Consommation

Frais de livraison 49 chaînes de restauration visées par une action en justice

Marie-Eve Fournier La Presse

On l’a vu avec les concessionnaires auto, Ticketmaster, Uber Eats, Air Canada et beaucoup d’autres, les prix affichés en ligne sont parfois inférieurs à ceux qu’on doit réellement payer. Pourtant, cette pratique est interdite au Québec. Cette fois, 49 chaînes de restaurants très connues et majoritairement québécoises sont accusées d’y avoir recours.
Publié à 6 h 30

Ashton, Mr. Puffs, Pizzeria No 900, Ange, Thaï Express, La Cage, Sushi Shop, PFK et Pacini font partie des enseignes montrées du doigt dans une demande d’autorisation d’exercer une action collective qui vient d’être déposée en Cour supérieure.

Le cabinet Services juridiques SP leur reproche d’avoir ajouté, sur leur plateforme de commande en ligne, des frais de livraison obligatoires à la toute fin du processus d’achat.

Amateur de poulet frit, Brandyn Reddick a découvert en passant une commande sur le site de PFK que son sandwich lui coûterait plus cher que prévu. Après avoir choisi l’option de la livraison, il a sélectionné le « Fameux sandwich PFK à la carte » à 11,29 $. Il a ensuite révisé sa commande, avant de poser « ses yeux sur le gros bouton rouge en bas pour confirmer » et de voir le montant de 17,04 $.

Étonné que les taxes fassent autant bondir le prix de son repas, le Montréalais a porté plus attention et découvert des frais de livraison de 5 $. Le prix de 11,29 $ n’était donc pas « atteignable », déplore l’avocat qui pilote le dossier, Sébastien A. Paquette.

Adoptée par au moins 49 chaînes de restaurants, cette façon de faire semble assez répandue dans l’industrie. Or, l’article 224 c) de la Loi sur la protection du consommateur indique qu’un commerçant « ne peut exiger un prix supérieur à celui qui est annoncé », et ce, depuis 2010.

Sébastien A. Paquette ne croit pas que les commerçants ignorent la loi. « C’est délibéré », dit-il, puisque ça leur permet d’augmenter le montant moyen des factures tout en attirant les clients avec des prix plus faibles.
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Les restaurants visés « attendent vraisemblablement d’être interpellés directement avant de considérer de modifier leur pratique », ajoute l’avocat qui s’attaque aussi à Moneris. Autrement dit, c’est un risque calculé.

Pour identifier les restaurateurs qui ajoutent des frais de livraison à la toute fin du processus d’achat, l’avocat a simulé une commande sur un très grand nombre de sites web. Sa requête de 152 pages est d’ailleurs remplie de captures d’écran pour démontrer ses allégations « d’indications fausses ou trompeuses sur un point important, à savoir le prix [à] payer ».

Le document contient aussi des exemples de restaurants qui affichent leurs prix de la bonne façon. Comme quoi c’est faisable.

St-Hubert, par exemple, catégorise en amont ses clients selon qu’ils souhaitent un repas livré ou une commande à emporter. Ensuite, les prix varient en fonction du choix du client, « ce qui est la façon correcte de procéder, avec des prix complets », selon la demande d’action collective. La pizzeria Jacques-Cartier, pour sa part, n’ajoute tout simplement pas de frais supplémentaires pour les livraisons.

Curieusement, Me Paquette a constaté que toutes les enseignes appartenant au groupe montréalais MTY n’utilisent pas la même stratégie. Ainsi, certaines sont visées par la demande, d’autres non. Même chose du côté de Foodtastic.

On ne peut savoir à ce stade-ci la somme que chaque Québécois pourrait recevoir au terme de la procédure, si elle est autorisée par un juge. Services juridiques SP réclame des dommages punitifs de 1 à 5 millions par entreprise « selon sa taille », en plus du remboursement des frais payés. Étant donné la popularité des commandes en ligne, il se pourrait qu’entre deux et trois millions de personnes soient concernées. Il n’est pas requis de s’inscrire pour faire partie du groupe.

Certes, quand on commande un repas en ligne, on peut raisonnablement s’attendre à payer des frais de livraison. Mais la façon de présenter l’information est régie par la loi, tant pour les restaurants que pour tous les autres commerçants.

D’ailleurs, la question des frais de toutes sortes facturés par les concessionnaires automobiles a fait l’objet de nombreux reportages dans les dernières années.

Frais de dossier, de mise en route, de documentation, de service, d’inspection… on ne manquait pas d’imagination pour nommer ces suppléments qui, en réalité, étaient obligatoires. Pas moins de quatre demandes d’actions collectives ont été déposées et des coupons de 75 $ ont fini par être distribués aux automobilistes lésés⁠1.

L’Office de la protection du consommateur (OPC) a également remis de nombreux constats d’infraction. Encore au début du mois, Lombardi Honda Montréal a plaidé coupable et payé des amendes totalisant 15 000 $. Des frais additionnels de près de 150 $ étaient ajoutés pour « l’essence, le nettoyage et le rapport de Carfax ». Ce n’est qu’un cas parmi d’autres.

En 2022, Groupe Park Avenue, qui regroupe 21 concessionnaires, est passé à un cheveu de perdre son permis parce qu’il ne respectait pas l’article 224 c) de la Loi sur la protection du consommateur.

Une action collective a aussi été autorisée contre U-Haul qui annonce ses camions à « 19,95 $ en ville (plus km/frais) ». Au cœur de l’affaire⁠2 : encore l’article 224 c). C’est sans compter les actions contre Air Canada⁠3, Uber Eats⁠4 et Ticketmaster⁠5 et plus récemment Goodfood⁠6.

Devant la multiplication des actions collectives qui concernent les règles d’affichage des prix, le cynisme est de mise. Malgré leur médiatisation et les rappels ou les amendes de l’OPC, les avocats finissent toujours par trouver d’autres entreprises à montrer du doigt. Et au bout du compte, leurs cabinets semblent en profiter davantage que les consommateurs lésés.

Consultez le site de l’action collective

1. Lisez l’article « Frais cachés : un crédit de 75 $ chez votre concessionnaire »

2. Lisez la chronique « Qui a déjà payé 19,95 $ chez U-Haul ? »

3. Consultez l’action collective Union des consommateurs et Silas c. Air Canada

4. Lisez l’article « Action collective autorisée contre Uber Eats »

5. Lisez l’article « Demande d’action collective contre Ticketmaster »

6. Lisez l’article « Frais de livraison : Marché Goodfood visée par une demande d’action collective »

https://www.lapresse.ca/affaires/chroniques/2025-11-13/frais-de-livraison/49-chaines-de-restauration-visees-par-une-action-en-justice.php

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Alimentation

Vingt-quatre fromages québécois primés aux World Cheese Awards

Par Pascale Lévesque, Le Soleil

18 novembre 2025 à 04h03|

La Bête à Séguin, Fromagerie de l’Isle-aux-Grues (Agrilait)

Un Gruyère AOP a peut-être remporté une sixième couronne mondiale pour sa région aux World Cheese Awards 2025 en Suisse, mais c’est le Québec qui a volé la vedette en coulisses. Des 29 fromages canadiens sélectionnés pour une médaille, pas moins de 24 venaient de la Belle Province. Un exploit qui confirme sa position de chef de file en matière de fromages fins artisanaux.

Parmi les lauréats, La Bête à Séguin de la Fromagerie de l’Isle-aux-Grues a récolté une des 107 médailles «super-or», seul fromage canadien à le faire et, de facto, être couronné meilleur fromage canadien.

Ce sont 5244 fromages provenant de 46 pays qui ont été évalués.



Au total, 2469 médailles ont été octroyées parmi les inscrits, soient 347 «or», 875 «argent» et 1140 «bronze. Et 107 «super-or», la classe privilégiée où s’est hissé le fromage insulaire parrainé par l’artiste Marc Séguin.

La Bête à Séguin, fromage primé de la Fromagerie de l’Isle-aux-Grues, membre de la coopérative Agrilait. (Agrilait)

Quatre médailles pour l’Isle-aux-Grues

«C’est vraiment exceptionnel, on est vraiment contents», commente Daniel Roy, directeur de l’usine de l’Isle-aux-Grues, membre de la coopérative Agrilait, qui produit La Bête à Séguin.

En tout, la fromagerie a reçu trois autres distinctions: la Tomme de Grosse-Île avec une médaille d’argent et le Curé Quertier et le Houblonneux de l’Isle qui se méritent chacun un bronze dans leurs catégories. La fromagerie insulaire présente des fromages aux WCA depuis 2016.

Pour Yoann Gach, maître fromager originaire de Haute-Savoie et responsable de l’affinage à l’Isle-aux-Grues, cette distinction souligne aussi la spécificité du terroir québécois, une fierté toute méritée.

«On arrive à garder une flore bactérienne indigène à l’île, et les vaches se nourrissent d’herbes iodées grâce au fleuve. Ça donne un goût unique au lait», explique-t-il, tout en soulignant les défis relatifs à cette production insulaire qui s’appuie sur l’interdépendance entre le petit transformateur artisanal qu’est la Fromagerie de l’Isle-aux-Grues et les trois producteurs laitiers de l’île.

Sans oublier qu’une bonne partie de l’année, l’île n’est accessible qu’en avion, ce qui rend impossible le transport de lait.



Rendez-vous raté en 2024

L’an passé, alors que le concours international se tenait au Portugal, les fromages du Canada, du Royaume Uni et de la Nouvelle-Zélande avaient été refoulés à la frontière.

«On ignore encore pourquoi», précise Daniel Roy, directeur de l’usine de transformation de la Fromagerie de l’Isle-aux-Grues.

L’édition 2025 n’a pas connu ces contraintes. Il faut savoir que chaque fromage est soumis à des tests bactériologiques, comme n’importe quelle exportation. Les lots de produits canadiens envoyés au concours convergent tous à Toronto avant leur expédition.

Un sixième Gruyère AOP nommé grand champion

Le grand champion de cette année, le Gruyère AOP Vorderfultigen Spezial, affiné 18 mois et produit par la fromagerie Bergkäserei Vorderfultigen, provient de la très sélecte liste de 14 finalistes puisés dans le lot des 107 «super-or».



Le jury a salué sa texture cristalline et ses arômes «de bouillon, d’umami». En 2022, la même laiterie avait également remporté les grands honneurs avec un Gruyère de 12 mois, le Gourmino Surchoix.

Un fromage de chez nous, le Cendrillon de la Fromagerie Alexis de Portneuf, a réussi à décrocher le grand prix lors de l’édition 2009 de la compétition qui existe depuis 1988.

Un système qui impressionne nos fromagers

Parmi les autres fromages québécois représentés, ceux de Sébastien Lemay de Fromage Warwick. Le producteur laitier et artisan fromager était sur place à Berne alors que son Leméric, un fromage de type Reblochon, a décroché une médaille d’argent.

«Il faut que les juges aient les papilles de ton bord pour que tu sortes le premier de ta table et te rendes dans les 14 finalistes», décrit-il, en soulignant que c’est quand même impressionnant comme système. Impossible pour lui de savoir où se trouvait son Leméric. Les fromages étant identifiés par un système de code barre pour éviter d’en connaitre la provenance.

«Et… ça sentait le fromage! échappe-t-il en riant. Quand tu vois toutes les tables à perte de vue, 45 fromages par table, tous les juges en tablier jaune qui sont là. Écoute, j’ai fait le tour de la salle peut-être 40 fois, puis je n’en revenais pas d’un point de vue à l’autre.»

«Le fromage, c’est le Québec»

Chose certaine, si ces reconnaissances flattent tant l’Isle-aux-Grues que Warwick mais aussi Agropur, Kaiser, Bergeron, Terroir de Bellechasse et Saint-Benoît-du-Lac, elles confirment la posture du Québec comme leader dans l’expertise et l’offre fromagère chez-nous.

«Le fromage, c’est le Québec», affirme sans détour le fromager et fermier de Warwick.

Pour les distributeurs comme CDA, un habitué des WCA qui a soumis une vingtaine de produits à la compétition cette année, cette récolte de médailles fait office de carte de visite conséquente.



Belle carte de visite commerciale

«Quand un fromage gagne, ça confirme aux épiciers qu’ils ont raison de l’avoir listé, qu’ils soutiennent le bon produit et qu’ils peuvent avoir confiance en l’ayant dans leur comptoir», dit fièrement Daniel Allard, président de Fromages CDA, qui distribue plusieurs fromages artisans sur le territoire de la province et qui a souvent été juge aux WCA.

Il ajoute que ce genre de reconnaissance pèse fort dans la balance des restaurateurs qui utilisent nos fromages dans leurs recettes et qui le mettent aussi sur leur carte. Une vitrine importante pour les créations d’ici.

Le Québec tentera de récidiver et d’améliorer sa performance à Cordoue en Espagne, en 2026.

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Téléphonie cellulaire 90 % de votre facture payée dans le beurre

Marie-Eve Fournier La Presse

Costco est le champion des formats géants qui se transforment parfois en achat insensé, parce qu’on est incapables de tout consommer à temps. Pensez à la barquette de mesclun à moitié mangé, mais déjà trop fripé. Ce gaspillage vous désole ? Il y a pire ! Si ça se trouve, chaque mois, 90 % de votre forfait cellulaire est payé dans le beurre.
Publié à 6 h 30

En 2024, le Français moyen consommait 16,6 Go de données par mois, et pourtant, 60 % payaient pour plus de 100 Go. En somme, l’utilisateur moyen ne rentabilise pas plus de 10 % du prix de son forfait, conclut l’étude de Selecta avant d’ajouter que « les abonnements XXL (plus de 50 GB) présentent donc peu d’intérêt économique pour la majorité des consommateurs ».

L’étude encourage les Français à se tourner vers un forfait plus près de leurs besoins pour économiser. Un conseil mille fois plus pertinent ici, tant les prix sont faibles dans l’Hexagone.

En France, le forfait de 100 Go coûte en moyenne 8,24 €/mois, soit 13 $ taxes incluses. Ici, comptez plutôt entre 55 et 65 $ avant taxes.

Il y a quand même moyen de profiter de la baisse de prix continuelle des gigaoctets au Canada sans grand effort. Consultez le site web de votre fournisseur, pour y découvrir des offres exclusives aux abonnées ou une promotion du Vendredi fou.

J’y ai découvert cette semaine que je pouvais réduire ma facture de 15 $ par mois (200 $ par année en comptant les taxes) avec un forfait plus restreint qui n’existait pas en juillet. De quoi acheter quelques formats géants chez Costco.

https://www.lapresse.ca/affaires/chroniques/2025-11-23/telephonie-cellulaire/90-de-votre-facture-payee-dans-le-beurre.php

Écouteurs Bluetooth : deux produits à découvrir

Le marché des écouteurs Bluetooth est une jungle. Entre les produits d’Apple, de Sony et de Bose, et une marée de marques génériques à bas prix, il est difficile de s’y retrouver. Voici deux produits qui, à la veille de la période des Fêtes, proposent des nouveautés qui ne vous feront pas regretter votre achat.

Ces deux produits sont aux antipodes : le premier vise avant tout l’abordabilité. Le second espère offrir la meilleure qualité possible, dans un format où l’on doit souvent faire tout plein de compromis.

Les deux misent sur une insonorisation renforcée et sur une personnalisation de la tonalité pour offrir un son riche et puissant.

Si vous possédez déjà des écouteurs que vous aimez beaucoup, vous pouvez aussi étirer leur vie utile en remplaçant simplement leurs embouts. Des embouts de bonne taille qui utilisent des matériaux de qualité peuvent rehausser l’insonorisation et le confort, et ainsi redonner une deuxième vie à de vieux écouteurs… sans coûter cher.

Sounds Good SG Oasis : écouteurs fiables à prix raisonnable

Status Audio Pro X : pour les puristes

https://www.lapresse.ca/affaires/techno/2025-11-22/vie-numerique/ecouteurs-bluetooth-deux-produits-a-decouvrir.php

Gare aux rabais gonflés à l’épicerie

Par Justine Mercier, équipe d’enquête

1er décembre 2025 à 04h08|

Mis à jour le1er décembre 2025 à 09h03

Au Québec, la Loi sur la protection du consommateur interdit de «faussement invoquer une réduction de prix ou de faussement indiquer un prix courant sur un bien». (Simon Séguin-Bertrand/Archives Le Droit)

Les aubaines que vous proposent les épiceries sont-elles réellement aussi alléchantes qu’elles le laissent paraître? Pas toujours, révèle une compilation des Coops de l’information qui a permis de déceler des rabais gonflés par différents supermarchés.

Pendant six mois, semaine après semaine, Les Coops de l’information ont effectué près de 8000 captures d’écran afin de compiler les prix de 30 produits identiques chez cinq détaillants en alimentation présents au Québec – IGA, Maxi, Metro, Super C et Walmart.

Bien que l’échantillon soit petit si on le compare à un inventaire moyen de plus de 20 000 produits dans une épicerie moyenne, les données compilées montrent que certains détaillants font parfois miroiter des rabais plus importants qu’ils ne le sont en réalité.



Jamais au prix courant

Pendant les 26 semaines de compilation, certains produits n’ont jamais été mis en vente au prix courant affiché par les épiceries ciblées de Québec et Gatineau.

Chez Metro, par exemple, le jus de pomme Oasis (960 mL) a systématiquement été affiché en rabais. Mais, tout au long des 26 semaines de compilation, d’avril à octobre, la chaîne indiquait un prix courant de 2,79 $.

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La caricature de Côté

Par André-Philippe Côté, Le Soleil

2 décembre 2025 à 04h00

(André-Philippe Côté/Le Soleil)

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Où est le panier d’épicerie le moins cher?

Par Justine Mercier, équipe d’enquête

2 décembre 2025 à 04h08|

Mis à jour le2 décembre 2025 à 10h26

À coup de quelques cents ou quelques dollars de différence d’une bannière à l’autre, l’écart sur la facture devient grand pour le portefeuille au bout de plusieurs semaines. (Simon Séguin-Bertrand/Le Droit)

IGA, Maxi, Metro, Super C, Walmart: le choix d’une bannière peut avoir un gros impact sur votre facture d’épicerie, révèle une compilation faite par Les Coops de l’information. Et votre compte de banque sera encore moins dégarni si vous épluchez les circulaires en sachant reconnaître la valeur réelle des rabais proposés.

Pendant six mois, semaine après semaine, Les Coops ont compilé les prix de 30 produits identiques chez cinq détaillants en alimentation du Québec – IGA, Maxi, Metro, Super C et Walmart. Plus de 8000 captures d’écran ont été faites pour analyser l’évolution des prix affichés entre le début avril et le début octobre sur les sites Internet de ces chaînes, en ciblant des magasins précis à Québec et Gatineau.


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Gare aux rabais gonflés à l’épicerie

Pour les 30 produits ciblés, en les achetant semaine après semaine, la facture la moins élevée au bout de six mois revient à Maxi, avec un total de 3756 $. Walmart et Super C suivent avec des totaux respectifs de 3808 $ et 3899 $.



L’écart est marqué avec les deux autres bannières pour lesquelles les données ont été compilées. Au terme de 26 semaines, on parle d’une différence de plus de 450 $ pour les clients achetant les produits concernés chez IGA ou Metro. En contrepartie, ces épiceries offrent souvent des services supplémentaires, comme des comptoirs de boulangerie, de boucherie et de poissonnerie, ou encore l’emballage des produits.

Les Coops de l’information ont suivi l’évolution de ces 30 produits pendant six mois chez cinq bannières, à Gatineau et Québec. (Simon Séguin-Bertrand/Le Droit)

Chez Metro, la cheffe des communications, Geneviève Grégoire, souligne que «les modèles d’affaires diffèrent» entre les deux bannière s d’épicerie du groupe, Super C et Metro.

«Chez Metro, les clients retrouvent une riche variété de produits, frais, de qualité et à prix compétitifs, assortis de services qu’on ne retrouve pas chez les escompteurs [comme Super C]», fait valoir Mme Grégoire.

Chez Loblaw, propriétaire de Maxi, on explique que le premier objectif de cette bannière «est d’offrir les prix les plus bas possibles».

Sobeys, qui possède la bannière IGA, n’a pas souhaité commenter ces résultats. La chaîne Provigo a été exclue de notre compilation, car elle ne compte plus qu’une vingtaine de succursales concentrées dans la grande région métropolitaine, en Estrie et à Gatineau.

Combiner les meilleurs rabais de chaque chaîne

La différence se fait encore plus sentir sur le portefeuille des consommateurs qui prennent le temps de faire la tournée des épiceries, afin d’obtenir les meilleurs prix. Idem pour ceux qui profitent de la possibilité de faire égaliser les prix des concurrents chez Maxi.



Même si la politique «Imbattable» de Maxi allonge un peu le temps d’attente aux caisses, elle permet aux consommateurs qui l’utilisent de profiter des rabais offerts par les autres épiceries des environs, sans courir d’une place à l’autre.

En achetant chaque semaine les 30 mêmes produits au plus bas prix possible parmi les cinq bannières ciblées, on arrive à une facture qui s’élève à 3314 $ après six mois. En parcourant uniquement les allées d’un Metro pour obtenir exactement les mêmes articles, un client aura payé 1160 $ de plus, ce qui représente une facture 35 % plus élevée.

La porte-parole de Loblaw, Geneviève Poirier, affirme que le programme «Imbattable», lancé en 2012, «est toujours aussi populaire auprès de la clientèle».

Alors que plusieurs supermarchés Provigo ont été transformés en Maxi au cours des dernières années, Loblaw affirme qu’«aucune conversion additionnelle n’est présentement envisagée au Québec».



D’autres conversions d’épiceries ont aussi eu lieu récemment, plusieurs anciens Metro étant devenus des Super C. Chez Metro, on indique qu’«une douzaine de magasins d’escompte» seront ouverts en 2026 au Québec et en Ontario et qu’il s’agira de conversions dans certains cas.

Des écarts marqués d’un produit à l’autre

Vous grimacez devant un concombre anglais à 2,99 $, une boîte de biscuits Pattes d’ours à 4,99 $ ou une brique de fromage P’tit Québec à 7,89 $? Vous avez raison. Il s’agit des prix les plus élevés observés pour ces produits pendant les six mois où les données ont été compilées.

Dans le cas du concombre, l’écart est particulièrement marqué entre le prix le plus bas ayant été affiché et le plus élevé. À 2,99 $ chez Metro, c’est 444 % plus cher que le meilleur prix à rabais de 0,55 $, offert chez Maxi en juin dernier.

Pour 10 des produits suivis, l’écart était substantiel, avec des prix plus élevés d’au moins 150 %. Nous vous les présentons dans le diaporama ci-bas.

Rabais en cas d’achat multiple

La compilation faite par Les Coops de l’information se basait sur le prix unitaire de chaque produit. Les rabais en cas d’achat multiple ont donc été exclus. Il s’agit parfois d’une offre intéressante pour les clients prêts à acheter plusieurs exemplaires d’un même produit afin de générer des économies.

Option consommateurs souligne toutefois qu’il importe de bien lire les étiquettes apposées dans les allées des épiceries, parce qu’il n’est «pas nécessairement obligatoire d’acheter la quantité annoncée pour bénéficier du rabais».

Dans certains cas, un produit pour lequel on affiche «2 pour 5 $» coûtera 2,50 $ à l’unité. Mais dans d’autres cas, les rabais sont réservés aux achats multiples, ce qui peut irriter certains clients.

L’écart entre le prix unitaire et celui calculé sur la base d’un rabais multiple est parfois très grand. Il arrive même qu’il revienne plus cher d’acheter deux produits au lieu de trois.



C’était par exemple le cas chez Walmart, pour l’achat de deux boîtes de craquelins mini sandwich Ritz. Pendant plusieurs semaines, la chaîne a proposé ce produit à 4,48 $ l’unité ou à «3 pour 7 $». Il en coûtait ainsi près de 2 $ de plus à un client qui se procurait seulement deux boîtes au lieu de trois.

Autres astuces

Option consommateurs rappelle qu’il ne faut pas présumer que la présence d’un produit dans une circulaire signifie qu’il est offert en rabais. La compilation effectuée pendant six mois par Les Coops de l’information a d’ailleurs permis de constater, à plusieurs reprises, que des aliments affichés dans une circulaire étaient offerts au même prix courant que les autres semaines.

Les marques maison ont aussi été exclues de l’exercice afin de permettre des comparaisons entre produits identiques. Les consommateurs qui optent pour les marques maison peuvent freiner leurs dépenses en choisissant de tels produits.

Les cartes de fidélité associées à diverses chaînes peuvent aussi donner accès à des rabais substantiels, les non-membres se retrouvant parfois à payer le double du prix réservé aux adhérents.

Dans ces deux exemples tirés des circulaires d’IGA et de Maxi, la carte de fidélité donne accès à un prix substantiellement plus bas.

À cet égard, Option consommateurs rappelle cependant que les entreprises amassent du même coup beaucoup d’informations sur leurs membres. «À vous de juger si ces offres sont suffisamment alléchantes pour justifier le partage de vos données personnelles», suggère l’organisme.

Écart entre les régions

Des prix différents au sein d’une même bannière ont été observés à diverses reprises au fil des semaines. La facture pour acheter 30 produits identiques chaque semaine pendant six mois a été plus élevée à Gatineau pour Metro (+1,50 $), pour Walmart (+1,64 $) et pour Maxi (+13,11 $).

Un tableur de près de 400 lignes s’étirant sur quelque 80 colonnes a permis de compiler les données au fil des mois. (Simon Séguin-Bertrand/Le Droit)

Dans le cas de Super C, c’est à Québec que le total a été le plus élevé, mais d’à peine 0,72 $. Aucun écart entre les épiceries ciblées dans les marchés de Québec et de Gatineau n’a été observé chez IGA pour les produits visés.

À trois reprises pendant la période de compilation, des vérifications ont aussi été faites pour chaque bannière dans les marchés de Saguenay, Sherbrooke et Trois-Rivières. Une seule différence de prix – minime – a été observée. Elle profitait aux clients d’un Metro de Sherbrooke par rapport aux quatre autres régions.

Autres produits dont le prix a été suivi:

  • Fromage mozzarella P’tit Québec (400 g)
  • Spaghetti Catelli Classique (500 g)
  • Yogourt à la vanille Astro (650 g)
  • Mini sandwiches au fromage Ritz (180 g)
  • Confiture aux framboises Double Fruit (500 mL)
  • Café torréfaction originale Maxwell House (864 g)
  • Pizza toute garnie Mikes (845 g)
  • Beurre d’arachides crémeux Kraft (1 kg)
  • Farine blanche tout usage Five Roses (2,5 kg)
  • Yogourts à boire aux fraises IÖGO Nanö (6 X 93 mL)
  • Ketchup aux tomates Heinz (1 L)
  • Eau pétillante à la lime Bubly (12 x 355 mL)
  • Barres fruits et avoine aux framboises Go Pure (140 g)
  • Hummus traditionnel Fontaine Santé (260 g)
  • Soupe aux tomates Aylmer (284 mL)
  • Ensemble à burritos Old El Paso (510 g)
  • Gaufres Eggo originale (280 g)
  • Crème glacée à la vanille Coaticook (2 L)
  • Fromage Bergeron Classique (200 g)
  • Craquelins au cheddar Goldfish (200 g)

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Encadrement des no-shows dans les restaurants

Moins de réservations fantômes pour Noël

Plus nerveux ou plus conscientisés ? Chose certaine, les clients qui n’honorent pas leur réservation sont moins nombreux qu’avant, confirment des restaurateurs qui vivent actuellement leur période la plus achalandée de l’année.

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