Montréal : Ville de savoir (enseignement supérieur)

Je ne vis pas au Québec, donc je posais simplement une question. Qui parle de privatiser les universités? En fait les frais de scolarité sont gelés au Québec depuis un certain temps, il y a peut-etre une piste là?

Les frais de scolarité sont p-ê gelés/peu augmenté depuis le printemps érable, mais tous les autres frais ont augmenté drastiquement.

Aussi, les université anglophones reçoivent plus de dons privés de la part de leur alumni. Je crois que l’écart tend à diminuer.

Tuition hike at McGill and Concordia is a direct attack on Montreal, Plante says | Montreal Gazette.

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Avec la baisse d’étudiants indiens, les collèges privés meurent à petit feu


*Photo: Martin Bureau, Agence France-Presse
En 2020-2021, près de 20 000 étudiants étrangers fréquentaient les collèges privés non subventionnés ; ils sont à peine 1300 aujourd’hui

Lisa-Marie Gervais
10 février 2024
Éducation

Battant des records d’inscriptions pendant la pandémie, les étudiants étrangers, surtout indiens, ont aujourd’hui déserté les collèges privés non subventionnés, a constaté Le Devoir. Acculés à la faillite, ces établissements disent avoir été décimés par la nouvelle mesure d’immigration du gouvernement du Québec, qui a coupé l’accès au permis de travail postdiplôme.

« Notre réseau est en train de mourir », a laissé tomber Ginette Gervais, présidente de l’Association des collèges privés non subventionnés du Québec (ACPNS). « Certains vont tirer leur épingle du jeu, mais ceux qui s’étaient tournés vers l’international pour avoir plus de clientèle vont avoir du mal. »

Selon des données fournies par le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI), le nombre d’étudiants étrangers fréquentant ces collèges est en chute libre. Alors qu’ils étaient plus de 10 000 pendant les années de la pandémie — avec un record d’inscrits de 19 000 en 2020-2021 —, ils étaient à peine plus de 1300 à la rentrée scolaire de 2023-2024.

Les étudiants d’origine indienne, qui constituaient alors plus de 85 % de la clientèle étrangère, n’en représentent plus que 5 %. En effet : seulement 78 étudiants indiens étaient inscrits dans ces collèges privés à l’automne dernier alors qu’ils ont déjà été plus de 17 000.

Cette baisse coïncide avec la décision prise en 2022 par les ex-ministres de l’Enseignement supérieur et de l’Immigration, Danielle McCann et Jean Boulet, qui avaient convaincu Ottawa de réserver l’accès au permis de travail postdiplôme uniquement aux immigrants diplômés d’un programme d’étude subventionné. Entrée en vigueur le 1er septembre dernier, la nouvelle mesure a ainsi coupé l’accès à un permis de travail qui pouvait éventuellement mener à la résidence permanente.

Selon le MIFI, ce changement visait à protéger « l’intégrité » en lien avec le recrutement de ces étudiants étrangers, et à contrer des « stratagèmes d’immigration » confirmés par une enquête du ministère de l’Enseignement supérieur. « Plusieurs établissements privés, en grande majorité anglophones, servaient de passerelle à la résidence permanente et au permis de travail pour des ressortissants indiens et chinois », a-t-on affirmé au cabinet de la ministre de l’Immigration. Des médias, dont Le Devoir, avaient levé le voile sur les pratiques douteuses de certains de ces établissements et des problèmes liés à la qualité de l’enseignement.

Une mesure qui fait mal

Ginette Gervais, de l’ACPNS, l’affirme sans équivoque : la mesure de Québec a été « le premier coup » donné à la trentaine d’établissements privés qu’elle représente. « La perte du permis de travail postdiplôme a causé beaucoup de dommages », dit-elle, en mentionnant que la goutte qui a fait déborder le vase est l’exigence de la connaissance du français pour obtenir une attestation d’études collégiales (AEC).

« S’ils n’ont plus d’étudiants, ça va être difficile pour les collèges de survivre. » Depuis les dix dernières années, devant la diminution du nombre d’inscrits québécois, ces collèges s’étaient mis au recrutement international. « Tout le monde, même les universités et les cégeps, s’était tourné vers l’international. Et nous, on a bénéficié du fait qu’on offrait des formations plus courtes. »

Président de Collège Canada, qui possède cinq campus partout au Québec, Cyrus Shani ne peut que constater que d’enlever l’accès au permis de travail a fait très mal. « L’impact est immense », a-t-il confié au Devoir. « On avait 5000 étudiants internationaux et locaux, mais depuis les changements, on est tombé à 300 ! »

Fondé en 1976, son collège a d’abord été une école de langues avant d’obtenir en 2003 un permis pour donner des formations de niveau collégial. « Mes collèges ne sont pas rentables. Mais j’ai d’autres compagnies, j’ai une clinique aussi, et c’est ce qui me permet de sauver mes activités d’enseignement », a expliqué M. Shani.

Il dit ne pas en vouloir au gouvernement, mais plutôt aux collèges et aux agences de recrutement qui ont nui. Certains actionnaires de la firme de recrutement Rising Phoenix International avaient d’ailleurs fait l’objet d’une enquête par l’Unité permanente anticorruption (UPAC). « La réglementation, c’est une bonne chose », convient-il. Sauf qu’elle a mené à l’agonie de nombreux établissements qui ne le méritaient pas, selon lui, et que cela prive le gouvernement « de millions en retombées économiques ».

Un collège fermé

L’Institut supérieur d’informatique, qui a offert des formations de niveau collégial pendant 25 ans, a été contraint de fermer ses portes en novembre 2022. « On s’est accroché aussi longtemps qu’on a pu », a dit Henriette Morin, qui dirigeait le collège. Plusieurs difficultés, notamment un litige avec Rising Phoenix International, ont sapé toutes les ressources financières de l’école qui a dû faire faillite. « On a fait le maximum pour que les étudiants puissent récupérer leur argent », a tenu à préciser Mme Morin.

Le resserrement autour de l’octroi du permis de travail n’est pas étranger aux problèmes vécus. « Tout ça est lié », note-t-elle. Le fait que son établissement ait tenté de recruter des étudiants indiens, dont l’afflux massif soulevait plusieurs questions au sein du gouvernement, n’a pas aidé. « Qui sait ce qui serait arrivé si on avait tenté de recruter des étudiants en Afrique francophone et au Maghreb. Mais on leur accordait beaucoup moins facilement de visa. »

Pour la présidente de l’ACPNS, les collèges privés non subventionnés n’auront d’autres choix que de se redéfinir et trouver de nouveaux marchés. « Mais ça ne se fait pas en claquant des doigts, soutient Ginette Gervais. On a bien essayé d’expliquer notre réalité [au gouvernement] et les impacts que [ses décisions] ont eus sur nos activités, mais on a très peu d’écoute. »

Si les collèges privés non subventionnés sont « morts » dans leur forme actuelle, ils devront se réinventer, croit aussi Cyrus Shani, de Collège Canada. « En attendant, on vit au jour le jour et on espère que Québec va faire des changements qui vont aider les bons collèges, ceux qui contribuent réellement à la société québécoise. »

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I’m not too concerned about this. A lot of those colleges are predatory and of questionable quality, some of them do deserve to disappear.

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Exactly my thoughts, sometimes it verged on trafficking

L’École nationale du meuble et de l’ébénisterie pourrait fermer à Montréal

L’édifice de l’École nationale du meuble et de l’ébénisterie est situé sur la rue De Lorimier à Montréal.PHOTO : Radio-Canada / Philippe-Antoine Saulnier

Affilié au Cégep de Victoriaville, le campus montréalais de l’École nationale du meuble et de l’ébénisterie (ENME) pourrait fermer ses portes. Il ne resterait que le campus de Victoriaville. Le sort de l’école montréalaise, installée depuis plus de 30 ans dans la métropole, se décidera la semaine prochaine lors d’une réunion du conseil d’administration du Cégep. Le journaliste Philippe-Antoine Saulnier explique les raisons de cette éventuelle fermeture, l’importance de l’école pour l’industrie du meuble et les possibles solutions pour la sauver.

Deux enseignants de l’école, Julien Duchesne et Mathieu Pellerin, sont très inquiets quant à la possibilité que l’établissement ferme. Ils craignent de perdre une expertise qu’on ne pourra pas retrouver facilement. Si cette formation ne se donne plus à Montréal, il y aura un manque.

Le directeur général du Cégep de Victoriaville, Denis Deschamps, explique les raisons de cette éventuelle fermeture.

D’autres personnes envisagent des solutions, dont le déménagement de l’École de Joaillerie de Montréal et la création d’un quartier des artisans.

Le cégep de Victoriaville préfère fermer l’ÉNME que de transférer le programme à un autre cégep de la région de Montréal pour une question de concurrence :roll_eyes:

Texte complet : L’École nationale du meuble et de l’ébénisterie de Montréal fermera ses portes

L’École nationale du meuble et de l’ébénisterie de Montréal fermera ses portes

Le conseil d’administration du Cégep de Victoriaville a pris la décision lundi soir de mettre fin aux activités de son campus montréalais en 2027 pour des raisons financières.

Ils brandissent des pancartes pour dénoncer la décision de fermer leur établissement d'enseignement.
Un groupe d’enseignants et d’étudiants de l’École nationale du meuble et de l’ébénisterie de Montréal se sont déplacés à Victoriaville lundi soir pour tenter de convaincre le conseil d’administration du Cégep de Victoriaville de ne pas fermer leur école spécialisée.
PHOTO : COURTOISIE DE LA FEC-CSQ

Fannie Bussières McNicoll
Publié à 4 h 00 HNE

« Ils nous ont laissé tomber », lance Cynthia Caron, un nœud dans la gorge et encore sous le choc, quelques instants après avoir assisté, impuissante, à la décision de mettre la clé sous la porte de l’établissement où elle enseigne depuis 15 ans.

On perd un bien collectif et on va dilapider une expertise unique, renchérit, tout aussi sombre, son collègue David Gour, enseignant en dessin et conception de meuble à l’École nationale du meuble et de l’ébénisterie de Montréal (ENME).

Le sort de l’école spécialisée était incertain depuis un moment, ce qui soulevait les inquiétudes de son corps professoral.

Mme Caron, M. Gour et leurs collègues ont été informés en journée lundi de l’intention de la direction du Cégep de Victoriaville de recommander la cessation des activités du campus de Montréal de l’ENME ainsi que la vente de son bâtiment, qui a pignon sur l’avenue De Lorimier depuis 1995.

Cette décision a été entérinée par une majorité décisive de membres du conseil d’administration plus tard en soirée, à Victoriaville. Une trentaine d’enseignants et étudiants de l’ENME avaient fait la route depuis Montréal pour y assister, et des collègues du campus de Victoriaville s’étaient joints à la rencontre, particulièrement chargée en émotions, par solidarité.

Des personnes en regardent d'autres, assises autour d'une table.
La séance du conseil d’administration du Cégep de Victoriaville s’est tenue devant un public attentif et attristé, lundi.
PHOTO : RADIO-CANADA / COURTOISIE DE LA FEC-CSQ

Certains d’entre eux ont pris la parole pour tenter une dernière défense de l’établissement d’enseignement, espérant renverser la vapeur, mais sans succès, relate Cynthia Caron. Je suis estomaquée. On se serait attendu à un peu plus de soutien, mais non. C’est comme si le sort en était déjà jeté.

Une décision difficile, selon le Cégep de Victoriaville

C’est une page d’histoire importante du Cégep qui se tourne et c’est une décision difficile à prendre, mentionne le directeur général du Cégep de Victoriaville, Denis Deschamps, par voie de communiqué. Il assure par ailleurs que du soutien et de l’accompagnement seront offerts aux enseignants touchés.

Un homme portant des lunettes en entrevue en visioconférence dans son bureau.
Denis Deschamps, directeur général du Cégep de Victoriaville, dans le Centre-du-Québec
PHOTO : RADIO-CANADA

Des motifs essentiellement financiers sont invoqués pour expliquer ce choix, qui est présenté comme une centralisation des activités à l’École du meuble et de l’ébénisterie à Victoriaville.

La possibilité de n’y offrir qu’un seul programme d’études, les défis en lien avec le recrutement ainsi que les enjeux financiers relatifs au maintien des services à la communauté collégiale, au renouvellement et à l’entretien d’équipement de pointe et à l’amélioration du bâtiment sont quelques-unes des raisons qui ont motivé [cette] décision, explique la direction du Cégep de Victoriaville.

Bien que le Cégep de Victoriaville ait décidé du destin de son campus montréalais, ce n’est qu’en 2027 que celui-ci mettra fin à ses activités, précise la direction par voie de communiqué.

Les admissions seront maintenues à l’automne 2024 et les étudiants inscrits pourront terminer leur parcours et obtenir leur diplôme avant sa fermeture officielle.

La Fédération de l’enseignement collégial (FEC-CSQ), qui représente les enseignants du Cégep de Victoriaville, a par ailleurs indiqué sur les réseaux sociaux être solidaire du personnel qui sera touché par cette décision qu’elle qualifie de malheureuse.

Frustration

Je trouve extrêmement dommage qu’encore une fois, le débat se fasse dans une logique uniquement comptable, dit l’enseignant David Gour.

Il est en colère contre la direction du Cégep de Victoriaville, qui, selon M. Gour, préfère démanteler cette école plutôt que de trouver le moyen de passer le flambeau à un établissement qui pourrait lui donner un nouveau souffle. La direction l’a dit, elle ne veut pas que le cégep se fasse compétition à lui-même, puisqu’il y aura encore un programme en ébénisterie à Victoriaville, explique-t-il.

Un groupe d'enseignants à l'École nationale du meuble et de l'ébénisterie.
L’équipe de l’ENME de Montréal, Cynthia Caron, deuxième à partir de la gauche, et David Gour, deuxième à partir de la droite, ont confié être atterrés par la fermeture de leur établissement d’enseignement.
PHOTO : JULIEN DUCHÊNE

Pourquoi est-ce qu’on est prêt à accepter la perte de notre bien collectif? Pourquoi est-ce qu’on ne considère pas tout simplement de transférer cette mission-là à un autre joueur du réseau qui pourrait l’accueillir?

— David Gour, enseignant en dessin et conception de meuble à l’École nationale du meuble et de l’ébénisterie de Montréal

L’appel qu’on fait est le suivant : trouvons une solution pour continuer à faire vivre ce projet de formation-là, lance celui qui oeuvre dans le milieu de l’ébénisterie depuis plus de deux décennies.

À son avis, la communauté des ébénistes et enseignante de l’ENME de Montréal serait prête à se mobiliser pour créer un véritable pôle montréalais de l’enseignement de l’ébénisterie, qui pourrait rassembler des programmes pour des métiers d’arts et pour ceux orientés vers l’industrie du meuble ou encore la production assistée par ordinateur.

Il ne manque que la volonté politique pour réaliser ce projet et sauver notre école, conclut David Gour, sur un ton plein d’espoir.

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Si la concurrence CEGEP-CEGEP préoccupe le cégep de Victoriaville, je me demande si changer complètement de créneau permettrait de préserver l’expertise et les ressources à Montréal. Par exemple, est-ce que Victoriaville pourrait remplacer son DEC à Montréal par une mineure/certificat (1 ans) ou une majeure/diplôme (2 ans) en collaboration avec la faculté d’aménagement de l’UdeM ou l’École de Design de l’UQAM, ou même l’ETS qui souhaite developper son offre de formation dans les arts. Victoriaville garderait son monopole au collégiale, mais l’école maintiendrait sa présence dans la métropole.

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Le Devoir a repris la nouvelle

Au Téléjournal 18h

La fin pour l’École nationale du meuble de Montréal : fermeture en 2027

Il n’y aura plus d’École nationale du meuble et d’ébénisterie en 2027 à Montréal. Le Cégep de Victoriaville, dont elle dépend, va concentrer ses programmes à Victoriaville, ce qui en fera le seul endroit à offrir ces cours très spécialisés au Québec.

Le reportage de Jacques Bissonnet

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La clef ici, qui peut être généralisée à l’ensemble de notre réseau d’enseignement supérieur, est ce passage: “Les gouvernements provinciaux « s’en remettent à des investissements étrangers » au lieu de s’acquitter « de leurs propres responsabilités » en formant un nombre adéquat de médecins.”

Nos universités n’ont pas le choix d’être dépendant d’étudiants étrangers puisque le gouvernement ne subvient simplement pas à leurs besoins financiers…

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Dans le Devoir

Texte complet : McGill et Concordia se tournent vers les tribunaux pour contester la hausse des droits de scolarité

McGill et Concordia se tournent vers les tribunaux pour contester la hausse des droits de scolarité


Photo: Valérian Mazataud, Le Devoir
Des étudiants sur le campus de l’Universite McGill.

Jeanne Corriveau
20 h 08
Société

Les universités McGill et Concordia ont décidé de s’adresser aux tribunaux pour contester les mesures imposées par le gouvernement de François Legault dans le dossier des droits de scolarité des étudiants canadiens non-résidents du Québec et aux étudiants étrangers.

Dans un message adressé vendredi à la communauté de l’Université McGill, Deep Saini, recteur et vice-chancelier de l’institution, a fait savoir que l’université contestait devant les tribunaux deux mesures gouvernementales, soit l’augmentation des droits de scolarité des étudiantes et étudiants canadiens de l’extérieur du Québec inscrits à un programme de premier cycle ou de maîtrise professionnelle ainsi que les modifications apportées au modèle de financement pour la clientèle étudiante internationale inscrite à ces programmes.

L’université compte aussi demander un sursis dans l’application de ces mesures en attendant que les tribunaux se prononcent sur le fond du dossier.

Dans son recours, l’Université McGill allègue que ces deux mesures imposées aux universités anglophones sont « discriminatoires » dans le contexte de la Charte canadienne des droits et libertés que de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec et qu’elles résultent d’un « exercice déraisonnable du pouvoir conféré à la ministre de l’Enseignement supérieur ». L’institution souligne qu’à son avis, ces mesures ont été adoptées sans consultation en bonne et due forme au terme d’un processus jugé « inéquitable » et qu’elles créent « des obstacles inconstitutionnels au commerce interprovincial, limitant dès lors la mobilité des étudiants et étudiantes, le choix de leur université et l’accès à l’éducation ».

L’Université Concordia a elle aussi saisi les tribunaux pour son différend avec le gouvernement dans un recours distinct. « Nous n’entamons pas ces procédures à la légère », écrit le recteur et vice-chancelier Graham Carr dans un message destiné aux membres de la communauté universitaire. M. Carr reproche au gouvernement d’avoir rejeté la proposition de son institution en matière de francisation. « Notre décision d’opter pour la voie judiciaire se fonde également sur notre conviction que la diversité est un important vecteur d’excellence et que l’enseignement supérieur doit être accessible et abordable pour tous », ajoute-t-il. « La francisation demeure une priorité pour Concordia et nous collaborerons avec le gouvernement pour élaborer une approche raisonnable afin de faire progresser nos objectifs communs. »

En octobre dernier, le gouvernement Legault avait annoncé de nouvelles modalités pour les étudiants canadiens non-résidents du Québec qui entameront leurs études à l’automne 2024. Québec entendait alors faire payer l’équivalent de ce que la formation de ces étudiants coûte au gouvernement, soit 17 000 $ par année, au lieu des 9000 $ actuellement. Pour leur part, les étudiants internationaux devraient débourser 20 000 $ de droits de scolarité. En décembre, la ministre de l’Enseignement supérieur du Québec, Pascale Déry, avait toutefois révisé sa position concernant la tarification des étudiants canadiens non-résidents du Québec, fixant à un minimum de 12 000 $ leurs droits de scolarité, au lieu de 17 000 $. Elle avait aussi fait savoir que l’Université Bishop’s serait exemptée de sa réforme.

Les universités anglophones ont entrepris des discussions avec le gouvernement afin de trouver un terrain d’entente, mais en vain.


À CBC News Network

Two Montreal universities launch lawsuits against the Quebec government

Concordia University and McGill University in Montreal are launching separate lawsuits against the Quebec government over tuition hikes for out-of-province students. The lawsuits both argue that the government’s measures constitute discrimination under the Canadian Charter of Rights and Freedoms.

Dans la Gazette ce matin : les coulisses des discussions avec la ministre Déry avant l’annonce « surprise » du gouvernement

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On attire des étudiantes et étudiants de partout au doctorat, mais presque pas de financement pour leurs recherches, car les bourses n’ont pas été indexées depuis 2003. Ce qui rend leur situation financière très précaire.

Texte complet : « Faire mon doctorat ici, c’était un piège »

« Faire mon doctorat ici, c’était un piège »

Des bourses d’études fédérales ont perdu 50 % de leur valeur en 20 ans, ce qui fait fuir la future génération de chercheurs, selon un récent rapport d’un comité de la Chambre des communes.

Gianluca Segalina, arrivé d’Italie il y a 18 mois, fait son doctorat en biologie à l’Université du Québec à Rimouski.
Gianluca Segalina, arrivé d’Italie il y a 18 mois, fait son doctorat en biologie à l’Université du Québec à Rimouski.
PHOTO : RADIO-CANADA / COURTOISIE

Fannie Bussières McNicoll
Publié à 4 h 00 HNE

« Je suis très déçu. Financièrement, oui, je regrette mon choix », lance Gianluca Segalina, arrivé d’Italie il y a 18 mois pour faire son doctorat en biologie à l’Université du Québec à Rimouski.

J’ai choisi de venir à l’UQAR, au Canada, parce que le projet de recherche [auquel je pouvais participer] était vraiment bien. J’ai l’impression de faire quelque chose d’important, explique Gianluca, dans un français impressionnant.

Mais rapidement après son arrivée, il a réalisé que le système de financement des doctorants était beaucoup moins généreux et bien plus complexe qu’il l’anticipait.

Comme il est étudiant étranger, il n’est pas admissible aux bourses des principaux organismes subventionnaires fédéraux.

En fait, seule une petite minorité d’étudiants aux cycles supérieurs, canadiens ou non, reçoivent ces bourses d’études, qui ne sont d’ailleurs pas la panacée; nous y reviendrons.

À défaut de bourse, Gianluca reçoit environ 20 000 dollars par année, un revenu octroyé par son directeur de doctorat au moyen du financement d’une chaire de recherche, mais c’est loin d’être suffisant, explique-t-il. Son français n’est pas d’un niveau suffisant pour être chargé de cours et la compétition est très grande pour devenir assistant de laboratoire, ce qui le laisse avec peu d’options.

Il a épuisé une partie importante de ses épargnes en quelques mois. Il vit dans une petite chambre d’une résidence de l’université, la moins chère qu’il a trouvée.

Je vis sans voiture, je ne vais pas en vacances, je ne mange jamais au restaurant. Je me demande souvent pourquoi je fais ça, pourquoi je suis ici.

— Gianluca Segalina, candidat au doctorat en biologie à l’Université du Québec à Rimouski

Je me fais recommander de me trouver un emploi en restauration. Mais je travaille déjà de huit à dix heures par jour à l’université, explique-t-il, sur un ton découragé. C’était un piège. Tu arrives ici en pensant que tu vas gagner quelque chose, que tu vas être traité comme un chercheur, mais finalement, tu dépends de tes économies.

L’année dernière a été particulièrement difficile pour lui. Il a dû demander l’aide financière de ses parents et consulter un psychologue pour gérer des symptômes dépressifs. S’il n’abandonne pas, c’est simplement parce qu’il ne veut pas retourner à la case départ et recommencer son doctorat.

Même s’il apprécie la qualité du programme et de l’enseignement, il reconnaît que s’il avait à refaire un choix maintenant, il se tournerait sûrement vers un autre pays, peut-être en Europe, où sa situation financière serait moins fragile.

Une bourse insuffisante… et non indexée

Même pour les chanceux qui reçoivent une bourse, ce n’est pas toujours rose sur le plan financier.

La bourse du CRSH (Conseil de recherches en sciences humaines) est insuffisante, c’est clair, lance Marlène Larochelle, candidate au doctorat en sciences de l’éducation à l’Université de Montréal.

Quand elle a opté pour un retour aux études à la fin de la trentaine, elle savait que ça représenterait une baisse de revenus importante pour sa famille, mais elle ne se doutait pas à quel point ce serait un exercice complexe.

Chaque fois qu’elle reçoit un versement de sa bourse annuelle de 35 000 dollars, elle en met le quart de côté. Pourquoi? Pour financer sa quatrième année d’études, qui ne sera pas subventionnée, car les principales bourses fédérales sont d’une durée de trois ans. C’est très, très rare de terminer un doctorat en trois ans, explique-t-elle.

En plus de son projet de recherche, elle doit cumuler deux contrats de recherche et une charge de cours pour arriver financièrement, dit-elle. Je participe à d’autres projets pour développer mes connaissances et pour l’avancement de ma carrière, oui. Mais si j’en fais autant, c’est pour des considérations financières.

L’équilibre est difficile à trouver entre le temps que je peux consacrer à l’avancement de ma thèse et tous les autres projets [dans lesquels je me suis investie] pour générer des revenus.

— Marlène Larochelle, candidate au doctorat en sciences de l’éducation à l’Université de Montréal

« Au Canada, la majorité de la recherche est faite dans les universités par les étudiants. Donc, si on prétend vouloir faire de la recherche, il faut financer ces étudiants qui mettent en avant de nouvelles connaissances », invoque la candidate au doctorat Marlène Larochelle.
Marlène Larochelle
PHOTO : RADIO-CANADA / AMELIE PHILIBERT

Elle dit d’ailleurs connaître plusieurs collègues qui acceptent plusieurs charges de cours chaque session, mais qui doivent prolonger leurs études d’une, voire de plusieurs années pour cette raison. Plus on travaille, moins on a de temps et d’énergie pour notre doctorat.

La bourse que Marlène reçoit n’a pas été indexée depuis 2003, tout comme la majorité des bourses consenties par les trois principaux conseils de recherche fédéraux.

Pourtant, les bourses du Fonds de recherche du Québec ont été sensiblement augmentées l’an dernier, et ça a été une bouffée d’air frais pour mes collègues qui les reçoivent, confie-t-elle, un peu amère.

Évolution de la valeur des bourses d’études supérieures versées par le gouvernement du Canada (maîtrise et doctorat)

Nom du programme Montant annuel Évolution de la valeur
Bourses d’études supérieures du Canada - maîtrise 17 500$ inchangée depuis 2003
Bourses d’études supérieurs du Canada - doctorat 35 000$ inchangée depuis 2003
Bourses d’études supérieures du CRSNG - doctorat 21 000$ inchangée depuis 2003
Bourses de recherche du CRSH - doctorat 20 000$ passée de 19 000$ à 20 000$ en 2004

Source : Rapport du Comité permanent de la science et de la recherche, Les programmes de bourses d’études supérieures et des bourses postdoctorales du gouvernement du Canada, novembre 2023

Un rapport aux conclusions sans équivoque

Le député bloquiste Maxime Blanchette-Joncas en a entendu, des histoires comme celle de Gianluca Segalina et de Marlène Larochelle. Il est aussi attentif depuis un moment aux appels à l’aide de la communauté de chercheurs, qui a récemment dénoncé le fait que le Canada est en queue de peloton quant au financement de la recherche scientifique.

En tant que membre du Comité permanent de la science et de la recherche, il a entrepris des travaux sur les programmes de bourses d’études supérieures et postdoctorales du gouvernement du Canada.

Un député dans son bureau donnant une entrevue par visioconférence.
Le député bloquiste Maxime Blanchette-Joncas de Rimouski-Neigette–Témiscouata–Les Basques est le vice-président du Comité permanent sur la recherche et la science à Ottawa.
PHOTO : RADIO-CANADA

Le Comité a entendu une quarantaine de témoins, dont des représentants des étudiants, des universités et des grands conseils de recherche, et reçu autant de mémoires.

Le rapport produit et déposé sans bruit en novembre dernier à la Chambre des communes est cinglant à l’endroit du gouvernement. Il fait état d’un sous-financement problématique qui entraîne des difficultés financières pour les étudiants, des problèmes de santé mentale accrus, une augmentation des échecs, un prolongement de la durée des études ainsi qu’un risque accentué d’abandons et d’exode des cerveaux.

Le risque est que seuls les étudiants les plus fortunés ou les plus favorisés puissent suivre des études aux cycles supérieurs.

— Extrait du rapport

L’étudiant moyen termine ses études avec une dette de 28 000 $ (maîtrise) ou de 33 000 $ (doctorat), selon des chiffres fournis au Comité par l’Alliance canadienne des associations étudiantes.

Par ailleurs, 86 % des répondants à une enquête nationale menée en 2022 par le Réseau de politique scientifique d’Ottawa ont dit éprouver du stress et de l’anxiété à propos de leurs finances et 43 % d’entre eux ont décrit leur situation financière comme précaire ou en difficulté, apprend-on dans le rapport du Comité.

Cette aide financière ne permet pas de joindre les deux bouts pour le paiement de l’épicerie, du loyer, et ça fait en sorte que bien des étudiants aux cycles supérieurs vivent sous le seuil de la pauvreté, signale Catherine Bibeau-Lorrain, la présidente de l’Union étudiante du Québec.

Une représentante étudiante regardant la caméra avec un regard neutre.
Catherine Bibeau-Lorrain, présidente de l’Union étudiante du Québec (UEQ)
PHOTO : RADIO-CANADA / FANNIE BUSSIÈRES MCNICOLL

Les montants consentis ayant stagné pendant deux décennies, la valeur réelle de cette aide financière, en prenant en compte l’inflation, a chuté de 50 % depuis le début des années 2000, peut-on lire dans le même rapport.

Par ailleurs, l’augmentation du nombre de bourses distribuées est loin d’avoir suivi celle du nombre d’étudiants aux cycles supérieurs. En résulte une compétition féroce entre les étudiants qui n’est en rien saine pour l’écosystème de recherche, explique le député Maxime Blanchette-Joncas.

On est en période de pénurie de main-d’œuvre. Si un étudiant a le choix entre poursuivre ses études avec un stress financier ou accepter un emploi qui est bien rémunéré, le choix est assez simple pour certains, explique-t-il.

Perdre la compétition internationale

Comme s’en plaignait aussi récemment Daniel Jutras, le recteur de l’Université de Montréal, le soutien défaillant aux étudiants des cycles supérieurs fait fuir la future génération de chercheurs, selon Maxime Blanchette-Joncas. On compromet notre capacité à innover. On ne réussit pas à convaincre les meilleurs talents internationaux de venir ici.

Quelle est la priorité du gouvernement? […] Est-ce qu’on veut toujours être à la remorque des autres pays qui vont développer des nouvelles technologies? […] Est-ce qu’on veut envoyer nos meilleurs talents étudier et faire de la recherche scientifique dans d’autres pays?

— Maxime Blanchette-Joncas, député du Bloc québécois

Comparaison du niveau de générosité des bourses doctorales

Pays Valeur annuelle d’une bourse d’études au doctorat en sciences pures ou génie (en dollars canadiens)
Canada 21 000$ (bourse du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie, CRSNG)
Australie 31 200$ (indexé sur l’inflation)
Royaume-Uni 31 500$
États-Unis 65 000$ (dont 49 000$ versé à l’étudiant, et le reste à l’établissement d’enseignement)
Allemagne 66 000$
Danemark 73 500$

Source : L’organisation Support Our Research, qui a témoigné lors des travaux du Comité permanent de la science et de la recherche

Passer à l’action

Le rapport du Comité permanent de la recherche et de la science fait une série de recommandations somme toute assez simples.

Tout d’abord, il suggère d’augmenter la valeur ainsi que le nombre de bourses d’études octroyées. L’erreur serait d’augmenter la valeur des bourses sans augmenter l’enveloppe totale, ce qui diminuerait le nombre de boursiers et, par le fait même, l’accessibilité à du soutien financier, prévient Maxime Blanchette-Joncas.

Il recommande aussi d’allonger la durée du financement, ce qui pourrait aider quelqu’un comme Marlène Larochelle, et d’élargir les critères d’admissibilité aux bourses, notamment aux étudiants étrangers, comme Gianluca Segalina.

Par ailleurs, bien conscients que les étudiants non boursiers ont également besoin d’un meilleur soutien financier, les membres du Comité recommandent un soutien renouvelé à la recherche.

Dans les dernières années, il y a eu un abandon de la part du gouvernement libéral dans le soutien des chaires de recherche, notamment dans les trois grands organismes subventionnaires. Depuis deux ans, il n’y a pas eu un sou supplémentaire pour soutenir adéquatement la recherche scientifique, dénonce Maxime Blanchette-Joncas.

Ce qu’on demande au gouvernement, c’est de passer à l’action.

— Maxime Blanchette-Joncas, député du Bloc québécois

Plus de trois mois après le dépôt de ce rapport, la réponse du ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, François-Philippe Champagne, se fait toujours attendre.

Son attachée de presse, Audrey Champoux, assure que cette réponse sera rendue d’ici le 11 mars, à l’intérieur du délai de 120 jours prévu.

Nous remercions le comité pour son important travail et prenons acte du rapport et des recommandations formulées. Nous soutenons les étudiants et la recherche universitaire, mais nous savons que nous devons faire plus, écrit Audrey Champoux.

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Texte complet : La nomination au CA de l’INRS est paralysée après une intervention de la ministre Déry

La nomination au CA de l’INRS est paralysée après une intervention de la ministre Déry


Photo: Jacques Boissinot, Archives La Presse canadienne
«La décision est maintenue, on est en attente d’une nouvelle proposition de candidature de l’établissement», a fait savoir mercredi l’attaché de presse de la ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry.

Marie-Michèle Sioui
à Québec
Correspondante parlementaire
12 h 21
Québec

Des associations représentant 35 000 étudiants expriment leur « soutien le plus sincère et total » à la professeure Denise Helly, dont la nomination au conseil d’administration (CA) de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) a été bloquée par la ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry.

Depuis janvier, le processus est sur la glace, a confirmé l’INRS au Devoir. Toutes les parties sont restées sur leur position, et le poste au CA est demeuré vacant.

« La décision est maintenue, on est en attente d’une nouvelle proposition de candidature de l’établissement », a fait savoir mercredi l’attaché de presse de Mme Déry, Simon Savignac. Le président de l’Université du Québec (UQ), Alexandre Cloutier, n’a « rien à ajouter » sur cette situation pour le moment, a attesté Bruno-Pierre Cyr, directeur des communications à l’UQ.

En janvier, M. Cloutier avait dit voir dans le geste de la ministre une atteinte à l’autonomie des universités et, possiblement, à la liberté universitaire. Il a depuis rencontré la ministre Déry, et « les discussions se poursuivent ». Quant à l’INRS, il estime que la décision de la ministre est contraire au principe d’autonomie universitaire. « L’INRS est toujours en concertation avec les différentes parties prenantes dans ce dossier », écrit sa porte-parole Julie Robert.

Entre-temps, neuf associations étudiantes représentant 35 000 étudiants de HEC, de l’INRS ou de l’Université de Sherbrooke, entre autres, ont signé une lettre dans laquelle elles se disent « scandalisées » par la décision de la ministre Déry. « [Nous] dénonçons toute tentative du gouvernement d’interférer avec l’indépendance universitaire, ô combien importante dans une société démocratique. Mais surtout, nous étudiants universitaires, voulons apporter notre soutien le plus sincère et total à la professeure Denise Helly, qui vit une situation totalement injuste et discriminatoire », écrivent-ils.

« Mépris » pour les sciences sociales

Selon ces étudiants, cette affaire témoigne du « mépris le plus total » de la CAQ envers les sciences sociales. « Ce n’est pas la première fois que le gouvernement snobe les experts et expertes en sciences sociales lorsqu’il n’est pas d’accord avec les résultats des chercheurs », écrivent-ils.

Ils donnent l’exemple d’une formation contre le racisme montée par une professeure de l’Université du Québec à Montréal. Cette formation aurait, selon Radio-Canada, été déprogrammée en raison de ses références au racisme systémique, un concept que le gouvernement Legault rejette en grande partie.

Les étudiants soulignent dans leur lettre le parcours académique de Mme Helly. « Sa contribution à la science est depuis longtemps reconnue par le monde académique comme étant importante, rigoureuse, et courageuse. Courageuse car, comme cette affaire le démontre, être chercheur en science sociale concernant des sujets qui ne conviennent pas à l’agenda politique de la ministre Pascale Déry, c’est s’exposer à la censure et à la discrimination », avancent-ils. Ils demandent à la ministre de revenir sur sa décision et de « rendre publique les réelles raisons de ce refus ».

La ministre muette

Interpellée à plusieurs reprises dans les couloirs de l’Assemblée nationale, Pascale Déry a jusqu’ici refusé d’expliquer publiquement sa décision. C’est plutôt son attaché de presse, Simon Savignac, qui a écrit dans une déclaration transmise aux médias que le gouvernement avait « certaines réserves quant aux liens qu’a entretenus Mme Helly avec le prédicateur controversé Adil Charkaoui ».

En 2015, Denise Helly a organisé un colloque international sur l’islamophobie à l’INRS avec trois collègues du milieu de l’enseignement supérieur. Adil Charkaoui, auparavant soupçonné de terrorisme par les autorités canadiennes, y avait participé à titre de représentant du Collectif québécois contre l’islamophobie (CQCI). Mme Helly a reçu de la part du CQCI un prix de reconnaissance pour ses « efforts dans la lutte contre l’islamophobie ». Les colauréats étaient l’ex-maire d’Huntingdon Stéphane Gendron et Salam al-Minyawi, président du Conseil musulman de Montréal. C’est cette reconnaissance qui dérange le plus le cabinet de Mme Déry, a expliqué son attaché de presse.

Dans une entrevue accordée au Devoir à la fin du mois de janvier, la professeure Helly a dit considérer qu’elle n’avait « pas fait d’erreur » en acceptant cette récompense. « Je l’ai acceptée, et dans leur tête [au cabinet Déry], ça veut dire que je soutiens Charkaoui. En termes de liberté académique, si je refusais, ça voulait dire que je prenais position dans le dossier. » Or, « je ne suis pas un juriste, je ne suis pas la GRC », a-t-elle alors indiqué.

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