Politique fédérale

Ça me fait penser aux différents terrains que Mondev a vendus en 2023 après avoir obtenu les dérogations par PPCMOI. Quelqu’un dans ce forum s’est même demandé si c’était leur nouveau modèle d’affaires

Il faut prendre tout cela dans le contexte de la déclaration de Pierre Poilievre. C’est probablement très pertinent de souligner que des limites de densité empêche la construction d’un nombre d’unités.

Mais c’est une situation assez systémique au Québec, qui par définition se reflète dans la constance des chiffres. On construit moins tous les ans. Les plans d’urbanisme sont vieux, encrés, dur à changer, et bonifier la densité suscite de la grogne. On peut définitivement y voir un problème, mais ce n’est pas celui dont parle monsieur Poilievre: une baisse exceptionnelle.

La chute des chantiers pour l’année 2023 n’est pas dû à un changement dans les comportements des administrations comme il le suppose. Et Poilievre le sait pertinemment: il a choisi ses cibles pour ses insultes en fonction de l’orientation politique. Montréal (ville) a vu une baisse plus faible des chantiers que ses banlieues ou que le restant du Québec. Mais c’est une mairesse associée à la gauche, c’est la seule raison de son attaque, plutôt qu’une fine analyse de la situation. D’ailleurs la ville de Montréal sous Valérie Plante a battu des records de mises en chantier en 20 ans (elle avait une grande compétence là?), et cette dernière année est loin d’être la pire qu’on a vu. Elle est un peu médiocre. Le critère d’analyse de la performance des villes qu’avance le Parti Conservateur n’est même pas bon, à mon avis.

Au Québec, il ne faut pas oublier que les villes sont des créatures de la province. Beaucoup des irritants au développement sont littéralement des lois. Et lorsque Québec change des règles du jeu pour faciliter le développement, il le fait d’une façon bien calculée pour balayer la grogne chez les administrations municipales, alors que celles-ci ont le plus à perdre à chacun des projets controversés, et seront plus frileuses à foncer. On commence à voir des projets accélérés dans Griffintown, par exemple, et ça a probablement un coût politique. C’est pour cela que je ne négligerais pas l’importance des paliers supérieurs.

Poilievre néglige complètement la situation économique, qui est de loin la raison principale des difficultés à démarrer des projets cette dernière année. Tous les autres problèmes sont pertinents, mais la baisse des chantiers en 2023, c’est ça. Les coûts d’emprunt ont augmenté d’environ 50% en quelques mois, ça tue le marché au prix du Québec. Si le Parti Conservateur n’apporte pas une solution à cela (autre que s’ingérer dans la Banque du Canada), il ne fait preuve d’aucun leadership, dans un domaine pas mal plus pertinent de son point de vue que le zonage. Les projets sur la glace que souligne @Alex514 sont arrêtés pour cette raison, et non un manque de densité. Un promoteur ne pourrait pas démarrer un projet plus onéreux, un projet plus gros n’est pas plus facile à réaliser, au contraire (outre bien d’autres avantages légitime bien entendu).

En bout de ligne, tout ce que tu apportes est juste un contraste avec la déclaration du Parti Conservateur. Tu cibles des problèmes, porte un regard critique sur la situation concrète, et c’est très bien. C’est vraiment ça aussi que devrait faire une personne qui veut devenir Premier Ministre.

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C’était certainement pour s’autofinancer un autre projet. C’est pas mal moins cher d’obtenir un ppcmoi et vendre le projet que de payer les intérêts sur des millions.

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Tarifs d’un PPCMOI dans Ville-Marie

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Pierre Poilievre passe des insultes aux félicitations dans les villes où il espère des gains


Photo: Adrian Wyld, La Presse canadienne
Le chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, se lève lors d’un vote sur une motion à la Chambre des communes, à Ottawa, le 8 décembre 2023.

Boris Proulx
à Ottawa
Correspondant parlementaire
19 h 05
Canada

Le chef conservateur Pierre Poilievre ne s’est pas contenté d’insulter des maires des deux plus grandes villes du Québec, mais a aussi pris le temps jeudi de féliciter le bilan en matière de logement de trois villes qui sont dans la mire de son parti pour les prochaines élections.

« Félicitations au maire Antoine Tardif de Victoriaville pour avoir stimulé une hausse de 27 % des mises en chantier de logement grâce à des politiques de gros bon sens », a par exemple écrit le chef du Parti conservateur du Canada sur le réseau social X. Pierre Poilievre venait tout juste de prendre le clavier pour saluer les villes de Trois-Rivières et de Saguenay « pour avoir accéléré la construction », tout en partageant une capture d’écran d’un article du journal Les Affaires qui rapporte des hausses du nombre de mises en chantier dans ces deux villes en 2023.

Ces éloges envers Victoriaville, Trois-Rivières et Saguenay font partie d’une série de messages sur le sujet du logement diffusés sur les réseaux sociaux du chef conservateur jeudi après-midi. Mais certains gazouillis ont plutôt attiré l’attention pour avoir porté des propos qui ont vexé le maire de Québec, Bruno Marchand, ainsi que la mairesse de Montréal, Valérie Plante, tous deux traités d’« incompétents ».

Or, les villes qui ont au contraire été félicitées par Pierre Poilievre ont aussi en commun de se trouver sur son chemin de campagne pour les prochaines élections fédérales, confirme Marc-André Leclerc, qui a été le chef de cabinet de l’ancien chef conservateur Andrew Scheer.

« On appelait ça la “flèche bleue” : de Chicoutimi à Victoriaville, en passant par la Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches et Trois-Rivières. Ce sont des coins où les conservateurs veulent soit conserver, soit conquérir des circonscriptions », explique celui qui est aujourd’hui commentateur politique.

Trois lieux où faire des gains

Victoriaville fait partie de la circonscription de Richmond-Arthabaska, détenue par le député indépendant Alain Rayes, qui a quitté le Parti conservateur après l’arrivée de Pierre Poilievre à la chefferie. Ce geste lui a valu de faire les frais d’une campagne menée par son ancien parti visant à l’inviter à démissionner. Le maire nommé par M. Poilievre, Antoine Tardif, était jusqu’en 2021 un proche conseiller d’Alain Rayes et organisateur conservateur. Il a notamment recruté les candidats conservateurs lors des élections générales de 2019.

Trois-Rivières figure aussi dans le plan offensif des conservateurs au Québec. Battu par à peine 83 voix par son rival du Bloc québécois, l’ex-maire de Trois-Rivières Yves Lévesque a pris la parole lors du dernier congrès du Parti conservateur du Canada, qui s’est tenu à Québec l’automne dernier, et a été réinvesti candidat peu après afin qu’il puisse tenter sa revanche lors des prochaines élections. C’est d’ailleurs dans sa ville que Pierre Poilievre a choisi de fêter la Saint-Jean-Baptiste, le 24 juin dernier.

Enfin, le chef conservateur a aussi le Saguenay dans sa mire. Son parti y a fait élire un député en 2021, Richard Martel, dans Chicoutimi-Le Fjord, mais est arrivé derrière le Bloc québécois dans les deux autres circonscriptions saguenéennes.

Pierre Poilievre a d’ailleurs l’habitude de mettre en scène des personnages du Saguenay pour illustrer son propos. « Ce n’est pas le chasseur du Saguenay qui cause la criminalité au centre-ville de Montréal », a-t-il scandé devant ses militants réunis à Québec en septembre dernier. Il a aussi lâché lundi sur les ondes de CHOI Radio X vouloir « que l’argent pour le gaz naturel [aille] à un soudeur, Jean Tremblay, du Saguenay, au lieu de financer un autre missile de Vladimir Poutine ».

Le chef devait se rendre dans cette région en début de semaine, mais sa visite a été annulée en raison d’un problème d’avion. Lors de son passage précédent, en avril dernier, il avait opposé l’intérêt des travailleurs forestiers du Saguenay à la protection du caribou forestier par le gouvernement fédéral, selon lui une preuve du programme politique « extrême et wokiste » de Justin Trudeau.

« Il n’y a pas d’amour perdu »

Pierre Poilievre s’est pourtant attaqué au maire de Québec, Bruno Marchand, alors que les conservateurs détiennent plusieurs circonscriptions de cette région. Cela n’étonne pas Marc-André Leclerc, qui rappelle que le maire a souhaité publiquement la défaite électorale de Pierre Poilievre cet automne. « Clairement, il n’y a pas d’amour perdu. »

Selon lui, le Parti conservateur du Canada calcule que son électorat n’est pas celui de M. Marchand. Il ajoute toutefois que ce genre de propos tenus sur X pourrait compliquer les relations futures entre les élus fédéraux de la capitale québécoise et la municipalité.

Le plan proposé par M. Poilievre implique de couper les vivres aux villes qui n’augmentent pas la construction résidentielle. Au Québec, toutefois, les fonds fédéraux transitent par le gouvernement provincial, et ne peuvent pas être versés directement aux municipalités. « Il y a un manque d’information pour bien comprendre ce qu’on vit de notre côté », se désole Jacques Demers, président de la Fédération québécoise de municipalités et maire de Sainte-Catherine-de-Hatley.

Pierre Poilievre ne critique pas que des villes québécoises. Il décoche aussi quelques flèches envers d’autres gouvernements municipaux du Canada anglais, comme des villes de Vancouver ou de Toronto. Le Parti conservateur du Canada n’a pas répondu aux questions du Devoir à ce sujet vendredi.

Je ne veux plus jamais entendre l’expression « du gros bon sens ». C’est officiellement obsolète après cette élection. Il est tellement désespéré d’avoir des catch phrases comme Trump mais c’est vraiment gênant :skull:

Je ne commenterai même pas ses attaques électoralistes évidentes, mais je veux savoir qu’entend-il par financement fédéral ? Veut-il dire le financement des infrastructures ? Si Montréal ne parvient pas à augmenter la construction pour une raison quelconque (même hors de notre contrôle/raisons économiques), allons-nous devoir repousser les projets de transport en commun ou quelque chose comme ça ? Ou s’agit-il uniquement d’argent pour le logement ?

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Le fédéral a créer le fond d’accélération du logement. C’est 4 milliards destiné aux municipalités qui doivent alors faire des ententes directes entre elles et le fédéral. Mais au Québec le provincial veut tout contrôler donc ça n’est pas le municipal qui discute avec le fédéral et qui reçoit directement les fonds, mais le provincial qui parle avec le fédéral et qui redistribue ensuite comme bon lui semble les fonds aux municipalités (théoriquement, le problème étant si l’argent est réellement utilisé à ça. Sinon ça va être un autre 450 millions + qui disparaîtra comme par magie)

C’est tout nouveau comme programme et le fédéral croit que ça va permettre la construction de 100 000 logements en plus au Canada.

Si ça t’intéresse d’en lire plus:

Assurance médicaments Entente à Ottawa entre les libéraux et néo-démocrates

PHOTO SEAN KILPATRICK, LA PRESSE CANADIENNE

Le chef du NPD Jagmeet Singh

(Ottawa) Les libéraux et les néo-démocrates se sont entendus sur un projet d’assurance-médicaments, au terme de négociations essentielles à la survie de l’accord censé maintenir au pouvoir le gouvernement minoritaire de Justin Trudeau jusqu’en 2025.

Publié à 14h56 Mis à jour à 16h25

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Émilie Bergeron La Presse Canadienne

Une source néo-démocrate bien au fait des discussions ainsi qu’un représentant gouvernemental l’ont indiqué vendredi à La Presse Canadienne.

La Presse Canadienne a accordé l’anonymat à ses deux sources puisqu’elles n’étaient pas autorisées à parler publiquement du dossier. L’échéance imminente du 1er mars qui avait été fixée pour le dépôt d’une pièce législative sur l’assurance médicaments sera donc assurément respectée.

Selon la source néo-démocrate, le projet de loi à être présenté par les libéraux mentionne que la couverture des contraceptifs aura lieu dans un premier temps sous un programme universel à payeur unique. Il en ira de même pour « la plupart » des médicaments destinés à traiter le diabète de type 1 et 2, a-t-on indiqué.

« On s’attend à voir des résultats plus tard en 2024 », a affirmé cette source en précisant que cette échéance n’est pas mentionnée dans le projet de loi.

Selon elle, les libéraux se sont engagés à commencer rapidement des négociations nécessaires avec les provinces et les territoires pour que la première phase convenue devienne réalité.

Le projet de loi définira aussi le cadre pour que, à plus long terme, un système complet d’assurance médicaments universel soit mis en place.

À ce niveau, le Nouveau Parti démocratique (NPD) a soutenu que la pièce législative spécifiera que la formule retenue devra respecter la Loi canadienne sur la santé. On a insisté sur le fait que cette loi prévoit l’universalité pour qu’une province reçoive du fédéral sa « pleine contribution pécuniaire » pour les services de santé qu’elle livre.

Le NPD milite pour un système d’assurance médicaments universel à payeur unique, tel que recommandé dans un rapport de 2019 qui avait été commandé par le gouvernement Trudeau.

L’accord « de soutien et de confiance » liant les néo-démocrates aux libéraux prévoyait initialement l’adoption d’une loi sur l’assurance-médicaments avant la fin de l’année dernière.

Les formations politiques se sont entendues en décembre pour repousser le délai au 1er mars et que le projet de loi ne soit que déposé d’ici là.

Le chef néo-démocrate a fait valoir mercredi que son parti a profité du sursis accordé pour demander davantage, c’est-à-dire la couverture, à plus court terme, de contraceptifs et de médicaments prescrits à des personnes diabétiques.

Vendredi, la source néo-démocrate a indiqué que la liste de médicaments qui doivent être couverts dans un premier temps inclut, au chapitre du diabète, toutes les sortes d’insuline, mais exclut l’Ozempic.

L’actualité des derniers mois a démontré qu’au Canada, de nombreux médecins ont prescrit de l’Ozempic à leurs patients pour les aider à perdre du poids.

Au niveau de la planification des naissances, on retrouve les moyens contraceptifs obtenus par prescription, comme les traitements hormonaux, les anovulants, le stérilet et la « pilule du lendemain ». La sélection correspond, a-t-on dit, à la couverture offerte par la Colombie-Britannique.

Un fonds est aussi prévu pour étendre la couverture à de l’équipement utilisé par les personnes diabétiques pour mesurer leur glycémie, c’est-à-dire le taux de glucose dans leur sang.

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Les conservateurs appuient le projet de loi anti-briseurs de grève

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

L’ensemble des députés de la Chambre des communes a voté pour le projet anti-briseurs de grève.

(Ottawa) Contre toute attente, les conservateurs ont voté pour le projet de loi anti-briseurs de grève mardi qui vise à interdire le recours aux travailleurs de remplacement dans les industries réglementées par le fédéral. L’ensemble des députés de la Chambre des communes l’a appuyé. « Une mauvaise nouvelle » pour le pays, selon la Chambre de commerce du Canada.

Mis à jour hier à 17h13

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Mylène Crête
Mylène Crête La Presse

Le projet de loi issu de l’entente entre les libéraux et les néo-démocrates a ainsi passé l’étape de la deuxième lecture. Plusieurs néo-démocrates ont levé le poing en signe de victoire lorsqu’ils se sont levés pour voter en chambre, dont Alexandre Boulerice, qui était au cœur des négociations avec les libéraux sur son contenu.

Résumé

« On a forcé le gouvernement à présenter un projet de loi », s’est empressé de rappeler le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, après le vote.

« Dans le passé, les libéraux ont voté contre un projet de loi anti-briseurs de grève plusieurs fois. Les conservateurs aussi ont voté contre un projet de loi anti-briseurs de grève plusieurs fois. Donc, c’est vraiment grâce à nos efforts et l’effort des syndicats en général qu’on est dans cette situation aujourd’hui. »

PHOTO SEAN KILPATRICK, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Jagmeet Singh

Les conservateurs avaient laissé planer le suspense sur la position qu’ils allaient adopter lors des débats. Ils critiquent également fréquemment ce qu’ils nomment « la coalition NPD-libérale » qui permet au premier ministre Justin Trudeau de gouverner comme s’il formait un gouvernement majoritaire. Leur chef Pierre Poilievre courtise toutefois le vote des travailleurs dans certaines circonscriptions, notamment dans le nord de l’Ontario.

« Je prends ça comme un très bon signe, a réagi le ministre du Travail, Seamus O’Regan. Nous sommes à mi-chemin d’un changement monumental dans les relations de travail dans ce pays et dans les droits des travailleurs de ce pays. »

Le Bloc québécois réclame une telle loi depuis des décennies. Le parti avait déposé un projet de loi anti-briseurs de grève à chaque législature depuis 1990.

Le projet de loi C-58 devra maintenant être étudié en comité parlementaire, où il pourrait être amendé. Les conservateurs n’ont pas commenté leur vote publiquement, mais indiquent en coulisse qu’il reste des zones grises et beaucoup de questions à soulever.

« Ce vote est une mauvaise nouvelle pour le Canada, les familles canadiennes et les travailleurs canadiens », a réagi le président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Canada, Perrin Beatty.

Il estime qu’une loi anti-briseurs de grève risque plutôt d’allonger la durée des conflits de travail et de multiplier leur fréquence en favorisant la partie syndicale au détriment de la partie patronale. Il craint que cela ajoute au problème de productivité au pays et nuise à la réputation du Canada à l’échelle internationale.

« Si ce projet de loi devient loi, la prochaine fois qu’une grève entraînera l’arrêt des transports ferroviaires ou aériens, des services cellulaires ou des paiements par carte de crédit, ou des opérations portuaires qui maintiennent les produits sur les étagères et les produits frais dans les épiceries, les coûts pour tous les Canadiens seront plus élevés – tout ça à cause de la décision des politiciens de faire passer la politique avant les meilleurs intérêts des Canadiens », a-t-il ajouté dans une déclaration écrite.

Le projet de loi C-58 est l’une des demandes les plus importantes de l’entente entre les libéraux et les néo-démocrates. Il s’agissait également d’une promesse électorale des libéraux. Les deux partis ont négocié pendant plus d’un an.

Pour la présidente de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Magali Picard, il s’agit d’une « avancée majeure pour la solidarité syndicale » et « un jalon historique pour la justice sociale ».

« Les parlementaires reconnaissent enfin l’importance vitale de sauvegarder l’équilibre du rapport de force entre les travailleuses et travailleurs et les employeurs », a-t-elle souligné.

Les syndicats ont salué cette avancée historique lorsqu’il a été déposé en novembre. S’il est adopté, le projet de loi empêchera un employeur de recourir à des contractuels ou à des employés pour franchir la ligne de piquetage lors d’un conflit de travail. Le gouvernement fédéral rattraperait ainsi un retard de 46 ans sur le Québec.

Selon Unifor, la durée moyenne d’un conflit de travail lorsqu’un employeur fait appel à des briseurs de grève est de 265 jours, contre 42 jours lorsqu’on n’y a pas recours.

Transfert en Santé

Résumé

Québec risque de perdre 900 millions sans accord avec Ottawa d’ici la fin mars

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

La part de l’enveloppe globale devant revenir au Québec est d’environ 10 milliards sur 10 ans, dont 4,8 milliards provenant d’un éventuel accord bilatéral.

(Ottawa) Ottawa compte retenir près d’un milliard en fonds fédéraux additionnels destinés au Québec en matière de santé pour 2023-2024 si la province n’a pas signé une entente bilatérale avec le gouvernement de Justin Trudeau d’ici au 31 mars.

Publié à 19h02

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Émilie Bergeron La Presse Canadienne

Le bureau du ministre québécois de la Santé, Christian Dubé, a mentionné ce montant dans une déclaration écrite transmise mercredi, dénonçant la « menace de faire périmer les sommes ».

Une source fédérale bien au fait du dossier a fourni une information similaire sur la hauteur du versement en jeu, indiquant qu’il s’agit d’environ 900 millions. La Presse Canadienne lui a accordé l’anonymat puisque celle-ci n’était pas autorisée à parler publiquement des discussions entre les deux ordres de gouvernement.

En annonçant une hausse des investissements d’Ottawa en santé de 46 milliards sur 10 ans, il y a plus d’un an, le gouvernement de Justin Trudeau faisait savoir qu’une portion de 25 milliards passerait par des ententes individuelles et une autre par une bonification du Transfert canadien en matière de santé (TCS).

La part de l’enveloppe globale devant revenir au Québec est d’environ 10 milliards sur 10 ans, dont 4,8 milliards provenant d’un éventuel accord bilatéral.

« Pour recevoir le financement prévu pour 2023-2024 dans le cadre des ententes bilatérales individuelles, les provinces et les territoires doivent signer une telle entente d’ici le 31 mars 2024 », a toutefois signalé Ottawa, tel qu’écrit dans son énoncé économique de l’automne.

La source fédérale a ajouté que la garantie de bonification du TCS – une hausse annuelle de 5 % sur cinq ans – est conditionnelle à la signature attendue.

À l’approche de cette échéance, le ministre fédéral de la Santé, Mark Holland, a soutenu mardi qu’il aura rallié les six provinces et territoires non signataires, dont le Québec, à temps pour la date butoir fixée par le gouvernement Trudeau. Il a, par le fait même, rappelé l’échéance en question.

Mis à part le Québec, les autres provinces qui n’ont pas d’accord final avec Ottawa ont toutes conclu des ententes de principe.

« La santé est un champ de compétence qui appartient aux provinces et […] il n’y a aucune raison qui justifie que le gouvernement fédéral ne débourse pas les sommes convenues », a déclaré le bureau de M. Dubé, qui conteste la validité de l’échéance.

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Le ministre québécois de la Santé, Christian Dubé

On a affirmé qu’« il est arrivé plusieurs fois par le passé qu’une négociation avec le fédéral dépasse le cadre de l’année financière et que les sommes soient reportées à l’année suivante et versées de façon rétroactive ».

Selon la source fédérale, pour que le Québec puisse toucher les 900 millions rétroactivement, une décision en ce sens du conseil des ministres fédéral sera nécessaire.

Le bureau de M. Holland, de son côté, n’a pas été en mesure de confirmer le montant que Québec risque de perdre. Depuis mardi, on fait valoir que la hauteur des versements annuels sera déterminée dans les accords bilatéraux eux-mêmes.

Avec ces ententes, le fédéral veut obtenir des provinces « des plans d’action décrivant la façon dont les fonds seront dépensés [en plus des dépenses existantes] et de quelle façon les progrès seront mesurés », avait-on précisé l’an dernier.

Résumé

Ottawa dépose le projet de loi sur l’assurance médicaments

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Le Québec et l’Alberta ont déjà déclaré qu’elles souhaitaient se retirer du programme fédéral et obtenir une pleine compensation financière pour investir cette somme dans leur propre régime d’assurance médicaments existant.

(Ottawa) Le ministre fédéral de la Santé, Mark Holland, a déposé jeudi matin le projet de loi très attendu visant à ouvrir la voie à un régime national d’assurance médicaments – et permet aux libéraux de conserver le soutien du NPD en Chambre.

Publié à 11h35

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Laura Osman La Presse Canadienne

Ottawa devrait également lancer rapidement, en attendant l’adoption de la loi, un programme visant à couvrir les contraceptifs et les médicaments et fournitures aux diabétiques pour toute personne possédant une carte d’assurance maladie.

C’était là une des conditions de l’« entente de soutien et de confiance » conclue il y a deux ans avec les néo-démocrates, qui ont présenté jeudi le projet de loi libéral comme la réalisation d’un vieux rêve du NPD.

L’assurance médicaments constitue un pilier central du pacte politique entre les deux partis, qui prévoit que les néo-démocrates aident le gouvernement libéral minoritaire à se maintenir au pouvoir en échange de progrès sur une liste de priorités communes.

Mais l’avenir de l’assurance médicaments semblait incertain au début de février, après une impasse de plusieurs mois sur le libellé du projet de loi et sur le nombre de médicaments qui seraient couverts au début.

Le NPD a finalement annoncé la conclusion des négociations à la fin de la semaine dernière, à l’approche de la date limite négociée du 1er mars pour le dépôt d’un projet de loi.

« C’est historique. C’est le rêve de notre parti depuis sa création, a déclaré jeudi matin le chef du NPD, Jagmeet Singh. Ça n’arrive pas par enchantement : ça se produit parce que les néo-démocrates se sont battus et que nous avons forcé le gouvernement à le faire. »

Le porte-parole néo-démocrate en matière de santé, Don Davies, qui a piloté les négociations pour son parti, a déclaré que les derniers détails avaient été réglés en fin de semaine dernière.

« Le NPD a simplement insisté sans relâche pour que nous construisions un système qui établisse un formulaire “à payeur unique” et une formule pour l’assurance médicaments, et je peux vous dire que c’est ce que fait le projet de loi », a-t-il déclaré.

Les coûts et la couverture

La réticence des libéraux était en grande partie liée aux coûts du programme. Un régime complet d’assurance médicaments coûterait au gouvernement fédéral près de 40 milliards par année une fois qu’il serait pleinement opérationnel, a estimé le directeur parlementaire du budget.

En décembre dernier, les deux partis ont convenu de repousser l’échéancier initial, qui aurait permis l’adoption complète de la loi d’ici la fin de l’année dernière.

Puis, M. Singh a menacé de « briser » le pacte politique entre les deux partis si un projet de loi acceptable pour le NPD n’était pas déposé avant le 1er mars. Mais lui et son parti ont exprimé ouvertement leur désir de maintenir l’entente en vigueur et de voir un projet de loi sur l’assurance médicaments débattu à la Chambre des communes.

Le projet de loi devrait énoncer les principes qui sous-tendraient un éventuel régime fédéral d’assurance médicaments à l’avenir.

En raison du retard dans le dépôt du projet de loi, les libéraux ont accepté de lancer entretemps une couverture pour les contraceptifs, l’insuline et les fournitures pour diabétiques, comme les appareils de surveillance du glucose, a déclaré M. Singh.

Le Québec et l’Alberta ont déjà déclaré qu’elles souhaitaient se retirer du programme fédéral et obtenir une pleine compensation financière pour investir cette somme dans leur propre régime d’assurance médicaments existant.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, soutenait mercredi que le « tout petit » programme d’assurance médicaments fédéral couvrirait uniquement « des affaires déjà couvertes » par le gouvernement du Québec, si bien qu’il n’a « aucune valeur ajoutée ».

Le député néo-démocrate Davies a reproché aux gouvernements de l’Alberta et du Québec d’avoir rejeté la proposition fédérale sans même l’avoir vue.

https://x.com/C_Mulroney/status/1763337379165934039?s=20

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Tous les médias avaient déjà préparé le résumé biographique

Je me souviendrai surtout de son rôle dans la fin de l’apartheid en Afrtique du Sud. Il a tenu tête aux autres dirigeants comme Margaret Thatcher…

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Le Parti conservateur du Canada mène une campagne sur la tarification du carbone qui repose sur un grand mensonge : les Canadiens ne pourraient supporter une augmentation de 15 $ du prix du carbone, malgré le fait que le directeur parlementaire du budget a calculé que 80 % des Canadiens reçoivent un remboursement qui égale ou dépasse le coût que représente pour eux cette tarification du carbone.

Résumé

Tarification du carbone Le grand mensonge des conservateurs

PHOTO AARON VINCENT ELKAIM, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES

Des raffineries à Edmonton, en Alberta. « Le Directeur parlementaire du budget a calculé que 80 % des Canadiens reçoivent un remboursement qui égale ou dépasse le coût que représente pour eux [la] tarification du carbone », écrit l’auteur.

Le Parti conservateur du Canada mène une campagne sur la tarification du carbone qui repose sur un grand mensonge : les Canadiens ne pourraient supporter une augmentation de 15 $ du prix du carbone, malgré le fait que le directeur parlementaire du budget a calculé que 80 % des Canadiens reçoivent un remboursement qui égale ou dépasse le coût que représente pour eux cette tarification du carbone.

Publié à 2h01 Mis à jour à 11h00

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Claude Garcia

Claude Garcia Administrateur de sociétés

Les conservateurs refusent de parler de ce chèque trimestriel de compensation que reçoivent les Canadiens. Les conservateurs prétendent également que la tarification du carbone ne fonctionne pas. Voici deux exemples qui suggèrent le contraire.

La société albertaine Capital Power a annoncé le 8 mars 2021, quelques jours avant la décision de la Cour suprême sur la tarification du carbone, un investissement de 1 milliard pour remplacer le charbon par le gaz naturel à sa centrale Genesee. Elle espère obtenir un rendement de plus de 20 % sur le capital investi si le tarif sur le carbone augmente à 170 $ la tonne d’ici 2030. La société réduira ses émissions annuelles de 3,5 mégatonnes à compter de juin 2024 avec ce projet.

La société Advantage Energy de Calgary a quant à elle développé, à partir des résultats de la recherche de l’Université de la Saskatchewan, une technologie de pointe en captage et stockage de carbone qu’elle tente maintenant de commercialiser. Elle a créé à cette fin, en 2020, une filiale appelée Entropy qui a reçu un investissement de 300 millions du Fonds de transition de Brookfield en mars 2022.

Le Fonds de croissance du Canada (FCC) a convenu le 20 décembre 2023 d’effectuer un investissement de 200 millions dans Entropy, jumelé à un achat de crédits carbone à tarif fixe pouvant aller jusqu’à 1 million de tonnes par année.

Parallèlement à cet investissement, le FCC s’est engagé à acquérir jusqu’à 600 000 tonnes de crédits carbone annuellement sur une période de 15 ans. Le premier projet qui bénéficiera de cette entente est le Glacier phase 2 d’Advantage Energy qui pourrait générer 185 000 tonnes de crédits vendues à un tarif de 86,50 $ par tonne. Par cet accord, le FCC absorbe le risque de tarification du carbone, ce qui permettra à Entropy de lancer son projet de captage de carbone dans les meilleurs délais.

Si le projet de captage de Glacier phase 2 devait être opérationnel au début de 2025 comme prévu, le prix à payer pour émettre une tonne de carbone dans l’atmosphère en Alberta sera alors de 95 $ la tonne. Entropy accepte de recevoir moins d’argent pour chaque tonne de carbone captée et séquestrée afin d’obtenir l’assurance d’obtenir 86,50 $ de façon certaine pendant 15 ans, ce qui lui permettra d’amortir entièrement l’investissement consenti pour installer son système de captage et de séquestration du carbone, quelle que soit l’évolution du prix du carbone dans l’avenir.

Le FCC monnaiera ses crédits de carbone auprès du gouvernement fédéral, ce qui lui permettra de réaliser des bénéfices tant que la politique fédérale actuelle de droits sur le carbone sera en vigueur, bénéfices qui lui permettront de garantir le financement d’autres projets semblables partout au Canada.

Ces exemples démontrent que la tarification du carbone peut générer des investissements importants pour réduire les émissions si le prix est relativement élevé ou si les acteurs économiques ont la certitude qu’il continuera d’augmenter. Il y a d’autres projets de captage de carbone prêts à démarrer dans l’Ouest canadien, tous plus importants que celui d’Advantage Energy.

Le grand mensonge conservateur alimente un climat d’incertitude qui ne favorise pas la prise de décision sur ces investissements importants qui pourraient réduire de plus d’une dizaine de mégatonnes les émissions canadiennes. C’est le discours conservateur plutôt que la tarification du carbone qui est responsable de ces délais.