Patrimoine en péril

Le chemin de croix de la protection du patrimoine


Photo: Jacques Nadeau, Archives Le Devoir
Le Grand Séminaire de Montréal, classé site patrimonial en 1982, quittait ses locaux historique en août 2020, étant donné qu’il n’accueillait plus qu’une poignée d’étudiants prêts à suivre la formation de huit ans pour devenir prêtre.

Zacharie Goudreault
24 juillet 2023
Société

Finie, la démolition de bâtiments patrimoniaux, abandonnés ou négligés par leur propriétaire ? Malgré les récents changements législatifs mis en place pour s’attaquer à ce phénomène au Québec, la capacité des municipalités à protéger adéquatement leur cadre bâti existant demeure limitée. État des lieux.

Dans les dernières décennies, de nombreuses églises, maisons centenaires et autres bâtiments patrimoniaux sont tombés sous le pic des démolisseurs dans la province, après avoir été laissés vacants ou mal entretenus par leur propriétaire, volontairement ou non. Au point que le gouvernement du Québec a pris le taureau par les cornes en sanctionnant, le 1er avril 2021, son projet de loi 69, devenu la Loi modifiant la Loi sur le patrimoine culturel et d’autres dispositions législatives*.*

En vertu de ce document législatif, les villes du Québec avaient jusqu’au 1er avril de cette année pour adopter un règlement encadrant la démolition des bâtiments et jusqu’au 1er avril 2026 pour adopter un règlement portant sur l’occupation et l’entretien des immeubles patrimoniaux sur leur territoire, dans le but d’en assurer la sauvegarde.

À l’heure actuelle, certaines villes n’ont pas encore adopté un règlement de démolition, malgré l’échéancier imposé par le gouvernement Legault, rapporte le président de la Fédération Histoire Québec, Jean-Louis Vallée. Le ministère de la Culture et des Communications ainsi que celui des Affaires municipales n’ont pu confirmer cette information. Chose certaine, d’autres villes, comme Québec et Montréal, ont adopté dans les derniers mois des changements réglementaires concernant l’occupation et l’entretien de leurs bâtiments allant plus loin que les exigences inscrites dans le document législatif issu du projet de loi 69. Ces deux villes entendent ainsi obliger les propriétaires de bâtiments patrimoniaux à maintenir ceux-ci en bon état, sous peine de recevoir une amende pouvant atteindre 250 000 $.

Les municipalités régionales de comté (MRC) ont par ailleurs jusqu’en 2026 pour réaliser un inventaire de tous leurs bâtiments construits avant 1940 et qui présentent un intérêt patrimonial. La Ville de Montréal entend elle aussi réaliser un inventaire similaire, qui devrait l’aider à superviser l’entretien des bâtiments patrimoniaux de la métropole. « Ça va être un outil très intéressant pour pouvoir avoir des actions ciblées, chirurgicales », explique le responsable de l’urbanisme au comité exécutif, Robert Beaudry.

La capacité des villes à inspecter adéquatement l’ensemble des bâtiments patrimoniaux se trouvant sur leur territoire, puis à forcer la main aux propriétaires récalcitrants, demeure cependant limitée, relèvent plusieurs défenseurs du patrimoine joints par Le Devoir. « C’est clair que, dans l’application de ces règlements, il y a des défis techniques qui font en sorte qu’il y aura encore des pertes de bâtiments patrimoniaux », dit notamment l’avocat et doctorant à l’Université Laval Charles Breton-Demeule, qui a réalisé plusieurs recherches portant sur la protection du patrimoine québécois.

Des pouvoirs limités

Les municipalités ne détiennent d’ailleurspas encore le pouvoir de forcer un propriétaire à effectuer à ses frais les travaux de réfection sur un immeuble à valeur patrimoniale. Elles doivent ainsi se battre devant les tribunaux contre les propriétaires récalcitrants pour obtenir l’autorisation de réaliser elles-mêmes ces travaux, avant d’envoyer la facture au propriétaire, en espérant qu’il acceptera de payer celle-ci.

Or, « s’il faut chaque fois poursuivre [les propriétaires récalcitrants], ça crée un engorgement des structures et des procédures judiciaires qui fait en sorte que bien des bâtiments auront le temps de disparaître avant que les choses se fassent », lance le directeur des politiques à Héritage Montréal, Dinu Bumbaru. Selon lui, Québec aurait avantage à s’inspirer des Pays-Bas en proposant une exemption de taxes foncières pour les bâtiments classés patrimoniaux, en échange de quoi les propriétaires de ceux-ci s’engageraient à bien entretenir ces immeubles, qui feraient l’objet d’inspections régulières.

« Il y a un bâton, mais est-ce que ça prendrait une carotte également ? » se demande d’ailleurs la responsable du patrimoine et de l’urbanisme au comité exécutif de la Ville de Québec, Mélissa Coulombe-Leduc. Cette dernière estime qu’une réflexion collective s’impose pour trouver des moyens d’encourager davantage les propriétaires à bien entretenir les bâtiments patrimoniaux, dont le nombre s’élèverait entre 15 000 et 20 000 dans la ville de Québec.

Avoir les moyens d’exproprier

La nouvelle législation québécoise permet d’autre part aux villes d’inscrire un avis au registre foncier lorsqu’un propriétaire refuse de réaliser certains travaux correctifs sur un bâtiment. Si, dans un délai de 60 jours, les travaux requis n’ont pas été faits, une Ville peut procéder à l’acquisition du bâtiment concerné, soit par expropriation ou de gré à gré, que celui-ci présente ou non un problème de sécurité.

Le problème, c’est que les municipalités manquent de moyens financiers pour procéder à de telles expropriations, relève l’élu municipal Robert Beaudry. « Il ne faut pas juste que les villes aient la capacité de le faire [d’exproprier des propriétaires], mais aussi qu’elles en aient les moyens », fait-il valoir. « Les outils qu’on a doivent toujours venir avec les moyens financiers. »

Gérard Beaudet, professeur à l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage de l’Université de Montréal, estime pour sa part que les villes peuvent contribuer à la protection des bâtiments patrimoniaux en tenant davantage compte de ceux-ci dans leurs règlements d’urbanisme. Les municipalités pourraient par exemple s’assurer de ne pas autoriser des bâtiments de grande hauteur dans des secteurs où se trouvent des bâtiments patrimoniaux afin d’éviter que ceux-ci fassent les frais d’une pression immobilière accrue au nom d’une plus grande densité.

« Les municipalités sont en partie coupables des pressions sur les cadres bâtis. Quand on permet ce qui est sans commune mesure avec ce qui existe, on condamne ce qui existe à la disparition », explique M. Beaudet. « Est-ce qu’à force d’être obnubilé par la densification, on va commencer à permettre des transformations radicales des quartiers qui vont avoir des impacts négatifs sur le patrimoine ? » demande-t-il.

À cet égard, Robert Beaudry estime qu’un équilibre doit être trouvé entre densification et protection du patrimoine. « Il faut trouver des moyens parce qu’on la souhaite, la densification ; on en a besoin pour des raisons sociales, écologiques, mais elle doit se faire dans une intensification qui est cohérente avec la forme urbaine de Montréal », relève-t-il. « Elle doit prendre en compte les aspects patrimoniaux. »

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Incendie sur Ste-Catherine entre Dufresne & Fullum, ça semble maîtrisé, selon TVA
https://www.tvanouvelles.ca/2023/08/24/montreal--un-batiment-vacant-passe-au-feu-sur-la-rue-sainte-catherine

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Malgré l’affiche, il ne semble y avoir aucun travaux, et ça fait de nombreux mois que c’est en place. C’est un cas d’échafaudage temporaire devenu permanent.

Existe-t-il des mécanismes en place à la ville pour forcer les propriétaires à effectuer les travaux et retirer leurs affreux échafaudages? Surtout que leur hauteur est souvent insuffisante, et je dois constamment me pencher pour réussir à passer en-dessous sans me frapper la tête. C’est exaspérant!

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Je crois qu’un gros levier qu’utilise la ville est le prix d’occupation du domaine public. ça coûte de l’argent d’occuper le trottoir. Donc plus ils laissent traîner leur échafaudage, plus ils perdent de l’argent pour rien.

Forcer des travaux, ça c’est très compliqué. C’est un chemin de croix.

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Vivement de nouvelles réglementations ou des mesures fiscales coercives pour mettre au pas les propriétaires négligeants!

J’aimerais voir un ultimatum en termes d’échéanciers, et si les travaux ne sont pas faits, la ville les réalise et refile la facture au propriétaire sans possibilité de contestation. Si le propriétaire ne paye pas, la ville saisit le bâtiment et en devient propriétaire, encore une fois sans possibilité de contestation. Ça et des taxes exponentielles pour les bâtiments ou locaux laissés vacants.

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J’aimerais savoir où se situe cet édifice en travaux. Merci .
Ok trouvé, 4234 St-Laurent.

C’est une impression ou bien notre entourage Guimard n’est plus très bien entretenu, la peinture commence à être vraiment pâle, la neige et la scrape qui se ramasse l’hiver car la STM ferme la moitié de l’escalier, les luminaires qui ne fonctionnent plus depuis plusieurs mois si c’est pas années.

C’est dommage car c’est l’un des rares originaux hors Paris.

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Une protectrice du patrimoine

Dans la Gazette

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Reportage radio à l’émission Le 15-18

Le 50e anniversaire de la démolition de la maison Van Horne


La démolition de la maison Van Horne, qui se trouvait à l’angle des rues Sherbrooke et Stanley, est un événement charnière dans le mouvement pour la protection du patrimoine bâti, qui mènera à la création de Sauvons Montréal et d’Héritage Montréal.PHOTO : BAnQ / Jean Goupil/Fonds La Presse, BAnQ

PUBLIÉ LE 7 SEPTEMBRE 2023

Il y a 50 ans maintenant que la maison patrimoniale Van Horne, qui se trouvait à l’angle des rues Sherbrooke et Stanley, est démolie. Cette immense résidence était la propriété de William Van Horne, qui l’avait achetée pour y loger sa famille et sa vaste collection de tableaux, comme le raconte le directeur des politiques à Héritage Montréal, Dinu Bumbaru. La démolition de cette maison le 8 septembre 1973 a entraîné une grande mobilisation citoyenne, notamment en raison du grand nombre de démolitions qui avaient lieu à l’époque. Ces mobilisations ont aussi mené à la création de deux organismes : Sauvons Montréal et Héritage Montréal.

Dans cette entrevue, Dinu Bumbaru explique les progrès qui ont été faits depuis cette époque en matière de protection et d’entretien des bâtiments à Montréal.

https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/Le-15-18/segments/entrevue/454830/demolition-batiment-maison-van-horne-montreal-patrimoine-50-ans


Texte d’opinion dans Le Devoir aussi

Il y a 50 ans, la démolition de la maison Van Horne marquait un tournant

Il y a 50 ans, la démolition de la maison Van Horne marquait un tournant


Musée McCord
La maison Van Horne vers 1890

Jean-Claude Marsan
L’auteur est professeur émérite à l’Université de Montréal.
8 septembre 2023
Idées

Il y a cinquante ans eut lieu à Montréal, les 7 et 8 septembre 1973, la démolition de la maison Van Horne. Située à l’intersection des rues Sherbrooke et Stanley, cette résidence fut construite vers 1870 par l’architecte J. W. Hopkins. Achetée en 1889 par sir William Van Horne, alors président du Canadien Pacifique, elle fut agrandie à sa demande pour compter cinquante-deux pièces, dont les principales ont été redécorées par Edward Colonna. Il en résulta une remarquable maison patrimoniale de style victorien à l’extérieur et d’Art nouveau à l’intérieur.

En 1973, l’entrepreneur David Azrieli décida d’acheter cette maison à condition de pouvoir la démolir, ce qui suscita de vives réactions tant de la part des citoyens anglophones que de la part des francophones. Le ministre des Affaires culturelles de l’époque, François Cloutier, décida alors d’intervenir, sauf qu’il se retira du dossier quatre mois plus tard sous la pression du maire Jean Drapeau, qui lui s’entichait plutôt de projets de développement. Le permis de démolition fut accordé le 7 septembre 1973 à l’entrepreneur, lequel commença la démolition de la maison le jour même. Un édifice de bureaux de dix-sept étages de peu d’intérêt architectural fut alors érigé sur le site.

Une période de rattrapage du développement urbain, alimentée par la croissance économique, a marqué l’Occident après la Deuxième Guerre mondiale. Il en résulta, à Montréal, un aveuglement concernant le patrimoine bâti, surtout de la part des dirigeants francophones. Pour s’en faire une idée, rappelons qu’il avait été envisagé à l’époque de faire passer une autoroute dans le Vieux-Montréal.

Avec les années 1970 émergea une nouvelle mentalité en ce qui concerne le patrimoine bâti et urbain, mentalité que l’on pourrait qualifier de « réappropriation » visant l’amélioration de la qualité de la vie en ville. Ainsi, l’association Espaces verts fut fondée en 1971, suivie par Sauvons Montréal en 1973. Le Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM) vit le jour en 1974 et Phyllis Lambert, figure dominante de ces années de réappropriation, créa Héritage Montréal en 1975.

Un effet positif

La démolition de la maison Van Horne a eu un effet bénéfique pour le Musée des beaux-arts de Montréal, lequel se trouve, rue Sherbrooke, à trois rues à l’ouest du site de cette résidence historique. En quête d’espace et cherchant à conserver pour leur institution un environnement urbain souhaitable, les membres du conseil d’administration, dont je faisais alors partie, se sont mis à craindre que l’église Erskine and American, sise à proximité et dont la communauté d’allégeance presbytérienne s’avérait en perte de fidèles, soit vendue à un promoteur pour être démolie et remplacée par une tour de bureaux, comme ce fut le cas avec la maison Van Horne.

Ils ont alors cherché à acheter cette église, ce qui ne fut pas facile, car il fallait que tous les fidèles de l’église soient d’accord avec cette vente. Bref, cela nécessita du temps et de la patience, mais l’opération finit heureusement par se concrétiser.

Cette acquisition par le Musée a permis d’ériger le pavillon des arts canadiens et québécois derrière l’église et de recycler cette dernière en une salle de concert, la fameuse salle Bourgie, laquelle, dotée de sublimes vitraux de Tiffany, s’avère unique en son genre dans la métropole. Comme quoi la conservation du patrimoine bâti ne constitue pas qu’une protection des valeurs du passé, mais peut s’avérer un moyen d’ensemencer l’avenir, comme ce fut le cas avec le recyclage de l’église Erskine and American.

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Je me rappelle que cela avait été un choc généralisé qui a réveillé tout le monde à la nécessité de protéger le patrimoine montréalais qui disparaissait à vitesse grand V dans l’indifférence de l’administration Drapeau.

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Je me questionne au sujet des murales qui étaient à l’intérieur de la station de métro Papineau. Les murales ont été retirées il y a quelques années maintenant, et chaque fois que j’y passe et que je retrouve les murs vides je m’interroge sur leur sort.
Quelqu’un en aurait entendu parler dernièrement ? Merci !


2015.05.18JMSouviens  3

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Normalement, les œuvres sont retirées et entreposées (voire restaurées si nécessaire) pendant que des travaux se font en station.

à l’émission radio Le 15-18 du 4 octobre

Que peuvent faire les villes pour prévenir les démolitions par abandon?

Le 15-18
PUBLIÉ LE 5 OCTOBRE 2023


La maison Bignell, une des plus vieilles maisons de Sillery, aurait été construite entre 1785 et 1817 et possède un intérêt patrimonial « exceptionnel », selon la Ville.
PHOTO : Radio-Canada / Vincent Archambault Cantin

On a appris récemment la démolition de deux maisons bicentenaires laissées à l’abandon, soit la maison Bignell, à Québec, construite en 1795, et la maison Michel-Robillard, à Sainte-Anne-de-Bellevue, construite en 1797. « Ces bâtiments-là, ils auraient pu être sauvés », croit Charles Breton-Demeule, avocat et doctorant en droit en matière de préservation du patrimoine à l’Université Laval. Dans cette entrevue, il explique qu’il existe des outils pour permettre aux municipalités de prévenir la négligence et de mieux protéger le patrimoine bâti avant qu’il ne soit trop tard.

L’invité donne aussi son point de vue sur les municipalités qui n’appliquent pas ces outils et il parle du pouvoir que les citoyens devraient avoir pour agir contre cette inaction.

Montreal passes bylaw cracking down on owners who let empty buildings become derelict

Owners will have to do basic maintenance on buildings — or face hefty fines

Rowan Kennedy
CBC News
Posted: Oct 17, 2023 1:16 PM EDT | Last Updated: October 17


Taïka Baillargeon, Héritage Montréal’s assistant policy director, says the longer a building is neglected, the more expensive it is to repair. (Rowan Kennedy/CBC)

Montreal’s city council passed an update to a bylaw Tuesday that aims to further crack down on property owners who let buildings sit abandoned and unused for a year or more.

The city says there are about 800 derelict buildings in Montreal, including some of heritage value.

The bylaw modifications, which will come into effect in the coming days, establish standards and measures for the maintenance and occupation of buildings in Montreal to prevent deterioration and protect them from the elements.

Owners will be expected to do basic maintenance so as to preserve structural integrity and keep components, such as plumbing, in good condition. Owners will have to keep the interior heated to 10 degrees and register buildings if they’re unused for one year.

Failure to comply could result in fines.

Individuals could face $1,000 to $10,000 for a first offence and up to $20,000 for subsequent offences. Corporations may be hit with as much as $40,000 for subsequent offences.

However, owners of heritage buildings could face much steeper fines, starting at $2,000 for individuals and going as high as $250,000 for corporations.


There are about 800 derelict buildings in Montreal, and several heritage buildings are among those that sit unused. (Rowan Kennedy/CBC)

The stricter bylaw is good news as far as Heritage Montréal is concerned. The non-profit organization is dedicated to the promotion and preservation of the city’s architectural, historic and cultural heritage.

“A building that is not maintained while it’s vacant will degrade even faster,” said Taïka Baillargeon, the organization’s assistant policy director.

Her organization has been pushing for a stricter bylaw for many years, she said. There was already one in place, but it was weak, she added.

Trying to renovate, restore or use a building that has been left to deteriorate can become astronomically expensive, she explained. That means a neglected building may never get the needed attention because it’s just too expensive to fix.

“The neighbourhood will be affected by that and the value of the neighbouring buildings also,” said Baillargeon. “It does affect so many levels of the city we live in.”

There’s no question that abandoned buildings affect the value of surrounding properties, according to Ünsal Özdilek, a professor at the Université du Québec à Montréal (UQAM) who specializes in real estate.

“Buildings in bad condition, they are undervalued and they affect the value of surrounding properties,” he said.

Robert Beaudry, the executive committee member responsible for urban planning, said the new bylaw upgrade will give “new tools to the inspectors to be more efficient in the field.”

The city’s Official Opposition party, Ensemble Montréal, supports the bylaw modifications but has some questions.

There are concerns about helping people experiencing homelessness who move into abandoned spaces that are heated during the winter, the party says in a statement. The party wants to see support not only for the squatters, but also the building owners who may be forced to deal with people living in these unused but warm spaces.

There are only 120 building inspectors in the city, the statement also says, and more will be needed to enforce the regulations.

The opposition also wants clear answers on the cost of registering vacant buildings because too high of a cost may deter people from registering at all.

‘We cannot make miracles to repair it’

Sergakis Holdings owns more than 100 Montreal properties, and the president said the city should do more to help renovate old buildings.

Buildings affected by fire or the elements are expensive to renovate, said Peter Sergakis.

“We cannot make miracles to repair it,” he said, though he understands the community’s frustration when a property owner isn’t doing anything to fix an abandoned building.

“But you cannot penalize the good landlord who is trying to do his best to save the heritage.”


Sergakis Holdings president Peter Sergakis says the process to get a building permit is long and it makes no sense to fine building owners for neglecting a building while they are waiting for project approval. (Rowan Kennedy/CBC)

Eeven if the owner wants to fix up a property, there is a lengthy process of negotiations for the needed permits, he added.

Because landlords are facing those bureaucratic delays, it’s unfair to fine building owners for being stuck in a long approval process, Sergakis said.

“Speed up the process so the landlords don’t get penalized and wait years,” he said.

https://www.cbc.ca/news/canada/montreal/montreal-derelict-building-owners-hefty-fines-1.6998836


Le nouveau règlement sur le site de la Ville

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Dans la catégorie “ça tient avec de la broche”:

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c’est ou au juste?