Revitalisation de l'Est de Montréal

C’est pour ce genre de raison que je prône une révision de notre politique administrative.

On a besoin de centraliser le financement municipal et de lui trouver de nouvelles sources. Je crois sincèrement que les régions devraient jouer un rôle plus grand et plus officiel.

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Quand on parle d’annexer ça me fait penser à Polandball lol

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Un nouveau plan pour revitaliser le Vieux-Pointe-aux-Trembles


Le Vieux-Pointe-aux-Trembles. | Photo: Facebook, ACPVPAT

Journal Métro | POINTE-AUX-TREMBLES & MONTRÉAL-EST | 30 mai 2022 à 17h49 | Coralie Hodgson

L’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles prévoit de nombreux projets publics visant à revitaliser le quartier du Vieux-Pointe-aux-Trembles au cours des 15 prochaines années et à en faire «un pôle culturel central», une attractivité qui incitera également le domaine privé à investir dans le secteur, assure la mairesse d’arrondissement, Caroline Bourgeois.

«On le sait que le Vieux-Pointe-aux-Trembles est à la croisée des chemins. On le planifie dans une perspective des 20, 30 prochaines années», soutient la mairesse d’arrondissement, Caroline Bourgeois, en entrevue avec Métro, en marge du dévoilement des grandes lignes du nouveau Programme particulier d’urbanisme (PPU) du Vieux-Pointe-aux-Trembles.

Parmi les projets publics à l’agenda se trouvent les travaux de réaménagement de la rue Notre-Dame et d’enfouissement des fils électriques par la ville-centre, qui devraient s’entamer à l’automne 2023 et s’arrimer aux travaux de la Société de développement Angus (SDA). La rue aura «une nouvelle allure, tout en gardant sa fonctionnalité», précise Caroline Bourgeois.

L’aménagement du parc du Fort-de-Pointe-aux-Trembles, d’un lien actif afin de relier les deux portions de la rue De Montigny de part et d’autre du boulevard Saint-Jean-Baptiste et d’une promenade urbaine entre la 13e Avenue et le boulevard du Tricentenaire sont notamment au programme.

D’autres projets tels que l’aménagement d’un petit terminal fluvial sont à l’étude.

Le budget et les échéanciers devraient être précisés et complétés au cours des prochaines semaines, et le PPU adopté à l’hiver 2023.

Encadrer le développement

Parmi les orientations du plan, l’arrondissement met de l’avant la poursuite de la revitalisation des artères commerciales et des axes Notre-Dame et Saint-Jean-Baptiste afin d’y offrir «une meilleure diversité de l’offre de commerces et de services» et de créer de nouveaux logements.

«On mise vraiment sur l’introduction de balises qui encadrent la densification en matière d’intégration du cadre bâti, de préservation du bâtiment, précise Yann Lesnick, chef de division urbanisme à l’arrondissement. On parle aussi du patrimoine arboricole. Il y a des arbres majestueux dans le secteur qu’on veut préserver et intégrer.»

La «transition vers une mobilité durable» est aussi au cœur du plan, qu’il s’agisse «de la navette [fluviale], des services d’autobus, des transports actifs, avec l’aménagement du parc de la Traversée», dit M. Lesnik en ajoutant que l’offre de Communauto sera bonifiée.

La valorisation et la protection du patrimoine bâti et de l’identité visuelle, tout comme la préservation de l’environnement et la trame verte et bleue, sont mises de l’avant dans le PPU.

L’arrondissement souhaite par ailleurs que le Vieux-PAT devienne «un pôle culturel central. Le programme propose, entre autres, de développer le potentiel récréotouristique du secteur et l’aménagement de zones d’agriculture urbaine.

L’apport du privé

Si la revitalisation du secteur est attendue depuis longtemps, la mairesse croit que les efforts entamés par le secteur public dans les dernières années devraient s’accélérer avec l’apport du secteur privé.

«Au cours des 10 dernières années, la Ville de Montréal a beaucoup investi dans le Vieux-Pointe-aux-Trembles, que ce soit pour la Maison du citoyen, la place du Village, le boulevard Saint-Jean-Baptiste. Mais le privé n’a pas suivi à la même hauteur. Dans la deuxième phase du PPU, on voit des investissements privés qui viennent s’ajouter aux efforts de l’arrondissement», dit-elle, soulignant notamment les investissements de la SDA et d’autres partenaires.

Dans le cadre du bilan du PPU 2009-2019, on indiquait qu’en 10 ans, près de 80 M$ avaient été investis pour moderniser le Vieux-PAT. La ville-centre et l’arrondissement avaient dépensé quelque 37 M$ pour des travaux publics. Les investissements privés, eux, se chiffraient à plus de 40 M$.

L‘arrondissement a présenté les grandes lignes du nouveau PPU à plus de 80 citoyens, le 24 mai. La documentation est disponible en ligne.

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Reportage sur les terrains d’Esso au Téléjournal 18h

Impérial Oil vend les terrains contaminés des anciennes raffineries d’Esso à Montréal-Est. Ces terrains au potentiel énorme, dont la surpeficie est de deux fois la taille du parc Maisonneuve, représentent les derniers grands terrains vagues sur l’île de Montréal.

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Pointe-aux-Trembles & Montréal-Est

Un nouveau modèle de quartier d’affaires durable pour Montréal-Est

Les travaux de construction de la nouvelle rue qui desservira le parc d’affaires 40NetZéro dépendent de la construction d’un passage à niveau. La Ville est dans l’attente d’une estimation du CN à cet égard. Photo: Coralie Hodgson / Métro

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Coralie Hodgson

3 juin 2022 à 5h00 - Mis à jour 3 juin 2022 à 7h33 5 minutes de lecture

La Ville de Montréal-Est est en train d’adopter un nouveau plan d’aménagement pour encadrer le développement du quartier d’affaires 40NetZéro et des terrains d’Esso situés au nord de l’autoroute 40. Une démarche qui donnerait, selon la Ville, le coup d’envoi pour redévelopper de façon durable sa zone industrielle et lui donner une nouvelle image.

Le plan d’aménagement encadrant le développement de ces sites met en place des normes «assez audacieuses» en matière de carboneutralité, affirme d’emblée Nicolas Dziasko, directeur de la gestion du territoire et de l’environnement à la Ville de Montréal-Est.

On veut envoyer le message qu’on est une Ville qui souhaite innover dans la philosophie de l’aménagement du territoire. On ne veut plus faire les choses comme avant.

Nicolas Dziasko, directeur de la gestion du territoire et de l’environnement à la Ville de Montréal-Est

Présentement adopté en second projet, le plan s’appliquera sur un terrain de 6 millions de pieds carrés situé entre le boulevard Henri-Bourassa et l’autoroute Métropolitaine. Le promoteur MET-HB et la Ville de Montréal-Est devraient y développer prochainement un quartier d’affaires écoénergétique, le 40NetZéro.

Le plan s’appliquera également au terrain adjacent de 5,8 millions de pieds carrés appartenant à Esso, qui a récemment été mis en vente par l’Impériale. Les futurs acheteurs du terrain auront cependant la responsabilité de le décontaminer avant de le développer.

«Les meilleures pratiques»

Le plan d’aménagement prône l’adoption de «meilleures pratiques en matière d’aménagement ainsi que dans les normes de construction des édifices», par exemple dans le choix des matériaux.

Il mise notamment sur le recours aux transports en commun et aux modes de déplacement «doux et actifs». À cet effet, une piste multifonctionnelle devrait être aménagée sur le site.

Des zones de plantation doivent aussi contribuer au drainage des eaux pluviales. « Le verdissement permet l’embellissement du territoire, la lutte contre les îlots de chaleur», tout en ayant une fonction d’ingénierie civile, soutient M. Dziasko.

Ces types d’aménagements ont aussi comme vocation de créer un environnement agréable pour les futurs travailleurs.

«On veut un parc d’affaires axé sur la logistique, mais aussi créer un microcosme au sein du développement […] On encourage que dans toutes les bâtisses, on puisse retrouver des cafétérias, des restaurants, des services», illustre M. Dziasko.

Mikael St-Pierre, coordonnateur au Centre d’écologie urbaine de Montréal, lève son chapeau à Montréal-Est pour l’adoption du plan, soulignant que peu de municipalités sont proactives quant au développement de leur territoire.

«C’est un jalon important dans la planification urbaine dans une perspective de transition écologique» de la Ville, croit-il.

La réglementation de type PIIA (plan d’implantation et d’intégration architecturale) donnera selon lui «plus de dents à la Ville» pour faire respecter sa vision de développement. Tout projet inclus dans ces zones doit d’ailleurs être approuvé par le comité consultatif d’urbanisme et le conseil municipal.

Abondant dans le même sens, la professeure-chercheure au département d’études urbaines et touristiques de l’UQAM Priscilla Ananian ajoute qu’en plus de s’adapter aux enjeux environnementaux, il est également important de s’adapter à l’évolution des habitudes des travailleurs, surtout en contexte de pénurie de main-d’oeuvre.

Les travailleurs rechercheraient entre autres des lieux de travail conviviaux, sécuritaires, avec des services de restauration à proximité et une accessibilité au site en transport en commun.

Une vision d’avenir

Si le plan est un pas important pour Montréal-Est, Nicolas Dziasko précise que la vision de développement des futurs parcs d’affaires des zones industrielles doit se faire en concertation, notamment avec le service de développement économique de l’agglomération.

Il précise cependant qu’il appartient à Montréal-Est «de déterminer et élaborer les outils réglementaires urbanistiques qui répondront à cette vision».

Faisant écho aux propos tenus par la mairesse Anne St-Laurent, M. Dziasko évoque par ailleurs le désir de la Ville d’attirer des zones d’innovation sur le territoire, et que soit créé un lieu de savoir sur le terrain d’Esso situé au sud de la rue Sherbrooke. Les activités de distribution et logistique seraient plutôt prévues dans la partie Esso Nord et sur le terrain projet 40 Net Zéro.

Vers de réels écoparcs d’affaires

Si elle salue le plan, Mme Ananian croit que les écoparcs industriels doivent, par définition, prendre aussi en compte les questions d’économie circulaire et de mutualisation des ressources, par exemple «le partage de matières premières ou d’énergie, ou la mutualisation de stationnements» entre les industries.

Reconnaissant que la réglementation n’aborde pas ces aspects, M. Dziasko assura qu’il s’agira de la prochaine étape à laquelle s’attaquera la Ville, dans les «prochains mois, prochaines années».

Mme Ananian ajoute que les parcs industriels «nouvelle génération» devront aussi être articulés avec des connexions pour s’y rendre, «par exemple les pistes cyclables sécuritaires, le transport en commun.»

L’administration montréalestoise a d’ailleurs comme ambition de construire éventuellement des pistes cyclables reliant tous les parcs d’affaires, souligne pour sa part M. Dziasko.

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Je crois bien que ça mériterait de partir un nouveau fil que pour ce projet. :heart_eyes:

Revitalisation du Vieux-PAT: un quartier complètement transformé d’ici 2024


Les quatre premiers étages des immeubles sur Notre-Dame sont en façade, tandis que les deux étages supérieurs sont plus en retrait. Photo: Gracieuseté/SDA

Journal Métro | POINTE-AUX-TREMBLES & MONTRÉAL-EST | 3 juin 2022 à 16h21 | Coralie Hodgson

La Société de développement Angus (SDA) a dévoilé les détails et les images de son projet de revitalisation commercial et immobilier du Vieux-Pointe-aux-Trembles aux citoyens. D’ici la fin de l’été 2024, l’entreprise d’économie sociale prévoit réaliser la revitalisation tant attendue du cœur du village en créant 60 copropriétés, 45 logements locatifs abordables et une dizaine de nouveaux commerces.

Annoncé officiellement en 2020, le projet vise avant tout à redonner vie à l’ancien cœur du village de Pointe-aux-Trembles, dévitalisé entre autres depuis la migration des commerces vers la rue Sherbrooke et le départ de la Caisse Desjardins, rappelle Stéphane Ricci, directeur de projets à la SDA, en marge de la présentation du projet aux citoyens le 1er juin.

À la suite de l’acquisition de sept immeubles dans le quartier et de la tenue de consultations citoyennes tenues en amont de l’élaboration de son projet, l’entreprise d’économie sociale a dévoilé les grandes lignes de son projet immobilier et commercial, qu’elle souhaite livrer d’ici la fin de l’été 2024. Le dévoilement concorderait d’ailleurs avec le 350e anniversaire du quartier.

«Le principal objectif est de redonner une nouvelle vitalité au cœur de village. […] On veut créer une appropriation dans le quartier, que ça redevienne un cœur de village, l’endroit où on se donne des rendez-vous», indique M. Ricci.

Une dizaine de nouveaux commerces

Les travaux devraient s’amorcer dès cet automne, bien qu’ils dépendent de l’approbation réglementaire de l’arrondissement qui est en cours.

Deux gros immeubles de six étages seront construits de part et d’autre de la rue Notre-Dame Est. Leur rez-de-chaussée aura une vocation commerciale, et leurs étages supérieurs seront résidentiels. Un troisième bâtiment à vocation uniquement résidentielle sera construit sur la rue Sainte-Anne.

Au terme des travaux, une dizaine de commerçants s’installeront au rez-de-chaussée des immeubles situés sur Notre-Dame Est, qui seront idéalement «locaux» et «indépendants».

«Du côté nord [de Notre-Dame], ce qu’on pourrait imaginer, c’est une épicerie de quartier. […] On ne veut pas des commerces haut de gamme, mais ouverts à toutes les gammes de clientèles», explique Marilou Hudon-Huot, vice-présidente à la location commerciale et au développement résidentiel à la SDA.

Dans le bâtiment du côté sud, «on imagine plus des commerces de type restaurant, pizzeria au four à bois, restaurant mexicain, microbrasserie sur la place publique», ajoute-t-elle.


Des commerces de type restaurant sont imaginés du côté sud de Notre-Dame. Photo: Gracieuseté, SDA

Ce bâtiment aura également une façade donnant sur la place du Village. Un commerce implanté le long de la place est d’ailleurs imaginé, possiblement une microbrasserie.

La maison patrimoniale située au 76, rue Saint-Jean-Baptiste sera conservée et deviendrait, à terme, «le café du cœur de Pointe-aux-Trembles». Le deuxième étage pourrait devenir un espace de travail partagé pour les gens du quartier.

La SDA compte d’ailleurs «contribuer à l’animation de la place du Village au quotidien», indique M. Ricci.

Le processus d’achat de l’église Saint-Enfant-Jésus par la SDA est d’ailleurs toujours en cours, un site qui devrait possiblement devenir un centre civique.


La maison située au 76, rue Saint-Jean-Baptiste deviendrait un café donnant sur la place du Village. D’ici le début des travaux, il s’agira du bureau de vente de la SDA pour les copropriétés. Photo: Gracieuseté, SDA

Projet résidentiel

En cohérence avec le désir de densification énoncé dans le Programme particulier d’urbanisme (PPU) de l’arrondissement, la SDA compte mettre sur pied plus de 100 unités d’habitation dans le secteur, qui offriront notamment un accès à des stationnements souterrains et des terrasses sur les toits.

Un total de 45 unités locatives «abordables» seront développées dans le bâtiment situé au nord de Notre-Dame. À terme, la corporation Mainbourg en sera propriétaire et gestionnaire.

La SDA développera également 60 copropriétés, distribuées dans l’immeuble sud situé sur Notre-Dame, ainsi que dans six triplex sur la rue Sainte-Anne, entre Notre-Dame et Saint-Joseph. Les deux immeubles seront séparés par une ruelle verte.

L’entreprise d’économie sociale, qui sera promotrice de ces copropriétés, souhaite par ailleurs mettre de l’avant un mode «cohabitat». «L’idée est de créer une communauté de gens qui ont envie de développer [des projets] et partager», précise Mme Hudon-Huot.

La SDA met de l’avant l’idée de développer un atelier de travail avec outils et équipements qui pourront être partagés, une cuisine collective ainsi que des jardins communautaires sur les toits.


Une ruelle verte séparerait les deux immeubles de copropriétés. Photo: Gracieuseté, SDA

S’il croit qu’un certain embourgeoisement est inévitable dans le secteur, M. Ricci affirme que la SDA souhaite en limiter les impacts, notamment en mettant de l’avant une mixité de logements. Elle souhaite aussi garder «la propriété commerciale au rez-de-chaussée, pour éviter qu’il y ait de la spéculation, que des commerçants se fassent chasser par des chaînes».

Le développement du projet devrait s’élever au total à 45 M$, incluant les 4,4 M$ déboursés pour l’acquisition des immeubles.

Arrimer les travaux

Les travaux, qui pourraient durer environ 18 mois, s’arrimeront à ceux du réaménagement de la rue Notre-Dame par la Ville de Montréal, prévus pour l’automne 2023.

«En commençant cet automne, on souhaite avoir construit la structure du bâtiment dans un an. Et donc, [on souhaite] travailler davantage à l’intérieur, pendant que les travaux se font dans la rue», précise Stéphane Ricci.

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Ray-Mont Logistiques: le recours à un BAPE de nouveau demandé


Les mots «Parc Nature» ont été déposés sur la butte séparant le quartier Viauville et le terrain de Ray-Mont Logistiques, lors de la 2e édition de la Semaine d’actions Résister et fleurir, tenue du 28 mai au 5 juin. | Photo: Gracieuseté, Sébastien Proulx

Journal Métro | HOCHELAGA-MAISONNEUVE | 21 juin 2022 à 13h50 | Jason Paré

Le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) n’évaluera pas les impacts de toutes les nuisances environnementales du projet de Ray-Mont Logistiques. C’est du moins ce que soutiennent le groupe citoyen Mobilisation 6600 Parc-Nature MHM et l’Association québécoise des médecins pour l’Environnement (AQME), qui réitèrent leur demande pour que le projet soit soumis à un Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

Le MELCC aurait indiqué aux deux organisations qu’il ne procéderait qu’à l’évaluation des impacts sur le climat sonore et sur la gestion des eaux, lors d’une rencontre tenue le 15 juin.

Interrogé à ce propos, le MELCC a répondu «procédé à une évaluation de la phase 1 du projet de plateforme intermodale présenté par l’entreprise Ray-Mont Logistiques en fonction de la juridiction applicable sur le territoire de l’agglomération de Montréal».

«Il convient de souligner que la Ville de Montréal est responsable de la gestion de plusieurs nuisances pouvant être générées sur son territoire», a ajouté la directrice des communications du cabinet du ministre Benoit Charrette, Emilie Toussaint.

Ce serait entre autres le cas des impacts liés aux émissions atmosphériques.

«C’est sidérant, a affirmé la porte-parole de la Mobilisation 6600, Cassandre Charbonneau-Jobin, par voie de communiqué. Force est de constater les failles du système d’évaluation environnementale actuel, qui ne considère qu’une partie des nuisances.»

Pouvoir discrétionnaire

Selon la porte-parole de Mobilisation 6600, cela justifie que le ministre de l’Environnement intervienne et utilise un pouvoir discrétionnaire lui permettant de soumettre le projet à un BAPE.

Les impacts environnementaux, psychosociaux et sur la santé des populations du projet de Ray-Mont doivent être évalués dans leur ensemble. Nous ne voyons pas comment cet objectif d’évaluation globale pourrait être atteint sans le recours à un BAPE.

Cassandre Charbonneau-Jobin, porte-parole de Mobilisation 6600

Une situation que déplore également la présidente de l’AQME, la Dre Claudel Pétrin-Desrosiers.

«La littérature scientifique est très claire à ce sujet: les îlots de chaleur tuent des gens, à chaque année, affirme-t-elle. Les impacts sanitaires de la création d’un îlot de chaleur par le projet de RML, de l’augmentation de la pollution atmosphérique inévitable avec l’augmentation du camionnage, et les coûts en termes de vies humaines doivent impérativement être pris en considération avant que le ministère donne son approbation au projet.»

Fractionnement du projet

Selon la porte-parole de Mobilisation 6600, le fractionnement du projet par phases ne permet pas d’évaluer l’effet conjugué des différentes nuisances.

[Ce fractionnement] permet à l’entreprise d’avancer son projet peu à peu. C’est exactement pour cette raison que la Loi québécoise sur l’environnement (LQE) octroie au ministre un pouvoir discrétionnaire sur l’évaluation des projets.

Cassandre Charbonneau-Jobin, porte-parole de Mobilisation 6600

Les enjeux environnementaux majeurs, la proximité des résidences et les grandes préoccupations du public justifient amplement l’intervention du ministre, conclut Cassandre Charbonneau-Jobin.

Concernant l’évaluation des impacts sur le climat sonore et sur la gestion des eaux de la phase 1 du projet, le MELCC indique que tout est mis en œuvre pour pouvoir transmettre une décision dans les 75 jours ouvrables.

Réactions

Réagissant aux propos de Mobilisation 6600, l’entreprise Ray-Mont Logistiques dit ne pas adhérer à cette interprétation.

«Les différentes phases de développement de notre projet sont connues et ne visent en aucun temps à se soustraire à une évaluation environnementale, indique l’entreprise. Dans un contexte où les chaînes d’approvisionnement sont mises à rude épreuve, le début de certaines de nos opérations permettra de répondre à des besoins urgents et immédiats.»

L’entreprise Ray-Mont Logistiques ajoute qu’il est donc normal que les prochaines phases du projet ne soient pas encore déposées, puisqu’elles comportent des éléments qui sont encore en discussion avec la Ville de Montréal et qui visent à favoriser la cohabitation avec la communauté.

Du côté de la Ville de Montréal, on souhaite également que le projet soit soumis à un BAPE.

«Rappelons que nous avons demandé au Gouvernement du Québec de tenir un BAPE pour ce projet, affirme l’attachée de presse au cabinet de la mairesse et du comité exécutif de Montréal, Alicia Dufour. Le gouvernement provincial et le BAPE ont un rôle important à jouer pour prévenir les nuisances et nous nous attendons à ce qu’ils le jouent dans ce dossier.»