Réseau cyclable montréalais - Discussion générale

A 4$ la livraison d’un panier moyen d’une douzaine d’articles, je me demande vraiment comment les livreurs vont gagner leur croûte, vélo ou non.

J’espère que Goodfood moderera mieux ses impacts l’été avec les cyclistes aussi…

Il y a présentement un appel d’offres dans SEAO pour le réaménagement de la rue Ottawa, entre les rues Séminaire et Peel, dans Griffintown (numéro de l’avis 337602)

Ce sera le même type de configuration que la portion plus à l’ouest, c’est-à-dire avec une piste cyclable en béton à mi-hauteur entre le trottoir et la chaussée du côté Sud. Cependant, il est indiqué dans les plans que la piste sera en « béton coloré ». Et ça semble être l’aménagement permanent pour le côté Sud… Donc, pas de piste ou trottoir en asphalte pour ce côté de la rue.

La couleur sera « gris foncé ». J’espère que c’est assez distinctif avec le trottoir (contrairement au REV de la rue Peel où certaines personnes ne semblent pas voir la différence, même si le trottoir est en pavé de béton et la piste en béton coulé).

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Savez-vous pourquoi cela n’inclut pas la petite section entre Séminaire et St-Thomas qui raccorderait l’aménagement à la partie précédemment aménagée?

Entre Saint-Thomas et Séminaire, les travaux sont déjà faits, mais avec des surfaces temporaires en asphalte en raison de la construction du Bass 4 et 5 + la construction du parc des Eaux-Cachées/bassin de rétention à venir.

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Aucun endroit pour un arrêt pour livraisons, par véhicule motorisé ou à pédales… On laisse un trottoir tout aussi petit aux piétons, voire ridiculement étroit au niveau de l’arrêt de bus et au coin de la rue avec Peel. C’est bien dans la veine du REV Peel en effet.

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Il y a des bus qui passent sur Ottawa??

La STM a le souhait de faire passer la ligne 35 - Griffintown sur William et Ottawa à partir de la rue des Seigneurs dès que les travaux majeurs seront terminés. C’était avant l’annonce de la station du REM (et même avant le REM tout court) qui est justement entre ces deux rues!

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Est-ce que les poteaux seront enlever ou au moins remplacés? Ils prennent beaucoup d’espaces. Les trottoirs sont très étroit comme le mentionne florilege.

Poteaux électriques?
La Ville essaye dans la majorité des cas de coordonner les travaux avec la Comission des services électriques de Montréal (CSEM) qui s’occupe d’enfouir les fils. Ça devrait être comme les autres rues refaites avec les massifs souterrains pour les tous les services utilitaires (électricité, gaz, télélécoms) comme sur cette photo de la rue du Shannon
image

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Si la ville n’enfouit pas les câbles sur Ottawa… ça va juste avoir été construit inutilement ces réaménagements de rue là. On a l’occasion de le faire, donc c’est étrange que sur les plans ça dise : poteau à conserver & protéger… Littéralement tous les terrains construisibles entre de la Montagne & Peel sont occupé. On attend après quoi ici ?

En espérant que c’est plan sont pour une phase préliminaire de l’aménagement de la rue, car on parle de recouvrement bitumineux pour les trottoirs. Sauf que les travaux du Griffin Sqaure vont être probablement finis, alors pourquoi ne pas faire les aménagements finaux immédiatement ? Est-ce que la ville attend lors de l’aménagement du parc ? Si oui pourquoi ?

Pas sûr qu’on veuille encore de c’est beautés…

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C’est p-ê un poteau qui doit être gardé temporairement pour alimenter le terrain en face?
Ça explique aussi pourquoi au pied du poteau, c’est du bitume et non du béton.
Tout ce qui est hachuré diagonalement dans ce sens /// est temporaire. (malheureusement, j’ai dépassé ma limite d’ouverture du fichier du plan)

Dans l’appel, il y a les plans de la CSEM

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Ce n’est pas la ville qui fait l’enfouissement, c’est la CSEM. Ils ont un plan directeur sur leur site web, il semble que Ottawa est retenue comme recommandation pour l’enfouissement:

(La couleur du trait est la hiérarchie de la rue, et un trait plein indique que c’est souterrain)

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Je sais que c’est la CSEM qui recommande, mais j’ai souvent vue des non sens récemment, comme la rue St-André qui est une vélo-rue, qu’on a remit des poteaux côté des existants car les vieux étaient dans le chemin… mais là le trottoir patcher en asphalte s’enfonce autour.

Mon point était juste, que même si la CSEM n’a pas la rue sur son plan, la ville devrait pouvoir imposer ses demandes dans les secteurs névralgiques.

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En fait, corrigez-moi si je me trompe, c’est la CSEM qui accepte ou non les recommandations.

Mais je comprends ton point, c’est évident que la CSEM a des projets d’enfouissement pour le prochain siècle, qui ce ne sont pas nécessairement des projets synchronisés sur les intentions à plus court terme de la ville.

Cependant, je ne sais pas à quel point il serait facile d’imposer un projet à la CSEM, c’est un organisme qui a de nombreux clients privés, des équipements privés, son propre financement… Ça semble une grosse bibitte qui roule depuis longtemps, sans faire de vague. Mais bon, j’ai aussi plusieurs aménagements en tête qui auraient bénéficiés d’un enfouissement…

La Ville n’est elle pas justement en train de revoir ses pratiques pour améliorer la coordination des travaux entre les différents acteurs, incluant la CSEM?

C’était une promesse de Projet Montréal et si je me souviens bien elle était en processus de réalisation lors des dernières élections.

C’est bien vrai. Mais bon, ça reste une variable de plus à gérer, qui a son autonomie dans ses décisions.

Il y a aussi des incohérences avec le plan directeur de la CSEM. Par exemple, pas loin de chez nous il y a eu la construction de Place Andrée-Lachapelle. J’aime beaucoup cette place, mais la plus grosse plainte reste les poteaux qui traversent la place. Ils ont été changés et bougés, toujours en aérien. Cependant, les deux rues perpendiculaires à cette place auront un enfouissement. Enterré aussi sous la place publique, ça aurait été, quoi, une 20aine de mètres de plus à rajouter dans ce plan? Ça aurait pu être chouette de le faire.

D’un autre côté, si la CSEM n’existait pas, la gestion et la coordination de l’enfouissement serait peut-être bien pire qu’en ce moment. Qui sait.

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83 % plus de passages enregistrés sur les eco-compteurs des voies cyclables de Montréal en hiver 2020

Vélo « L’hiver, on ne s’empêche pas de vivre »


PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE
Les cyclistes d’hiver étaient perçus comme un peu étranges il n’y a pas si longtemps…

La pratique du vélo d’hiver gagne en popularité au Québec. Nous avons demandé à plusieurs cyclistes de Montréal et d’ailleurs de nous donner leurs impressions sur ce moyen de transport et sur la façon dont il est perçu autour d’eux.

Publié à 7h00
NICOLAS BÉRUBÉ
LA PRESSE

83 %

Augmentation du nombre de personnes ayant emprunté les pistes cyclables en hiver à Montréal en 2020 par rapport à la moyenne de 2015-2019, selon le bureau montréalais d’Eco-Compteur

Source : Le Climatoscope (Gervais, Lapointe, Kingsbury, Bernard)

560

Nombre moyen de personnes à vélo par jour à l’intersection des boulevards Saint-Laurent et de l’Acadie entre le 21 décembre 2019 et le 20 mars 2020

Source : Le Climatoscope (Gervais, Lapointe, Kingsbury, Bernard)


PHOTO ROCKET LAVOIE, LE QUOTIDIEN
Joanie Gervais

J’habite à Chicoutimi et je n’ai pas d’auto, je fais tout à vélo : mon épicerie, mes emplettes… Ça fait une dizaine de kilomètres en tout. Je croise d’autres cyclistes, plus que je l’anticipais. Je me fais remarquer, c’est sûr. Les gens me trouvent bonne, ils ne comprennent pas, mais je ne me fais pas crier après non plus par les automobilistes. Les Québécois, on est tous habitués à aller dehors quand il fait froid, -20 °C, -30 °C. On ne s’empêche pas de vivre : on va faire du ski alpin, on va faire du sport. Donc, pourquoi pas du vélo ?

— Joanie Gervais, étudiante à la maîtrise au département des sciences de l’activité physique de l’Université du Québec à Montréal


PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE
Célia Kingsbury

Les gens disent qu’on est courageuses, mais finalement, on ne l’est pas tant que ça, on fait juste se rendre quelque part. Je prends mon vélo pour être active, pour ne pas utiliser mon auto, pour réduire mon empreinte environnementale. Aussi, tu es indépendante dans tes déplacements, tu n’attends pas après un autobus ou un métro, tu pars quand tu veux… J’ai l’impression de faire d’une pierre trois coups.

— Célia Kingsbury, étudiante au doctorat à l’École de santé publique de l’Université de Montréal

Qui fait du vélo d’hiver ?

– Hommes à majorité
– Âge : entre 20 et 40 ans
– Objectif : aller au travail rapidement
– Raisons : exercice physique et attitudes proenvironnementales
– Préoccupation : entretien des pistes cyclables

Source : Le Climatoscope (Gervais, Lapointe, Kingsbury, Bernard)


PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE
Jean-François Rheault, PDG de Vélo Québec

Les gens qui n’ont jamais fait de vélo l’hiver peuvent avoir la perception que c’est inaccessible. Ce que j’ai réalisé, c’est que c’est plus simple qu’on le croit. À part une dizaine de jours pendant l’hiver, on roule sur l’asphalte. Et le froid n’est pas incommodant ; c’est comme en ski de fond, on bouge constamment. La clé, ce sont les infrastructures, ce sont elles qui rendent la pratique du vélo d’hiver accessible. À Montréal, la Ville devrait centraliser le déneigement et les équipements sur le Réseau express vélo. Je crois qu’il y aurait des gains sur le plan de la qualité.

— Jean-François Rheault, PDG de Vélo Québec

70 %

Proportion de cyclistes hivernaux qui disent ne pas être incommodés par des températures allant jusqu’à -20 °C.

Source : Le Climatoscope (Gervais, Lapointe, Kingsbury, Bernard)


PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE
Laurent McComber

Il y a 20 ans, à mon premier travail sérieux dans une firme d’architectes, je me faisais regarder de travers. Un des associés de la firme m’a dit : “Quoi, tu fais du vélo l’hiver ?”, comme si j’étais un moins que rien. Je me suis même demandé si ça allait nuire à ma carrière… Aujourd’hui, tu es plus vu comme un héros, même si les gens trouvent souvent ça dangereux. Je vais rencontrer des clients et visiter des chantiers à vélo. Ça provoque toujours des réactions, mais j’ai appris à en rire !

— Laurent McComber, architecte qui fait du vélo toute l’année à Montréal depuis environ 25 ans

Les routes des villes sont vraiment conçues autour des voitures. L’espace public qui leur est consacré est immense, beaucoup plus que celui réservé aux vélos et aux piétons. Quand la structure va changer, les comportements vont suivre.

— Josyanne Lapointe, étudiante à la maîtrise au département des sciences de l’activité physique de l’Université du Québec à Montréal

La Finlande à vélo


IMAGE TIRÉE DE TWITTER
Des vélos dans une cour d’école en Finlande

En Finlande, les élèves sont nombreux à utiliser leur vélo pour se rendre à l’école, comme en témoigne cette image prise devant une école de la municipalité d’Oulu, par -15 °C… Ils utilisent le réseau de pistes cyclables de la municipalité.

Vous pratiquez le vélo d’hiver au Québec ? Répondez à un questionnaire élaboré dans le cadre d’un projet de recherche à l’UQAM.

Consultez le site du projet de recherche à l’UQAM

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Les cyclistes montréalais pleurent la mort de Robert « Bicycle Bob » Silverman

Chronique de René Saint-Louis à l’émission Le 15-18 :

Article sur le site de CBC

Un article sur Robert Silverman sur le site de la Ville

Et un article sur son organisme Le Monde à bicyclette

Il y a même un article sur lui sur le site du magazine Forbes aujourd’hui

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Un bel hommage à ce citoyen, paru dans La Presse hier: :bike: :slightly_smiling_face: :v:

Robert Silverman, cycliste militant - « Il a tout gagné »


PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE | Cofondateur du groupe de militants Le Monde à bicyclette, Robert Silverman s’était retiré à Val-David pour écouler ses vieux jours. On le voit ici en 2017.

Le militant Robert Silverman s’est éteint dimanche dernier à l’âge de 88 ans, après une vie vouée en grande partie à la cause du vélo à Montréal. L’ampleur de son legs aux cyclistes montréalais est mésestimée. Plusieurs voix se font entendre maintenant pour qu’on renomme en son honneur le REV Saint-Denis.

27 février 2022 | Publié hier à 7h00 | GABRIEL BÉLAND | LA PRESSE

Robert Silverman était déjà affaibli quand La Presse l’avait rencontré en 2017 dans son appartement de Val-David, où ce Montréalais jusqu’au bout des ongles s’était retiré pour profiter de ses vieux jours dans le calme et la verdure.

Il marchait péniblement, était presque aveugle.

Mais ce jour-là, il nous avait consacré deux heures pour se remémorer sa vie de militant, celle d’un homme anticonformiste, qui avait rencontré Che Guevara et Bob Dylan, puis avait été de tous les combats pour que le vélo ait sa place à Montréal.

« Le vélo a changé ma vie. Ça m’a donné une raison de vivre, une cause en laquelle je croyais vraiment. J’y crois encore beaucoup. Je militerais encore pour le vélo si ma santé le permettait. »

Robert Silverman en 2017

Celui qu’on appelait « Bicycle Bob » est décédé le 20 février à l’âge de 88 ans. Il était alors largement méconnu du grand public. Ses anciens compagnons espèrent que les cyclistes montréalais sauront enfin lui rendre l’hommage qui lui est dû.

« Quels sont ses gains ? Il a tout gagné », lance en entrevue Jacques Desjardins, cofondateur avec Silverman du groupe Le Monde à bicyclette.

De tous les combats

Desjardins se souvient de ce jour de 1975 où il s’est rendu dans l’appartement de Silverman, devant le parc Jeanne-Mance, pour la fondation du groupe.

« J’étais un jeune cycliste souverainiste. On arrive dans une réunion, il y avait beaucoup de fumée, de vieux vélos dehors et une gang d’anarchistes juifs anglophones. La plupart ne parlaient pas français, et nous, on parlait mal anglais. C’était deux mondes. Je dis souvent : les Martiens rencontraient les Terriens. »


PHOTO ARMAND TROTTIER, ARCHIVES LA PRESSE | Robert Silverman et les militants du Monde à bicyclette avaient pris l’habitude de peindre eux-mêmes des pistes cyclables dans les rues montréalaises, qui en étaient alors dépourvues.

Au côté notamment de Claire Morissette, Robert Silverman sera de tous les combats pour le vélo à Montréal.

Au gré des palmarès, la métropole est souvent présentée comme la meilleure ville cycliste en Amérique du Nord. Mais à l’époque, les cyclistes n’avaient aucune infrastructure en ville : ni pistes cyclables ni stationnements.

« Il n’y avait rien à l’époque. Il n’y avait même pas de supports à vélo à Montréal. Vous étiez à vélo ? Débrouillez-vous par vous-mêmes. »

Jacques Desjardins, cofondateur du Monde à bicyclette

« Dans les années 1970, les gens qui faisaient du vélo, on les connaissait tous par leur prénom », lance, en boutade, le cocréateur de la Route verte, Jean-François Pronovost. « Quand on regarde le chemin parcouru, la démocratisation du vélo a été incroyable. »

Bien avant Ferrandez

Issu d’une famille juive nantie, Robert Silverman avait d’abord été attiré par les thèses gauchistes très en vogue à l’époque. Mais rapidement, le vélo lui est apparu comme une solution pour verdir et transformer la ville. La mort de son ex-femme dans un accident d’auto viendra cristalliser son dédain de l’automobile.

Silverman n’a jamais été un « gars de vélo », un passionné de mécanique et de lycra. « Il embarquait sur n’importe quoi. Il avait un trois-vitesses, de mémoire. Il ne pédalait pas si bien », se remémore Jacques Desjardins.

« Pour lui, le vélo était un moyen de transformer la ville. C’est en train de se faire aujourd’hui et ça peut paraître évident. Mais en 1975, ça ne l’était vraiment pas, et c’est lui qui a crié le plus fort là-dessus. »

Jacques Desjardins

Alors que plusieurs intellectuels québécois avaient alors les yeux rivés vers la France, lui s’intéressait à la contre-culture aux États-Unis et en Europe. Il lisait Ivan Illich. Il voulait transformer la ville par la « vélorution ».

« On rêvait d’une ville libérée de l’automobile et on réfléchissait à ce qu’on mettrait à la place. On imaginait la ville que, des décennies plus tard, a commencé à mettre en place Luc Ferrandez, avec des trottoirs plus larges, des saillies, des pistes cyclables, des parcs au lieu du béton et de l’asphalte », rappelle Desjardins.

Lors du premier congrès du Monde à bicyclette, les militants dressent une liste de revendications pour les cyclistes : une piste cyclable nord-sud, une piste cyclable est-ouest, un accès à la Rive-Sud par les ponts, un accès au métro, les stationnements dans les lieux publics, le vélo-partage…

« Tout ça a été obtenu », note Desjardins.

Le REV Silverman ?

Avant l’arrivée de l’internet, Silverman débordait d’ingéniosité pour attirer l’attention des médias. Il s’est déjà fait arrêter les mains pleines de peinture, après avoir lui-même tracé une piste cyclable. Pour demander l’accès aux ponts de la Rive-Sud, il s’était déguisé en Moïse pour aller « séparer les eaux du Saint-Laurent ».

« Il était modeste, généreux, créatif, accueillant, excentrique », raconte John Symon, qui termine la rédaction d’une biographie de Silverman. « Certains l’ont qualifié d’exaspérant, car il ne lâchait jamais. Je ne pense pas qu’il y en aura un autre comme lui. »

L’ancien élu montréalais Michel Prescott, qui a siégé de 1982 à 2009, se souvient d’une manifestation « où il se promenait à vélo avec une structure autour de lui de la taille d’une automobile », pour dénoncer l’espace public pris par la voiture.


PHOTO PIERRE CÔTÉ, ARCHIVES LA PRESSE | Robert Silverman lors d’une manifestation en 1990

« Pour beaucoup de gens, ça paraissait un peu lunatique. Mais c’est souvent le cas des visionnaires et des pionniers que d’apparaître au départ comme des rêveurs », note Prescott.

Jacques Desjardins milite maintenant pour que le REV Saint-Denis soit renommé en son honneur. « Bob Silverman n’a jamais eu la considération qu’il méritait. Dans le monde anglophone, il est connu, mais beaucoup moins dans le monde francophone », croit-il.

« Il faudrait se souvenir de lui davantage que comme un leader environnemental. Son projet à lui, c’était d’éliminer l’automobile de la ville. Il ne croyait pas au Grand Soir ou à la souveraineté du Québec. Il croyait au vélo. »

Les combats du Monde à bicyclette

1974 : Au début des années 1970, rouler à vélo au Québec est dangereux. En 1974, 84 cyclistes meurent sur les routes du Québec, un sommet, selon les chiffres de la SAAQ. En moyenne, 68 cyclistes meurent chaque année de 1966 à 1976. En comparaison, 14 cyclistes sont morts sur les routes québécoises en 2020.

1975 : Alors que la popularité du vélo monte en flèche mais que les infrastructures sont rares, Robert Silverman, Jacques Desjardins et d’autres fondent Le Monde à bicyclette. La réunion a lieu dans l’appartement de Silverman, devant le parc Jeanne-Mance. Le groupe est d’abord constitué d’une poignée de membres. Il en comptera 400 à son apogée, en 1977.

1976 : Le Monde à bicyclette organise dès 1975 un défilé de cyclistes rue Sainte-Catherine pour réclamer de meilleures infrastructures. Ils sont 3000 en 1975, à la première édition. L’année suivante, ce sont 7000 cyclistes qui défilent. C’est également cette année-là qu’ils organisent un die-in, manifestation où des centaines de cyclistes se couchent au sol pour dénoncer la mort des leurs sur la route.

1981 : Robert Silverman passe trois jours enfermé à la prison de Bordeaux. Lui et d’autres militants avaient décidé de peindre au sol des pistes cyclables, pour dénoncer l’inaction de la Ville de Montréal. Interpellé par la police, il a refusé de payer l’amende de 25 $ et a été envoyé en prison.

1983 : Le Monde à bicyclette remporte peut-être sa victoire la plus éclatante, en gagnant son procès contre l’ancêtre de la Société de transport de Montréal (STM). Un juge de la Cour supérieure déclare que les cyclistes ont le droit de transporter leur vélo dans le métro, ce que la société de transport leur refusait jusque-là.

1990 : Le Monde à bicyclette a longtemps milité pour que les cyclistes aient accès aux ponts. « Montréal est une île et plusieurs Montréalais se déplacent à vélo », rappelle Silverman. En 1990, le groupe savoure une victoire lors de la construction d’un pont cycliste près du pont Victoria, aux écluses de Saint-Lambert. Ensuite, dans les années 1990, le groupe disparaît tranquillement. « On avait obtenu beaucoup de ce qu’on avait demandé, avait expliqué Silverman. Les cyclo-frustrations avaient beaucoup disparu. »

– Gabriel Béland, La Presse


Autre article, paru aujourd’hui dans La Presse, sur les considérations par la ville de Montréal d’honorer M. Silverman:

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J’ai eu la chance de rencontrer Bicycle Bob a quelques reprises dans les années 2000 alors que l’on organisait des Masses critiques et des Die-in a Montréal. C’était quelqu’un de simple et passionné. J’aimerais vraiment que la ville lui rendre hommage en nommant une des branches du REV en son honneur tout comme elle la fait pour sa complice du Monde à bicyclette Claire Morissette.

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