Économie verte

Économie verte Savoura explore de nouvelles technologies

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Savoura investira 55 millions de dollars à ses installations de Sainte-Sophie pour construire un complexe de serres.

Le secteur agroalimentaire est interpellé par le développement d’outils et de pratiques favorisant la protection de l’environnement. Dans le cadre d’un large projet d’investissement, le Groupe Savoura, bien connu pour la culture et la commercialisation de tomates, mettra à l’essai un système d’éclairage intelligent.

Publié à 9h00

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Jean Gagnon Collaboration spéciale

Un investissement de 55 millions

Le Groupe Savoura annonçait le mois dernier un projet d’investissement de 55 millions de dollars à ses installations de Sainte-Sophie, près de Saint-Jérôme. L’entreprise construira un complexe de serres qui s’étendra sur neuf hectares. Il s’agit du plus gros chantier mis en place par l’entreprise à ce jour. Les nouvelles infrastructures serviront à la production de tomates en culture traditionnelle, et parmi elles, évidemment, les variétés propres à la marque Savoura. Par ailleurs, ces installations incorporeront les plus récentes avancées technologiques de l’industrie afin de répondre aux normes les plus élevées en matière d’environnement, dont des écrans protecteurs qui visent à réduire au minimum les ondes lumineuses issues de l’éclairage de croissance pour les plants, explique Peggie Clermont, présidente et chef de la direction des affaires. « La pollution lumineuse existe bel et bien, et nous voulons nous donner les moyens de la contrôler », dit-elle.

La solution d’éclairage de Sollum Technologies

Sur le plan environnemental, le projet de Savoura servira aussi de banc d’essai pour une technologie 100 % québécoise, soit l’éclairage intelligent DEL de Sollum Technologies. Cette firme montréalaise offre une solution d’éclairage intelligent 100 % programmable et alimentée par l’intelligence artificielle qui reproduit, perfectionne et module le spectre complet de la lumière naturelle du soleil. Selon Sollum, son système permet aux exploitants de serres d’augmenter leur productivité jusqu’à 40 %, de leur fournir des économies d’énergie de plus de 40 %, tout en augmentant la longévité de la conservation des aliments.

L’innovation

Des neuf hectares mis en production dans le projet de Savoura, un hectare utilisera le système d’éclairage de Sollum. Le producteur maraîcher pourra alors évaluer son efficacité et sa rentabilité comparativement à l’utilisation des lampes traditionnelles. À cela s’ajoutera un bassin de récupération de l’eau. « On vise une agriculture de précision grâce au développement de nouvelles technologies. Pour nous, l’agriculture est un art, et il faut s’efforcer de toujours devenir meilleur en tenant compte des nombreux changements qui ne cessent de se produire tant sur le plan local qu’à l’échelle mondiale », explique Peggie Clermont. « L’environnement est au centre de nos valeurs depuis longtemps, et cela nous pousse à mettre de l’avant les meilleures pratiques d’affaires », ajoute-t-elle.

Préoccupation alimentaire

La recherche de nouvelles technologies chez Savoura s’inscrit dans le cadre des préoccupations de la firme devant l’évolution de la situation alimentaire mondiale. La pandémie, tout comme les récents évènements sur la scène géopolitique, a exacerbé les risques de pénurie alimentaire. Interpellé par la situation, Savoura veut participer à la solution par la croissance de sa production de produits de qualité, explique la présidente. « Et pour y arriver, nous devons sans cesse nous activer dans la recherche des avancées technologiques permettant les processus de production les plus performants tant pour la protection de l’environnement que pour l’atteinte du meilleur rendement », conclut-elle.

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Fini l’or bleu au rabais

PHOTO GETTY IMAGES

Les embouteilleurs d’eau, notamment, paient actuellement 70 $ pour chaque million de litres d’eau prélevé.

(Québec) Volte-face verte à la Coalition avenir Québec (CAQ) : le gouvernement Legault a l’intention d’augmenter les redevances dérisoires imposées aux industries pour l’utilisation de l’eau. Moins de 3 millions de dollars ont été payés l’an dernier pour avoir pompé de l’or bleu pour l’équivalent de 232 000 piscines olympiques.

Publié à 5h00

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Tommy Chouinard

Tommy Chouinard La Presse

À la toute dernière semaine de la session parlementaire, à moins de trois mois de la campagne électorale, le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, déposera un projet de loi visant à instaurer un processus de révision des redevances sur l’eau. Il s’engagera à les rehausser au terme de cette révision, sans donner de chiffres pour le moment, selon des sources sûres.

PHOTO ERICK LABBÉ, ARCHIVES LE SOLEIL

Benoit Charette, ministre de l’Environnement

Faute de temps, le projet de loi ne pourra être étudié et adopté cette session-ci. Cela deviendra donc une promesse électorale de la CAQ, qui la concrétisera si elle est réélue.

Depuis le début de son mandat, et encore récemment, le gouvernement Legault avait pourtant écarté l’idée d’augmenter les redevances sur l’eau malgré les pressions des partis de l’opposition.

Avec le changement de cap de la CAQ, ce sont maintenant les quatre principaux partis à l’Assemblée nationale qui promettent de revoir les redevances à la hausse.

Ce n’est donc qu’une question de temps avant que cela se produise.

Les redevances sur l’eau n’ont pas changé depuis qu’elles ont été instaurées à la fin de 2010 sous le gouvernement Charest. Elles visent les industries qui prélèvent ou utilisent 75 000 litres et plus par jour, directement dans la nature (eau de surface ou souterraine) ou à partir des réseaux de distribution d’eau.

Un premier taux est fixé à 70 $ pour chaque million de litres d’eau prélevé par les embouteilleurs d’eau, les fabricants de boissons, de béton, d’engrais agricoles et de produits chimiques, notamment. Un deuxième taux s’élève à 2,50 $ par million de litres d’eau pour les autres secteurs (pâtes et papiers, minières, alumineries et industrie alimentaire, par exemple).

Ces redevances étaient les plus élevées au Canada au moment de leur adoption. Or, elles sont jugées dérisoires depuis maintenant plusieurs années.

En Ontario, le premier taux est sept fois plus élevé (503,71 $) alors que le second atteint 3,71 $. Ils ont été revus il y a cinq ans.

L’an dernier, les industries et les entreprises ont payé 2,8 millions de dollars pour des prélèvements d’eau de 811 milliards de litres, selon un document du ministère de l’Environnement déposé à l’Assemblée nationale lors de l’étude des crédits budgétaires au printemps. C’est l’équivalent de 232 000 piscines olympiques – chacune contient environ 3,5 millions de litres d’eau. Cela revient à 12 $ par piscine olympique ou 0,0000035 $ par litre d’eau.

PHOTO GETTY IMAGES

Les redevances sur l’eau n’ont pas changé depuis qu’elles ont été instaurées à la fin de 2010.

En tenant compte des autres secteurs qui prélèvent de l’eau (municipalités, entreprises agricoles et piscicoles, notamment), le ministère de l’Environnement précise que 2368 milliards de litres ont été pompés l’an dernier – soit une fois et demie le lac Memphrémagog.

Conversion tardive

Le dossier des redevances avait donné du fil à retordre à la CAQ lors de la campagne électorale de 2018. Le député François Bonnardel avait déclaré que la CAQ allait rehausser les redevances, un engagement que François Legault avait écarté quelques jours plus tard. « Ce n’est pas dans notre programme d’augmenter les redevances de l’eau », avait affirmé le chef caquiste. Pourquoi ? « On ne veut pas indirectement augmenter le prix aux consommateurs » sur les bouteilles d’eau et les boissons gazeuses. « On a pris l’engagement de ne pas augmenter les taxes, les tarifs, les impôts de plus que l’inflation », ajoutait-il.

Les partis de l’opposition reprocheront assurément au gouvernement sa conversion tardive. Pas plus tard qu’en février, la députée libérale Isabelle Melançon lui avait demandé, en vain, d’inclure la révision des redevances dans sa loi omnibus en environnement, qui a été adoptée deux mois plus tard. Son amendement visait à « mettre à jour régulièrement les redevances exigibles pour l’utilisation de l’eau afin que leurs taux reflètent la valeur du marché ». Les caquistes l’avaient rejeté.

« Ce n’est pas le bon projet de loi pour ce type d’amendement, ce qui n’empêche en rien de reconnaître naturellement l’importance de l’eau comme richesse pour le Québec », plaidait le ministre Benoit Charette.

PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE

Isabelle Melançon

Le ministre a eu trois années pour revoir les redevances sur l’eau et ne l’a pas fait. On est encore assis sur nos mains, on regarde les compagnies venir pomper notre eau, puis on ne fait rien !

Isabelle Melançon, députée libérale, le mois dernier

Mme Melançon a souligné que l’Italie exigeait 2000 $ par million de litres et le Danemark, 10 000 $.

Le Québec possède 3 % des réserves mondiales d’eau douce avec son trésor de lacs et de rivières.

« L’abondance de la ressource fait qu’à la longue, on en perd peut-être un petit peu la notion de sa valeur », soutenait le député péquiste Sylvain Gaudreault lors des débats sur cet enjeu. « Il faut accroître les redevances de façon très importante. Ce n’est pas des multinationales qui exploitent notre eau qui vont me faire pleurer, [elles] qui profitent de la vente, par exemple, d’eau embouteillée, alors qu’on peut avoir une eau d’une excellente qualité dans la très grande majorité des municipalités du Québec juste en ouvrant le robinet. C’est assez préoccupant, tout ça. »

Secret commercial

Des organismes environnementaux ont tenté en vain de lever le voile sur le nombre de litres d’eau prélevés au Québec par les entreprises qui la revendent en bouteille comme Coca-Cola, Pepsi, Naya et Eska. Dans une décision rendue en mai, la Cour du Québec a donné raison aux embouteilleurs en confirmant que ces informations sont protégées par le secret commercial. Le recours était intenté par Eau Secours et le Centre québécois du droit de l’environnement, qui contestaient une décision du ministère de l’Environnement et de la Commission d’accès à l’information.

Le 1er juin, premier jour du Mois de l’eau, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité une motion demandant au gouvernement « d’étudier la possibilité de modifier le cadre juridique », puisque « la gestion durable de l’eau repose sur la transparence » et « l’accès du public aux données ».

Avec la collaboration de Denis Lessard

Top 5 des secteurs paient le plus de redevances

Usines de pâtes et papiers

898 000 $

Fabrication de boissons

388 000 $

Fabrication de produits chimiques de base

371 000 $

Extraction de minerais métalliques

210 000 $

Sidérurgie

171 000 $

Trop peu et certainement trop tard. Décidément la CAQ est un cancre de première classe en matière d’environnement et de développement durable. En continuant à demander des redevances ridicules au niveau des ressources naturelles, elle poursuit la dilapidation de nos richesses et favorise les entreprises exploitantes (souvent des multinationales) à faire des profits considérables sur le dos de la nation.

Après avoir laissé les entreprises piller notre eau durant une décennie, à l’instar du gouvernement précédent, par des redevances totalement dérisoires, voilà que subitement la CAQ décide d’utiliser en fin de session sa honteuse négligence pour la transformer en promesse électorale pour le prochain scrutin d’automne.

En d’autres mots elle cible une ressource naturelle qui appartient déjà à tous les québécois, pour s’en servir ironiquement comme cadeau à la population si elle est reportée au pouvoir. En effet elle ne bougera pas, même si tous les partis sont unanimes, et permettra cette fuite considérable de notre richesse collective en se comportant comme un gouvernement de colonisés.

Mais attention pour que cesse cet abus, elle nous promet d’intervenir par une loi spécifique seulement si elle reportée au pouvoir. Autrement elle s’en lave les mains puisque l’environnement est pour elle un irritant qui doit servir le pouvoir et non le contraire.

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Opercule, producteur piscicole Comme un poisson dans l’eau aux abords de l’autoroute 40

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Des bassins remplis de poissons, des dispositifs d’assainissement des eaux, des nourrisseurs automatisés… On s’attend à trouver ces installations près d’un cours d’eau ou en région. Mais elles se situent plutôt en plein cœur de Montréal, aux abords de l’autoroute 40.

Publié à 7h00

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Texte : William Thériault

Texte : William Thériault La Presse

Photos : Marco Campanozzi

Photos : Marco Campanozzi La Presse

« De l’autre côté de la ligne rouge, on met des bottes et un sarrau ! », lance Nicolas Paquin, à notre arrivée. Cofondateur d’Opercule, il nous accueille dans ses locaux bien cachés au sous-sol de La Centrale Agricole, une coopérative de l’arrondissement de Saint-Laurent. L’objectif : y produire 30 tonnes de poisson par année.

Sur place, l’homme nous montre près d’une dizaine de bassins. Pour le moment, quatre d’entre eux sont peuplés par des ombles chevaliers, un salmonidé d’eau douce. Ils vivent dans le seul endroit au Québec où l’on pratique la pisciculture urbaine, soit le fait d’élever des poissons à usage commercial en ville.

Ici, quelque 35 000 poissons vivent dans un environnement qui se veut le plus propre et sûr possible. « On a des caméras et un système de contrôle accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, souligne M. Paquin. On y a accès de la maison. Et on ne met pas d’antibiotiques ni d’hormones de croissance dans l’eau. Juste du sel pour les bactéries. L’eau de ville est souvent plus agressive et compte moins de pathogènes. »

« Les bassins viennent du Texas, on a pas mal de pièces qui viennent de Baton Rouge, en Louisiane, et il y a aussi de l’équipement de Norvège et d’Allemagne », explique-t-il en montrant différentes machines.

C’est le fun. C’est comme un gros aquarium. Tu vas au rythme des poissons, tu les regardes nager, tu les nourris. Entre ça et répondre à des courriels, c’est un différent train de vie.

Nicolas Paquin, cofondateur d’Opercule

Vocation verte

Dans une pisciculture traditionnelle, l’eau n’est habituellement pas récupérée. Elle est filtrée, puis rejetée dans l’environnement. Grâce à une combinaison de machines formant un circuit fermé, Opercule arrive à utiliser « de 100 à 200 fois » moins d’eau que la normale. Quelque 6000 litres d’eau par minute y sont en circulation, mais de cette quantité, seulement 14 litres par minute sont remplacés : un taux de récupération d’environ 99,8 %.

« J’ai toujours eu cette fibre écologique », affirme l’autre fondateur d’Opercule, David Dupaul-Chicoine, en entrevue téléphonique. « Ma vision de l’entreprise, c’est ça depuis le début : avoir une perspective de développement durable, mais pour vrai. Pas juste des petits points qui paraissent verts pour avoir de bonnes ventes. »

Dans chaque décision qu’on prend, cet aspect [environnemental] est très présent.

David Dupaul-Chicoine, cofondateur d’Opercule

Opercule prévoit amorcer la commercialisation de ses produits en décembre.

Toujours dans une optique verte, l’entreprise envisage un partenariat avec La roue libre, un service de livraison montréalais qui transporte la marchandise en vélo électrique. Pour l’emballage, M. Dupaul-Chicoine planifie de s’entendre avec la société québécoise Cascade, qui fabrique des boîtes en carton recyclables laminées avec film réfléchissant.

Montréal, un pur hasard

Respectivement originaires de Québec et de Montréal, Nicolas Paquin et David Dupaul-Chicoine se sont rencontrés à l’École des pêches et de l’aquaculture du Québec, à Grande-Rivière, en Gaspésie. L’ingénieur et le musicien de formation se sont tous les deux réorientés vers la pisciculture en 2016.

À la base, ils souhaitaient s’établir dans la région, jusqu’à ce qu’ils réalisent que Montréal remplissait les conditions idéales pour une pisciculture.

« Un bassin versant sans surplus de phosphore, une usine d’épuration d’eau, la proximité avec les restaurateurs. Chaque fois qu’on avait un problème, Montréal le réglait », indique Nicolas.

Jeter les bases du projet s’est avéré un processus de longue haleine. Dans le garage de David, ils ont d’abord mené un projet pilote à petite échelle, avant d’emménager dans les locaux qu’ils occupent actuellement en 2019.

En janvier 2021, le duo a obtenu ses permis et des subventions du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. En novembre, il recevait les premiers œufs de poisson.

« La mise en marché qui approche, je trouve ça excitant, mais stressant un peu. […] On voit grandir quelque chose », conclut David.

En savoir plus

  • De 600 à 900 tonnes
    Volume de production annuel qu’Opercule vise, à long terme. Pour cela, il faudra nécessairement déménager. Mais ce n’est pas pour tout de suite.

Source : Opercule

Planète bleue, idées vertes Savoir planter des choux (à travers du carton)

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Caroline Lévesque, Anneleen Permeel et Théo Germond Trudeau dévoilent une parcelle où ils entreposent et étendent du carton, utilisé ici pour préparer la terre à être mise en culture l’an prochain.

(Saint-Damien-de-Buckland) La coopérative Les Choux Gras réutilise des cartons d’emballage du constructeur d’autocars Prevost pour enrichir le sol de ses champs et protéger ses cultures des mauvaises herbes. Plus d’une tonne de carton a ainsi pu être valorisée et détournée du recyclage cette année. Et ce n’est qu’une des multiples matières résiduelles dont cette coop de la région de Bellechasse fait… ses choux gras.

Publié à 6h00

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Ariane Krol

Ariane Krol La Presse

Edouard Plante-Fréchette

Edouard Plante-Fréchette La Presse

« En agriculture conventionnelle comme en agriculture biologique, ils seraient contents d’avoir des choux comme ça », souligne le maraîcher Théo Germond Trudeau, en levant fièrement la toile verte qui abrite la parcelle de choux de la coop. « Ils vont être gros et il n’y a pas eu d’attaque d’insectes. Le rendement va être là. »

Les crucifères sont si rapprochées qu’on ne voit plus le sol recouvert de cartons, à travers lesquels elles ont été plantées.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Théo Germond Trudeau, maraîcher à la coopérative Les Choux Gras

« Le carton nous permet de planter plus serré vu qu’on n’a pas de désherbage à faire », explique M. Germond Trudeau. Le carton formant une barrière que les mauvaises herbes n’arrivent pas à transpercer, nul besoin de laisser de passage entre les rangs pour aller sarcler.

La surface cultivable est donc utilisée au maximum et le travail, réduit au minimum.

« On plante et on récolte », résume le maraîcher.

Quant au carton, il se décomposera sur place, enrichissant le sol en carbone. La coop en utilise aussi pour développer de nouvelles parcelles. Placé sous une bâche l’été et exposé aux intempéries l’hiver, le carton vient à bout du gazon, préparant le sol pour l’année suivante.

Entente avec Prevost Car

Jusqu’à l’an dernier, l’approvisionnement dépendait des membres, qui récupéraient des petites boîtes ici et là.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Caroline Lévesque, directrice générale de la coopérative Les Choux Gras

« C’était tellement apprécié ! Mais pour agrandir les jardins, c’était plus lent qu’avec le carton auquel on a eu accès cette année par Prevost Car », explique la directrice générale de la coop, Caroline Lévesque.

À l’usine Prevost de Sainte-Claire, à une vingtaine de minutes de là, les sièges destinés aux autocars et aux maisons motorisées arrivent protégés par de très grands cartons plats tout neufs.

« On s’est demandé s’il y avait une manière plus écologique d’en disposer. On a donc cherché dans la région comment ce pourrait être réutilisé, mieux valorisé qu’en l’envoyant je ne sais où comme recyclage », raconte Bernard Juneau, gérant d’usine et responsable du programme environnemental chez Prevost.

L’organisme Synergie Bellechasse-Etchemins l’a mis en contact avec Les Choux Gras.

On veut faire de l’économie circulaire et on souhaite que nos matières résiduelles deviennent une matière première pour d’autres. J’aime bien mieux aider un petit organisme local qu’un gros recycleur.

Bernard Juneau, gérant d’usine et responsable du programme environnemental chez Prevost

Prevost doit en effet payer 242 $ par conteneur de papiers et cartons mélangés envoyé au recyclage. Les 1100 kg de carton donnés aux Choux Gras cette année ont donc permis de réduire la facture. « On aimerait bien qu’ils prennent tout notre carton, mais on en a trop », dit M. Juneau.

« Il y a plein de matériel et de matière qu’on pourrait réutiliser, mais le hic, c’est le transport : on n’a pas la capacité d’investir dans un camion pour être en mesure de tout transporter », explique Mme Lévesque.

La coop aimerait par exemple récupérer la matière résiduelle d’un des membres, qui produit des champignons dans des blocs de culture remplis de sciure et de céréales. Elle a incorporé un peu de ce mélange au sol de ses plants de tomates cultivés en serre, mais n’a pas pu aller en chercher davantage, faute de moyen de transport.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Théo Germond Trudeau montre des plants au pied desquels la coop a étendu des résidus de tonte de gazon et de branches déchiquetées en copeaux.

D’autres matières lui sont heureusement amenées, comme le gazon coupé dans les environs par la municipalité, dont une partie se retrouve au pied des plants de navets et de rabioles. L’entreprise d’émondage Arboriculture de Beauce lui a aussi livré des branches broyées en copeaux, que la coop utilise comme paillis. Et l’an passé, elle avait demandé à ses membres d’apporter des feuilles mortes pour les étendre dans les champs.

Tous ces résidus contribuent à « prendre soin de la terre », un principe central de la permaculture pratiquée par Les Choux Gras.

« Les gens ont tendance à ‟nettoyer” leur jardin et à laisser le sol exposé à nu pendant l’hiver parce que pour eux, c’est propre et prêt pour le printemps. Mais ça va à l’encontre de ce que la nature aimerait, parce que c’est comme une plaie ouverte », illustre Mme Lévesque.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Théo Germond Trudeau au travail

Une seconde vie

Les matières résiduelles ne sont pas les seules à connaître une nouvelle vie ici.

Les 5,5 hectares que cultivent et développent Les Choux Gras étaient auparavant exploités par la congrégation Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours, dont on aperçoit l’ancien couvent en contrebas.

La vision de la coop, qui fait aussi de la formation et de la consultation en permaculture dans le sud de Bellechasse, a convaincu les sœurs de lui vendre leurs terres en 2018. Elles lui ont même fait un don de 40 000 $, pour contribuer à l’aménagement d’un parc nourricier dans un vaste champ en friche situé de l’autre côté du ruisseau.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Caroline Lévesque, directrice générale de la coopérative Les Choux Gras, dans le verger qui avait été laissé à l’abandon sur la propriété, et que la coop a entrepris de revitaliser

Ce parc ouvert au public permettra de voir des exemples concrets de permaculture. Le projet, qui fera l’objet d’une campagne de sociofinancement le printemps prochain, accueillera notamment des arbres et arbustes fruitiers, des arbres à noix, des légumes vivaces comme des asperges et de l’oseille, des champignons et des plantes médicinales, mais aussi des bancs et des espaces artistiques.

Consultez le site des Choux Gras

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La nature, un « actif financier » pour les villes ?

PHOTO ANDREJ IVANOV, ARCHIVES LA PRESSE

Les règles actuelles de comptabilité interdisent aux municipalités d’inscrire les actifs naturels dans leurs états financiers.

La valeur de nos actifs naturels, que ce soient nos forêts, lacs ou milieux humides, doit être inscrite dans les états financiers des villes au même titre que n’importe quelle autre infrastructure, fait valoir un rapport de l’Université de Waterloo qui établit la valeur financière d’actifs naturels du Québec et du Canada.

Publié à 5h00

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Isabelle Dubé

Isabelle Dubé La Presse

Les règles actuelles de comptabilité interdisent aux municipalités d’inscrire les actifs naturels dans leurs états financiers. Cette clause d’exception visant les ressources naturelles non achetées se retrouve dans le cadre conceptuel du Conseil sur la comptabilité dans le secteur public (CCSP). Un guide pour les comptables.

Une centaine de villes canadiennes ont déjà fait leurs devoirs pour établir la valeur de leurs champs, marais littoraux, dunes, sols, forêts, rivières, lacs et milieux humides. Or, elles sont bloquées par le CCSP.

« On demande aux gens d’investir dans la nature, mais si la nature ne vaut rien dans les états financiers, comment calcule-t-on le retour sur investissement ? », demande la chercheuse Joanna Eyquem, directrice générale du Centre Intact d’adaptation au climat de l’Université de Waterloo.

« C’est ça, le gros problème actuellement, poursuit-elle. Si la nature avait une valeur au même titre que les infrastructures qui offrent des services, on pourrait comptabiliser le retour sur investissement. »

Le fournisseur d’assurance Intact Corporation financière et KPMG, prestataire de services en matière d’audit et de fiscalité, se sont joints à l’Université de Waterloo et à l’Initiative des actifs naturels municipaux (MNAI) pour la rédaction du rapport.

« Il y a des comptables et des professionnels des milieux financiers qui en viennent aux mêmes arguments. Ça démontre que ce n’est pas qu’une histoire d’ONG », affirme la chercheuse Joanna Eyquem.

Pourquoi fixer le prix d’un lac ou d’une forêt

Certaines zones de la province de Québec sont soumises à de forts arbitrages, notamment au sujet de l’étalement urbain, explique en entrevue Jérôme Dupras, professeur agrégé à l’Université du Québec en Outaouais et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en économie écologique.

Qu’on pense aux besoins pour le développement résidentiel, industriel, l’agriculture de proximité, la conservation et le développement de routes. « Il y a beaucoup d’éléments dans le même panier lors d’un processus d’aménagement du territoire. En faisant l’exercice d’établir un montant, ça permet de dire : voici la valeur de ces infrastructures naturelles près des villes, et ces valeurs donnent des indicateurs pour prendre des décisions éclairées. »

Si nos actifs naturels étaient considérés comme des infrastructures, on pourrait aussi les voir comme des investissements et non comme des dépenses dans les états financiers, précise le chercheur, également musicien du groupe Les Cowboys Fringants.

« Au départ, un aqueduc est une dépense, explique-t-il. Mais ensuite, on est capable de l’immobiliser, de ventiler la dépense sur une longue période. En milieu urbain, quand on va planter un arbre, le remplacer, parce qu’il est blessé, faire de l’arrosage, ça tombe dans les colonnes de dépenses d’une ville. »

Notre forêt urbaine rend pourtant des services quantifiables aux citadins, indique Jérôme Dupras. Elle capte des polluants atmosphériques permettant de diminuer les épisodes d’asthme et d’effets sur la santé tandis que le terrain des arbres capte des mètres cubes de molécules d’eau qui diminue la pression sur les systèmes d’égout. « Ç’a un impact sur la valeur foncière des immeubles. »

« Les milieux humides, les forêts et les marais salés ne sont pas seulement essentiels à la biodiversité », explique de son côté Mike Pederson, président de la Banque de développement du Canada (BDC) et administrateur et président de Conservation de la nature Canada. « Ils sont aussi nos alliés de première ligne dans la réduction des répercussions des inondations, de l’érosion, des canicules et des sécheresses, en plus de contribuer à l’élimination des émissions de carbone, freinant ainsi les changements climatiques. »

Une méthode de calcul universelle demandée

Les auteurs du rapport souhaitaient établir une méthodologie et des normes spécifiques sur lesquelles tous les gouvernements et villes pourraient se baser pour établir la valeur de chaque actif naturel. Actuellement, les spécialistes calculent la valeur du service rendu par la nature, le coût pour une ville de construire une infrastructure qui offre le même service et le coût des dommages si l’actif disparaissait.

À titre d’exemple, les milieux humides de la région métropolitaine de Québec vont réduire les dommages dus aux inondations à cause de leur capacité de ralentissement, de stockage et d’évaporation des eaux de pluie excédentaires. Ces services ont un coût.

Ailleurs dans le monde, des pays comme le Royaume-Uni, l’Afrique du Sud et les États-Unis ont entrepris des démarches pour intégrer la valeur de la nature à leurs systèmes comptables nationaux.

Consultez le rapport de l’Université de Waterloo

Combien valent ces actifs naturels ?

Les infrastructures naturelles rendent des services à la population au même titre que les infrastructures construites par l’humain comme les réseaux de distribution d’eau, les routes, les gazoducs, les stations d’épuration des eaux usées, les hôpitaux et les écoles.

Forêts urbaines et rurales de la grande région de Montréal : 2,2 milliards de dollars/an
Valeur des écosystèmes de la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ) : 1,1 milliard de dollars/an
Milieux humides de la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ) : 49,8 millions de dollars/an
Ceinture de verdure et parc de la Gatineau : 5,2 millions de dollars/an > Bassin versant du ruisseau Oshawa (Ontario) : 18,9 millions de dollars/an

Soprema investit 30 millions dans une nouvelle usine à Drummondville

L’entreprise française Soprema se spécialise dans les produits d’étanchéité et d’isolation.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Dumas

Radio-Canada

2022-10-13 | Mis à jour hier à 23 h 43

L’entreprise française Soprema, qui se spécialise dans les produits d’étanchéité et d’isolation, a annoncé jeudi qu’elle construira une nouvelle usine à Drummondville. Ce projet sera rendu possible grâce à un investissement de 30 millions de dollars et à un soutien remboursable d’un million de la part du fédéral. L’objectif de l’entreprise est ainsi de bâtir sa propre chaîne d’approvisionnement, tout en réduisant son empreinte écologique.

L’usine traitera le polyol recyclé. Cette matière est entre autres présente dans les bouteilles de plastique et servira à fabriquer des panneaux isolants.

Ce qu’on va faire, c’est recycler d’une part des produits qui sont assez traditionnels et qui peuvent être recyclés, comme les bouteilles de […] liqueur, mais ça peut aller jusqu’au recyclage de vêtements, aussi. Ce que nous sommes en train de développer, c’est une filiale de recyclage de matériaux, explique le vice-président de Soprema, Richard Voyer.

Présentement, des panneaux isolants de l’entreprise sont en partie fabriqués avec des matières américaines, ce qui est loin d’être idéal, concède-t-il.

La situation des matières premières est criante pour toute l’entreprise. On se fiait souvent aux États-Unis, et on s’est rendu compte que, malgré le libre-échange, les gens pensent à eux en premier, explique-t-il.

Dix emplois seront créés par le projet. La construction de la nouvelle usine devrait s’amorcer au printemps, aux abords de l’usine existante.

C’est une usine qui va être hyperperformante, avec peu d’employés, mais qui va générer des bienfaits économiques et environnementaux pour la société, souligne Richard Voyer.

La mairesse de Drummondville et le ministre du Patrimoine canadien Pablo Rodriguez étaient sur place lors de l’annonce.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Dumas

La mairesse de Drummondville, Stéphanie Lacoste, accueille le projet de manière très positive.

Soprema est vraiment une industrie qui va nous aider dans notre nouvelle vision économique qu’on veut implanter à Drummondville, souligne-t-elle.

Le ministre canadien du Patrimoine, Pablo Rodriguez, était sur place jeudi pour annoncer l’aide remboursable fédérale.

C’est une contribution qui est remboursable sans intérêt, et qui va permettre de donner un petit coup de pouce. C’est notre façon à nous de venir encourager ceux qui vont de l’avant et ceux qui innovent, a-t-il déclaré en conférence de presse.

Avec les informations de Jean-François Dumas

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Des truites fraîchement pêchées… à Ahuntsic!

Des perchaudes en contexte d’aquaponie Photo: Gracieuseté, ÉAU

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Alexis Drapeau-Bordage

2 novembre 2022 à 13h41 - Mis à jour 2 novembre 2022 à 14h36 2 minutes de lecture

L’Arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville a autorisé le réaménagement d’un bâtiment de la rue Meilleur pour en faire une ferme d’aquaponie qui produira de la truite arc-en-ciel, en plus de fruits et légumes.

L’aquaponie est un système qui permet la production en symbiose de plantes et de poissons. Les pousses sont installées au-dessus d’aquariums et utilisent l’eau et les déchets produits par les poissons pour grandir. L’eau est ainsi filtrée par les plantes et n’a presque pas à être changée, contrairement à l’eau utilisée dans un élevage de pisciculture classique.

L’entreprise québécoise ÉAU (Écosystèmes alimentaires urbains) s’occupera des installations. Le groupe avait notamment annoncé en avril l’ouverture d’un laboratoire de recherche et développement à Montréal, le LabÉAU.

Les plantes et truites produites à Ahuntsic seront avant tout mises en vente dans les épiceries, marchés et restaurants locaux. De la vente directe et par panier en ligne est aussi prévue pour les particuliers.

La Direction du développement du territoire a émis un avis favorable au projet, soulignant l’impact positif de l’agriculture urbaine, de l’achat de produits locaux, de la rénovation du bâtiment et du verdissement de celui-ci.

Le taux de verdissement passera en effet de 1% à 35% de la superficie du bâtiment, avec 28% d’espace au sol et 7% sur la toiture.

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Ahuntsic-Cartierville

Agriculture Ahuntsic: deux nouvelles entreprises sur la rue Meilleur

Photo: iStock

Yann Nopieyie

15 novembre 2022 à 20h18 - Mis à jour 15 novembre 2022 à 20h21 2 minutes de lecture

Le quartier de l’agriculture urbaine, situé sur la rue Meilleur à Ahuntsic, accueillera deux nouvelles entreprises. Il s’agit de Vertité et CitiPouss. Tandis que la première se spécialise dans la production de fraises, l’autre souhaite mettre sur pied la première ferme aquaponique au Québec.

Une ferme aquaponique désigne l’idée de combiner un élevage de poissons et une production hydroponique avec des légumes, des fines herbes et des laitues. Les deux productions travaillent de pair puisque l’une va alimenter l’autre. Une petite quantité d’eau issue de l’élevage de poisson et contenant des nutriments peut être utilisée dans une petite zone horticole.

En plus de la ferme aquaponique, CitiPouss souhaite intégrer un café ainsi qu’un kiosque dans ses locaux. Les fraises produites par Vertité en revanche seront conçues à l’intérieur dans un environnement fermé, sans pesticides, dans l’immeuble voisin.

Situé en plein cœur de Montréal à l’Est du District central, le quartier de l’agriculture urbaine est un lieu de production de légumes, de poissons et de fraises. Cela fait près de dix ans que ce projet a été lancé avec les fermes Lufa ainsi que la Centrale Agricole, un édifice qui abrite différentes productions comme du vin, des champignons et du poisson.

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Planète bleue, idées vertes Un F-150 qui réduit les GES

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

L’employé Samuel Goyette (à droite) explique le fonctionnement de la camionnette électrique que l’écocentre prête gratuitement aux citoyens pour leur permettre d’apporter leurs rebuts surdimensionnés.

(Joliette) Pour éviter que les gros rebuts dont les citoyens veulent se débarrasser finissent au dépotoir, la MRC de Joliette leur prête une camionnette électrique. Ils peuvent ainsi les apporter à son écocentre, où les deux tiers des matières reçues sont revalorisées.

Publié à 5h00

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Texte : Ariane Krol
Texte : Ariane Krol La Presse


Photos : Robert Skinner
Photos : Robert Skinner La Presse

Grisaille, pluie, vent, rien n’arrête le citoyen désireux de faire place nette. En ce jeudi après-midi frisquet, gros camions et petites remorques chargés de meubles et de matériaux divers se succèdent à l’écocentre logé dans le parc industriel de Joliette.

Les citoyens qui n’ont pas de moyen de transport adéquat pour leurs rebuts surdimensionnés peuvent faire appel à la collecte d’encombrants, mais tout ce qui est ainsi ramassé par les éboueurs est envoyé au centre d’enfouissement.

« La destination ultime des collectes d’encombrants, c’est l’élimination, et pour moi, ce n’est pas une solution. Il fallait que je trouve des solutions de rechange, novatrices et concrètes », raconte le directeur de la planification et de la gestion du territoire de la MRC, Mario Laquerre.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Mario Laquerre, directeur de la planification et de la gestion du territoire à la MRC de Joliette. « Ça, c’est seulement une semaine », dit-il au sujet des déchets électroniques qui s’empilent derrière lui.

La « destination alternative » existait déjà, puisque l’écocentre, géré par la MRC, recycle 65 % des quelque 3000 tonnes de matières reçues chaque année.

Solution de transport

Ce qui s’est ajouté cet automne, c’est une solution de transport alternative — une camionnette F-150, robuste mais électrique, que l’écocentre prête gratuitement aux citoyens des sept municipalités de la MRC désireux d’apporter leurs encombrants. C’est une première au Québec. Après une vingtaine de journées de service, le véhicule avait déjà été emprunté par une trentaine de résidants.

« Je n’ai pas l’habitude de conduire une camionnette, je n’avais jamais conduit une voiture électrique avant, et j’ai adoré ça. Ç’a été vraiment un charme », nous a raconté Violaine Pelletier, de Joliette.

Lorsque le bas de son duplex a été inondé durant les pluies torrentielles de la mi-septembre, elle s’est retrouvée avec « une quantité incroyable de déchets ». Plancher, bois de construction, meubles, vêtements, papiers, livres, il y en avait tellement qu’elle a emprunté la camionnette électrique à deux reprises, pour un total de sept chargements.

PHOTO FOURNIE PAR VIOLAINE PELLETIER

Violaine Pelletier a pu apporter sept chargements de rebuts à l’écocentre grâce à la camionnette prêtée par la MRC de Joliette.

C’est innovateur comme vision, et ça vient répondre à plusieurs besoins — le besoin personnel d’un camion, mais aussi l’aspect écologique de la chose, et l’aspect communautaire. Je nous ai trouvés impressionnants, à Joliette !

Violaine Pelletier, utilisatrice du service

La camionnette blanc et vert arborant l’inscription « Empruntez ce véhicule » a d’ailleurs suscité la curiosité de plusieurs voisins, dont au moins un s’est promis de l’emprunter aussi.

« Ça fait partie de la philosophie : on essaie de réduire les gaz à effet de serre et en même temps, on fait connaître l’électrification des transports à plein de citoyens », confirme M. Laquerre.

Caverne d’Ali Baba

Cette camionnette est un projet de réemploi en soi, puisque le moteur du véhicule était hors d’usage. La MRC l’a acquis pour 3000 $, puis a payé 70 000 $ pour le faire électrifier, une conversion remboursée pour moitié par une subvention.

Le gain pour la MRC ne vient pas seulement des matières détournées de l’enfouissement, mais aussi du transport. Envoyer des éboueurs ramasser des encombrants devant la résidence d’un citoyen, « ça coûte une fortune », souligne M. Laquerre. « C’est deux employés, souvent trois. Et savez-vous combien ça consomme, un camion à déchets ? Jusqu’à 125 litres aux 100 kilomètres ! C’est énorme en termes de GES ! »

La camionnette, qui peut être réservée au téléphone ou sur le site web de la MRC, est prêtée pour une durée maximale de trois heures, uniquement pour apporter des résidus à l’écocentre. Son autonomie est d’environ 160 kilomètres, mais il est interdit de l’utiliser pour déménager, magasiner ou sortir de la MRC. Le véhicule est équipé d’un GPS qui témoigne en tout temps de son emplacement.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Samuel Goyette, un employé de l’écocentre de la MRC de Joliette, transporte l’un des nombreux téléviseurs reçus chaque semaine.

Au début d’octobre, le service a reçu le Prix coup de cœur du Programme GMR Pro, qui récompense les initiatives de gestion des matières résiduelles municipales. Depuis, près d’une quinzaine de localités s’y sont intéressées, indique M. Laquerre. La MRC en aura plus à dire au terme de son essai de deux ans, durant lequel les quantités de matières apportées avec la camionnette électrique, et les émissions de GES ainsi évitées, seront calculées avec précision.

La MRC, qui a repris la gestion de l’écocentre en 2020, développe d’ailleurs de nouveaux débouchés pour les matières reçues. Cela va du tri des branches de cèdre, envoyées à un fabricant d’huiles essentielles, à la remise en valeur des objets en bon état. Tabourets, chaises, ventilateurs, trépieds et autres petits meubles et accessoires sont désormais offerts gratuitement dans deux conteneurs ornés de l’enseigne La caverne d’Ali Baba. « Ce n’est pas ouvert au public. C’est ouvert à ceux qui viennent porter des matières, on veut les récompenser », précise M. Laquerre.

« Il y a une limite au volontariat : essayez ça avec les impôts, vous me direz si ça marche… », prévient toutefois cet urbaniste de formation, qui enseigne la gestion des matières résiduelles à la maîtrise en environnement de l’Université de Sherbrooke depuis 15 ans.

Pour augmenter la proportion de matière détournée de l’enfouissement, il faudrait « des moyens qui vont permettre d’aller plus loin », croit-il.

« À partir du moment où les citoyens ont accès à trois collectes et à un écocentre, ça devrait être une obligation pour eux de les utiliser. »

Consultez le site du service de camion électrique de la MRC de Joliette

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Qualité de l’air « Première mondiale » pour un drone conçu à Québec


PHOTO FOURNIE PAR DRONEXPERTS | L’AirDX-SM, de la firme DroneXperts, est un drone de 4,5 kg disposant d’une autonomie pouvant aller jusqu’à 15 minutes, capable d’intégrer trois méthodes d’échantillonnage de l’air.

Né de l’urgence environnementale lors de la tragédie de Lac-Mégantic en 2015, un tout nouveau drone développé à Québec et présenté comme une « première mondiale » a été officiellement lancé mercredi.

24 novembre 2022 | Publié à 7h00 | KARIM BENESSAIEH | LA PRESSE

L’AirDX-SM, de la firme DroneXperts, est un drone de 4,5 kg disposant d’une autonomie pouvant aller jusqu’à 15 minutes. L’utilisation de ce type d’appareil pour l’échantillonnage et l’analyse de la qualité de l’air n’est pas en soi une nouveauté. Ce qui l’est, explique Patrick Chatelle, directeur, environnement et R&D, chez DroneXperts, c’est l’utilisation simultanée de trois méthodes d’échantillonnage.

Le drone dispose en outre d’un GPS qui permet de géolocaliser et de détecter en temps réel jusqu’à sept gaz différents, dont des gaz à effet de serre. L’AirDX-SM est destiné aux grandes industries qui veulent mesurer les émissions de leurs installations, notamment les usines de pâtes et papiers, les sites d’enfouissement sanitaire et les entreprises pétrolières.

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« On est en mesure d’aller échantillonner dans des endroits où un humain ne peut se rendre », explique M. Chatelle. Plus spécifiquement, le drone peut intégrer trois technologies utilisées pour l’échantillonnage : un réservoir appelé « poumon rigide », un canister et des tubes dits « adsorbants », sur lesquels se fixent des molécules.

Premières livraisons en janvier

La conception a mobilisé une quinzaine d’experts à partir de 2015, provenant notamment du Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ) et du Centre d’expertise en analyse environnementale du Québec (CEAEQ). On voulait notamment répondre aux besoins en « analyse aéroportée » de l’air après la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic, précise M. Chatelle. Experts en robotique, en génies électrique et mécanique, en informatique, en environnement et en drones ont été mis à contribution. À partir de 2018, c’est DroneXperts, entreprise fondée six ans plus tôt, qui a piloté ce que M. Chatelle appelle « l’optimisation », allégeant le drone, le testant sur le terrain et améliorant l’autonomie.

Depuis mars 2022, le gros des efforts est mis dans l’obtention des certifications et la démonstration de la conformité réglementaire de l’AirDX-SM.

Les premières unités, estime le directeur chez DroneXperts, seront livrées en janvier 2023, entièrement fabriquées dans les installations de l’avenue Branly à Québec qui comptent une trentaine d’employés. « Ça va vraiment être fait ici. Tout est planifié pour ça, ça va assurer la fiabilité du produit, de certaines composantes et de calibrations pour qu’il soit entièrement opérationnel. »

S’il assure que la demande pour ce drone est déjà très forte, ayant notamment fait sensation lors d’un salon récent à Abou Dhabi, capitale des Émirats arabes unis, il ne se prononce pas sur le nombre d’unités qui pourraient être vendues dans les prochains mois. Dans un premier temps, on vise les marchés nord-américain et européen.

« L’entreprise est prête à s’ajuster, si des embauches sont nécessaires. »

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Des emballages comestibles aux algues comme alternative au plastique

PHOTO JUSTIN TALLIS, AGENCE FRANCE-PRESSE

Une employée de Notpla démontre la comestibilité d’un produit Ooho, qui s’apparente à du plastique, à Londres.

(Londres) Comment éviter d’emballer boissons et aliments dans du plastique et réduire ainsi la pollution des sols et des océans ? À Londres, une jeune entreprise a trouvé une solution : des emballages comestibles ou naturellement biodégradables, fabriqués à partir d’algues.

Publié à 0h09

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Marie HEUCLIN Agence France-Presse

Une idée qui vaut à l’entreprise Notpla d’être sélectionnée cette année parmi les quinze finalistes du prix Earthshot, créé par le prince William pour récompenser des innovations bonnes pour l’environnement ou la lutte contre le changement climatique.

L’aventure de Notpla a commencé dans une petite cuisine londonienne. Le Français Pierre Paslier et l’Espagnol Rodrigo Garcia Gonzalez, tous deux étudiants au Royal College of Art de Londres pour se former à la conception de produits innovants, cherchaient à créer des emballages non nocifs pour l’environnement.

« Ingénieur packaging chez L’Oréal, je développais des solutions packaging en plastique, des bouteilles de shampoing, des pots de crème, et rapidement je me suis rendu compte que je voulais travailler plutôt sur des solutions, que créer plus de plastiques qui finissent dans l’environnement », raconte à l’AFP le Français de 35 ans.

Les deux étudiants cherchent à concevoir des emballages à partir de matières naturelles et biodégradables, contrairement aux plastiques issus de l’industrie pétrochimique.

Après avoir testé différentes plantes, « on a trouvé des extraits d’algues, et on s’est rendu compte qu’on pouvait créer des solutions qui étaient très proches de ce qu’on pouvait trouver dans la nature, et même éventuellement mangeables », se souvient Pierre Paslier.

Texture gélatineuse

La vidéo où ils présentent leur concept d’emballage en forme de bulle comestible, baptisée Ooho, devient virale sur l’internet, suscitant l’intérêt d’investisseurs. En 2014, les deux étudiants fondent Notpla, désormais en pleine expansion avec plus de 60 salariés et sur le point de fabriquer ses produits à l’échelle industrielle.

Leur emballage bulle, de la taille d’une grosse tomate cerise, créé à partir d’extraits d’algues selon un processus gardé secret, peut encapsuler toute sorte de liquides : de l’eau, des cocktails utilisables durant des festivals, ou des boissons énergétiques distribuées par exemple en 2019 aux coureurs du marathon de Londres.

Dans la bouche, sa texture s’apparente à un bonbon gélatineux.

C’est dans leurs bureaux situés dans un grand hangar à deux pas du parc olympique Queen Elizabeth de Londres, que se fait la production des bulles, celle des autres produits étant sous-traitées à des fabricants en Europe. La jeune équipe y a aussi ses laboratoires pour mettre au point de nouveaux produits, toujours à base d’algues.

Elle a, par exemple, développé un revêtement biodégradable naturellement pour les boîtes de repas à emporter, qui sert à protéger l’emballage de la graisse ou des aliments liquides.

Notpla fournit ainsi le géant du secteur Just Eat au Royaume-Uni et dans cinq autres pays européens. Les aliments vendus durant la finale de la Coupe d’Europe féminine de football au stade de Wembley à Londres en juillet étaient emballés par Notpla.

« Atouts incroyables »

Une de ses dernières innovations est un emballage transparent pour les produits secs, comme les pâtes.

Les algues « ont des atouts incroyables », explique Pierre Paslier. Elles « poussent très vite, certaines des algues qu’on utilise dans nos labos poussent de près d’un mètre par jour. […] En plus de ça, il n’y a besoin d’aucune activité humaine pour les faire pousser, pas besoin de rajouter de l’eau potable ou des engrais », précise-t-il.

Et « les algues sont là depuis des milliards d’années, donc où que notre packaging finisse, la nature sait très bien comment déconstruire et réutiliser ces matériaux sans créer de pollution », vante l’ingénieur.

Pour l’instant, les produits de Notpla restent plus chers que ceux en plastique, mais en commençant à produire à grande échelle leur boîte pour les repas à emporter, le surcoût a été ramené à 5 à 10 %.

L’entreprise se veut une alternative parmi d’autres pour réduire la consommation de plastique, au moment où de nombreux pays durcissent leur réglementation.

Selon un récent rapport de l’OCDE, au rythme actuel, la quantité de déchets plastiques triplerait d’ici 2060, à un milliard de tonnes par an, dont une grande partie pollue les océans, menaçant de nombreuses espèces.

Cette année, outre Notpla, quatorze autres entreprises sont finalistes du prix Earthshot. Cinq d’entre elles seront distinguées, remportant 1 million de livres (1,62 million CAD) chacune.

Les prix seront décernés le 4 décembre à Boston aux États-Unis, lors d’une cérémonie retransmise en direct.

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Commandes pour emporter : des restaurants offrent des contenants consignés

Radio-Canada Info

Les commandes pour emporter au restaurant génèrent beaucoup de déchets. Une coopérative montréalaise a trouvé une solution à ce problème : offrir des contenants consignés aux clients, qui doivent ensuite les rapporter à des points de dépôt.

Un nombre grandissant de restaurateurs offrent cette option, qui permet aux consommateurs de poser un geste concret pour l’environnement.

Le reportage d’Olivier Bachand #TJ18H