L’ancienne caserne de pompiers sur la rue Ontario à l’intersection de la rue Beaudry est à l’abandon depuis de nombreuses années et il n’y a aucun travaux qui ont été effectués depuis longtemps. Ils ont protégé la façade pour ne pas risquer de blesser les piétons par des morceaux qui se détachent mais rien d’autre. Quelques rues plus à l’ouest, à l’intersection de la rue Saint-Timothée, il y a un autre édifice à l’abandon depuis plusieurs années.
Sur Duluth, une belle occasion de faire une extension contemporaine…
Mais un peu plus loin, une belle rénovation:
Je ne sais pas si ça rentre dans le patrimoine en péril, mais l’ancienne résidence consulaire de l’Irak de Montréal sera démolie:
2025-04-15
Permis de démolition #3001823683
Démolir un bâtiment isolé d’un étage avec sous-sol. Nombre d’arbres à abattre : 24
Disons que c’était une curiosité assez unique du quartier.
Par contre un peu perplexe sur la nécessité d’abattre 24 arbres pour procéder à la simple démolition du bâtiment…
Infoman a fait plusieurs reportage sur cette résidence… Je crois que dans un des épisodes il l’avait même réclamée pour en faire un territoire indépendant
Il y a un extrait sur Facebook
While not the most architecturally or culturally significant building, it’s sad to see Trinity Anglican sit abandoned after the fire, especially on a relatively bustling block of Sherbrooke.
L’École-Britannique-et-Canadienne-de-Montréal est situé sur la rue de la Gauchetière, à deux pas du Palais des congrès. Elle a reçu sa désignation patrimoniale en 2023 et fêtera son 200e anniversaire de construction l’année prochaine.
Des morceaux du crépi qui couvre la façade sont toutefois tombés au sol dans les dernières semaines. « Le périmètre de sécurité est en place en lien avec la recommandation de l’ingénieur mandaté par le propriétaire », a indiqué Hugo Bourgoin, relationniste à la Ville de Montréal. « Il n’y a pas d’inquiétude quant à un effondrement complet ou partiel de la structure. »
Depuis 2021, l’immeuble appartient aux hommes d’affaires Jeremy Kornbluth et Brandon Shiller, via une société. Dans une déclaration, ils assurent avoir « fait appel à des professionnels pour prendre les mesures nécessaires et effectuer les réparations ».
« Nous poursuivons nos échanges pour que le propriétaire apporte les correctifs qui permettront de libérer l’espace public de l’entrave dans les plus brefs délais », a indiqué M. Bourgoin de la Ville de Montréal. « La collaboration est très positive », assurent MM. Kornbluth et Shiller.
[…]
Il y a 2 ans, l’édifice avait été acheté par Brandon Shiller. Je ne sais pas si son entreprise est toujours propriétaire.
Oui, ça le dit dans l’article
Incendie du monastère du Bon-Pasteur
Deux ans plus tard, rien n’a bougé
Les fenêtres ont été barricadées et un toit temporaire installé, mais les négociations financières entre partenaires n’aboutissent pas. Des procédures judiciaires compliquent aussi le dossier.
C’est le paradoxe à Montréal. Beaucoup de désignation de toute sorte mais qui viennent avec zéro obligation pour les propriétaires à part des vagues règlements généraux.
Les quelques survivants de Crescent
On a décaper le vert, mais faudrait une nouvelle couche de peinture sur toutes les moulures et cadrages
On construit juste à côté, j’espère qu’on va en profiter pour le revamper
L’administration municipale fait valoir que la structure de béton est dangereuse. Elle promet qu’il ne s’agit pas d’une première étape vers la destruction de l’iconique monstre de béton de Rosemont–La Petite-Patrie.
Depuis plus de 30 ans, les projets passent et s’éteignent quant à l’avenir de l’incinérateur. Son terrain a été intégré à une cour de voirie voisine. Des centaines de jeunes pénètrent chaque année dans cet immeuble pour l’explorer, au péril de leur vie. La Ville tente de juguler le phénomène.
« Si on démolit, je n’ai plus rien. » Robert Bourgouin sera peut-être le dernier résident du couvent de Labelle, dans les Laurentides. Le bâtiment central dans le village de 2500 habitants, le plus ancien couvent de la région, est visé par un avis de démolition, et seuls quelques citoyens s’opposent à ce nouveau coup dur pour le patrimoine. « Il y a plein d’autres logements en très bel état dans le couvent », raconte-t-il dans l’entrebâillement de son appartement.
Plusieurs autres voix des Laurentides se sont élevées contre ce qu’elles considèrent comme une atteinte à leur histoire. Les Labellois les plus âgés s’en scandalisent, relate-t-on dans le village, mais la facture alléguée d’environ 13 millions de dollars a refroidi les ardeurs de certains défenseurs du patrimoine.
Le bâtiment est « en état de vétusté, d’instabilité structurelle et de délabrement », indique le rapport d’architecte cité par la municipalité au moment de confirmer que la démolition pouvait aller de l’avant. Pourtant, une visite à l’intérieur montre que le tout semble encore en ordre. Il manque quelques lavabos, mais le délabrement n’est pas évident. Plusieurs fenêtres ont été changées récemment et les planchers sont en excellente condition. Une des façades extérieures présente de larges craques, mais ce ne sont pas les murs porteurs, soupèse François Labelle, du comité de sauvegarde du couvent.
C’est extrêmement problématique, cette mode de l’épouvantail qu’est la « sécurité ».
C’est devenu trop facile. On peut justifier n’importe quoi sous prétexte de « sécurité ».
La vérité, c’est que la Ville de Montréal ne s’intéresse pas au patrimoine moderne. Si elle y accordait réellement de l’importance, cette rampe serait parfaitement réparable, restaurable, quitte à en reconstruire une partie au besoin.
Démolir, c’est faire preuve de paresse intellectuelle, d’un échec culturel. C’est gênant.
je suis certain que reconstruire une rampe fonctionnellement inutile pour des centaines de milliers de dollars, sinon plus, (c’est basiquement un viaduc) aurait son lot de détracteurs aussi.
Je doute que ce soit une décision de paresse, mais un simple exercice comptable, et je suis certain que ça trouve beaucoup d’écho dans la population.
Ensuite, on peut trouver cette approche mauvaise en termes de patrimoine et de sa pérennité, c’est certain. Mais si on fait la somme de tout ce qu’on exige à la ville sur ses déficiences, nos taxes seraient probablement bien plus hautes. C’est un choix à faire.
La paresse remonte bien plus loin que la présente décision.
C’est entre autres de n’avoir, à ce jour, toujours pas trouvé de nouvelle fonction à ce bâtiment iconique.
Si on l’avait converti il y a dix ans en autre chose, son entretien aurait été assuré par défaut. L’abandon est un choix. Et peut-être un exercice comptable à très court terme.
C’est quand même quelque chose de courant et typique partout dans le monde, les conversions de bâtiments industriels. Pourquoi n’y arrive-t-on pas ?
Je suis entièrement d’accord que ce type de patrimoine doit recevoir l’amour qu’il mérite au fil du temps. C’est une grave lacune de ne pas l’avoir fait.
Mais la décision d’aujourd’hui ne peut pas changer ce qui a été fait il y a 10 ans.
Chaque fois que nous avons une destruction de patrimoine, c’est pratiquement toujours la même histoire: une ville se ramasse avec un bien qu’elle ne peut rénover. Peut-être qu’on l’a négligée. Peut-être qu’on ne trouve pas un usage. Peut-être même qu’elle s’en fout. Dans tous les cas, une ville a peu de sources de financement, ne peut pas faire un déficit, et a une capacité limitée à faire des projets d’importance.
Pourquoi les villes sont coincées systématiquement avec ce problème? Tu poses une très bonne question, mais je crois qu’il faut voir au-delà de la “paresse” pour y répondre. C’est peut-être un problème systématique en moyen, en opportunité, et en pouvoirs. Faire ces projets, ça prend avant tout une tonne d’argent, au-delà de la volonté et de n’importe quel effort ou sensibilité.
Ici, soyons réalistes: il faut prendre une décision ce 2 juin 2025. Est-ce qu’on reconstruit une rampe pour nulle part, qui va se faire déchiqueter en morceau par la presse, l’opposition, et les contribuables? Une année d’élections, vraiment? Aucune fonction, aucun projet de restauration arrimé. Juste littéralement un viaduc de béton 100% inutile.
Si, chaque fois que ce genre de problème survient, on essayait d’en chercher les causes profondes, au lieu de désigner un coupable, on ferait sans doute mieux. Que font les villes dans les autres pays lorsqu’elles doivent mettre des millions de dollars en préservation du patrimoine? Elles s’endettent? Est-ce qu’elles ont des taxes conséquentes, avec le support de la population? Un support d’autres niveaux du gouvernement, du privé?
Peut-être que l’entretien du patrimoine devrait être une loi, une obligation financière claire. Peut-être que ça devrait être un problème provincial récurrent pour faire l’inventaire des édifices, des couts, et trouver des usages. C’est peut-être de ça qu’on a besoin plutôt que de remettre en question les intentions de tous les élus du Québec quand ils sont confrontés à des décennies de négligence.
À ne rien changer, ce n’est pas que la rampe de cet édifice qu’il faut se soucier. L’histoire va juste se répéter, et ce sera la faute à la paresse.