Changements climatiques

Le Canada a beau être déjà frappé de plein fouet par la crise climatique, le gouvernement fédéral n’a toujours pas mis en place de stratégie « efficace » pour faire face aux effets de la hausse de la température moyenne, prévient le commissaire fédéral à l’environnement et au développement durable dans un rapport publié mardi.

Le mois dernier, les experts d’Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) soulignaient que « la population canadienne devrait se préparer pour une autre saison des ouragans active ». Et depuis quelques semaines, des feux de forêt majeurs frappent plusieurs provinces, ce qui a provoqué l’émission de panaches de fumée qui ont atteint le Québec le week-end dernier.

Ce ne sont là que deux exemples d’impacts liés aux dérèglements climatiques imputables principalement à la consommation des énergies fossiles. Or, ce réchauffement, qui avoisine déjà 1,5 ˚C par rapport à l’ère pré-industrielle, pourrait dépasser les 3 ˚C d’ici quelques décennies. Le Canada se réchauffant deux fois plus rapidement que la moyenne planétaire, cela signifie que des effets multiples sont à prévoir, selon les experts du climat.

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Reportage de CBC News

Quebec to restrict construction in flood zones as province updates risk maps

The number of Quebec homes in flood zones is expected to increase from 25,000 to about 35,000, according to the provincial environment minister. This comes as the province prepares to publish a new framework on flood risk zones in 2026.

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https://thetyee.ca/News/2025/06/25/Wildfires-Speeding-Up-Glaciers-Shrinking-Ice-Albedo-Effect/

Un projet qui comportait trop de risques environnementaux à l’époque, n’en comporte pas moins aujourd’hui. Il faut se détourner des énergies fossiles car la planète est déjà en ébullition avec les changements climatiques qui s’accélèrent. D’ailleurs qui profitera de cette richesse si ce n’est les actionnaires pendant que le peuple souffrira davantage.

Déjà que les USA ont égoïstement abandonné leurs responsabilités environnementales, en exploitant plus que jamais leur gaz et pétrole, tout en annulant tous les programmes d’énergie propre. Le Canada ne peut se permettre d’en rajouter car ce sont nos jeunes et les générations qui suivront qui en subiront les graves conséquences.

Article jumelé à la publication précédente

Les changements climatiques ont des conséquences graves un peu partout sur la planète.

En s’enfonçant encore davantage dans l’ère du doute, nos voisins nous offrent un rappel utile : ce n’est pas en confiant notre destin aux conspirationnistes qu’on va améliorer notre sort.

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Résumé

Météo: les Américains rendent nos cieux plus incertains

Par Pascale Lévesque, Le Soleil

20 juillet 2025 à 04h05

Québec a connu des records de pluie dans les derniers jours, une situation vécue jusqu’à Montréal. À quel point sommes-nos équipés pour faire face à l’avenir en termes d’impacts des changements climatiques? (Caroline Grégoire/Archives Le Soleil)

Orages violents, pluies diluviennes, records battus à Québec comme à Montréal: l’été 2025 rappelle combien les prévisions météo sont essentielles. Selon des experts, les récentes coupes budgétaires dans les agences américaines pourraient être de mauvais augure chez nous.


Les deux pieds dans la science, Alain Bourque parle au nom d’Ouranos, un organisme spécialisé en climatologie régionale et en adaptation aux changements climatiques. Il est surtout aux premières loges de cette suite d’événements intenses qui n’épargnent aucun humain. Peu importe sa longitude et sa latitude.

«L’atmosphère n’a pas de frontières», lance-t-il. Interrogé sur les effets possibles des compressions dans les agences climatiques américaines, il rappelle que le Québec dépend d’un équilibre fragile qui pourrait vaciller si la situation se détériore.



Pour rappel, aux États-Unis, l’administration Trump prévoit sabrer 1,52 milliard dans le budget 2026 de la NOAA (l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique), qui supervise notamment les prévisions météo et la recherche climatique. C’est le quart du budget!

Le financement des laboratoires et satellites climatologiques serait éliminé, plus de 800 employés ont déjà été remerciés et 600 postes coupés au National Weather Service, affectant des tâches essentielles comme les lancements de ballons-sondes.

Les effets bien réels des ressentis

Pendant que le Texas subissait des inondations soudaines, le drame se précisait: 132 morts confirmés, plus d’une centaine de disparus après le débordement de la Guadalupe. Une tragédie qui souligne la vulnérabilité croissante des systèmes météo américains.

Ces agences jouent un rôle crucial dans la collecte, l’analyse et la diffusion des données météorologiques mondiales.

«L’Organisation météorologique mondiale (OMM), chapeautée par l’ONU, a établi depuis les années 1950 des règles claires pour l’échange de données météo», explique Frédéric Fabry, professeur à McGill et directeur de l’Observatoire de profilage atmosphérique.

Alain Bourque insiste: «Le système météorologique mondial est très intégré. Même la Corée du Nord, la Russie ou l’Irak partagent leurs données, alimentant les simulateurs climatiques et produisant des prévisions fiables.»



«En pleine guerre froide, Moscou partageait encore ses données.»

— Frédéric Fabry, professeur à McGill et directeur de l’Observatoire de profilage atmosphérique.

Sans être alarmistes, les scientifiques admettent que les États-Unis figurent parmi les plus importants fournisseurs de données atmosphériques, toutes organisations confondues, OMM incluse.

Ces coupes risquent de freiner la science, faire perdre l’expertise et rendre les États-Unis — et leurs voisins — plus vulnérables. Derrière chaque bulletin météo, recherche et analyse climatique se cache une architecture internationale: satellites, stations au sol, ballons-sondes, algorithmes complexes… et des expertises multiples.

«En couper une partie aurait un impact majeur, surtout pour les pays voisins comme le Canada, dont les systèmes météo sont influencés par ceux du Sud, avance Alain Bourque. Notre météo se développe souvent là-bas. Si on coupe observations ou transmissions, c’est toute la chaîne de valeur qui s’effondre.»

Une tempête née en Afrique…

À titre d’exemple, l’an dernier, Debby qui a pris naissance au large de l’Afrique avant de passer par les Caraïbes puis les États-Unis a été suivie dès ses débuts par le National Hurricane Center américain. Ce qui a permis au Canada de mieux anticiper ses impacts quand elle est remontée jusqu’ici.



L’ouragan devenu tempête a frappé 55 municipalités québécoises, causant pour 2,5 milliards de dommages assurés – du jamais vu. C’est d’ailleurs - jusqu’à présent - ​​l’événement climatique le plus coûteux de l’histoire du Québec

Même s’il ne s’inquiète pas sur la conséquence de ces coupes à court ou moyen terme de la fiabilité et la robustesse des prévisions météo, Frédéric Fabry demeure quand même préoccupé.

«Ce qu’on coupe, c’est surtout la super-recherche, confie-t-il. Il y a des gens d’expérience qui sont partis, qui ont pris leur retraite plus tôt. La formation continue va prendre un coup.»

Et l’accès aux données, bien qu’encore possible, pourrait devenir plus difficile.

«Fermer un serveur ou site Web peut faire perdre l’accès à des années de données précieuses», avertit-il. Scénario déjà survenu sous la première présidence Trump, forçant des scientifiques à faire des copies d’urgence ailleurs.

«Ces coupes fragilisent une chaîne de données déjà tendue par les changements climatiques», souligne Philippe Gachon, professeur à l’UQAM et directeur du Réseau Inondations InterSectoriel du Québec.

Une onde de choc transfrontalière

Effet sous-évalué: Alain Bourque met en garde contre le piège de la désinformation et politisation. Comme les tempêtes, les idées traversent les frontières.

«Le danger, c’est qu’on tombe aussi dans ce piège. Qu’on se dise: “S’ils ne priorisent plus ça, pourquoi continuer?”» prévient-il.



Il garde un souvenir marquant d’un événement sur l’adaptation climatique à Baltimore en 2023. Ce n’est pas tant la critique virulente des politiques Trump qui l’a frappé, mais la réaction: ovation debout de tous les participants.

«J’ai réalisé que là-bas, si tu parles d’adaptation climatique, t’es automatiquement démocrate. Si t’es républicain, t’en parles pas, raconte-t-il, troublé. J’ai été horrifié.

«Il ne faut surtout pas que ça arrive ici, parce que ce n’est plus la logique ou la science qui guide, mais la politique pure.»

Au Québec, insiste-t-il, il faut préserver l’approche scientifique, à l’abri des lignes partisanes.

Il agite un drapeau rouge concernant le premier ministre canadien Mark Carney qui s’est empressé d’abolir la taxe carbone – mécanisme toujours en vigueur au Québec.

«Le Québec a fait d’importants progrès en adaptation climatique, notamment grâce aux revenus du marché du carbone», fait-il valoir. Cette avancée reste fragile.

«La taxe carbone crée un signal économique clair», explique Alain Bourque. Cet outil finance la transition, notamment via des programmes d’adaptation comme le FECC (Fonds d’électrification et de changements climatiques), tout en incitant aux changements comportementaux.

«Ce n’est pas une punition, c’est un transfert de ressources vers les solutions», résume-t-il.

Philippe Gachon, chercheur à l’UQAM et directeur du RIISQ, abonde. Il insiste: la météo, c’est bien plus que la pluie du lendemain, c’est la base d’une société résiliente.

«On oublie que les données météo et climatiques sont directement liées à notre sécurité, infrastructures, santé publique.»

Sommes-nous bien équipés pour l’avenir ?



Pour Damien Bruyère, directeur commercial de Météo Globale, agence phare de météo privée, le Québec traîne déjà la patte, même sans coupures du Sud.

«Le MTQ a 80 stations pour 31 000 km de route. En France: 100 pour 5000 km. Le Québec est mal équipé.» Selon lui, les coupes américaines aggravent un déséquilibre déjà problématique dans la couverture territoriale québécoise.

Du côté d’Environnement Canada

Les météorologues d’Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) se veulent rassurants. Ils s’appuient sur une grande diversité de données: imagerie satellite haute résolution, stations météo, ballons-sondes, bouées, détection de foudre, plus rapports marins et terrestres.

Des plans d’atténuation et d’urgence sont en place afin de minimiser les répercussions d’une interruption de la transmission des données américaines. ECCC indique collaborer avec d’autres services nationaux et avec l’OMM pour maintenir un service fiable.

Selon l’organisme, sa capacité à fournir des données climatiques scientifiques n’est pas affectée car ses modèles reposent sur les observations canadiennes. Les prévisions continueront via Canada.ca/météo et l’application MétéoCAN.

Données, gouvernance et souveraineté

Le Canada, comparé à son voisin, s’en tire bien.

«Ce n’est pas la même situation qu’aux États-Unis, confirme Frédéric Fabry. Mais on pourrait mieux faire, notamment dans le partage des données collectées par Hydro-Québec, les municipalités, les transports.»

Philippe Gachon renchérit: «On manque de coordination intersectorielle. On a les outils, les experts, mais pas assez de volonté politique pour briser les silos.»

Il plaide pour un accès libre et structuré aux données, à l’image du modèle américain pré-Trump.

«C’est un enjeu de souveraineté scientifique. On ne peut dépendre d’un pays voisin instable pour savoir s’il va pleuvoir ou inonder chez nous», précise le professeur de l’UQAM.



Rappel que l’enjeu climatique ne devrait pas être idéologique, mais pragmatique. Comme le résume Alain Bourque: «L’incertitude Trump augmente la certitude des impacts climatiques, c’est emmerdant!»

La marotte veut que les États-Unis toussent et le Canada attrape la grippe. Quand les données météo toussent, c’est notre capacité d’anticipation qui tombe malade.

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