Je suis entièrement d’accord que ce type de patrimoine doit recevoir l’amour qu’il mérite au fil du temps. C’est une grave lacune de ne pas l’avoir fait.
Mais la décision d’aujourd’hui ne peut pas changer ce qui a été fait il y a 10 ans.
Chaque fois que nous avons une destruction de patrimoine, c’est pratiquement toujours la même histoire: une ville se ramasse avec un bien qu’elle ne peut rénover. Peut-être qu’on l’a négligée. Peut-être qu’on ne trouve pas un usage. Peut-être même qu’elle s’en fout. Dans tous les cas, une ville a peu de sources de financement, ne peut pas faire un déficit, et a une capacité limitée à faire des projets d’importance.
Pourquoi les villes sont coincées systématiquement avec ce problème? Tu poses une très bonne question, mais je crois qu’il faut voir au-delà de la “paresse” pour y répondre. C’est peut-être un problème systématique en moyen, en opportunité, et en pouvoirs. Faire ces projets, ça prend avant tout une tonne d’argent, au-delà de la volonté et de n’importe quel effort ou sensibilité.
Ici, soyons réalistes: il faut prendre une décision ce 2 juin 2025. Est-ce qu’on reconstruit une rampe pour nulle part, qui va se faire déchiqueter en morceau par la presse, l’opposition, et les contribuables? Une année d’élections, vraiment? Aucune fonction, aucun projet de restauration arrimé. Juste littéralement un viaduc de béton 100% inutile.
Si, chaque fois que ce genre de problème survient, on essayait d’en chercher les causes profondes, au lieu de désigner un coupable, on ferait sans doute mieux. Que font les villes dans les autres pays lorsqu’elles doivent mettre des millions de dollars en préservation du patrimoine? Elles s’endettent? Est-ce qu’elles ont des taxes conséquentes, avec le support de la population? Un support d’autres niveaux du gouvernement, du privé?
Peut-être que l’entretien du patrimoine devrait être une loi, une obligation financière claire. Peut-être que ça devrait être un problème provincial récurrent pour faire l’inventaire des édifices, des couts, et trouver des usages. C’est peut-être de ça qu’on a besoin plutôt que de remettre en question les intentions de tous les élus du Québec quand ils sont confrontés à des décennies de négligence.
À ne rien changer, ce n’est pas que la rampe de cet édifice qu’il faut se soucier. L’histoire va juste se répéter, et ce sera la faute à la paresse.