Enseignants suspendus par le CSSDM : École Bedford | Enseignants suspendus par le CSSDM | La Presse
Il est intolérable que des enseignants prennent le contrôle d’une école en imposant leurs propres critères subjectifs à l’encontre des politiques du ministère de l’éducation du Québec. Il est donc urgent d’intervenir afin de ramener la paix sociale dans l’établissement et sanctionner les responsables fautifs selon la règle de la laïcité de l’enseignement au Québec.
Quand le communiqué de presse sort vers 21h un samedi soir, la veille du passage du ministre de l’Éducation à Tout le monde en parle
La directrice générale du Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM), Isabelle Gélinas, a demandé à la direction de l’école Bedford de procéder à la suspension immédiate des onze enseignants visés par des allégations graves dans le rapport d’enquête ministérielle portant sur l’école Bedford. Ce geste sans précédent vise à rétablir, dans les meilleurs délais, un milieu sain et sécuritaire pour les élèves de Bedford et pour l’ensemble de la communauté éducative. Ce geste est rendu possible depuis que la directrice générale a été informée jeudi soir dernier, le 17 octobre, par la présidence des comités d’enquête, de l’identité des 11 enseignants concernés.
Ici tout le monde se protège, donc personne n’est responsable et on essaie de noyer le problème dans des procédures syndicales. Au bout du compte c’est le ministère de l’éducation qui doit avoir le dernier mot, mais le ministre semble regarder passer la parade plutôt que d’intervenir vigoureusement en allant au fond des choses. Cela s’appelle faire de la politique, la marque de commerce de la CAQ qui ne veut surtout pas indisposer sa base électorale.
La décision de la directrice générale du Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM), Isabelle Gélinas, de suspendre les 11 enseignants impliqués dans le climat toxique de l’école primaire Bedford, à Côte-des-Neiges, est survenue trop tard, estiment deux députées.
Dans le communiqué publié samedi soir par le CSSDM, l’on explique que « ce geste est rendu possible depuis que la directrice générale a été informée jeudi soir dernier, le 17 octobre, par la présidence des comités d’enquête, de l’identité des 11 enseignants concernés ».
Marwah Rizqy, la porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éducation et députée de Saint-Laurent, « n’achète pas la thèse » que le CSSDM ne connaissait pas l’identité de ces enseignants. « De prétendre qu’ils ont enfin les noms des 11 enseignants et que, maintenant, ils peuvent agir dans les meilleurs délais. Désolée, mais c’est poussé. Ils nous prennent vraiment pour des valises. Il y a des limites à l’incompétence, à la grossière négligence », a-t-elle dit en entrevue avec Le Devoir.
Le syndicat « aurait dû agir pour défendre les enseignants qui se battaient » contre le « clan dominant » de 11 enseignants qui entretenaient un climat toxique à l’école primaire Bedford, a déclaré le ministre de l’Éducation du Québec, Bernard Drainville à l’émission Tout le monde en parle dimanche soir.
Le syndicat était au courant, car des enseignants lui avaient signalé la situation, relate le ministre. De plus, M. Drainville s’explique mal pourquoi son ministère n’a jamais reçu une seule plainte, alors que les premiers signalements ont été faits en 2017.
Un rapport d’enquête rendu public plus tôt ce mois-ci rapporte qu’un groupe de 11 enseignants, majoritairement d’origine maghrébine, a eu recours à des techniques d’intimidation et d’humiliation, ainsi qu’à de la violence physique et psychologique envers certains élèves et membres du personnel.
Cette dérive qui a duré plusieurs mois et qui n’est pas la seule dénoncée, puisqu’il y a eu d’autres exemples ailleurs, met un doute sévère parmi la population quant à la qualité de l’école publique. L’initiative aurait dû venir initialement du leadership du ministre de l’éducation lui-même, au lieu de laisser la situation pourrir dans un débat entre les syndicats et les autorités en place sur la responsabilité de chacun. ![]()
Bref, un ordre des enseignants permettrait une plus grande transparence, redorerait l’image de la profession et, surtout, mettrait fin à l’impunité d’une poignée d’enseignants incompétents, mais protégés par un système qui ne fonctionne pas, ou du moins, pas assez bien.
Mardi, le premier ministre François Legault a déclaré que son gouvernement devait avoir « une réflexion plus large pour éviter d’autres situations aussi choquantes et surtout dévastatrices pour les enfants » que celle de l’école Bedford, ajoutant qu’il fallait « prendre le temps d’examiner toutes les options ».
Il faut espérer que la création d’un ordre des enseignants fera partie des options sur lesquelles se penchera son gouvernement. Il est plus que temps que Québec étudie sérieusement cette piste de solution.
Je trouve dommage que l’opposition fasse de la politique sur ce sujet délicat. Déjà que ces tristes événements sont un cadeau tombé du ciel pour le gouvernement qui pourra relancer le débat sur la laïcité (et confronter les positions peu populaires du PLQ et de QS sur la Loi 21).
Si les écoles religieuses respectent le programme gouvernemental, je ne pense pas que l’on doive agir précipitamment. C’est différent si elles ne le respectent pas.
Sans subventions, plusieurs parents n’auront plus les moyens d’envoyer leurs enfants dans ces écoles. Ils devront les envoyer dans des écoles privées laïques ou au public qui n’ont pas la capacité de les accueillir. De plus les problèmes actuels sont au publique, réglons les avant sinon rien ne s’améliorera.
I meann, ce n’est pas du tout un débat nouveau. J’ai toujours été contre toute forme de subvention des écoles religieuses privées. Si cela devait devenir un problème politique, je voterais pour la suppression du financement… Moi et beaucoup d’autres qui croient en la laïcité de l’État pensons qu’absolument aucune institution religieuse ne devrait recevoir nos impôts. C’est un peu extrême (pas vraiment d’après moi), mais je pense que la religion est généralement plus extrême et contraire à ma morale personnelle, doncc ![]()
Le débat n’est peut-être pas encore assez mature, mais il y a aussi le problème plus large du financement du privé. Le débat sur le financement des écoles privées régulières est souvent abordé sous l’angle de l’équité et de répartition des ressources, ou alors du délestage du réseau public, mais pas assez sous celui de l’intégrité du tissu social québécois et de sa vitalité culturelle. On ne s’éloigne pas simplement de l’idéal de laïcité, mais aussi de celui de cohésion sociale. Il est beaucoup plus difficile pour l’école de jouer son rôle comme outil d’acculturation quand un grand nombre de Québécois dits de souche partent vers les écoles privées. Il y a certainement une névrose découlant de l’historique d’obscurantisme chrétien du Québec qui explique pourquoi bien des gens sont bien plus interpellés par un remix version islamiste, mais en n’abordant que la question du religieux et excluant le privé régulier de la discussion, on occulte un système qui désolidarise tranquillement les petits Québécois et Québécoises dans toutes leur diversité économique et ethnique, pas seulement religieuse.
Résumé
Classes modulaires: une explosion de 540 % en six ans
28 octobre 2024 à 04h00|
Mis à jour le28 octobre 2024 à 07h42
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En seulement six ans, le nombre de classes modulaires au Québec est passé de 250 à 1600, une augmentation de 540 %. (Maxime Picard/Archives La Tribune) Le constat de l’architecte Pierre Thibault est sans équivoque: les classes modulaires, qui se multiplient aux quatre coins de la province, sont «un pansement» qu’on vient mettre pour pallier une planification qui n’est «pas optimale».
De fait, en seulement six ans, le nombre de classes modulaires au Québec est passé de 250 à 1600, une augmentation de 540 %. La tendance ne devrait pas diminuer, puisque le ministère de l’Éducation s’attend à une hausse importante des élèves au secondaire dans les prochaines années.
«Dans tous mes déplacements, je vais visiter des écoles pour voir les bons exemples en aménagement. Je n‘ai jamais vu de bons exemples qui étaient des modulaires», insiste M. Thibault qui était jusqu’à récemment à la tête du défunt projet de Lab-École.
Il a été impossible pour le ministère de l’Éducation de chiffrer le coût total des 1600 classes modulaires présentement utilisées au Québec, puisque leur financement peut avoir été accordé il y a plusieurs années, indique-t-on.
Des données obtenues en vertu de la Loi sur l’accès à l’information révèlent cependant que plus de 200 millions de dollars ont été nécessaires, depuis 2015, pour la construction de 531 classes modulaires dans 14 centres de services scolaires principalement situés dans les régions de Québec, de la Montérégie, du Centre-du-Québec et de l’Estrie.
Des prix qui varient de centaines de milliers de dollars
Les données fournies par plusieurs centres de services de la province montrent que le prix de ce genre d’installations peut varier de centaines de milliers de dollars, selon la région ou le projet.
Au Centre de services scolaire des Découvreurs (CSSDD), dans la région de Québec, quatre classes modulaires ont coûté environ deux millions, alors que le Centre de services scolaire des Sommets (CSSDS), en Estrie, a payé environ 390 000 $ pour le même nombre de classes. Des frais annuels de location de 100 000 $ s’ajouteront. Le Centre de services scolaire De La Jonquière a quant à lui déboursé 1,3 million pour quatre classes.
Selon les projets, différentes composantes peuvent être incluses dans les locaux modulaires, comme des blocs sanitaires.
Le ministère de l’Éducation n’a pas répondu à notre demande visant à mieux comprendre la variation des coûts.
Une «voie de passage nécessaire»
Les classes modulaires «sont une voie de passage nécessaire» en raison des besoins criants et rapides, estime le directeur général du CSSDD dans la région de Québec, Christian Pleau. Sur les 20 écoles primaires de son territoire, 18 ont atteint ou dépassé leur capacité d’accueil. La situation est similaire pour trois des quatre écoles secondaires, explique-t-il.
Pour la première fois, quatre classes modulaires ont été construites cette année aux Découvreurs. Le CSSDD a aussi reçu les autorisations pour construire 20 classes modulaires supplémentaires au secondaire, un projet de 30 millions qui permettra d’augmenter la capacité d’accueil d’environ 600 élèves.
Cette option répond à des moyens financiers restreints en éducation, explique-t-il. «Est-ce que sur le long terme on est gagnant? L’avenir nous le dira. Pour nous, en ce moment, avec le peu de demandes d’ajout d’espace qui ont été accordées, on se considère chanceux d’avoir eu au moins ce projet.»
Ironiquement, Radio-Canada rapportait vendredi qu’une école flambant neuve du Centre de services scolaire des Premières Seigneuries est déjà à court d’espace, si bien que 11 classes modulaires et quatre locaux supplémentaires y sont déjà envisagés.
Questionné sur le manque d’espace dans les écoles et sur les solutions à privilégier, le cabinet du ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, est d’avis que la mise en place de classes modulaires répond «aux besoins rapides d’espace».
«Soyons clairs, on est ici très loin des roulottes qu’on a vues dans les années 1970!»
— Réponse écrite du cabinet du ministre de l’Éducation, Bernard Drainville
Même si elles ne sont pas permanentes, les classes modulaires sont «très agréables», soutient Sylvain Duclos, enseignant en mathématiques au Centre de services scolaire des Navigateurs près de Québec. Il travaille dans une classe modulaire depuis le début de l’année scolaire.Les classes modulaires ne sont pas des roulottes de chantier, renchérit le président de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), Richard Bergevin. «Elles sont assez confortables, modernes et climatisées. Certaines de ces classes finissent par être mieux que des écoles», explique-t-il.
Le président de la Fédération des syndicats de l’enseignement, Richard Bergevin. (Jean Roy/Archives La Tribune)
À l’école où M. Duclos travaille, les classes modulaires sont installées en périphérie du bâtiment principal. Elles sont liées à l’école grâce à une passerelle.
«Les locaux sont neufs. On n’est pas habitués d’avoir du neuf en éducation. C’est climatisé et on a de grandes fenêtres. On est bien content d’avoir de la lumière du jour, ce qui n’était pas nécessairement évident dans nos bâtisses des années 1960-1970.»
Le Centre de services scolaire des Rives-du-Saguenay préfère, à l’inverse, ne pas avoir recours aux classes modulaires. Un bâtiment vacant, qui était déjà la propriété du CSS des Rives-du-Saguenay, a été réaménagé pour accueillir les élèves le temps que leur école soit rénovée.
Les élèves peuvent ainsi bénéficier des mêmes installations que dans leur école grâce à ce bâtiment réaffecté, souligne la directrice générale, Chantale Cyr.
Chantale Cyr est la directrice générale du Centre de service scolaire des Rives-du-Saguenay. (Rocket Lavoie/Archives Le Quotidien)
«Lorsqu’ils sont en classe modulaire [le temps de certains travaux], ils ne sont pas nécessairement dans un environnement propice aux apprentissages. Donc, on a aménagé un bâtiment où on avait des plateaux sportifs. En alternance, pour des mois ou une année, les jeunes sont relocalisés dans ce milieu», explique-t-elle.
Pourquoi les écoles débordent-elles?
Les conséquences du trop-plein d’élèves se font déjà ressentir dans plusieurs écoles de la province. Pourtant, le nombre d’écoliers continuera à croître dans les prochaines années. En 2028-2029, il devrait y avoir 22 300 élèves de plus au secondaire que durant l’année 2022-2023, selon les prévisions du ministère de l’Éducation du Québec.
L’une des raisons qui expliquent le manque d’espace dans les écoles est l’augmentation de l’immigration temporaire, qui «exerce une grosse pression sur notre système scolaire et donc sur l’espace disponible», selon le cabinet du ministre de l’Éducation.
«À ce jour, le nombre de classes de francisation dans le réseau scolaire représente 60 écoles de 24 classes.»
— Le cabinet du ministre de l’Éducation
Le gouvernement jette également la pierre au sous-financement des infrastructures scolaires par les précédents gouvernements pour expliquer la détérioration des écoles.
«Ce sont des faits: depuis qu’on est arrivé au gouvernement en 2018, le budget pour la construction, la rénovation et l’agrandissement des écoles a augmenté de 150 %, c’est énorme. Les sommes sont passées de 9 milliards de dollars à près de 23 milliards [dans le Plan québécois des infrastructures].»
Richard Bergevin déplore le manque de planification dans les investissements en éducation. À ses yeux, c’est l’une des principales raisons expliquant que le réseau est contraint de construire des centaines de classes modulaires aux quatre coins de la province. Il rappelle que ces classes ont une durée de vie limitée, généralement de dix ans, et que la construction de nouvelles écoles sera tout de même inévitable.
Les investissements dans les écoles sont plus présents que jamais, assure le cabinet de Bernard Drainville. «On ne peut pas tout rattraper du jour au lendemain, sachant que la date de construction moyenne de nos écoles est 1967.»
Le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville. (Jocelyn Riendeau/Archives Le Soleil)
Miser sur la reconversion
Et si des bâtiments inutilisés ou peu utilisés étaient reconvertis pour accueillir le surplus d’élèves? C’est l’une des avenues que le Québec devrait explorer, selon Pierre Thibault, qui pilotait jusqu’à récemment le défunt projet de Lab-École.
«Dans de nombreux villages, j’ai vu des églises qui se diviseraient très bien en classe, par exemple avec un corridor. Ça permettrait de conserver un bâtiment, puis de lui donner une deuxième vie. […] C’est de trouver des scénarios où collectivement on sauve notre patrimoine.»
L’architecte Pierre Thibault croit que le Québec pourrait reconvertir des bâtiments inutilisés, comme des églises, pour pallier les débordements dans les écoles. (Archives Le Soleil)
La reconversion d’anciens bâtiments pourrait être bénéfique pour les élèves, croit l’architecte. «On montre aux élèves que plutôt que de construire quelque chose dont les coûts sont assez élevés et qui est temporaire, on peut peut-être aller vers la reconversion de bâtiments.»
«Ce n’est pas une solution applicable partout, mais il faut peut-être tenter de le faire et voir ce que ça pourrait donner avec un peu d’imagination», ajoute M. Thibault.
Ailleurs dans le monde, les écoles ne sont pas nécessairement des bâtiments distincts, a constaté l’architecte. «J’ai vu dernièrement à Paris qu’il y avait de l’habitation et l’école. Dans des quartiers denses, on utilisait certains espaces dans les immeubles pour construire l’école au rez-de-chaussée.»
«L’école est l’espace public le plus important d’une société», rappelle-t-il.
ingérence des parents membres des conseils d’établissement dans le contenu scolaire…
Des parents membres du conseil d’établissement de l’école primaire Saint-Pascal-Baylon, à Montréal, ont mis « en péril » son fonctionnement pendant des années, notamment en s’opposant à la tenue de cours d’éducation à la sexualité entre ses murs. Une situation qui a amené le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) à lever un drapeau rouge auprès de Québec, qui analyse ce dossier.
« Depuis quelques années, l’école Saint-Pascal-Baylon fait l’objet d’ingérence de la part des membres parents du conseil d’établissement, qui mettent en péril le fonctionnement de l’école », « nuisent à la réalisation de la mission éducative » de l’établissement, « ainsi qu’à la démocratie scolaire », a indiqué le CSSDM au terme de nombreux échanges de courriels avec Le Devoir.
L’organisation déplore ainsi l’instauration, ces dernières années, d’un « climat hostile » dans cette école, où le conseil d’établissement remet « systématiquement en question les décisions et orientations de la direction ».
Au cours des dernières années, des parents d’origine maghrébine impliqués dans les conseils d’établissement de trois écoles du quartier Côte-des-Neiges ont manœuvré pour bloquer certains contenus en éducation à la sexualité, pourtant obligatoires dans le programme scolaire québécois, selon une enquête de La Presse.
Ces parents d’élèves siègent ou ont siégé aux conseils d’établissement des écoles primaires Bedford et Saint-Pascal-Baylon, ainsi que de l’école secondaire La Voie. La première a déjà fait l’objet d’un rapport dévastateur du ministère de l’Éducation. Les deux autres sont dans la ligne de mire du ministère.
Selon trois sources au courant du dossier mais non autorisées à parler publiquement, le cas de l’école La Voie a très peu à voir avec celui de l’école Bedford. Le climat y est bon, il n’y a aucun roulement de personnel. Les enseignants – dont une bonne part sont eux-mêmes d’origine maghrébine – ne sont pas en cause.
Le problème, c’est le conseil d’établissement.
Un message a été fusionné à un sujet existant : Académie De Roberval (rénovation) - 3 étages






