Politique fédérale

C’est vrai dans un contexte où il n’y aurait aucune compétition, mais dans les faits depuis mars 2025 (moment où la taxe carbone a été retirée pour le ROC) les prix reflètent la différence que générait cette taxe:

à mon avis, on aurait dû l’a garder, mais c’est une autre histoire.

Imaginons si on avait pris ce même 2.4 milliard et qu’on l’avait mis dans la bonification du service de via rail, ou dans le tramway de gatineau, ou dans les infrastructures cyclables de Vancouver, Calgary, Edmonton, Toronto, Montréal, Québec …

On continue dans la même voie, au lieu de trouver des solutions de mettre fin à notre addiction, on continue à subventionner la consommation du produit auquel on est dépendant. Produit qui, en plus, est disponible en quantité finie et tire déjà sur sa fin …

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C’est encore plus bête que ça. Le PLC a récolté 22 445 votes hier, contre 23 352 aux élections générales. Le BQ en a ramassé 21 714 contre 23 351 en 2025. Donc la grande majorité de ceux qui ont voté pour l’un ou l’autre n’ont pas changé d’idée.

Par contre, le PCC est passé de 10 961 à 1551, le NPD de 1556 à 249. Ce qui me laisse plutôt penser que ces derniers n’ont tout simplement pas été voter, puisque leur parti n’avait aucune chance. Et visiblement, quelques bloquistes aussi, ont préféré ne pas revoter.

L’histoire nous indique l’inverse. En 2022, quand il y a eu l’invasion de la Russie en Ukraine qui a fait monter les prix de l’énergie, les gouvernements ont diminués les taxes sur les carburants, et le prix à la pompe a dans les faits, diminué.

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Attention, il y a énormément de désinformation dans ce domaine. Quand on parle de statistiques, il faut citer une source crédible.

Une étude du centre de recherche en fiscalité et en finance publique de l’université de Sherbrooke:

de juin 2020 à juin 2022, le prix à la pompe augmente de 91,1 % (hausse de 98,8 ¢ le litre). De cette augmentation, 85,5 cents est attribuable à la hausse du coût d’acquisition à la rampe, qui passe de 56,2 cents à 141,7 cents, tandis que la marge de détail augmentait de 0,4 cent. Le reste est attribuable à une augmentation corrélative des taxes à la consommation de 12,9 cents. Le prix à la pompe se contracte cependant de 48,8 cents de juin à décembre 2022, soit une diminution de 23,6 %. Cette diminution est largement attribuable à la diminution du prix à la rampe de 45,1 cents sur cette période.

La variation des montants de taxe de vente prélevés est proportionnelle à la variation du prix des carburants; elle ne peut donc expliquer qu’un peu moins de 15 % de la hausse subite du prix à la pompe constatée de juin 2019 à décembre 2022. […]

* Le prix à la rampe est le prix de gros payé pour l’acquisition de l’essence.

À la suite de la flambée des prix de l’essence connue durant les sept premiers mois de 2022, certaines provinces du Canada ont réduit, voire suspendu complètement, leurs taxes provinciales spécifiques sur les carburants. […] Le Québec a plutôt offert, en 2022, différentes mesures pour pallier la hausse du coût de la vie sans toutefois réduire le taux de la taxe sur les carburants.

À noter que le fédéral avait baissé sa taxe carbone durant cette période, mais que celle-ci ne s’applique pas au Québec.

Statistique Canada compile aussi une moyenne des prix à la pompe par mois ici.

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Pour le Québec, Francis Vailles avait écrit une chronique sur le sujet le mois dernier

Essence | La fausse bonne solution

De plus en plus de voix s’élèvent pour que le gouvernement indemnise les automobilistes pour la hausse du prix de l’essence provoquée par la guerre de Trump avec l’Iran.

Leur raisonnement est simple : la hausse du prix de l’essence permet au gouvernement d’empocher davantage de taxes, pendant que les automobilistes – des électeurs – écopent. Il faut donc redonner aux automobilistes le gain réalisé par le gouvernement, en toute équité.

Ce raisonnement est toutefois bancal pour deux raisons. D’abord, l’effet net pour le gouvernement du Québec est pratiquement nul, puisque la hausse du prix du carburant a aussi un effet sur les coûts de fonctionnement du gouvernement.

Ensuite, l’allégement de la facture des automobilistes qui conduisent des véhicules à essence nous éloigne encore davantage d’un mode de transport à faibles émissions de GES (voitures électriques, transports en commun, etc.).

Or, plus nos cibles de réduction des GES s’éloignent, plus la facture pour en compenser les effets augmente – possiblement de façon exponentielle selon des recherches –, et ce sont nécessairement les contribuables qui devront l’assumer.

En mai 2008, le ministère des Finances du Québec avait justement réalisé une étude pour mesurer l’effet net d’une flambée des prix de l’essence sur son budget. À l’époque, le prix à la pompe était passé de 1,02 $ le litre en octobre 2007 à 1,44 $ en juin 2008, faisant rager les automobilistes.

Résultat de l’étude : le gouvernement sortait alors légèrement perdant d’une augmentation du prix de l’essence, estimait le ministère, même sans verser d’indemnités aux automobilistes.
[…]

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Je ne pense pas que Yvan Cliche fasse de la désinformation. Il est un expert dans ce domaine.

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Il y a ce texte de 2022 d’un professeur en taxation et finance publique de l’Université de Sherbrooke

Réduire les taxes sur les carburants est-il la meilleure façon de donner un répit aux contribuables ? L’examen de quelques éléments essentiels permet de répondre à cette question.

Actuellement, le prix du carburant en irrite plus d’un. S’il a beaucoup augmenté au cours de la dernière année, ce n’est pas à cause des taxes, comme le montre la figure 3. Au contraire, la quasi-totalité de la hausse est due à la variation du prix de l’essence avant les taxes.

L’histoire nous enseigne qu’une baisse des taxes sur l’essence n’aura peut-être pas l’effet souhaité. En novembre 1983, Jacques Parizeau, alors ministre des Finances, avait réduit la taxe sur les carburants, la faisant passer d’un taux de 40 à 30 %. Cette baisse devait se traduire par une réduction d’environ 4 ¢ le litre, ce qui était significatif par rapport au prix de l’époque. Le gouvernement se privait aussi de près de 350 millions de dollars en revenus.

Six mois plus tard, lors de son budget de mai 1984, M. Parizeau soulignait cependant que si la baisse de taxe avait initialement produit ses effets dans les jours qui ont suivi l’annonce – en entraînant une réduction équivalente du prix des carburants –, les prix avaient ensuite presque retrouvé leur niveau d’avant. En conséquence, une bonne partie de la réduction de la taxe n’a pas été transmise aux consommateurs.
[…]

Il vaudrait mieux s’inspirer de la France qui réalise grâce à ce choc pétrolier que la solution est d’accélérer la sortie des énergies fossiles.

https://www.info.gouv.fr/actualite/electrification-les-mesures-annoncees-par-le-gouvernement

Mais malheureusement le Canada est un pétro-etat au meme titre que les pays du golf.

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Grappillant depuis 2/3 ans autour des/dans les sphères souveranistes ce n’est malheureusement pas rare en dehors des solidaires et d’une petite minorité de péquiste, souvent chez les plus jeunes.

D’autant que les sables bitumeux sont rentables uniquement quand les cours du pétroles sont élevés à cause du coût extrêmement élevés lié à leur extraction et à leur raffinage.

La Norvège pendant ce temps:

image

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L’exemple de 1983 date pas mal… les choses ont énormément changé dans le marché du pétrole. La structure de concurrence n’était pas la même. C’est pas représentatif du marché actuel.

Pour le texte de Francis Vailles, il ne faut pas oublier que c’est un chroniqueur, pas un expert. En partant, je dirais que un de ses points à mal vieilli en disant : “Les voix les plus bruyantes en faveur d’une baisse des taxes sur l’essence sont toujours les mêmes, celles des conservateurs, qu’on pense à Éric Duhaime, à Pierre Poilievre ou aux lobbys de recherche propétrole”

Un mois plus tard,

Ensuite, son argument disant que ça nous éoigne d’un mode de trnasport à faibles émission de GES, ça fonctionne dans la théorie, mais en pratique, les gens ont besoin d’un allégement maintenant, et ce n’est pas tout le monde qui est prêt à changer pour un véhicule électrique. Ça prend du temps faire la transition et ce n’est pas un allègement de 5 mois qui va faire la différence…

Le point le plus important, c’est l’étude qu’il mentionne. Cette étude là dit que le gouvernement est légèrement perdant d’une augmentation du prix de l’essence. Ça ne prouve pas que les pétrolières vont augmenter leur prix quand le gouvernement va diminuer de manière temporaire la taxe sur l’essence.

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La Norvège est un pays qui a passé son pic de production, les gisements de la Mer du Nord sont en déclins depuis environ 2005. C’est un pays qui a toutefois été visionnaire en se constituant un fond souverain avec les revenus pétroliers pour préparer l’après pétrole.

Le Canada au contraire est un état pétrolier dont la production est en croissance et n’est donc pas dans le même logique que la Norvège.

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Le problème n’est pas nécessairement l’allègement, je peux comprendre qu’on veut éviter un choc sur le budget des gens.

Le problème et qu’on ne fait rien en parallèle pour cette transition, bien plus large que l’électrification. Et on pourrait parfaitement faire des mesures préférentielles immédiates pour, par exemple, encourager les gens dans les zones urbaines qui peuvent prendre le TEC ou encore le transport actif.

Mais on préfère ne rien changer dans les habitudes des gens, et on fonce simplement dans la prochaine crise dans le même état qu’avant.

C’est le même débat depuis des années. On rejette les grands changements, on excuse tout immobilisme, rien ne change dans notre dépendance au pétrole, même face à des crises existentielles de moins en moins évitables.

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Bon, Francis Vailles a écrit une autre chronique

Réduction de la taxe sur l’essence | Une décision insensée du gouvernement Carney

Un gouvernement qui nage dans les déficits a-t-il les moyens de se priver de 2,4 milliards de dollars de revenus ?

Un gouvernement qui veut doper ses dépenses militaires peut-il en même temps réduire de 2,4 milliards les revenus qui lui servent de source de financement ?

Un gouvernement qui est maintenant majoritaire est-il contraint de faire plaisir aux partis de l’opposition, nommément les conservateurs, en adoptant des mesures populaires qu’ils réclament ?

Un gouvernement dirigé par un premier ministre qui a reconnu l’urgence climatique est-il bien avisé de réduire la taxe sur l’essence, sachant que le prix de l’essence est un puissant outil pour inciter les consommateurs à prendre le virage vert ?

À toutes ces questions, la réponse est assurément NON. La décision de Mark Carney et de son ministre des Finances, François-Philippe Champagne, est donc insensée, à plusieurs égards.

Il parle de 1984

Justement, en 1984, le ministre des Finances du Québec Jacques Parizeau disait avoir constaté que sa réduction de taxe de 4 cents le litre à l’époque avait été récupérée par le réseau sans pleinement profiter aux consommateurs⁠1.

Selon ce que j’observe, un phénomène semblable s’est peut-être produit l’an dernier, après que le gouvernement Carney a aboli en avril 2025 la taxe carbone qui était imposée hors Québec.

Dans les jours suivant l’annonce, le prix a reculé de 17 à 20 cents le litre dans les villes canadiennes hors Québec, comme on pouvait s’y attendre, pendant qu’il restait stable à Montréal et à Québec, où il n’y avait pas de taxe carbone.

Or, avant le déclenchement de la guerre en Iran, le prix de l’essence a stagné dans bien des villes hors Québec, alors qu’il reculait significativement au Québec. Cet écart suggère que le réseau canadien a récupéré une partie des montants autrefois alloués à la taxe carbone.
[…]

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C’est relativement stable quand même. J’étais curieux, je m’attendais à une baisse assez marquée:

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Merci! Maintenant ta source est citée! Il parlait de la situation en Europe spécifiquement.

Je ne suis pas certain de la crédibilité de M. Cliche. Le CÉRIUM est une think tank qui est plus universitaire que partisane. Il a un CV franchement impressionnant, mais bon ça ne veut rien dire, nous avons quelques anciens premiers ministres qui sont lobbyistes pour l’industrie pétrolière. Ce monsieur est un commentateur professionnel et ça éveille toujours mes soupçons. J’ai de la difficulté à croire M. Cliche à l’antenne du 98.5 parce qu’il ne cite pas les études et les chiffres exacts dont il parle. Son intervention est plus un trust me bro qu’autre chose. Est-ce que j’ai de hauts standards ? Peut-être bien, mais je préfère toujours croire la personne qui montre ses chiffres.

Il me semble que ton graphique démontre quand même une baisse nette de l’extraction de pétrole assez importante.

En terme d’énergie totale extraite, cela s’est stabilisé, mais le gaz et le pétrole ne sont pas interchangeables dans leurs usages.

Oui, tu as bien raison. J’ai supprimé par erreur mon 2e graphique. Je voulais illustrer que l’apport financier de l’énergie aux finances de la Norvège est plutôt stable: