Roman incoming…
En fait, ce que je constate, c’est que culturellement, la voiture a grandement été associée à la liberté individuelle. Ça a effectivement permis à plusieurs un meilleur accès aux emplois et une alternative au transport en commun surchargé qui avait été le libérateur de l’époque précédente. Encore aujourd’hui, l’automobile est vue comme le moyen de fuir la mauvaise planification de TEC pour aller travailler à l’hôpital, sur un chantier de construction ou dans un studio de cinéma.
Les fabricants automobiles et l’industrie pétrolière ne sont pas étrangers à ces concepts et ils nous encouragent à voir le monde ainsi en finançant plusieurs médias / think tanks/ compagnies qui font la promotion de ce point de vue.
Cependant, la voiture est si populaire qu’en ville, son utilisation devient plus compliquée parce que ça crée de la congestion. Tous les experts et nos gouvernements reconnaissent que pour avoir un transport efficace en ville, il faut conjuguer plusieurs moyens de transport ensemble et augmenter l’efficacité de nos rues.
Merci tu aides l’argument que je veux faire!
La puissance de l’industrie de l’automobile combinée à son emprise sur les médias et la liberté que l’auto procure vs les autres moyens de transports négligés fait que quand on retire de l’espace dédié à la voiture personnelle, ça crée une impression de perte qui est une des émotions les plus fortes chez l’être humain. Plusieurs personnes qui n’utilisent que la voiture pour se déplacer ne peuvent pas concevoir que l’augmentation des possibilités de transport peut au contraire augmenter leur liberté personnelle.
On ne peut pas leur en vouloir : en ville, comme à Montréal, plusieurs endroits sont hostiles aux piétons et des personnes ne peuvent pas s’imaginer devoir faire leurs emplettes dans ces environnements sans voiture, comme au marché central par exemple.
Après, tout ce phénomène devient un terreau fertile pour un outil médiatique qu’on apelle la panique morale, qui est une réaction collective disproportionnée à des pratiques culturelles ou personnelles en général minoritaires, considérées comme « déviantes » ou néfastes pour la société. Selon moi, c’est dans cette colonne qu’on peut placer la “Guerre à l’auto”.
Qu’est-ce qui aide à maintenir cette impression de guerre en vie, c’est que les personnes à vélo prennent moins la parole dans les médias et obtiennent souvent moins de poids que les personnes en auto. Normalement, la différence de poids est dû au statut social. C’est le cas ici, mais je dirais aussi que plusieurs personnes sont des cyclistes parce qu’ils veulent se déplacer et se stationner facilement ou faire du sport. Ils ne sont pas nécessairement des militants.
Ce motif est tellement souvent utilisé pour parler des pistes cyclables que les journalistes et les politiciens ont juste à utiliser une ou deux expressions pour allumer le brasier. Je pense que c’est ce qui est arrivé avec le questionnaire sur “la place du vélo à Montréal”. Il y a beaucoup de framing pour mettre de l’emphase sur la sensation de perte d’espace, mais les allusions ne sont jamais pleinement assumées.