Résumé
Vers une pénurie de véhicules usagés
Par Félix Lajoie, Le Soleil
10 août 2025 à 08h48|
Mis à jour le11 août 2025 à 04h15
Chez AutoHebdo, le camion Ford F-150 trône au sommet des véhicules les plus recherchés et les plus vendus au Canada. (Ford)
Cette année, les véhicules usagés se font encore plus rares sur le marché. La pénurie de véhicules d’occasion n’est pas encore arrivée, mais elle pourrait être à nos portes dans quelques mois, avertit le rapport trimestriel de l’indice des prix d’AutoHebdo.
En comparaison à pareille date l’année dernière, l’inventaire de véhicule usagé a chuté de 16,8 %, selon les données de la plus grande plateforme de transaction automobile du pays.
«On n’est pas dans une étape de pénuries de véhicules d’occasion, mais potentiellement que dans six mois on pourrait en parler», prévoit Benoit Laforce, vice-président médias et solutions chez AutoHebdo.
Au moment d’écrire ces lignes, le nombre véhicules d’occasion affichés sur la plateforme de vente en ligne se chiffrait à 188 053.
Selon M. Laforce, l’inventaire de véhicules usagés est semblable au niveau prépandémique de 2019. L’année dernière à pareille date, il était d’environ 226 000 véhicules.
Des prix qui varient
Lors de l’annonce des tarifs américains il y a quelques mois, AutoHebdo prévoyait une hausse des prix des véhicules neufs, ce qui aurait forcé certains consommateurs à se tourner vers le marché de l’usagé et aurait ainsi créé une pression sur ce marché, voire une pénurie.
«Certains manufacturiers qui s’attendaient à être atteints par les tarifs ont livré un plus grand nombre d’inventaires dans les cours des concessionnaires, avant que les tarifs soient effectifs, ce qui a amené une diminution des prix», explique M. Laforce.
Selon le rapport d’AutoHebdo, le prix des véhicules neufs a diminué de 3.5% au Canada, et de 4,7% au Québec, pour s’établir à un prix moyen de 63 284$. Cette baisse relative a ainsi réduit quelque peu les impacts prévus sur le marché de l’usagé.
Malgré cette légère baisse du côté des véhicules neufs, le prix des véhicules d’occasion, pour sa part, a augmenté de 6,4 %, avec un prix moyen à 35 746 $. À l’échelle du pays, la hausse est de 3,6 %.
L’inventaire de véhicules neufs est demeuré stable en début d’année, ce qui a permis de maintenir les prix, mais il est désormais en baisse de 12 % sur un an à l’échelle nationale, indique le rapport d’AutoHebdo.
«Plus les véhicules seront affectés par les tarifs, plus les prix vont augmenter. Donc notre prévision c’est que les gens vont se retourner vers le marché de l’usagé. Ça s’est quand même produit dans les six premiers mois de l’année même si les prix des véhicules usagés n’ont pas augmenté», ajoute M. Laforce.
Achetez plus tôt que tard
Selon le rapport trimestriel, le comportement des consommateurs a changé face à l’attitude du voisin américain. AutoHedbo décrit la tendance comme un effet de «précipitation des achats».
«Si vous pensez à changer votre véhicule dans les prochains mois, pas nécessairement dans quelques années, mais vraiment dans quelques mois, c’est le temps de regarder maintenant», conseille M. Laforce.
«Il y a encore des offres qui ne sont pas impactées par les tarifs, alors que potentiellement dans les trois ou quatre prochains mois, tous les véhicules risquent de l’être», ajoute-t-il.
Le marché des véhicules usagés risque également de souffrir d’un inventaire en constante diminution et les prix pourraient s’élever comme en 2023.
Les VÉ, un monde à part
De son côté, la situation des véhicules électriques (VÉ) fait toutefois figure d’exception: les prix des VÉ neufs et usagés est en baisse.
La demande pour ces véhicules s’est estompée à la suite des réductions d’incitatifs fédéraux et de l’incertitude entourant les politiques publiques. L’année dernière, les consommateurs s’étaient empressés d’acheter un VÉ avant la fin des rabais, inique M. Laforce.
Les ventes des VÉ ont chuté de près de 45 % en mars et de plus de 28 % en avril. Selon AutoHebdo, la «confiance envers l’adoption de ce type d’automobile commence à s’effriter».