Montréal : Ville de savoir (enseignement supérieur)

les frais de scolarité c’est juste les frais par crédit de cours.
Quand j’étais à l’université, c’était 55 ou 60$ par crédit. Une année universitaire à temps plein, c’est 30 crédits. Donc, 90 crédits pour un bacc, ou 120 pour les bacc 4 ans
Les universités sont devenues très créatives à inventer plein de frais connexes.

https://registraire.umontreal.ca/droits-de-scolarite/couts-des-etudes/#c14807
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Les autres frais à l’Université de Montréal
https://registraire.umontreal.ca/droits-de-scolarite/couts-des-etudes/autres-frais-exigibles/

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Réaction du Principal et Vice-Chancelier de McGill:

Chères et chers membres de la communauté mcgilloise,

Le 13 octobre, le gouvernement du Québec a annoncé sa décision de modifier le modèle de financement relatif aux droits de scolarité.Bien que nous soyons encore à évaluer les répercussions de cette décision, je tenais néanmoins à vous faire part des premiers constats que nous avons pu établir.

Les mesures dont le gouvernement du Québec a fait l’annonce :

· Les droits de scolarité exigés aux étudiants canadiens de l’extérieur du Québec passeraient de 8 992 $ à environ 17 000 $. En vertu du modèle de tarification actuel, les étudiant(e)s présentement inscrit(e)s disposeraient de cinq ans pour terminer leur formation.

· Le modèle de financement auquel les universités sont assujetties relativement à l’accueil d’étudiants internationaux et d’étudiantes internationales changerait, et le gouvernement pourrait ainsi récupérer des sommes issues des droits de scolarité supérieures à ce qu’il récupère présentement.

· Ces deux changements s’appliqueraient aux programmes de premier cycle ainsi qu’aux programmes de maîtrise non spécialisée en recherche et aux programmes de maîtrise professionnelle.

· Une part importante des droits de scolarité versés à l’Université McGill serait retournée au gouvernement, qui affecterait ensuite ces sommes aux universités francophones québécoises. En contrepartie, l’Université McGill recevrait des subventions gouvernementales visant à couvrir une partie des coûts liés à l’enseignement.

· Les étudiant(e)s qui entreprendraient leur formation à l’automne 2024 seraient assujetti(e)s à ces nouvelles mesures.

Les répercussions sur l’Université McGill et les prochaines étapes :

Si le gouvernement va de l’avant avec la mise en place de ces mesures, de sérieuses conséquences seront à prévoir. J’ai fait appel aux membres de la haute direction et du Conseil des gouverneurs ainsi qu’à diverses équipes de l’Université, les invitant à démontrer les conséquences négatives concrètes que de telles mesures auraient sur notre établissement, sur le secteur de l’enseignement supérieur et sur la société québécoise dans son ensemble. Nous avons pour principal objectif de travailler de concert avec le gouvernement et avec nos partenaires afin de stopper ces conséquences.

Nous devons recueillir davantage de données avant de pouvoir confirmer les répercussions financières qu’entraînerait l’adoption de telles mesures sur l’Université. D’ici là, j’invite tous ceux et celles qui sont responsables de décisions de nature financière à faire preuve de prudence, tout en continuant à conduire la mission de l’Université avec ambition.

Pour bon nombre de programmes, la mise en place de ces mesures fera en sorte qu’il sera plus avantageux d’étudier ailleurs au Canada. Il va donc sans dire que ces mesures risquent d’avoir une incidence sur le recrutement d’étudiant(e)s canadien(ne)s de l’extérieur du Québec.La semaine dernière, l’Université McGill s’est une fois de plus distinguée à titre de meilleure université canadienne offrant un programme de médecine et de doctorat. En dépit de cet honneur, une hausse des droits de scolarité de près du double risque de dissuader les candidat(e)s à venir y poursuivre une formation, dès l’automne 2024, et ce, pour l’avenir.

La composition du corps étudiant mcgillois est unique au pays. La moitié de notre population étudiante est originaire du Québec, 30 pour cent viennent d’ailleurs dans le monde et 20 pour cent nous arrivent des autres provinces canadiennes. Cette diversité d’origines et de points de vue est au cœur même du caractère unique de McGill, de son ADN. Nous avons le devoir de protéger cette communauté à nulle autre pareille.

Ces mesures risquent d’affaiblir la capacité de l’Université de continuer à jouer un rôle de premier plan pour le Québec, où elle a pris naissance. Le Québec compte 19 universités de haut calibre, et chacune d’entre elles joue un rôle qui lui est propre et qui répond aux vastes besoins de la population.

Nous devons faire en sorte que tous et toutes constatent la contribution exceptionnelle de McGill, non seulement à Montréal, mais aux quatre coins du Québec. Et il nous faut également insister sur l’un des plus puissants atouts de l’Université : sa formidable capacité à recruter et à garder les personnes hautement qualifiées qui fournissent un apport majeur à l’économie et à la société québécoises.

La portée d’une société québécoise ouverte :

En dépit de la réputation dont jouit Montréal à titre de destination internationale pour l’éducation et de l’extraordinaire apport de la population étudiante et de la communauté diplômée au Québec, nous craignons que l’annonce du gouvernement donne aux étudiants potentiels l’impression qu’ils ne sont pas les bienvenus.

Lorsque nous ouvrons nos portes, lorsque nous attirons les plus grands talents du Canada et d’ailleurs dans le monde, lorsque nous leur fournissons les outils pour bâtir une vie épanouissante et productive, nos forces en sont décuplées. Ces personnes ont tant à partager avec Montréal, et avec le Québec.

Et il en va de même pour nous, Québécois et Québécoises, qui avons tant à partager : la richesse culturelle de notre métropole, la vigueur de l’innovation et de l’identité québécoises, l’influence des idées qui ont vu le jour ici. En fermant nos portes, nous mettons en péril nos valeurs, et notre avenir.

Les McGillois et les McGilloises ont une vive affection pour leur université, et je sais que l’annonce de ces mesures est une source d’inquiétude pour plusieurs d’entre vous. Sachez que nous interpellons le gouvernement et nos partenaires afin d’entamer des pourparlers au sujet de ces mesures et de présenter des moyens de consolider l’ensemble du réseau universitaire, dans le but de contribuer à l’essor du Québec.

Cordialement,
Deep Saini
Principal et vice-chancelier
Université McGill

Je veux vraiment entendre le Bureau de coopération interuniversitaire, la direction de l’UQ et surtout, individuellement, les recteurs des établissements francophones. Silence total, et pourtant ils sont concernés. Est-ce que ces nouvelles mesures répondent adéquatement à leurs besoins, partiellement ou pas du tout? Quels impacts entrevoient-ils sur l’écosystème de l’enseignement supérieur au Québec? Est-ce qu’il a impression que leur situation est exploité par le gouvernement actuel?


Réponse de l’ex-député péquiste Alexandre Cloutier, nommé comme président de l’Université du Québec par le gouvernement Legault en décembre dernier.

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Très bon point. Je ne serais pas surpris qu’il y ait présentement des discussions en privé entre les institutions elles-mêmes et avec le gouvernement. C’est clair que ce dossier ne peut pas être réglé à coup de déclarations sur la place publique, et je suis porté à croire que McGill, Concordia, et Bishop ont aussi des alliés dans les institutions francophones.

À voir…

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A comparison with quota limited enrollment would be more interesting, as Québec has a fixed rate for tuition fees for out of province undergraduates.

For example :

For the 2023/24 period, an out of province student annual tuition fees for a Juris Doctor/Law degree costs :

  • 8,991.90$ at McGill;

  • 8 991,90$ at Université de Montréal;

  • 8 991,90$ at Université Laval;

  • 24,802.26$ at Osgoode;

  • 13,680.00$ at University of British Columbia

  • 15,782.52$ at University of Alberta

These are all top 10 law schools in the country by the way. I might be wrong, but wouldnt that present that an Ontarian coming to McGill, can get a discount, afforded by the provincial governement, whilst the Québec student going to Osgoode doesnt?

Maybe the reform isnt the adequate measure to rectify this imbalance and maybe it creates a new one, but the status quo presented an imbalance none the less. Where was the outcry from the ROC when they were getting preferential treatment in Qc that they werent themselves offering to Quebeckers?

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Quelques notes.

11,186.66$, avec au moins deux années d’étude universitaires $$$ pour les candidats hors-Québec, et autres critères de sélection non requis pour les cégépiens.

11,269.56$

11,186.66$, avec au moins une année d’étude universitaires $$$ pour les candidats hors-Québec, et autres critères de sélection non requis pour les cégépiens.

Sauf les fac de droit ontariennes complètement sur le crack (excluant l’université d’Ottawa), les frais ne divergent pas trop.

Ensuite, dans le cas de ces 3 JD, il n’y a pas de pas de montants forfaitaire selon la province, les résidents locaux payent les même frais. À noter que la formation au CEGEP étant standardisée, le DEC Préuniversitaire est reconnu comme équivalent à une année universitaire et il ne requiert pas de preuve d’un niveau minimal de connaissance de la langue d’enseignement pour les candidat possédant un DEC même d’un CÉGEP francophone.

EDIT: Erreur, je comparai le LLB francophone aux JD, mais encore là le parcours n’est pas particulièrement favorable aux candidats hors-québec.


Je n’ai pris en considération que les frais de scolarité (sans les frais afférents) pour CHAQUE université, pourtant tu n’as corrigé que les chiffres pour les universités québécoises. C’est comme si tu avais un biais dans ce débat que tu cherches à valider.

Pourtant je n’ai pris ce que les universités présentent elles même sur leur page de programme. On peut poursuivre l’exercice et décortiquer davantage les frais obligatoires si ça te dit, question de se délier chacuns de toutes impression de biais, et sans insinuations fielleuses au débat.

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Droits de scolarité | Le projet de Québec pour les universités anglophones critiqué à Ottawa


PHOTO SEAN KILPATRICK, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE
« Québec fait ses propres décisions ; je ne pense pas nécessairement que ce soit la meilleure décision », a affirmé Pablo Rodriguez.

(Ottawa) Le Québec se prive d’une « fenêtre sur le monde » en imposant des frais de scolarité plus élevés aux Canadiens qui fréquentent les universités québécoises, croit le ministre fédéral Pablo Rodriguez.

Publié à 13h31
Mélanie Marquis
LA PRESSE

Le lieutenant québécois du premier ministre Justin Trudeau ne s’en est pas caché : il accueille tièdement la mesure annoncée par le gouvernement de François Legault.

« Québec fait ses propres décisions ; je ne pense pas nécessairement que ce soit la meilleure décision », a-t-il affirmé en mêlée de presse avant la rencontre du cabinet, mardi matin.

« Pour moi, les universités, c’est comme une fenêtre sur le monde, et là, j’ai l’impression qu’on ferme un peu nos fenêtres », a-t-il ajouté en réponse à un journaliste qui l’avait invité à se prononcer sur l’enjeu.

Son collègue François-Philippe Champagne ne semblait guère plus enthousiasmé par le projet.

« Je pense que les universités anglophones font partie de l’écosystème. C’est important pour attirer les talents chez nous », a exprimé le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie.

Il y a donc selon lui « des choses à repenser », a-t-il argué.

Car les universités « Concordia, Bishop, McGill font l’envie du monde, alors il faut s’assurer qu’on a les mécanismes en place pour continuer d’attirer les talents », a-t-il complété.

Dès l’automne 2024, les étudiants des autres provinces défraieront des droits de scolarité annuels d’environ 17 000 $, pratiquement le double du tarif actuel.

Les étudiants étrangers devront acquitter un minimum de 20 000 $.

Le dossier inquiète la communauté anglophone, et il a fait grand bruit dans les médias anglophones depuis l’annonce faite la semaine dernière par la ministre l’Enseignement supérieur, Pascale Déry.

Mardi, le chroniqueur John Ivison, du National Post, titrait qu’en posant ce geste, François Legault « pétait en direction du Canada » – le titre a été modifié depuis.

« Bien sûr, la vraie raison derrière la décision n’est pas financière, elle est culturelle : le hobgoblin imaginaire du déclin du français au Québec », y analyse-t-il notamment.

Et ultimement, « les efforts de Legault pour bâtir un royaume ermite – une Ruritanie francophone – nuiront à long terme à sa province et à sa population », estime le chroniqueur.

Avec Ariane Krol

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Chronique de Michel C. Auger dans La Presse

Se tirer dans le pied


PHOTO RYAN REMIORZ, LA PRESSE CANADIENNE
Le gouvernement Legault va doubler les droits de scolarité pour les étudiants canadiens hors Québec et imposera un prix plancher pour les étudiants étrangers.

Michel C. Auger
COLLABORATION SPÉCIALE
Publié à 2h46 Mis à jour à 7h00

Quand les maires de Montréal vont à l’étranger, leur plus belle carte de visite est de parler des quatre universités et 11 institutions universitaires de la ville. Ils ajoutent que Montréal est, dans les classements internationaux, la meilleure ville pour étudier en Amérique, à égalité avec Boston.

Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre et surtout de talents, c’est un énorme avantage comparatif pour Montréal. Ça permet d’attirer certains des meilleurs experts, des meilleurs chercheurs et des meilleurs professeurs au monde.

C’est pour cela que toute tentative de rendre les universités montréalaises moins attractives équivaut à se tirer dans le pied. C’est pourtant ce que vient de faire le gouvernement Legault en doublant les droits de scolarité pour les étudiants canadiens hors Québec et en imposant un prix plancher pour les étudiants étrangers.

Le prétexte, c’est de rétablir l’équilibre entre le financement des universités francophones et anglophones et, du même coup, de rétablir ce que le ministre Jean-François Roberge a décrit comme « l’équilibre linguistique montréalais ».

Ce n’est bien évidemment qu’un prétexte. Parce que cette politique improvisée survient après la défaite de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans l’élection partielle de Jean-Talon et des sondages montrant une remontée du Parti québécois (PQ).

En clair, cela veut dire que des électeurs nationalistes quittent la CAQ pour retourner au PQ. On n’a pas fait de grandes études sur les effets de la hausse des droits de scolarité, mais on a étudié à fond le dernier sondage Léger.

On a donc improvisé une politique qui donne un petit tour de vis nationaliste, ce qui est beaucoup plus urgent pour le gouvernement que de mesurer les conséquences de son geste.

D’abord, parce que le raisonnement financier est douteux. La ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry, espère recueillir 100 millions de dollars des universités anglophones pour les distribuer aux établissements francophones.

Le problème, c’est qu’en doublant les droits de scolarité pour les étudiants canadiens des établissements anglophones, on les rend inévitablement moins attrayants. Il y aura moins d’étudiants qui vont venir au Québec, ce qui fait qu’on a toutes les chances de ne récolter qu’une faible part des 100 millions. C’est la loi de l’offre et de la demande, et il n’y a pas de « clause nonobstant » pour ça.

Mais la véritable justification du gouvernement est d’un autre ordre. En conférence de presse, le ministre de la Langue française, Jean-François Roberge, affirmait : « Est-ce qu’on souhaite avoir 10, 20, 30 000 personnes qui viennent de l’extérieur, que ce soit des étudiants étrangers ou des étudiants canadiens hors Québec, qui ne parlent pas français, qui viennent s’installer au centre-ville de Montréal ? »

Bref, la hausse des droits de scolarité est nécessaire parce que le gouvernement Legault estime qu’on entend trop d’anglais au centre-ville de Montréal.

Si cela est vrai, selon la même logique, le gouvernement devrait cesser immédiatement toute publicité pour attirer des touristes américains et canadiens-anglais au Québec. Parce que l’été, on entend beaucoup d’anglais dans le Vieux-Montréal, et même dans le Vieux-Québec !

De toute façon, la langue parlée au centre-ville est un indicateur bien aléatoire de la situation linguistique dans la région de Montréal. S’il y a recul du français, c’est tout autant une conséquence de l’exode des francophones vers des banlieues de plus en plus éloignées, qui fait qu’ils n’ont plus guère de raisons de venir au centre-ville.

On voit à quel point le but réel de cette nouvelle politique n’a que peu à voir avec le financement des universités et qu’elle ne vise qu’a convaincre les électeurs plus nationalistes de ne pas abandonner la CAQ. Quitte à se tirer dans le pied.

Parce qu’en nuisant aux universités anglophones, on nuit au Québec tout entier, et à Montréal en particulier. On vit dans un monde où il est difficile de recruter et de retenir les meilleurs chercheurs et les meilleurs talents. Avoir des établissements anglophones de qualité, ça donne accès à un plus gros bassin de talents et à un plus grand nombre de réseaux de chercheurs.

Un exemple : est-ce que Montréal est mal servi par le fait qu’il abrite non pas un, mais deux grands hôpitaux universitaires ? Ce qui signifie deux fois plus de chercheurs, et deux fois plus de lits de soins de pointe où, en passant, les patients qui le souhaitent sont traités en français.

Le plus important devrait être d’attirer au Québec les meilleurs talents dans tous les domaines et de leur donner l’occasion de s’installer ici et d’utiliser leurs connaissances de pointe ici, plutôt que de les voir partir dès qu’ils auront reçu leur diplôme universitaire.

Montréal est aujourd’hui considéré comme la ville la plus trilingue – ceux qui parlent trois langues ou plus – sur ce continent. Ça pourrait être un avantage considérable, mais le gouvernement n’essaie aucunement d’en faire la promotion ou d’en tirer profit.

Il préfère essayer de gagner quelques points dans les sondages sur le dos des universités anglophones et des étudiants étrangers. Même quand cela veut dire se tirer dans le pied.

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L’Université McGill suspend un programme d’enseignement du français de 50 millions $

Des étudiants franchissant le portail d'une université
Étudiants étrangers à l’université McGill
PHOTO : RADIO-CANADA / IVANOH DEMERS

Radio-Canada
Publié à 21 h 11 HAE

L’Université McGill était sur le point d’investir 50 millions de dollars pour enseigner le français aux étudiants, aux professeurs et au personnel afin de « s’intégrer pleinement dans la société québécoise ». Mais l’institution a suspendu le lancement de ce programme après que le gouvernement Legault eut annoncé qu’il doublerait les droits de scolarité pour les étudiants de l’extérieur du Québec.

À la fin de la semaine dernière, la ministre de l’Enseignement supérieur du Québec, Pascale Déry, a déclaré que les nouveaux étudiants canadiens hors province verront leurs droits de scolarité doubler l’année prochaine – pour la plupart, cela signifiera qu’ils passeront de 8992 $ à environ 17 000 $.

Les droits de scolarité des étudiants internationaux seront pour leur part minimalement de 20 000 $ par an. Mme Déry a présenté cette augmentation comme un moyen d’équilibrer le financement des universités anglophones et francophones de la province.

L’Université McGill avait été alertée, quelques jours avant l’annonce de la ministre Déry, que des changements pourraient affecter sa situation financière, mais elle n’avait pas été informée de la nature de ces changements, selon ce que son bureau des relations média a indiqué à CBC.

Trouver le financement initial pour l’investissement de McGill dans la promotion du français avait été extrêmement difficile. Le but ultime du programme était d’aider les étudiants, le corps professoral et le personnel à s’intégrer pleinement à la société québécoise, en élargissant l’influence déjà importante de nos talents et expertises partout au Québec, a écrit l’université en confirmant le report du programme de 50 millions de dollars.

Les trois universités anglophones du Québec, McGill, Bishop’s et Concordia, ont souligné que la décision de Québec aura des conséquences financières importantes, voire dévastatrices, pour elles.

Près du tiers des étudiants qui fréquentent Bishop’s viennent de l’extérieur du Québec, a déclaré plus tôt cette semaine le directeur et vice-chancelier de l’université, Sébastien Lebel-Grenier.

Cela aura un impact direct sur notre capacité à inscrire ces étudiants, a-t-il déclaré.

Mercredi, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, s’est jointe au chœur des voix critiquant la décision de Québec, affirmant qu’elle dissuaderait les étudiants de venir à Montréal, les pousserait plutôt vers les universités de Toronto et nuirait à l’économie de la métropole.

Nous avons besoin de talents, nous avons besoin de travailleurs, nous avons besoin d’étudiants parce que nous voulons que notre économie croisse, a déclaré Mme Plante.

Avec des informations de Verity Stevenson et de Matthew Lapierre, de CBC News


Article original de la CBC

McGill shelves $50M French program after Quebec out-of-province tuition hike

The Montreal English-language university was creating a program to teach students, faculty and staff French

Verity Stevenson
Matthew Lapierre
CBC News · Posted: Oct 18, 2023 3:40 PM EDT | Last Updated: 4 hours ago

Photo of McGill campus and people walking
Thousands of out-of-province students who attend institutions like McGill University have an ‘anglicizing effect’ on the Montreal area, according to the province’s minister of the French language, Jean-François Roberge. (Daniel Slim/Getty Images)

McGill University was set to invest $50 million to teach students, faculty and staff French to “integrate more fully into Quebec society,” but says it is pausing the program’s announcement, after the provincial government said it would double tuition for out-of-province students.

Late last week, Quebec’s minister of higher education, Pascale Déry, said new, out-of-province Canadian students will see tuition fees double next year — for most, that would mean their tuition would rise from about $9,000 to more than $17,000.

International student tuition will also rise to a minimum of $20,000 per year. Déry framed the increase, the proceeds of which will go into government coffers, as a way to balance the funding of English and French universities in the province.

But Quebec’s three English universities, McGill, Bishop’s and Concordia have said the plan would have devastating financial consequences for them.

Nearly a third of the students who attend Bishop’s are from outside the province, the university’s principal and vice-chancellor, Sébastien Lebel-Grenier, said earlier this week.

“Most of them will be priced out [by the new tuition fees]. It’s going to have a direct impact on our capacity to enroll those students,” he said. “That’s really significant and that’s really what our identity is about.”

In an email response to CBC News Wednesday, McGill’s media relations office confirmed it had postponed announcing a $50 million investment over five years “to enable more people from its community to learn or improve their French.”

The university was alerted a few days ahead of Déry’s tuition hike announcement that changes were coming that could affect the school’s financial situation but was not informed what those changes would be, according to the email, which was unsigned.

“Finding the initial funding for McGill’s investment in the promotion of the French language was extremely difficult,” it wrote. “The larger goal of the program was to help students, faculty and staff integrate more fully into Quebec society, broadening the already extensive impact of our talent and expertise across Quebec.”

Wednesday, Montreal Mayor Valérie Plante joined the chorus of voices criticizing Quebec’s decision, saying it will dissuade students from coming to Montreal, hurt the city’s economy and push them instead toward universities in Toronto.

“We need talent, we need workers, we need students because we want our economy to grow,” Plante said.

“I want them [the Quebec government] to maybe have a bigger reflection and not to limit it to a fight between francophone against non-francophone. I think we’re missing the point here and it’s hitting hard and strong the representation of the city of Montreal as the metropolis of Quebec.”

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Pourquoi n’y a-t-il pas de manifestation de prévue? Il me semble que c’est le moment de revendiquer un recul du gouvernement sur ce dossier et de rappeler haut et fort l’importance des étudiants canadiens et étrangers à Montréal. Je me questionne aussi sur le silence des autres provinces? Est-ce parce qu’elles sont plutôt contentes car elles vont recevoir ou garder plus d’étudiants? Il me semble qu’elles auraient un levier important pour faire reculer Legault, soit de jouer au même jeu et de doubler les frais de scolarité des québécois dans leurs propres universités.

que gagnent-ils en faisant cela ? En réalité, à moins que les frais de scolarité des Québécois ne soient affectés, vous n’entendrez un petit mot de la majorité et cest tout. La plupart des gens n’ont aucune idée du processus que vivent les étudiants étrangers. Quant aux autres provinces, elles vont protester contre le gouvernement du Québec qui controle son propre budget en éducation ? Ce serait une folie pure. Ils feraient mieux d’essuyer leur front car leurs universités anglophones locales ont trois concurrents de moins lmao.

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Je crois que bien des gens (comme moi, à tort ou à raison), espère encore voir un compromis être annoncé… Ma petite lueur d’espoir aujourd’hui était ce commentaire du ministre des finances dans un article de CTV:

Finance Minister Eric Girard had a message for Bishops, McGill, Concordia and other universities that have said the measure will be catastrophic.

“My message is that these universities are our universities, they’re Quebec universities, they’re very important to the economy, to the social fabric,” he said in a news scrum. “They have concerns, and they’ve expressed them, and I understand that they’re currently in discussion with minister [Pascale] Dery.”

J’espère tellement qu’ils vont trouver une solution moins dommageable. Si il y a une manifestation, cependant, je vais la supporter.

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Exemple des couts annuel pour étudier dans 95 universités au Canada.
Aucune ne demande 17 000$ de frais annuel pour des étudiants provenant d’autres provinces.

https://www.univcan.ca/universities/facts-and-stats/tuition-fees-by-university/

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On the same subject:

Obviously they won’t come, at least to english universities.
As someone who made this decision just last year, 17,000$ would have completely ruled out McGill & Concordia for my options immediately. It would have been UdeM or staying in my home province, which would have offered a similar or better education for far cheaper.

On est quand même gagnant si les étudiants ne viennent pas. C’est garanti que même sans ces revenus, la CAQ va tout de même augmenter significativement le financement des établissements francophones, en plus, sans tous ces étudiants hors-province et étrangers le français sera sauvé selon la CAQ. /s

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2 messages ont été fusionnés à un sujet existant : Campus de l’aérospatial (ÉTS)

Chronique de Paul Journet dans La Presse au sujet de l’augmentation des frais de scolarité dans les universités anglophones

La pente n’a pas changé


PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE
L’Université McGill

Paul Journet
LA PRESSE

À en juger par l’indignation dans le reste du pays, l’enseignement supérieur en anglais serait menacé au Québec. Les établissements de la minorité anglophone agoniseraient sous les assauts du gouvernement caquiste.

Publié à 1h22 Mis à jour à 5h00

Pourtant, les chiffres disent autre chose.

Les universités ont raison de critiquer des aspects controversés et parfois contradictoires de la nouvelle politique caquiste – j’y reviendrai samedi. Mais avant d’analyser ce problème, replaçons les choses dans leur contexte.

Au primaire et au secondaire, le réseau anglophone est fragile. Les inscriptions y ont diminué de 18 % dans les 15 dernières années. Et la loi 40, contestée devant les tribunaux, éliminerait ses commissions scolaires.

Au cégep et à l’université, toutefois, ses établissements sont en excellente santé.

Commençons par le cégep. La communauté anglophone compte pour 8 % de la population. Les cégeps dans sa langue accueillent plus de 17 % des élèves.

Ce pourcentage est en hausse constante. Depuis les années 1990, la majorité de la croissance des effectifs s’est faite dans le réseau anglophone. Il serait encore plus fréquenté si deux des plus grands cégeps au Québec, Dawson et John Abbott, ne devaient pas refuser autant de candidats à cause de leur manque de places.

La demande y est forte. La majorité des jeunes qui les fréquentent sont désormais francophones ou allophones. Ils auront ensuite davantage tendance à étudier à l’université en anglais. Et ensuite, à travailler dans cette langue.

Les universités McGill et Concordia profitent de cette pente qui mène à elles. Cela accentue leur avantage, surtout pour McGill.

Historiquement, elle a toujours été en position de force. Elle récolte le fruit de son travail académique et philanthropique. Mais elle bénéficie également d’un cercle vertueux, où ses riches diplômés deviennent donateurs, ce qui hausse son budget et sa capacité d’attirer les meilleurs professeurs et les bourses de recherche, et ainsi de suite.

Sur le plan des investissements, les établissements supérieurs anglophones ne sont pas à plaindre. Québec finance actuellement 17 projets immobiliers qui totalisent 2,17 milliards. La majorité de l’argent (1,23 milliard) ira à McGill et à Concordia, en bonne partie grâce au projet sur l’ancien site de l’hôpital Royal Victoria. Avec le quart des étudiants, elles récoltent ainsi 56 % des investissements.

À ces atouts, il faut ajouter celui du recrutement à l’international. Le nombre d’inscrits étrangers a presque triplé depuis 20 ans. Les universités anglophones en profitent davantage, parce qu’elles ont déployé plus d’efforts dans le passé, et aussi car elles misent sur un plus grand bassin de candidats fortunés. En 2018, elles récoltaient ainsi pas moins de 47 % des droits de scolarité venant de l’étranger.

Puis, à la fin de 2018, il y a eu un virage majeur. À la suite d’un lobbying de McGill et d’autres, le gouvernement Couillard a déréglementé les étudiants étrangers. Les universités leur facturent le prix qu’elles souhaitent et elles gardent tout l’argent. Elles ne doivent plus le partager avec les autres établissements. Cette décision a été prise en coulisses, sans débat.

Dans les trois dernières années, McGill, Concordia et Bishop ont empoché 70 % de ces revenus. Les établissements francophones rattrapent lentement leur retard grâce à leurs récents efforts accrus en recrutement à l’étranger. Reste que leur bassin d’étudiants – notamment en Afrique francophone – est de façon générale moins fortuné et peuplé que celui de l’Asie du Sud-Est, où les diplômes en anglais sont convoités.

Nos établissements anglophones ne vendent pas seulement un diplôme. Ils offrent aussi une voie facilitée vers la résidence permanente canadienne. Après avoir obtenu un diplôme en anglais, leurs clients reçoivent un permis de travail ouvert d’une durée de trois ans. Au terme de ces sept années, où ils n’ont pas besoin de maîtriser le français, ils peuvent ensuite se rendre vers les autres provinces pour compléter leur dossier et y devenir ultimement citoyens canadiens.

Cela exerce une pression sur le français. On dénombre actuellement quelque 80 000 étudiants étrangers et 20 000 Canadiens des autres provinces inscrits en enseignement supérieur. À l’université, ces étrangers et Canadiens fréquentent respectivement à plus de 40 % et de 80 % les établissements anglos.

Ils enrichissent notre vie universitaire. Ce sont aussi d’excellents candidats pour devenir des immigrants permanents – les autres pays se battent d’ailleurs pour les attirer. Toutefois, leur francisation est laborieuse.

Par exemple, Statistique Canada rapporte que 47 % des allophones qui ont terminé leurs études supérieures en anglais travaillent principalement en anglais au Québec, contre seulement 7 % de ceux ayant étudié en français. Pas moins de 23 % des francophones ayant étudié en anglais adopteront aussi cette langue au boulot.

C’est parce que le marché du travail les y encourage. Et pour les allophones, c’est aussi parce que leur établissement ne les a pas incités à apprendre adéquatement le français. Ceux qui le parlent le maîtrisent parfois moins bien que l’anglais – leur bilinguisme asymétrique les incite à préférer l’anglais.

Voilà le portrait d’ensemble. Il y a donc deux enjeux : la fragilisation du français et le déséquilibre entre les établissements qui a été aggravé par la déréglementation libérale.

Pour les régler, il serait bête de viser un égalitarisme revanchard qui nivellerait par le bas.

Quand McGill se démarque à l’international, toute l’économie du Québec en profite. Le ministre des Finances, Eric Girard, l’a lui-même reconnu quand il s’est récemment désolé que l’Université de Toronto la devance désormais. Car la concurrence n’est pas seulement entre les établissements québécois. Elle est aussi entre le Québec et le reste du monde.

Reste qu’on pourrait faire mieux pour protéger le français et pour aider les établissements francophones afin de rétablir un minimum d’équité, sans nuire à la petite Université Bishop’s, en Estrie.

C’est ce rééquilibrage que visait le gouvernement caquiste. Hélas, il me semble avoir raté la cible, surtout avec sa mesure visant les étudiants des autres provinces canadiennes. J’y reviendrai samedi.


Le Devoir a fait un comparatif des frais de scolarité

La hausse des droits de scolarité des étudiants canadiens et étrangers, qu’est-ce que ça change?


Marie-France Coallier, archives Le Devoir
Le gouvernement Legault augmentera drastiquement l’automne prochain les droits de scolarité des étudiants canadiens et imposera un tarif plancher de 20 000 $ par année aux étudiants étrangers.

Anne-Marie Provost
20 octobre 2023
Éducation

Le gouvernement Legault augmentera drastiquement l’automne prochain les droits de scolarité des étudiants canadiens et imposera un tarif plancher de 20 000 $ par année aux étudiants étrangers. La mesure suscite une forte opposition du côté des universités anglophones, qui craignent qu’elle ne décourage cette clientèle de venir s’instruire au Québec. Qui exactement est concerné par cette réforme ? Et qu’implique-t-elle ? Explications.

Qui est touché par cette mesure ?

Tous les étudiants du reste du Canada ou de l’étranger qui étudient au premier cycle dans une université québécoise (au certificat ou au baccalauréat, par exemple) sont touchés. Ceux qui étudient au deuxième cycle professionnel et qui n’écrivent donc pas de mémoire — en administration des affaires (MBA) ou en orthophonie, notamment — le sont aussi.

Il y a toutefois quelques exceptions. Ainsi, les étudiants de France et de Belgique, qui paient moins cher que les autres étudiants étrangers en vertu d’ententes internationales, ne sont pas concernés par cette réforme. C’est aussi le cas des étudiants à la maîtrise et au doctorat (deuxième et troisième cycles universitaires). Les étudiants canadiens ou étrangers déjà inscrits dans un programme d’étude ne verront pas non plus de différence dans leurs droits de scolarité.

La ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry, a précisé que les étudiants canadiens de l’extérieur du Québec qui souhaitent étudier en français seront exemptés de cette hausse, mais le détail de la mesure n’est pas encore connu.

Combien d’étudiants sont concernés ?

Selon des données du ministère de l’Enseignement supérieur du Québec, 14 340 étudiants venant d’ailleurs au Canada étaient inscrits dans une université québécoise en 2021, principalement dans des établissements d’enseignement anglophones. Quelque 47 860 étudiants étrangers s’instruisaient quant à eux dans les universités francophones ou anglophones du Québec.

En 2021, environ 80 % des étudiants du réseau universitaire provenaient du Québec, contre 4,7 % pour le reste du Canada et 16 % de l’étranger.

Combien paient les étudiants de l’extérieur du Québec en ce moment ? Qu’est-ce qui changera pour eux ?

Sur son site Web, l’Université de Montréal estime que la facture est de 5071,73 $ par trimestre pour un étudiant canadien inscrit au premier cycle à temps plein ; elle serait donc d’un peu plus de 10 000 $ pour une année d’étude. Du côté de l’Université Concordia, il en coûte 8992 $ par année à un étudiant canadien provenant de l’extérieur du Québec, peu importe la discipline.

Pour les étudiants internationaux, dont les frais avaient été déréglementés, cela varie d’une université à l’autre — et d’un programme à l’autre. À Concordia, il en coûte en moyenne autour de 25 000 $ par an à un étudiant étranger.

Québec fixera dorénavant des tarifs planchers aux étudiants canadiens et aux étudiants internationaux, et les universités conserveront le droit de facturer des montants discrétionnaires. Les étudiants canadiens paieront ainsi l’équivalent de ce que leur formation coûte au gouvernement, c’est-à-dire 17 000 $ par année — ce qui représente un bond appréciable de leurs droits de scolarité. Les étudiants internationaux seront quant à eux facturés un prix plancher de 20 000 $.

Le gouvernement du Québec empochera une partie de l’argent récupéré par cette réforme afin de le réinvestir dans le réseau universitaire francophone.

Combien paie un Québécois qui étudie ailleurs au Canada ?

La réponse varie d’une université et d’un programme à l’autre, a constaté Le Devoir.

À l’Université de Toronto, par exemple, les droits de scolarité facturés aux Ontariens et aux autres Canadiens diffèrent. Quelqu’un qui entame un baccalauréat au sein de la Faculté des arts et des sciences paiera 6590 $ par an s’il est originaire d’une autre province, tandis qu’un étudiant ontarien paiera 6100 $.

À l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), par contre, tout étudiant canadien, qu’il soit originaire de la province ou non, déboursera les mêmes droits de scolarité, qui varient de 5800 $ à 9400 $ par année selon le programme de premier cycle concerné.

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