Consommation

Panier d’épicerie/Pourquoi taxer encore la nourriture?

La distribution de chèques du gouvernement fédéral prétend aider les consommateurs, mais en maintenant la TPS sur la nourriture, leur besoin le plus fondamental continue d’être taxé.

Difficile de se prononcer contre un programme ciblé de ce type. Mais une question s’impose : plutôt que de bonifier les crédits de TPS, pourquoi ne pas éliminer la TPS sur la nourriture, tout simplement ? Nous estimons que les Canadiens paient entre 7 et 10 milliards de dollars par année en TPS sur l’alimentation, tant à l’épicerie qu’au restaurant.

Contrairement à une idée largement répandue, il n’y a pas uniquement les produits « de cochonneries » qui sont taxés à l’épicerie. De nombreux produits préparés, notamment les salades, sandwichs, plats prêts à manger, se voient également assujettis à la taxe. Avec la réduflation, un nombre croissant de produits deviennent d’ailleurs taxables simplement en raison de la diminution du format.

Le gouvernement a aussi évoqué son intention de s’attaquer à la réduflation par l’entremise de l’étiquetage, à l’image de ce que le Québec a mis en place l’an dernier, tout en demandant au Bureau de la concurrence de s’y intéresser davantage. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi.

Reste maintenant à voir si ces mesures s’attaqueront réellement aux causes structurelles du problème, plutôt qu’à ses seuls symptômes.

Résumé

Ottawa vient encore une fois à la rescousse des consommateurs avec une annonce à fort caractère populiste. Le premier ministre Mark Carney a fait cette annonce plus tôt cette semaine dans une épicerie, décor familier, mais révélateur, où aucun prix alimentaire n’est visible, rappelant ainsi certaines mises en scène de l’ère Trudeau. Cette mesure s’accompagne d’un slogan destiné à soutenir les ménages les moins nantis, lesquels bénéficient déjà du crédit de la taxe sur les produits et services (TPS).

Le programme, désormais rebaptisé Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels, porte un nom efficace et a un objectif électoraliste.

Environ 12 millions de Canadiens seront touchés par la mesure. Une approche ciblée comme celle-ci a donc un potentiel d’efficacité. Cela dit, chaque fois que des fonds publics sont réinjectés directement dans l’économie, un risque inflationniste demeure. On tente alors de corriger un problème, le coût de la vie, tout en risquant d’en amplifier certains mécanismes sous-jacents.

Cela reste néanmoins beaucoup plus modeste que les programmes provinciaux, notamment au Québec, où des chèques ont été envoyés à l’ensemble de la population, essentiellement pour des raisons politiques. Cette stratégie avait d’ailleurs porté ses fruits pour la Coalition avenir Québec de François Legault en 2022, avec des paiements allant jusqu’à 600 $ par adulte pour « compenser » l’inflation.

Concrètement, une famille de quatre personnes pourrait recevoir jusqu’à 1890 $ cette année, puis environ 1400 $ par an au cours des quatre années suivantes avec l’annonce fédérale. Une personne seule pourrait toucher jusqu’à 950 $ cette année, puis environ 700 $ par an par la suite⁠1.

Difficile de se prononcer contre un programme ciblé de ce type. Mais une question s’impose : plutôt que de bonifier les crédits de TPS, pourquoi ne pas éliminer la TPS sur la nourriture, tout simplement ? Nous estimons que les Canadiens paient entre 7 et 10 milliards de dollars par année en TPS sur l’alimentation, tant à l’épicerie qu’au restaurant.

Contrairement à une idée largement répandue, il n’y a pas uniquement les produits « de cochonneries » qui sont taxés à l’épicerie. De nombreux produits préparés, notamment les salades, sandwichs, plats prêts à manger, se voient également assujettis à la taxe. Avec la réduflation, un nombre croissant de produits deviennent d’ailleurs taxables simplement en raison de la diminution du format.

Les règles fiscales frôlent parfois l’absurde. Des taxes s’appliquent ou non sur les muffins selon leur prix : s’ils coûtent plus de 4 $ l’unité, la TPS/TVH s’applique ; à 4 $ ou moins, ils sont exempts de taxe. Une boîte de cinq barres tendres se voit soumise à la taxe, tandis qu’une boîte de six n’est généralement pas taxable, puisque la réglementation distingue les collations individuelles des formats multiples destinés à une consommation ultérieure. Résultat : jusqu’à 15 % de différence de prix pour des raisons difficilement justifiables. Tout simplement aberrant !

Le plan annoncé cette semaine comprend également des investissements visant à réduire les coûts de production alimentaire et à renforcer les chaînes d’approvisionnement afin d’atténuer les pressions sur les prix. Bien que louable, cette mesure ne peut agir seule, le secteur privé devra aussi assumer sa part de responsabilité.

On note également l’annonce de 150 millions de dollars pour un Fonds de sécurité alimentaire destiné à soutenir les petites et moyennes entreprises ainsi que des organisations locales. Les contours du programme demeurent flous, mais l’initiative semble, à première vue, raisonnable.

Enfin, 20 millions de dollars seront consacrés au Fonds des infrastructures alimentaires locales afin d’aider les banques alimentaires et les programmes communautaires à offrir des aliments plus nutritifs. Il s’agit, sans conteste, d’un bon investissement. Il n’existe pas de meilleur réseau ni de meilleures personnes pour opérationnaliser l’aide directe entre les humains que les banques alimentaires. Ces fonds seront utilisés à bon escient.

Le gouvernement a aussi évoqué son intention de s’attaquer à la réduflation par l’entremise de l’étiquetage, à l’image de ce que le Québec a mis en place l’an dernier, tout en demandant au Bureau de la concurrence de s’y intéresser davantage. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi.

Reste maintenant à voir si ces mesures s’attaqueront réellement aux causes structurelles du problème, plutôt qu’à ses seuls symptômes.

1. Lisez « Le gouvernement Carney annonce une bonification du crédit de la TPS »

Des algues à sushis d’ici

Les Canadiens intègrent de plus en plus les algues à leur alimentation, mais celles qu’on trouve sur le marché sont principalement importées d’Asie. Des essais sont en cours pour cultiver au Québec plusieurs espèces d’algues, dont la nori, utilisée dans la préparation des sushis. La semaine verte a voulu en savoir plus.

William Cyr-Lamy a développé une passion pour l’eau aux Philippines et en Indonésie, où il a travaillé pendant plusieurs années à la restauration des coraux. En rentrant au Québec, il a eu peur de devoir rester à terre.

“Comme beaucoup de monde, je pensais qu’on n’avait pas de mer au Québec. Et que l’eau, c’était fini pour moi”, raconte-t-il.

Puis il a exploré Les Escoumins, sur la Côte-Nord, et les fonds marins de la région. Il a alors découvert la diversité des algues du Québec.

Il a appris à les identifier, à les cueillir à la main et même à en cultiver certaines, en retournant aux études à l’École des pêches et de l’aquaculture du Québec (EPAQ), à Grande-Rivière, en Gaspésie.

Résumé

Il existe dans le monde plus de 12 000 espèces de macroalgues – les algues visibles à l’œil nu. Le Canada en compte plus de 800 espèces, et le Québec, environ 200. La plupart vivent dans la zone intertidale, la partie de la berge couverte et découverte au gré des marées. Elles sont classées en trois familles selon leur pigmentation : les vertes, les rouges et les brunes.

AILLEURS SUR INFO : Alaska, USA : le corbeau et le pistolet

Depuis 2023, William Cyr-Lamy est cueilleur d’algues sauvages. Ciseaux à la main, il sillonne la Haute-Côte-Nord pour ajouter des algues dans nos assiettes. Il les vend au marché ou à des restaurateurs.

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Mais la récolte d’algues sauvages au Québec reste marginale. L’absence de données scientifiques freine le développement de l’industrie.

Certains inventaires datent de plus de 30 ans, parce que le ministère des Pêches et des Océans du Canada ne voyait pas les algues comme une ressource exploitable, mais comme un habitat pour poissons à conserver.

La marée basse aux Escoumins découvre une forêt sous-marine d’ascophylle noueuse (moins intéressante sur le plan gustatif) et de fucus.

Photo : Radio-Canada / Carine Monat

Devant l’insistance de l’industrie, le ministère a reconnu que la désuétude des données affecte la gestion efficace des stocks pour toutes les espèces de macroalgues récoltées.

En 2025, les scientifiques de Pêches et Océans Canada ont fait des recommandations dans un rapport sur l’état des lieux des connaissances et des pratiques de récolte, avant de transmettre la gestion de l’exploitation des algues au gouvernement du Québec.


Bannière La semaine verte.

Un reportage de Carine Monat et de Simon Giroux à ce sujet sera présenté à l’émission La semaine verte diffusée sur ICI Télé samedi à 17 h (18 h 30 HA).

Opter pour l’algoculture

Pour préserver les algues sauvages et éviter de nuire à leur rôle dans l’écosystème, William Cyr-Lamy s’est aussi tourné vers la culture des espèces d’ici. Le but, c’est vraiment de faire de la microferme d’algues, explique-t-il.

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La cueillette en parallèle lui permet de mieux comprendre leur cycle de vie pour les reproduire.

Au Québec, on compte à peine une poignée d’algoculteurs, qui font souvent un autre élevage en mer, de moules ou d’huîtres. Ils maximisent ainsi leurs installations.

Les enseignants-chercheurs de l’EPAQ Éric Tamigneaux et Isabelle Gendron-Lemieux font de la recherche pour aider au développement de l’industrie.

Sur l’ensemble de la planète, 97 % des algues sont produites en aquaculture. Et seulement 3 % sont issues des activités de cueillette en milieu naturel, note M. Tamigneaux. Elles ne sont pas seulement destinées à l’alimentation humaine. Elles servent aussi dans les domaines pharmaceutique, cosmétique, agricole et agroalimentaire, particulièrement en Occident.

Éric Tamigneaux enseigne et fait de la recherche à l’École des pêches et de l’aquaculture du Québec, associée au Cégep de la Gaspésie et des Îles.

Photo : Radio-Canada / Carine Monat

Les deux chercheurs ont longtemps travaillé sur la production de la laminaire sucrée (aussi appelée kombu royal, Saccharina latissima), l’algue la plus cultivée en Occident.

Il faut éviter que le secteur ne dépende d’une seule espèce. Ainsi, on a beaucoup travaillé à diversifier le portefeuille des espèces cultivables en se basant sur celles qui sont techniquement cultivables et pour lesquelles il existe un marché, explique Éric Tamigneaux.

Ils ont ainsi réussi à cultiver la dulse (ou main de mer palmée) et le lacet de mer. Leur dernière candidate à la culture, c’est la nori, l’algue qui enveloppe nos sushis. Les espèces asiatiques font l’objet d’une importante culture en Asie.

Isabelle Gendron-Lemieux est aussi enseignante-chercheuse à l’École des pêches et de l’aquaculture du Québec.

Photo : Radio-Canada / Claude Bellemare

Isabelle Gendron-Lemieux souligne qu’il existerait huit espèces de nori dans la province. Elle cherche à domestiquer l’une d’entre elles, Wildemania amplissima.

C’est aussi l’espèce qui intéresse William Cyr-Lamy. La culture d’algues de nori permettrait d’avoir assez de biomasse pour créer des produits comme les feuilles de sushi ou les chips d’algues, qu’on connaît très bien, sans avoir à importer celles d’Asie.

D’autant plus que la nori est assez difficile à récolter. Il n’est souvent présent qu’en petite quantité et parfois, seulement trois semaines dans l’année, précise William.

Pour une consommation à grande échelle, Isabelle Gendron-Lemieux précise que c’est mieux d’aller vers la culture, pour préserver les stocks. Son ancien élève abonde dans le même sens.

La nori est une algue rouge qui se trouve en petite quantité accrochée à des rochers par son crampon. Isabelle Gendron-Lemieux la décrit comme un mouchoir très fin, voire transparent.

Photo : Radio-Canada / Vincent Archambault-Cantin

Et la nori a de nombreux atouts. Elle est riche en protéines et se vend très cher sur le marché de l’alimentation. Il est aux algues ce que la truffe est aux champignons.

De plus, comme il est déjà connu des gens d’ici, nul besoin de développer de nouvelles habitudes de consommation.

Les algues sont des aliments bons pour la santé, explique Lucie Beaulieu, chercheuse en nutrition à l’Université Laval. Elles sont riches en nutriments, en vitamines, en minéraux et en fibres. Certaines ont même beaucoup de protéines. Pour 100 g de nori, on a environ 50 g de protéines. Et pour 100 g de poulet, on en a environ 30. Avec l’augmentation constante de la population mondiale, c’est intéressant de pouvoir diversifier les sources de protéines.

Les noris sont cultivées principalement en mer au Japon, en Chine et en Corée du Sud.

Il n’y a pas de production commerciale de nori au Canada, ni même en Europe ou aux États-Unis, parce que sa culture est plus difficile que celle des autres algues.

La condition numéro un pour cultiver une algue, c’est de comprendre et de contrôler son cycle de vie pour pouvoir la reproduire et la propager, indique Éric Tamigneaux, qui travaille sur les algues depuis plus de 20 ans.

Au premier plan, le ballon d’eau de mer dans lequel la chercheuse Isabelle Gendron-Lemieux a réussi à faire pousser de nombreuses noris, encore petits ici. Derrière, des cordelettes ensemencées de spores d’algues, qui seront ensuite installées en mer autour de plus grosses cordes ou d’un filet.

Photo : Radio-Canada / Carine Monat

Le cycle de vie de la nori est plus complexe que celui de la laminaire sucrée, par exemple. Pour la reproduire, il faut libérer ses spores deux fois plutôt qu’une.

Chaque étape requiert différentes conditions de lumière et de température. Ça varie selon l’espèce et même parfois selon la région. Au Québec ou en Norvège, ce ne seront pas nécessairement les mêmes combinaisons de conditions, explique Isabelle Gendron-Lemieux.

Mais Isabelle Gendron-Lemieux a réussi à cultiver de la nori d’ici à l’échelle du laboratoire, une première québécoise. William Cyr-Lamy aussi maîtrise les étapes en laboratoire; il lui reste maintenant à tester la croissance en mer.

William Cyr-Lamy a installé des filets prêts à recevoir la nori.

Photo : Radio-Canada / La semaine verte

William a déjà obtenu des résultats concluants pour la culture de la laminaire sucrée et du wakame d’Atlantique (alarie succulente). En attendant ceux de la nori, il fait des tests pour transformer celui qu’il cueille en feuilles de sushi québécoises.

Il se base sur les techniques asiatiques traditionnelles et concocte une mixture composée simplement d’eau et d’algues broyées, qu’il place dans un moule carré pour la griller ou la déshydrater.

La feuille est croustillante, elle goûte la mer et l’umami, la même saveur que celle qui entoure les sushis.

William Cyr-Lamy a confectionné une feuille à sushi québécoise. Elle sort du déshydrateur, prête à être goûtée.

Photo : Radio-Canada / Vincent Archambault-Cantin

Mais les attentes de William sont plus élevées. Pour obtenir des feuilles de sushi québécoises et remplacer celles qu’on importe, il souhaite une feuille plus mince et sans trous. Si c’est trop différent, les gens vont peut-être être moins tentés d’utiliser les algues du Québec, explique-t-il.

Il espère obtenir le permis de culture commerciale cette année.

On sait que les algues, c’est un peu le légume du futur, dit-il. On s’entend que c’est une culture qui n’a pas besoin d’engrais, de pesticides ou d’eau douce. C’est des défis auxquels on va faire face dans les années qui viennent. Donc, sur du long terme, c’est un projet qui va être viable et pérenne.

À lire aussi :

Dans le secteur des Escoumins, les rives du Saint-Laurent regorgent d’algues, découvertes à marée basse.

Photo : Radio-Canada / Carine Monat

Épicerie : voler pour manger : https://lp.ca/jBFwgl?sharing=true

Je veux Boucar comme premier ministre :slight_smile: Rien de moins!

Depuis la pandémie de COVID-19, les prix de beaucoup de produits de base sont très élevés. Maintenant que le virus est loin de nous, le chaos imposé par les droits de douane du gouvernement Trump est devenu une nouvelle excuse pour justifier la cherté des produits alimentaires. Ainsi va le capitalisme.

Ici, les opportunités et les crises marchent main dans la main et l’avenir appartient à ceux qui savent anticiper et tirer profit des bouleversements sociaux. Pourquoi nos élus ne peuvent-ils pas jouer les garde-fous pour empêcher les abus et éviter que cette grande et déjà très riche industrie ne transforme les exceptions en normes ? Si on laisse ce marché s’autoréguler, les caisses risquent ultimement de ressembler à des lieux de prélèvement d’une taxe sur le droit de manger pour vivre.

Qu’est devenue votre promesse, M. Champagne ? Maintenant que les petites épiceries de quartier ont disparu de bien des endroits, laisser notre alimentation entre les mains de quelques géants sans surveillance relève d’un grand manque de vision politique.

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Un centre d’achat de réemploi débarque à Saint-Jérôme

Saint-Jérôme aura un nouveau centre d’achat voué uniquement au réemploi.
Tricentris, la coop a fait l’acquisition d’un bâtiment de 80 000 pieds carrés déjà existant qui accueillera ce projet dévoilé en mai dernier au Sommet de l’économie sociale.

L’établissement regroupera plus d’une quinzaine de boutiques indépendantes de seconde main, un Fab-Lab pour vos projets d’envergure, un espace réparation permanent, une épicerie anti-gaspillage et des ateliers et de l’entraide communautaire.

Des espaces pour boutiques éphémères sont aussi prévus pour essayer divers concepts.

Le concept provient de Retuna, un centre commercial pionnier du réemploi situé en Suède, mais penser pour ici.

Tricentris mentionne qu’il s’agira du plus gros centre d’achat de réemploi au monde.

Le début des travaux est prévu pour l’automne 2026, en vue d’une ouverture projetée à la fin du premier trimestre de 2027. En ce qui concerne l’adresse, elle sera dévoilée sous peu.

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Plaintes contre le Roundup Bayer annonce un accord allant jusqu’à 7,25 milliards pour régler les litiges « actuels et futurs »

PHOTO MIKE BLAKE, ARCHIVES REUTERS

Depuis le rachat de Monsanto en 2018, Bayer a déjà dû débourser plus de 10 milliards de dollars en poursuites judiciaires dans plus de 100 000 dossiers.

(Francfort) Face à une pile interminable de procès visant sa filiale Monsanto, le géant allemand de l’agrochimie Bayer s’est résolu à un douloureux accord financier aux États-Unis pour régler les litiges sur le Roundup, son herbicide au glyphosate accusé d’être cancérigène.

Cet accord collectif, qui doit encore être approuvé par un tribunal américain de St. Louis (Missouri), pourra atteindre 7,25 milliards de dollars, avec des versements prévus sur les 21 prochaines années, d’après un communiqué du groupe paru mardi.

« Au lieu de passer des décennies dans des conflits judiciaires, nous choisissons de recentrer l’entreprise sur sa véritable mission », a déclaré Bill Anderson, PDG de Bayer, vantant un choix « en faveur de la rapidité et de la maîtrise », lors d’une conférence de presse.

Cette porte de sortie coûte néanmoins très cher au groupe de Leverkusen, dans l’ouest de l’Allemagne, déjà lourdement endetté et plombé par la crise industrielle et chimique que traverse le pays.

Pas de faute reconnue

Résumé

Arrivé en 2024 à la tête de Bayer, le dirigeant américain avait promis de « contenir significativement » les litiges d’ici fin 2026.

Avec l’accord annoncé mardi, « la majorité des affaires admissibles, actuelles et futures » sont couvertes, a-t-il assuré.

Mais pour y faire face, Bayer va rehausser de 4 milliards d’euros (6,5 milliards de dollars canadiens), à 11,8 milliards (19 milliards de dollars canadiens), son enveloppe de provisions, déjà volumineuse, pour les litiges visant le Roundup.

À base de glyphosate, ce produit est accusé de favoriser le développement de lymphomes non hodgkiniens, une forme de cancer.

Depuis le rachat de Monsanto en 2018, Bayer a déjà dû débourser plus de 10 milliards de dollars en poursuites judiciaires dans plus de 100 000 dossiers.

En 2026, le groupe décaissera environ 5 milliards d’euros (8 milliards de dollars canadiens) à cet effet et anticipe d’ores et déjà un flux de trésorerie négatif sur son exercice annuel.

Bayer a aussi repoussé d’une semaine la présentation de ses résultats financiers de 2025, prévus fin février, pour intégrer les bouleversements du jour.

À la Bourse de Francfort, l’action Bayer a bondi avant la clôture, gagnant 7,35 % sur la journée.

Pour le groupe, l’accord qu’il a annoncé mardi « ne comporte aucune reconnaissance de responsabilité ou de faute ». Le glyphosate est « un outil sûr et essentiel pour les agriculteurs aux États-Unis et partout dans le monde », a martelé Bill Anderson.

L’an dernier, il avait publiquement douté de l’avenir commercial de ce désherbant en raison des procès, tout en espérant que la Cour suprême américaine puisse trancher en sa faveur.

En janvier, la juridiction suprême des États-Unis a accepté d’examiner un recours du géant allemand sur la recevabilité de plaintes, avec une décision à rendre d’ici fin juin.

L’accord annoncé mardi et le pourvoi devant la Cour suprême sont des étapes « qui se renforcent mutuellement », a jugé le patron de Bayer. Sans vouloir « trop spéculer », il estime qu’une décision favorable de la Cour suprême sur le Roundup « aiderait à limiter les coûts futurs ».

Et, plus généralement, une intervention des neuf juges américains de la Cour suprême est « absolument essentielle » pour les fabricants d’herbicides et agriculteurs américains, a-t-il souligné.

Car des affaires judiciaires concernent d’autres produits chimiques de Monsanto, notamment le PCB, interdit dans de nombreux pays depuis les années 1980.

Prix bas et instabilité

À côté des litiges, le groupe allemand d’agrochimie et de pharmacie affronte de nombreuses difficultés opérationnelles, à commencer par un endettement toujours élevé, fluctuant autour de 33 milliards d’euros (53 milliards de dollars canadiens) depuis 2022.

La division agrochimie, celle du fabricant controversé de pesticides Monsanto, a particulièrement déçu en 2024 à cause de dépréciations et de prix bas.

Quant à la branche pharmaceutique, elle est plus dynamique, mais pas à l’abri de l’instabilité, face à la menace récurrente de Donald Trump de taxer davantage le secteur européen.

Depuis 2024, Bayer mène une profonde restructuration afin de générer 2 milliards d’euros (3 milliards de dollars canadiens) d’économies annuels à partir de 2026.

Il s’est ainsi séparé de plus de 12 000 postes depuis le début de sa restructuration, notamment dans les fonctions d’encadrement.

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Une business de la surconsommation

CHRONIQUE / Les friperies connaissent une certaine popularité depuis quelques années et il existe encore des librairies d’occasion, mais la fermeture du Tourne-Livre de Sherbrooke n’est pas un cas isolé, on ne magasine plus comme dans le temps.

Résumé

La vague de témoignages entourant la fermeture du Tourne-Livre démontre que la boutique a déjà occupée une place importante. Personnellement, je ne l’ai jamais visitée. En arrivant à Sherbrooke, j’ai adopté une autre librairie. Mais j’ai fréquenté des boutiques similaires à Québec et Montréal, qui ont aussi fermé il y a déjà quelques années.

Dans ma bibliothèque, j’ai encore plusieurs livres achetés dans des librairies d’occasion, comme la série Malaussène de Pennac, les trois volumes des Trois mousquetaires, des San Antonio, des Boris Vian ou des classiques de la bande dessinée.



Je visitais des endroits comme le Colisée du livre, qui occupait deux étages sur la rue Saint-Jean à Québec. Il y avait aussi celle voisine de l’ancienne gare d’autobus de Montréal, c’était la place pour trouver ce que je ne trouvais pas ailleurs. Les deux n’existent plus. Comme le Tourne-Livre.

Quand j’étais jeune, ma famille fréquentait les marchés aux puces. Dans la région de Québec, il y avait celui à Vanier, puis celui sur d’Estimauville, maintenant fermés. Il reste encore celui de Jean-Talon, à Charlesbourg. Mais ça s’est professionnalisé, on est loin de l’époque du marchand qui présentait ses produits sur une table ou une étagère et dont tous les prix se négociaient. Ça ressemble plus à de vraies boutiques, maintenant.

Les marchés aux puces avaient surement un bon taux de vente au noir. Disons que ça ne venait pas toujours avec une facture ni les taxes.

À l’époque, on y retrouvait de tout. Du linge. Des électroménagers. Des télés. Des jeux vidéo. Des objets à collectionner - des cartes de hockey aux macarons aux timbres. Des meubles. Des articles de cuisine. Ça faisait usagé, aussi. C’était souvent mal éclairé. C’était beige. C’était cheap.

Les friperies, comme Estrie Aide, connaissent une certaine popularité depuis quelques années. (Maxime Picard/Archives La Tribune)

Les friperies connaissent maintenant une certaine popularité, mais c’est surtout pour les vêtements. On peut aussi y trouver des livres, des articles de cuisine et d’autres objets, mais les gens y vont surtout pour les vêtements.

Tant mieux. Vaut mieux donner une deuxième et une troisième vie à des vêtements, des objets ou des meubles qui peuvent encore servir que fabriquer une autre affaire neuve qui va remplir nos dépotoirs. On produit trop.



En dix ans, la quantité de vêtements jetés a plus que doublé. En 2023, juste au Québec, c’était 344 000 tonnes de vêtements à la poubelle. Dans le monde, on produit de 80 à 100 milliards de vêtements chaque année. Pour 8 milliards de personnes. Pas besoin de maitriser les mathématiques pour comprendre que c’est plus qu’il n’en faut. C’est 400 % de plus qu’il y a 20 ans.

On peut remercier la mode éphémère (fast fashion). L’industrie du textile représente 35 % des microplastiques dans les océans, 20 % des eaux usées et 10 % des émissions de gaz à effet de serre. En bonne partie parce que ce serait tellement «gênant» de porter deux fois le même vêtement la même semaine. Faut bien paraître, hein!

Renaissance est une friperie ayant plusieurs succursales au Québec. (Maxime Picard/La Tribune)

Les friperies sont donc devenues populaires, parce que ça permet de vivre sa fast fashion avec moins d’écoanxiété et à moindre budget. Mais aussi parce qu’elles se sont adaptées. Les friperies offrent maintenant des «collections», comme les boutiques de mode. C’est du marketing.

Le vintage est tellement à la mode qu’on fait du neuf qui ont l’air vintage. Et si on se vante d’avoir une vraie table tournante des années 1970, c’est souvent parce qu’on y a mis le prix. Un autre buzz de consommation.



Ce n’est peut-être pas un hasard si ce sont les vêtements usagés qui propulsent les magasins d’occasion. On en produit trop, neuf, ça coûte cher, c’est facile à revaloriser et à réutiliser. C’est autre chose pour les électros.

Dans les années 1980, une laveuse ou un réfrigérateur, ça se réparait facilement. Ça se revendait donc aussi facilement. Ce n’est pas pour rien qu’on a moins ce type de produits usagés à vendre, ils ne sont plus conçus pour durer. On remercie cette fois-ci l’obsolescence programmée.

En magasinant une nouvelle sécheuse, le vendeur n’a même pas fait semblant que ses produits allaient durer longtemps. En me pointant un modèle à 1000 $, il me dit carrément que d’ici cinq ans, il y avait de bonnes chances qu’elle brise, sans possibilité de réparation. Dire que ma vieille sécheuse, que j’avais depuis 2012, roulait sa bosse depuis les années 1980. C’est un brin déprimant acheter un truc prévu pour ne pas toffer.

Rebelote avec les produits électroniques, informatiques, les téléphones cellulaires. Les industries ont transformé notre façon de consommer. Acheter neuf coûte souvent moins cher que réparer, malgré l’illogisme derrière. Acheter neuf est devenu la norme.

Comme les friperies, Estrie Aide connait une certaine popularité. (Maxime Picard/La Tribune)

Mais le coût de la vie grimpe et les vêtements usagés coûtent, en général, moins cher. Avec le Village des valeurs, Renaissance et autres bannières d’articles d’occasion, on voit bien la transformation de cette industrie. Même les indépendants, comme Estrie Aide, doivent s’adapter à cette approche. Malgré la présence encore de quelques joueurs indépendants, le marché de l’usagé s’est uniformisé, comme les autres industries.

Si Renaissance et Estrie Aide sont des organismes à but non lucratif (OBNL), c’est autre chose pour le Village des valeurs. La maison-mère du Village des valeurs, Savers, a terminé 2024 avec un chiffre d’affaires de 1,6 milliard de dollars.

En plus de proposer des articles à moindre coût et la revalorisation des vêtements, Renaissance et Estrie Aide font de l’intégration sociale au sein de leurs équipes de travail. Renaissance a aussi réussi une mise en marché qui rend ça cool d’y aller. Tant mieux! Le monde va mieux aller avec plus de Renaissance et moins de Shein.

Les marchés aux puces ont presque disparu, les boutiques comme le Tourne-Livre peinent souvent à survivre, même si l’usagé se vend encore. Mais différemment. Tout ça montre que la seconde main est devenue une business en soi. Ça doit certainement dire quelque chose sur notre surconsommation.

Les épiceries pourront vendre tous les prêts-à-boire

Québec met fin au monopole de la SAQ pour la vente de prêts-à-boire à base d’alcool distillé

https://www.lapresse.ca/affaires/2026-02-24/les-epiceries-pourront-vendre-tous-les-prets-a-boire.php

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Le prix du panier d’épicerie ne cesse d’augmenter. Avec l’inflation, on scrute les circulaires, on cherche les aubaines. Et, au moment de passer à la caisse, avoir le réflexe de vérifier le prix ou encore sa facture peut parfois nous faire économiser.

Au Québec, lorsqu’un prix à la caisse est plus élevé que celui qui est affiché, le commerçant doit vous dédommager, selon la politique d’exactitude des prix. Une mesure qui vient de fêter ses 25 ans, mais qui est encore méconnue, constate Caroline Séguin, une intervenante en défense des droits qui anime des ateliers.
[…]

L’épicerie en ligne a le vent dans les voiles

Des commandes expédiées en quelques heures. Des plages de livraison plus vastes. Et maintenant l’IA qui vient à la rescousse du client pour l’aider à remplir son panier virtuel. Après un décollage réussi à cause de la pandémie, les ventes en ligne des épiceries et la livraison à domicile ne s’essoufflent pas. Bien au contraire.

https://www.lapresse.ca/affaires/2026-03-13/l-epicerie-en-ligne-a-le-vent-dans-les-voiles.php

La fausse bonne solution

PHOTO JOSIE DESMARAIS, ARCHIVES LA PRESSE

De plus en plus de voix s’élèvent pour que le gouvernement indemnise les automobilistes pour la hausse du prix de l’essence provoquée par la guerre de Trump avec l’Iran.

Leur raisonnement est simple : la hausse du prix de l’essence permet au gouvernement d’empocher davantage de taxes, pendant que les automobilistes – des électeurs – écopent. Il faut donc redonner aux automobilistes le gain réalisé par le gouvernement, en toute équité.

Ce raisonnement est toutefois bancal pour deux raisons. D’abord, l’effet net pour le gouvernement du Québec est pratiquement nul, puisque la hausse du prix du carburant a aussi un effet sur les coûts de fonctionnement du gouvernement.

Ensuite, l’allégement de la facture des automobilistes qui conduisent des véhicules à essence nous éloigne encore davantage d’un mode de transport à faibles émissions de GES (voitures électriques, transports en commun, etc.).

Or, plus nos cibles de réduction des GES s’éloignent, plus la facture pour en compenser les effets augmente – possiblement de façon exponentielle selon des recherches –, et ce sont nécessairement les contribuables qui devront l’assumer.

En mai 2008, le ministère des Finances du Québec avait justement réalisé une étude pour mesurer l’effet net d’une flambée des prix de l’essence sur son budget. À l’époque, le prix à la pompe était passé de 1,02 $ le litre en octobre 2007 à 1,44 $ en juin 2008, faisant rager les automobilistes.

Résultat de l’étude : le gouvernement sortait alors légèrement perdant d’une augmentation du prix de l’essence, estimait le ministère, même sans verser d’indemnités aux automobilistes.

« Contrairement à la croyance populaire, le gouvernement ne profite pas de la hausse du prix des hydrocarbures. Ainsi, l’augmentation des recettes provenant de la TVQ est plus qu’annulée par l’augmentation des dépenses de carburant et de chauffage et par la réduction des revenus de la taxe sur les carburants, en raison de la diminution de la consommation », avaient alors conclu les économistes du ministère.

Depuis 2008, les paramètres ont quelque peu changé, mais « les grandes conclusions demeurent pertinentes aujourd’hui », m’indique le ministère des Finances.

La suite

Leur raisonnement est simple : la hausse du prix de l’essence permet au gouvernement d’empocher davantage de taxes, pendant que les automobilistes – des électeurs – écopent. Il faut donc redonner aux automobilistes le gain réalisé par le gouvernement, en toute équité.

Ce raisonnement est toutefois bancal pour deux raisons. D’abord, l’effet net pour le gouvernement du Québec est pratiquement nul, puisque la hausse du prix du carburant a aussi un effet sur les coûts de fonctionnement du gouvernement.

Ensuite, l’allégement de la facture des automobilistes qui conduisent des véhicules à essence nous éloigne encore davantage d’un mode de transport à faibles émissions de GES (voitures électriques, transports en commun, etc.).

Or, plus nos cibles de réduction des GES s’éloignent, plus la facture pour en compenser les effets augmente – possiblement de façon exponentielle selon des recherches –, et ce sont nécessairement les contribuables qui devront l’assumer.

En mai 2008, le ministère des Finances du Québec avait justement réalisé une étude pour mesurer l’effet net d’une flambée des prix de l’essence sur son budget. À l’époque, le prix à la pompe était passé de 1,02 $ le litre en octobre 2007 à 1,44 $ en juin 2008, faisant rager les automobilistes.

Résultat de l’étude : le gouvernement sortait alors légèrement perdant d’une augmentation du prix de l’essence, estimait le ministère, même sans verser d’indemnités aux automobilistes.

« Contrairement à la croyance populaire, le gouvernement ne profite pas de la hausse du prix des hydrocarbures. Ainsi, l’augmentation des recettes provenant de la TVQ est plus qu’annulée par l’augmentation des dépenses de carburant et de chauffage et par la réduction des revenus de la taxe sur les carburants, en raison de la diminution de la consommation », avaient alors conclu les économistes du ministère.

Depuis 2008, les paramètres ont quelque peu changé, mais « les grandes conclusions demeurent pertinentes aujourd’hui », m’indique le ministère des Finances.

Que faire si on ne peut pas vérifier un prix?

Lors d’une visite dans un entrepôt Costco à la fin février, trois lecteurs optiques sur quatre étaient inaccessibles. Deux semaines et demie plus tard, la situation avait été corrigée. (Paul-Robert Raymond/Le Soleil)

  • Quand vient le moment de vérifier le prix d’un article en magasin, rien de plus frustrant de ne pas pouvoir le faire.
  • Est-ce qu’un commerçant est obligé de rendre accessibles des lecteurs optiques?
  • Est-ce que cette règle s’applique à tous les commerçants?
  • Est-ce que l’OPC fait des vérifications de son côté?
  • Si le prix affiché sur le lecteur ou à la caisse est supérieur à celui sur les tablettes ou dans la circulaire, que se passe-t-il?

(…)

dans la Presse

La SAQ fait son entrée chez Maxi et… Costco

Il sera désormais possible d’acheter du gin chez Costco et Maxi. Après les petits supermarchés et les dépanneurs, les mini-agences de la SAQ ont élu domicile dans des magasins de ces deux enseignes, ce qui soulève des craintes des représentants de la santé publique et des distillateurs québécois.

« On a vraiment l’impression de voir la SAQ qui transfère son devoir de vente à l’industrie privée. La SAQ a été critiquée pour son partenariat avec Uber Eats et là, il y a Costco. Ça peut aussi soulever des questions », lance Laurence Ruel, de l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ).

Au départ, la SAQ présentait son projet comme une occasion de « dépannage » en milieu urbain.

« On veut dépanner, c’est ça, le but. Mais on dépanne quoi avec des bouteilles de fort chez Costco ? », demande Laurence Ruel.
[…]

Des bouteilles de Veuve Clicquot au Costo sur la rue Bridge :wink:

Vente d’alcool : des produits de la SAQ disponibles dans certaines épiceries

Il est désormais possible d’acheter des produits de la Société des alcools du Québec dans certains Maxi et Costco de la province.

La société d’État déploie son concept de mini-agences en dépanneurs et en épiceries, une initiative qui suscite des inquiétudes chez ses employés et en santé publique.

Une carte des prix de l’essence en temps quasi réel dès le 1er avril

À partir du 1er avril, les consommateurs québécois pourront connaître le prix de l’essence en temps réel (ou presque) dans toutes les stations-service en activité en consultant la nouvelle carte interactive de la Régie de l’énergie.

Avec le conflit au Moyen-Orient qui a fait grimper le prix de l’or noir, l’arrivée du nouveau portail Régie Essence Québec (regieessencequebec.ca), exploité par la Régie de l’énergie, tombe à point.

La différence avec des sites web et applications existantes comme GasBuddy, Prix Essence Québec ou Essence Québec ? L’information ne proviendra pas des automobilistes et utilisateurs de ces plateformes – qui effectuent des signalements sur une base volontaire –, mais des quelque 2 800 détaillants eux-mêmes.

Ces derniers auront l’obligation légale d’aviser la Régie de l’énergie de tout changement de prix, tant celui de l’essence régulière que de l’essence super et du carburant diesel.

Un délai maximal de cinq minutes

L’information tarifaire devra être acheminée sur-le-champ « aussi souvent que requis » pour que la mise à jour du nouveau portail s’effectue quasiment en temps réel. La Régie estime que la modification à la pompe s’affichera dans la carte interactive à l’intérieur d’un délai de cinq minutes.

« On va laisser le temps au pompiste d’ajuster ses trucs. On laisse un petit délai, mais on veut que ça se fasse le plus rapidement possible. On pense qu’en cinq minutes [ce sera fait] et les détaillants n’ont pas eu l’air d’avoir un problème avec ça [lors de nos échanges] », confie le directeur des communications de la Régie de l’énergie, Benjamin Bourque.

Un site web et non une application

La Régie de l’énergie a eu moins de 10 mois pour développer son nouvel outil, dans la foulée de l’adoption du projet de loi 69 (Loi assurant la gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives), le 7 juin 2025.

L’organisme indépendant a misé sur la simplicité d’un site web et d’une carte interactive intuitive, adaptée au format mobile. « On entre sur la carte et les prix sont affichés ; il n’y a pas de système de filtre pour l’instant. On voulait garder ça très simple pour que ça soit opérationnel au 1er avril », précise le porte-parole de la Régie. Il ajoute que « d’autres joueurs tiers pourront récupérer des données, [comme] on rend nos données accessibles en téléchargement ».

Coût de l’opération : environ 190 000 $. La facture sera assumée par l’industrie pétrolière, via les redevances versées à la Régie. Le développement d’une application mobile aurait été plus onéreux, selon Benjamin Bourque, qui se félicite du travail accompli en si peu de temps.

« C’est un projet qui nous a été confié par le gouvernement du Québec, rappelle-t-il. On a mobilisé l’industrie et mis en place un système [un portail] pour la transmission des prix. On a interrogé les gens de l’industrie afin qu’ils partagent leurs préoccupations et on a convenu d’un modus operandi. Un centre de prix, par exemple, pourra faire le changement pour l’ensemble de ses stations-service, en quelques clics, s’il en administre 200 ou 300. »

Sanctions possibles

Les détaillants qui ne se conformeront pas à la nouvelle loi pourraient en subir les conséquences. Les automobilistes qui observeront une disparité entre le prix affiché dans l’application et le prix à la pompe pourront effectuer rapidement un signalement à la Régie de l’énergie.

« À chaque fois qu’on clique sur une station, il y a tout de suite un bouton qui permet de signaler un prix différent, par voie de courriel, explique M. Bourque. Pour la question des sanctions, c’est encore à définir. Nos partenaires juridiques sont sur le dossier, mais l’idée, ce n’est pas d’implanter un système coercitif ; on veut que ça fonctionne. Des enquêtes pourraient être déclenchées si on réalise que quelqu’un ne se conforme pas [à répétition]. »

La France a un mécanisme comparable de déclaration obligatoire des prix du carburant depuis 2007. Le Québec serait toutefois la première législation à mettre en place un tel système au Canada, selon Benjamin Bourque.

Avant le lancement de la nouvelle plateforme, seule une moyenne quotidienne des prix à la pompe par région était facilement accessible sur le site web de la Régie de l’énergie.

À lire aussi : Essence : pourquoi le prix à la pompe monte… et pourquoi il va redescendre, Guerre en Iran : 10 questions sur le prix de l’essence et Prix de l’essence : trucs pour économiser à la pompe

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Le site est maintenant ouvert.

Les prix de l’essence maintenant disponibles en temps réel partout au Québec

La nouvelle carte interactive de la Régie de l’énergie du Québec qui permet de suivre en temps réel, ou à quelques minutes près, les prix de l’essence a été mise en ligne mercredi matin. Il s’agirait du premier outil du genre à faire son apparition au Canada.

La carte, qui peut être consultée à l’adresse regieessencequebec.ca (nouvelle fenêtre), permet à ses utilisateurs de repérer une station-service et de découvrir, à l’aide d’un simple clic, les prix de l’essence ordinaire, du super et du diesel.

L’outil interactif est alimenté par les détaillants, qui disposent de cinq minutes pour mettre l’information à jour sur Internet après un changement de prix.


La carte permet de repérer une station-service et de consulter les prix de vente de l’essence ordinaire, du super et du diesel.
Photo : Radio-Canada

La participation des stations-service est obligatoire et découle d’une loi adoptée le 7 juin 2025 par les députés de l’Assemblée nationale.

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Adaptation

La Régie de l’énergie va laisser un peu de temps aux détaillants pour s’adapter à leur nouvelle obligation légale, mais elle prévient que, à terme, les contrevenants seront sanctionnés.

À la Régie, nous, on procède à des surveillances et à de l’analyse, et éventuellement, si on voit que ça se répète, la Régie, [qui a] un pouvoir d’enquête, pourra mettre des sanctions pénales, explique en entrevue à Radio-Canada le porte-parole de l’organisme de régulation, Benjamin Bourque.

Il invite les citoyens qui constateront une différence entre le prix à la pompe et celui affiché sur la carte à d’abord en aviser le détaillant. En cas de récidive, les utilisateurs de la carte pourront signaler l’écart aux autorités directement sur la plateforme.

Selon Benjamin Bourque, le dernier recensement effectué par la Régie de l’énergie dénombrait 2671 détaillants inscrits sur la carte interactive. Il affirme que c’est la première fois qu’un outil du genre, alimenté par les stations-service elles-mêmes, voit le jour au Canada.

Avec des informations de Colin Côté-Paulette

À lire aussi :

Du sirop d’érable coupé avec du sucre de canne

À l’émission Enquête ce soir

Symbole de pureté, le sirop d’érable fait la fierté du Québec. Or, un important producteur acéricole de Saint-Chrysostome, en Montérégie, vend en épicerie du sirop falsifié, a découvert Enquête . Cette fraude alimentaire n’avait jamais été documentée malgré un système de surveillance sophistiqué.

Nous avons fait tester cinq conserves de Steve Bourdeau, achetées de manière aléatoire dans différentes épiceries et provenant de différents lots.

Les tests ont été effectués au Centre ACER, à Saint-Hyacinthe. Ce laboratoire unique en son genre est la référence pour l’industrie acéricole au Québec.

Résultat : les cinq échantillons étaient falsifiés.

Les échantillons analysés contenaient plus de 50 % de sucre de canne, explique-t-il.

Son sirop est vendu par sa compagnie à numéro 9227-8712 Québec inc. ou simplement sous le nom Érablière Steve Bourdeau.
[…]

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Quant au sirop frelaté vendu par sa compagnie, encore sur les tablettes des épiceries, il n’a pas l’intention de corriger la situation.

“Elle va être pas mal écoulée. D’ici 2-3 semaines, il ne restera pas grand-chose. On ne fera pas grand-chose avec ça”, dit-il.

J’ose espérer que les épiciers vont lui retourner ses cannes et le rayer de la liste des fournisseurs…
Pour un gars qui prétend que la PPAQ est une mafia, il est celui qui se comporte comme un mafioso et qui démontre toute l’utilité d’avoir un tel organisme !

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Pas facile d’éviter cela en épicerie quand il faut se souvenir d’un numéro d’entreprise générique sur une canette standardisée, pour le consommateur.

C’est d’abord la réputation de l’industrie qui risque d’être mise en doute, c’est donc à la source (PPAQ) qu’il faut sévir contre les contrevenants.

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