Réseau Express Vélo (REV) - Discussion générale

Parce que Jean Talon peut desservir Côte des Neiges, Ville Mont Royal, Parc Extension, Villeray, Saint Léonard et même Anjou.

Les voies cyclables n’ont pas à être concentrées autour de la ligne Orange!

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Pistes cyclables Amener le REV « ailleurs et plus loin »

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

Deux ans après sa création, le REV Saint-Denis accueille plus de 1 million d’usagers par année.

À quoi pourrait ressembler l’avenir du Réseau express vélo (REV), déjà saturé dans plusieurs secteurs ? Des experts et le milieu cycliste réclament une accélération du développement de ce vaste réseau cyclable, au moment où l’axe Saint-Denis surpasse déjà 1 million de passages annuellement.

Publié à 5h00

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Henri Ouellette-Vézina

Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Le REV, c’est clair qu’il faut l’amener ailleurs et plus loin sur l’île, parce que là, on a déjà des problèmes de congestion sur certains tronçons », lance d’emblée l’expert en planification des transports à l’Université de Montréal Pierre Barrieau.

À ses yeux, les prochains axes du vaste réseau cyclable devraient « moins être sur de grandes artères, mais davantage sur des axes secondaires ou à dominante résidentielle ». « Il faut aller plus loin sur le territoire, en se rendant jusqu’à Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles par exemple, ou en améliorant les connexions dans Griffintown pour aller jusqu’à Lachine. »

« Ça n’empêche pas qu’il faut transformer certaines grandes artères en REV, comme Saint-Urbain, qui n’est pas toujours sécuritaire et qui est une évidence pour supplanter Saint-Denis », ajoute M. Barrieau. Il affirme qu’un REV est-ouest sur René-Lévesque serait aussi « intéressant », d’autant plus qu’il contribuerait au développement à venir dans le secteur du Quartier des lumières, sur l’ancien site de la tour de Radio-Canada.

Deux ans après sa création, le REV Saint-Denis accueille plus de 1 million d’usagers par année. « Ça montre qu’il y a un engouement clair et qu’il en faut davantage », dit le spécialiste.

Vers 15 % d’ici 2027 ?

Officiellement, la Ville de Montréal vise à atteindre « 15 % de déplacements utilitaires en vélo d’ici 2027 afin d’assurer la transition écologique et d’offrir à sa population un système routier sécuritaire, équitable et durable », rappelle un relationniste de l’administration municipale, Hugo Bourgoin.

Année après année, la Ville de Montréal continue d’étendre son réseau cyclable, comme en témoigne le dévoilement des projets vélos 2022 [évalués à 17 millions] qui a été fait en mai dernier.

Hugo Bourgoin

Dans la métropole, chaque projet de bande cyclable est déterminé « selon les opportunités d’intégration avec les autres projets de la Ville, comme les travaux sur les réseaux d’eau par exemple », ajoute M. Bourgoin. « Ils sont également priorisés selon des critères de lien avec les grands générateurs de déplacement, d’intégration avec les autres réseaux de transport, de potentiel d’amélioration de la sécurité, de potentiel de report modal et d’équité sociale », insiste-t-il.

Chez Vélo fantôme, organisme militant pour plus d’aménagements urbains afin de protéger la vie des cyclistes, la porte-parole Séverine Lepage appelle à faire beaucoup plus pour atteindre nos cibles. « En ce moment, selon les derniers bilans, on est autour de 3 % de part modale pour les vélos. Je ne vois pas comment on va atteindre 15 % en cinq ans au rythme actuel. Si on veut y arriver, il faut vraiment accorder plus de budget, plus d’argent aux pistes », dit-elle.

« On a de la place à Montréal. Ce n’est pas une lubie que d’imaginer un REV sur Papineau, sur Saint-Laurent ou encore sur Sherbrooke. Il y a au moins 1 million de cyclistes à Montréal. Ils sont là, ils utilisent le réseau. Et ils aimeraient encore plus l’utiliser avec des infrastructures sûres », avance Mme Lepage, dont le groupe milite aussi pour la tarification du stationnement, pour décourager l’usage de l’auto solo.

« La Ville ne va pas très vite »

S’il salue les nombreux investissements cyclables des dernières années, le PDG de Vélo Québec, Jean-François Rheault, affirme toutefois que « la Ville ne va pas très vite », ou du moins pas assez, dans le développement du REV.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Jean-François Rheault, PDG de Vélo Québec

« Au nord de Bellechasse, par exemple, il n’y a toujours rien qui fait le lien est-ouest, ni rien qui se communique à Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce. À Montréal-Nord, aussi, il n’y a pas eu de nouvelles pistes depuis un bon moment. Ce réseau structurant, il faut l’accélérer. Il donne accès au vélo à ceux qui ne se sentent pas en sécurité de le faire. C’est vraiment important », poursuit M. Rheault.

En attendant, le REV Saint-Denis continuera de croître, anticipe-t-il, surtout que le million de passages a été atteint en pleine pandémie, avec de nombreux télétravailleurs. « Je pense qu’on peut facilement s’attendre à atteindre les 1,3 million cette année. Ça peut augmenter très rapidement », fait valoir le président.

Au cabinet de la mairesse Valérie Plante, on réitère que « d’accélérer le déploiement de l’offre cyclable à Montréal est une grande priorité ». « Nous avons la ferme volonté d’amener le réseau cyclable à un niveau supérieur et cela passe par des voies cyclables sécuritaires pour encourager encore plus de Montréalais à prioriser ce mode de déplacement. D’autres annonces suivront avant la fin de cette année concernant de nouveaux axes qui sont actuellement à l’étude. Nous travaillons également sur une planification à plus long terme », affirme l’attachée de presse Marikym Gaudreault.

En savoir plus

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    À ce jour, quatre axes du REV sont achevés : Berri/Lajeunesse/Saint-Denis, Souligny, Peel et de Bellechasse. La Ville prévoit avoir entièrement livré l’axe Viger/Saint-Antoine/Saint-Jacques à l’automne. Plusieurs autres axes sont projetés à moyen et à long terme, au cours des prochaines années.

ville de Montréal

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