Campements urbains et autres enjeux liés à l'itinérance

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À Montréal, l’organisme Le Chaînon, qui accueille des femmes en difficulté, s’alarme de l’âge croissant des résidentes qui intègrent ses ressources. Selon son rapport d’activité 2024-2025, 37 % des femmes hébergées par l’organisme ont plus de 50 ans. Et faute de places, l’organisme est contraint de refuser une vingtaine de demandes par jour.

Les experts attendent toujours les statistiques détaillées du dénombrement 2025 sur l’itinérance visible effectué par le ministère de la Santé et des Services sociaux. Mais, pour plusieurs, ces chiffres ne refléteront que partiellement l’ampleur du phénomène. « L’itinérance des femmes âgées, c’est une itinérance qui est beaucoup plus cachée, beaucoup plus dissimulée, explique Valérie Bourgeois-Guérin, professeure de psychologie spécialisée en itinérance des personnes âgées à l’UQAM. On sait très bien que les statistiques qu’on a sont juste la pointe de l’iceberg. »
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« De l’hébergement d’urgence jusqu’au logement permanent. C’est vraiment ce qu’on fait ici, c’est notre vision. » À l’heure où la crise de l’itinérance des femmes âgées continue de s’accentuer, des organismes mettent en place diverses initiatives pour tenter de l’endiguer. Leur priorité : fournir un toit à ces femmes le plus rapidement possible, misant notamment sur l’approche du Logement d’abord, une initiative qui suscite un espoir grandissant, mais qui doit être adaptée à la diversité des trajectoires, selon des experts.

À l’organisme Chez Doris, l’hébergement va du lit pour la nuit au logement permanent. Idem du côté du Chaînon : en plus de sa maison principale pouvant accueillir 51 femmes pour de l’hébergement d’urgence et de courte durée, l’organisme montréalais dispose de trois édifices où peuvent résider 91 femmes, dont une maison réservée aux femmes de 55 ans et plus. Il fait également affaire avec 27 propriétaires pour loger 70 femmes dans des logements privés dans le cadre de son programme Un toit pour elles, inspiré de l’approche du Logement d’abord.

Le but de cette approche : « renverser la logique traditionnelle qu’on dit en escalier », explique Elisabeth Greissler, professeure à l’École de travail social de l’Université de Montréal. Au lieu qu’une personne itinérante suive les nombreux « paliers » qui précèdent habituellement l’obtention d’un logement permanent (refuge d’urgence, thérapie de désintoxication, logement de transition), elle accède directement à celui-ci tout en jouissant d’une aide au loyer et en étant accompagnée par une équipe de soutien.
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Je ne pense pas que le problème soit simplement une question de prise de conscience.

Le problème est une opposition fondamentale d’intérêt entre les différents partis qui ont eut accès au pouvoir dans les 30 dernières années et qui ont tous défendu une société de propriétaire, privilégiant l’augmentation de la valeur des logements et du “capital immobilièr” au détriment de l’accessibilité d’un bien fondamental qui est le logement.

Cela s’est traduit par un sous financement chronique des programmes de logements sociaux, une absence presque complète de construction de logements sociaux, voir même dernièrement des projets de lois visant à contraindre les coops et à restreindre les droits des locataires.

Ce n’est pas un hasard ou un manque de prise de conscience, c’est le résultat d’une politique parfaitement consciente d’enrichir une portion de la population via le logement au détriment d’une autre portion de la population.

Une politique de logement publique efficace, et qui verrait la transformation d’une bonne partie du parc locatif en logements hors marché, aurait pour effet de faire baisser la valeur des biens immobiliers, et crois moi qu’il y aurait une bonne partie de l’électorat qui serait bien plus mécontent que face à l’itinérance. (Les classes supérieures étant surrepresentées parmis la population qui vote)

Quand on ajoute à ça, le sous financement chronique des milieu communautaire, la privatisation à vitesse accélérée de notre système de santé, etc. on obtient la crise que nous traversons maintenant. Tout ça n’est qu’une partie des symptômes des politiques de ces 30 dernières années qui ont eut pour fils conducteur l’enrichissement d’une petite partie de la population au détriment du plus grand nombre.

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Les résidents de Sainte-Adèle, dans les Laurentides, n’avaient jamais vu ça : des dizaines de personnes itinérantes sont venues s’installer dans cette petite ville sans histoire depuis l’ouverture, en novembre dernier, d’une halte climatique destinée à aider les sans-abri de la région à survivre à l’hiver. Le refuge est devenu permanent en raison de l’ampleur de la crise du logement.

La halte L’Escale s’est établie dans un local anonyme du boulevard de Sainte-Adèle, l’artère principale de la municipalité de 15 500 âmes. Ironie du sort, ce havre pour les sans-abri est situé en face d’un immeuble tout neuf de quatre étages offrant des appartements « de luxe ». Un logement de deux chambres est annoncé à 2480 $ par mois.
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Godin dans Le Devoir :

Cette caricature est frappante. Ça en dit long sur notre société et sur qui qui en a le pouvoir.

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meanwhile in Toronto

A micro-shelter village is coming to Scarborough

A Toronto man who started building tiny homes for those in need is creating a micro-shelter village in Scarborough. CBC’s Dale Manucdoc got a sneak peek.

ÉMMIS intervient maintenant dans les commerces. Avant, c’était seulement dans l’espace public

La brigade ÉMMIS peut intervenir dans les commerces

La cohabitation sociale avec les commerçants est plus difficile sur la Plaza Saint-Hubert que partout à Montréal, selon ce que constate la brigade d’intervention sociale de la Ville de Montréal, l’ÉMMIS. Près de la moitié des appels reçus par l’ÉMMIS concernait la Plaza.

Journaliste : Alice Fournier

Je suis vraiment surpris de ces chiffres-là. Bien que l’itinérance soit partout, La Petite-Patrie et la Plaza ne m’ont jamais semblé être les plus touchées par la crise - j’aurais imaginé plus le Village, ou la rue Sainte-Catherine entre Saint-Laurent et Berri comme l’endroit où l’EMMIS intervient plus auprès des commerçants. Peut-être ont-ils mieux été informés du service qu’à d’autres endroits?

Pour rester dans l’arrondissement, je peux te dire qu’on le voit. Ça fait 27 ans que je suis résident de RPP et la différence est flagrante. C’est partout mais ceci dit, ils sont très discret pour la plupart.

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Dans La Presse, dossier en 2 articles

Décès de sans-abri au Québec | Des morts invisibles et sous-estimées

Entre 2020 et 2024, les décès de femmes itinérantes ont bondi de plus de 200 % au Québec. Et plus du tiers des sans-abri qui ont perdu la vie au cours de cette période sont morts en situation d’ « itinérance cachée », révèle une nouvelle étude que La Presse a obtenue en primeur. Mais ce n’est que la pointe de l’iceberg : les rapports du coroner analysés par les chercheurs de l’Université de Sherbrooke ne portent que sur les morts suspectes ou violentes. Un reportage de Caroline Touzin

Reportage de CBC News

Researchers document surge in unhoused deaths in Quebec

400 unhoused people died in the province in four years, with deaths of women spiking

New data from the Université de Sherbrooke shows that deaths among unhoused people went up by about 180 per cent between 2020 and 2024 in Quebec.

In 2020, 45 people experiencing homelessness died, while in 2024, 127 people passed away.

Over that period, a total of 400 unhoused people died in the province. Montreal had the highest rate of death per capita, followed by the Outaouais region.

“It’s a very, very sad and unfortunate event,” said Dr. David-Martin Milot, a public health physician and one of the project’s supervisors.

“The need was expressed by the health and public health [authorities] to better understand the phenomenon so we could better adapt interventions.”
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C’est une formule nettement supérieure aux campements et beaucoup mieux adaptée aux besoins de base des itinérants. En plus c’est une adresse qui les relie concrètement à la société et qui pourrait leur servir de premier pas pour une solution plus permanente.

Quelle tragédie :frowning: et comme l’indique l’article, vu que c’est seulement les décès analysés par le coroner, toutes les personnes à la rue qui meurent trop jeunes de causes ‘naturelles’ ne sont même pas comptés, donc le taux de surmortalité doit être effarant.

:confused:

Fire at encampment near Atwater Tunnel

A fire tore through part of a homeless encampment near Montreal’s Atwater Tunnel Tuesday night, leaving tents, belongings and debris charred at a site where nearby residents say they have repeatedly raised concerns about fire safety.

Video via Sarah El Queisi

A fire tore through part of a homeless encampment near Montreal’s Atwater Tunnel Tuesday night, leaving tents, belongings and debris charred at a site where nearby residents say they have repeatedly raised concerns about fire safety.

The city’s fire department confirmed it responded to a medium-size garbage fire at the encampment and said there were no injuries or deaths. An area resident said she called 911 at about 10:45 p.m. after seeing flames from her backyard.

“There were several explosions,” Sarah El Queisi said. “You could hear them — bang, bang, bang.”
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Il me semble qu’il y a eu un autre incendie de campement près du tunnel Atwater récemment.

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Selon les photos de la Gazette, je crois que le dernier incendie est du côté sud du canal. J’avais vu une tente l’été dernier dans l’espace vert qui borde le tunnel, côté ouest

Il faut reconnaitre que le simple fait de ne pas avoir de domicile fixe complique déjà grandement la logistique d’une alimentation saine. Le sommeil est aussi nécessairement altéré, de même que la sécurité de la personne, tandis que la consultation médicale devient elle aussi beaucoup plus compliquée. À cela s’ajoute des habitudes très répandues de consommation de produits illicites, de conflits entre individus et de mauvaise conditions d’hygiène généralisées. Finalement plusieurs vivent des problèmes de santé mentale et de mésadaptation sociale. Tout cela combiné aux difficultés de vivre dans la rue, soumis aux aléas de la météo et du froid qui sévit une bonne partie de l’année.

Donc cette précarité fragilise considérablement les personnes et les met constamment en danger au quotidien. Alors on aura beau fournir une assistance sous forme d’accompagnement, cela ne remplacera jamais un toit sur sa tête et la sécurité à tous les points de vue qui vient avec.

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Au Téléjournal de la Maurice - Centre-du-Québec, entrevue avec le directeur de l’organisme Point de rue

L’organisme Point de rue dresse un bilan bouleversant avec 294 décès recensés en 20 ans.

Son directeur, Jean-Félix St-Germain, témoigne de la précarité et de la solitude extrême vécues par ces individus dont la majorité des décès auraient pu être évités avec un meilleur accompagnement.

Entrevue de Sophie Bernier

L’incendie dont je parle était survenu au même endroit.

Le campement au sud du pont Wellington a prit feu il y a quelques instants

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