Protection du territoire

Opinion de Pierre Avignon publiée ce matin:

Au-delà des critiques largement justifiées de notre système consumériste qui vise la croissance infinie dans un monde fini, le professeur de l’Université de Moncton conclut son texte sur une piste d’action dont on entend de plus en plus souvent parler, le développement de biorégions. Il s’agirait, pour faire face à la crise climatique, de (ré)apprendre à vivre « en rapport étroit avec le territoire » et sa communauté.

Le Devoir: Renforcer le pouvoir des MRC pour faire advenir les biorégions

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:rage:

Le lobby des chasseurs a plus de poids que l’extinction des caribous.

Le gouvernement Legault a décidé de revoir à la baisse la fermeture de chemins forestiers dans l’habitat essentiel des derniers caribous de la Gaspésie, même s’il reconnaît que cette mesure doit être une priorité pour éviter leur extinction. Cette décision a été prise afin de répondre aux « préoccupations » des chasseurs qui utilisent les terres publiques, soutenus par les élus locaux.

Le ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF) avait prévu de fermer un total de 549 km de chemins forestiers situés dans la « zone d’habitat en restauration » (ZHR) du caribou de la Gaspésie, qui comprend l’habitat essentiel à la survie et au rétablissement de cette population, dont il subsiste au mieux 12 individus en liberté.

Le plan du ministère a été soumis à une « consultation publique » plus tôt cette année. À la suite de celle-ci, « la proposition initiale a été fortement modifiée pour tenir compte des préoccupations des chasseurs soutenues par les élus de la MRC La Haute-Gaspésie », peut-on lire dans le rapport produit par le MRNF. Ce document mentionne une « inquiétude » pour « l’accès au territoire pour la pratique de la chasse ».

Les deux tiers des caribous de la Gaspésie vivent aujourd’hui en captivité, et il est impossible de savoir quand le gouvernement Legault pourrait mettre en œuvre le « projet pilote » promis pour tenter de sauver ces cervidés. La MRC La Haute-Gaspésie s’y oppose et suggère plutôt la création d’un grand enclos et le recrutement de « bergers » pour surveiller les bêtes.

Le Devoir a constaté que l’image du caribou est omniprésente dans le parc national de la Gaspésie, dans les bâtiments de la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ), mais aussi sur les panneaux informatifs situés notamment sur le mont Jacques-Cartier, un lieu historiquement important de l’habitat essentiel de ces cervidés au seuil de l’extinction.

Au centre d’accueil situé au pied de cette montagne, un graphique présente le déclin de la dernière population de caribous vivant au sud du Saint-Laurent, relique de celles qui peuplaient autrefois toute la péninsule gaspésienne, les provinces maritimes et quelques États de la Nouvelle-Angleterre.

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Ce gouvernement gouverne les lobbys, pas la population. Il fait ça pour tous ces dossiers.

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On rompt aussi avec la science et les cris d’alarme des spécialistes : (paru depuis 2 jours)

Losses in North America are likely to be most severe, with decreases of 84 per cent predicted in response to Arctic warming. This is because North America is projected to be the region losing the largest extents of habitats suitable for caribou due to climate change and other human impacts on the land.

Our findings suggest a grim future for caribou, and signal an urgent need for governments to increase investments in the conservation and management of the species. This should include protecting and ensuring access to historical pastures and migration routes

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Protection des milieux naturels Une pluie de poursuites de promoteurs immobiliers contre Longueuil

Longueuil pourrait se voir forcé de réviser à la baisse ses ambitions environnementales. Plus d’une trentaine de promoteurs contestent son nouveau plan de protection des milieux naturels et poursuivent la Ville pour expropriation déguisée. La facture pourrait être salée s’ils obtiennent gain de cause.

Ce qu’il faut savoir

La Ville de Longueuil a adopté en juillet dernier son plan de protection des milieux naturels qui détermine quels sont les nouveaux terrains à préserver sur son territoire.

Plus d’une trentaine de promoteurs poursuivent la Ville pour expropriation déguisée et réclament une indemnisation.

Selon de nouvelles règles adoptées par le gouvernement du Québec en 2023, les villes qui veulent protéger des milieux naturels d’importance ne sont plus obligées de dédommager les propriétaires qui ne peuvent plus développer leurs terrains.

À peine adopté, le 21 juillet dernier, le nouveau plan de protection et de conservation des milieux naturels de Longueuil est déjà contesté devant les tribunaux. À ce jour, 16 recours juridiques ont été déposés en Cour supérieure par trois cabinets d’avocats représentant plus d’une trentaine de promoteurs immobiliers et de propriétaires privés.

Le plan de la Ville a pour objectif de faire passer de 9 % à 21 % la proportion de son territoire qui serait désignée comme zone protégée d’ici 2030.

La Ville de Longueuil a bien agi dans ce dossier et je demeure convaincue que ce n’est pas aux contribuables de compenser financièrement pour un risque d’investissement [des promoteurs].

La mairesse de Longueuil, Catherine Fournier, dans une déclaration transmise par courriel à La Presse

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2025-09-10/protection-des-milieux-naturels/une-pluie-de-poursuites-de-promoteurs-immobiliers-contre-longueuil.php

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nouvelle reprise par Radio-Canada

Des centaines de propriétaires de Longueuil ne pourront plus construire sur leurs terrains, puisque ceux-ci font désormais partie des 1500 hectares supplémentaires de milieux naturels protégés par la municipalité. Les propriétaires privés et les promoteurs dénoncent des « expropriations déguisées » et se tournent vers les tribunaux pour être indemnisés.

Adopté le 21 juillet par la Ville de Longueuil, le Plan de protection et de conservation des milieux naturels vise à protéger à perpétuité 1500 hectares supplémentaires de milieux naturels, faisant passer le territoire protégé de la municipalité de 9 % à 21 % de sa superficie totale.

Environ 500 hectares de ces nouvelles zones protégées sont détenus par des propriétaires privés, précise la Ville. Au total, 1685 propriétaires sont touchés par la mise en œuvre de ce nouveau règlement, lesquels détiennent 2961 lots différents.

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On connait la voracité de certains promoteurs qui achètent indistinctement des terrains vacant dans un but spéculatif. Ils considèrent par la même occasion posséder des droits acquis et les revendiquent dès que la ou les municipalités décident de protéger certaines surfaces (notamment les zones humides) dans un but environnementaliste ou de protection du territoire pour le bien commun.

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Faisant désormais face à 20 poursuites de promoteurs, la Ville de Longueuil entend défendre bec et ongles son nouveau plan de protection des milieux naturels. Devant les protestations de dizaines de promoteurs et de propriétaires privés qu’elle juge très « audibles », la mairesse Catherine Fournier aimerait qu’on accorde davantage d’attention à la voix de la majorité silencieuse : celle des citoyens.

« À mon sens, c’est important de montrer que dans ce cas-ci, la population est derrière sa Ville pour protéger les milieux naturels, et ce, peu importe les moyens », a soutenu Catherine Fournier en entrevue au Devoir.

Elle en veut pour preuve un sondage Léger mené auprès des Longueuillois durant la première semaine du mois de septembre qui laisse entendre que 77 % des répondants seraient en accord avec le fait que la Ville utilise les moyens à sa disposition pour protéger les milieux naturels de son territoire « au coût le plus bas possible pour les contribuables, même si cela exige de ne pas compenser financièrement les propriétaires privés de ces terrains ».

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Je suis 100% d’accord avec cette position. Je n’ai rien contre les promoteurs, mais il faut admettre qu’ils travaillent avant tout à leurs propres intérêts et cela (pour une majorité) sans égard à l’environnement. À un moment donné il faut protéger l’intérêt public et les espaces à grandes valeurs environnementales, qui sont la responsabilité des Villes et des gouvernements. C’est aussi ça le développement durable.

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Les entreprises peuvent continuer à exploiter les forêts durant le processus de transformation en aires protégées…

Des activités forestières prévues dans des milieux naturels choisis comme d’éventuelles aires protégées pourraient compromettre leur valeur écologique. Des citoyens, des MRC et des organismes dénoncent une incohérence entre deux ministères et réclament un moratoire sur les activités industrielles dans ces zones. La semaine verte s’est intéressée à cette affaire.

Pas de protection d’ici la mise sous réserve

Les 411 projets retenus sont actuellement à l’étape des concertations régionales. Ensuite, les aires protégées souhaitées passeront par une analyse interministérielle. Et la sélection officielle devrait se faire en 2027.

Un autre appel à projets est prévu ensuite.

Or, d’ici la mise sous réserve officielle, rien n’empêche les activités forestières et minières dans les aires qui feront l’objet de concertations puis d’études.

Les porteurs de projets s’inquiètent de voir des écosystèmes abîmés avant que l’on connaisse leur véritable valeur écologique. C’est d’ailleurs l’une des raisons invoquées pour garder la liste des projets d’aires protégées secrète.

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Boulevard Beliveau, Longueuil ( 10/4/2025 )

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(https://archive.ph/31LbV)

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LES COOPS À LA BAIE-JAMES

Une cicatrice sur la terre des Cris

Par Mathieu Lamothe, équipe d’enquête et Patrick Woodbury, Le Droit

19 novembre 2025 à 04h00

Le territoire ancestral de la famille Cox, est balafré par le dépotoir de Radisson. (Patrick Woodbury/Le Droit)

Gaston Mandeville chantait qu’il y a une cicatrice sur le terrain d’un vieux dans le Bas-du-Fleuve. Il aurait pu attribuer ces mots aux Cox, une des familles de la nation crie qui peuplent le territoire de la Baie-James depuis des siècles.

Les Coops à la Baie-James


La poubelle du Nord

Dépotoir de Radisson: «inacceptable», reconnaît Hydro-Québec

Des «cours à scrap» souterraines dans la forêt

Le dépotoir de la localité de Radisson – une «énormité environnementale» à la gestion déficiente, selon des spécialistes – se trouve en plein cœur des terres ancestrales de ce clan. Historiquement, c’est sur ce territoire que les Cox chassent, pêchent et trappent.

En vertu de la Convention de la Baie-James, qui a 50 ans cette année, les familles cries peuvent continuer de pratiquer leurs activités traditionnelles sur la ligne de trappe qu’ils occupaient avant les grands projets hydroélectriques. Sur ce qu’il en reste, à tout de moins.



«Plus de la moitié de notre territoire ancestral a été inondé lorsqu’ils ont construit les barrages, se désole Evelyn Cox, émotive. La localité de Radisson, l’aéroport et plusieurs installations d’Hydro-Québec sont aussi sur notre territoire. Il nous reste environ le tiers de notre ligne de trappe. Nous sommes la famille qui a été la plus touchée.»

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Une aurore boréale dans le ciel de la Baie-James. (Patrick Woodbury/Le Droit)

La route de la Baie-James, longue de 620 km, relie Matagami et Radisson. Elle est appelée la route Billy-Diamond depuis 2020, en l’honneur d’un ancien dirigeant de la nation crie. (Patrick Woodbury/Le Droit)

La porte d’entrée de la route Billy-Diamond. (Patrick Woodbury/Le Droit)

Le réservoir de la centrale LG-1. (Patrick Woodbury/Le Droit)

Une des nombreuses digues visibles sur le territoire jamésien. (Patrick Woodbury/Le Droit)

Cette mère et grand-mère retraitée du milieu de l’éducation se souvient de l’époque où les aînés de son clan chassaient l’ours sur la ligne de trappe. C’était avant l’aménagement du dépotoir. Maintenant, les Cox ne peuvent plus chasser cet animal sur leur territoire ancestral. Ils ne veulent plus, en fait. Ils sont convaincus que la chair des ours vivant dans le secteur du dépotoir est contaminée par les déchets qu’ils y mangent.

«L’ours est un animal sacré pour nous. Traditionnellement, quand on tuait un ours, c’était grand. Ça nous donnait beaucoup de viande, de graisse et de fourrure que l’on se partageait. On ne tue pas un animal pour le plaisir. C’est pour survivre.»

— Evelyn Cox, membre de la nation crie de la Baie-James

Craintes partagées

Bien qu’elle n’ait pas mené d’analyses exhaustives sur la santé de la faune dans le cadre de ses recherches sur le dépotoir de Radisson, la chercheuse Maude Normandin-Bellefeuille partage les craintes de la famille Cox.

«C’est probable que la viande provenant d’un animal qui se nourrit régulièrement à même un site d’enfouissement pourrait avoir des impacts sur la santé d’une personne qui la mangerait», reconnaît la spécialiste en environnement, qui était rattachée à l’Université du Québec à Montréal lorsqu’elle s’est intéressée à ce site d’enfouissement de la Baie-James.

Du plastique dans des excréments d’animaux, à proximité du dépotoir de Radisson, à la Baie-James. (Patrick Woodbury/Le Droit)

Le Réseau canadien pour la santé de la faune s’est penché sur les effets de l’ingestion de plastique chez les animaux sauvages.

L’organisme réunissant des chercheurs en santé de la faune de renommée mondiale rapporte que la «dégradation de certains additifs utilisés dans les plastiques peut libérer des composés chimiques toxiques». Leur ingestion ou une simple exposition peuvent entraîner une accumulation et une amplification des toxines, «perpétuant ainsi l’impact négatif des microplastiques dans la chaîne alimentaire».



Les jours de grands vents, à la Baie-James, des déchets du dépotoir de Radisson sont dispersés dans la forêt environnante. (Patrick Woodbury/Le Droit)

Sur une autre ligne de trappe?

Depuis la création de Radisson, il y a plus de 50 ans, les déchets de la localité ont toujours été enfouis sur le territoire ancestral des Cox. Lors de l’aménagement du dépotoir actuel, au début des années 2000, ils auraient souhaité que ses dirigeants optent pour la ligne de trappe d’un autre clan.

Evelyn Cox est consciente qu’aucune autre famille ne veut d’une telle cicatrice sur ses terres. Elle comprend que Radisson se trouve en territoire Cox. Mais elle ne peut s’empêcher de croire que la ligne de trappe de sa famille ne serait pas balafrée de la sorte si les Cris avaient été consultés, jadis, lors de l’élaboration des grands projets hydroélectriques.

«Si Radisson n’existait pas, nous n’aurions probablement pas de dépotoir. Mais la localité nous a été imposée», se résigne-t-elle.

Territoire d’adoption

Il y a plusieurs années, la jeune Evelyn Cox a marié un membre d’une autre famille. Un Bearskin. Ils ont fondé une grande famille. Elle peut donc chasser l’ours et pratiquer d’autres activités ancestrales sur la ligne de trappe de ce clan. Ses enfants et ses petits-enfants aussi. Mais ce ne sont pas tous les Cox qui ont cette chance.

«J’ai des oncles et des cousins qui n’ont que la ligne de trappe Cox, dit-elle. Ils y vont, l’aiment, mais ne peuvent pas y chasser.»

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Ce gouvernement… :roll_eyes:

Surveillance des « permis de polluer » | Les suivis du ministère de l’Environnement en forte baisse

Depuis 2018, le ministère de l’Environnement a réduit de manière draconienne ses suivis auprès des promoteurs qui ont obtenu un « permis de polluer ». Le nombre des inspections sur le terrain recule également, tandis que celui des plaintes du public est en hausse. Un bilan qui inquiète des groupes environnementaux.

Entre 2018 et 2023, les suivis de conformité au ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les Changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) ont chuté de 60 % avant de remonter légèrement au cours des deux dernières années. Ces inspections sont réalisées afin de vérifier le respect des engagements pris par un individu, une entreprise ou une municipalité qui a obtenu une autorisation environnementale du Ministère.

Une compilation réalisée par La Presse permet de constater que le Ministère n’a réalisé que 871 suivis de conformité en 2022-2023, très loin du sommet de 2228 inspections en 2018-2019. Le MELCCFP a augmenté la cadence ces deux dernières années, mais le nombre de suivis de conformité est toujours nettement inférieur au bilan de 2018-2019.

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ce gouvernement est terrible pour l’environnement :rage:

Des citoyens pressent le gouvernement Legault d’intervenir en faveur d’un projet de « réserve de biodiversité » qui a été développé en réponse à « l’appel à projets » lancé par Québec, mais qui a été bloqué par des élus de la Mauricie avant même d’être soumis à une consultation publique. Ce territoire identifié pour sa valeur écologique est désormais menacé par des coupes forestières, a constaté Le Devoir.

« On veut protéger un territoire important en tenant compte des espèces qui y vivent. On ne peut pas être simplement mis de côté. Il faut une écoute pour ce genre de projet. C’est donc choquant de voir un blocage complet », résume l’actrice et dramaturge Christine Beaulieu en parlant du projet de réserve de biodiversité Mékinac, un secteur de plus de 200 km² situé au nord de Trois-Rivières.

Mme Beaulieu, qui publie ce jeudi dans Le Devoir une lettre adressée au ministre de l’Environnement du Québec, Bernard Drainville, a décidé d’appuyer les citoyens qui portent le projet. Elle connaît bien la région pour y avoir passé une bonne partie de son enfance. Elle y retourne d’ailleurs régulièrement pour « la beauté de la nature », sa famille possédant un chalet au lac du Missionnaire.

Ce lac est situé dans les limites du projet d’aire protégée qui a été élaboré afin de répondre à l’appel du gouvernement Legault pour identifier des milieux naturels importants à préserver dans le sud du Québec. Ce territoire est composé de lacs, de milieux humides, d’une forêt ancienne, de zones déjà protégées pour leur valeur écologique et d’habitats importants pour différentes espèces menacées.

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Le mont Pinacle dans un écrin de protection grâce à Daniel Langlois

Par Jérôme Savary, La Voix de l’Est

29 novembre 2025 à 04h08

Le mont Pinacle, dans les Cantons-de-l’Est (Archives Photo Pierre Lahoud)

La protection à perpétuité du mont Pinacle, à Frelighsburg, vient d’être propulsée en avant. Et ce, grâce aux héritiers de Daniel Langlois, pionnier de l’animation 3D décédé dans des conditions tragiques avec sa compagne il y a deux ans, presque jour pour jour.

La succession de Daniel Langlois fait don d’un terrain boisé de 144,9 hectares (358 acres) situé sur le mont Pinacle. Ce n’est pas tout.

En plus de bénéficier de ce don, la Fiducie foncière du mont Pinacle (FFMP) a signé avec les héritiers un bail de location d’un terrain contigu de 77,4 hectares (191 acres), incluant le sommet, qui reste la propriété de la succession, notamment à cause du projet SENSE. Nous y reviendrons.

«C’est un morceau très important du casse-tête [visant à protéger le territoire du mont Pinacle].»

— Frédéric Senez, président du CA de la FFMP

Ce don et ce bail équivalent à 223,3 hectares (ha) supplémentaires conservés et gérés par la Fiducie, portant à 689,5 ha l’ensemble des milieux naturels protégés actuellement par l’organisme.

L’antithèse du mont Saint-Sauveur

«Depuis l’annonce de cette protection du Pinacle, beaucoup de gens qui peuvent voir la montagne à partir d’où ils habitent nous ont dit: “Mon Dieu, merci pour tout ce que vous faites», raconte Frédéric Senez, président de la Fiducie, en entrevue avec La Voix de l’Est, vendredi.

Le mont Pinacle, hiver 2021 (Michel Bonnette)

M. Senez, qui habite au pied du sommet de la montagne, rappelle que si les événements s’étaient déroulés autrement, il y a 35 ans, on aurait aujourd’hui une vue «sur une espèce de mont Saint-Sauveur».

Un projet de développement récréotouristique majeur, dévoilé à la fin des années 1980 par un promoteur immobilier, comprenait alors des pistes de ski, un golf et 200 résidences, selon un ancien article de La Voix de l’Est.

La montagne, ainsi que la flore et la faune qui l’habitent, aurait perdu ses paysages naturels.

Cette annonce, qui s’ajoute aux dons des propriétaires précédents, «va permettre à la faune de continuer à profiter de leur territoire, que l’on pense à l’orignal, à l’ours noir, au lynx roux», donne-t-il en exemple.

Au total, la Fiducie a répertorié plus de 300 espèces fauniques et floristiques.

«Ça prend des corridors écologiques comme le Pinacle pour pouvoir leur permettre de vivre et de perpétuer leur espèce, ajoute M. Senez. Sans qu’il y ait de fragmentation de ces corridors ou de développement humain qui viennent perturber ces écosystèmes-là.»

Projet SENSE

Daniel Langlois avait acquis des terrains (incluant le sommet) sur le mont Pinacle et avait créé la Fondation Daniel Langlois, dédiée à la philanthropie et à la conservation, peut-on lire dans un document d’information accompagnant le communiqué de presse annonçant le don.

Un castor photographié au sommet du mont Pinacle (2018), à Frelighsburg, dans le cadre du projet SENSE de la Fondation Daniel Langlois. «C’est étonnant de le voir ici, dit M. Senez, car on ne trouve aucun point d’eau sur le sommet.» (Archives Fondation Daniel Langlois)

Le projet SENSE (Supervision d’Environnements Naturels Sensibles et Éloignés), financé par sa fondation, a permis de développer un système autonome de collecte de données environnementales, utilisable dans des zones naturelles fragiles et difficiles d’accès, afin d’étudier en continu l’état des sols, la végétation et la faune.

Le sommet du mont Pinacle a été sélectionné, car il présente les bonnes caractéristiques pour tester les hypothèses du projet dans des conditions réelles: un environnement naturel unique et fragile sans accès routier, aucun accès aux réseaux électriques publics et aucun service Internet câblé à proximité, notamment.

«Tous les dons sont importants»

Ce don a beau propulser la protection à perpétuité du mont Pinacle de près de 50 % supplémentaire, il est «aussi important qu’un don de quatre hectares», compare M. Senez.

«Tous les dons sont importants», souligne-t-il.

La Fiducie précise que la valeur municipale du terrain donné, telle qu’inscrite au rôle d’évaluation foncière de la municipalité, s’élève à 1 284 902 $.

Comme pour tous les projets d’acquisition de la Fiducie, ​par donation ou achat, «nous constituons un fonds de gestion équivalent de 15 % à 20 % de la valeur foncière, provenant de programmes gouvernementaux provinciaux et/ou fédéraux, ainsi que de dons privés», précise M. Senez par courriel.

Cette nouvelle aire protégée sera enregistrée via le programme de dons écologiques d’Environnement et Changement climatique Canada, la Fondation Daniel Langlois pouvant ainsi déduire la valeur totale du don de son revenu imposable.

Ce n’est pas fini

Les territoires actuellement conservés et protégés correspondent environ à 8 % du secteur du mont Pinacle (5436 ha). Ceux-ci sont compris dans un quadrilatère formé par les chemins du Pinacle (nord), des Érables (est), de Richford (sud) et d’Abbotts Corner (ouest).

Environ 110 propriétaires fonciers possèdent des terrains dans ce secteur.

«On a toujours cinq ou six projets de conservation qui démarrent, et un ou deux qui se concrétisent chaque année, en moyenne», ajoute le président du CA.

Le mont Pinacle est situé dans une région composée de vastes espaces naturels, «à 15 minutes des Montagnes vertes», une zone de 7800 ha protégés à perpétuité.

UN PROCÈS TOUJOURS À VENIR

Rappelons que les décès du mécène Daniel Langlois et de sa conjointe Dominique Marchand, survenus en Dominique, dans les Caraïbes, ont secoué le Québec le 1er décembre 2023.

L’homme de 66 ans et la femme de 58 ans y exploitaient un hôtel écologique haut de gamme situé en haut d’une montagne près de Soufrière, un village du sud de la Dominique.

Leurs corps avaient été retrouvés dans un véhicule utilitaire sport incendié «à l’acide», selon une enquête de Radio-Canada diffusée en septembre 2024.

Leur voisin Jonathan Lehrer, détenu depuis deux ans à la prison d’État de la Dominique, est le principal accusé du double meurtre.

Attendu cet automne, selon Radio-Canada, le procès de M. Lehrer n’a pas encore eu lieu.

(Sources: Toronto Star, Radio-Canada, Rolling Stone)

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Dans le Devoir

Près de 10 ans après l’adoption de la loi censée freiner la disparition des milieux humides au Québec, l’échec semble évident. Les données fournies au Devoir par le ministère de l’Environnement démontrent que le gouvernement a accordé des milliers d’autorisations permettant de détruire ces écosystèmes essentiels, tout en accumulant plus de 270 millions de dollars en dédommagements. Malgré ce pactole, les compensations sont pour ainsi dire inexistantes.

En adoptant en juin 2017 la Loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques, le gouvernement du Québec promettait non seulement de « freiner la perte de milieux humides », mais aussi de « viser des gains nets », le tout s’appuyant sur « le principe d’aucune perte nette ». À la lumière des plus récentes données disponibles auprès du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), tout indique que ces engagements n’ont pas été respectés.

Les informations mises à jour en novembre font ainsi état de 5361 autorisations d’empiétement sur des milieux humides, pour un total de 72,4 millions de mètres carrés, l’équivalent de 10 140 terrains de soccer de la Coupe du monde.

Les données fournies ne permettent pas de distinguer s’il s’agit d’une atteinte « temporaire », « partielle » ou « permanente ». « Notre ancien système de suivi ne nous permettait pas de faire la distinction entre les différents types d’atteintes », indique le ministère responsable de la protection de ces écosystèmes naturels essentiels pour la protection de la biodiversité, la protection de l’eau et l’adaptation aux bouleversements climatiques.

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2 articles
Surveillance et sécurité Québec submergé par ses barrages

Deux ans après l’évacuation forcée de milliers de citoyens dans les Hautes-Laurentides en raison de l’état précaire d’une digue, un conflit entre Québec et ses ingénieurs révèle que ces derniers ne peuvent plus assurer la sécurité de barrages sous leur responsabilité. Une menace pour les villages en aval, s’inquiète leur syndicat, qui accuse le gouvernement de « jouer à la roulette russe ». Un dossier de Vincent Larin.
Publié à 5 h 00

Environnement

Des « cris du cœur » d’ingénieurs restés lettre morte

Les ingénieurs du gouvernement ne peuvent plus assurer la sécurité de barrages dont la rupture serait catastrophique, selon des documents consultés par La Presse. En désespoir de cause, alors que les situations d’urgence se multiplient, Québec se tourne vers le privé.

Vieillissement des barrages et analyses incomplètes

En septembre 2024, ils revenaient à la charge en parlant d’une « situation critique » engendrée par le « départ d’experts, le manque de ressources qualifiées et l’augmentation de la charge de travail, couplés à un vieillissement généralisé du parc de barrages ».

« En conséquence, les analyses réalisées sont incomplètes et ne respectent pas les règles de l’art », soulignaient-ils dans cette missive rendue publique toujours dans le cadre de l’arbitrage.

Abitibi-Témiscamingue Une digue rescapée discrètement

Québec a discrètement mené des travaux d’urgence pour stabiliser une importante digue en Abitibi-Témiscamingue, dont la rupture aurait engendré des conséquences « de l’ordre de la catastrophe ».

Une « situation d’urgence » impliquant la « sécurité des personnes ou des biens » a pourtant été évoquée afin d’accorder trois contrats d’une valeur totale d’environ 1,9 million, révèle le Système électronique d’appel d’offres du gouvernement.

Le Ministère affirme également avoir informé la Ville de Rouyn-Noranda, sur le territoire de laquelle est située la digue, de ces travaux.

La Ville prétend pourtant le contraire. « Après vérification auprès des différents services de la Ville, je vous confirme que nous n’avons pas été informés de la réalisation de travaux sur la digue à l’été 2024 », a fait savoir la directrice des communications de la municipalité, Anne-Marie Nadeau.

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/surveillance-et-securite/quebec-submerge-par-ses-barrages/2025-12-12/abitibi-temiscamingue/une-digue-rescapee-discretement.php

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