Environnement et santé publique

Retrait d’une influente étude sur le glyphosate Des scientifiques appellent Santé Canada à « assumer ses responsabilités »

Le Roundup, un herbicide mis au point par Monsanto, dont le principal ingrédient actif est le glyphosate

Le retrait d’un article phare à l’appui de l’innocuité du glyphosate, l’ingrédient actif principal du Roundup, relance les débats sur l’autorisation de ce produit au Canada. Des scientifiques appellent Santé Canada à « assumer ses responsabilités » et à reconsidérer l’approbation de cet herbicide, tandis que l’agence continue d’affirmer que le retrait de l’étude « n’affecte pas [ses] conclusions précédentes ».

Publié à 6 h 00
Chloé Bourquin La Presse

Que s’est-il passé jusqu’ici ?

Dans l’avis de rétractation, les critiques pleuvent : omission d’inclure certaines études sur la toxicité du glyphosate et le risque de cancer à long terme, suspicion de la participation d’employés de Monsanto à la rédaction de l’article et non-divulgation d’avantages financiers perçus par les auteurs de la part de Monsanto.

Comment a réagi l’industrie ?

Comment a réagi Santé Canada ?

Que demandent les scientifiques ?

« Les décisions réglementaires sur les pesticides devraient mettre un poids plus important sur les études indépendantes que sur celles financées par l’industrie », martèle Maryse Bouchard.

« Il faut que Santé Canada assume ses responsabilités en matière de santé et revoie complètement son processus d’évaluation », résume Louise Vandelac. « C’est essentiel pour la préservation de la santé et de l’environnement qu’on réexamine ce dossier. »

https://www.lapresse.ca/actualites/2025-12-14/retrait-d-une-influente-etude-sur-le-glyphosate/des-scientifiques-appellent-sante-canada-a-assumer-ses-responsabilites.php

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L’indice de la qualité de l’air du Québec sévèrement critiqué

Si les épisodes de mauvaise qualité de l’air font l’objet d’alertes et de mise en garde, l’indice utilisé par le ministère de l’Environnement du Québec est jugé désuet et imprécis. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin


David Rémillard](David Rémillard | Profil | Radio-Canada)

Publié à 4 h 00 HNE

L’indice de la qualité de l’air (IQA) utilisé par le ministère de l’Environnement du Québec est jugé imprécis et désuet. Des groupes citoyens et le député solidaire Sol Zanetti réclament une réforme afin d’offrir un meilleur portrait des risques auxquels la population est exposée.

La source de cette offensive provient de la Capitale-Nationale, en particulier d’organismes et de citoyens ayant milité pour une meilleure qualité de l’air en Basse-Ville de Québec ces dernières années.

Le projet RevolvAir, la Table citoyenne Littoral Est et le Mouvement pour une ville zéro déchet ont décidé d’unir leurs forces pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme un manque de fiabilité de l’IQA.

L’indice du Québec compile les données provenant des stations de mesure de la qualité de l’air du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), réparties aux quatre coins de la province.

Le niveau de contamination de l’air y est classé selon trois catégories : bon (vert), acceptable (jaune) ou mauvais (rouge). Les résultats sont imbriqués dans une carte interactive mise à la disposition de la population, qui peut s’y référer pour s’informer quotidiennement de la qualité de l’air dans un secteur donné.

La qualité de l’air est mesurée dans les stations officielles du gouvernement du Québec. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada

Flou et trop optimiste

Les détracteurs de l’indice en ont contre le manque de précision de l’IQA.

La catégorie acceptable poserait particulièrement problème. Dans ce palier, la qualité de l’air est acceptable pour la majorité des citoyens et il y a peu de risques pour la santé, peut-on lire dans le tableau de l’index québécois, sans autre mention ou suggestion de santé publique.

Acceptable pour qui?, demande Guillaume Simard, enseignant au collégial et cofondateur des plateformes LimoilAir et RevolvAir. L’indice ne donne pas beaucoup d’informations sur les dangers ou les risques par rapport à la santé, dénonce l’ingénieur logiciel.

Selon lui, la catégorie acceptable est trop vague, voire optimiste, et ne permet pas aux personnes plus vulnérables de faire des choix éclairés selon leurs activités.

Si la qualité de l’air est sur le point d’être mauvaise, qu’on est vers la fin de l’acceptable, on va dire que c’est acceptable. Mais dans cinq minutes, ça peut passer à mauvais de façon assez radicale, explique-t-il, dénonçant l’absence de gradation plus précise et étoffée.

Guillaume Simard est le concepteur et cofondateur de la plateforme RevolvAir. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Félix Duchesne

Place à l’interprétation

Le terme modéré serait à préconiser, suggère-t-il. Il est plus neutre et met davantage en garde sans pour autant être alarmiste. Il indique que des précautions doivent être prises, contrairement à “acceptable”, qui donne l’impression que la situation ne nécessite pas d’attention particulière.

En plus de minimiser les risques, l’indice actuel laisserait place à une interprétation trop subjective. Il peut être interprété de différentes manières selon le contexte et les individus, ce qui ne favorise pas une compréhension uniforme de l’état de la qualité de l’air, poursuit Guillaume Simard.

Même dans la catégorie où l’air est jugé mauvais à respirer, le pire des trois paliers au Québec, on affirme que la population en général ne devrait pas ressentir d’effets significatifs sur sa santé, ajoutant que les groupes à risque (jeunes enfants, aînés, personnes atteintes de maladies cardiaques ou respiratoires) pourraient être affectés.

La qualité de l’air a un impact notable sur la santé humaine, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

L’IQA du Québec ne précise pas à partir de quel seuil la population générale devient elle aussi à risque de vivre des complications liées à une dégradation de la qualité de l’air. Plusieurs études ont pourtant démontré l’impact de la pollution de l’air sur les décès prématurés et les risques sur la santé globale des individus.

Au Québec, l’air a notamment atteint des seuils malsains au cours de l’été en raison de la fumée provenant de feux de forêt.

Quand on va sur un site du gouvernement, on s’attend à avoir une information de qualité, qui nous protège. Actuellement, au Québec, il faut se tourner vers d’autres sources.

Une citation de Guillaume Simard, cofondateur des plateformes LimoilAir et RevolvAir

Outre l’échelle utilisée, les organismes dénoncent également des enjeux méthodologiques. Ils ont constaté, entre autres, que les particules fines PM10 n’étaient pas prises en compte dans le calcul de la qualité de l’air au Québec, même si elles représentent des risques pour la santé humaine. Quant aux PM2,5, encore plus fines, elles sont calculées selon une moyenne des trois dernières heures, et non à l’heure. Cette façon de faire lisse les résultats, dénoncent-ils, en plus de ne pas permettre un suivi en temps réel.

De l’inspiration au Canada et aux États-Unis

Guillaume Simard et ses acolytes ont épluché les indices utilisés dans d’autres juridictions afin de les comparer à l’IQA du Québec. Ils ont constaté que plusieurs pays avaient des échelles plus complexes et qui leur semblent plus précises.

Le Canada a pour sa part développé la cote air santé (CAS). Elle comprend une gradation de 11 niveaux, chacun fondé sur les risques pour la santé. Le tableau annexé à la CAS propose des mesures de prévention à prendre, en fonction de la qualité de l’air enregistrée. On y sépare le grand public des populations à risque.

La CAS est utilisée par d’autres provinces et territoires, dont l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique, mais pas le Québec. Ce serait pourtant la voie à suivre, selon M. Simard, puisque les termes sont plus spécifiques et transmettent clairement le degré de risque pour la santé, tout en restant informatifs.

La qualité de l’air est influencée par les activités humaines, notamment par le soulèvement de poussières (ex : transport), le chauffage au bois et les procédés industriels. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada

Aux États-Unis, la plateforme gouvernementale AirNow possède six niveaux. Après les classements bon et modéré, Guillaume Simard souligne la présence de la catégorie suivante, à savoir malsain pour les groupes sensibles. À nouveau, les organismes réclamant la réforme vantent un système plus clair.

Dans les niveaux plus élevés de pollution de l’air, AirNow établit des risques pour la santé en fonction de trois seuils, soit malsain, très malsain et dangereux. Les risques qui y sont associés ne sont pas réservés aux groupes sensibles, contrairement au Québec.

Le même principe s’applique avec l’indice ATMO, en France, comptant lui aussi six niveaux, passant de bon à extrêmement mauvais.

À lire aussi :

Réforme et comité indépendant

Le député solidaire de Jean-Lesage, Sol Zanetti, appuie sans réserve la proposition de réforme présentée par les trois organismes issus de sa circonscription.

Après avoir entendu les préoccupations énoncées, l’élu conclut lui aussi que l’indice porte à confusion et paraît laxiste. Est-ce qu’on accepte l’inacceptable?, s’interroge-t-il, reprenant les arguments liés au classement utilisé par le Québec.

Une façon plus rigoureuse de calculer la qualité de l’air pourrait à son avis permettre de mieux agir en prévention et ainsi de réduire les coûts en soins de santé qui y sont associés. Le système actuel, croit-il, encourage l’immobilisme en ayant recours à une terminologie trop avantageuse. L’IQA dore la pilule pour que ça ait l’air plus acceptable, tranche-t-il.

M. Zanetti plaide pour la création d’un comité indépendant chargé de réviser l’indice de la qualité de l’air, lequel pourrait notamment se baser sur ce qui se fait ailleurs dans le monde. Il suggère d’utiliser les lignes directrices de l’Organisation mondiale de la santé pour établir de nouvelles façons de faire.

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Impact environnemental des livraisons Plus c’est rapide, plus c’est polluant

PHOTO JOSIE DESMARAIS, ARCHIVES LA PRESSE

Les émissions augmentent encore davantage lorsque les clients passent plusieurs petites commandes au cours de la semaine.

Cela semble simple : vous faites vos achats, trouvez ce que vous voulez et cliquez pour acheter. Le produit est livré aujourd’hui, demain ou dans la nuit. Nous nous sommes habitués à cette rapidité. Mais cette commodité a un coût pour le climat.

Publié à 16 h 14

Aya Diab Associated Press

Plusieurs facteurs déterminent l’impact environnemental d’une livraison. Il s’agit notamment de la distance par rapport au centre de distribution, du fait que le colis soit transporté dans un camion à moitié vide, du nombre de trajets effectués par le chauffeur dans la même zone et du type de transport utilisé pour acheminer le colis.

Lorsque les clients choisissent une expédition plus rapide et des dates de livraison plus rapprochées, le système passe d’un itinéraire optimisé à celui qui permet d’acheminer le colis le plus rapidement possible, ce qui entraîne une augmentation des émissions, explique Sreedevi Rajagopalan, chercheuse au Centre pour le transport et la logistique de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT). Par exemple, les camions peuvent quitter les entrepôts avant d’être pleins et les chauffeurs peuvent faire plusieurs fois le tour du même quartier dans la journée, précise-t-elle.

« Pour une même demande, une livraison rapide augmente incontestablement les émissions de 10 à 12 % », ajoute-t-elle.

Pour respecter des délais de livraison serrés, les détaillants peuvent recourir au fret aérien, qui produit beaucoup plus d’émissions que d’autres options, telles que le train, ce qui en fait le mode de transport à la plus grande intensité carbonique.

« Étant donné que les entreprises veulent être compétitives sur le plan de la rapidité, cela se fait au détriment de votre efficacité, souligne Mme Sreedevi. Les fourgonnettes sont à moitié pleines, et vous effectuez plusieurs tournées, plusieurs trajets vers le même endroit… votre consommation de carburant augmente et vous ne pouvez pas regrouper les livraisons. »

Une façon pour des entreprises comme Amazon de minimiser cela consiste à rapprocher leur chaîne d’approvisionnement des clients afin de réduire le kilométrage et d’améliorer la rapidité pour le client. Leur objectif est de rendre le trajet rapide et efficace, tout en réduisant ses émissions.

« En tirant pleinement parti de l’efficacité de notre chaîne d’approvisionnement à grande échelle, nous sommes en mesure d’offrir à la fois une meilleure rapidité et de meilleurs résultats en matière de durabilité », explique Chris Atkins, directeur des opérations mondiales durables chez Amazon.

Le dernier kilomètre

L’acheminement des articles depuis le centre de distribution jusqu’au domicile des clients, appelé « dernier kilomètre » ou « dernier mile » de la livraison, est l’une des étapes les plus difficiles à rendre moins polluante, explique Mme Sreedevi.

Les émissions augmentent encore davantage lorsque les clients passent plusieurs petites commandes au cours de la semaine.

« Si je passe une commande ce matin, puis une autre ce soir et que je choisis la livraison rapide, l’entreprise aura peut-être déjà traité ma commande du matin et n’attendra pas ma commande du soir pour regrouper les livraisons », explique-t-elle.

Et envoyer davantage de camions à moitié vides sur la route signifie davantage de trajets au total.

« Imaginez que vous n’envoyez pas seulement un camion à moitié plein, mais que vous le ramenez également vide… Les émissions vont augmenter », note Mme Sreedevi.

Réduire les émissions

Les consommateurs peuvent réduire les émissions s’ils sont prêts à attendre un tout petit peu, et ils feront en même temps des économies, avance Christopher Faires, professeur adjoint en logistique et gestion de la chaîne d’approvisionnement à la Georgia Southern University.

Retarder la livraison d’un ou deux jours peut entraîner une réduction de 36 % des émissions de dioxyde de carbone, et trois à quatre jours font passer cette réduction à 56 %. Selon Mme Sreedevi, il est donc préférable d’opter pour une livraison standard ou retardée plutôt que pour une livraison le lendemain ou en deux jours.

M. Atkins, d’Amazon, précise que les changements apportés à leur réseau réduisaient les émissions liées à la livraison rapide. L’entreprise a étendu l’utilisation de fourgonnettes de livraison électriques et a transféré davantage de colis vers le rail et vers la livraison à pied ou à vélo dans les villes densément peuplées.

« Le transport aérien est très émetteur de carbone par rapport au transport terrestre, affirme M. Atkins. L’une des autres mesures envisagées par Amazon et d’autres entreprises de logistique est la suivante : comment passer à des modes de transport moins émetteurs de carbone ? »

Amazon indique que le fait de proposer des options d’expédition qui encouragent les clients à regrouper leurs commandes a également contribué à cette réduction. Les données pour les neuf premiers mois de 2025 montrent que, lorsque les clients ont choisi un seul jour de livraison pour tous leurs articles, cela a permis de réduire de plus de 300 millions le nombre d’arrêts de livraison et d’éviter 100 000 tonnes (90 718 tonnes métriques) d’émissions de carbone, selon M. Atkins.

Les consommateurs changent de comportement lorsqu’ils connaissent l’impact

Selon Mme Sreedevi, coauteure d’une étude réalisée en 2024 sur les clients des services de livraison au Mexique, les gens sont plus enclins à retarder ou à regrouper leurs commandes lorsqu’ils comprennent l’impact environnemental de la livraison rapide.

Un nombre important de consommateurs ont décidé d’attendre une livraison plus longue ou ont retardé leur expédition lorsque nous leur avons montré les informations sur l’impact environnemental sous forme d’arbres. Il est donc important de les sensibiliser.

Sreedevi Rajagopalan, chercheuse au Centre pour le transport et la logistique de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT)

Si la livraison rapide n’est pas près de disparaître, les experts affirment que son impact sur le climat peut être considérablement réduit grâce à de petits changements de comportement, tant de la part des acheteurs que des entreprises. Regrouper les commandes, renoncer à l’option de livraison le lendemain et opter pour une seule livraison hebdomadaire peuvent faire la différence.

La couverture médiatique de l’Associated Press sur le climat et l’environnement bénéficie du soutien financier de plusieurs fondations privées. L’AP est seule responsable de l’ensemble du contenu. Vous trouverez les normes de l’AP en matière de collaboration avec les organisations philanthropiques, la liste des soutiens et les domaines couverts par le financement sur AP.org.

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2025-12-23/impact-environnemental-des-livraisons/plus-c-est-rapide-plus-c-est-polluant.php

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Parlant colis, j’ai eu vent de ce que paye un fournisseur pour les livraisons pour Amazon… C’est trois dollars pour un colis livré.

C’est tout. C’est la totalité de la paye. Tu fournis ton véhicule, tu roules, tu peux attendre des heures pour recevoir tes colis à livrer, ils peuvent t’envoyer à l’autre bout de la région métropolitaine.

Ma conjointe a un remboursement pour son véhicule, pour son travail. Le montant minimum pour un déplacement est plus de deux fois plus élevé que ça. Et ce n’est pas son salaire. C’est juste une compensation pour la voiture (et pour faire les maths, c’est ça que ça prend).

C’est de l’exploitation, à mon avis.

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Mais combien de colis qu’ils livrent par véhicules par jour?

S’il y a des livreurs, c’est qu’il y a demande pour ce type de poste. Est-ce même pire qu’être conducteur d’Uber, où l’offre de clientèle n’est pas stable?

C’est complètement vrai. Il y aura toujours une demande pour l’exploitation.

Je ne sais pas en quoi ça justifie les pratiques de ces industries.

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Il faut proprement définir le terme exploitation par contre. Si un camion livre 200 colis par jour, c’est 600$/jour à 3$/colis. Est-ce de l’exploitation?

Idem pour un conducteur d’Uber, si tu empêches Uber d’opérer, et ce conducteur n’a plus de revenu, est-il dans une meilleure situation qu’avant en n’étant pas exploité? Le véhicule est toujours présent et doit être maintenu, même si le taux est plus bas les dépenses ne seront pas de 0$.

C’est comme le débat autour des entrepôts Amazon. Maintenant qu’ils sont fermés, est-ce que les ex-employés sont dans une meilleure situation qu’avant? Est-ce que ceux qui ont un nouvel emploi sont dans une meilleure situation (combien sont devenus des livreurs de tierces-parties et/ou chauffeurs Uber)? Ceux qui n’ont rien trouvé, se disent-ils c’est bien qu’ils ont fermé les entrepôts?

Ironiquement, pour le syndicat, il n’y avait rien à perdre et tout à gagner. Au final ils n’ont perdu aucun membre entre la situation avant la syndicalisation et après la fermeture. C’est l’aléa moral de la situation.

Tout n’est pas blanc ou noir, et ce même en évaluant en agrégat. Si ce l’est il faudrait aussi (surtout?) pointer du doigt la règlementation du gouvernement qui ne corrige/mitige pas la situation, si elle peut être corrigé/mitigé.

Personnellement, je perçois le problème, mais je ne vois pas de correction/ajustement magique pour la régler sans créer d’effet de bord qui peut empirer la situation au final.

Ces compagnies utilisent ces structures justement pour économiser des coûts. On le sait très bien.

Même en livrant 200 colis dans une journée, en moins de trois minutes par colis, dans une journée où tu peux passer quelques heures à attendre voir si tu as du travail, et te faire envoyer à 1h de l’entrepôt pour commencer la run, ça reste un travail sans aucun avantage social, avec les conséquences fiscales et financières d’un travail autonome, et à posséder, faire rouler et entretenir un camion, sans compensation pour le moindre problème. Si c’était moins cher de posséder une flotte de véhicules avec des employés, c’est exactement ça que ces compagnies feraient.

C’est d’ailleurs ce que plusieurs compagnies établies font, depuis bien avant la venue de ces joueurs. Mon livreur salarié d’une vraie compagnie vient justement de prendre la peine de monter plusieurs étages pour me livrer de nouveaux haut-parleurs à ma porte, parce que la boîte était trop évidente. Expédition gratuite, du site du fabricant, article pour 20$ moins cher que Amazon. Pourquoi agir comme si la solution n’existait pas? À ce point les couts sauvés ne sont même plus passés aux consommateurs.

Ou est-ce que ce livreur devrait quitter sa job pour aller travailler à son compte à 3$ le colis? Il va se faire engager sur le champ.

Je suis bien content de vivre dans une société où des gens ont décidé par le passé de défendre certains standards pour les travailleurs. Visiblement, ce serait impossible aujourd’hui, sous crainte de voir le système s’effondrer.

Je ne considère pas que les conditions de travail dont j’ai entendu parler sont acceptables, pour ma part. Et si on refuse de légiférer sous prétexte qu’on va fermer la business, ça ne va jamais changer, et pourtant, changement il y a eu quand on a décidé que les conditions n’étaient pas acceptables.

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Je ne contredis pas cela, c’est exactement pourquoi ces structures existent.

Pourquoi les coûts seraient passés aux consommateurs s’il n’y a pas d’impact de la demande? Je ne comprends pas ce passage. Tu décris une situation anecdotique dont je ne vois pas le but.

Si le livreur est dans une meilleure situation dans sa job actuelle contre la livraison Amazon, il devrait y rester. Sinon il devrait changer, non?

Je ne vois pas de preuve qui démontre visiblement cette 2e phrase justement:

  1. Que c’est impossible
  2. Que le système s’effondrerait si c’était fait

Mais on n’a pas légiféré, donc les conditions ont étés acceptables? Quels ont étés les conséquences?

Je réponds à cet énoncé :

Le modèle d’affaire existe déjà, pour la livraison. On peut simplement le contourner de nos jours, sur le dos des travailleurs (et du client, à mon avis).

Je décris que ce modèle d’affaire m’a :

  • fait économiser de l’argent (en évitant une plateforme)
  • donné un meilleur service (l’employé n’a pas à garocher une boîte dans la rue parce qu’il doit en livrer une toutes les 3 minutes)
  • utilisé un service où les travailleurs sont mieux traités (horaires, salaires, outils fournis, avantages sociaux)

Je crois qu’on a simplement un regard différent sur la légitimité d’un système. Je ne crois pas qu’un système est légitime (ou acceptable) par le fait d’exister et de fonctionner. C’est un peu du bruit de fond théorique pour moi. Je crois qu’il doit travailler à des avantages concrets, et c’est tout ce qui m’intéresse en bout de ligne.

C’est quoi le but si moi, consommateur, ou les travailleurs sont les dindons de la farce en bout de ligne ?

Je suis d’accord avec toi que c’est beaucoup une question de légifération. Je vais quand même m’en plaindre d’ici à ce que ça arrive.

D’ailleurs, si on aime le capitalisme comme système (et je suis très à l’aise avec celui-ci), on devrait s’inquiéter de l’effritement d’une saine compétition et d’un environnement à l’avantage des consommateurs. Nous sommes rendus à inventer de nouveaux termes pour décrire la dégradation de l’expérience des clients, de nos jours. Mais c’est un tout autre débat.

Je faisais une remarque sur le cynisme que tu exprimes justement à améliorer les choses. Ce n’était probablement pas clair. Le fait de justifier un mal sous prétexte que le remède est pire. Le risque existera toujours, mais si on s’en était arrêté là, nous n’aurions jamais eu des gains immenses pour les conditions des travailleurs par le passé.

Je parle des gains passés. On légifère allègrement sur les conditions des travailleurs. De nos jours, on roule une économie moderne en garantissant un environnement sain, sécuritaire, des salaires minimums, des avantages sociaux, des heures limitées… Grâce à nos lois, de nombreuses provenant de luttes sociales. Toutes ces choses sont des gains qu’on a obtenus. Je ne vois pas la différence entre ces gains et les changements nécessaires de nos jours pour des travailleurs autonomes aux conditions inacceptables.

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Planète bleue, idées vertes Tartiner, ou l’art de sauver des tonnes de nourriture

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Les Fermes PB produisent une tartinade avec des surplus de charcuterie permettant de réduire le gaspillage alimentaire.

Transformer des surplus de charcuterie en tartinade nutritive redistribuée par Moisson Montréal : voilà la recette développée par une petite entreprise de la Montérégie pour nourrir des milliers de personnes tout en réduisant le gaspillage alimentaire.

Publié à 5 h 00

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Maelys Buteau-Leduc
Maelys Buteau-Leduc La Presse

](https://www.lapresse.ca/auteurs/maelys-buteau-leduc)

Chez Les fermes PB, à Marieville, rien ne se perd. « Une usine génère toujours des coproduits. Ce que je veux, c’est qu’on arrête de voir ça comme des déchets. Ce sont des produits à part entière », s’exclame Janick Martin, directrice générale de l’entreprise.

Chaque semaine, Moisson Montréal reçoit des dons de charcuteries, dont elle ne peut stocker les surplus par manque d’espace dans les cuisines de ses 300 organismes partenaires. Résultat : une partie des dons finissaient à la poubelle. Maintenant, l’équipe des Fermes PB les récupère.

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De l’okara, de l’eau et de l’assaisonnement sont ajoutées aux charcuteries pour composer la tartinade.

« C’étaient des formats trop gros. Peu d’organismes ont des cuisines capables de transformer une telle quantité », rappelle Lissa Huneault, directrice du développement des affaires à Moisson Montréal. Le temps de redistribuer ces sacs de plusieurs kilos, la charcuterie, qui ne se conserve que quatre à cinq jours, était souvent perdue.

Face à cette impasse, Moisson Montréal s’est tournée vers Les fermes PB, avec l’objectif de transformer ce surplus de charcuterie en produit durable, facile à conserver et à distribuer.

« La viande, c’est une denrée très rare. On voulait démocratiser le don », explique Mme Huneault.

L’okara, un ingrédient sous-estimé

L’équipe des Fermes PB a alors mis au point une recette qui mélange la charcuterie avec de l’okara, un résidu de la production du tofu – un coproduit, dans le jargon de l’industrie alimentaire. « Ça augmente la quantité, améliore la valeur nutritive et diminue le sel et le gras », résume Janick Martin.

Les coproduits sont souvent considérés comme des déchets, mais ils sont pourtant loin d’être sans valeur. Par exemple, l’okara est rarement utilisé pour l’alimentation humaine, il termine le plus souvent au compost ou dans la nourriture animale. Pour l’entrepreneuse, c’est un gaspillage. « Nous, on s’est dit : pourquoi ne pas le réintroduire dans l’alimentation humaine ? », explique Janick Martin.

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Janick Martin, directrice générale et propriétaire des Fermes PB

Le mot déchet est trompeur. Ce sont des produits auxquels on ne s’était pas intéressé. L’idée, c’est de faire mieux avec ce qui existe déjà.

Janick Martin, directrice générale et propriétaire des Fermes PB

La charcuterie devient ainsi une tartinade assaisonnée, pasteurisée, qui se conserve pendant 45 jours. Environ quatre tonnes de tartinade quittent l’usine chaque semaine, issues de trois tonnes de charcuteries récupérées.

Ici, pas de recette unique. Chaque lot a sa propre personnalité. « Parfois, c’est du jambon, parfois du salami, parfois du poulet pressé. On appelle ça la cuvée de la semaine », note Janick Martin.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

La tartinade des Fermes PB est riche en fibres et en protéines, et peut être conservée jusqu’à 45 jours.

Moisson Montréal redistribue le produit en 24 heures seulement. Refuges, comptoirs et dépannages alimentaires sont désormais fidèles au rendez-vous. « Les gens sont hésitants au début, mais quand ils goûtent, ils sont convaincus », constate Lissa Huneault. Devant une telle demande, Moisson Montréal collecte désormais la tartinade deux fois par semaine, plutôt qu’une seule, aux Fermes PB.

L’économie circulaire comme modèle d’affaires

Avec des produits comme la tartinade, Les fermes PB sont passées de 0 % à 40 % de leur production issue de la revalorisation alimentaire. L’entreprise prévoit transformer 200 tonnes de matières cette année, contre 70 l’an dernier. L’objectif : atteindre 1000 tonnes d’ici trois ans.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

La tartinade est ensachée en format individuel pour être distribuée aux organismes de Moisson Montréal.

Avec la hausse des besoins, la revalorisation est la seule voie durable, selon Janick Martin. Le Bilan-Faim 2025 de Moisson Montréal recense désormais plus de 1,1 million de demandes d’aide alimentaire chaque mois. « On a de la difficulté à suffire à la demande tellement elle est grande », observe Lissa Huneault.

Les fermes PB souhaitent maintenant multiplier les partenariats avec les institutions publiques et inspirer d’autres entreprises à faire le saut. L’entreprise désire faire de la valorisation alimentaire une norme plutôt qu’une exception. « On produit déjà assez. Il faut simplement apprendre à mieux utiliser ce qu’on a », dit Mme Martin.

Une tartinade à la fois, l’entreprise espère prouver qu’on peut nourrir plus en gaspillant moins.

Qu’est-ce que l’okara ?

L’okara est constitué de la pulpe de soya riche en fibres et en protéines qui est issue de la fabrication du tofu. Elle est souvent peu utilisée en alimentation humaine, malgré un fort potentiel nutritif.

https://www.lapresse.ca/actualites/2025-12-29/planete-bleue-idees-vertes/tartiner-ou-l-art-de-sauver-des-tonnes-de-nourriture.php

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Opinion de médecins dans La Presse:

Cessons de stagner, au nom de notre santé !

C’est l’Organisation mondiale de la santé qui l’affirme : les changements climatiques constituent la principale menace à la santé au XXIe siècle. En relâchant l’action climatique, les gouvernements du Québec et du Canada mettent en fait notre santé à risque.

Rappelons que les personnes qui utilisent les transports en commun font environ 20-25 minutes d’activité physique de plus par jour parce qu’elles doivent marcher jusqu’aux arrêts et stations de transport collectif. Et les personnes qui se déplacent à vélo voient leur risque de cancer et de maladies cardiovasculaires coupé de moitié.

Mon commentaire éditorial:

C’est complètement fou que le débat public des dernières élections a tourné à attaquer ou à défendre des solutions prouvées en santé publique (le transport actif) alors qu’on vit une crise provoquée par notre mauvais urbaine.

Pendant ce temps, le taux d’embonpoint chez les Canadiens frôle 70%. Et on continue de défendre un style de vie qui rend littéralement tout le monde malade.

Nous n’en parlons pas assez, c’est plus tabou de parler d’une crise endémique en santé que du retrait de trois places de stationnement.

De l’opinion, des vœux qui devraient être le gros bon sens:

Inspirés par ces constats, à l’Association québécoise des médecins pour l’environnement, nous faisons les six vœux de santé suivants pour la nouvelle année :

  1. l’adoption d’une Stratégie nationale de l’air sain ;
  2. le maintien d’une trajectoire ambitieuse de réduction des GES respectant l’Accord de Paris et soutenue par une feuille de route sérieuse ;
  3. des investissements substantiels dans les infrastructures et les opérations du transport collectif ;
  4. un aménagement de nos villes qui favorise la marche et le vélo, et ainsi plus d’activité physique pour tout le monde, de manière sécuritaire et invitante ;
  5. l’adoption d’une Politique nationale de la forêt urbaine, de concert avec les municipalités, pour verdir optimalement nos milieux de vie et protéger les milieux naturels d’intérêt existants ;
  6. l’évaluation des impacts et des coûts en santé pour tout projet significatif, à tous les ordres de gouvernement.
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Suite aux enquêtes du journal de Montréal il y a une semaine sur les rejets non conformes dans la voie maritime par Terrapure, Radio-Canada s’est penchée sur la situation de la plombémie des travailleurs. À noter que l’entente de confidentialité des travailleurs dont il est question dans l’article, c’est une entente à vie, signée dans le contrat, ça me parait absurde comme clause.

Selon la santé publique, il n’y a pas de risque établi pour la population environnante, car « les émissions mesurées pour plusieurs contaminants respectent les normes en vigueur au Québec établies pour protéger la santé de la population ».

Si je me rappelle bien, dans l’étude en question, il n’a pas été mention du risque sur l’environnement et sur la population environnante, mais ça fait 2 ans que j’ai vu l’étude et je n’arrive plus à la retrouver.

Donc à moins que le ministère ait installé des appareils de mesure ou a pris des mesures de l’air, de l’eau et du sol à proximité de l’usine, les émissions mesurées seraient en fait celles autodéclarées par l’usine.

Personnellement, je m’inquiète beaucoup de l’entreposage des batteries à l’extérieur. C’est de cette façon qu’il y a eu la contamination des sols à Notre-Dame-Auxiliatrice dans les années 80 et les batteries de Terrapure seraient entreposées aussi près que 100m de maisons, selon les images satellites.

Selon une étude faite dans les années 90 sue cette même usine (les normes de l’époque étaient différentes cependant), il y avait effectivement une contamination des sols au plomb à proximité de l’usine, ce qui a probablement été la cause du décès de 4 bovins par intoxication au plomb à Kahnawake.

Un extrait de l’étude :

A partir de notre analyse des données existantes, si nous pouvons
affirmer l’absence de risque d’atteinte à la santé d’une population
adulte la plus environnementalement exposée, nous n’excluons pas
que l’imprégnation des enfants et surtout des bébés pourrait
atteindre des niveaux significatifs de surveillance ou
d’intervention.

http://www.santecom.qc.ca/Bibliothequevirtuelle/santecom/35567000011863.pdf

Alors quand on dit qu’il n’y a pas de risque pour la santé des résidents proches, car les émissions mesurées sont sous les limites, est-ce que c’est tout simplement parce qu’il n’y a aucune autre donnée (donc aucune donnée inquiétante) autre que celles des autodéclarations de l’usine? À moins qu’il y ait eu d’autres mesures de la part de la santé publique ou du ministère de l’environnement (et ce n’est pas clair dans l’article), il me semble qu’il n’est pas possible d’affirmer qu’il n’y a pas de risques car nous ne le savons pas et l’erreur beta est ici beaucoup plus grave.

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Première preuve de pollution liée au retour des fusées dans l’atmosphère

PHOTO JIM WATSON, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Une fusée Falcon 9.

(Paris) Il y a un an, le retour dans l’atmosphère d’une partie d’une fusée SpaceX a créé une spectaculaire boule de feu dans le ciel européen, ravissant les astronomes amateurs et incitant des scientifiques à analyser l’évènement.

Dans une étude publiée jeudi, l’équipe menée par des scientifiques allemands révèle avoir réussi à prouver pour la première fois que ce type de réentrée dans la haute atmosphère générait de la pollution.

Les chercheurs soulignent l’importance vitale d’en savoir plus sur cette forme peu connue de pollution, au regard du nombre impressionnant de satellites qui seront lancés en orbite dans les prochaines années.

« Nous étions enthousiastes à l’idée de tester notre équipement et, nous l’espérions, de pouvoir mesurer la traînée de débris », se souviennent dans un échange de courriels avec l’AFP Robin Wing et Gerd Baumgarten, de l’Institut Leibniz de physique atmosphérique, en se remémorant les premières heures du 19 février 2025, lorsque l’étage supérieur de la fusée Falcon 9 est entré dans l’atmosphère.

L’équipe souhaitait en particulier en savoir plus sur cette pollution touchant « l’ignorosphère », cette région de l’atmosphère méconnue, comprise entre 50 et 100 km d’altitude, et qui comprend la mésosphère et la partie basse de la thermosphère.

« Avant-goût »

L’équipe a eu recours à une technologie appelée LIDAR, qui permet de mesurer des éléments dans l’atmosphère en émettant de nombreuses impulsions laser et en observant celles qui reviennent.

Ils ont enregistré un soudain pic de lithium, un métal, dans l’atmosphère, qui était 10 fois supérieur au taux habituellement observé à une centaine de kilomètres d’altitude.

Les chercheurs ont ensuite pu montrer que cette traînée de lithium avait été créée par l’étage supérieur de la fusée Falcon 9 au moment de sa réentrée dans l’atmosphère, excluant scientifiquement toute autre possibilité.

L’étude montre donc que, pour la première fois, il est possible de mesurer et d’étudier la pollution générée par les fusées à ces hautes altitudes, avant qu’elles ne se dispersent, ajoutent les chercheurs.

Mais l’impact de la pollution générée par les réentrées des étages de fusée reste inconnu, ajoutent-ils.

« Ce que nous savons, c’est qu’une tonne d’émissions à 75 km d’altitude équivaut à 100 000 tonnes à la surface » de la Terre, indiquent-ils. Et l’exemple de cette fusée Falcon 9 n’est qu’un « avant-goût » de la pollution à venir dans les prochaines années.

Actuellement, 14 000 satellites en activité tournent en orbite autour de notre planète. Mais le mois dernier, SpaceX a demandé l’autorisation pour en lancer un million de plus. Et la Chine, deux semaines encore avant, a annoncé le lancement de 200 000 satellites de son cru dans les prochaines décennies.

L’étude publiée ce jeudi « est vraiment importante, car il n’y a actuellement aucune réglementation appropriée visant la pollution des couches supérieures de l’atmosphère », souligne auprès de l’AFP Eloïse Marais, professeur de chimie atmosphérique à l’University College de Londres, qui n’a pas participé à l’étude.

« Même si ces parties de l’atmosphère sont loin de nous, elles peuvent avoir des conséquences importantes sur la vie sur Terre si les pollutions engendrées affectent le climat terrestre et appauvrissent la couche d’ozone qui nous protège des rayons UV nocifs », explique-t-elle.

L’étude a été publiée dans la revue Communications Earth & Environment.

Étude terrain en Montérégie/ Votre urine contient-elle des pesticides agricoles ?

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

À Sainte-Clotilde, en Montérégie, 98 % du territoire est zoné agricole.

(Sainte-Clotilde) Si vous vivez à proximité d’un champ, dans quelle mesure êtes-vous touchés par les pesticides qui y sont appliqués ? Pour y voir clair, la chercheuse Maryse Bouchard et son équipe ont recruté près de 400 résidants de quatre villages de la Montérégie. Incursion dans la plus grande recherche du genre jamais réalisée au Canada.

C’est jour de cueillette à Sainte-Clotilde. Sur son comptoir de cuisine, Nathalie Fortin pose ses échantillons d’urine et de poussière tout juste sortis du congélateur, avec des questionnaires alimentaires précis au verre d’eau près. Le stagiaire de recherche, Keriam Ankoue, vérifie l’heure à laquelle l’urine a été prélevée et repart en plaçant les échantillons sur de la glace sèche.

« Est-ce que mon sol est contaminé ? Est-ce que ma nappe phréatique est contaminée ? Est-ce que l’air que je respire est plein de pesticides ? Ça m’intrigue beaucoup, beaucoup, beaucoup », indique Mme Fortin.

Lorsqu’elle a trouvé sa maison à Sainte-Clotilde, il y a une vingtaine d’années, dit-elle, elle avait « conscience qu’il y avait des champs et des applications de pesticides », mais elle pense que son « désir de rester à la campagne était plus fort ».

Des tracteurs en train d’appliquer des produits dans les champs lui ont rappelé la réalité agricole des environs. « On ne sent pas nécessairement l’odeur quand on n’est pas familier avec ça, [mais] il y a des odeurs vraiment spécifiques à certains pesticides », dit celle qui a étudié en horticulture ornementale.

Jusqu’à quel point l’épandage de ces pesticides affecte-t-il ma nappe phréatique et mon environnement ? Ça commençait à rouler dans ma tête.

Nathalie Fortin, résidante de Sainte-Clotilde

Elle n’a donc pas hésité à s’inscrire, avec son conjoint, à l’étude EPURA (exposition aux pesticides utilisés en région agricole). En tout, 386 résidants de Sainte-Clotilde, Saint-Rémi, Saint-Isidore et Saint-Michel participent à cette recherche.

TDAH, QI et autres inquiétudes

Dans un sous-sol de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), à Laval, Maryse Bouchard enfile un gant isolant pour manipuler un flacon d’urine. À -80 °C, mieux vaut protéger ses mains ! Les congélateurs voisins abritent des échantillons de terre, de poussière et d’eau.

« C’est vraiment très précieux ! Ça vaut des centaines de milliers de dollars, ce qui a été investi pour collecter ces échantillons », signale Mme Bouchard, professeure agrégée à l’Unité d’épidémiologie et biostatistique de l’INRS.

EPURA, dont elle est la chercheuse principale, est la plus vaste étude terrain sur l’exposition du voisinage aux pesticides agricoles jamais réalisée au pays.

Le projet a obtenu près de 700 000 $ des Instituts de recherche en santé du Canada. Il inclut des chercheurs de plusieurs universités.

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Spécialiste de la santé environnementale, Mme Bouchard s’intéresse depuis longtemps aux impacts des pesticides. En 2010, elle a montré que le trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) était plus fréquent chez de jeunes Américains dont l’urine présentait davantage de traces de pesticides organophosphorés1. Son étude a été reprise dans de grands médias du monde entier.

L’année suivante, elle a démontré que le quotient intellectuel de petits Californiens de 7 ans dont la mère avait été plus exposée à des pesticides organophosphorés durant la grossesse était plus faible2, de sept points en moyenne. La revue Environmental Health Perspectives lui a décerné le prix d’article de l’année.

« J’avais vraiment le goût de continuer à explorer cette question ici, au Québec. »

L’étude montérégienne ne porte pas sur des problèmes de santé particuliers, mais sur le fait d’être exposé à des pesticides. « J’ai décidé de me concentrer sur [la manière dont] l’exposition arrive, de façon à savoir comment on peut la diminuer », indique Mme Bouchard.

Plusieurs des citoyens venus aux rencontres d’information avaient toutefois des préoccupations bien précises. « Les gens qui ont des puits étaient inquiets pour leur eau. […] Des personnes dont le terrain donne sur un champ étaient très anxieux », a constaté la chercheuse. « Le cancer, la maladie de Parkinson, les maladies neurologiques, la démence » faisaient aussi partie des peurs.

Trouver des alliés

Le secteur maraîcher ayant « la plus grande intensité d’utilisation de pesticides », en quantité et en diversité, l’étude EPURA a choisi des villages où toutes les résidences sont à moins de 1,5 km d’un champ de culture maraîchère.

Restait à recruter des participants. Dans ces communautés où plusieurs vivent de l’agriculture, ou ont des producteurs agricoles pour voisins, « on a voulu s’adjoindre des alliés parce qu’on se doutait que les pesticides sont un sujet délicat », explique Mme Bouchard.

L’équipe a obtenu l’appui officiel de l’Association des producteurs maraîchers du Québec, formé des comités consultatifs locaux et présenté le projet aux conseils municipaux. Trois d’entre eux ont appuyé EPURA, et incité leur population à y participer.

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

Des échantillons de terre et d’eau du robinet prélevés chez les participants à l’étude EPURA

Les citoyens qui ont levé la main ont plusieurs devoirs à faire. À sept reprises (quatre fois en été et trois en hiver), ils doivent noter tout ce qu’ils mangent et boivent dans une journée, conserver un flacon de leur première urine du lendemain, prélever de la poussière sur leur plancher et entreposer le tout au congélateur.

Les chercheurs ont aussi pris de l’eau de leur robinet, de la terre dans leur cour et de la poussière en hauteur dans leur maison. Tous ces échantillons seront testés à l’Université de Sherbrooke, au laboratoire du professeur Pedro Alejandro Segura, pour 18 fongicides, 19 herbicides et 14 insecticides.

Détecter les pesticides dans l’urine et l’environnement des personnes vivant près d’une culture maraîchère permettra de voir dans quelle mesure elles sont plus exposées à ces substances, et de quelle façon.

« Ce qui va être vraiment intéressant, c’est qu’on va avoir plusieurs choses à mettre en relation […] Est-ce que la dose vient de l’eau ou de l’alimentation ? Est-ce la présence de pesticides dans leur maison ? », illustre Mme Bouchard.

Par exemple, si les analyses détectent moins de pesticides chez les gens qui se déchaussent toujours avant d’entrer chez eux, l’étude pourrait « suggérer des moyens simples pour diminuer l’exposition ».

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

Le maire de Sainte-Clotilde, Guy-Julien Mayné

À Sainte-Clotilde, « on a dit : OK, on va embarquer et on va faire partie de la solution », s’enthousiasme le maire, Guy-Julien Mayné.

Son village a beau être zoné agricole à 98 %, le développement va bon train sur les 2 % restants. La population a doublé depuis 15 ans, à près de 3300 habitants.

« En campagne électorale, j’ai fait 900 portes, et pour au moins 90 %, l’environnement, c’est super important », témoigne M. Mayné.

« Je suis optimiste. Il y a beaucoup de travail à faire, mais au moins, la population est consciente de ce qui se passe. »

Les participants à l’étude EPURA prélèveront leurs derniers échantillons ce mois-ci. Avec les délais nécessaires pour les analyses de laboratoire et les analyses statistiques, les premiers résultats devraient être publiés en 2028.

1. Lisez « Les pesticides favoriseraient l’hyperactivité chez l’enfant » 2. Lisez « Les pesticides réduiraient le QI des enfants »

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L’appui de Trump au glyphosate fâche une partie de sa base

PHOTO BING GUAN, ARCHIVES REUTERS

Récolte dans un champ de maïs de Woodburn, en Indiana. Un décret présidentiel de Donald Trump favorisant le glyphosate sème l’émoi dans une partie importante de sa base électorale.

Par sa démarche en faveur de la production de l’herbicide glyphosate, Donald Trump a provoqué colère et désarroi parmi ses partisans du mouvement Make America Healthy Again, une composante importante de sa base politique.

Le 18 février, M. Trump a signé un décret qualifiant le glyphosate – l’ingrédient actif du Roundup, de Bayer – de crucial pour la « sécurité nationale et la défense » du pays. Or, des dizaines de milliers de plaignants dans des procès allèguent que cet herbicide cause le lymphome non hodgkinien, et Bayer cherche à obtenir une immunité juridique contre ces réclamations.

Le décret de M. Trump ouvre une brèche entre son administration et le mouvement MAHA du secrétaire à la Santé Robert F. Kennedy Jr., qui en 2018 faisait partie d’une équipe juridique ayant remporté un jugement au terme duquel le fabricant du Roundup, Monsanto (qui l’a depuis vendu à Bayer), avait été condamné à payer 289 millions de dollars.

Pour les militants MAHA (Make America Healthy Again), les pesticides sont nocifs pour les enfants ; ils veulent en limiter l’usage. Durant sa campagne à la présidence de 2024, M. Kennedy, alors indépendant, avait reproché au glyphosate d’être « un des coupables probables de l’épidémie de maladies chroniques » au pays. Depuis qu’il a rejoint les républicains alliés des intérêts agricoles favorables aux pesticides, on ne l’entend plus guère à ce sujet.

Résumé

PHOTO MIKE BLAKE, ARCHIVES REUTERS

Le Roundup, mis en marché par l’américaine Monsanto, puis racheté par l’allemande Bayer, fait l’objet de plusieurs procès aux États-Unis et en Europe.

Selon la Maison-Blanche, le décret présidentiel « n’est pas un appui à un produit ou une pratique » et est nécessaire pour garantir l’approvisionnement alimentaire des États-Unis. (Le décret vise aussi le phosphore élémentaire, utilisé dans certaines munitions militaires.)

Les départements de la Santé et de l’Agriculture font des « recherches sur les pratiques agricoles durables, y compris de nouveaux outils de protection des cultures », ajoute la Maison-Blanche. « Le président Trump s’est engagé à protéger notre pays et à rendre sa santé à l’Amérique et cette administration ne fera jamais de compromis sur aucune de ces priorités. »

Pour produire plus de glyphosate, l’administration Trump invoque la Loi sur la production de défense – qui remonte à la guerre froide – qui accorde au président une large autorité sur l’industrie nationale.

Des partisans en réflexion

Selon son application, le décret pourrait dégager les fabricants de glyphosate de toute responsabilité civile, craignent certains militants MAHA et environnementaux. Des dirigeants du mouvement MAHA soutiennent activement les républicains aux élections de mi-mandat, mais certains reconsidèrent leur implication.

Zen Honeycutt, soutien de longue date de M. Kennedy et fondatrice de l’OSBL Moms Across America, avertit que Trump s’aliène sa base électorale, qui comprend beaucoup de mères ayant voté républicain pour la première fois en 2024 et qui pourraient se détourner du parti.

« Sans restreindre ou interdire le glyphosate, nous ne rendrons pas sa santé à l’Amérique », dit-elle.

Sollicitée pour cet article, Bayer a renvoyé à un communiqué de Monsanto, affirmant que le décret répond au « besoin fondamental, pour les agriculteurs américains d’avoir accès à des outils essentiels de protection des cultures produits sur le territoire national, comme le glyphosate. Nous nous conformerons à ce décret de produire du glyphosate et du phosphore élémentaire ». Le 17 février, Monsanto a offert 7,25 milliards de dollars – sans admission de responsabilité ni de faute – pour régler les poursuites liés au cancer.

Les autorités de réglementation américaines et européennes évaluent différemment le potentiel cancérigène du glyphosate. L’Environmental Protection Agency (EPA) le juge « probablement pas cancérigène pour l’humain ». Selon l’Agence européenne des produits chimiques, « classer le glyphosate comme cancérigène n’est pas justifié ». Mais l’Agence internationale pour la recherche sur le cancer le classe comme « probablement » cancérigène.

Une revue scientifique a récemment retiré une étude de 2000 qui avait conclu que le glyphosate était sûr, les auteurs ayant pu avoir reçu l’aide d’employés de Monsanto dans leur travail.

Les pesticides sont défendus par l’industrie. Selon CropLife America – une association d’entreprises qui formulent, fabriquent et distribuent des pesticides –, ces produits contribuent à « un approvisionnement alimentaire fiable, sain et abordable » et sont évalués avec rigueur par l’EPA.

Robert Kennedy Jr. face à ses contradictions

La nomination de Robert F. Kennedy Jr. à la Santé a d’abord suscité la méfiance des républicains des États agricoles. Lors d’auditions devant le Congrès, en janvier 2025, il a promis d’éviter toute politique compromettant la viabilité économique de l’agriculture et a rappelé aux élus que son département n’a pas d’autorité sur la réglementation agricole.

PHOTO J. SCOTT APPLEWHITE, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Robert F. Kennedy Jr., lors des audiences sur sa nomination comme secrétaire à la Santé devant un comité sénatorial au Capitole, le 29 janvier 2025

Au sujet du décret, M. Kennedy l’a décrit comme une application de l’« America First là où cela compte le plus, soit notre préparation militaire et notre approvisionnement alimentaire ».

En février, M. Kennedy a indiqué que son département évalue des solutions de rechange au glyphosate. Mais « en ce moment, si on stoppe net tout usage du glyphosate, 80 % de nos fermiers font faillite. La question est de savoir comment en sortir progressivement sans mettre l’agriculture en faillite ».

Vani Hari, auteure, militante et alliée de M. Kennedy, s’est dite « bouche bée » lorsqu’elle a vu le décret. « On espérait vraiment que cette administration placerait le peuple au-dessus du pouvoir des entreprises, mais cette action nous éloigne de cet engagement. »

Décret dénoncé

Sur X, elle a blâmé le lobby de la chimie industrielle et a exhorté les MAHA à s’unir contre les entreprises puissantes.

Zach Lahn – un agriculteur candidat républicain au poste de gouverneur de l’Iowa qui bénéficie du soutien du groupe MAHA Action – dénonce le décret du président : « Il n’y a pas d’interdiction imminente ou de pénurie de glyphosate, a-t-il écrit sur X. Il n’y a que des procès en cours contre une entreprise étrangère qui cause du tort aux Américains. Et maintenant ils ont l’immunité. Il faut annuler [le décret]. »

La Cour suprême doit entendre des arguments cette année dans une affaire liée aux plaintes sur le Roundup. Si elle se prononce en faveur de Bayer, cela pourrait mettre l’entreprise à l’abri de procès coûteux sur les effets du produit chimique sur la santé.

Cet article a été publié dans le Washington Post.

Lisez la version originale (en anglais ; abonnement requis)

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Reportage de l’émission Découverte

Comment faire face à la fumée des feux? Une tragédie mobilise les citoyens | Découverte

La fumée des feux de forêt écourte la vie de 1500 Canadiens chaque année. Un jeune garçon de 9 ans en Colombie-Britannique fait partie des victimes. Son décès a déclenché un mouvement dans les communautés et chez les scientifiques pour mieux protéger la population face à cette nouvelle menace.

Rejets de contaminants de la Fonderie Horne La Santé publique n’a pas été consultée

Le gouvernement Legault n’a pas sollicité l’avis de la Santé publique du Québec avant de proposer des assouplissements supplémentaires à la Fonderie Horne pour lui permettre de rejeter plus longtemps que prévu davantage d’arsenic et d’autres métaux lourds dans l’air de Rouyn-Noranda.

La Direction nationale de santé publique du Québec « n’a [pas] été consultée » de quelque façon que ce soit « et n’a donc pas émis d’avis officiel sur la proposition de prolonger l’autorisation à la Fonderie Horne jusqu’en 2033 », a-t-elle confirmé à La Presse dans une déclaration transmise par sa porte-parole, Marie-Claude Lacasse.

Le gouvernement avait pourtant sollicité l’avis de la Santé publique en octobre, quand il a envisagé de prolonger le temps alloué à la fonderie pour atteindre le seuil d’arsenic dans l’air de 15 nanogrammes par mètre cube (ng/m⁠3).

Cet avis concernait un report « seulement jusqu’en mars 2029, et [pas pour] les autres contaminants », rappelle aujourd’hui la Santé publique.

L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), qui a notamment pour mission d’analyser les politiques publiques ayant une incidence sur la santé, n’a pas non plus été consulté, alors qu’il l’avait lui aussi été auparavant dans ce dossier.

« Ces modalités n’étaient pas prévues lors de l’élaboration de nos travaux [et] nous n’avons pas fourni de nouveaux travaux depuis », a déclaré à La Presse son porte-parole, Aurèle Iberto-Mazzali.

Permission jusqu’en 2033

La suite

En plus de donner deux ans supplémentaires à la Fonderie Horne pour abaisser ses rejets d’arsenic dans l’air à un seuil de 15 ng/m⁠3, le gouvernement Legault veut maintenant lui permettre de les maintenir à ce niveau jusqu’en 2033.

Québec veut aussi repousser de 30 mois l’entrée en vigueur de normes concernant les rejets d’autres contaminants, dont le cadmium, le plomb, le dioxyde de soufre (SO2) et les particules fines.

Cette autorisation sera rendue possible par un amendement au projet de loi 111, proposé après la période de consultation, qui modifiera la Loi sur la qualité de l’environnement.

Après avoir pris connaissance des assouplissements supplémentaires proposés par Québec, la Direction nationale de santé publique a fait part de ses préoccupations à la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, qui a alors demandé un avis écrit, explique Mme Lacasse. « Cet avis est en cours de préparation. »

La Direction régionale de santé publique de l’Abitibi-Témiscamingue a, de son côté, fortement critiqué les assouplissements proposés, estimant qu’ils vont « au‑delà d’une simple prolongation de l’échéancier initial ».

Le rôle du conseil municipal

Le gouvernement Legault s’appuie sur l’avis précédent de la Santé publique pour expliquer sa décision de ne pas l’avoir consultée sur les nouveaux assouplissements qu’il souhaite accorder à la Fonderie Horne.

Par balance des inconvénients, le gouvernement a fait le choix politique d’assurer trois années de prévisibilité à l’entreprise pour favoriser la réalisation des investissements nécessaires pour réduire ses émissions.

Tania Michaud, attachée de presse du ministre de l’Environnement, Benoit Charette

Québec invoque aussi « l’assentiment du conseil municipal » de Rouyn-Noranda pour sa proposition, selon ce qu’a soutenu en commission parlementaire le ministre délégué à l’Économie, Samuel Poulin.

Or, cette prise de position adoptée à huis clos avant la séance du conseil municipal, en février, « n’a aucune valeur juridique », tranche l’avocat spécialisé en droit municipal Mario Paul-Hus, associé principal au cabinet Municonseil.

Les élus ont probablement procédé de la sorte pour éviter de se retrouver avec une résolution adoptée dans la division, et pour ne pas s’exposer à d’éventuels recours, avance-t-il. « S’ils n’avaient pas eu peur, ils auraient pu adopter une résolution au conseil municipal. »

La « façon dont le conseil a annoncé sa position [a] provoqué de l’insatisfaction » chez certains conseillers et conseillères, a déclaré à la séance suivante la conseillère Vicky Brazeau, affirmant elle aussi que la position n’avait aucune valeur juridique.

La position du conseil municipal est un appui monté de toutes pièces, fustige l’ancien conseiller municipal Philippe Marquis, qui illustre que jamais une dépense n’aurait été entérinée de la sorte.

« Le conseil a manqué à ses responsabilités, a-t-il dit à La Presse. Je ne comprends pas comment ça se fait que ça s’est passé comme ça, c’est ahurissant ! »

Avec Vincent Brousseau-Pouliot, La Presse

Des millions d’Ottawa

Le gouvernement fédéral compte répondre favorablement à la multinationale Glencore, qui lui demanderait 150 millions de dollars pour financer la réduction des rejets d’arsenic et d’autres contaminants de la Fonderie Horne. Ottawa attend toutefois que Québec adopte les assouplissements demandés par l’entreprise avant d’allonger les sommes, a indiqué à La Presse une personne informée du dossier, mais pas autorisée à en parler publiquement. La ministre fédérale de l’Industrie, Mélanie Joly, ne commentera pas « des discussions confidentielles », a déclaré son attachée de presse Gabrielle Landry, ajoutant que « la Fonderie Horne, en tant que seule fonderie de cuivre du Canada, constitue un atout stratégique ». Québec a, de son côté, refusé d’accorder des fonds à Glencore.

1. Lisez « Émissions d’arsenic par la Fonderie Horne : Québec jette du lest »

Ce gouvernement :woman_facepalming:t2:

Le ministère de l’Environnement abolit le programme Environnement-Plage qui avait permis en 2025 de suivre la qualité de l’eau de plus de 150 plages au Québec. Une décision qui force des dizaines de gestionnaires à se trouver un « plan B » en urgence à l’aube de la saison estivale 2026.

Le programme avait été mis en place dans les années 1970. Les gestionnaires des plages étaient invités à y adhérer sur une base volontaire.

Chaque été, des échantillons étaient prélevés puis analysés, pour s’assurer de la qualité de l’eau. Des fermetures temporaires pouvaient ensuite être décrétées pour la sécurité des baigneurs.

La relationniste au ministère de l’Environnement, Ghizlane Behdaoui, explique que cette décision découle du « chantier d’efficacité de l’État » qui prévoit la diminution du nombre de programmes.
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