Changements climatiques

Avec un tel réchauffement, je me demande quel impact ça aura sur les écosystèmes.

Probablement qu’il y aura un nouveau domaine bioclimatique dans le sud de la province.

Le gouvernement Trudeau investit 530 millions pour aider les municipalités à s’adapter aux changements climatiques.

Le ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbeault, en a fait l’annonce lundi à Ottawa, en compagnie du ministre de la Protection civile, Harjit S. Sajjan.

Cette somme est l’une des plus importantes jamais consenties à cette fin, selon le gouvernement, et elle servira à financer 1400 projets municipaux d’adaptation aux changements climatiques d’ici 2031.

1 Like

Il n’est pas facile de trouver des nouvelles le moindrement encourageantes sur le climat de la planète.

Pas plus tard que mercredi, l’Organisation météorologique mondiale nous apprenait que, selon les modèles de prévision climatique, la probabilité que la température moyenne annuelle du globe franchisse temporairement le seuil de 1,5 °C de réchauffement pendant au moins l’une des cinq prochaines années est de 80 %.

Pour la plupart des experts, il fait peu de doute que nous franchirons pour de bon un jour ce seuil critique, au-delà duquel le risque de franchir des points de bascule augmente. Mais comme le soulignent les auteurs du plus récent rapport du GIEC, il n’est pas trop tard pour renverser la vapeur. Une réduction rapide des émissions ne va pas effacer le problème, mais va minimiser les effets des changements climatiques dans l’avenir.

Résumé

AnalyseQuelques bonnes nouvelles sur le front du climat

Le déclin des émissions en Chine et la croissance vigoureuse des énergies renouvelables, entre autres, sont des phénomènes qui permettent de penser que l’atteinte d’un pic est peut-être moins loin qu’on pense.

Panneaux solaires dans un champ de poivrons du Sichuan à Bijie, dans la province chinoise du Guizhou.

Panneaux solaires dans un champ de poivrons du Sichuan à Bijie, dans la province chinoise du Guizhou

Photo : Getty Images / AFP / STR

Publié à 4 h 00 HAE

Il n’est pas facile de trouver des nouvelles le moindrement encourageantes sur le climat de la planète.

Pas plus tard que mercredi, l’Organisation météorologique mondiale nous apprenait que, selon les modèles de prévision climatique, la probabilité que la température moyenne annuelle du globe franchisse temporairement le seuil de 1,5 °C de réchauffement pendant au moins l’une des cinq prochaines années est de 80 %.

Pour la plupart des experts, il fait peu de doute que nous franchirons pour de bon un jour ce seuil critique, au-delà duquel le risque de franchir des points de bascule augmente. Mais comme le soulignent les auteurs du plus récent rapport du GIEC, il n’est pas trop tard pour renverser la vapeur. Une réduction rapide des émissions ne va pas effacer le problème, mais va minimiser les effets des changements climatiques dans l’avenir.

Peut-on espérer qu’un tel revirement survienne? Il n’est plus interdit de le penser.

Depuis deux siècles, en excluant les périodes des deux guerres mondiales, des grandes crises financières ou de la pandémie, les émissions de GES n’ont pratiquement jamais cessé d’augmenter. Mais depuis quelques années, le rythme de croissance de ces émissions a diminué, et un grand nombre de pays industrialisés réduisent leurs émissions ou sont en voie de les plafonner.

Ça ne se passe certainement pas aussi rapidement qu’il le faudrait. Mais au-delà de toutes les nouvelles inquiétantes qui nous sont parvenues cette semaine sur le climat, voici quelques éléments qui permettent à certains experts de dire que les émissions de GES pourraient peut-être cesser de croître dans un avenir assez proche, et amorcer un déclin à long terme.

Des ouvriers inspectent des panneaux solaires à la base de production d'énergie photovoltaïque complémentaire de fishing-solar à Taizhou, dans la province chinoise du Jiangsu (est), le 12 juillet 2023.

Des ouvriers inspectent des panneaux solaires à la base de production d’énergie photovoltaïque complémentaire de fishing-solar à Taizhou, dans la province chinoise du Jiangsu (est), le 12 juillet 2023.

Photo : afp via getty images / STRINGER

La Chine a-t-elle atteint son pic d’émissions?

La nouvelle a fait grand bruit dans le cercle des observateurs des enjeux climatiques : après 14 mois de hausse ininterrompue, les émissions de la Chine ont diminué de 3 % en mars dernier par rapport à mars 2023, une première depuis la fin des restrictions liées à la pandémie. Est-ce anecdotique? Il se pourrait que non.

Ma principale conclusion est que les émissions de la Chine sont actuellement en baisse structurelle et que si les principaux facteurs de cette baisse se maintiennent, les émissions devraient continuer à diminuer, avance le chercheur finlandais Lauri Myllyvirta dans une analyse (Nouvelle fenêtre) publiée sur le site Carbon Brief à la fin mai. Il est cofondateur du Centre de recherche sur l’énergie et l’air propre à Helsinki et chercheur associé à l’Institut de recherche sur la Chine et le climat de l’Asia Society Policy Institute.

Son analyse se fonde sur des données industrielles et des données officielles. Peut-on se fier à ces dernières? Avec les nouvelles technologies pour mesurer les émissions, il est de plus en plus difficile pour un pays de tronquer complètement ses données. Et la Chine, pour une question d’image, a tout de même amélioré sa transparence.

À partir de ces données, M. Myllyvirta conclut que les émissions chinoises seraient donc en train de plafonner. Ce n’est pas banal : ce pays est de loin le plus grand émetteur de GES de la planète, il compte pour près du tiers des émissions mondiales.

Plusieurs facteurs expliqueraient ce phénomène, selon M. Myllyvirta. D’abord, la poussée phénoménale des énergies solaire et éolienne en Chine, qui s’accélère : depuis le début de l’année, les Chinois investissent 3,7 fois plus dans les énergies renouvelables que dans les énergies fossiles

En 2023, la Chine a mis en service autant d’énergie solaire photovoltaïque que tous les pays du monde entier combinés. Elle a doublé le nombre de nouvelles installations solaires sur son territoire, a quadruplé les capacités de stockage d’énergie, tandis que ses ajouts d’énergie éolienne ont augmenté de 66 % par rapport à l’année précédente.

Les énergies provenant du vent et du soleil en Chine ont couvert 90 % de l’augmentation de la demande d’électricité en mars, alors que celle-ci était en croissance. Les résultats sont encourageants : la part des énergies renouvelables dans l’assiette énergétique chinoise a grimpé à 36 % depuis le début de l’année, contre 32 % l’an dernier.

Cette envolée colossale permet ainsi de réduire la part d’énergies fossiles dans la production d’électricité, une baisse de 4 % depuis un an, à un moment où la demande augmente pourtant. Les énergies renouvelables sont devenues un moteur incontournable de la croissance chinoise, poussant le pays à accélérer encore davantage le rythme.

Autre avancée, les véhicules électriques, qui composent désormais 11 % du parc automobile chinois et dont la place ne cesse de croître, contribuant aussi à la baisse de la demande de pétrole. S’ajoute à cela le ralentissement continu du secteur de la construction, qui provoque une baisse de la production d’acier et de ciment, deux grands secteurs émetteurs de GES.

C’est un signal très encourageant, étant donné le poids écrasant de la Chine en termes d’émissions mondiales, a dit récemment en entrevue au journal Libération Lola Vallejo, conseillère spéciale climat à l’Institut du développement durable et des relations internationales. Ceci dit, ajoute-t-elle, [l’effet du déploiement des énergies renouvelables] est évidemment à prendre avec des pincettes, car on ne pourra véritablement confirmer ce pic des émissions qu’en regardant dans le rétroviseur dans quelques années.

Des générateurs au charbon dans une usine d'acier dans la province industrielle de Hebei, en Chine.

Des générateurs au charbon dans une usine d’acier dans la province industrielle de Hebei, en Chine. Le gouvernement chinois a fixé à 2030 la date limite pour que le pays atteigne son pic d’émissions de dioxyde de carbone.

Photo : Getty Images / Kevin Frayer

Plafonnement de la demande des énergies fossiles

Les nouvelles sur l’atteinte d’un éventuel pic des émissions ne proviennent pas que de la Chine. La tendance semble mondiale.

Dans son grand rapport (Nouvelle fenêtre) Electricity 2024 sur l’état de la consommation et de la production de l’électricité sur la planète, publié en janvier dernier, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) affirme que malgré une augmentation constante de la demande d’énergie, les émissions mondiales de CO2 provenant de la génération de l’électricité sont en train d’entrer dans une phase structurelle de réduction.

Il commence donc à y avoir un découplage : malgré cette hausse continue des besoins en électricité, les émissions de CO2 générées par l’électricité devraient diminuer de 2 % en 2024, une descente qui devrait se poursuivre au cours des prochaines années.

Selon les experts de l’AIE, la demande d’électricité sur la planète va continuer de croître, en moyenne de plus de 3 % par année d’ici 2026. Cette demande est en bonne partie poussée par la croissance des économies émergentes comme la Chine, l’Inde et les pays de l’Asie du Sud-Est. Toutefois, l’Agence précise que si la demande d’électricité est en croissance, la demande mondiale de combustibles fossiles, elle, va atteindre son maximum d’ici 2025.

Voilà une bonne nouvelle pour l’environnement.

Un phénomène qu’on constate non seulement en Chine, mais partout dans les pays industrialisés, en raison de la place croissante qu’occupent les énergies renouvelables dans l’assiette énergétique mondiale.

Les plus récents chiffres ont de quoi impressionner : dans un autre rapport (Nouvelle fenêtre) publié jeudi, l’Agence internationale de l’énergie annonce qu’en 2024, les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables devraient atteindre près du double des sommes consacrées aux combustibles fossiles.

Ce n’est pas tout. Dans une autre publication qui a fait grand bruit à la fin de 2023, les experts du groupe de réflexion Climate Analytics (Nouvelle fenêtre) ont calculé qu’il y a 70 % de chances que les émissions mondiales de CO2 commencent à baisser en 2023 si les tendances actuelles de croissance des technologies propres se poursuivent et si des progrès sont réalisés pour réduire les émissions autres que celles de CO2.

Les experts de Climate Analytics misent notamment sur la réduction des émissions de méthane, qui proviennent en bonne partie des fuites dans le processus de production du pétrole et du gaz. Contrairement aux émissions de CO2, il est techniquement plus simple de contenir les émissions de méthane en colmatant les fuites. Et les effets se feraient ressentir plus rapidement. Le méthane a ceci de particulier que ses molécules ont une très courte durée de vie, soit de 10 à 15 ans. Si on arrêtait complètement d’émettre du méthane demain matin, les molécules présentes dans l’atmosphère n’agiraient à leur maximum sur le réchauffement que pendant cette courte période, pas beaucoup plus. Pour quiconque souhaite avoir un effet rapide sur le climat, il s’agit d’une aubaine.

Climate Analytics prévoit que si tout cela est fait, et que si la croissance vigoureuse des énergies renouvelables se poursuit, la demande pour les énergies fossiles pourrait bientôt plafonner et commencer à décroître : pour le charbon, le plafond aurait été atteint en 2023, alors que le gaz atteindrait son pic en 2024 et le pétrole en 2025.

Des mini-véhicules électriques garés en file près d'une fresque représentant des voitures électriques.

Des mini-véhicules électriques garés en file près d’une fresque représentant des voitures électriques, à Liuzhou, dans la province du Guangxi, dans le sud de la Chine.

Photo : afp via getty images / JADE GAO

L’épreuve du temps

Ces différentes projections, qui vont à peu près toutes dans le même sens, devront évidemment être confirmées par des mesures réelles. L’épreuve du temps nous donnera les vraies réponses, car certaines incertitudes persistent.

Dans le cas de la Chine, par exemple, qui a beau battre tous les records dans les investissements et le déploiement des énergies renouvelables, elle tire toujours près des deux tiers de son énergie du charbon. Or, les conflits en Ukraine et au Proche-Orient sont une preuve que les flux de gaz et de pétrole peuvent être perturbés par les tensions géopolitiques. Dans la même veine, les problèmes de sécheresse déstabilisent les ressources hydroélectriques. Dans un tel contexte, le charbon restera pour la Chine un refuge pour assurer une certaine sécurité énergétique.

D’autre part, même si des pays industrialisés comme les États-Unis, la France, l’Allemagne ont tous enregistré une baisse d’émissions en 2023 et semblent aussi amorcer une réduction structurelle de leurs émissions de GES, ils ne sont pas à l’abri de bouleversements qui pourraient changer du tout au tout les politiques énergétiques en place. C’est sans parler de la croissance constante des émissions dans les économies émergentes qui prennent de plus en plus de place, comme l’Inde, le Brésil ou l’Indonésie.

Le plafonnement des émissions n’est finalement que le premier pas, car l’objectif ultime, à moyen terme, est une réduction beaucoup plus importante des émissions d’ici 2030, que les scientifiques estiment nécessaire pour éviter des bouleversements catastrophiques.

Le chemin à parcourir reste semé d’obstacles, mais ces nouvelles données suggèrent un changement de tendance encourageant.

Un tel point de bascule pourrait être un tournant majeur dans la dynamique de l’action climatique sur la planète. Ce serait une preuve que les décisions politiques ont de réels effets.

Quel végétal, autre que les arbres, peut atténuer les changements climatiques en se nourrissant du CO2 atmosphérique ? Les algues !

Résumé

Le pouvoir des algues contre la crise climatique

PHOTO TIRÉE DU SITE DE LA NOAA

Forêt de laminaires en Californie

Quel végétal, autre que les arbres, peut atténuer les changements climatiques en se nourrissant du CO2 atmosphérique ? Les algues !

Publié à 1h50 Mis à jour à 6h00

Partager


Mathieu Perreault
Mathieu Perreault La Presse

Au congrès de l’Acfas, à la mi-mai à Ottawa, des chercheurs ont fait le point sur le potentiel du « carbone bleu » pour atténuer les changements climatiques.

« Les écosystèmes marins peuvent aider à stocker du carbone », explique Fanny Noisette, biologiste à l’Université du Québec à Rimouski et spécialiste de l’écophysiologie des algues de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent. « Les grandes algues capturent le CO2 de l’eau. Comme elles peuvent atteindre plusieurs mètres, elles accumulent du carbone rapidement. »

PHOTO FOURNIE PAR FANNY NOISETTE

Des laminaires sucrées près de l’île d’Anticosti

La baisse du taux de CO2 dans la mer, à cause de la croissance des algues, fait en sorte que du CO2 atmosphérique est dissous dans la mer en remplacement, parce que les taux de CO2 de l’atmosphère et de la mer sont en équilibre constant. Le CO2 est le principal gaz à effet de serre responsable du réchauffement de la planète.

Des algues de l’Arctique

3/3

Réchauffement de l’eau

Est-ce que l’augmentation de la température et la baisse du taux d’oxygène dans le golfe posent problème ? « La désoxygénation survient dans les couches profondes, alors que les algues se trouvent là où il y a de la lumière, dans les 40 premiers mètres. Les épisodes de réchauffement, par contre, peuvent affecter leur croissance. »

PHOTO TIRÉE DE WIKIMEDIA COMMONS

Des laminaires sur les côtes de Cape Cod

La réduction de la couverture de glace en hiver est un problème plus immédiat. Quand il y a moins de glace, les côtes sont plus exposées aux tempêtes hivernales, qui peuvent arracher les algues, selon Mme Noisette.

On essaie de savoir ce qui se passe quand les algues sont arrachées. C’est une grande question. Est-ce qu’elles vont couler dans le fond de l’eau, donc stocker le carbone dans les sédiments ? Ou est-ce qu’elles vont s’échouer sur le rivage et rester là pendant un cycle de marées ?

Fanny Noisette, biologiste à l’Université du Québec à Rimouski

Dans ce dernier cas de figure, les algues pourraient se décomposer et libérer le carbone accumulé quand elles ont absorbé le CO2 de l’eau.

2/2

Vers un inventaire canadien

Marcel Velasquez, un biologiste de l’Université Laval qui travaille sur les algues arctiques, planche de son côté sur un inventaire canadien des organismes marins capables de stocker le carbone. « Il y a en Arctique une grande quantité et diversité de forêts laminaires qui ne sont pas étudiées. » Ces forêts laminaires sont composées de grandes algues.

M. Velasquez veut élaborer un modèle permettant de prévoir la réaction des forêts de laminaires arctiques aux changements climatiques, notamment au niveaue leur croissance et donc du stockage de carbone.

PHOTO TIRÉE DU SITE DE L’UNIVERSITÉ LAVAL

Marcel Velasquez

Il y a beaucoup de données de ce type sur les écosystèmes terrestres, mais très peu sur les écosystèmes marins. C’est important pour le Canada parce que l’Arctique se réchauffe cinq fois plus vite que le reste de la planète.

Marcel Velasquez, biologiste à l’Université Laval

Pour compliquer l’analyse, la fonte des glaces en Arctique libérera des sédiments, source de nutriments pour les algues.

Avant de s’intéresser à l’Arctique, le biologiste d’origine chilienne a travaillé sur les algues antarctiques en tant que « plongeur scientifique ».

Récifs artificiels

Est-il possible de favoriser la croissance des algues côtières pour qu’elles absorbent davantage de CO2 de l’eau de mer ? Dans les océans, des essais de « fertilisation » avec du fer, entre autres minéraux, pour favoriser la croissance des algues ont eu lieu.

« Dans le golfe, il n’y a pas de facteurs limitant la croissance, il ne manque pas de nutriments, dit Mme Noisette. Mais on peut favoriser leur croissance avec des récifs artificiels. Il y a des essais de ce type depuis longtemps. » Ces récifs artificiels, notamment en Gaspésie et à Sept-Îles, ont servi à l’étude du homard ou alors ont été construits comme compensation à des perturbations côtières liées à de la construction.

Selon la convention de Ramsar, qui surveille les milieux humides depuis 1971, le carbone bleu est particulièrement stable, pouvant être stocké dans les sédiments marins pendant des milliers d’années. Les « herbiers marins », les forêts d’algues comme celles qu’étudient Mme Noisette et M. Velasquez, peuvent stocker 512 tonnes de carbone par hectare, un chiffre semblable aux forêts terrestres.

PHOTO RICARDO PIANTINI, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES

Forêt de mangroves en République dominicaine

Le carbone bleu, qui comprend les forêts de mangroves, est responsable de la moitié du stockage de carbone des sédiments marins, même s’il n’est présent que dans 2 % de la superficie des océans. Selon la convention de Ramsar, la dégradation des écosystèmes de carbone bleu est responsable chaque année d’un milliard de tonnes de CO2, soit 20 % des émissions liées à la déforestation terrestre. Les pertes des herbiers marins sont particulièrement importantes, étant passées de 1 % à 7 % par année entre 1940 et 2020.

Pour cette raison, un récent rapport de RBC estimait l’an dernier à 130 millions CAN par année le potentiel en crédits carbone de la restauration des herbiers marins canadiens, qui ont perdu 90 % de leur superficie depuis un siècle.

« En aucun cas, le stockage de carbone par les écosystèmes marins ne constitue la solution à la surproduction de CO2 dans l’atmosphère », tient toutefois à préciser Mme Noisette.

Regardez une vidéo d’une forêt de laminaires de la côte ouest américaine (en anglais)

En savoir plus

  • 40 cm
    Croissance maximale par jour de certaines espèces de laminaires

Source : noaa

53 m
Taille maximale de la laminaire Macrocystis pyrifera, dans l’océan Pacifique

SOURCE : oceana

  • 1,3 milliard
    Absorption annuelle de CO2 atmosphérique, en tonnes, des algues marines de la planète

Source : Global Ecology and Biogeography

2 milliards
Absorption annuelle de CO2 atmosphérique, en tonnes, des forêts terrestres de la planète

Source : Nature

Au Téléjournal

Zones inondables : quatre fois plus de maisons seront touchées

Québec travaille à actualiser les zones inondables des milliers de Québécois seront touchés. 22 000 logements sont présentement en zone inondable, mais avec les nouvelles cartes, ça doit passer à 77 000.

Le reportage d’Elisa Serret

Trois fois plus de Québécois vivraient en zone à risque d’être inondée, selon la nouvelle cartographie proposée par le gouvernement, qui invite la population à se prononcer sur la modernisation des règles concernant les zones inondables.

Les citoyens sont appelés à donner leur avis sur plusieurs nouveaux règlements, dont la modernisation de la cartographie des zones inondables et les règles qui vont encadrer les ouvrages de protection contre les inondations (OPI), comme les digues ou les murs anti-crue.

Environ 22 000 logements au Québec sont présentement situés en zone inondable, cartographiée. Avec les nouvelles cartes, 77 000 logements, environ 2 % de la population, se retrouveraient dans une telle zone.

(Berlin) Un trou béant de 20 mètres de profondeur éventre le cœur de Berlin. D’ici deux ans, ce chantier titanesque donnera naissance au plus grand réservoir de la capitale allemande, capable de recueillir des eaux devenues précieuses.

Résumé

Allemagne Pour affronter le changement climatique, Berlin se transforme en éponge

PHOTO JOHN MACDOUGALL, AGENCE FRANCE-PRESSE

Le concept de la « ville-éponge » a été théorisé dès les années 1970 et a été adopté en 2018 par Berlin.

(Berlin) Un trou béant de 20 mètres de profondeur éventre le cœur de Berlin. D’ici deux ans, ce chantier titanesque donnera naissance au plus grand réservoir de la capitale allemande, capable de recueillir des eaux devenues précieuses.

Publié le 12 juin

Partager

Camille KAUFFMANN et Claire MORAND Agence France-Presse

« Avant, l’objectif était d’évacuer les eaux de pluie pour traverser la ville sans bottes de caoutchouc », plaisante le porte-parole de la gestion des eaux de Berlin, Stephan Natz, casque de chantier vissé sur la tête au bord du cratère de béton.

Mais la métropole a changé de cap et œuvre désormais à stocker l’eau de pluie là où elle tombe pour limiter les inondations et lutter contre la sécheresse.

C’est le concept de la « ville-éponge », théorisé dès les années 1970 et adopté en 2018 par Berlin. Aux États-Unis, en Chine, en Europe, de nombreux centres urbains se sont convertis à cette démarche qui propose d’absorber, collecter, drainer et réutiliser les eaux de ruissellement.

PHOTO JOHN MACDOUGALL, AGENCE FRANCE-PRESSE

Le changement climatique entraîne « une répartition plus discontinue des pluies, c’est-à-dire des sécheresses auxquelles succèdent de fortes pluies, et un réchauffement toujours croissant, qui augmente l’évaporation », explique M. Natz.

Cinq piscines olympiques

Symbole de la transformation en cours : la réserve d’eau géante en construction dans le centre de la capitale, à moins de deux kilomètres de l’emblématique Porte de Brandebourg.

Le bassin de 40 mètres de diamètre recueillera près de 17 000 m3 d’eau – cinq fois la capacité d’une piscine olympique – la stockera puis l’enverra en station d’épuration.

PHOTO JOHN MACDOUGALL, AGENCE FRANCE-PRESSE

Car avec un système d’égouts vieux de 150 ans et des intempéries plus extrêmes que dans le passé, la ville n’est plus capable de gérer à la fois les eaux usées et les eaux de pluie : « en cas de fortes pluies, les eaux se mélangent et débordent jusque dans le fleuve de la Spree, provoquant la mort des poissons et une pollution visuelle », explique Stephan Natz.

Dans le même temps, Berlin, pourtant construite sur d’anciens marais, fait face à un sévère manque d’eau depuis plusieurs années. Après cinq ans de sécheresse, les nappes phréatiques n’ont toujours pas retrouvé leur niveau normal, selon des données de l’Institut Leibniz pour l’écologie des eaux douces et la pêche.

« Il y a eu une lente prise de conscience de la valeur de l’eau à Berlin. C’est l’un des endroits les plus secs d’Allemagne », souligne Darla Nickel, la directrice de l’Agence de gestion des eaux de pluie de la capitale allemande, créée pour accompagner la transformation de la ville en éponge.

Chaque nouveau projet immobilier est désormais tenu d’appliquer cette stratégie en développant des techniques de récolte des eaux de pluie.

Sorti de terre il y a environ 5 ans, le Quartier 52 degrés Nord, dans le sud-ouest de la ville, applique avec soin les nouveaux préceptes. Autour de trois grands bassins en enfilade où le vent souffle dans les roseaux, jeunes parents avec poussettes, enfants et personnes âgées se côtoient joyeusement.

« tout simple ! »

L’eau de pluie est « est collectée sur les toits végétalisés et dans ces bassins. L’eau s’évapore, créant ainsi un air plus agréable », explique Darla Nickel. Les trottoirs végétalisés sont également inclinés pour que l’eau s’infiltre plus facilement dans les sols.

« Vous voyez ça peut être vraiment tout simple ! » s’exclame Mme Nickel.

Mais l’enjeu est aussi de multiplier ce type de mesures en cœur de ville – même si Berlin est deux fois moins dense que Paris.

PHOTO JOHN MACDOUGALL, AGENCE FRANCE-PRESSE

« Nous avons progressé beaucoup plus lentement avec le bâtiment existant qu’avec les nouvelles constructions », concède Darla Nickel.

Dans un quartier historique de Berlin, une place est par exemple en cours de rénovation pour collecter l’eau de pluie et l’injecter dans les nappes phréatiques.

L’agence de gestion des eaux de pluie accompagne plus d’une trentaine de projets en lien avec la « ville-éponge ». La municipalité incite aussi les particuliers à installer des récupérateurs d’eau ou un toit végétal en les exemptant de redevance pour la gestion et l’épuration des eaux de pluie.

Les responsables locaux sont néanmoins conscients qu’il faudra plusieurs générations avant que Berlin ne devienne vraiment une « éponge ». « Reste à savoir si le changement climatique nous en laissera le temps », observe Stephan Natz.