Itinérance à Montréal

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE
Le campement Saint-Rémi, dans le quartier Saint-Henri
« Le campement est toujours là. Il y a encore des feux à ciel ouvert, des interventions des pompiers régulièrement, c’est le statu quo pour l’instant. » Mehdi Samsari habite en face du campement Saint-Rémi, dans le quartier Saint-Henri, où une dizaine de personnes campent sur une friche entre l’autoroute Ville-Marie et le chemin de fer du Canadien National.
Plus d’un mois après l’entrée en vigueur d’un protocole sur les zones de tolérance pour les campements de personnes en situation d’itinérance à Montréal, ce citoyen, qui a souvent signalé des situations dangereuses à son arrondissement, voit peu de changement.
En raison de la proximité des wagons-citernes, souvent remplis de produits inconnus, le père de famille s’inquiète des nombreux incendies déclenchés par les campeurs. « J’ai une épée de Damoclès au-dessus de ma tête », déplore-t-il, mentionnant également des problèmes d’insalubrité et d’insécurité.
Devant la multiplication des tentes, entraînée par la crise de l’itinérance, la Ville de Montréal a proposé de limiter les démantèlements et d’encadrer les lieux où les campements seront tolérés, en partant du principe que « les déplacements forcés, sans proposition d’alternatives, contribuent à accentuer les vulnérabilités et doivent être évités autant que possible ».
Questions sans réponses
Mais un flou entoure l’application du protocole de tolérance adopté le 11 mai, a constaté La Presse en visitant des campements dans plusieurs quartiers de Montréal au cours des dernières semaines. Des citoyens comme Mehdi Samsari sont laissés dans le noir. Les arrondissements ne semblent pas avoir les réponses à leurs questions.
« Le protocole disait que l’accumulation, la proximité d’un chemin de fer, puis la proximité des tentes et les feux étaient des critères de non-tolérance des campements. Ces quatre critères ne sont aucunement respectés », énumère M. Samsari, qui a tenté de se faire élire conseiller d’arrondissement dans Le Sud-Ouest pour le parti Action Montréal en 2025.
Une distance minimale de trois mètres devrait être laissée entre les tentes, les abris, les équipements de cuisson et les structures bâties, selon les règles déterminées par la Ville.
Les campements installés à proximité d’« espaces sensibles », comme des aires de jeux pour enfants, devraient aussi être déplacés, prévoit le protocole.
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