Campements urbains et autres enjeux liés à l'itinérance

Où est l’influence de la mairesse sur ses anciens collègues du PLC?

Alors que la Ville de Montréal veut faire de l’itinérance sa priorité, le gouvernement fédéral ne reconduira pas le Programme de réponse aux campements et aux crises (PRCC) après le 31 mars 2026.

Des organismes qui viennent en aide aux personnes en situation d’itinérance s’inquiètent des répercussions de la fin du PRCC. Ce financement ponctuel pour la région de Montréal représentait des sommes de 11 860 167 $ par année, soit presque 24 millions de dollars pour une période de deux ans.

Un beau témoignage d’une personne qui est sortie de l’itinérance au micro d’Annie Desrochers

« Les gens qui sont itinérants ont vraiment beaucoup de potentiel. Ils ne sont pas démunis : ils ont été démunisés. » Marie, 56 ans, a vécu de dures années dans la rue. Elle raconte comment elle entrevoit maintenant l’avenir depuis qu’elle vit en logement supervisé.

Marie est mère de cinq enfants et plusieurs fois grand-mère. Elle a repris contact avec sa famille après des années très sombres marquées par la dépendance et l’itinérance.

Elle loue un des 26 logements supervisés par l’organisme Chez Doris, qui s’occupe des femmes en situation précaire.

Elle explique qu’après sa thérapie et sa cure de désintoxication,il lui manquait encore une forme d’ancrage qui l’empêchait de s’imaginer vivre seule en appartement.

L’espoir renaît et elle s’est appliquée à rebâtir l’estime d’elle-même qu’elle avait perdue.

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Faim, isolement et précarité: les maisons pour femmes vulnérables débordent

Au centre-ville de Montréal, l’organisme Chez Doris observe une hausse marquée de la fréquentation: en moyenne, 40 femmes supplémentaires par mois ont franchi ses portes cette année.

Itinérance : une fin d’année difficile avec la vague de froid

Des itinérants s’apprêtent à vivre une fin d’année difficile à l’aube d’une autre vague de froid. Ils peuvent néanmoins se tourner vers les quelques 400 nouvelles places en halte-chaleur ouvertes par la Ville de Montréal qui en promet 132 autres d’ici la fin janvier.

Des ressources qui arrivent à point nommé pour plusieurs personnes à la recherche d’un toit.

Le reportage d’Édouard Beaudoin

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Pas seulement au Québec, l’itinérance s’étend partout comme une forme de pandémie sociale.


La Presse en France Le « grand froid » place l’Hexagone en alerte

PHOTO RAFAEL MIRÓ, COLLABORATION SPÉCIALE

Dans le campement de migrants de la station de métro Stalingrad, à Paris, il n’y a pas assez de tentes et de matelas pour abriter tout le monde.

Un inhabituel épisode de froid, avec des températures sous la barre du zéro, met en danger les personnes vulnérables, surtout dans le nord de la France

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Rafael Miró Collaboration spéciale

(Paris) En cette soirée de fin décembre, le centre d’accueil hivernal de la Ville de Paris est encore plus plein qu’à l’habitude. Pour accueillir le plus grand nombre de sans-abri possible, des lits de camp ont été installés dans les chambres et jusque dans les couloirs de cet ancien magasin de sport transformé en refuge.

Depuis Noël, la France connaît une vague de froid inhabituellement longue, qui devrait se poursuivre jusqu’à la fin de la semaine. Dans certaines régions, les médias ont rapporté des températures de -5 °C. Le thermomètre a frôlé les -2 °C à Paris, où soufflait aussi un vent frais.

Vues du Québec, ces températures peuvent sembler clémentes, mais elles sont prises très au sérieux en France, où le mercure passe rarement sous la barre du zéro. Le gouvernement a annoncé le déclenchement d’un « plan grand froid » dans le nord du pays, y compris à Paris, afin de mettre à l’abri les personnes les plus vulnérables. Deux itinérants seraient déjà morts de froid, dont un homme de 72 ans dans la capitale.

Des patrouilles ont été organisées à Paris pour aller à la rencontre des sans-abri, et au moins 200 places d’hébergement supplémentaires ont été trouvées. « Ce n’est pas assez », concède Léa Filoche, élue responsable de la solidarité au Conseil de Paris. « Lors du dernier comptage, en janvier dernier, 3500 personnes dormaient à la rue. »

Débordement

« On ne pourrait pas mettre beaucoup plus de gens ici », regrette Juliette Bourreau, la responsable du centre d’accueil. Le local héberge 80 personnes pendant tout l’hiver, mais de la place a été trouvée pour accueillir 20 personnes de plus.

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Le centre d’accueil hivernal de la Ville de Paris, dans le 16e arrondissement

Nematullah, tout juste arrivé au centre, traîne avec lui une enveloppe remplie de médicaments. « J’ai été très malade ces derniers jours, alors un médecin m’a aidé à trouver une place ici », raconte le trentenaire originaire d’Afghanistan, qui préfère que sa famille ne sache pas qu’il est à la rue.

Vu le manque de place, les sans-abri en bonne santé ont peu de chances de trouver une place en refuge.

On estime que de 20 à 30 % des sans-abri de Paris sont des primo-arrivants, c’est-à-dire des gens qui sont là depuis quelques semaines. Évidemment, ils ne sont pas tous bien préparés à faire face à l’hiver…

Léa Filoche, élue responsable de la solidarité au Conseil de Paris

Les femmes isolées et surtout les enfants, nombreux dans les rues de Paris, ont été hébergés en priorité dans les anciennes écoles ou les gymnases réquisitionnés par la Ville.

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Le campement de migrants de la station de métro Stalingrad, à Paris, vu de l’intérieur de la station

À quelques kilomètres du centre d’accueil hivernal, sous une ligne de métro aérienne, une centaine de jeunes s’entassent dans un ramassis de tentes, de matelas et de draps éparpillés. Des Soudanais, des Éthiopiens ou des Afghans sans papiers, qui cherchent à s’établir à Paris ou ailleurs en Europe. « C’est la première fois que je vis un froid pareil », souffle Ebrahim Beh, un Soudanais se réchauffant à côté d’un feu de palettes.

« Il n’y a pas assez de tentes et de matelas pour tout le monde, ceux qui viennent d’arriver doivent dormir au sol. Même dans les tentes, cette semaine, il a fait tellement froid la nuit qu’on ne pouvait pas dormir, on doit venir se réchauffer près du feu pour tenir », raconte le jeune homme, arrivé à Paris il y a quatre semaines après avoir traversé la Méditerranée.

Face au froid… même à l’intérieur

Même quand ils ont un toit, les Français ne sont pas complètement à l’abri du froid. Beaucoup de maisons et d’immeubles anciens sont très mal isolés, et comme l’énergie coûte beaucoup plus cher qu’au Québec, beaucoup de Français doivent couper dans le chauffage. Selon l’Agence nationale de l’énergie, ils seraient 30 % à souffrir du froid chez eux, surtout parmi les plus précaires.

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Sham Rouh se réchauffe au café de l’association Les Petits Frères des pauvres.

« J’ai des factures de plusieurs centaines d’euros au bout de l’hiver, mais je gèle chez moi », témoigne Sham Rouh, un ancien éditeur qui vit avec très peu de moyens, venu se réchauffer au café de l’association Les Petits Frères des pauvres.

Dans son vieil immeuble, le froid entre par tous les murs, et la tuyauterie ancienne gêne le bon fonctionnement du chauffage. « Certains jours, il fait plus froid à l’intérieur que dehors », illustre le quinquagénaire, qui a très peu de revenus. « Mais bon, je préfère quand même dormir à l’intérieur. »

Une trêve hivernale pour les locataires

En France, les locataires sont protégés en hiver par la « trêve hivernale » : du 1er novembre au 31 mars, il est impossible pour les propriétaires d’expulser un locataire, même en cas de loyers impayés, sous peine de prison, une protection qui n’existe pas au Québec.

https://www.lapresse.ca/international/europe/2025-12-31/la-presse-en-france/le-grand-froid-place-l-hexagone-en-alerte.php

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Pendant ce temps, en France

À noter que les températures moyennes en hiver à Colmar sont à 2 à 4˚C. Rien de comparable aux froids d’ici

Des iglous pour les sans-abris : une innovation contre le froid

À Colmar (Haut-Rhin), l’association Bretz’maraude a distribué son premier “iglou” mardi 30 décembre 2025. C’est un abri thermique destiné aux sans-abri. La matière en mousse isolante et en aluminium permet de garder la chaleur et donc d’être très efficace en cette période de grand froid.

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Itinérance : les ressources se déploient pour aider les sans-abris en raison du froid

Les nouvelles places offertes aux personnes en situation d’itinérance dans les haltes-chaleur de Montréal ont été largement utilisées pendant les vagues de froid des dernières semaines.

Mais l’achalandage varie considérablement d’une ressource à l’autre : certaines affichent complet, tandis que d’autres peinent à attirer des usagers.

Le reportage de Mathieu Papillon.

En France, après les Auberges du Coeur, il y a maintenant les Bureaux du Coeur qui permet aux personnes en situation d’itinérance d’occuper les bureaux d’entreprises participantes en dehors des heures de travail, les soirs et fins de semaine.

L’instigateur de l’initiative a été reçu en entrevue à l’émission radio Tout un matin

Face à la hausse de l’itinérance, Pierre-Yves Loaëc a fondé, en 2020, l’association des Bureaux du Cœur, qui accueille des personnes en situation d’itinérance lorsque les bureaux sont fermés, les soirs et les fins de semaine. « Ça peut être une salle de réunion dans laquelle on installe un canapé. La personne va s’installer pour la nuit : elle va avoir accès aux toilettes, à la douche s’il y en a une, et à un espace cuisine. Des commodités simples pour passer la nuit dans la dignité. »

Ces « invités », c’est le surnom donné par M. Loaëc aux personnes bénéficiaires de ce service, sont près de retrouver un emploi. Les Bureaux du Cœur sont présents dans 28 villes et comptent 350 entreprises participantes.

« C’est le coup de pouce pour trouver un logement qui permettra à la personne de stabiliser sa situation professionnelle. »

— Une citation de Pierre-Yves Loaëc

Pierre-Yves Loaëc, qui rappelle que 330 000 personnes sont sans domicile fixe en France, souhaite en plus déconstruire la peur de l’autre qui freine cette entraide.

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Entrevue de la mairesse Soraya Martinez Ferrada sur l’enjeu de l’itinérance à l’émission “Deux hommes en or et Rosalie” à Télé-Québec.

Question comme ça: y a-t-il un intérêt à coller cette capture d’instagram ici? En terme de minimalisme, ça prend beaucoup de place sur le fil et je ne vois pas l’intérêt.

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Dans la Presse, transformation de la pisicine sur la rue Saint-Hubert en halte-chaleur

Plaza St-Hubert | Une piscine convertie en halte-chaleur

Montréal convertira une piscine fermée en halte-chaleur pour les itinérants, a appris La Presse. La piscine Saint-Denis, sur la Plaza St-Hubert, sera transformée pour améliorer les services dans le secteur, un projet qui risque de soulever d’importants enjeux de cohabitation.

« On a un hiver très froid, puis on est dans une crise humanitaire, donc comme arrondissement, on a décidé de lever la main », affirme en entrevue le maire de Rosemont–La Petite-Patrie, François Limoges.

La nouvelle halte-chaleur de 20 à 25 places devrait être ouverte d’ici le début de février. Il s’agira d’une ressource « temporaire » pour traverser l’hiver. Elle devrait demeurer en place jusqu’à la mi-mars, sauf si d’autres besoins se font sentir dans l’intervalle.

Un plancher a été installé par-dessus la piscine pour que l’espace puisse accueillir des sans-abri, qui pourront se réchauffer et se reposer dans des chaises. Plusieurs partenaires ont déjà été informés de l’ouverture de cette ressource, et les citoyens recevront un avis public ce mercredi.

L’arrondissement organisera aussi une séance d’information publique pour « entendre les préoccupations des citoyens », dit M. Limoges.

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Je ne savais pas que la piscine était fermée :confused: c’est dommage

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L’administration de la mairesse Soraya Martinez Ferrada affirme qu’elle dispose maintenant de 534 places supplémentaires dans des haltes-chaleur pour les personnes en situation d’itinérance, pour un total d’un peu plus de 3000 places à Montréal.

En conférence de presse mercredi, la mairesse Martinez Ferrada et quelques membres de son équipe ont présenté l’une de ces nouvelles installations : deux roulottes installées rue Notre-Dame Est, à proximité du campement du même nom.

Ces installations ont été montées en seulement six semaines à la suite d’une proposition de Julien Montreuil, directeur général de l’organisme L’Anonyme, s’est enorgueilli le président du comité exécutif de la Ville, Claude Pinard.

AILLEURS SUR INFO : Groupes criminels : 12 arrestations dans plusieurs régions du Québec

À l’heure actuelle, l’une des roulottes peut accueillir 10 personnes, et l’autre pourra en accueillir autant sous peu.

[…]

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J’ai hâte de voir la réaction des résidents de la rue St-Hubert et des alentours. Bonne chance au maire Limoges et la conseillère Blanco.

C’est très loin, et compliqué pour s’y rendre en transport collectif

Elle sera située à 40 minutes de voiture du quartier Milton-Parc, où l’itinérance autochtone est très présente.

Une halte-chaleur de 40 lits pour personnes autochtones en situation d’itinérance devrait ouvrir sous peu et sera située loin de tous les services, à la pointe est de l’île de Montréal.

Cette halte-chaleur, située au 12 050, boulevard Gouin Est, soit dans l’ancien monastère des Recluses Missionnaires, s’apparente davantage à un refuge puisqu’elle comptera 40 chambres individuelles. Les usagers devront signaler chaque matin s’ils souhaitent demeurer sur place pour une journée supplémentaire.

Cet immeuble se trouve à une quarantaine de minutes de voiture du quartier Milton-Parc, un secteur où l’itinérance autochtone a été qualifiée de crise humanitaire par l’ombudsman de la Ville de Montréal en 2022.

Étant donné l’emplacement de l’immeuble, dans le quartier Rivière-des-Prairies, Projets autochtones du Québec (PAQ), qui sera responsable de la halte-chaleur, prévoit un service de navette pour les personnes qui voudront s’y rendre ou revenir en ville.

:joy: C’est ce que je me disais qu’il allait arriver si EM n’était pas sérieux. Ça me fait fait penser au HLM qu’ils font à Pointe-aux-Trembles avec un immense stationnement à étage parce que “C’est dur de s’y rendre en transport en commun”. Tout le monde sait que les gens sur l’aide sociale ont de l’argent pour se payer une voiture! Ah là là, rendu là, je pense qu’ils ont de la place à Rawdon.

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Montreal has added spots in warming shelters. How effective are they?

The city of Montreal has added 534 temporary spots in warming shelters. Though organizations that help people experiencing homelessness welcome the measure, they also say that one of the challenges is ensuring that these individuals know about the facilities.

Entrevue avec le numéro 2 de l’administration, Claude Pinard, qui donne l’heure juste sur la situation en prévision du week-end polaire. On est rendu à 619 places d’haltes-chaleur ajoutées avec des déblocages de dernière minute. Rassurant.

Un dossier en 3 articles dans la Presse

Femmes sans-abri | Des proies dans la rue

Les refuges d’urgence pour femmes de Montréal ont refusé 41 000 demandes d’hébergement l’an dernier, révèlent des données obtenues par La Presse. Un record. Dans la rue, ces femmes sont des proies. Sans endroit où aller, elles sont violées, battues, volées et survivent la peur au ventre. La Presse s’est plongée dans leur quotidien. Un reportage de Gabrielle Duchaine et de Martin Tremblay

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La Presse a passé la nuit dans une halte-chaleur

Montréal | Une soirée à la halte-chaleur

Alors que le mercure dégringole, des sans-abri trouvent refuge à la halte-chaleur Lucien-Saulnier, à deux pas de l’hôtel de ville de Montréal, pour y chercher un repas chaud et dormir quelques heures sur une chaise avant de repartir au petit matin.

Les joues rougies par le froid mordant, une tasse de café entre les mains, Marie-Claude Nardini accepte de discuter quelques minutes avec nous. À notre arrivée, vers 18 h 15, elle attendait déjà devant la porte de la halte-chaleur Lucien-Saulnier, giflée par des bourrasques, alors que la température ressentie était de -30. Elle a pu se réfugier à l’intérieur une trentaine de minutes plus tard.

C’est le deuxième hiver qu’elle passe dans la rue. « Je n’en vois plus le bout, souffle-t-elle. C’est l’enfer. »

Travaillant comme préposée auprès de personnes âgées, son salaire ne lui permet pas de se payer un logement. Parfois, elle parvient à trouver une place dans une ressource, pour y passer un mois ou deux.