Montréal : Ville de savoir (enseignement supérieur)

Je ne vis pas au Québec, donc je posais simplement une question. Qui parle de privatiser les universités? En fait les frais de scolarité sont gelés au Québec depuis un certain temps, il y a peut-etre une piste là?

Les frais de scolarité sont p-ê gelés/peu augmenté depuis le printemps érable, mais tous les autres frais ont augmenté drastiquement.

Aussi, les université anglophones reçoivent plus de dons privés de la part de leur alumni. Je crois que l’écart tend à diminuer.

Tuition hike at McGill and Concordia is a direct attack on Montreal, Plante says | Montreal Gazette.

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Avec la baisse d’étudiants indiens, les collèges privés meurent à petit feu


*Photo: Martin Bureau, Agence France-Presse
En 2020-2021, près de 20 000 étudiants étrangers fréquentaient les collèges privés non subventionnés ; ils sont à peine 1300 aujourd’hui

Lisa-Marie Gervais
10 février 2024
Éducation

Battant des records d’inscriptions pendant la pandémie, les étudiants étrangers, surtout indiens, ont aujourd’hui déserté les collèges privés non subventionnés, a constaté Le Devoir. Acculés à la faillite, ces établissements disent avoir été décimés par la nouvelle mesure d’immigration du gouvernement du Québec, qui a coupé l’accès au permis de travail postdiplôme.

« Notre réseau est en train de mourir », a laissé tomber Ginette Gervais, présidente de l’Association des collèges privés non subventionnés du Québec (ACPNS). « Certains vont tirer leur épingle du jeu, mais ceux qui s’étaient tournés vers l’international pour avoir plus de clientèle vont avoir du mal. »

Selon des données fournies par le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI), le nombre d’étudiants étrangers fréquentant ces collèges est en chute libre. Alors qu’ils étaient plus de 10 000 pendant les années de la pandémie — avec un record d’inscrits de 19 000 en 2020-2021 —, ils étaient à peine plus de 1300 à la rentrée scolaire de 2023-2024.

Les étudiants d’origine indienne, qui constituaient alors plus de 85 % de la clientèle étrangère, n’en représentent plus que 5 %. En effet : seulement 78 étudiants indiens étaient inscrits dans ces collèges privés à l’automne dernier alors qu’ils ont déjà été plus de 17 000.

Cette baisse coïncide avec la décision prise en 2022 par les ex-ministres de l’Enseignement supérieur et de l’Immigration, Danielle McCann et Jean Boulet, qui avaient convaincu Ottawa de réserver l’accès au permis de travail postdiplôme uniquement aux immigrants diplômés d’un programme d’étude subventionné. Entrée en vigueur le 1er septembre dernier, la nouvelle mesure a ainsi coupé l’accès à un permis de travail qui pouvait éventuellement mener à la résidence permanente.

Selon le MIFI, ce changement visait à protéger « l’intégrité » en lien avec le recrutement de ces étudiants étrangers, et à contrer des « stratagèmes d’immigration » confirmés par une enquête du ministère de l’Enseignement supérieur. « Plusieurs établissements privés, en grande majorité anglophones, servaient de passerelle à la résidence permanente et au permis de travail pour des ressortissants indiens et chinois », a-t-on affirmé au cabinet de la ministre de l’Immigration. Des médias, dont Le Devoir, avaient levé le voile sur les pratiques douteuses de certains de ces établissements et des problèmes liés à la qualité de l’enseignement.

Une mesure qui fait mal

Ginette Gervais, de l’ACPNS, l’affirme sans équivoque : la mesure de Québec a été « le premier coup » donné à la trentaine d’établissements privés qu’elle représente. « La perte du permis de travail postdiplôme a causé beaucoup de dommages », dit-elle, en mentionnant que la goutte qui a fait déborder le vase est l’exigence de la connaissance du français pour obtenir une attestation d’études collégiales (AEC).

« S’ils n’ont plus d’étudiants, ça va être difficile pour les collèges de survivre. » Depuis les dix dernières années, devant la diminution du nombre d’inscrits québécois, ces collèges s’étaient mis au recrutement international. « Tout le monde, même les universités et les cégeps, s’était tourné vers l’international. Et nous, on a bénéficié du fait qu’on offrait des formations plus courtes. »

Président de Collège Canada, qui possède cinq campus partout au Québec, Cyrus Shani ne peut que constater que d’enlever l’accès au permis de travail a fait très mal. « L’impact est immense », a-t-il confié au Devoir. « On avait 5000 étudiants internationaux et locaux, mais depuis les changements, on est tombé à 300 ! »

Fondé en 1976, son collège a d’abord été une école de langues avant d’obtenir en 2003 un permis pour donner des formations de niveau collégial. « Mes collèges ne sont pas rentables. Mais j’ai d’autres compagnies, j’ai une clinique aussi, et c’est ce qui me permet de sauver mes activités d’enseignement », a expliqué M. Shani.

Il dit ne pas en vouloir au gouvernement, mais plutôt aux collèges et aux agences de recrutement qui ont nui. Certains actionnaires de la firme de recrutement Rising Phoenix International avaient d’ailleurs fait l’objet d’une enquête par l’Unité permanente anticorruption (UPAC). « La réglementation, c’est une bonne chose », convient-il. Sauf qu’elle a mené à l’agonie de nombreux établissements qui ne le méritaient pas, selon lui, et que cela prive le gouvernement « de millions en retombées économiques ».

Un collège fermé

L’Institut supérieur d’informatique, qui a offert des formations de niveau collégial pendant 25 ans, a été contraint de fermer ses portes en novembre 2022. « On s’est accroché aussi longtemps qu’on a pu », a dit Henriette Morin, qui dirigeait le collège. Plusieurs difficultés, notamment un litige avec Rising Phoenix International, ont sapé toutes les ressources financières de l’école qui a dû faire faillite. « On a fait le maximum pour que les étudiants puissent récupérer leur argent », a tenu à préciser Mme Morin.

Le resserrement autour de l’octroi du permis de travail n’est pas étranger aux problèmes vécus. « Tout ça est lié », note-t-elle. Le fait que son établissement ait tenté de recruter des étudiants indiens, dont l’afflux massif soulevait plusieurs questions au sein du gouvernement, n’a pas aidé. « Qui sait ce qui serait arrivé si on avait tenté de recruter des étudiants en Afrique francophone et au Maghreb. Mais on leur accordait beaucoup moins facilement de visa. »

Pour la présidente de l’ACPNS, les collèges privés non subventionnés n’auront d’autres choix que de se redéfinir et trouver de nouveaux marchés. « Mais ça ne se fait pas en claquant des doigts, soutient Ginette Gervais. On a bien essayé d’expliquer notre réalité [au gouvernement] et les impacts que [ses décisions] ont eus sur nos activités, mais on a très peu d’écoute. »

Si les collèges privés non subventionnés sont « morts » dans leur forme actuelle, ils devront se réinventer, croit aussi Cyrus Shani, de Collège Canada. « En attendant, on vit au jour le jour et on espère que Québec va faire des changements qui vont aider les bons collèges, ceux qui contribuent réellement à la société québécoise. »

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I’m not too concerned about this. A lot of those colleges are predatory and of questionable quality, some of them do deserve to disappear.

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Exactly my thoughts, sometimes it verged on trafficking

L’École nationale du meuble et de l’ébénisterie pourrait fermer à Montréal

L’édifice de l’École nationale du meuble et de l’ébénisterie est situé sur la rue De Lorimier à Montréal.PHOTO : Radio-Canada / Philippe-Antoine Saulnier

Affilié au Cégep de Victoriaville, le campus montréalais de l’École nationale du meuble et de l’ébénisterie (ENME) pourrait fermer ses portes. Il ne resterait que le campus de Victoriaville. Le sort de l’école montréalaise, installée depuis plus de 30 ans dans la métropole, se décidera la semaine prochaine lors d’une réunion du conseil d’administration du Cégep. Le journaliste Philippe-Antoine Saulnier explique les raisons de cette éventuelle fermeture, l’importance de l’école pour l’industrie du meuble et les possibles solutions pour la sauver.

Deux enseignants de l’école, Julien Duchesne et Mathieu Pellerin, sont très inquiets quant à la possibilité que l’établissement ferme. Ils craignent de perdre une expertise qu’on ne pourra pas retrouver facilement. Si cette formation ne se donne plus à Montréal, il y aura un manque.

Le directeur général du Cégep de Victoriaville, Denis Deschamps, explique les raisons de cette éventuelle fermeture.

D’autres personnes envisagent des solutions, dont le déménagement de l’École de Joaillerie de Montréal et la création d’un quartier des artisans.

Le cégep de Victoriaville préfère fermer l’ÉNME que de transférer le programme à un autre cégep de la région de Montréal pour une question de concurrence :roll_eyes:

Texte complet : L’École nationale du meuble et de l’ébénisterie de Montréal fermera ses portes

L’École nationale du meuble et de l’ébénisterie de Montréal fermera ses portes

Le conseil d’administration du Cégep de Victoriaville a pris la décision lundi soir de mettre fin aux activités de son campus montréalais en 2027 pour des raisons financières.

Ils brandissent des pancartes pour dénoncer la décision de fermer leur établissement d'enseignement.
Un groupe d’enseignants et d’étudiants de l’École nationale du meuble et de l’ébénisterie de Montréal se sont déplacés à Victoriaville lundi soir pour tenter de convaincre le conseil d’administration du Cégep de Victoriaville de ne pas fermer leur école spécialisée.
PHOTO : COURTOISIE DE LA FEC-CSQ

Fannie Bussières McNicoll
Publié à 4 h 00 HNE

« Ils nous ont laissé tomber », lance Cynthia Caron, un nœud dans la gorge et encore sous le choc, quelques instants après avoir assisté, impuissante, à la décision de mettre la clé sous la porte de l’établissement où elle enseigne depuis 15 ans.

On perd un bien collectif et on va dilapider une expertise unique, renchérit, tout aussi sombre, son collègue David Gour, enseignant en dessin et conception de meuble à l’École nationale du meuble et de l’ébénisterie de Montréal (ENME).

Le sort de l’école spécialisée était incertain depuis un moment, ce qui soulevait les inquiétudes de son corps professoral.

Mme Caron, M. Gour et leurs collègues ont été informés en journée lundi de l’intention de la direction du Cégep de Victoriaville de recommander la cessation des activités du campus de Montréal de l’ENME ainsi que la vente de son bâtiment, qui a pignon sur l’avenue De Lorimier depuis 1995.

Cette décision a été entérinée par une majorité décisive de membres du conseil d’administration plus tard en soirée, à Victoriaville. Une trentaine d’enseignants et étudiants de l’ENME avaient fait la route depuis Montréal pour y assister, et des collègues du campus de Victoriaville s’étaient joints à la rencontre, particulièrement chargée en émotions, par solidarité.

Des personnes en regardent d'autres, assises autour d'une table.
La séance du conseil d’administration du Cégep de Victoriaville s’est tenue devant un public attentif et attristé, lundi.
PHOTO : RADIO-CANADA / COURTOISIE DE LA FEC-CSQ

Certains d’entre eux ont pris la parole pour tenter une dernière défense de l’établissement d’enseignement, espérant renverser la vapeur, mais sans succès, relate Cynthia Caron. Je suis estomaquée. On se serait attendu à un peu plus de soutien, mais non. C’est comme si le sort en était déjà jeté.

Une décision difficile, selon le Cégep de Victoriaville

C’est une page d’histoire importante du Cégep qui se tourne et c’est une décision difficile à prendre, mentionne le directeur général du Cégep de Victoriaville, Denis Deschamps, par voie de communiqué. Il assure par ailleurs que du soutien et de l’accompagnement seront offerts aux enseignants touchés.

Un homme portant des lunettes en entrevue en visioconférence dans son bureau.
Denis Deschamps, directeur général du Cégep de Victoriaville, dans le Centre-du-Québec
PHOTO : RADIO-CANADA

Des motifs essentiellement financiers sont invoqués pour expliquer ce choix, qui est présenté comme une centralisation des activités à l’École du meuble et de l’ébénisterie à Victoriaville.

La possibilité de n’y offrir qu’un seul programme d’études, les défis en lien avec le recrutement ainsi que les enjeux financiers relatifs au maintien des services à la communauté collégiale, au renouvellement et à l’entretien d’équipement de pointe et à l’amélioration du bâtiment sont quelques-unes des raisons qui ont motivé [cette] décision, explique la direction du Cégep de Victoriaville.

Bien que le Cégep de Victoriaville ait décidé du destin de son campus montréalais, ce n’est qu’en 2027 que celui-ci mettra fin à ses activités, précise la direction par voie de communiqué.

Les admissions seront maintenues à l’automne 2024 et les étudiants inscrits pourront terminer leur parcours et obtenir leur diplôme avant sa fermeture officielle.

La Fédération de l’enseignement collégial (FEC-CSQ), qui représente les enseignants du Cégep de Victoriaville, a par ailleurs indiqué sur les réseaux sociaux être solidaire du personnel qui sera touché par cette décision qu’elle qualifie de malheureuse.

Frustration

Je trouve extrêmement dommage qu’encore une fois, le débat se fasse dans une logique uniquement comptable, dit l’enseignant David Gour.

Il est en colère contre la direction du Cégep de Victoriaville, qui, selon M. Gour, préfère démanteler cette école plutôt que de trouver le moyen de passer le flambeau à un établissement qui pourrait lui donner un nouveau souffle. La direction l’a dit, elle ne veut pas que le cégep se fasse compétition à lui-même, puisqu’il y aura encore un programme en ébénisterie à Victoriaville, explique-t-il.

Un groupe d'enseignants à l'École nationale du meuble et de l'ébénisterie.
L’équipe de l’ENME de Montréal, Cynthia Caron, deuxième à partir de la gauche, et David Gour, deuxième à partir de la droite, ont confié être atterrés par la fermeture de leur établissement d’enseignement.
PHOTO : JULIEN DUCHÊNE

Pourquoi est-ce qu’on est prêt à accepter la perte de notre bien collectif? Pourquoi est-ce qu’on ne considère pas tout simplement de transférer cette mission-là à un autre joueur du réseau qui pourrait l’accueillir?

— David Gour, enseignant en dessin et conception de meuble à l’École nationale du meuble et de l’ébénisterie de Montréal

L’appel qu’on fait est le suivant : trouvons une solution pour continuer à faire vivre ce projet de formation-là, lance celui qui oeuvre dans le milieu de l’ébénisterie depuis plus de deux décennies.

À son avis, la communauté des ébénistes et enseignante de l’ENME de Montréal serait prête à se mobiliser pour créer un véritable pôle montréalais de l’enseignement de l’ébénisterie, qui pourrait rassembler des programmes pour des métiers d’arts et pour ceux orientés vers l’industrie du meuble ou encore la production assistée par ordinateur.

Il ne manque que la volonté politique pour réaliser ce projet et sauver notre école, conclut David Gour, sur un ton plein d’espoir.

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Si la concurrence CEGEP-CEGEP préoccupe le cégep de Victoriaville, je me demande si changer complètement de créneau permettrait de préserver l’expertise et les ressources à Montréal. Par exemple, est-ce que Victoriaville pourrait remplacer son DEC à Montréal par une mineure/certificat (1 ans) ou une majeure/diplôme (2 ans) en collaboration avec la faculté d’aménagement de l’UdeM ou l’École de Design de l’UQAM, ou même l’ETS qui souhaite developper son offre de formation dans les arts. Victoriaville garderait son monopole au collégiale, mais l’école maintiendrait sa présence dans la métropole.

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Le Devoir a repris la nouvelle

Au Téléjournal 18h

La fin pour l’École nationale du meuble de Montréal : fermeture en 2027

Il n’y aura plus d’École nationale du meuble et d’ébénisterie en 2027 à Montréal. Le Cégep de Victoriaville, dont elle dépend, va concentrer ses programmes à Victoriaville, ce qui en fera le seul endroit à offrir ces cours très spécialisés au Québec.

Le reportage de Jacques Bissonnet

La clef ici, qui peut être généralisée à l’ensemble de notre réseau d’enseignement supérieur, est ce passage: “Les gouvernements provinciaux « s’en remettent à des investissements étrangers » au lieu de s’acquitter « de leurs propres responsabilités » en formant un nombre adéquat de médecins.”

Nos universités n’ont pas le choix d’être dépendant d’étudiants étrangers puisque le gouvernement ne subvient simplement pas à leurs besoins financiers…