13 mars dernier un contrat à l’entreprise Loiselle Inc. pour exécuter des travaux de réhabilitation environnementale sur deux terrains lui appartenant dans l’est pour une dépense totale de 14,8 M$, selon un sommaire décisionnel de la Ville en date du 13 mars 2024.

Plus précisément, les deux terrains en friche se trouvent entre le boulevard Henri-Bourassa et l’autoroute 40, à proximité du boulevard Saint-Jean-Baptiste, dans l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles (RDP-PAT). Les terrains sont d’une superficie de 63 000 m2 et de 44 000 m2. Les travaux prévus consistent à déboiser le site et à y enlever les végétaux aux endroits visés, puis à excaver ainsi que remblayer et niveler le terrain. C’est au total 1 323 arbres qui devront être abattus, calcule la Ville.


La couleuvre brune est une espèce que l’on retrouve seulement dans la région de Montréal (Source: Wikimedia Commons/Thomas Shahan 3)

À noter qu’il s’agit d’un site important pour la couleuvre brune, une espèce seulement observée dans la région de Montréal et dont les superficies d’habitats connues sont en déclin notamment parce qu’elles sont converties pour du développement urbain, selon le site Internet du gouvernement du Québec.

Or, la Ville n’a pour l’instant pas de plan pour reboiser les espaces décontaminés, peut-on apprendre dans le sommaire décisionnel. En effet, on note dans une annexe du document que la Commission permanente sur l’examen des contrats a demandé aux responsables municipaux du projet si une compensation ou un reboisement étaient prévus dans le contrat, ce à quoi ceux-ci ont répondu qu’« aucune clause de reboisement n’ est prévue au contrat, car il s’agit d’un projet de décontamination en vue de développement futur », rapporte-t-on dans le sommaire*.* Dans la même annexe, on note que les couleuvres présentes sur les terrains devront être relocalisées.

Besoin de plus de transparence

Pour la porte-parole de l’Opposition officielle en matière d’environnement, Stephanie Valenzuela, la Ville doit être davantage transparente dans ce genre de dossier.

« Dans le sommaire décisionnel, pourquoi n’y a-t-il pas de plan de reboisement? En tant qu’opposition, nous demandons que Projet Montréal nous fasse part de leurs intentions au niveau contractuel en ce qui concerne le reboisement », affirme Mme Valenzuela.

Celle-ci déplore que 1 323 arbres, dont certains matures, soient abattus et que des espèces animales soient relocalisées sans que des études environnementales aient été préalablement commandées par la Ville. « On aimerait savoir pourquoi la Ville ne consulte pas systématiquement des firmes spécialisées en foresterie urbaine lorsqu’il est question de dossier de déboisement d’arbres matures. On veut plus de transparence de la part de l’administration », réitère l’élue de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce.

Une décision qui n’a pas été prise à la légère

Selon la responsable du dossier de l’Est au Comité exécutif de Montréal, Caroline Bourgeois, la Ville est parfaitement consciente de la valeur environnementale des terrains concernés. « Ce sont deux terrains qui se trouvent entre des réservoirs pétroliers et des « cours à scrap ». Il n’y a personne qui a pris cette décision-là à la légère. Il y a des études faunistiques et floristiques qui ont été faites pour savoir quelles espèces se trouvaient là, et surtout, quelle était la nature de la contamination sur les sites. On parle de deux mètres de contamination en profondeur », indique celle qui est aussi mairesse de RDP-PAT. Un plan de reboisement n’a pas été inclus dans le sommaire décisionnel car il ne s’agit pas du mandat octroyé à la firme, ajoute-t-elle. En ce qui concerne les couleuvres brunes, celles-ci ont déjà été relocalisées, confirme l’élue.

Cette dernière rappelle que les deux terrains dont il est question se trouvent dans un endroit névralgique, celui du Secteur industriel de la Pointe-de-l’Île. L’agglomération de Montréal a déposé en 2019 un plan de développement le concernant et visant à le revitaliser grâce à de nouveaux projets économiques.

Les deux terrains seraient donc appelés à être développés par de futurs partenaires de la Ville, explique Mme Bourgeois. Celle-ci n’est pas en mesure de dévoiler les projets prévus à ces endroits, mais elle ajoute qu’ils seront tenus à se plier aux plus hautes exigences de la Ville en matière de verdissement des terrains. Elle ne précise toutefois pas quels seraient les paramètres de ces demandes.

Par ailleurs, Mme Bourgeois rappelle que la décontamination prévue sur les sites se fera dans le cadre d’un accord signé il y a cinq ans avec Québec. En effet, en mars 2019, la Ville de Montréal et le ministère de l’Économie et de l’Innovation ont conclu une entente visant l’octroi d’un montant de 100 M$ à la Ville de Montréal en vue de mettre en œuvre la planification d’un grand chantier de revitalisation de l’est de l’agglomération de Montréal avec comme premier objectif la mise en place d’un programme visant à réhabiliter des terrains.

Ainsi, la dépense du contrat accordé à Loiselle Inc. sera absorbée en totalité par l’agglomération et les travaux de réhabilitation se feront dans le cadre du budget de fonctionnement de la Ville, à même l’entente avec le ministère de l’Économie et de l’Innovation.

Montréal pourra dégager une somme supplémentaire d’environ 30 millions pour décontaminer des terrains voués à des projets de logement, dans l’est de la métropole et ailleurs, en vertu d’une entente intervenue avec le gouvernement du Québec.

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