Élections municipales 2021

C’est clair qu’il est sous la loupe. C’est vraiment ce mandat-ci qu’on va voir si le règlement adopté sur la mixité dans la métropole va vraiment jouer le rôle qu’il est supposé faire. Donc il a obligation de résultats.

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Ce sera pas facile!
J’ai bien hâte de voir aussi ce que ça va donner,

Une chose est certaine, il y a beaucoup plus de chance de succès que de «doper l’offre».
«Doper l’offre», en immobilier, n’aurait mené à rien, au contraire!
Ça part de la notion basic d’écononomie 101 que quand l’offre dépasse la demande, les prix baisses.
C’est vrai pour bien des choses, mais pas en immobilier.

Mais Coderre a fait cette promesse pour mettre les promoteurs de son côté, et parce que c’est une notion accessible, facile à comprendre, les gens ne la remettent pas en question.

Alors que les alternatives de PM sont plus complexes, et partent plutôt de recommandations de spécialistes disons moins accessibles et moins vendeuses.

Dans tous les cas, c’est un sujet sans magie. J’espère vraiment que ça va fonctionner!

Lui il m’intéresse parce que c’est mon conseiller et qu’il a passé toute l’élection à dire qu’il allait aider avec les problèmes du Village. J’ai vraiment hâte de voir ce qu’il va réussir à faire

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Je pense pas que doper l’offre ne mène à rien. Les villes du Texas par exemple où les regles d’urbanisme sont quasi inexistantes avec un étalement urbain incontrolé sont parmis les plus abordables des États-Unis. Et pourtant elles ont des économies puissantes : Dallas, Houston, Austin. Je ne dis pas que nous devons suivre ce chemin mais pour moi voilà la preuve qu’une certaine dérèglementation peut aider à maintenir les prix bas.

Par exemple une des raisons principales qui fait que les loyers sont de plus en plus innabordables est que la Régie du logement a imposé des limites drastiques aux augmentations des loyers qui augmentent moins vite que le coût des matériaux de construction, que l’inflation etc. Ce qui fait que le locatif a été abandonné au profit du condo par les constructeurs. Et aujourd’hui le locatif est de plus en plus cher car plus rare. Ce n’est pas la seule raison mais ça plus la reprise économique de Montréal et le fait qu’elle attire de plus en plus de cerveaux aisés participent fortement au phénomène qu’on observe actuellement. Parfois la réponse ce n’est pas plus de règlementation même si c’est impopulaire de le dire à l’électorat.

En échange du 20-20-20, permettre plus de flexibilité serait la chose responsable à faire. Je pense à Prével qui est un « bon » promoteur mais qui se fait dire non pour 80m sur René-Levesque par exemple. Ou dans le faubourg où l’on impose des surfaces de plancher plus petites, etc etc. Il faut faire des concessions dans un sens comme dans l’autre. La ville n’a pas les moyens de tout faire. Et c’est cette flexibilité là que je ne sens pas pour l’instant en tout cas. Si l’on veut faire quelque chose de bien c’est tous ensemble. Je sentais que Plante poussait beaucoup sur sa distance avec le privé en fin de campagne. Je ne pense pas que c’est positif comme approche. Il faut être plus intelligent que ça. Reserrer sans jamais rien céder ne marchera pas. Mais ça c’est mon avis personnel je sais que très peu ici le partagent.

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Tu sors ça d’où? Les statistiques indiquent clairement l’inverse.

Locatif:

Condo:

Viens pas me dire qu’on devrait imiter les règles d’une autre province. Objectivement, c’est le cadre réglementaire québécois qui incite le plus les promoteurs à construire du locatif:

une des raisons principales qui fait que les loyers sont de plus en plus innabordables est que la Régie du logement a imposé des limites drastiques aux augmentations des loyers qui augmentent moins vite que le coût des matériaux de construction, que l’inflation etc

Seuls les logements vieux de plus de 5 ans sont assujettis à des limites d’augmentation. Rien n’empêche les constructeurs de louer les nouveaux appartements au prix qu’ils veulent.

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Tes deux graphes prouvent exactement ce que je dis. La moyenne des condos construits sur les 20 dernières années est plus élevée que la moyenne de locatifs construits. C’est visible. Je ne sais pas ce que toi tu lis. La tendance est lourde depuis plus de 2 décennies. À ce que je vois, tes graphes confirment plus ce que je dis qu’ils ne l’infirment. Suffit de les superposer.

Ensuite je n’ai pas mentionné les autres provinces. Je dis juste que parfois plus de restriction n’est pas la réponse adéquate.

Oui au début mais ensuite ? Si je le met a un prix raisonnable en 2021 mais qu’en 2035 les coûts d’entretien et l’inflation augmentent de telle façon que ce n’est plus assez rentable à quoi cela sert-il ? Le problème c’est là qu’il est et il demeure entier. Il y a avait un article de la CORPIQ qui expliquait tout ça. On dira que c’est biaisé parce que ce sont les propriétaires qui parlent mais il y a une certaines logique derrière

Pour le moment, il y aura 2 recomptages demandés:
Conseiller dans le district de Tétreaultville
Mairie de l’arrondissement d’Outremont

On va savoir demain si Denis Coderre reste (ou pas) comme chef de l’opposition

Texte intégral

Denis Coderre rencontrera son caucus vendredi

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le chef d’Ensemble Montréal était discret depuis sa défaite de dimanche.

Jeanne Corriveau

Demeuré discret depuis sa défaite de dimanche dernier, Denis Coderre rencontrera le caucus d’Ensemble Montréal vendredi matin afin d’aviser les nouveaux élus de ses intentions. Le candidat à la mairie de Montréal n’occupera vraisemblablement pas le poste de chef de l’opposition à l’hôtel de ville.

« Il n’y aura pas de surprise », a indiqué une source chez Ensemble Montréal au sujet de l’avenir de M. Coderre.

Denis Coderre, qui a échoué dans sa tentative de regagner la mairie de Montréal, n’est pas sorti de son mutisme depuis les élections de dimanche. Plusieurs sources indiquaient qu’il était peu probable qu’il veuille demeurer à l’hôtel de ville après sa défaite.

« Il est trop orgueilleux pour s’asseoir devant Valérie Plante à tous les mois et se rappeler qu’il a perdu et qu’elle, elle a gagné », croit Anie Samson, ancienne mairesse de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension.

S’il décidait de ne pas occuper les fonctions de chef de l’opposition à l’hôtel de ville et quittait la vie politique, Denis Coderre laisserait un parti endetté, mais pas en aussi mauvaise posture financière qu’en 2017, indique-t-on à Ensemble Montréal.

En 2017, le soir même de sa défaite, Denis Coderre avait annoncé son départ de l’hôtel de ville, ce qu’il n’a pas fait dimanche dernier. Et il y a quatre ans, il avait laissé derrière lui un parti aux prises avec une dette de 223 000 $, qui s’est alourdie à 424 000 $ au 31 décembre 2020.

Anie Samson estime qu’il est bien capable de répéter ce scénario. En 2001, Pierre Bourque était resté après sa défaite contre Gérald Tremblay par souci de régler la dette de Vision Montréal avant de tirer sa révérence. « C’était un gentleman », dit-elle.

Ensemble Montréal est en meilleure situation financière qu’en 2017, indique toutefois une source au parti. « La structure financière beaucoup plus responsable et autonome », soutient-on.

Ensemble Montréal a fait élire 38 candidats, soit davantage que le nombre d’élus que comptait le parti avant les élections. Il a cependant perdu de piliers importants, parmi lesquels Lionel Perez, qui a perdu devant Gracia Kasoki Katahwa, à la mairie de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, et Karine Boivin-Roy, qui a dû concéder la victoire à Pierre Lessard-Blais, à la mairie de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.

« Une crise, c’est une opportunité », croit Anie Samson. « Ils pourront enfin se rebâtir une équipe, sans l’ombre de Denis Coderre et repartir à neuf. Ils vont avoir un budget de la Ville pour faire leur travail d’opposition. »

À l’instar d’Hadrien Parizeau, Réal Ménard, battu dans le district d’Hochelaga, estime que la prise de position tardive de Denis Coderre concernant le projet de loi 96 et la protection des anglophones a nui à la campagne d’Ensemble Montréal. Mais les tergiversations concernant ses revenus dans les quatre dernières années ont aussi été très dommageables, dit-il. « Il n’y a pas de problèmes de faire de l’argent dans le privé, mais quand tu aspires à diriger une ville, il faut capable de dire pour qui tu as travaillé », explique-t-il.

Le mécanisme de sélection des candidats soulève également des questions, selon lui. « Ça peut arriver qu’on en échappe un ou deux, mais là, c’était difficile de comprendre que les gens aient pu être confirmés comme candidats en ayant des passés difficilement conciliables avec l’accès à une charge publique. »

Résultats contestés

Deux demandes de dépouillements judiciaires ont été déposées par Projet Montréal jeudi. L’une concerne la mairie d’Outremont, où le candidat d’Ensemble Montréal, Laurent Desbois, l’a emporté contre le maire sortant, Philipe Tomlinson, avec seulement 23 voix d’écart alors que 301 bulletins de vote ont été rejetés.

L’autre demande vise le district de Tétreaultville où Julien Hénault-Ratelle, d’Ensemble Montréal, a devancé par 42 voix son adversaire Suzie Miron, de Projet Montréal.

Les partis ont jusqu’à lundi pour contester les résultats.

Ensemble Montréal demandera vraisemblablement un nouveau dépouillement pour le poste de conseiller de ville dans le district de La Pointe-aux-Prairies où seulement 13 voix séparent la candidate qui l’a emporté, Lisa Christensen, de Projet Montréal, et le candidat d’Ensemble Montréal, Vincent Girard.

La victoire in extremis de Gracia kasoki Katahwa, de Projet Montréal, à la maire de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, pourrait aussi être contestée par Ensemble Montréal.

À la mairie de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, la mairesse sortante de Projet Montréal, Caroline Bourgeois, a eu raison de Lyne Laperrière avec en récoltant 303 voix de plus que son adversaire, mais 1098 bulletins ont été rejetés.

Dans Loyola, 97 voix séparent Despina Sourias, qui l’a emporté avec Projet Montréal, et Gabriel Retta, d’Ensemble Montréal.

L’assermentation des nouveaux élus aura lieu le 18 novembre prochain.

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Denis Coderre quitte la vie politique

Publié le 12 novembre 2021 à 12h50


PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE, Denis Coderre

Denis Coderre a annoncé sa décision après en avoir informé ses candidats, qu’il rencontrait pour la première fois depuis la défaite cinglante de dimanche dernier.

Denis Coderre a annoncé qu’il quittait la vie politique de façon permanente, vendredi, renonçant à siéger comme chef de l’opposition à l’hôtel de ville.

Publié le 12 novembre 2021 à 12h50

Philippe Teisceira-Lessard
Philippe Teisceira-Lessard La Presse

Il a annoncé sa décision après en avoir informé ses candidats, qu’il rencontrait pour la première fois depuis la défaite cinglante de dimanche dernier.

« Je quitte la vie politique », a-t-il dit, l’émotion dans la voix. « Je vais faire autre chose. Après 40 ans de politique, 12 campagnes électorales. […] J’ai le sentiment du devoir accompli. »

M. Coderre était vêtu de noir de la tête aux pieds. Autour de lui, une vingtaine d’élus et de candidats l’entouraient et l’ont applaudi à tout rompre.

« Je les aime », a-t-il dit. « C’est un extraordinaire livre qui se termine, mais fort de cette expérience-là, je peux faire beaucoup d’autres choses, […] tant sur la scène internationale, locale ou ailleurs. »


Article plus complet du Journal Métro:

Denis Coderre quitte (à nouveau) la politique

Rosanna Tiranti

Alors qu’un flou persistait depuis quelques jours quant à son avenir politique, Denis Coderre, le chef d’Ensemble Montréal, annonce qu’il quitte la politique municipale. Après une deuxième défaite contre Valérie Plante, le politicien de 58 ans, maire de Montréal de 2013 à 2017, tournera donc le dos à la politique montréalaise, pour la deuxième fois.

Je ne serais plus dans la vie politique, je ferai autre chose.

Denis Coderre

Le candidat malheureux à l’issue de la course à la mairie de Montréal s’est entretenu ce matin avec ses troupes au centre culturel Casa d’Italia. Alors que les médias l’attendaient de pied ferme pour récolter un commentaire de sa part, M. Coderre a pénétré dans le bâtiment par une porte de service.

Le week-end dernier a sonné le glas d’une campagne municipale de plusieurs mois. Denis Coderre n’a pas réussi à convaincre les Montréalais de lui confier à nouveau les rênes de la mairie et a récolté 38% des votes exprimés contre 52% pour la mairesse Valérie Plante. Maigre consolation également du côté des arrondissements, où son parti Ensemble Montréal a réussi à faire élire six maires d’arrondissement, contre 11 pour Projet Montréal.

«J’ai envie de rester, ça, c’est sûr, mais je pense que le plan A, c’est vraiment de gagner», avait répondu Denis Coderre, lors du débat télévisé de Radio-Canada, à la question de Patrice Roy sur son avenir comme chef de l’opposition advenant une défaite. Pourtant, s’il l’avait souhaité, M. Coderre aurait pu prendre la place de sa colistière, Chantal Rossi, réélue comme conseillère de ville à Montréal-Nord dans le district d’Ovide-Clermont.

Le siège du chef de l’opposition est présentement vide. Lionel Perez, chef de l’opposition par intérim d’Ensemble Montréal pendant quatre ans et candidat à la mairie de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, s’est incliné par 177 voix aux élections de dimanche.

Un scénario qui se répète

Restant silencieux sur son avenir en politique municipale dans son discours de défaite, Denis Coderre a préféré s’en prendre à la campagne électorale «la plus sale» qu’il ait «vécue de toute sa carrière en politique». Lors de la dernière ligne droite de la campagne, le politicien a revécu le scénario référendaire de 2017 et le spectre de la Formule E est revenu lui faire de l’ombre avec l’arrivée de l’histoire sur sa déclaration de revenus et la liste de ses clients. Un test de transparence auquel il a été acculé, puis a cédé, sous la pression des journalistes.

Denis Coderre avait choisi dès le soir de sa défaite face à Valérie Plante en 2017 de s’éloigner de la politique pour se rapprocher du secteur privé (notamment en tant que consultant auprès de Transcontinental). Il avait annoncé son grand retour en avril dernier. Il se présentait alors comme un homme nouveau, une version 2.0 qu’il dépeignait d’ailleurs dans son livre-programme Retrouver Montréal.

Le politicien de 58 ans a fait ses premiers pas en politique fédérale. Après plusieurs revers, il a été élu député libéral de Bourassa en 1997, un siège qu’il a gardé pendant 16 ans, jusqu’en 2013. Pendant cette période, il est passé par le ministère de l’Immigration, le Conseil privé de la Reine et le ministère de la Francophonie. Éclaboussé par le scandale des commandites en 2004, il a été mis à l’écart du cabinet libéral.

En mai 2013, Denis Coderre a fait le saut en politique municipale et l’a emporté contre Mélanie Joly, du Vrai changement pour Montréal, Richard Bergeron, de Projet Montréal, et Marcel Côté, de Coalition Montréal.

Plus de détails à venir.

En tout cas, après avoir décrit Montréal comme une ville sale, dangereuse et presque en faillite, il ne va sûrement pas se trouver un emploi dans le tourisme ou la promotion de la ville.

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Une carte interactive avec les résultats pour la mairie de Montréal.
Ce sont les résultats publiés en données ouvertes si je ne m’abuse.
https://nicolas.kruchten.com/mtlelection2021bysection/

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2017:

2021:

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Lu sur La Presse ce matin… quand on publie trop vite :face_with_hand_over_mouth: :joy:

La réélection de Valérie Plate à la mairie de Montréal et l’élection in extremis de Bruno Marchand à celle de Québec, ont beaucoup attiré l’attention cette semaine. Or, des votes ont eu lieu dans quelque 1000 municipalités dimanche dernier. Et certains ont réservé des surprises. En voici trois.

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Je trouve ça vraiment ordinaire le fait que Coderre soit incapable de se retirer sans lancer des flèches à Projet Montréal. Ça fait vraiment mauvais perdant :roll_eyes:

Citation

C’est clair que cette campagne électorale, c’était plus un paratonnerre sur Denis Coderre, a-t-il expliqué. Et à un moment donné, les gens méritent qu’on voie ce que cette administration-là a dans le ventre et qu’on travaille sur les enjeux plutôt que sur les personnalités.

On n’a pas […] parlé vraiment du bilan des quatre dernières années. J’ai eu l’impression que ce qu’il y avait d’environnementaliste du côté de Projet Montréal, c’est de copier mot pour mot plusieurs de nos idées, a déploré l’ex-candidat d’Ensemble Montréal.

Pour ça je suis content, je vais peut-être vendre plus de livres Retrouver Montréal, car ils en ont pris beaucoup là-dedans, a ironisé Denis Coderre.

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4 autres recomptages demandés par Ensemble Montréal

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On connait maintenant qui sera le chef de l’Opposition: Aref Salem.
Il assurera aussi la direction par intérim de parti Ensemble Montréal.

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Ça va bien à Élections Montréal. Moi je me demande quelles autres erreurs n’ont pas été trouvées. Quel message ça envoie à l’électeur alors qu’on se plaignait déjà du désintérêt généralisé pour la politique ?


DOMINIQUE CAMBRON-GOULET

Mercredi, 17 novembre 2021 00:00MISE À JOUR Mercredi, 17 novembre 2021 00:00

À la veille de l’assermentation des élus à Montréal, notre Bureau d’enquête a trouvé 39 erreurs importantes dans le dépouillement des votes de la dernière élection municipale.

• À lire aussi: Élections municipales: Coderre boudé même dans ses forteresses

• À lire aussi: Des bizarreries notées dans l’analyse du vote à Québec

Certaines irrégularités pourraient avoir un impact sur les résultats de l’élection, car une dizaine de cas se trouvent dans des secteurs où le vote était tellement serré que des recomptages judiciaires ont été demandés.

Il peut s’agir de dizaines, voire d’une centaine de votes crédités à la mauvaise personne ou non comptabilisés.

Par exemple, dans certains secteurs de la ville où l’électorat est très favorable à leur parti, Valérie Plante et Denis Coderre n’ont pourtant reçu aucun vote.

Nous avons pu repérer ces anomalies en analysant de manière approfondie dans le logiciel Excel les résultats détaillés des 3329 sections de vote, fournis par la Ville.

  • Écoutez Dominique Cambron Goulet, journaliste du Bureau d’enquête de Québecor, au micro de Philippe-Vincent Foisy sur QUB radio:

Votes manquants

À Montréal, chaque électeur doit remplir entre deux et cinq bulletins pour les postes de conseiller d’arrondissement, conseiller de ville, maire d’arrondissement et maire de Montréal. Tous les bulletins sont déposés dans la même urne.

Dans la moitié des cas problématiques que nous avons décelés, des dizaines de votes semblent manquants ou en surplus dans un des postes électifs par rapport aux autres.

Marvin Rotrand, qui a été conseiller municipal pendant près de 40 ans, croit que ces écarts sont « clairement des erreurs » dans la compilation.

« Ce ne sont pas des gens qui mettent un de leurs bulletins dans leurs poches et quittent. Il y a possiblement des dizaines de votes non comptabilisés », juge-t-il.

Un impact sur l’élection ?

Notre Bureau d’enquête a notamment trouvé deux anomalies significatives dans les résultats de l’élection à la mairie de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, remportée par Caroline Bourgeois par seulement 303 voix.

Un recomptage judiciaire a d’ailleurs été demandé lundi par Ensemble Montréal, le parti de son adversaire Lyne Laperrière.

Par exemple, dans une urne de Rivière-des-Prairies, Mme Laperrière n’a reçu aucun vote. Pourtant, les candidats de son parti aux trois autres postes ont obtenu autour de 60 votes chacun. À l’inverse, Mme Bourgeois a des appuis quatre fois plus importants que ses collègues de Projet Montréal dans cette urne.

Une autre boîte de ce district contient 50 bulletins de moins pour le poste de mairesse d’arrondissement que pour les autres postes d’élus. Mme Laperrière y obtient environ 50 votes de moins que son chef, Denis Coderre, tandis que les appuis des autres partis demeurent stables.

Élections Montréal n’a pas voulu se prononcer sur nos découvertes hier, disant avoir besoin de plus de temps pour faire des vérifications.

« Nous prenons la situation au sérieux lorsque de potentielles erreurs sont détectées », a indiqué la porte-parole Mathilde St-Vincent.

ANOMALIES

AHUNTSIC-CARTIERVILLE

District : Sault-au-Récollet
Urne : 44

Un seul vote a été attribué au candidat de Projet Montréal au poste de conseiller de ville, Jérôme Normand, contre plus de 80 pour les autres candidats de son parti. À l’inverse, Mouvement Montréal recueille 81 votes au poste de conseiller, contre aucun à la mairie de Montréal

District : Sault-au-Récollet
Urne : 45

La mairesse d’arrondissement Émilie Thuillier (Projet Montréal) obtient 100 votes de moins que les autres membres de son équipe. La candidate Chantal Huot en récolte inversement 100 de plus que ses collègues d’Ensemble Montréal.

District : Saint-Sulpice
Urne : 62

Il y a 20 bulletins de moins pour le poste de mairie d’arrondissement que pour les autres postes. La mairesse sortante Émilie Thuillier a eu 20 votes de moins que ses collègues de Projet Montréal.

District : Ahuntsic
Urne : 22

Il y a 50 bulletins de moins pour le poste de mairie d’arrondissement que pour les autres postes. La candidate Émilie Thuillier a obtenu 46 votes de moins que sa cheffe, Valérie Plante.

District : Ahuntsic
Urne : 56

Les candidats de Projet Montréal dans l’arrondissement ont tous eu plus de 80 votes, mais Valérie Plante n’a été créditée d’aucun vote pour la mairie de Montréal. Curieusement, le candidat indépendant à la mairie de Montréal Dimitri Mourkes en a eu 82.

District : Bordeaux-Cartierville
Urne : 903 (vote par anticipation)

Il y a 20 bulletins de moins pour le poste de mairie d’arrondissement que pour les autres postes. La candidate Chantal Huot, en récolte 30 de moins que ses collègues d’Ensemble Montréal.

CÔTE-DES-NEIGES-NOTRE-DAME-DE-GRÂCE
(dépouillement judiciaire à la mairie)

District : Côte-des-Neiges
Urne : 401 (vote postal)

Denis Coderre n’a reçu aucun vote dans le décompte officiel pour la mairie de Montréal, même si ses candidats locaux en ont eu respectivement 22 et 32. Pendant ce temps, le candidat à la mairie de la ligue communiste, Beverly Bernardo, a obtenu son meilleur score en ville : 35 votes.

District : Notre-Dame-de-Grâce
Urne : 901 (vote par anticipation)

Il y a 20% plus de bulletins (14) pour la mairie de Montréal que pour les deux autres postes.

District : Loyola (dépouillement judiciaire au poste de conseiller de ville)
Urne : 9

Il y a 30% plus de bulletins (30) pour la mairie de Montréal que pour les deux autres postes. Denis Coderre recueille 31 et 37 votes de plus que ses deux candidats locaux Lionel Perez et Gabriel Retta, qui ont tous deux demandé un dépouillement judiciaire.

LACHINE

District : J.-Émery-Provost
Urne : 25

Il y a 20 bulletins de vote de plus à la mairie de Montréal qu’aux autres postes. Le candidat à la mairie de la ligue communiste, Beverly Bernardo, a obtenu son deuxième meilleur score en ville : 21 votes.

District : Fort-Rolland
Urne : 907 (vote par anticipation)

Il y a 60 bulletins de moins pour la mairie d’arrondissement (223) et 50 de moins pour le poste de conseiller de ville (233) que pour les postes de conseillers d’arrondissement de la mairie de Montréal (283). La candidate à la mairie locale Josée Côté a 50 votes de moins que ses collègues d’Ensemble Montréal.

LASALLE

District : Cecil-P.-Newman
Urne : 4

Cette urne compte 29 votes de plus à la mairie de Montréal qu’aux autres postes soit 65% plus de bulletins.

District : Cecil-P.-Newman
Urne : 5

Cette urne compte 60% de bulletins (44) de moins à la mairie de Montréal qu’aux autres postes.

PLATEAU-MONT-ROYAL

District : De Lorimier
Urne : 18

La candidate au conseil de ville Olivia Kowalski a obtenu son meilleur score dans le district avec 60 votes de plus que ses collègues d’Ensemble Montréal. Inversement, la candidate de Projet Montréal, Marianne Giguère, en obtient 60 à 70 de moins que ses coéquipiers.

District : Jeanne-Mance
Urne : 910 (vote par anticipation)

Il y a 40% plus de bulletins pour le poste de conseiller d’arrondissement que pour les autres soit environ 70 votes. Le candidat Jean-Pierre Szaraz obtient près de 70 votes de plus que son chef Denis Coderre.

District : Jeanne-Mance
Urne : 911 (vote par anticipation)

Il y a 43% moins de votes enregistrés pour le poste de maire du Plateau que pour les trois autres postes. Luc Rabouin recueille environ 60 votes de moins que ses coéquipiers de Projet Montréal.

LE SUD-OUEST

District : Saint-Henri-Est–Petite-Bourgogne–Pointe-Saint-Charles–Griffintown
Urne : 61

Dans ce fief de Projet Montréal, Valérie Plante ne recueille pourtant aucun vote à la mairie de Montréal. Surprise: le candidat indépendant Jean Duval s’est vu attribuer 43 votes, de loin son meilleur score sur l’île.

District : Saint-Henri-Est–Petite-Bourgogne–Pointe-Saint-Charles–Griffintown
Urne : 906 (vote par anticipation)

Valérie Plante n’a reçu aucun vote dans cette urne pourtant favorable à Projet Montréal. Le candidat indépendant Dimitri Mourkes obtient quant à lui 33 votes, son troisième meilleur total sur l’île.

MERCIER-HOCHELAGA-MAISONNEUVE

District : Maisonneuve–Longue-Pointe
Urne : 54

La candidate pour l’équipe de Denis Coderre, Émilia Tamko, a reçu 2 votes, soit 31 de moins que son chef. La candidate d’équipe Gilbert Thibodeau, Murielle Albert, a eu à cet endroit son meilleur score, soit 25 votes.

District : Tétreaultville (dépouillement judiciaire au poste de conseiller de ville)
Urne : 2

Cette urne comporte 60 votes de moins à la mairie de Montréal qu’aux deux autres postes. Valérie Plante a recueilli 50 voix de moins que chacun de ses candidats locaux.

MONTRÉAL-NORD

District : Ovide-Clermont
Urne : 26

La colistière de Denis Coderre et élue de longue date, Chantal Rossi, a reçu seulement 11 votes, contre 70 pour son chef. La candidate de Projet Montréal a obtenu dans cette urne son meilleur score, avec 86 votes.

District : Ovide-Clermont
Urne : 904 (vote par anticipation)

Le candidat à la mairie d’arrondissement, Will Prosper, n’a reçu aucun vote, contre une trentaine pour chacun de ses coéquipiers de Projet Montréal. Le candidat d’équipe Thibodeau Vito Salvaggio a reçu plus de 8% de tous ses votes dans cette unique boîte.

OUTREMONT
(dépouillement judiciaire à la mairie)

District : Joseph-Beaubien
Urne : 5

Il y a 50 bulletins de plus de comptabilisés à la mairie de Montréal qu’aux autres postes, soit 45% plus.

PIERREFONDS-ROXBORO

District : Cap-Saint-Jacques
Urne : 60

Il y a 18% moins de bulletins pour le poste de maire d’arrondissement que pour les autres postes.

RIVIÈRE-DES-PRAIRIES-POINTE-AUX-TREMBLES
(dépouillement judiciaire à la mairie)

District : La Pointe-aux-Prairies (dépouillement judiciaire au poste de conseiller de ville)
Urne : 35

Il y a 11 bulletins de moins à la mairie d’arrondissement qu’aux autres postes. Il s’agit d’un siège qui fait l’objet d’une demande de dépouillement judiciaire puisque l’écart final était de 303 votes (environ 1%) entre les candidates de Projet Montréal et d’Ensemble Montréal.

District : Rivière-des-Prairies
Urne : 14

Le candidat au poste de conseiller Henri-Robert Durandisse a reçu six fois moins de votes que ses collègues de Projet Montréal. La candidate d’Action Montréal, Marie-Carmel Michel a eu 25 votes, son meilleur résultat le jour du scrutin.

District : Rivière-des-Prairies
Urne : 36

50 bulletins de moins ont été comptabilisés à la mairie d’arrondissement qu’aux autres postes. La candidate Lyne Laperrière, qui a perdu ses élections par 303 votes, obtient dans cette urne 50 votes de moins que son chef, Denis Coderre.

District : Rivière-des-Prairies
Urne : 51

Cette boîte compte 20 bulletins de moins à la mairie de Montréal qu’aux autres postes. Tant Valérie Plante que Balarama Holness ont une dizaine de votes de moins que leurs candidats locaux.

District : Rivière-des-Prairies
Urne : 73

Il s’agit ici de l’erreur possiblement la plus importante que nous avons trouvée dans une course serrée. La candidate d’Ensemble Montréal, Lyne Laperrière, n’a reçu aucun vote, contre une soixantaine pour ses coéquipiers. La mairesse réélue, Caroline Bourgeois, voit ses appuis bondir dans ce secteur plutôt réfractaire à Projet Montréal.

ROSEMONT-LA PETITE-PATRIE

District : Marie-Victorin
Urne : 4

Il y a 80 votes de moins au poste de conseiller de ville qu’aux deux autres postes. Le conseiller de ville sortant, Jocelyn Pauzé, n’a eu que 3 votes. Ses collègues de Projet Montréal ont eu plus de 80 votes chacun.

SAINT-LAURENT

District : Côte-de-Liesse
Urnes : 70 et 71

Dans la première urne, il n’y a que des votes pour la mairie de Montréal, alors qu’il n’y en a aucun dans la seconde.

District : Côte-de-Liesse
Urne : 87

Dans cette urne, il y a eu un seul bulletin pour chacun des postes suivants: maire de Montréal, conseiller d’arrondissement et conseiller de ville. Toutefois, 94 électeurs se sont prononcés sur la mairie d’arrondissement.

District : Côte-de-Liesse
Urne : 401 (vote postal)

Dans ce château fort de son parti, Ensemble Montréal, Denis Coderre, n’a obtenu qu’un seul vote, tandis que Valérie Plante a obtenu 96% des voix exprimées.

District : Norman-McLaren
Urne : 26

Il y a 31 votes de moins à la mairie d’arrondissement qu’aux trois autres postes électifs dans cette urne, soit 28% de moins.

VERDUN

District : Champlain–L’Île-des-Sœurs
Urne : 920 (vote par anticipation)

Valérie Plante n’a obtenu aucun vote dans ce secteur où tous les candidats de son parti l’ont emporté par une bonne marge. Le candidat indépendant à la mairie Dimitri Mourkes, qui arrive juste avant Mme Plante dans l’ordre alphabétique des candidats, a obtenu 127 votes, son meilleur score en ville.

District : Desmarchais-Crawford
Urne : 401 (vote postal)

Il y a 22 bulletins de moins de comptés dans cette urne à la mairie de Montréal qu’aux autres postes.

VILLERAY–SAINT-MICHEL-PARC-EXTENSION

District : Saint-Michel
Urne : 3

Les quantités de bulletins aux postes de maire de Montréal (104), de conseiller de ville (98) et de maire d’arrondissement (73) sont toutes différentes. Le candidat à la mairie locale Guillaume Lavoie, d’Ensemble Montréal, n’a reçu aucun vote.

District : Saint-Michel
Urne : 17

Valérie Plante n’a reçu aucun vote dans cette boîte, soit 16 et 17 de moins que ses candidats locaux. Le candidat de Montréal 2021, Luc Ménard, a obtenu 18 votes, son meilleur score dans toute la ville.

District : Parc-Extension
Urne : 17

Il y a 30 bulletins de moins pour la mairie de Montréal que pour chacun des deux autres postes électifs. Denis Coderre y a récolté 13 votes, soit 28 de moins que sa candidate Mary Deros, conseillère municipale élue.

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Il faut quand même faire attention que de simples anomalies statistiques soient normales dans plusieurs urnes. Ce n’est pas nécessairement un problème dans plusieurs cas. Mais bon, des problèmes sont bien entendus possibles dans d’autres.

Cependant, ce qui est bien, c’est que ce sont des données ouvertes, et disponibles rapidement. S’il y a un doute sur un résultat, on peut demander un recomptage. Le processus est assez ouverts. Je crois que plutôt que de seulement se désoler des erreurs (importantes à pointer bien entendu), il faut aussi se réjouir qu’il est si facile de pointer des cas étranges pour surveiller le processus.

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Intéressant article. Toutefois, ce serait intéressant que le journaliste aille plus loin en estimant si des votes répartis selon la normale du secteur associé feraient pencher la balance / changer le résultat local.

The Gazette a aussi relevé plusieurs anomalies dans son analyse (publiée avant celle du Journal)

extrait:

The Montreal Gazette’s examination of the results found that while an over-all average of about two per cent of ballots were rejected across the city, the rejection rate for ballots cast for Montreal mayor exceeded 10 per cent at 17 polling stations. Another 45 polling stations had rejection rates in the mayoral race of close to 10 per cent, and dozens more polling stations rejected ballots cast for mayor of Montreal at a rate that was double or triple the city-wide average.

Electors vote for the Montreal mayor, their district’s councillor or councillors, and their borough mayor on separate ballots.

“Seventy-three per cent is unheard of,” Rotrand said of the example in Pointe-aux-Trembles district, which was the highest ballot rejection rate the newspaper found. “It conjures up the 1995 referendum, and figures like that in federalist ridings.”

Polling station No. 17 in Pointe-aux-Trembles district is listed with 200 votes cast for mayor of Montreal during last weekend’s two-day election, 146 of which were rejected. Only 54 votes were deemed valid, 28 of which went to Plante, 23 went to Coderre, one went to Holness, one went to Gilbert Thibodeau, who ran for mayor with Action Montréal, and one to Bernardo.

Another polling station in the district, No. 8, also listed 200 votes cast for mayor of Montreal, 129 of which were rejected. Of the 71 valid votes that were counted, 31 went to Coderre and 40 to Plante.

Rotrand said he found it odd that both polling stations had exactly 200 votes cast. “That doesn’t sound likely,” he said.

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