Pour Carney, le plus dur reste à faire
Après un an de probation, Mark Carney est sur le point d’obtenir sa « permanence » comme premier ministre du Canada. Néophyte en politique, l’ancien banquier central a démontré qu’il savait compter jusqu’à 172, le chiffre qui procure la majorité au Parlement.
Selon toute probabilité, il atteindra ce chiffre magique avec les élections complémentaires de lundi et les cinq députés d’autres partis qui se sont joints aux libéraux.
La dernière greffe est contre nature. Marilyn Gladu était une antivax et antiavortement affirmée. Mais la députée représente la région de Sarnia, dans le sud de l’Ontario qui est particulièrement malmené par la guerre commerciale de Donald Trump. Face à la crise, l’ex-conservatrice a choisi de se rallier.
Carney pour tous, tous contre Trump !
Un gouvernement canadien majoritaire serait certainement mieux outillé pour faire face aux défis énormes auxquels le Canada est confronté. Il ne s’agit pas seulement de négocier avec le président américain, mais de revitaliser l’économie canadienne au complet.
Armé de son prestigieux carnet de contacts, Mark Carney a passé sa première année dans ses valises, à signer des ententes à l’étranger. Mais entre les ententes sur papier et les résultats sur le terrain, il y a un monde de différence.
Pour lui, le plus dur reste à faire.
La défense est au cœur de sa stratégie économique. Au lieu d’acheter aux États-Unis, Ottawa veut rebâtir une capacité de production au Canada afin d’assurer notre approvisionnement militaire.
Ce plan prend déjà forme dans l’industrie navale. À Lévis, le chantier de la Davie vient d’amorcer la construction d’une partie du Polar Max, un brise-glace arctique commandé par Ottawa pour 3,25 milliards.
La ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, voit déjà plus loin. « J’aimerais bien que les chantiers navals, incluant la Davie, se mettent à exporter. C’est là que la valeur est encore plus grande », a-t-elle confié en entrevue éditoriale avec La Presse.
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