Économie verte

Un excellent topo, présenté ce soir au TJ18hre, d’une idée qui pourrait faire des petits un peu partout au Québec (dont à Montréal). :slightly_smiling_face:

Écocentre de Saint-Jérôme : un modèle pour la revente des objets

L’écocentre de Saint-Jérôme, dans les Laurentides, a décidé de miser sur le réemploi de ces objets, avec beaucoup de succès.

Le reportage de Marie-Claude Morin

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PME Innovation Des arbres au secours des eaux usées

PHOTO FOURNIE PAR RAMO

Les saules repoussent après la récolte.

C’est une entreprise familiale qui a évolué avec son temps. La ferme traditionnelle de Saint-Roch-de-l’Achigan est devenue une entreprise de technologie qui s’attaque à un problème bien de notre époque, le traitement des eaux usées.

Mis à jour le 30 octobre

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Hélène Baril
Hélène Baril La Presse

Ramo a développé une technologie qui permet de traiter les eaux de lixiviation des dépotoirs en y plantant des saules. Ce sont les propriétés uniques de l’arbre, comme l’évapotranspiration, qui sont mises au travail pour réduire le volume des eaux de lixiviation et revaloriser des terrains contaminés.

L’idée

Francis Allard, président et fondateur de Ramo, a d’abord eu l’idée de produire de l’énergie à partir de la biomasse à l’aide du saule, une espèce qui pousse vite et bien au Québec. De là, l’idée a germé d’utiliser les saules pour fabriquer des cloisons naturelles et des murs antibruit. Le projet a continué d’évoluer pour mettre l’arbuste à profit pour revitaliser les sols contaminés et traiter les eaux usées, ce qui est devenu un modèle d’affaires unique.

« On est rendus ailleurs », dit celui qui est maintenant à la tête d’une entreprise d’économie circulaire dont le cœur est toujours le même, le saule.

Le produit

Ramo a conçu un système automatisé qui utilise les propriétés du saule dans le traitement des eaux usées et des terrains contaminés. Le saule consomme beaucoup d’eau, ce qui est son principal atout pour accomplir cette tâche. Une plantation de saules puise l’eau d’un site contaminé et la purifie tout en l’utilisant pour sa croissance et en captant le CO2 dans l’atmosphère.

Une fois son travail accompli, la fibre est valorisée et transformée en murs antibruit, en copeaux pour faire des panneaux ou pour le chauffage.

Sa technologie en instance de brevet Evaplant intéresse déjà des poids lourds de l’enfouissement des déchets, comme Waste Management. La Régie intermunicipale de gestion des déchets des Chutes-de-la-Chaudière l’a choisie pour réduire les eaux de lixiviation du site d’enfouissement de Saint-Lambert-de-Lauzon.

Les entreprises minières sont aussi des clients potentiels pour la PME, qui a acquis une terre de 200 hectares en Abitibi pour y établir une pépinière de saules.

La revégétalisation des sites miniers et le traitement des eaux usées générées par les activités minières sont d’autres applications de la technologie que développe Ramo.

L’avenir

Les clients potentiels pour la technologie de Ramo se trouvent autant dans le secteur public que dans le secteur privé. « Il y a énormément d’intérêt autour de nos activités », affirme le fondateur de Ramo. L’entreprise emploie une soixantaine de personnes, dont des agronomes et des ingénieurs spécialisés dans le traitement des eaux. La PME a plusieurs fers au feu : une expansion géographique, notamment en Alberta, et une expérimentation avec d’autres essences de bois à croissance rapide comme le peuplier.

Depuis ses débuts, Ramo a bénéficié de l’aide à la recherche-développement et de l’appui de partenaires solides comme Desjardins et le Fonds FTQ. « On travaille aussi en partenariat avec nos clients, c’est comme ça qu’on peut se développer », dit Francis Allard.

L’avenir comporte son lot de défis pour une entreprise innovante comme Ramo, selon son président. « Il y a beaucoup d’éducation à faire », dit-il. D’autres sources de financement seront plus tard nécessaires. La formule qui sera retenue reste à définir. « Aucune porte n’est fermée », assure-t-il.

Consultez le site de Ramo

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De l’hydrogène vert et des milliards à Shawinigan

PHOTO LE NOUVELLISTE

La Cité de l’énergie, à Shawinigan

Un producteur d’hydrogène vert a convaincu Québec de lui offrir un important bloc énergétique pour un projet se chiffrant dans les milliards qui verrait le jour à Shawinigan, a appris La Presse. En contrepartie, les promoteurs proposent d’investir dans la construction d’une centaine d’éoliennes et d’un parc solaire pour compléter leurs besoins.

Publié à 1h09 Mis à jour à 5h00

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Julien Arsenault
Julien Arsenault La Presse


Hélène Baril
Hélène Baril La Presse

Ces détails seront dévoilés par TES Canada vendredi, en Mauricie. Le ministre québécois de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Pierre Fitzgibbon, ainsi que le ministre fédéral de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, François-Philippe Champagne, doivent être présents à l’annonce. Selon nos informations, la facture du projet oscille aux alentours de 4 milliards si l’on tient compte de la portion d’autoproduction énergétique.

L’hydrogène vert – qui nécessite énormément d’énergie – est considéré comme une solution de rechange dans l’industrie lourde (cimenteries, alumineries et aciéries), toujours dépendante du gaz naturel fossile. Filiale de la firme belge Tree Energy Solutions, TES Canada a été cofondée par la femme d’affaires France Chrétien Desmarais, fille de l’ex-premier ministre Jean Chrétien et femme d’André Desmarais, président délégué du conseil de Power Corporation du Canada. L’entreprise a obtenu un bloc d’énergie estimé à 150 mégawatts (MW), soit l’équivalent d’environ 30 fois la puissance du Centre Bell.

« L’hydrogène sera destiné à un usage québécois », affirment les promoteurs, sur le site web du « projet Mauricie », où l’on apprend que la mise en service aurait lieu en 2028 et que 200 emplois permanents seraient créés dans la région après le démarrage.

Mercredi, TES Canada n’a pas commenté les informations colligées par La Presse.

L’hydrogène vert, qu’est-ce que c’est ?

À l’heure actuelle, 95 % de l’hydrogène dans le monde est produit à partir d’énergies fossiles. L’hydrogène peut être produit par électrolyse de l’eau. Ce procédé consiste à faire passer un courant électrique dans l’eau. Cela permet de décomposer ses molécules pour ensuite en extraire l’hydrogène. On parle d’hydrogène vert quand le courant utilisé provient d’une source d’énergie renouvelable, comme l’hydroélectricité.

Source : gouvernement du Québec

TES Canada fait partie de la liste des 11 demandes retenues par le ministre Pierre Fitzgibbon pour se partager environ 1000 MW. Les entreprises désireuses de se lancer dans la production d’hydrogène se bousculent aux portes. Hydro-Québec a reçu des demandes totalisant 23 000 MW, dont 9000 pour l’hydrogène vert.

C’est beaucoup trop, selon le ministre.

« On ne peut pas en faire, de l’hydrogène, on n’a pas d’électricité […], on va en faire un peu quand même », avait dit M. Fitzgibbon, quand Hydro-Québec avait fait état de l’augmentation de la demande industrielle.

Points d’interrogation

Plusieurs questions risquent d’attendre les promoteurs, vendredi. On ignore, pour le moment, d’où viendra l’argent. Québec et Ottawa ne seraient pas impliqués directement dans le montage financier.

Fondée en 2019, Tree Energy Solutions est encore considérée comme une jeune pousse et sa filiale canadienne existe depuis à peine un an. En juillet 2022, Tree Energy Solutions était valorisée à environ 940 millions (700 millions d’euros), selon le Financial Times. Des institutions comme la banque britannique HSBC et le groupe financier italien UniCredit figurent parmi ses « partenaires et actionnaires ».

À travers le monde, ses projets sont toujours en phase de développement. Aux États-Unis, le propriétaire de TES Canada collabore entre autres avec le géant énergétique français Total pour potentiellement implanter un site de production de gaz naturel synthétique.

En Mauricie, la question de l’acceptabilité sociale risque de s’inviter rapidement dans l’espace public. L’électrolyseur d’hydrogène de l’entreprise, dont la capacité est estimée à 500 MW, doit être installé dans le parc industriel de Shawinigan, ce qui ne devrait pas, en principe, poser de problème.

Puisque les 150 MW qui doivent être fournis par Hydro-Québec seront insuffisants, les promoteurs voudraient ériger plus d’une centaine d’éoliennes – ce qui constituerait l’un des plus gros parcs du genre dans la province – dans un rayon d’une trentaine de kilomètres aux alentours de Shawinigan. Douze municipalités ont été identifiées et informées. Reste à voir comment leurs citoyens réagiront.

Joint au téléphone par La Presse, le maire de Shawinigan, Michel Angers, n’a pas voulu commenter les différents volets du projet. Il avait cependant de la difficulté à contenir son enthousiasme vis-à-vis de l’annonce prévue vendredi.

« Ça fait très longtemps que ce n’est pas arrivé [l’annonce d’un tel projet], a dit M. Angers. Ça sera fort intéressant. Tous nos terrains sont réservés pour des projets d’efficacité énergétique. Vendredi, ça sera un premier départ. »

Deux volets

Le complexe québécois de TES Canada devrait comporter deux volets. Il y aura la production d’hydrogène vert ainsi que de gaz naturel synthétique « renouvelable et 100 % vert ». On ignorait, au moment d’écrire ces lignes, les quantités qui seraient produites.

Énergir est un client potentiel pour ce gaz naturel synthétique, d’après les informations colligées par La Presse. Il serait acheminé à des clients industriels du distributeur québécois par l’entremise de son réseau, qui alimente le parc industriel de Shawinigan.

« Le projet permettrait à Énergir d’accéder à la complémentarité des usages de l’hydrogène vert en produisant, notamment, un important volume de gaz naturel renouvelable de troisième génération afin d’accélérer la mise en œuvre de cette avenue innovante, affirme Énergir, dans un courriel. Nous ne commenterons pas davantage pour le moment. Nous serons toutefois présents vendredi pour expliquer notre rôle dans ce projet. »

TES Canada est dirigée par Éric Gauthier, un ancien cadre chez Power Corporation responsable des investissements privés dans le secteur de l’énergie renouvelable. Au côté de Mme Chrétien Desmarais chez les administrateurs, on retrouve notamment Robert Tessier, ex-président du conseil d’administration de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) et ex-président et chef de la direction de Gaz Métro (l’ancien nom d’Énergir).

Les cofondateurs de Tree Energy Solutions, Marcel Van Poecke et Paul Van Poecke, siègent également au conseil d’administration de TES Canada. Ces derniers se présentent comme deux hommes d’affaires ayant plus de trois décennies d’expérience dans le secteur énergétique, où ils ont occupé de nombreux postes de direction.

Avec la collaboration de Tommy Chouinard, La Presse

En plus de TES Canada en Mauricie, la filière hydrogène compte d’autres promoteurs.

Hy2gen

La Caisse de dépôt et placement du Québec est actionnaire de cette entreprise allemande qui veut construire à Baie-Comeau une usine de 1 milliard de dollars pour fabriquer de l’hydrogène et des biocarburants, comme l’ammoniac vert et le kérosène-éthanol. La réalisation du projet, prévue pour 2026, a été retardée à 2028 en raison du manque de disponibilité de l’électricité. Pour augmenter ses chances d’obtenir les 300 mégawatts d’électricité dont elle a besoin, Hy2gen a changé de stratégie. Sa production, à l’origine destinée à l’exportation, sera consacrée au marché québécois et ontarien.

Enerkem

Enerkem veut alimenter sa future usine de biocarburants de Varennes avec de l’hydrogène vert. Hydro-Québec, qui avait accepté de se lancer elle-même dans la production d’hydrogène pour alimenter l’usine d’Enerkem, a changé d’idée et s’est retirée du projet de construction d’un électrolyseur destiné à l’usine. Enerkem et ses partenaires dans Recyclage Carbone Varennes, ce projet de 1 milliard de dollars, ont confié à l’entreprise américaine Cummins le contrat de construction du système d’électrolyse qui alimentera l’usine dont le début des activités, maintes fois reporté, est prévu pour 2025.

Charbone Hydrogène

La première usine d’hydrogène vert de Charbone Hydrogène est actuellement en construction à Sorel-Tracy. Il s’agit de la première phase d’une installation qui en comptera éventuellement cinq et qui devrait être en production l’an prochain. Il s’agit d’installations modulaires et évolutives qui n’ont pas les mêmes besoins importants en électricité que les autres projets. La future production de Charbone à Sorel-Tracy est déjà vendue à Superior Propane pour les besoins de ses clients industriels qui utilisent déjà de l’hydrogène dans leurs procédés et qui veulent le remplacer par de l’hydrogène vert.

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  • 800 000 tonnes
    Quantité de GES que le projet en Mauricie pourrait éliminer annuellement au Québec

TES CANADA

1000
Nombre d’emplois en Mauricie créés par la phase de construction du projet

TES CANADA

Quatre milliards et des éoliennes pour de l’hydrogène vert

PHOTO FOURNIE PAR TES CANADA

Le projet qu’ambitionne de construire TES Canada à Shawinigan.

TES Canada ambitionne de produire jusqu’à 70 000 tonnes d’hydrogène vert à Shawinigan si l’entreprise parvient à réaliser toutes les facettes de son projet, qui prévoit la construction de plus d’une centaine d’éoliennes et un parc solaire pour compléter ses besoins énergétiques.

Publié à 10h00

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Julien Arsenault
Julien Arsenault La Presse

Les promoteurs ont confirmé, vendredi, les détails qui avaient déjà été dévoilés par La Presse. La facture du projet devrait atteindre 4 milliards si l’on tient compte de la portion d’autoproduction énergétique.

« Les retombées économiques seront importantes pour Shawinigan et la région de la Mauricie et permettront au Québec de se positionner comme leader de la décarbonation », affirme le directeur général de TES Canada, Éric Gauthier.

L’hydrogène vert – qui nécessite énormément d’énergie – est considéré comme une solution de rechange dans l’industrie lourde (cimenteries, alumineries et aciéries), toujours dépendante du gaz naturel fossile. L’électrolyseur d’hydrogène de la compagnie, dont la capacité est estimée à 500 MW.

L’hydrogène vert, qu’est-ce que c’est ?

À l’heure actuelle, 95 % de l’hydrogène dans le monde est produit à partir d’énergies fossiles. L’hydrogène peut être produit par électrolyse de l’eau. Ce procédé consiste à faire passer un courant électrique dans l’eau. Cela permet de décomposer ses molécules pour ensuite en extraire l’hydrogène. On parle d’hydrogène vert quand le courant utilisé provient d’une source d’énergie renouvelable, comme l’hydroélectricité.

Source : Gouvernement du Québec

Filiale de la firme belge Tree Energy Solutions, TES Canada a été cofondée par la femme d’affaires France Chrétien Desmarais, fille de l’ex-premier ministre Jean Chrétien et épouse d’André Desmarais, président délégué du conseil de Power Corporation du Canada. L’entreprise a convaincu le gouvernement Legault de lui offrir un bloc d’énergie de 150 mégawatts (MW), soit l’équivalent d’environ 30 fois la puissance du Centre Bell.

Puisque l’énergie fournie par Hydro-Québec sera insuffisante, les promoteurs souhaitent ériger plus d’une centaine d’éoliennes – ce qui constituerait l’un des plus gros parcs du genre dans la province – dans un rayon d’une trentaine de kilomètres aux alentours de Shawinigan.

Cela pourrait représenter de 110 à 160 éoliennes, d’après nos calculs. Douze municipalités ont été identifiées et informées. Reste à voir comment leurs citoyens réagiront. Pour tenter d’apaiser leurs craintes, TES Canada prévoit trois séances d’informations publiques. Elles auront lieu à Shawinigan (21 novembre), Saint-Adelphe (27 novembre) et Saint-Narcisse (28 novembre).

Le complexe québécois de TES Canada comportera deux facettes. Il y aura la production d’hydrogène vert ainsi que de gaz naturel synthétique « renouvelable et 100 % vert ». Énergir est un client potentiel. Ce gaz naturel synthétique serait acheminé à des clients industriels du distributeur québécois par l’entremise de son réseau, qui dessert le parc industriel de cette ville.

« Pour décarboner l’économie du Québec, on doit diversifier nos sources énergétiques renouvelables, affirme le ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Pierre Fitzgibbon, dans un communiqué. Le projet de TES est un excellent ajout à notre bouquet énergétique. »

Fondée en 2019, Tree Energy Solutions est encore considérée comme une jeune pousse et sa filiale canadienne existe depuis à peine un an. En juillet 2022, Tree Energy Solution était valorisée à environ 940 millions (700 millions d’euros) selon le Financial Times. Des institutions comme la banque britannique HSBC et le groupe financier italien UniCredit figurent parmi ses « partenaires et actionnaires ».

À travers le monde, ses projets sont toujours en phase de développement. Aux États-Unis, le propriétaire de TES Canada collabore entre autres avec le géant énergétique français Total pour potentiellement implanter un site de production de gaz naturel synthétique.

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  • 800 000 tonnes
    Quantité de GES que le projet Mauricie pourrait éliminer annuellement au Québec.

Source : tes canada

Écocentres Montréal veut mieux trier ses gros rebuts

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

En 2022, plus de 85 000 tonnes de matières résiduelles de toutes sortes ont été apportées dans les sept écocentres de la Ville de Montréal.

La Ville de Montréal veut mieux trier les gros rebuts que les citoyens envoient dans ses écocentres, afin de limiter la quantité de matière qu’elle envoie au dépotoir ou à l’incinération.

Publié à 13h12

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Philippe Teisceira-Lessard
Philippe Teisceira-Lessard La Presse

L’administration Plante a annoncé mercredi qu’elle démarrait un projet-pilote consistant notamment à démanteler les objets composés de plusieurs matières, afin que chacune d’entre elles soit valorisée. Une chaise de camping composée de métal et de textile, par exemple, était auparavant envoyée à l’enfouissement, alors que ces deux matières peuvent être utilisées autrement.

« C’est vraiment un test qu’on fait en ce moment à LaSalle afin de voir si on peut étendre ça », a indiqué Marie-Andrée Mauger, élue responsable de l’environnement au comité exécutif de Valérie Plante. « Le démantèlement des objets est vraiment important pour augmenter la quantité de matières qu’on détourne de l’enfouissement. »

Le projet-pilote inclut aussi un volet consacré au démantèlement des matelas, qui sont actuellement envoyés directement au dépotoir. La Ville de Montréal aimerait aussi mieux trier les rebuts de bois, afin que le bois d’œuvre de bonne qualité soit transformé en aggloméré plutôt que d’être brûlé.

En 2022, plus de 85 000 tonnes de matières résiduelles de toutes sortes ont été apportées dans les sept écocentres de la Ville de Montréal. « C’est l’équivalent de plus de 4000 autobus », indique la Ville.

Le projet-pilote coûte 130 000 $, dont 75 000 $ sont assumés par Recyc-Québec.

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Démystifier la science La lenteur des éoliennes

PHOTO WIKIMEDIA COMMONS

Des éoliennes en mer à Skegness, en Angleterre

Chaque semaine, notre journaliste répond aux questions scientifiques de lecteurs.

Publié à 1h18 Mis à jour à 6h00

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Mathieu Perreault
Mathieu Perreault La Presse

Pourquoi les éoliennes tournent-elles si lentement ?
– Alain Cornellier

Parce que l’extrémité de leurs pales tourne beaucoup plus vite que leur centre, et qu’il faut éviter une vitesse excessive qui pourrait créer des turbulences et endommager la structure ou les mécanismes de l’éolienne.

« Ce qui limite la vitesse des éoliennes, c’est la vitesse du son, explique Frederick Gosselin, professeur de génie mécanique à Polytechnique Montréal. Le bout de la pale voyage très vite et la longueur de la pale multiplie la vitesse. C’est comme une aile d’avion : quand on arrive proche de la vitesse du son, il y a toutes sortes d’effets de fluides compressibles dans l’air qui affectent le comportement de l’aile. […] En plus, autour de la pale, le vent est accéléré, même si ça ne paraît pas quand on la regarde du sol. »

PHOTO TIRÉE DU SITE DE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL

Frederick Gosselin, professeur de génie mécanique à Polytechnique Montréal

La vitesse du son, ou Mach 1 en l’honneur d’un physicien autrichien du XIXe siècle, varie en fonction de la température et de l’altitude. Sur le plancher des vaches et à 15 °C, elle est de 340 m/s, soit 1235 km/h. À -25 °C, la vitesse du son est 10 % plus lente. Ernst Mach a été le premier à décrire les turbulences qui entourent un objet qui approche la vitesse du son, le fameux « mur du son » que franchissent les avions avec un « bang ».

M. Gosselin étudie justement les « phénomènes d’instabilité des structures élancées », comme les ailes d’avion.

PHOTO TIRÉE DU SITE DE LA CSN

Le printemps dernier, des pales d’éoliennes de 107 mètres de long fabriquées en Gaspésie ont été transportées à des clients américains par convoi.

« Les plus grosses pales d’éoliennes au monde sont fabriquées en Gaspésie, note M. Gosselin. À 110 m de rayon (107 m de pale plus le moyeu), si l’éolienne tourne à 7 tours par minute, ça fait une vitesse de bout de pale de plus de 80 m/s ou 290 km/h ! À 7 tours par minute, ça paraît lent, mais c’est tellement gros que ça va vite. »

Cette taille de pales est utilisée dans les éoliennes en mer (offshore). Les pales des éoliennes sur la terre ferme mesurent généralement moitié moins.

Un autre professeur de Polytechnique, Ion Paraschivoiu, est l’auteur du manuel Wind Turbine Design, utilisé dans les universités depuis sa publication en 2002. « J’ai eu la chance de travailler sur l’éolienne verticale de Cap-Chat au milieu des années 1980, dit M. Paraschivoiu. Elle avait la forme d’un batteur à œufs, avec un rayon de 32 mètres. Elle tournait à seulement 15 tours par minute, ce n’est pas vite vu de loin. Mais le bout des pales allait assez vite pour qu’on doive faire des calculs de stabilité. »

PHOTO TIRÉE DU SITE DE TOURISME GASPÉSIE

L’éolienne verticale de Cap-Chat

L’éolienne verticale de Cap-Chat n’a été exploitée que pendant quatre ans, à cause d’une bourrasque qui a endommagé son mécanisme.

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En savoir plus

  • 2100 TWh
    Génération d’énergie éolienne en 2022

Source : Agence internationale de l’énergie

350 TWh
Génération d’énergie éolienne en 2010

Source : Agence internationale de l’énergie

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De la bouse de vache à la conquête de l’espace

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(Taiki) Le Japon a potentiellement ouvert un nouveau chapitre de son histoire spatiale jeudi avec l’essai réussi d’un moteur de fusée alimenté uniquement par une énergie produite localement : de la bouse de vache.

Mis à jour le 7 décembre

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Hiroshi HIYAMA Agence France-Presse

Ce test a vu un moteur propulser horizontalement une flamme bleue et orange d’une dizaine de mètres pendant quelques secondes par la porte ouverte d’un hangar du bourg de Taiki, sur l’île septentrionale de Hokkaido.

Le biométhane liquide nécessaire à l’expérience a été fabriqué à partir des « contributions » des bovins de deux producteurs laitiers locaux, précise Takahiro Inagawa, patron de la société japonaise Interstellar Technologies.

« Nous faisons cela non seulement parce que c’est bon pour l’environnement, mais aussi parce qu’il peut être produit localement, qu’il est très rentable et que c’est un carburant très performant et d’une grande pureté », dit M. Inagawa à l’AFP.

« Nous sommes la première entreprise privée à le faire », ajoute-t-il. « Je ne pense pas qu’il soit exagéré de penser que cela sera reproduit dans le monde entier. »

Interstellar espère envoyer des satellites dans l’espace grâce à ce carburant, et s’est associée à la société Air Water, productrice de gaz industriels, qui travaille avec des agriculteurs locaux disposant d’équipements pour transformer la bouse de vache en biogaz.

« Le Japon, pauvre en ressources, doit dès maintenant s’assurer une source d’énergie neutre en carbone sur son territoire », estime Tomohiro Nishikawa, un ingénieur du groupe nippon de gaz industriels Air Water.

« La matière première issue des vaches de cette région a un potentiel énorme. Si la situation internationale devait évoluer, il est important que le Japon » dispose d’une telle source d’énergie, selon lui.

Le biométhane de Air Water est déjà utilisé par une laiterie locale et d’autres usines, pour le chauffage d’habitations et pour alimenter camions et navires dans le cadre de programmes pilotes.

900 bovins à l’œuvre

L’agence spatiale japonaise Jaxa a lancé avec succès en septembre sa mission lunaire « Moon Sniper », mais le secteur aérospatial nippon a été en proie à de nombreux problèmes ces dernières années, avec deux missions ratées.

Le Japon a également connu des déboires avec ses lanceurs, avec les échecs du décollage de la fusée de nouvelle génération H3 ou de la fusée de petite taille Epsilon-6 de la Jaxa.

Le biogaz dérivé de la bouse de vache est déjà utilisé comme carburant dans le monde entier, notamment pour faire fonctionner des bus dans la ville indienne d’Indore, à la place de sources conventionnelles plus polluantes.

Il aide à atténuer l’énorme empreinte environnementale de l’agriculture, qui, selon Greenpeace, est responsable de 14 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde.

Si la combustion du biogaz libère des gaz à effet de serre, c’est également le cas lors de son processus de dégradation naturelle, le ruissellement issu des élevages polluant en outre sols et cours d’eau.

Les 900 bovins de Eiji Mizushita, 58 ans, génèrent à elles seules plus de 40 tonnes quotidiennes de bouse, et ce participant au projet a mis en place un système qui collecte automatiquement les productions de ses bêtes, les fait fermenter et les transforme en biogaz, en fertilisant et même en litière pour ses animaux.

« Je suis heureux de penser que les déchets de nos bêtes servent à faire voler » une fusée, se réjouit M. Mizushita.

« Nous devons nous débarrasser du fumier en l’utilisant convenablement. Je pense également que le gouvernement et la société en général devraient avoir un autre regard sur l’importance de l’énergie renouvelable et encourager sa production », poursuit-il.

Planète bleue, idées vertes La Gaspésie ouvre la voie à la déconstruction

PHOTO LUCILE PARRY-CANET, FOURNIE PAR LA RITMRG

L’intérieur de l’un des bâtiments de la quincaillerie de Grande-Rivière, en Gaspésie

Comment ils sont passés de la parole aux actes

Publié à 1h30 Mis à jour à 8h00

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Sara Champagne
Sara Champagne La Presse

D’un côté, il y a un vieux bistro en partie incendié devenu un nid à pigeons. De l’autre, les bâtiments en perdition d’une ancienne quincaillerie. Des immeubles destinés au pic des démolisseurs. Mais, au lieu de démolir, deux municipalités de la Gaspésie ont décidé de les déconstruire à travers un projet-pilote visant à redonner vie aux matériaux.

Le projet fait aujourd’hui école à travers les municipalités du Québec.

Gino Cyr est maire de Grande-Rivière. La ville d’environ 3400 habitants est située au sud-ouest de Percé, près de la baie des Chaleurs. Il raconte que le déshabillage des portes, fenêtres, murs et planchers de la quincaillerie a permis de revendre des matériaux à bas prix dans sa communauté.

PHOTO LUCILE PARRY-CANET, FOURNIE PAR LA RITMRG

Un employé démontant les planches de bois de la structure de la quincaillerie

Ils ont servi à rénover des chalets, à retaper des terrasses, des abris pour les animaux. Par exemple, des poutres de bois (communément appelées des 2 X 4) ont été revendues entre 2 et 3 $. Dans les grands magasins, elles se vendent facilement plus de 10 $.

À Chandler, le maire Gilles Daraiche explique que le bistro situé en plein cœur de la municipalité était dans un état pitoyable.

PHOTO LUCILE PARRY-CANET, FOURNIE PAR LA RITMRG

Certains matériaux brûlés du bistro ont été transformés en ballots de bois de chauffage pour les citoyens de Chandler.

Un repaire de pigeons. Son conseil municipal s’apprêtait à lancer un appel d’offres pour le démolir quand l’administration a été contactée par la Régie intermunicipale de traitement des matières résiduelles de la Gaspésie (RITMRG).

« Le bistro était devenu une nuisance, en partie contaminée. Il risquait de s’effondrer. Pour démolir, il faut donner un contrat. Un petit projet de démolition, c’est minimum 25 000 $. »

On s’est dit que ça valait la peine de tenter le coup. Surtout que le terrain est vendable et que ça pouvait se traduire par un enrichissement pour nos citoyens.

Gilles Daraiche, maire de Chandler

Exit la démolition

La RITMRG est propriétaire et opératrice du centre de tri des matières recyclables, du site de compostage et du lieu d’enfouissement des déchets des villes de la MRC du Rocher-Percé. La Régie souhaite réduire de 50 % le tonnage vers l’enfouissement provenant des résidus de construction, rénovation et démolition.

PHOTO LUCILE PARRY-CANET, FOURNIE PAR LA RITMRG

Le bistro de Chandler, partiellement incendié, était devenu un repaire de pigeons et risquait de s’effondrer.

Sa directrice générale, Nathalie Drapeau, jointe au téléphone dans ses bureaux de Grande-Rivière, explique qu’elle a documenté toutes les étapes de l’expérience, qui a bénéficié d’un soutien financier de 180 000 $, provenant entre autres de la Fédération canadienne des municipalités. Elle a présenté ses conclusions auprès de différents partenaires, dont Recyc-Québec et l’École de technologie supérieure (ETS).

« Il faudrait que le mot démolition disparaisse de notre vocabulaire », tranche-t-elle.

Financièrement, on a connu un petit gain de 2 % avec la déconstruction. Mais on a vraiment gagné au niveau de l’enfouissement, de l’économie circulaire.

Nathalie Drapeau, directrice générale de la RITMRG

À Grande-Rivière, la déconstruction de 3 bâtiments formant l’ancienne quincaillerie a pris 28 jours. Il a fallu démonter la toiture, les murs et les planchers, morceau par morceau. À la fin, 70 % de l’ensemble, soit 135 tonnes de matériaux destinés au dépotoir, a été revendu.

PHOTO LUCILE PARRY-CANET, FOURNIE PAR LA RITMRG

Environ sept semaines de travail ont été nécessaires pour déconstruire le bistro de Chandler et la quincaillerie de Grande-Rivière.

À Chandler, une partie des matériaux du bistro étaient trop endommagés. Ils ont été transformés en ballots de bois de chauffage. Au total, malgré la contamination, 155 tonnes ont été valorisées (74 %), 9 tonnes ont été revendues (4 %) et 47 tonnes transportées à l’enfouissement (22 %).

Succès à reproduire

Contremaître des deux projets de déconstruction, Maxime Tardif, de l’entreprise MTF et Fils, n’hésiterait pas à accepter d’autres contrats. C’est certain que la démolition est plus rapide : deux jours, et c’est fini. Mais le délicat processus de déconstruction a permis de donner du travail à cinq personnes, durant sept semaines, explique-t-il.

PHOTO LUCILE PARRY-CANET, FOURNIE PAR LA RITMRG

Un travailleur de l’entreprise MTF et Fils démonte la structure de la quincaillerie de Grande-Rivière.

« Des employés ont procédé au triage des matériaux sur place. Lors de la déconstruction du bistro, on a réussi à détourner de l’enfouissement des murs contenant de l’amiante. Ils ont été disposés dans des sacs jaunes pour être acheminés dans des endroits spécialisés. »

L’expérience a démontré que c’est faisable. Par exemple, les métaux ferreux ont été triés pour être recyclés.

Maxime Tardif, de l’entreprise MTF et Fils

Forte du succès, la municipalité de Grande-Rivière a maintenant un terrain vacant en lieu et place de la vieille quincaillerie. Le maire Gino Cyr espère que des entrepreneurs vont se pointer pour un projet immobilier de logements locatifs.

« Nous sommes propriétaires du terrain. Il y a l’espace pour construire 54 unités, des trois et demie et des quatre et demie. On parle constamment de développement durable, en voici un bel exemple. »

À Chandler, les élus ont eux aussi un terrain prêt à accueillir une nouvelle construction. Le maire, Gilles Daraiche, y verrait bien une pâtisserie ou une crèmerie. Il rappelle que sa municipalité est loin d’être épargnée par la crise du logement.

« Le bistro en plein cœur de notre centre-ville ne donnait pas une belle image de notre municipalité. On aimerait que des promoteurs viennent investir dans la région. La déconstruction est enrichissante à tous les niveaux. »

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Deep Sky s’associe à la jeune pousse québécoise Skyrenu

IMAGE TIRÉE DU SITE DE SKYRENU

Une illustration prospective d’un système modulaire de Skyrenu en mesure de traiter 1000 tonnes de CO2 par an directement sur un site de résidus miniers.

Deep Sky multiplie les partenariats dans sa quête pour l’élimination de milliards de tonnes de carbone.

Publié à 12h00

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Marc Tison
Marc Tison La Presse

L’entreprise montréalaise a annoncé lundi une entente avec la toute jeune pousse (verte) québécoise Skyrenu, qui a mis au point une technologie avant-gardiste de captage direct du carbone dans l’air (CDA).

L’entreprise de Sherbrooke fournira et installera en 2024 une unité de CDA d’une capacité d’élimination de 50 tonnes de CO2 par année sur le site d’essai Alpha de Deep Sky.

Les deux partenaires veulent ainsi valider la technologie de Skyrenu en vue d’un déploiement commercial au Canada.

Skyrenu a mis au point un système modulaire qui combine le captage direct dans l’air avec un processus de carbonatation des résidus miniers pour emprisonner le CO2 dans la roche de façon permanente, directement sur les sites miniers.

Ce partenariat « permettra de démontrer notre technologie au Québec », a commenté par courriel le président de Skyrenu, Gabriel Vézina. « Ce contrat avec Deep Sky accroîtra grandement la visibilité de notre entreprise et de sa technologie au Québec, au Canada et à l’international. »

Issue de l’Université de Sherbrooke, l’entreprise a été créée en 2021 sur la base des travaux entamés en 2018 par ses deux cofondateurs, le professeur de génie Martin Brouillette et l’ingénieur de recherche Gabriel Vézina.

L’équipe d’étudiants qui avait travaillé sur le concept a été lauréate en 2021 du concours étudiant XPRIZE Carbon Removal (mis sur pied par Elon Musk).

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Planète bleue, idées vertes Prévost : sauver la planète, un plat réutilisable à la fois

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Prévost compte 19 commerces d’alimentation et restaurants. Jusqu’à maintenant, six souhaiteraient y participer, dont les propriétaires du restaurant Le Suki.

Comment ils sont passés de la parole aux actes

Publié à 1h58 Mis à jour à 6h01

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Isabelle Ducas
Isabelle Ducas La Presse

Les consommateurs ont pris l’habitude de rapporter leurs canettes vides et certaines bouteilles vides chez leur détaillant. Pourquoi ne feraient-ils pas la même chose avec leurs contenants quand ils achètent des repas pour emporter ?

C’est le pari que fait la Ville de Prévost, dans les Laurentides, qui s’apprête à implanter un système de contenants consignés réutilisables dans les restaurants et commerces d’alimentation sur son territoire.

L’idée à la base du projet, c’est d’utiliser tous les moyens possibles pour réduire à la source les matières résiduelles.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Frédérick Marceau, directeur du service de l’environnement de la Ville de Prévost

« Soit on attend que les commerces le fassent chacun de leur côté, ou alors la Ville les incite, même s’il y a un coût au départ », souligne Frédérick Marceau, directeur du service de l’environnement de la ville de 14 000 habitants.

Comment ça marche pour le consommateur ?

Au lieu d’acheter des contenants à usage unique pour leurs commandes à emporter, les commerces participants achètent les contenants réutilisables de l’entreprise Bo, qui sont traçables à l’aide d’un code QR. Quand un consommateur vient chercher un repas pour emporter, le commerçant ajoute 2 $ sur sa facture pour chaque contenant.

Le consommateur télécharge l’application de Bo. Quand il en a fini avec son contenant, il va le déposer dans une boîte conçue à cette fin – comme une boîte aux lettres – située au centre de la ville, après avoir scanné le code QR grâce à l’application. Ses 2 $ lui sont alors remboursés par virement Interac.

Que se passe-t-il avec les contenants retournés ?

Grâce à un partenariat avec une entreprise dont les camions de distribution passent déjà par Prévost, les contenants sont transportés dans les locaux de Bo, dans l’ouest de Montréal, où ils sont lavés. Les contenants en polypropylène résistent au micro-ondes, à la congélation, au lave-vaisselle industriel et peuvent être réutilisés jusqu’à 1000 fois.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Mishel Wong, PDG de l’entreprise Bo, et des contenants réutilisables offerts au restaurant Le Suki

Comme les restaurants et épiceries n’ont pas toujours l’espace nécessaire pour entreposer une grande quantité de contenants, ils seront entreposés dans les locaux municipaux, où les commerçants pourront aller les chercher.

Si le système rencontre un succès bœuf, la Ville pourrait envisager d’aménager une station de lavage sur son territoire, mais on n’en est pas encore là, indique M. Marceau.

Quel est l’avantage pour la Ville ?

Prévost pourrait réduire son budget de disposition des déchets, si la réduction à la source est importante. Mais il est encore trop tôt pour savoir si l’effet sera notable.

Quels sont les coûts pour la Ville et d’où viendra le financement ?

Prévost prépare le terrain à ce projet depuis quelques années. La Ville a d’abord interdit trois articles en plastique à usage unique (pailles, touillettes à café et cotons-tiges) en septembre 2021. En mai 2022, elle a imposé une condition à la vente de bouteilles d’eau non gazeuse et de bidons de lave-glace : offrir aussi un système de remplissage en vrac. Et depuis juillet 2022, les commerçants doivent facturer une redevance de 0,10 $ à 0,50 $ sur six types d’articles à usage unique, dont les bouteilles d’eau de moins de 750 ml et les verres à café.

Lisez notre article sur la redevance imposée par la Ville de Prévost sur six articles à usage unique

Les sommes recueillies grâce à ces écocontributions – environ 60 000 $ par année – vont dans un fonds spécial qui sert à financer des projets pour réduire les matières résiduelles. La Ville pourrait payer à même ce fonds les boîtes de retour des plats et fournir gratuitement les premiers plats aux commerçants pour les inciter à embarquer dans l’aventure. « On voulait pouvoir dire aux contribuables que ce n’est pas l’argent de leurs comptes de taxes qui paierait ce projet », note Frédérick Marceau.

Les commerçants embarqueront-ils dans l’aventure ?

Prévost compte 19 commerces d’alimentation et restaurants. Jusqu’à maintenant, six souhaiteraient y participer, dont les propriétaires du restaurant Le Suki.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Jonathan Gauthier et Annie Gualtieri, copropriétaires du restaurant Le Suki

La moitié de toutes les commandes de ce restaurant sont pour emporter. « On passe beaucoup de plats de plastique. Certains ne sont pas réutilisés et se retrouvent à la poubelle » ou, au mieux, au recyclage, explique la copropriétaire Annie Gualtieri.

Les contenants coûtent de 500 $ à 600 $ par mois au restaurant, évalue son partenaire, Jonathan Gauthier, qui voit dans le nouveau système une occasion de faire des économies.

Mais le couple s’inquiète tout de même du temps qu’il faudra pour expliquer le système aux consommateurs. En période de pointe, quand les clients attendent leur repas, chaque minute compte.

Les consommateurs embarqueront-ils dans le système ?

Il faut que la gestion des plats ne soit pas trop compliquée pour que la population adopte le système, souligne Jonathan Gauthier. Certains sont certainement très motivés, comme cette cliente qui apporte déjà ses plats réutilisables quand elle commande des sushis.

Prévost s’est lancé il y a quelques années dans un « virage vert » qui comporte 150 actions, dont celle-ci.

« On y va par étapes, note Frédérick Marceau. On commence par aider, ensuite on adoptera peut-être un règlement pour obliger les citoyens à réduire leurs matières résiduelles, mais au moins, on aura une solution pour les aider à y arriver. »

Quand le système sera-t-il implanté ?

Les premiers plats réutilisables arriveront dans les commerces participants au printemps.

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Planète bleue, idées vertes Des fleurs d’ici en hiver

PHOTO ATELIER CAMION, FOURNIE PAR LA FERME PASTEL

Ora-Maggie Beaulieu-Pelletier, de la ferme Pastel

Comment ils sont passés de la parole aux actes

Publié à 1h30 Mis à jour à 9h00

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Daphné Cameron
Daphné Cameron La Presse

« Notre mission, c’est vraiment d’apporter du bonheur à notre communauté, mais aussi de lutter contre les changements climatiques. »

Produire des fleurs fraîches en région, l’hiver, dans le respect de l’environnement : voilà le défi que s’est lancé Ora-Maggie Beaulieu-Pelletier, de la ferme Pastel, à Grand-Métis, dans le Bas-Saint-Laurent. Avec son conjoint Skot Morgan, elle s’apprête à réaliser sa première récolte hivernale : des milliers de tulipes produites en pleine terre dans une serre chauffée à la biomasse.

En utilisant des déchets forestiers pour alimenter une chaudière à l’eau plutôt que du propane pour chauffer la serre, la ferme florale parvient à réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’une quantité équivalente à la consommation annuelle de 34 voitures de type Toyota Corolla.

« C’est sûr que nous, on veut faire tout ce qui est en notre pouvoir pour avoir un impact positif et aider le secteur de la floriculture à devenir plus vert », explique l’agricultrice de 36 ans.

PHOTO ATELIER CAMION, FOURNIE PAR LA FERME PASTEL

Ora-Maggie Beaulieu-Pelletier et Skot Morgan

Nous, on s’est dit : ce n’est pas vrai qu’on va dépenser de l’énergie non renouvelable pour faire pousser des fleurs. On est dans le Bas-Saint-Laurent, où c’est un déchet, la biomasse. Les gens ne savent plus quoi en faire. Il y en a même dans les sites d’enfouissement !

Ora-Maggie Beaulieu-Pelletier, de la ferme Pastel

« Ça n’a pas de bon sens, alors on s’est dit : il y a quelque chose à faire là », ajoute celle qui a grandi dans une ferme de grandes cultures de la région.

Dans sa nouvelle serre de 30 mètres sur 10 mètres, le duo a aussi planté 300 « plants tests » : des matricaires, des renoncules, des anémones et de l’eucalyptus. « On est en recherche et développement », souligne-t-elle.

PHOTO FOURNIE PAR LA FERME PASTEL

La serre solaire passive de type Earth Ship

Ils utilisent aussi une serre solaire passive nommée Earth Ship comme pépinière. Il s’agit d’un bâtiment partiellement enfoui dans la terre avec des murs de pneus. « Ils accumulent les énergies solaires passives, et puis il y a de la géothermie qui est impliquée là-dedans parce qu’il y a un remblai de terre du côté nord. Mais sinon, toute la façade sud, est et ouest est vitrée. C’est super performant comme bâtiment. »

Près de 7000 tulipes y ont été plantées en bacs cet hiver, dont 2500 ont été récoltées pour la Saint-Valentin. En tout, la ferme Pastel produira 14 000 tulipes avec une floraison échelonnée de février au début de juin.

La fleur du Québec

Le Canada a importé pour 94,2 millions en fleurs coupées en 2020, indique un rapport réalisé par la firme Marcon pour les Producteurs en serres du Québec. Elles proviennent surtout de la Colombie, de l’Équateur, des États-Unis et des Pays-Bas.

« À peu près 5 % des fleurs vendues au Canada l’hiver provenaient du Canada », déplore Ora-Maggie Beaulieu-Pelletier.

La ferme fondée en 2020 dessert un territoire compris entre Rimouski et Matane. Ce modèle de production hyperlocal permet donc aussi d’éviter les émissions liées au transport.

PHOTO ATELIER CAMION, FOURNIE PAR LA FERME PASTEL

Ora-Maggie Beaulieu-Pelletier et son conjoint ont fondé la ferme Pastel en 2020.

La fleur conventionnelle, qui vient par exemple du Kenya, de l’Afrique du Sud ou de l’Équateur, elle a voyagé en avion pendant 6000 km, au sec, dans un avion réfrigéré, dans des sacs de plastique.

Ora-Maggie Beaulieu-Pelletier, de la ferme Pastel

Une industrie florissante

Au Québec, 36 entreprises agricoles produisent des fleurs coupées. « Il s’agit d’une forte progression par rapport à 19 exploitations en 2019, tout juste avant la pandémie », explique Mélissa Lapointe, relationniste au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec.

« Depuis mon entrée dans le milieu, je remarque que les producteurs de fleurs coupées sont des gens qui ont à cœur l’environnement et qui veulent s’inscrire dans un système de biodiversité. C’est un sujet qui est souvent dans leurs préoccupations », explique l’agronome Andréa L. Bellavance, conseillère en pépinière à Institut québécois du développement de l’horticulture ornementale.

Cette dernière vient d’ailleurs de donner une conférence sur la production de fleurs en serre froide dans le cadre de la Journée pour les fermes productrices de fleurs coupées. « Dans nos conditions, au Québec, c’est plus facile si on a une structure de serre ou de tunnel. On a moins d’opportunités de marché si on produit juste en plein champ », dit-elle.

« C’est en développement. Il y a eu une progression, une augmentation du nombre d’entreprises assez rapide, mais ça, ça veut dire qu’il y a plein d’espace pour l’innovation et le développement », ajoute-t-elle.

La pandémie a sensibilisé les Québécois à l’autonomie alimentaire et à l’importance de manger local.

« On dirait que la fleur du Québec, c’est comme la dernière affaire qui est sur le radar », déplore toutefois Ora-Maggie Beaulieu-Pelletier.

« Le message, il faut qu’il soit modifié. Ce n’est pas juste les tomates du Québec, c’est aussi les zinnias, les dahlias, les lisianthus du Québec », illustre-t-elle.