Protection du territoire

  • Quelle inconscience crasse!!! Détruire notre environnement pour enrichir encore davantage les actionnaires d’entreprises d’énergies fossiles, tout en injectant des milliards de tonnes de GES supplémentaires dans l’atmosphère, est tout simplement délirant. Déjà sans ce projet le Canada dépassera largement ses limites d’émissions carbones. Tout cela en mettant au rebut nos engagements à l’international et en abandonnant nos objectifs climatiques. C’est non seulement irresponsable vis à vis de l’urgence environnementale, mais en plus c’est révoltant pour les générations qui suivront, car elles subiront durablement et de plein fouet les effets destructeurs de leur qualité de vie.*

Pipeline dans le nord du Québec : deux tracés potentiels

Les tracés préliminaires du pipeline traversent les régions de l’Abitibi-Témiscamingue, de la Mauricie, du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord.

Photo : La Presse canadienne / Document fourni par Action Boréale

La Presse canadienne

Publié à 7 h 45 HNE

Des groupes environnementaux ont publié mardi matin une carte qui indique les tracés où l’entreprise norvégienne Marinvest Energy aurait proposé de construire un pipeline dans le nord du Québec.

Marinvest Énergie Canada, une filiale de la société énergétique norvégienne, a l’intention de construire un pipeline qui partirait de l’Ontario jusqu’à Baie-Comeau, où elle compte construire une usine de liquéfaction et un terminal maritime pour exporter du gaz naturel provenant de l’Ouest canadien.

À la suite de présentations effectuées auprès de Premières Nations, des groupes environnementaux soutiennent avoir mis la main sur les deux tracés envisagés par l’entreprise norvégienne.

On rend publics ces tracés parce que c’est important que les Québécois et Québécoises puissent voir ce qui se trame actuellement, a indiqué Alice-Anne Simard, directrice de Nature Québec.

La directrice générale de Nature Québec, Alice-Anne Simard, s’inquiète du travail de l’ombre qu’effectue Marinvest Énergie auprès des gouvernements et des Premières Nations. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Maxime Denis

Un des tracés propose qu’un pipeline passe par l’Abitibi, au nord de Rouyn-Noranda et de Val-d’Or et au sud d’Amos, pour ensuite traverser la Mauricie puis contourner le Lac-Saint-Jean au nord, près d’Alma, et de se rendre à Baie-Comeau.

Ce scénario est problématique, avance la directrice de Nature Québec, notamment parce qu’il viendrait passer vraiment très proche du Lac-Saint-Jean, dans la portion où la population du Lac-Saint-Jean se trouve.

Questionné par La Presse Canadienne, Justin Meloche, du cabinet National, qui s’occupe des relations publiques de Marinvest, a indiqué lundi que cette carte date déjà de plusieurs semaines et que ce trajet est écarté à l’heure actuelle.

La deuxième proposition partirait du nord de l’Abitibi et se dirigerait vers le nord de Lebel-sur-Quévillon, en passant par le sud de Chibougamau jusqu’à Baie-Comeau, un itinéraire qui éviterait davantage les secteurs habités.

Ce tracé est une ébauche préliminaire et ce n’est rien de définitif, a indiqué le relationniste Justin Meloche.

Peu importe le scénario, la construction d’un tel pipeline de 1000 km entraînerait de la déforestation sur l’ensemble du tracé ainsi qu’une grande fragmentation des habitats fauniques et floristiques, en plus de causer la destruction de nombreux milieux humides et hydriques, a dénoncé Henri Jacob, président de l’Action Boréale, dans un communiqué.

Les traversées de nombreuses rivières et cours d’eau présentent aussi des risques pour la faune aquatique et la pollution de l’eau. De plus, l’emprise du pipeline de 60 mètres de large limiterait beaucoup d’activités aux utilisations traditionnelles, tels la chasse, la pêche, le piégeage, la cueillette de plantes médicinales, etc., a souligné Henri Jacob.

Selon Alice-Anne Simard, la compagnie Marinvest est à pied d’œuvre pour faire accepter son projet par les gouvernements et par les Premières Nations, mais elle fait ce travail-là dans l’ombre, loin du regard des Québécois, ce qui est problématique, car on veut avoir une réelle discussion.

Dix lobbyistes enregistrés

Le registre des lobbyistes du Canada et celui du Québec indiquent que l’entreprise Marinvest Énergie Canada a engagé au moins dix lobbyistes pour promouvoir l’oléoduc auprès des gouvernements du Québec et du Canada.

On peut s’attendre à ce que la compagnie essaie de convaincre les gouvernements de donner des fonds publics pour le développement de ce projet, a commenté Alice-Anne Simard.

Selon des documents obtenus par La Presse Canadienne au mois d’octobre dernier, une série d’activités de lobbying ont été menées par Marinvest Énergie Canada ces derniers mois à l’intention de hauts fonctionnaires, de membres du personnel politique du bureau du ministre fédéral de l’Énergie, Tim Hodgson, d’un conseiller principal du premier ministre Mark Carney et du chef conservateur Pierre Poilievre.

Nature Québec, Greenpeace Canada et l’Action Boréale craignent que ce projet d’oléoduc soit désigné comme un projet d’intérêt national dans le cadre de la loi C-5 au fédéral ou encore qu’il soit désigné prioritaire et d’envergure nationale selon le projet de loi Q-5, déposé par Québec la semaine dernière.

Ces deux lois visent à accélérer l’octroi des autorisations pour les grands projets.

Ces nouvelles lois créent une fenêtre d’opportunité pour les promoteurs d’énergies fossiles: moins de temps pour s’opposer, moins de protection pour le territoire. C’est exactement le moment où il faut être le plus vigilant, a indiqué Louis Couillard, responsable de la campagne énergie-climat de Greenpeace Canada.

Sur son site web, l’entreprise d’origine norvégienne Marinvest Energie fait la promotion de terminaux et d’usines installées sur l’eau. (Photo d’archives)

Photo : Site web de Marinvest Energy

Selon lui, le gouvernement Legaut devrait fermer la porte tout de suite au projet, parce que de toute façon, le pipeline ne verra pas le jour, car il n’y a pas d’acceptabilité sociale.

Sur son site internet, Marinvest Energy se décrit comme une entreprise de développement de terminaux et de systèmes d’énergie marine durable.

Mais la directrice de Nature Québec rappelle que le gaz albertain, extrait essentiellement par fracturation hydraulique, n’est pas une énergie durable ou de transition.

Ce type de projet, ajoute-t-elle, irait à l’encontre des recommandations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et de l’Agence internationale de l’énergie, qui soutiennent qu’on ne doit pas construire de nouvelles infrastructures d’énergie fossile si on veut respecter l’Accord de Paris.

En plus d’être désastreux pour la planète, ce projet est un gouffre financier: investir des milliards dans une infrastructure qui sera obsolète avant même sa mise en service, c’est un non-sens total affirme Alice-Anne Simard.

Exporter du gaz vers l’Europe

L’installation proposée par Marinvest pourrait permettre au Canada d’exporter des volumes importants de gaz naturel canadien vers l’Europe afin de soutenir sa sécurité énergétique à moyen terme et sa transition énergétique à long terme, peut-on lire dans une note d’information destinée, au printemps dernier, au sous-ministre de Ressources naturelles Canada et dont La Presse Canadienne a pris connaissance.

De son côté, le premier ministre Legault avait indiqué, à propos du projet, en juillet dernier, que si c’est payant pour les Québécois, on va le regarder. Si ce n’est pas payant pour les Québécois, on ne le regardera pas.

En 2021, son gouvernement avait pourtant mis la hache dans le projet GNL Québec à Saguenay, un projet semblable à ce que compte faire Marinvest Energy.

Le gouvernement du Québec affirmait qu’il risquait de nuire à la transition énergétique. L’année suivante, le projet de GNL a également été rejeté par le gouvernement fédéral, après que l’Agence d’évaluation d’impact du Canada a conclu qu’il était susceptible de nuire à l’environnement.

Dans une déclaration transmise à La Presse Canadienne, Marinvest Energy écrit que le projet de pipeline n’a pas encore été officiellement soumis aux autorités compétentes et en est toujours à un stade préliminaire.

Par conséquent, aucun plan technique, environnemental ou économique complet n’a été finalisé ou rendu public.

Pour le moment, l’entreprise affirme que sa priorité absolue est d’établir un dialogue respectueux et transparent avec les Premières Nations et les communautés autochtones, au sujet de son projet de pipeline et d’un terminal maritime pour exporter du gaz naturel.

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:rage:

Même si la protection d’une des dernières forêts intactes de la Mauricie est soutenue par les élus locaux et que le projet a été accepté dans le cadre du processus lancé par le gouvernement Legault pour la création d’aires protégées, Québec a prévu des travaux forestiers sur ce territoire. Ceux-ci doivent débuter lundi avec la construction d’un chemin au cœur de ce milieu naturel unique dans la région.

« S’il y a un écosystème à protéger dans le sud de la Mauricie, c’est celui-là. Il s’agit d’une continuité biologique de plusieurs siècles, voire de plusieurs millénaires. Je suis d’ailleurs convaincu qu’on y retrouve plusieurs espèces rares et menacées », résume l’ingénieur forestier Louis Bélanger, professeur retraité de la Faculté de foresterie, géographie et géomatique de l’Université Laval.

L’écosystème en question est la « forêt ancienne des lacs Grandbois », une zone de 7 km² située sur le territoire de la MRC de Mékinac, au nord-est de Shawinigan. Ce territoire jusqu’ici préservé, malgré l’activité forestière industrielle dans la région, « est un écosystème exceptionnel et un patrimoine naturel unique », soutient M. Bélanger, qui a lui-même étudié ce secteur. On y retrouve notamment des arbres de plus de 200 ans en moyenne, mais aussi des espèces fauniques et floristiques en péril.

Dans le cadre de « l’appel à projets » lancé par le gouvernement Legault pour créer de nouvelles aires protégées au Québec, des citoyens de la région ont soumis un projet de protection de cette forêt ancienne. La MRC de Mékinac a accordé son appui au projet, afin qu’il puisse être soumis au processus de « concertation régionale » qui doit se terminer en 2026. Le gouvernement doit par la suite décider s’il autorise la protection, et ce, d’ici 2027.

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La CAQ n’a aucun respect pour l’environnement, pas plus pour l’environnement exceptionnel qui devrait être protégé intégralement pour les générations futures. Notre seul espoir demeure alors un changement total de gouvernement au prochain scrutin (2026) pour annuler toutes ces décisions irrémédiablement dommageables (durablement) à notre patrimoine forestier d’exception. :-1: :-1: :-1:

Ces territoires protégés qui deviennent des terrains de jeu

Par Isabelle Pion, La Tribune

28 décembre 2025 à 04h05

L’agrandissement du parc national du Mont-Orford avait été annoncé en 2006. (Maxime Picard/Archives La Tribune)

CHRONIQUE/ Mine de rien, de nouveaux endroits protégés ont fait leur apparition au cours de la dernière année, tandis que d’autres s’ajouteront dans les prochains mois.

Voici un bref survol de ces nouveaux territoires qui ont fait l’actualité ou que l’on pourra surveiller. Une preuve que l’actualité n’a pas eu que du mauvais cette année.

Agrandissement du parc national du Mont-Orford

C’est l’un des joyaux de nos parcs nationaux et on en parle depuis maintenant 20 ans: l’agrandissement du parc national du Mont-Orford.



L’ajout de près de 50 km carrés n’aurait jamais vu le jour sans une mobilisation citoyenne menée entre autres par l’ancien député Robert Benoit, sa conjointe Gisèle Benoit Lacasse et Claude Dallaire, membres de SOS Parc Orford, il y a de cela deux décennies.

Certes, il faudra suivre le dossier dans les prochains mois – autant pour sa concrétisation que les défis qui y sont rattachés - mais l’agrandissement a officiellement été annoncé par le ministre de l’Environnement Bernard Drainville à la fin octobre.


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Parc du Mont-Orford: les travaux seront lancés ce printemps

Il faudra encore patienter avant de profiter des nouveaux aménagements qui relèveront de la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq), à qui la tâche revient de trouver un équilibre entre loisirs et préservation de la nature.

Le parc des Chutes-Burroughs à Stanstead-Est, découvert cet automne. (Isabelle Pion/Archives La Tribune)

Parc des Chutes-Burroughs

Le parc des Chutes-Burroughs a officiellement ouvert ses sentiers à la fin octobre à Stanstead-East. Nous étions nombreux, cet automne, à découvrir l’endroit protégé grâce à la collaboration entre la municipalité de Stanstead-Est et la Fondation Massawippi.

Au total, ce sont quelque 13 hectares qui sont protégés par la Fiducie de conservation Massawippi depuis 2023.

Ce territoire protégé s’ajoute aux Sentiers Massawippi, à Sainte-Catherine-de-Hatley et au parc Scowen à North Hatley.



Récemment, la Fondation annonçait également qu’elle devenait propriétaire du Sentier Nature Tomifobia grâce à un transfert de propriété. Le sentier est très bien connu des cyclistes et des ornithologues.

Maxime Le Flaguais, Véronique Le Flaguais et Charles Côté. (Facebook / Projet: Acquisition et préservation ancien camp St-Pat’s)

Un coup de pouce financier

La comédienne Véronique Le Flaguais et ses fils, Maxime Le Flaguais et Charles Côté, ont donné tout un élan au mouvement citoyen de Stoke en donnant 50 000 $ pour l’acquisition du camp St-Pat’s.

Avec ce coup de pouce financier, la famille du comédien Michel Côté montre du même coup son attachement pour la région. Une belle histoire de philanthropie… et de conservation de la nature.

Plusieurs étapes devront être franchies au cours des prochains mois avant que les citoyens ne puissent en profiter.



Le parc régional de Kilkenny, à Saint-Calixte, est ouvert depuis la fin juin et accueille les adeptes de plein air cet hiver. (Laurent Corbeil)

Le parc régional de Kilkenny

Je vous en parlais dans les nouveautés de la province, récemment : un nouveau parc régional a fait son apparition à Saint-Calixte, dans Lanaudière.

Inauguré l’été dernier, le territoire de 13 km carrés accueille également les adeptes de plein air cet hiver.

«L’acquisition a été effectuée par la MRC de Montcalm en 2012. Ça a été fait avec l’objectif de stopper un projet de carrière à ciel ouvert, qui aurait complètement ravagé le noyau villageois et la quiétude des habitants de la municipalité. Le maire de l’époque, Louis Charles Thouin, a convaincu ses collègues à la table de la MRC d’acquérir ce territoire-là pour protéger la biodiversité et éviter une catastrophe. La municipalité de Saint-Calixte aurait perdu tout son charme, sa quiétude… La volonté était quand même de développer une vocation récréotouristique, mais ça a pris du temps avant qu’un projet ressorte», me résume Stéphanie Therrien, directrice générale par intérim et directrice des communications de la MRC de Montcalm.

Là-dessus, je vous souhaite une belle année 2026… et on se retrouve en janvier.

Suggestions, questions, commentaires? Écrivez-moi à isabelle.pion@latribune.qc.ca

Suivez-moi sur Instagram: isabelle.pion

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Reconnaissance scientifique pour les initiatives de conservation autochtones

Ce parc dasiqox, établi par les collectivités Yunesit’in et Xeni Gwet’in en Colombie-Britannique, est un bon exemple de conservation par des communautés autochtones. (Photo d’archives)

S’ils sont financés adéquatement, les programmes de conservation autochtones, également connus sous le nom de solutions fondées sur la nature (SFN), sont tout aussi efficaces, voire plus performants, que les initiatives similaires des parcs nationaux et provinciaux en matière de limitation des émissions de carbone et de préservation de la biodiversité.

C’est du moins ce qu’affirme un article de recherche (nouvelle fenêtre)(en anglais) récemment publié dans la revue Earth’s Future par des chercheurs de l’Université Concordia.

Ils se sont penchés sur deux initiatives de conservation de la nature et des terres : les aires protégées et de conservation autochtones (APCA) ainsi que le programme des gardiens autochtones.

Résumé

S’ils sont financés adéquatement, les programmes de conservation autochtones, également connus sous le nom de solutions fondées sur la nature (SFN), sont tout aussi efficaces, voire plus performants, que les initiatives similaires des parcs nationaux et provinciaux en matière de limitation des émissions de carbone et de préservation de la biodiversité.

C’est du moins ce qu’affirme un article de recherche (nouvelle fenêtre)(en anglais) récemment publié dans la revue Earth’s Future par des chercheurs de l’Université Concordia.

Ils se sont penchés sur deux initiatives de conservation de la nature et des terres : les aires protégées et de conservation autochtones (APCA) ainsi que le programme des gardiens autochtones.

Les chercheurs ont combiné des données prélevées d’un océan à l’autre sur les forêts, la végétation, les sols, l’habitat faunique et l’utilisation des terres, comme l’explique l’Université sur son site Internet.

Dans leur étude, Camilo Alejo (à gauche) et Damon Matthews (à droite) se sont également intéressés aux incidences du financement fédéral sur les programmes de conservation autochtones.

Photo : Université Concordia

AILLEURS SUR INFO : Nouveau guide alimentaire américain : « On fait un pas 25 ans en arrière »

Ils ont ensuite comparé les territoires autochtones financés par Ottawa, les territoires sans financement fédéral ainsi que les parcs nationaux ou provinciaux.

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La conclusion à laquelle ils sont arrivés? Les projets de conservation menés par les Autochtones obtiennent de bons résultats sur le plan environnemental, comme l’affirme Damon Matthews, coauteur de l’étude et professeur au Département de géographie, urbanisme et environnement de l’Université Concordia.

Les APCA s’étendent sur de vastes régions terrestres et aquatiques dans les Territoires du Nord-Ouest. Les deux APCA qui ont été étudiées, soit celle de Thaidene Nëné, située sur la rive est du Grand lac des Esclaves, et celle d’Edéhzhíe, à l’ouest, couvrent une superficie d’environ 40 000 kilomètres carrés.

À regarder :

Plaidoyer pour un financement accru…

Les chercheurs ont également étudié les incidences du financement fédéral sur ces programmes.

Camilo Alejo, auteur principal et chercheur postdoctoral dans le même département que Damon Matthews, note que lorsque Ottawa prend l’initiative de soutenir la gestion autochtone, cela donne également des résultats positifs sur le plan social, pas seulement environnemental.

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Par conséquent, les auteurs de l’étude plaident pour un financement prolongé et soutenu des programmes de conservation autochtones.

Originaire de la Première Nation Łutsël K’é’ Dene, Steven Nitah est directeur général de l’organisation à but non lucratif Nature for Justice. Il soutient également que le financement des efforts de conservation menés par les Autochtones est essentiel et absolument nécessaire.

À lire aussi :

… et la reconnaissance des droits fonciers

Toutefois, les initiatives de conservation autochtones rappellent un défi lié au foncier, comme le fait remarquer Steven Nitah, qui est par ailleurs un leader dans le domaine de la conservation menée par les Autochtones depuis plus d’une décennie.

Selon lui, dans les Territoires du Nord-Ouest, il existe actuellement trois zones protégées autochtones reconnues par les divers ordres de gouvernement. Toutefois, il y en a des centaines à travers le Canada que les gouvernements provinciaux et territoriaux ne reconnaissaient pas.

Steven Nitah, de l’organisation à but non lucratif Nature for Justice, est un leader dans le domaine de la conservation menée par les Autochtones.

Photo : Sheldon Alberts/Conservation through Reconciliation Partnership

Faisant écho à Steven Nitah, l’étude note que les droits fonciers non résolus, les déséquilibres de pouvoir en matière de participation et de prise de décision ainsi que les législations restrictives posent des défis importants aux SFN proposées par les Autochtones.

Dans de nombreux cas, les droits fonciers ne sont pas très clairs. Les résultats environnementaux et sociaux sont très limités s’il n’y a pas de droits fonciers clairs pour les peuples autochtones.

Une citation de Camilo Alejo, auteur principal de l’étude

Son collègue, Damon Matthews, soutient également qu’il faut « se pencher sur les questions liées au régime foncier et au contrôle des terres ».

Cette étude a bénéficié du soutien du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada et de Microsoft, comme le précise l’Université Concordia sur son site web.

Elle indique par ailleurs que Graeme Reed, conseiller stratégique à l’Assemblée des Premières Nations et chercheur postdoctoral à l’Université York, y a contribué.

Avec des informations de Tamara Merritt

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Saint-Hippolyte et Piedmont : 46,8 nouveaux hectares de terrain protégés

Le Comité régional pour la protection des falaises (CRPF) a acquis un terrain de 46,8 hectares à Saint-Hippolyte. Cette nouvelle propriété s’ajoute aux 186 hectares que l’organisme a déjà protégés au cours des 20 dernières années.

Cette propriété, acquise grâce à un généreux don écologique, possède des caractéristiques écologiques exceptionnelles.

« Cette transaction permet d’avoir un impact massif sur un territoire protégé. Nous visons éventuellement à étendre ça à 16 km carrés. On parle d’un secteur du Parc-des-Falaises, situé aux limites de Piedmont, de Saint-Hippolyte et de la réserve O’Gilvy. L’entente est le fruit d’une collaboration soutenue et une entente de partenariat pour un financement municipal récurent. Nous les remercions, tout comme le gouvernement et les bailleurs de fonds, qui ont aidé à défrayer les coûts connexes de notariat et de transaction. Le fonds de gestion servira aussi à l’entretien des lieux », a précisé M. Samuel Richard, coordonnateur à la protection des milieux naturels, au CRPF.

Longue haleine

L’acquisition du terrain de 46,8 hectares (468 000 mètres carrés ou l’équivalent de 65 terrains de soccer) est le fruit d’une collaboration de longue date : les échanges préliminaires avec le propriétaire ont eu lieu en 2023, mais le projet s’est officiellement amorcé au début de l’hiver 2024. La signature de l’acte de don a eu lieu le 1er août 2025. Tout est maintenant bien ficelé et protégé.

« Cette propriété a été acquise grâce à un généreux don écologique de la part de M. Luc Paquet : elle possède des caractéristiques écologiques naturelles exceptionnelles. M. Paquet possède un chalet dans le coin et voulait protéger une partie du terrain, qu’il a cédé. Il a embarqué dans notre plan et nous lui en sommes reconnaissant », a-t-il ajouté.

Secteur prioritaire

Le terrain est situé à Saint-Hippolyte au cœur d’un des corridors écologiques prioritaires identifiés par Éco-corridors laurentiens.

Il possède une importante richesse écologique. Voici une partie de l’inventaire que le biologiste à l’emploi du CRPF y a fait. Environ 8 % de la superficie totale du lot est constituée de milieux humides, qui possèdent une diversité végétale importante. On y trouve aussi la présence d’une tourbière boisée. Au niveau de la flore, le terrain présente un ensemble floristique typique des Laurentides, avec très peu de plantes introduites. Pas moins de 129 espèces végétales ont été recensées sur le terrain, dont la présence de deux orchidées, peu communes dans la région. Au chapitre de la faune, cette propriété offre un habitat pour de nombreuses espèces de mammifères, reptiles et amphibiens, dont la grenouille des marais, une espèce susceptible d’être désignée menacée ou vulnérable au Québec.

De plus, trente-sept espèces d’oiseaux y ont également été recensées : dont le pioui de l’Est et la paruline du Canada, deux espèces préoccupantes au pays. Un inventaire réalisé en 2022 a permis de confirmer la présence de six espèces de chauve-souris dans ce secteur du massif des falaises, dont cinq espèces en voie de disparition, selon le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC).

(Saint-Hippolyte et Piedmont : 46,8 nouveaux hectares de terrain protégés | Journal Le Nord)

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Dossier dans la Presse en 2 articles

Coupes forestières en zone sensible | Un refus renversé en 19 minutes

Un appel en haut lieu a suffi à la papetière Domtar pour obtenir un permis de travaux forestiers qui lui avait été refusé par les voies officielles. Une énième démonstration que le ministère des Ressources naturelles et des Forêts n’agit pas dans l’intérêt public, dénoncent des groupes écologistes.

Refus annulé après une intervention de Domtar | Un choix motivé par le « contexte économique »

La papetière Domtar a fait annuler, par un appel haut placé, le refus des fonctionnaires du gouvernement de lui accorder une autorisation de coupes forestières dans une zone sensible où se trouvent des sites patrimoniaux autochtones, sur la Côte-Nord.

Il aura suffi de 19 minutes à deux dirigeants de Domtar pour convaincre la directrice générale de la gestion des forêts du Nord-Est au ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF), Audrey Murray, de passer outre l’avis des ingénieurs forestiers de son ministère.
[…]

Influence de Domtar sur le ministère des Forêts | « Je ne comprends pas comment ça peut être légal »

L’influence de Domtar sur le gouvernement québécois prouve que le ministère des Ressources naturelles et des Forêts n’agit pas dans l’intérêt public, dénoncent la communauté innue de Pessamit et des organisations écologistes.

« Les Premières Nations sont perçues par le gouvernement et certaines grandes industries comme une contrainte à l’exploitation forestière », affirme Marie-Hélène Rousseau, conseillère en gestion intégrée des ressources forestières pour le Conseil des Innus de Pessamit et détentrice d’un doctorat sur l’acceptabilité sociale de l’aménagement forestier.

« Je ne vois pas quelle urgence pouvait justifier de passer outre des règles ministérielles issues d’une obligation constitutionnelle, si ce n’est qu’un mépris des droits ancestraux », dit-elle à propos de l’autorisation donnée à Domtar pour le secteur Commodore 2.
[…]


Et un autre territoire menacé par le ministère des Ressources naturelles et des Fôrets

Lac Crystal | Le combat de la dernière chance pour sauver un lac turquoise

À Saint-Zénon, les citoyens qui voulaient protéger les pourtours d’un lac turquoise aux eaux limpides croyaient avoir tout en main pour convaincre le ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF) de renoncer aux coupes de la majeure partie des forêts qui le ceinturent. Peine perdue. Ils tentent maintenant un ultime recours judiciaire pour bloquer les abatteuses.

Ce qu’il faut savoir

  • À Saint-Zénon, le lac Crystal est menacé par des coupes forestières.
  • Pourtant, le territoire a une haute valeur écologique, un projet d’aire protégée a été déposé, et le lac est fragile.
  • Les citoyens ont fait une demande de sursis pour éviter des « préjudices irréparables ».
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À 10 h 19, Mme Murray, qui n’est pas ingénieure forestière, écrit dans un courriel à un subalterne : « nous allons aller de l’avant avec cette autorisation », invoquant « le contexte économique actuel ».

L’économie sert toujours de prétexte pour agir en urgence, mais quand l’économie va bien et que ce sont d’autres secteurs qui sont critiques, là, l’urgence disparait subitement et on tergiverse jusqu’à la prochaine crise économique. Imaginez si la CAQ avait la même urgence pour sauver les caribous de Gaspésie qu’elle a pour donner un peu plus de profits à une multinationale étrangère.

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Il fallait que ça sorte dans les médias pour le Gouvernement agisse

Coupes forestières en zone sensible | Québec suspend l’autorisation accordée à Domtar

Le gouvernement Legault suspend l’autorisation accordée à Domtar pour des travaux forestiers dans un secteur sensible de la Côte-Nord, dans la foulée des révélations de La Presse sur les circonstances ayant mené à son obtention.

« L’autorisation d’opérer est sur la glace tant qu’ils ne répondront pas aux conditions », a déclaré à La Presse Naomy Martin, attachée de presse du ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Jean-François Simard.

La forestière Domtar, qui appartient maintenant à la multinationale indonésienne Paper Excellence, a fait renverser le refus des fonctionnaires du gouvernement de lui accorder une autorisation de coupes forestières par un appel haut placé, en octobre, alors que sa demande n’était pas conforme aux exigences du ministère.

C’est la directrice générale de la gestion des forêts du Nord-Est au ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF), Audrey Murray, qui a infirmé la décision de ses subalternes, après un appel de moins de 19 minutes avec deux dirigeants de Domtar.

« L’autorisation donnée par Mme Murray était accompagnée de conditions qui n’ont pas été respectées », a précisé le cabinet du ministre Simard, évoquant la consultation obligatoire de la communauté innue de Pessamit, dont des sites patrimoniaux se trouvent dans le secteur où les coupes ont été autorisées par Québec.
[…]

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Loi 5: protéger les terres avant les mégaprojets

Martin Caron, président de l’UPA, a insisté sur l’urgence de protéger le garde-manger des Québécois en commission parlementaire, mercredi à Québec, lors de l’étude du projet de loi n° 5. (UPA)

«Protéger notre garde-manger est une priorité nationale essentielle à la sécurité et à l’autonomie alimentaire du Québec.»

Un territoire rare, déjà sous pression

L’UPA représente 42 000 producteurs exploitant plus de 22 000 entreprises agricoles et forestières sur 3,1 millions d’hectares

«Ça peut sembler beaucoup, a reconnu M. Caron, mais c’est à peine environ 2 % du territoire du Québec.»

En hectares agricoles par habitant, le Québec affiche le ratio le plus bas en Amérique du Nord: deux fois moins que la France, cinq fois moins que les États-Unis et six fois moins que le Canada

«Une terre agricole, là, c’est pas renouvelable. Un coup que je la perds, là, je peux pas en créer d’autres ailleurs. C’est non renouvelable, une terre agricole», a insisté Martin Caron en commission.

Et la pression est bien réelle. Depuis dix ans, plus de 17 000 hectares ont été sacrifiés à l’étalement urbain, aux projets industriels et aux infrastructures.

Selon l’UPA, une part importante des projets majeurs envisagés risque encore d’être implantée en zone agricole

Ce que change le projet de loi 5

Déposé le 9 décembre 2025 par le ministre des Finances Éric Girard, le projet de loi n° 5 vise à accélérer l’autorisation de grands projets d’infrastructure et d’énergie stratégiques au Québec

Il prévoit notamment que certaines dispositions législatives puissent être modifiées ou suspendues afin de réduire les délais pour des projets de plusieurs milliards de dollars.

Le ministre soutient qu’il s’agit d’un outil nécessaire pour permettre au Québec de demeurer compétitif face à d’autres provinces et au gouvernement fédéral, qui ont adopté des mécanismes similaires.

Mais pour l’UPA, la question n’est pas la vitesse. C’est la méthode.



«Contourner des lois mûrement réfléchies»

En commission, Martin Caron n’a pas mâché ses mots: «Mettre en place un mécanisme permettant de contourner des politiques, des lois et des règlements mûrement réfléchis est un risque irrationnel et déraisonnable.»

L’organisation demande explicitement que la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles ainsi que la Loi sur l’acquisition de terres agricoles par des non-résidents soient retirées de la liste des lois dont l’application pourrait être suspendue

Pour l’UPA, ces lois constituent des piliers fondamentaux de l’aménagement du territoire québécois. Les affaiblir, même temporairement, reviendrait à fragiliser un équilibre longuement construit entre développement économique et protection des ressources collectives.

Transparence et critères jugés trop larges

Au-delà de la protection des terres, l’UPA s’inquiète du manque de clarté entourant les projets qui pourraient être désignés.

«On ne les connaît pas, les projets. On ne sait pas ce qu’ils vont être», a lancé le directeur général de l’UPA Charles-Félix Ross en commission.

Selon lui, les critères évoqués — importance stratégique, retombées économiques, intérêt national — demeurent trop larges et ouvrent la porte à des décisions perçues comme arbitraires

L’UPA réclame donc des critères plus précis, ainsi que des garanties accrues en matière de transparence, de consultations publiques, d’atténuation, de compensation et d’acceptabilité sociale.

Capacité financière et main-d’œuvre: une autre inquiétude

Les échanges en commission ont aussi mis en lumière une autre préoccupation: la capacité réelle du Québec à absorber une nouvelle vague de mégaprojets.



Hydro-Québec prévoit des investissements massifs au cours des prochaines années. Le Plan québécois des infrastructures mobilise déjà des milliards. «Vous allez prendre où l’argent? Les ressources? La main-d’œuvre?» a questionné Charles-Félix Ross.

Dans un contexte où les municipalités peinent à entretenir écoles et hôpitaux, l’UPA doute qu’on puisse multiplier les projets sans déplacer les ressources existantes.

Martin Caron a pris soin de préciser que l’UPA n’est pas opposée aux projets structurants. L’agriculture et la transformation alimentaire représentent déjà un moteur économique majeur au Québec, générant des dizaines de milliers d’emplois et des milliards en retombées.

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Coupes forestières en zone sensible/ Domtar et Québec visés par deux plaintes

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Le Conseil des Innus de Pessamit porte plainte au Protecteur du citoyen et au Forest Stewardship Council relativement à l’autorisation accordée à Domtar pour des travaux forestiers dans un secteur sensible de la Côte-Nord.

Domtar et le ministère québécois des Forêts sont visés par deux plaintes de la communauté innue de Pessamit, relativement à l’autorisation accordée pour des travaux forestiers dans un secteur sensible de la Côte-Nord révélée par La Presse.

La première est adressée au Protecteur du citoyen, ombudsman dont la mission est de veiller au respect des droits des citoyens et à l’intégrité des services publics, annonce le Conseil des Innus de Pessamit dans une lettre ouverte publiée lundi1.

La directrice générale de la gestion des forêts du Nord-Est du ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF), Audrey Murray, avait accordé cette autorisation de coupe à Domtar, en octobre, même si la demande avait été refusée la veille par les voies officielles parce qu’elle n’était pas conforme aux règles en vigueur, qui exigent notamment de consulter les Premières Nations concernées2.

Le Ministère a suspendu l’autorisation après la publication de l’article de La Presse, demandant à Domtar de corriger la situation3.

« Le MRNF et Domtar n’ont pas agi de manière honorable », écrivent le chef René Simon et l’ensemble des membres du Conseil, soulignant que les deux étaient pleinement conscients de la sensibilité du dossier.

Le Conseil des Innus de Pessamit exige des explications et une « révision en profondeur du processus de consultation et d’accommodement » des communautés autochtones, à laquelle il veut participer.

« Notre confiance envers ce ministère est brisée et sera longue à rebâtir », avance René Simon.

Résumé

La communauté innue estime que le ministère des Forêts et l’industrie forestière « alimentent la confrontation », au lieu de favoriser la conciliation pour répondre aux enjeux criants de la forêt ; elle les appelle « à mettre fin à leurs pratiques colonialistes, puis à s’engager dès maintenant dans une véritable réconciliation économique et territoriale » avec les Premières Nations.

« Il est grand temps qu’ils comprennent que les Premières Nations ne sont ni une contrainte à l’aménagement de nos forêts ni un frein au développement économique, mais bien des alliés qui font partie intégrante de la solution », conclut M. Simon.

Contacté par La Presse, le cabinet du ministre des Forêts, Jean-François Simard, s’est abstenu de tout commentaire.

Précieuse certification

Domtar est de son côté visée par une plainte au Forest Stewardship Council (FSC), une organisation internationale indépendante largement reconnue, qui a déjà Domtar dans sa ligne de mire.

La communauté innue soutient que l’entreprise a violé les critères qui permettent à ses produits d’obtenir la précieuse certification du FSC, qui atteste d’une gestion écologique et socialement responsable des forêts.

Une entreprise forestière doit s’entendre avec toute communauté autochtone ayant des droits sur un territoire avant d’y amorcer des travaux, prescrit la norme canadienne d’aménagement forestier du FSC.

« Le consentement libre, préalable et éclairé est obtenu avant le début des activités d’aménagement », indique le texte, qui précise notamment que le processus doit inclure une participation des peuples autochtones à l’évaluation de la valeur de la ressource et un processus de règlement des différends convenu mutuellement.

Or, Domtar a obtenu du MRNF l’autorisation de mener des travaux forestiers dans le secteur Commodore 2, où se trouvent des sites patrimoniaux autochtones, sans avoir préalablement consulté la communauté de Pessamit.

Domtar sous la loupe

Les faits reprochés à Domtar seront examinés par l’organisme qui lui avait accordé ses différentes certifications FSC pour ses activités sur la Côte-Nord ; cet organisme, indépendant du FSC, déterminera si les actions de l’entreprise sont conformes ou non aux principes FSC.

Si une non-conformité est établie, « c’est un peu comme un constat d’infraction, mais sans pénalité financière, qui exige de changer les façons de faire pour respecter la norme », a expliqué à La Presse Mylène Raimbault, directrice pour l’Est du Canada de FSC Canada.

Si la situation n’est pas corrigée, la certification peut être suspendue, précise-t-elle.

Dans l’éventualité où les plaignants seraient en désaccord avec les conclusions de l’organisme de certification, un recours peut être intenté auprès de FSC Canada, puis un recours ultime peut être intenté auprès des instances internationales du FSC.

Domtar est d’ailleurs sous la loupe de ces instances depuis quelques années, en raison de ses liens avec l’entreprise Asia Pulp and Paper, qui appartient au même propriétaire qu’elle, le milliardaire indonésien Jackson Widjaja.

Or, l’Asia Pulp and Paper a perdu ses certifications FSC en 2007 en raison de ses pratiques de déforestation en Indonésie, et les règles du FSC interdisent la certification d’entreprises qui sont liées à des sociétés ayant perdu leur certification.

Une porte-parole de Domtar, Providence Cloutier, a déclaré à La Presse que l’entreprise « travaille à continuellement améliorer ses processus afin de développer et maintenir des relations constructives avec les communautés autochtones ».

Lisez la lettre du chef René Simon 1. Lisez le dossier « Un refus renversé en 19 minutes »

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Le Grand Montréal doit-il se doter d’une ceinture verte?

Une nouvelle étude conclut à « l’urgence d’agir » pour éviter l’urbanisation des derniers espaces naturels en zone métropolitaine.

La ceinture verte proposée par le professeur Jochen Jaeger (en vert) regrouperait des zones agricoles et d’autres milieux naturels, en entourant la zone urbanisée (en noir).

Photo : Radio-Canada / Jochen Jaeger

Le 3 février dernier, la Ville de Laval a officiellement fait l’acquisition du Golf Sainte-Rose pour le transformer en parc naturel de 52 hectares au bord de la rivière des Mille Îles, une superficie équivalente à 75 terrains de soccer.

La transaction de 12,5 millions de dollars, effectuée conjointement avec Québec et la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), permettra de bonifier la Trame verte et bleue – un réseau d’espaces naturels interconnectés sur le territoire de la CMM.

Dans sa vision, la CMM dit s’inspirer du concept de ceinture verte, tel qu’il existe à Toronto et à Ottawa, pour entourer le Grand Montréal d’espaces protégés de l’urbanisation.

Le Golf de Sainte-Rose (ci-dessus) fait partie des 520 hectares de terrains de golf identifiés par la CMM comme ayant un «fort potentiel de reconversion» en parc public.

Photo : Communauté métropolitaine de Montréal

Il faut dire que les terrains de golf sont dans la mire des pouvoirs métropolitains depuis plusieurs années. Ces fameux parcours gazonnés se sont multipliés dans les années 1990-2000, dans la foulée de la fièvre Tiger Woods, au point où ils sont devenus trop nombreux… et plus ou moins rentables.

Depuis 2010, au moins douze terrains de golf ont cessé leurs activités dans le Grand Montréal, représentant une superficie de 657 hectares, selon la firme d’urbanisme BC2.

Par conséquent, il est question, dans le tout nouveau Plan métropolitain d’aménagement et de développement (2026-2036), de dix golfs sous-utilisés. Les trois quarts de leur superficie seront protégés de tout lotissement, dans le but d’en faire des espaces naturels publics.

Certaines de ces restrictions, comme à Rosemère ou à Mascouche, sont contestées en justice par des promoteurs privés. Mais d’autres, comme à Terrebonne et à Laval, ont atteint leurs objectifs.

Inspirée du concept de ceinture verte, la Trame verte et bleue constitue la pierre angulaire de la stratégie environnementale de la CMM, peut-on lire dans le plan 2026-2036.

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Or, pour le professeur Jochen Jaeger de l’Université Concordia, le réseau planifié est très loin d’incarner une véritable ceinture verte. Car, après avoir longuement étudié ces zones tampons naturelles ailleurs dans le monde, le géographe vient de publier une nouvelle étude qui se penche spécifiquement sur le cas du Grand Montréal.

Qu’est-ce qu’une ceinture verte?

Une ceinture verte, c’est une bande continue de forêts, de terres agricoles ou de milieux aquatiques qui restreignent la construction, selon le spécialiste.

À l’heure actuelle, les lois et règlements du Grand Montréal, incluant la Loi sur la protection du territoire agricole, ne permettent pas de limiter suffisamment l’étalement urbain, selon M. Jaeger, qui dénonce notamment les exceptions accordées dans les dernières décennies pour construire en zone fertile.

Pour le chercheur, la région métropolitaine doit immédiatement s’inspirer des villes qui ont mis en place de véritables ceintures vertes avant qu’il ne soit trop tard.

Selon les scénarios qu’il a modélisés, il évoque une fenêtre de 12 ans avant que les zones naturelles toujours vierges de la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal ne soient englouties par l’urbanisation.

De 1986 à 2016, la superficie urbanisée a augmenté quatre fois plus rapidement que la population dans la RMR de Montréal, alors que les décideurs étaient amplement conscients de l’enjeu. En comparaison, la région de Toronto s’est étalée moins rapidement dans les dernières années, notamment grâce à leur ceinture verte.

Une citation de Jochen Jaeger, professeur de géographie à l’Université Concordia

La ceinture verte de Toronto a été officiellement constituée en 2005.

Photo : Radio-Canada / Gouvernement de l’Ontario

Jochen Jaeger dit avoir accumulé des données sur plusieurs années, des deux côtés de l’Atlantique, pour prouver son hypothèse.

Dans une précédente étude publiée en 2022, son équipe de recherche a analysé 60 villes européennes, dont la moitié était dotée d’une ceinture verte. Constat : les villes ceinturées avaient, en très grande majorité, réduit l’étalement urbain. Ce qui n’est pas le cas des autres villes analysées.

Dans les quarante dernières années, la superficie urbanisée a augmenté quatre fois plus rapidement que la population dans la région métropolitaine de Montréal.

Photo : iStock

Pourquoi ralentir l’étalement urbain?

L’étalement urbain, en soi, c’est un phénomène naturel de croissance des villes, et ce n’est pas fondamentalement négatif, explique Jean-Philippe Meloche, professeur d’urbanisme à l’Université de Montréal.

Là où ça devient un problème, c’est quand les coûts dépassent les bénéfices. Et c’est souvent ça qui se passe ­en Amérique du Nord, dans les dernières décennies, observe-t-il.

Même constat pour David Gordon, professeur à l’Université Queen’s et spécialiste de l’étalement urbain. Ce dernier distingue deux grandes catégories de conséquences négatives.

D’abord, une utilisation moins optimisée de l’espace, qui cause notamment :

  • Des dépenses plus élevées en infrastructures (routes, stationnements, aqueducs, services, etc.)
  • La perte accélérée de terres fertiles et de milieux naturels
  • Moins de logements par superficie donnée, donc des prix de l’immobilier plus élevés

Puis, une grande dispersion des habitants et des emplois crée aussi une dépendance quotidienne à l’automobile, et donc :

  • Une augmentation des GES et des particules fines dans l’air
  • Des impacts majeurs sur la santé publique (moins d’activité physique, plus d’accidents mortels, îlots de chaleur, augmentation du bruit, etc.)
  • Une congestion routière exponentielle, aussi appelée « trafic induit »

Ni un obstacle ni un miracle

Au Canada, nombreux sont ceux qui associent le terme ceinture de verdure à celle de Toronto et, notamment, au scandale immobilier impliquant le premier ministre, Doug Ford, en 2023.

M. Ford avait fait retirer certaines zones de la ceinture verte parce que, selon lui, la région de Toronto manquait d’espace constructible, ce qui aggravait la crise du logement. Il n’y a rien de plus important que de construire des maisons, donnait-il en justification.

Tous les experts consultés par Radio-Canada appuient la priorité donnée à la construction de logements, mais précisent que M. Ford n’a pas saisi la question de la bonne façon.

D’après Jochen Jaeger, cette perception qu’on peut toujours construire plus loin est très répandue chez les Nord-Américains.

On a l’impression qu’on peut utiliser beaucoup d’espace parce que notre territoire est grand. Mais au Canada, les villes sont majoritairement concentrées dans une petite zone, là où il y a des terres fertiles et des forêts importantes qu’on peut détruire, note-t-il.

Cet argument sur nos « grands espaces », il excuse beaucoup de choses quand on construit nos villes. Il est vrai en termes de territoire rural, mais en développement urbain, c’est un mythe assez dommageable.

Une citation de Jochen Jaeger, professeur de géographie à l’Université Concordia

Dans le Grand Toronto, il y a suffisamment d’espaces sous-utilisés en zone urbaine pour y faire des milliers de logements, et ce, sans avoir à construire des tours, explique le professeur David Gordon, spécialiste de l’étalement urbain.

David Gordon explique que le modèle de densité moyenne (maisons en rangées, plex de faible hauteur) constitue un type de densité «idéal» en milieu urbain, mais qu’il est relativement peu répandu en Amérique du Nord.

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Le problème réside avant tout dans les règlements de zonage actuels, qui limitent généralement les constructions de densité moyenne. C’est notamment ce qui peut pousser les politiciens à développer en zone vierge, comme dans la ceinture verte de Toronto.

Sur la majorité du territoire résidentiel [au Canada], on ne permet que des maisons unifamiliales détachées. Il faut permettre autre chose si on ne veut pas que les gens aillent se construire toujours plus loin, illustre Jean-Philippe Meloche.

Il y a aussi le zonage commercial, comme les immenses stationnements de centres commerciaux, qui sont des espaces sous-exploités. On devrait en transformer une partie en logements, mais [tant qu’on ne change pas la réglementation], c’est difficile, dit-il.

Selon l’organisme Vivre en Ville, le Québec compte en moyenne de trois à huit cases de stationnement asphalté par voiture, ce qui représente une part considérable du territoire.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Ces changements réglementaires permettraient de limiter le développement en saut de grenouille (leapfrog), qui s’avère être le talon d’Achille des ceintures vertes, selon le professeur Jochen Jaeger.

Si on implante seulement une ceinture verte, sans faire d’autres changements, les gens vont simplement s’installer de l’autre côté de la ceinture verte, explique le géographe de l’Université Concordia, qui a observé ce phénomène de leapfrog dans le Grand Toronto.

Il faut une approche hybride : protéger des zones naturelles ou agricoles, mais, en même temps, changer notre approche au zonage en ville, affirme-t-il.

Quoi qu’il en soit, les ceintures vertes permettent sans contredit de protéger des espaces précieux, selon Jean-Philippe Meloche. Leur principal avantage, c’est de léguer un patrimoine naturel aux générations futures, conclut-il.

À lire et à écouter aussi :

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Le 6 mars 2006, Québec annonçait sa volonté de privatiser une partie du parc national du Mont-Orford. Cette annonce a déclenché une mobilisation monstre à l’échelle nationale pour empêcher la vente de terres publiques à un promoteur privé qui souhaitait construire des condos au bas des pentes. Ces événements ont démontré la force de l’action citoyenne, mais ont aussi compliqué la relance de la station de ski.

Créé en 1938, le parc du Mont-Orford a rapidement vu le développement d’activités de ski. Après des difficultés financières dans les années 80, le gestionnaire Fernand Magnan remet les clés au gouvernement en 1998.

Par la suite, un investisseur de la région, André L’Espérance, propose de relancer la station avec un projet majeur : la construction de 1400 condos, un nouveau golf et l’agrandissement du domaine skiable.

Malgré des audiences où le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) s’est dit défavorable au projet, le ministre de l’Environnement de l’époque, Claude Béchard, a officialisé le 6 mars 2006 la vente par appel d’offres de la zone occupée par le centre de ski et le golf.

Le fruit de la vente devait permettre d’acquérir de nouveaux terrains pour doubler la superficie du parc.
[…]

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Protection de la nature /Mark Carney dévoile une stratégie de 3,8 milliards

Le gouvernement fédéral a dévoilé une stratégie de 3,8 milliards pour protéger la nature, notamment par la création de nouveaux parcs nationaux et d’aires marines de conservation.

Le premier ministre Mark Carney a annoncé ce plan mardi lors d’un évènement à Wakefield, au Québec, et a publié une liste des nouvelles aires de conservation prévues.

M. Carney affirme que son gouvernement adopte une approche ambitieuse pour la création de nouveaux espaces de conservation et de nouveaux parcs urbains, ce qui nécessitera un financement important.

« Nos écosystèmes offrent des bénéfices économiques pour les Canadiens. Les sites de Parcs Canada contribuent à plus de 4 milliards de dollars dans le PIB canadien, et ils emploient plus de 37 000 personnes » alors « quand on ne protège pas la nature, on ne fait pas un choix économique avantageux, on fait un choix qui va à notre encontre, » a indiqué le premier ministre.

Ces aires comprennent l’aire protégée autochtone et l’aire marine nationale de conservation de Wiinipaawk, dans l’est de la Baie-James, ainsi que le parc national du bassin versant de la rivière Seal, au Manitoba.

Lors de la COP15 sur la biodiversité à Montréal en 2022, le Canada s’était engagé à protéger 30 % de son territoire d’ici 2030 et M. Carney assure que ces nouvelles aires permettront d’atteindre cet objectif.

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La CAQ veut transformer des forêts en terres agricoles…

Le nouveau projet de règlement sur les pratiques agroenvironnementales du gouvernement du Québec prévoit de permettre la conversion d’environ 317 310 hectares de forêts dans le sud du Québec en champs agricoles, soit l’équivalent de huit fois le territoire de la ville de Sherbrooke.

Radio-Canada a appris que plusieurs municipalités régionales de comté (MRC), dont celle de la Haute-Yamaska, en Estrie, sont vivement préoccupées par l’actuelle mouture du projet de règlement qui fait l’objet d’une consultation jusqu’au 10 avril.

Elles s’inquiètent notamment de la levée du moratoire en vigueur depuis 21 ans sur l’augmentation des superficies agricoles dans les milieux où la qualité de l’eau est dégradée.

Québec évalue que le potentiel de déboisement pour le Centre-du-Québec, la Chaudières-Appalaches, l’Estrie, Lanaudière et la Montérégie pourrait être de 317 310 hectares. Le potentiel pour les autres régions n’a pas fait l’objet de calcul précis par le ministère de l’Environnement du Québec.
[…]

Et Bernard Drainville qui s’insurge pour la coupe d’arbres à Québec pour les travaux du tramway.

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dans la Presse

Protection du caribou forestier | « On a perdu 10 ans »

Dix ans se sont écoulés depuis que le gouvernement québécois a annoncé son intention d’élaborer une stratégie pour freiner le déclin du caribou forestier. Une décennie plus tard, le plan se fait toujours attendre. Mais le déclin du cervidé, lui, s’est aggravé

Après avoir décidé d’ignorer l’avis de ses experts en autorisant un projet éolien nuisible aux caribous de Charlevoix, le gouvernement caquiste doit approuver sous peu la destruction d’habitats du cervidé au seuil de l’extinction. L’autorisation devrait être accordée pour permettre le déboisement cet été, soit avant le dépôt du « plan d’action » censé assurer la compensation des pertes, une avenue que les scientifiques jugent de toute façon impossible.

Avant de quitter son poste de premier ministre, François Legault a annoncé le début des travaux du mégaprojet éolien Des Neiges, dont une des trois phases est cependant toujours en évaluation environnementale. En compagnie des promoteurs Hydro-Québec, Boralex et Énergir, il a présenté ce chantier prévu sur le territoire de la seigneurie de Beaupré comme un exemple de la « vision économique » du gouvernement du Québec.

Le communiqué ne faisait pas mention de l’incidence du projet sur le caribou, mais la construction des éoliennes du « Secteur Charlevoix » entraînera la destruction d’habitats que les experts du ministère de l’Environnement du Québec jugeaient de « bonne qualité » et essentiels à préserver. Ces habitats devaient devenir des « refuges d’importance pour l’espèce » dans les prochaines années, dans un contexte de réchauffement climatique.
[…]

Du travail en silo qui montre bien à quel point la CAQ est incapable de régler des problèmes environnementaux, par manque de volonté et de compétences. Voilà pourquoi l’arrivée de Fréchette ne fera pas de différence puisque l’essence du problème est vraiment profondément enfoui dans l’ADN de ce partie.

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Le nouveau parc du Mont-Orford prend forme

Ça y est, c’est fait. Le parc national du Mont-Orford a presque doublé sa superficie et la SEPAQ a commencé les travaux pour établir de nouveaux sentiers de randonnée et une nouvelle paroi d’escalade. Il devrait être possible de parcourir quelques-uns des nouveaux sentiers dès l’automne prochain, juste à temps pour les couleurs.

C’est le 8 avril dernier que le parc a officiellement intégré de nouveaux secteurs, d’une superficie de 48,4 km⁠2. Cela donne au parc une superficie totale de près de 108 km⁠2, soit une augmentation de 80 %.

Manchette La Presse

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