Campements urbains et autres enjeux liés à l'itinérance

50 millions pour tenter de contenir la crise à Montréal

Montréal veut limiter l’explosion de l’itinérance à l’approche de l’été, au moment où le campement Notre-Dame atteint une centaine de tentes, un sommet. Environ 50 des 120 millions promis dans le présent mandat seront transférés aux arrondissements et au réseau communautaire dans les deux prochaines années.

« C’est du jamais-vu au niveau de la Ville. La réalité de l’itinérance évolue rapidement et les besoins augmentent. Les campements se multiplient, les citoyens nous interpellent et les équipes sont à bout de souffle », a fait valoir mercredi la mairesse Soraya Martinez Ferrada.

Les sommes annoncées proviennent directement du budget de la Ville. En campagne, le parti de Soraya Martinez Ferrada avait promis la disparition des campements d’ici 2029, en s’engageant au passage à investir 120 millions dans la lutte contre l’itinérance d’ici 2029.

Dans les deux prochaines années, la Ville enverra donc plus de 20 millions de dollars aux arrondissements, soit 9 millions en 2026 et 11 millions en 2027, pour lutter contre l’itinérance de façon locale.

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le communiqué officiel

L’administration Martinez Ferrada a présenté aujourd’hui comment seront investis les budgets 2026-2027 consacrés à l’itinérance afin de mieux répondre à la pression croissante sur le terrain. Avec une enveloppe annuelle de 29,8 M$ en 2026, soit 20 M$ de plus qu’en 2025, l’administration augmente ses investissements pour se donner les moyens d’agir, répondre plus rapidement aux situations d’urgence, mieux soutenir les organismes et appuyer les arrondissements dans leurs interventions.

Comme la situation évolue rapidement, la Ville souhaite se donner davantage de flexibilité pour adapter ses actions là où les besoins sont les plus criants, tout en offrant une meilleure prévisibilité aux partenaires sur le terrain. L’annonce se décline en trois mesures concrètes :

  1. La mise en place d’une cellule de crise par le GITI pour assurer une prise de décision rapide, cohérente et concertée.
  2. Plus de 20 M$ sur deux ans pour donner plus de moyens aux arrondissements.
  3. Plus de 29 M$ sur deux ans pour soutenir les organismes communautaires de première ligne et assurer une meilleure prévisibilité.

[…]

Dossier en 4 articles sur l’itinérance à Laval dans la Presse

Itinérance à Laval | Une crise « sans précédent »

Laval vit une crise de l’itinérance « sans précédent ». Une étude de l’Observatoire québécois des inégalités obtenue en primeur par La Presse révèle un phénomène en émergence : des travailleurs au bas de l’échelle basculent désormais vers la rue dans l’île Jésus.

Le quartier Hochelaga-Maisonneuve au cœur de la crise de l’itinérance

Au cœur de la crise de l’itinérance à Montréal, le quartier Hochelaga-Maisonneuve concentre trois refuges totalisant 300 lits et le plus grand campement de la métropole, avec plus de 150 tentes. Ces installations, qui devaient être temporaires, sont toujours en place six ans plus tard. Résultat : la cohabitation est devenue invivable pour des résidents du quartier.

Le reportage de Davide Gentile.

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On dirait que le journaliste peind volontairement un portrait plus négatif de l’itinérance dans le quartier en le traitant les personnes en situation d’itinérairance comme des drogués et des nuisances dès le début du reportage. Le peu de “campeurs” à qui il parle sont clairement désorganisé et il semble avoir bien gratté pour trouver des ‘opposants’. (Dont la réplique épique: « Il y en a qui se piquent, il y a du monde qui font des caresses pour un six pack pi un paquet de cigarettes.») Vilifier l’itinérance comme M. Gentile le fait contribue à la crise. C’est vraiment plate de voire ce style de reportage à Radio-Canada.

Je n’habite pas le secteur où il y a les campements, mais j’y passe souvent. Je ne peux pas dire qu’en dehors de l’aspect visuel, il y a quelque chose qui me dérange. J’aimerais grandement que ces gens soient loger, mais l’affaire des consultations, c’est ridicule. Le quartier d’Hochlag a traditionnellement été un quartier plus démunis que les autres. C’est normal qu’il y ait plus d’itinérance dans le secteur dans un contexte de crise d’aborsabilité et l’embourgeoisement du quartier.

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J’y habite et je suis choqué par ce “reportage". Est ce qu’on pourrait commencer à traiter ces gens comme des êtres humains et avec la décence qu’ils méritent ?

Choqué aussi par l’inaction politique à tous les niveaux, que ce soit en logements ou dans l’aide au milieu communautaire.

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Il y a un reportage photos accompagnant le reportage vidéo

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Vraiment choquant aussi comment le campement de la rue Notre-Dame et les refuges dans le quartier sont mis sur un pied d’égalité en tant que problématiques, alors qu’un est littéralement la solution de l’autre…

Je comprends qu’il y a des enjeux avec les refuges, mais en écoutant le reportage et la façon dont on passe de l’un à l’autre constamment, on pourrait croire que les refuges sont aussi “mauvais” (groooooos air quotes sur le mauvais) que le campement.

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Et passons sur l’utilisation abject de personnes malvoyantes dans ce “reportage”…

Et qu’on me parle pas de tolérance ou de cohabitation. Tolérer, c’est déjà abdiquer. L’itinérance a des solutions. J’attends que nos politiques aillent de l’avant avec un projet pour construire du logement social de façon importante ! Arrêtons de niaiser. Ce sont des centaines de vies humaines qui sont en jeux.

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Merci de pointer le mot ‘‘tolérance’’. J’en aurais long à dire sur la vraie signification de ce mot qui est utiliser pour bcp de chose… BREF

J’ai pas pris la peine de regarder le reportage car ça fini tjrs par être la même chose. Bcp de monde pas content et incomfortable et une réalisation collective que rien n’est fait. Et on casse du sucre sur le dos des gens en difficulté.

:man_shrugging:

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C’était la même chose dans le Village quand l’itinérance a augmenté en 2021-2022. Les gens sur les pages Facebook du Village disaient des choses tellement horribles.

Même chose pour moi… si un campement dérange tant que ça on devrait peut être plus financer le logement…

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Les gens en disent encore des bonnes sur le Village :frowning:

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Il faut quand même faire attention de ne pas minimiser ce que vivent certaines personnes dans les quartiers où cette problématique est plus présente. Mon ami avait un condo drette dans le Village dans ces années là (2021-2022) et il y avait fréquemment des gens qui venait fumer du crack dans sa cage d’escalier de secours. Une de ces personnes avaient fini par puncher un des résidants qui empruntaient l’escalier. Un autre de ces joyeux lurons avaient étendu de la marde sur un des chars du stationnement souterrain.

Je suis bien conscient que c’est seulement des anecdotes, mais il y a des vraies personnes à qui ça l’arrive et ça se peut qu’après elles se retrouvent avec une opinion plutôt négative des personnes itinérantes en général.

(Edit : orthographe)

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J’ai quitté ces pages Facebook… j’étais juste pu capable de lire de la haine à tous les jours.

J’habite en plein coeur du Village et j’ai vécu des choses aussi horribles que votre ami. J’ai été très dérangé par la crise, autant que n’importe qui dans le Village. Moi aussi je n’ai pas trouvé ça le fun de trouver des excréments dans mes escaliers, de devoir constamment surveiller pour être sur que personne n’entrait dans notre immeubles ou se faisait un petit feu dans les escaliers avant pour se réchauffer.

L’itinérance n’est pas une bonne chose. C’est correct d’interpeller nos élus et nos gouvernements pour que quelque chose se fasse. Ce que je trouve difficile c’est de voir que certains oublient que les itinérants sont des êtres humains. En pleine crise il y a eu la création d’un groupe de résidants du Village qui sont allé faire du porte à porte pour se faire connaitre. Les propos de ces gens étaient décourageants. L’un d’eux m’a même dit que son seul but c’était que les itinérants soient déplacés à Hochelaga pour qu’on aille la paix…

Combattre l’itinérance c’est super important, et je suis le premier qui voudrait voir les campements disparaitres parce qu’on a réussi à enrayer l’itinérance. Malheureusement beaucoup n’ont pas de compassion.

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J’ai habité 6 ans au plein cœur du village, à deux pas de la station Beaudry et j’habite maintenant dans Hochelaga.

Et malgré ça, je pense qu’il faut avoir la décence de réaliser que les inconvénients mineurs que l’on peut vivre sont à des années lumières de la violence et de la brutalité que subissent les gens qui vivent dans la rue.

En plus, je constate que la plupart des opinions de résidents diffusés dans les journaux ont tendances à proposer comme solution une forme de “ pas dans ma cour” qui ne règle absolument pas le problème.

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Chronique de Maxime Bergeron au sujet du rapport du bureau de l’Ombusman de Montréal

Crack, itinérance et pistes cyclables | L’Ombudsman de Montréal sonne l’alarme

[…]
En plus de répondre aux plaintes des citoyens, l’Ombudsman peut déclencher des enquêtes sur des sujets qu’il juge importants. L’équipe de Nadine Mailloux l’a fait en 2022. Elle a ausculté la situation de l’itinérance dans le quartier Milton-Parc, à la lisière du centre-ville de Montréal.

Comme une analyse au microscope.

Son rapport initial a soulevé toutes sortes d’aberrations : manque de ressources pour les sans-abri (surtout autochtones), cohabitation horrible avec les riverains, appui déficient de la Santé publique, prostitution, usage de crack et d’autres drogues dures, altercations, défécations…

L’Ombudsman a fait un suivi de la situation l’an dernier, de son propre chef. Son constat est brutal. Oui, les autorités ont mis en place plusieurs de ses recommandations, mais la « crise humanitaire » s’est amplifiée, plutôt que de se résorber.

Le risque de « normaliser » une situation inacceptable est bien réel, m’a-t-elle dit. D’où l’importance de documenter – encore et encore – les choses dans les tranchées. Elle espère tirer la clochette d’alarme, ou du moins la faire tinter un peu, au travers d’un barrage d’autres nouvelles déprimantes…
[…]

Des organismes de l’ensemble du Québec se partageront une somme de 12,5 millions $ en aide gouvernementale pour la prévention et la lutte contre l’itinérance.

La ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire, Chantal Rouleau, en fera l’annonce officielle jeudi.

Les enveloppes, dont le montant varie entre 100 000 $ et 5 millions $, seront réparties entre les tables des élus des différentes régions administratives du Québec; à l’exception de Montréal, de la Capitale-Nationale et de Laval, où l’argent sera géré par les administrations municipales.
[…]

C’est tu moi où le gouvernement ne fait juste que lancer des miettes aux villes??? Tsé, au lieu de vraiment adresser la crise dans son ensemble et y dédier les bonnes sommes???

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On lance toujours des aides d’urgence à la pièce de temps en temps.

Ça prend un programme en santé, en habitation, et probablement certaines mesures législatives. Ça prend un gros plan.

Pas des montants d’urgence lancés aux 3 mois.

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L’empathie a toujours sa place dans ce genre de situation. On n’a qu’à imaginer la perte de notre propre logement et l’absence d’un lieu de remplacement pour comprendre l’énorme insécurité et la détresse qui en découlerait. C’est toute ta vie qui bascule dans la précarité et le défi quotidien de trouver un toit pour la nuit. Sans parler de la pauvreté engendrée par l’importante hausse du coût de la vie, qui fait que des gens ne peuvent plus payer leur loyer et sont expulsés à la rue faute de logements sociaux.

Un drame inacceptable dans nos riches sociétés, où le chacun pour soi a éliminé la responsabilité collective et les droits pour une vie décente pour tous.