Peu importe le type de ressources, les gens vont chialer. MBL c’est un cas particulier. Je peux te donner quelques exemples où, même si on parlait d’un projet de 18 logements pour jeunes en situation de précarité, y’avait une forte opposition pour pas que ça se fasse.
Dans mon arrondissement, une église devait être converti en ressources pour personnes en situation d’itinérance. Les citoyens se sont tellement battu qu’au final, le projet semble avoir tomber à l’eau.
Les arguments :
Y’a des écoles et CPE autour (après avoir vérifier sur google map, l’école la plus proche était à 350m, littéralement…)
On a pas besoin de ça. On pourrait faire de quoi pour l’art du cirque (oui, c’était un argument)
Bref, MBL aide pas, mais au final, c’est pas important. L’opposition y sera tjrs. J’aime que la mairesse fasse ce genre de message.
Maintenant, bonne chance avec la suite des choses. On verra si elle a du leadership ou non. Va-t-elle craquer face aux NIMBY? On verra bien. Moi je crois que oui, mais bon…
Et je suis bien conscient qu’avoir une ressource à côté de chez soi, c’est pas l’idéal, je tiens à le dire.
C’est pas les ressources le problème, c’est les comportements des gens qui rodent autour. Temps mieux que les gens s’injectent à l’intérieur en sécurité et pas dans les sous-sol de garage et les entrées de cours des gens. Mais les ressources souvent en tolèrent trop sur leur palier.
C’est pas normal qu’une ressource permette qu’on consomme, défèque et urine sur le mur du voisin. Je comprend que c’est dur à contrôler, vue que c’est en dehors de leurs murs, mais ils ont une responsabilité que leur périphérie ne devienne pas une piquerie et un dépotoir à ciel ouvert.
Suffit de passer sur Ontario ou sur Sanguinet ou Berger, les campements devant leur fenêtre ne devrait même pas tolérés, ça vire en bagarre et en déchéance assez vite
Projets autochtones du Québec (PAQ) et Médecins du monde Canada (MdM) ont uni leurs forces pour aménager une nouvelle clinique de proximité en santé autochtone dans les locaux de PAQ, au centre-ville de Montréal.
La clinique, située dans le Quartier chinois, a été inaugurée jeudi. Elle a déjà accueilli ses premiers patients cette semaine.
Projets autochtones du Québec offre déjà des services d’hébergement, d’accompagnement et de soutien culturellement sécuritaires aux personnes autochtones en situation d’itinérance ou à risque de l’être.
Maison Benoît Labre Au-delà de la pipe à crack, une cohabitation qui demeure difficile
Un homme en convulsion, sur le sol. Un homme se masturbant devant les fenêtres du service de garde. Une brigadière agressée. Trouvés sur le sol : une pipe à crack, un couteau, du matériel de consommation de drogue…
Publié à 5 h 00
Entre le 20 novembre 2024 et le 7 octobre 2025, le personnel de l’école primaire Victor-Rousselot, dans le Sud-Ouest, a documenté 35 incidents dans la cour d’école ou dans l’environnement immédiat.
À la suite d’une demande d’accès à l’information, La Presse a obtenu le rapport complet des incidents qui a été transmis par le centre de services scolaire de Montréal (CSSDM).
Ces incidents rendent compte, encore une fois, de la difficile cohabitation avec la Maison Benoît Labre, qui héberge des personnes en situation d’itinérance, leur offre un centre de jour et un espace de consommation de drogue supervisée, et ce, à moins de 100 mètres de l’école Victor-Rousselot.
PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE
L’école primaire Victor-Rousselot
Dans le quartier, nombreux sont ceux qui constatent et qui saluent les efforts déployés par la Maison Benoît Labre. Jean-Pierre Houle est de ceux-là : « Les intervenants font des patrouilles plusieurs fois par jour, y compris avant la cloche du matin, et ils ramassent le matériel qui peut traîner. »
Plusieurs citoyens soulignent aussi l’importance pour les gens à la rue d’avoir un toit et de l’aide.
N’empêche, à la petite semaine, plusieurs incidents surviennent encore, sans que les citoyens le sachent nécessairement. La découverte d’une pipe à crack par des jeunes, dans laquelle l’un d’eux a soufflé, a été largement rapportée par les médias, mais les incivilités vont bien au-delà.
En septembre, « un itinérant agresse la brigadière », peut-on lire dans le rapport transmis par le CSSDM. Les policiers, intervenus en 15 minutes, indiquent qu’ils vont se stationner aux abords de l’école le lendemain et qu’« ils font leur possible ».
Toujours en septembre, « une femme consomme dans les marches de l’école » et, quatre jours plus tard, tout près, « un homme s’injecte à la cuisse ».
Parfois, c’est « du hachich trouvé dans un sac », une autre fois, « de la poudre », un couteau ou une seringue, aux abords de l’école ou dans le croque-livres.
Près du parc-école, « deux personnes ont fait un feu dans un contenant sous les arbres », en mars. En avril, « une valise est dans la cour d’école et une personne veut s’installer dans la cour ».
En 2024, La Presse a rapporté entre autres méfaits qu’un homme avait fumé du crack devant l’entrée du service de garde, qu’un canif avait été trouvé dans la cour d’école près des ballons poires et qu’un sac rempli de seringues avait été trouvé dans le parc-école.
Stéphanie Sol a connu tout cela, et comme plusieurs autres familles, dit-elle, elle a décidé de quitter le quartier, en quête de calme. Du matériel de consommation de drogue était fréquemment trouvé et elle ne voulait plus que son fils risque à tout moment d’être témoin de scènes dérangeantes « ou d’interventions policières ».
« Comme citoyenne et comme parent », Chantal Gagnon, membre de la Coalition Victor-Rousselot, dit trouver « extrêmement préoccupant » le manque de transparence entourant les incidents survenus à proximité de l’école. « Tout établissement scolaire a le devoir d’aviser les parents lorsque des évènements compromettent la sécurité de nos enfants », ce qui n’est pas le cas, à son avis.
Elle plaide pour que tout centre comme celui de la Maison Benoît Labre se trouve à au moins 250 mètres d’une école, d’un CPE ou d’un corridor scolaire.
Un quartier changé
Les parents ne sont pas les seuls à s’inquiéter pour la sécurité du quartier. Angela Casella, qui travaille comme gérante au marché Atwater, dit que « les clients sont souvent mal à l’aise et appellent la sécurité » devant le comportement agressif de certaines personnes. « Ça fait 20 ans que je travaille au marché Atwater et on ne voyait pas cela avant. »
À la CSSDM, on rappelle que « la sécurité publique et la gestion de la Maison Benoît Labre ne sont pas du ressort du centre de services scolaire de Montréal, dont le mandat est d’assurer la scolarisation des élèves montréalais, dans un environnement sain et propice à la réussite scolaire », indique le porte-parole Alain Perron.
« La sécurité de la communauté scolaire demeure néanmoins une priorité pour le centre de services scolaire de Montréal. À ce titre, le CSSDM est en contact constant avec les autorités et la Maison Benoît Labre, afin de s’assurer que tout est mis en place pour maintenir la sécurité de tous autour de l’école », ajoute M. Perron.
Dans une réponse écrite, Andréane Désilets, directrice de la Maison Benoît Labre, indique que l’organisme est « à la première ligne de front d’une crise de l’itinérance et d’une crise des surdoses. Nous prenons toutes les mesures possibles en fonction des ressources que nous avons pour limiter le nombre d’incidents. »
Comme la crise de l’itinérance et celle des surdoses empirent, poursuit Mme Désilets, « il y a plus de pression sur la Maison Benoît Labre », qui, indique-t-elle, a déployé de nouvelles ressources sur le terrain et a mis en place des équipes de propreté dont les effectifs n’ont pas été précisés.
En santé publique et en psychiatrie, des centres de consommation supervisée font partie des outils utilisés pour réduire les risques de surdose accidentelle.
Ils visent aussi souvent à offrir une porte d’entrée aux usagers qui auraient besoin d’aide à l’emploi, au logement, d’une aide alimentaire ou qui ont besoin de soins de santé et de traitements.
Avec la collaboration de William Leclerc, La Presse
Ce n’est pas la responsabilité de qui que ce soit à part les personnes elles-mêmes. Les ressources ne sont pas des prisons, et aucune ressource en ce genre n’a comme mandat de restreindre les agissements des gens EN DEHORS des murs…
Si vous voulez que les personnes ne fassent pas ce genre de chose en dehors des murs des ressources, augmentez le nombre de policiers.
Ce n’est pas de la mauvaise foi mais un facteur qui contribue. Aimeriez-vous élever votre famille autour de la MBL ? L’ouverture d’un refuge à proximité de sa résidence peut être la goutte qui fait déborder le vase.
D’ailleurs on parle beaucoup d’hébergement de de refuges. On semble ôter du débat les causes sous-jacentes de cette itinérance comme la maladie mentale ou les problèmes de toxicomanie. On peut bien ouvrir plein de refuges partout mais si l’on veut mettre fin à cette crise un jour on devra regarder ce qui cause ces problèmes.
Donc on permet aux gens de venir s’injecter dans un local sécuritaire, mais on les laissent s’attrouper, se battre, pisser à terre et laisser leur déchets à terre sur la devanture du bâtiment quand ils ont fini ???
Je m’excuse mais non, c’est la ressource qui fait tourner autour de genre de personne donc, qu’elle s’assure que sa présence de cause pas de dérangement dans les alentours.
Ça reste la faut du bar si ses clients sur le trottoirs fument et hurlent et dérangent les voisins, donc pourquoi ça ne serait pas la responsabilité des ressources de garder l’environnement propre et sécuritaire autour de leur établissement.
Tu vas pas mal moins te faire haïr par tes voisins si tu contribues à la sécurité de ton environnement
Manu vit dans une tente sur le bord de la rue Notre-Dame, dans ce campement illégal-mais-toléré.
« C’est quoi ton histoire, Manu ?
— Y a cinq ans, j’étais en appart à Marieville, avec d’autres gars. On donnait l’argent du loyer à un des gars. On savait pas qu’il se mettait tout ça dans le nez. Le proprio nous a mis dehors. »
C’était en décembre, en 2020. Il s’en est allé à Saint-Jean-sur-Richelieu, où les ressources pour itinérants étaient assez minces merci.
« Je me suis ramassé au refuge du YMCA. C’était l’enfer. Y avait des batailles, y avait des vols. Je suis parti avant de virer fou. Je me suis dit : “Je vais aller vivre dans une tente, le temps de me trouver un appartement…” »
Trois ans et demi plus tard, Manu – de son vrai nom Emmanuel Boucher – vit encore dans une tente, dans ce campement en train de devenir un bidonville, au boisé Vimont, sur le bord de Notre-Dame.
« J’ai essayé de trouver un appart. Y en a pas. Enfin, pas à mon prix. Je travaille chez Cactus à temps partiel. Pis aussi… quand tu vis dans une tente, disons que quand tu rencontres un propriétaire, ça commence mal la conversation, personne veut te louer. »
Cactus, c’est l’organisme qui vient en aide aux toxicomanes. Manu n’a pas de problèmes de consommation. C’est vraiment la pauvreté qui l’a fait atterrir dans la rue. C’est ici que je vous rappelle le dicton, appuyé par les statistiques et tout ce que l’itinérance compte de « ressources » : le premier facteur de l’itinérance, c’est la perte de son logement.
Tu perds ton appart, pis après, le marché locatif étant ce qu’il est, tu n’as juste pas les moyens de payer aux prix du marché – des prix de fou.
Manu : « Ça a doublé, triplé. J’ai pas les moyens. »
À 43 ans, Manu vit donc dans une tente, sur le bord d’un boulevard urbain, dans Hochelaga-Maisonneuve, où les riverains en ont marre des incivilités, des vols et de tous les problèmes liés à ce qu’on appelle pudiquement le « vivre-ensemble ».
Une chronique coup-de-poing dont Lagacé a le secret.
Manu, enfant de la DPJ de 2 à 18 ans, s’est vu remettre un sac-poubelle avec ses affaires à sa majorité. Il a été sans-abri à Montréal il y a 25 ans.
« C’est quoi la différence avec 2025 ?
— Y a encore plus de toxicomanie. Et… y a plus d’itinérants. Avant, l’itinérant, c’était le robineux du coin. Aujourd’hui, ça peut être le retraité du coin. »
Arnaud, chez Cactus, l’aide à se placer sur une liste d’attente pour un logement. Il croit qu’il y est. S’il avait été sur la liste il y a trois, quatre ans, s’il n’avait pas eu à trouver ses T4 du BS…
Guillaume Cliche-Rivard lui suggère la fin de sa phrase :
« Peut-être que tu serais déjà dans un appart ?
— Peut-être. »
Manu vit donc dans sa tente, avec d’autres sans-abri dans ce campement sur le bord de Notre-Dame.
« Y a du monde qui se réveille au son des canards. Moi, je me réveille au son des connards.
— Qu’est-ce que tu veux dire, Manu ?
— Les autos sur Notre-Dame nous klaxonnent, juste pour nous écœurer. Ça nous réveille en pleine nuit. Ça nous insulte. Ça nous dit : “Va travailler, esti de BS.” C’te genre d’affaires là. »
L’hiver s’en vient, Manu va le passer dans sa tente.
L’hiver s’en ira.
Le mépris, lui, restera.
Il faut intercepter les gens au moment où ils basculent dans l’itinérance et trouver rapidement une solution de logement qui ne soit pas du refuge temporaire, pas après. Une fois que tu t’es installé dans l’itinérance, c’est très dur d’en sortir. Et puis ne pas exiger leur T4…
Vrai. Essaimer des refuges un peu partout, c’est du patchage de dernier recours.
J’ai pris un taxi ce matin pour aller au travail et on a pris Notre-Dame - je n’avais jamais vu autant de tentes au niveau du Square Dézéry. C’est très inquiétant pour l’hiver
C’est très bien d’investir ici mais ça demeure un palliatif. Les Autochtones devraient avoir du soutien dans leur territoire également. On dirait parfois que les différentes juridictions créent différentes solutions mais ce n’est pas intégré à leur parcours de vie.
Si on pouvait créer des partenariats pour que la prise en charge se fasse dans leur nation d’origine on pourrait couper le cycle de la misère et éviter de les déraciner.
« Personne ne devrait mourir dans la rue, seul, en douleur »
Diane vit dans un aréna transformé en refuge d’urgence. Jean-Claude, dans une maison de chambres. Michel dort dans sa voiture. Ils sont tous atteints d’un cancer en phase terminale, mais ne recevaient aucun soin palliatif avant de croiser la Dre Marie-Hélène Marchand. Bienvenue chez Maison Mobile : un projet novateur qui redonne de la dignité aux sans-abri en fin de vie. Un dossier de Caroline Touzin et de Martin Tremblay
Publié à 5 h 00
Québec solidaire demande au gouvernement Legault d’ouvrir 500 places supplémentaires d’urgence pour abriter les personnes en situation d’itinérance à Montréal.
Le responsable solidaire en matière d’itinérance, Guillaume Cliche-Rivard, a formulé cette demande dimanche compte tenu du début précoce de l’hiver cette année.
Tous ne sont pas égaux face au froid qui s’installe ces jours-ci sur Montréal. Chaque hiver, des itinérants perdent un pied, des doigts et parfois une jambe à cause du froid mordant dont ils ont de la difficulté à se protéger.
En plus d’être traumatisantes, ces amputations compliquent des vies déjà emmêlées dans les difficultés et la vulnérabilité.
Le chirurgien plastique Ali Izadpanah use de son bistouri sur des patients aux antipodes de la société, entre les riches clientes de sa clinique privée de Westmount et les itinérants, qui constituent une partie de sa pratique au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).
L’hiver dernier, son service a reçu 20 personnes atteintes d’engelures importantes à haut risque d’amputation, dont « une bonne moitié » sont des itinérants, explique-t-il à La Presse. Une hausse par rapport à la douzaine de cas que le CHUM reçoit habituellement chaque hiver.
D’autres membres de la communauté des affaires proposent aussi de s’unir avec le secteur communautaire pour venir à bout de la crise. Pour la femme d’affaires et philanthrope France Chrétien Desmarais, la crise de l’itinérance doit être prise de front, en unissant les forces du milieu communautaire et du monde des affaires. « C’est immédiatement qu’il faut regrouper toutes les forces. »
À l’image du projet parrainé par les trois grands promoteurs immobiliers, Mme Chrétien Desmarais pense qu’il faut d’abord se concentrer sur la clientèle moins lourde. « Il faut identifier les gens qu’on peut aider immédiatement. Certains ont été malchanceux, et on peut les réactiver très vite. »
Enfin une mobilisation du milieu de la construction pour faire échec au problème d’itinérance. On ne peut que louer cet effort et encourager les gens d’affaires à participer à cette corvée essentielle de rééquilibrage de l’offre en immobilier.
J’ai bien hâte de voir la réponse de la Ville et des gouvernements vis à vis de cette importante ouverture face au problème #1 de Montréal, l’inacceptable degré d’itinérance.
Dans La Presse
D’autres membres de la communauté des affaires proposent aussi de s’unir avec le secteur communautaire pour venir à bout de la crise. Pour la femme d’affaires et philanthrope France Chrétien Desmarais, la crise de l’itinérance doit être prise de front, en unissant les forces du milieu communautaire et du monde des affaires. « C’est immédiatement qu’il faut regrouper toutes les forces. »
Par contre, il y a un gros bémol. Les gens d’affaires ne s’intéressent qu’à aider les personnes en situation d’itinérance (PSI) qui sont faciles à réintégrer dans la société, soit des nouvelles PSI qui sont tombées dans l’itinérance en raison d’une malchance financière, et celles qui n’ont pas de problèmes de santé mentale ou de consommation.
Pour ces personnes, des logements plus abordables auraient pu aider pour prévenir l’itinérance