Quelle beauté!!!
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Why this butterfly could soon become Quebec’s 1st insect emblem
MNAs at Quebec’s National Assembly have voted in favour of Bill 496, which recognizes the white admiral as one of the province’s symbols. Native to Quebec, the butterfly could become its first insect emblem following a decades-long campaign.
Présence de dindons sauvages | L’effet Gaston
PHOTO AVNER ASHAIR, TIRÉE DU COMPTE FACEBOOK EXPLORE VERDUN L’ÎLE-DES-SŒURS
Gaston en 2024 à L’Île-des-SœursTout cela a commencé il y a environ trois ans. Un dindon sauvage a été aperçu à L’Île-des-Sœurs. Comment est-il arrivé sur ce territoire relié au centre-ville et à la Rive-Sud par les viaducs de la 10 et de la 15, de même que par le pont Samuel-De Champlain et l’estacade ?
A-t-il emprunté clopin-clopant l’un de ces passages (les dindons sauvages peuvent parcourir de longues distances en marchant) ? A-t-il survolé le fleuve entre Verdun et l’île ? A-t-il pris un taxi Uber un samedi soir de brosse en se trompant d’adresse ?
Tout cela demeure un mystère.
Rapidement, les citoyens l’ont surnommé Gaston. Sa présence est vite devenue une source d’intérêt et de préoccupation sur les réseaux sociaux.
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« Quelqu’un a vu Gaston récemment ? Ça fait une semaine que je n’ai pas de ses nouvelles. »
« Il va bien, il dort près d’une piscine ! »
Comme un mystère arrive rarement seul, Gaston s’est soudainement retrouvé avec une certaine Gastonne. Et ce qui devait arriver arriva. Gastonne est devenue enceinte.

PHOTO MICHEL LACOSTE, TIRÉE DU COMPTE FACEBOOK EXPLORE VERDUN L’ÎLE-DES-SŒURS
Gaston en 2023
Au printemps 2025, quelle ne fut pas la surprise des résidants de découvrir Gastonne suivie d’une traînée de dindonneaux. La petite famille traversait les rues en bénéficiant d’une protection hors du commun. Même le brigadier scolaire de mon quartier stoppait les voitures pour laisser passer Gastonne et ses petits.
Curieux d’en savoir davantage, je suis allé lire sur ces bêtes. J’ai appris que la pendeloque des mâles, cette protubérance qui leur pend au bec, sert à attirer les partenaires. Les femelles préfèrent les mâles avec une longue pendeloque. Celle-ci peut s’allonger et se rétracter. Je m’arrête ici avec cette description.
Bon, bien sûr, certains d’entre vous diront que ces dindons sont une nuisance et qu’ils peuvent causer des problèmes à long terme, leur reproduction allant à un bon rythme.
Mais il faut savoir que cette espèce s’est répandue dans le sud du Québec au cours des dernières années en raison des hivers plus doux. Bref, à cause du réchauffement climatique. Et qui sont les responsables de ces changements ? Nous.
L’autre raison qui explique leur présence est la destruction de leurs habitats naturels. Les dindons sauvages sont privés de nourriture à cause des nouvelles méthodes d’agriculture et de l’étalement urbain. Et qui sont les responsables de cela ? Encore nous.
Bref, cette cohabitation comporte des défis assez grands pour que le ministère de l’Environnement nomme un « coordonnateur provincial de la gestion du dindon sauvage ». « En effet, l’augmentation des populations est en grande partie due à l’humain », m’a confirmé Maxime Lavoie.
Ce dernier recommande de les laisser en paix et de ne pas les nourrir. « Au départ, le dindon est peureux. Il ne faut pas l’habituer à l’homme. »

Si je vous parle de ça, c’est que je suis fasciné de voir que la présence de ces dindons a quelque chose de bénéfique, je dirais même de thérapeutique. Cette distraction est à mettre au rayon des petits riens de la vie qui font du bien.
Et Dieu sait qu’on a besoin plus que jamais de ces petits riens. Après une éprouvante période de pandémie, nous trempons dans un climat de tension et de menaces qui nous fait douter de retrouver un jour une forme de quiétude.
C’est fou comme j’entends autour de moi des gens dire que leurs enfants ou leurs petits-enfants ne connaîtront pas l’apaisement et l’indifférence que les générations plus vieilles ont vécus. À cela je réponds que toutes les sociétés, quels que soient l’époque ou l’endroit, ont eu leurs défis.
Reste que notre époque est marquée par une impression de dépossession du monde. Et une incapacité à contrôler les choses.
Ce phénomène est lié en grande partie à l’environnement technologique dans lequel nous vivons. Cette rupture avec la réalité, dont nous sommes les artisans, est le principal enjeu.
Je lisais les résultats d’un grand sondage Ipsos réalisé dans 43 pays1. On a demandé aux gens à quel moment ils auraient préféré vivre. Pour 66 % d’entre eux, c’est le moment présent. Et aussi dans les années 1980, une décennie où notre plus grande préoccupation était de ne pas manquer de gel capillaire le samedi soir.
C’est ce que le sociologue français Gérald Bronner appelle la « nowstalgie ».
Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas se préoccuper de l’avenir de la planète, mais cela nous indique que cette volonté à s’accrocher au temps présent permet d’encaisser les coups.
Je reviens à Gaston et aux bienfaits des petits riens. Nous éprouvons parfois une forme de culpabilité à vivre des petits plaisirs. C’est une erreur. Il ne faut pas avoir peur d’utiliser ces remèdes de l’ordinaire pour braver la tempête.
Courage ! Le printemps s’en vient !
Un nouveau couple de faucons a chassés celui qui était installé sur la tour de l’Université de Montréal depuis quelques années!
La ferveur pour trouver un logement semble toucher aussi la petite communauté de faucons pèlerins qui niche à l’Université de Montréal. La spécialiste Ève Bélisle a observé une belle bataille ces derniers mois pour « mettre la serre » sur cette place de choix au sommet de la tour de l’établissement.
Un couple d’oiseaux qui logeait à cet endroit depuis quelques années a quitté les lieux l’an dernier après avoir élevé quelques petits.
Depuis, une intense compétition entre une poignée de rapaces a lieu entre les femelles, plus volumineuses, qui gèrent la vie decouple.
On verra d’ici un mois si les nouveaux arrivants Ziva et Tadi auront mérité leur place aux quatre vents en pondant un premier œuf.
Ève Bélisle rappelle que le faucon pèlerin ne construit pas de nid et a l’habitude de nicher à flanc de paroi en nature.
On peut regarder en direct le nichoir sur la chaîne YouTube des Faucons de l’UdeM : https://www.youtube.com/@FauconsUdeM/streams
Dans une autre nouvelle, Alexandre Shields du Devoir a pris des photos d’une chouette rayée au Jardin botanique
[…]
Cet oiseau de la famille des hiboux, dont la taille peut atteindre les 50 centimètres de hauteur, pour une envergure d’ailes de plus d’un mètre, était au repos dans un arbre situé dans une zone boisée de ce vaste muséum nature de Montréal. Elle est surtout reconnaissable à son plumage rayé, sa poitrine, son dos et ses ailes étant parsemés de rayures brunes.« C’est toujours un défi de tenter d’observer cette espèce, même si elle est relativement imposante et qu’elle est résidente, et donc qu’elle demeure ici toute l’année. Elle est essentiellement active la nuit et de nature plutôt discrète », résume Nathalie Jreidini, directrice de l’éducation au Zoo Ecomuseum, à Sainte-Anne-de-Bellevue. Même son nid, installé généralement au fond d’une cavité dans un vieil arbre, est difficile à localiser.
[…]
Genie, l’ourse noire du Zoo Ecomuseum à Sainte-Anne-de-Bellevue, est enfin sortie de l’hibernation aujourd’hui. Elle est plus fiable que les marmottes qui annoncent ou pas le printemps ![]()
This bear just came out of hibernation fashionably late
The animal care team at Montreal’s Ecomuseum Zoo usually picks the spring day Genie the bear will come out of hibernation based on her activity. But they had no idea strong winds on March 17 would make the black bear hit the snooze button.
Dans la Presse
Déclin de la population | Un printemps sans hirondelle !
Une hirondelle ne fait pas le printemps, jamais dicton n’aura été aussi approprié. Qu’arrive-t-il à nos hirondelles qui manquent à l’appel ? La biologiste Geneviève Perreault, de QuébecOiseaux, qui regroupe les 30 clubs québécois d’ornithologues amateurs, lance au cours des prochaines semaines une campagne de sensibilisation auprès des propriétaires de sites de nidification d’hirondelles rustiques pour les inviter à protéger leurs occupants, tout en faisant l’inventaire des colonies.
C’est qu’à l’instar des six espèces qui animent le ciel du Québec, l’hirondelle rustique a connu un déclin majeur depuis les années 1970. On parle d’une baisse de 85 % de la population. Chez l’hirondelle noire, celle qui habite en condos artificiels multiples, la chute atteint 97 % alors qu’elle est de 99 % chez l’hirondelle des rivages. Le printemps est de plus en plus sombre pour nos hirondelles.
[…]
Tadi (M) et Ziva (F) en action cet après-midi.
Deux oiseaux extrêmement rares font sensation à Québec
Le caracara huppé, un oiseau rare que l’on trouve normalement en Amérique du Sud et en Amérique centrale, a été aperçu dans la région de Québec.
Photo : Courtoisie / Simon Boivin
La date du 12 avril 2026 restera gravée dans la mémoire de plusieurs passionnés d’ornithologie. En l’espace de 24 heures, une oie des moissons et un caracara huppé — deux espèces dont l’habitat naturel se trouve à des milliers de kilomètres — ont été aperçus à Québec.
C’est incroyable ce qui vient de se passer. L’ornithologue amateur Alain Cossette a du mal à cacher son enthousiasme. Il a aperçu, lors de la fin de semaine, deux espèces d’oiseaux qu’on ne voit pratiquement jamais au Québec.
Tout a commencé alors qu’il photographiait des canards branchus. Je prenais des photos de canards branchus et, là, je vois au loin une oie des moissons. Je me suis dit que je devais rêver. J’ai pris tout plein de photos, raconte le résident de Saint-Augustin-de-Desmaures.
L’oie des moissons est une espèce rare au Québec.
Photo : Courtoisie / Alain Cossette
Le lendemain, espérant revoir l’oie des moissons, il est retourné au parc des Hauts-Fonds, à Saint-Augustin-de-Desmaures. Il est plutôt tombé sur un caracara huppé, une espèce d’oiseaux tout aussi rare et encore plus spectaculaire.
Plusieurs photographes amateurs ont eu la chance de photographier le caracara dans les environs de Saint-Augustin-de-Desmaures.
Photo : Courtoisie / Alain Cossette
Je me suis dit : ‘‘Bien non, ça ne se peut pas.’’ Deux oiseaux aussi rares que ça au Québec en 24 heures. […] Je vais aller m’acheter un billet de loto plus tard aujourd’hui.
Une citation de Alain Cossette, ornithologue amateur
Pourquoi ces oiseaux sont-ils si rares?
Alain Cossette n’a pas tort en disant qu’il a été chanceux d’apercevoir les deux espèces.
Selon Thierry Grandmont, ornithologue et doctorant en biologie à l’Université Laval, c’est seulement la deuxième fois qu’une oie des moissons est aperçue au Québec. Dans le cas du caracara huppé, il s’agit de la cinquième observation officielle dans la province.
Si on les voit aussi rarement au Québec, c’est que ces oiseaux habitent normalement à des milliers de kilomètres du Québec. L’oie des moissons se reproduit habituellement dans le nord de l’Europe et de l’Asie, alors que le caracara huppé habite principalement en Amérique du Sud.
C’est assez exceptionnel de voir ces oiseaux-là au même endroit, surtout que ce ne sont pas les mêmes facteurs qui ont amené ces oiseaux ici, explique Thierry Grandmont.
Ces oiseaux sont perdus
Ces oiseaux-là ne devraient normalement pas être ici, ils se sont un peu perdus, résume Thierry Grandmont.
Le biologiste estime que l’oie des moissons est partie d’Europe ou d’Asie pour nicher en Arctique. Au moment de repartir à la maison, elle aurait suivi le mauvais groupe d’oiseaux.
Plus de détails
L’oie des moissons (à droite) a été aperçue pour une deuxième fois seulement au Québec. L’espèce est habituellement visible en Europe.
Photo : Courtoisie / Alain Cossette
Certains oiseaux [surtout les plus jeunes] vont se tromper de chemin et repartir avec un groupe qui n’est pas le leur. Dans ce cas-ci, l’oie a probablement suivi un groupe d’oie des neiges ou de bernaches du Canada.
Le caracara huppé, quant à lui, aurait plutôt été porté par des vents dominants favorables qui l’auraient poussé loin vers le nord.
Une sensation sur les réseaux sociaux
Depuis dimanche, des dizaines de publications montrant ces deux oiseaux rares enflamment les groupes d’ornithologues sur les réseaux sociaux.
Sous chaque photo, on peut lire des dizaines de commentaires de curieux cherchant à localiser les oiseaux.
L’engouement est tel que certains n’hésitent pas à parcourir de longues distances. Simon Boivin a ainsi fait la route depuis le Saguenay dès qu’il a eu vent de la présence de l’oie.
Je n’ai pas réussi à voir l’oie, donc je suis retourné au Saguenay. En route, j’ai reçu une alerte disant qu’il y avait aussi un caracara huppé. Tout de suite, j’ai rebroussé chemin et je suis revenu vers Québec pour une deuxième fois. J’allais pas manquer ça, raconte l’ornithologue amateur.
Les ornithologues sont toujours prêts à partir à gauche ou à droite pour voir un oiseau rare. Ça peut paraître banal pour plusieurs, mais pour nous, ce sont de très beaux moments.
Une citation de Marcel Darveau, secrétaire du club des ornithologues de Québec
Il y a encore de l’espoir pour les ornithologues qui n’ont pas encore aperçu les oiseaux. Selon Thierry Grandmont, les deux spécimens pourraient errer dans la province pendant quelques semaines encore avant de tenter de retrouver leur route.
la femelle a pondu un premier œuf cette semaine
Un nouveau couple de faucons pèlerins occupe cette année le nichoir installé au sommet de la tour du pavillon Roger-Gaudry de l’Université de Montréal. La femelle, surnommée « Ziva », a d’ailleurs pondu un premier œuf lundi soir. D’autres devraient suivre dans les prochains jours et il est possible de regarder la nidification en direct sur le Web.
« On vient de voir le premier œuf et on s’attend à ce que Ziva en ponde quatre ou cinq au total. C’est ce qu’on a vu dans les années passées au nichoir », résume Ève Bélisle, associée de recherche à Polytechnique Montréal.
C’est elle qui a découvert par hasard, en 2007, la présence de faucons pèlerins au sommet de la tour. Elle a donc convaincu l’Université de Montréal d’installer un nichoir (une simple boîte de bois garnie de gravier), qui est maintenant utilisé depuis 2009.
Les internautes peuvent d’ailleurs suivre le tout en direct grâce aux caméras qui diffusent le tout sur YouTube. « C’est de plus en plus populaire », souligne Mme Bélisle en entrevue au Devoir, pendant que le mâle, surnommé « Tadi », venait offrir un oiseau en guise de repas à Ziva, qui demeurait près du nichoir et de son premier œuf de la saison de reproduction.
[…]
Ziva a pondu un 2e oeuf cette semaine
Et un troisième plus tôt aujourd’hui
Selon Alexandre Shields, il y aurait p-ê un 4e oeuf aujourd’hui!
Les faucons de l’Université de Montréal en sont maintenant à trois oeufs. Un 4e pourrait suivre dans les prochaines heures. Le mâle couvait les oeufs ce matin et on voit ici la femelle qui était non loin de là
Dans la Presse
Nouveau projet pilote | Montréal sur les traces de ses bernaches
Montréalais, à vos jumelles ! Après des années à effaroucher les bernaches qui prolifèrent en ville, Montréal veut maintenant les suivre pour mieux comprendre leur routine et compte impliquer les citoyens dans l’opération.
Ils dérangent, c’est bien documenté, mais où vont ces oiseaux une fois qu’on les chasse hors de notre vue ? C’est ce que tentera de déterminer la Ville grâce à un projet pilote lancé ce printemps.
Deux îles de la rivière des Prairies situées dans des parcs-natures de la Ville ont été ciblées comme des endroits à surveiller. Une cinquantaine de nids s’y trouvent habituellement.
« On pense que la majorité des oiseaux qui fréquente tous ces parcs où on a des enjeux de cohabitation [dans le nord de la ville] niche sur ces deux îles », indique Frédéric Bussière, biologiste au Service des grands parcs de la Ville de Montréal.
[…]
Attention chiens et chats, dindon féroce…pourrait ausi servir pour faire fuir les voleurs… ![]()
Des oiseaux en quête de mégots de cigarettes pour leurs nids
Certains oiseaux en milieux urbains très éloignés les uns des autres, par exemple en Angleterre, en Pologne, en Nouvelle-Zélande, en Australie, dans les îles Galápagos ou encore à Mexico, utilisent des mégots de cigarettes lors de la construction de leurs nids. C’est surtout le filtre usagé qui est recherché. Dans certains cas, une fois effiloché, la matière soyeuse sert de revêtement au fond du nid.
Étonnamment, les chercheurs ont constaté au fil des années que la santé des oisillons élevés dans des nids contenant des mégots était nettement meilleure que celle de leurs congénères nés dans des nids sans reliquats de cigarettes et que le succès de la nichée était plus grand.
Le phénomène s’expliquerait en partie par la présence de nicotine dans le filtre, un produit antiparasitaire connu. La présence de parasites dans le nid étant réduite, le taux de survie est plus élevé.
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Les résultats d’une étude menée en Pologne et publiée ce printemps indiquent en effet que les mégots de cigarettes ont un impact négatif sur plusieurs parasites du nid. Une autre recherche réalisée il y a quelques années à Mexico a aussi démontré que si l’on augmentait artificiellement le nombre de parasites dans des nids contenant déjà des mégots, les oiseaux allaient en cueillir davantage pour mieux protéger la nichée. Par ailleurs, en Angleterre, certaines mésanges bleues ont même tendance à faire leur nid dans les cendriers disposés sur la voie publique.

PHOTO ASTAFOROW, GETTY IMAGES
C’est surtout le filtre usagé de la cigarette qui est recherché par les oiseaux.
Chercheuse à l’Université du Connecticut, Lorraine Pérez-Beauchamp travaille depuis plusieurs années sur la grave menace que représente la mouche-vampire pour les 17 espèces de pinsons de Darwin des îles Galápagos, les géospizes, de leur nom scientifique. Les larves de la mouche boivent littéralement le sang des oisillons, qui sont ainsi condamnés.
Plusieurs études sur l’utilisation des mégots par certaines espèces de pinsons y ont été menées dans le village de Puerto Velasco Ibarra, sur l’île Floreana. Dans un courriel, elle explique toutefois qu’« il y a tellement de composés chimiques dans le tabac qu’on ignore encore si c’est spécifiquement la nicotine ou une combinaison avec un autre composé qui tue les parasites ».
Une arme à deux tranchants
Si l’usage des mégots s’avère salutaire à court terme, cela ne semble pas le cas sur une très longue période, ont démontré par ailleurs des écologistes de l’Université nationale autonome du Mexique, notamment chez le moineau domestique et le roselin familier.
En effet, leurs analyses ont mis au jour des dérèglements génétiques chez les oisillons et les parents responsables de la couvaison, ce qui laisse présager une issue dramatique de l’usage des mégots à long terme, indique pour sa part le chercheur Louis Lefebvre, professeur émérite à l’Université McGill, une sommité dans le domaine de l’innovation chez les oiseaux.
L’innovation est un facteur d’adaptation important chez les oiseaux face à leur habitat. Mais dans certains cas, l’expérience novatrice peut être fatale.
Louis Lefebvre, professeur émérite à l’Université McGill
Par exemple, un oiseau pourrait s’étouffer et mourir en tentant d’avaler une proie nouvelle. Mais les cas d’innovation positive sont nombreux, notamment en milieu urbain, où les oiseaux doivent s’adapter à un environnement qui n’est pas naturel. Dans ce domaine, le moineau domestique se distingue. Louis Lefebvre cite le cas d’un individu en Nouvelle-Zélande qui avait découvert que passer devant un « œil magique » lui permettait d’ouvrir les portes d’une cafétéria et d’y ramasser les miettes de pain sur le plancher, ou encore celui de ces moineaux qui inspectaient à l’époque les grilles de radiateurs d’autos pour y cueillir des insectes.
C’est justement cette aptitude à l’innovation des pinsons de Darwin (certains géospizes utilisent un bout de bois pour déloger des insectes) qui a amené les chercheurs travaillant aux Galápagos à offrir aux pinsons des tampons d’ouate ou de coton (cotton ball) imprégnés d’un insecticide inoffensif pour les oiseaux afin qu’ils puissent s’en servir. Les pinsons ont répondu positivement à l’expérience et les résultats sur les nichées ont été excellents. Le hic, c’est que la solution est pratiquement impossible à appliquer à grande échelle.
Auteur de l’ouvrage Tête de linotte sur l’intelligence des oiseaux, Louis Lefebvre indique que ce ne sont pas tous les oiseaux d’une même espèce qui ont des aptitudes identiques à l’innovation. Il ajoute qu’on ignore toujours aussi comment a pu s’établir le lien entre les propriétés insecticides des mégots de cigarettes et les oiseaux.
« Cela reste un mystère, lance-t-il. On sait que certains oiseaux utilisent des végétaux odorants dans leurs nids et que ces plantes ont un effet répulsif chez les parasites. C’est le cas de l’étourneau sansonnet ou encore de la mésange bleue, qui tapisse parfois son nid de lavande. » Il faut rappeler que chez bon nombre d’oiseaux l’odorat est relativement limité.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE
Cet oiseau n’a pas utilisé de mégots pour construire son nid, contrairement à beaucoup d’autres, de la Pologne à la Nouvelle-Zélande.





















