Campements urbains et autres enjeux liés à l'itinérance

Reportage radio

De nouveaux campements apparaissent ces jours-ci dans le Grand Montréal alors que le mercure chute, un risque de gel au sol étant même à craindre cette nuit. La journaliste Catherine Dib a visité les campements de fortune près de la marina de Longueuil, où la cohabitation n’a pas toujours été facile.

Une vingtaine de tentes sont installées dans le parc Marie-Victorin. Le campement est bordé par la route 132, ce qui complique l’accès aux personnes sans voiture.

Certains équipements y ont été installés par la Ville de Longueuil, dont une toilette sèche, et des organismes communautaires visitent les lieux régulièrement.

Un code de conduite est même présenté aux personnes qui vivent sur les lieux.

À l’approche de l’hiver, celles-ci fondent un espoir mesuré à l’idée d’être relogées dans un éventuel développement de minimaisons, ailleurs à Longueuil.

Dans La Presse

Itinérance | Faute de financement, un organisme craint la fermeture

Aux prises avec des dettes importantes depuis le début de l’année, Résilience Montréal, un organisme qui vient en aide aux personnes en situation d’itinérance, craint la fermeture d’ici un mois, s’il ne reçoit pas de financement d’ici là.

Dans le local de l’organisme, les problèmes de financement sont perceptibles à l’œil nu. Les fenêtres brisées, les murs délavés, les marches abîmées : on est loin de l’aspect flambant neuf du centre, six ans après son ouverture.

Des dettes de 150 000 $ pèsent actuellement sur Résilience Montréal. Elles empirent de semaine en semaine.

L’organisme aura besoin de 860 000 $ d’ici le 31 mars prochain, et de 1,7 million de dollars pour ses dépenses au cours de la prochaine année, selon ses calculs.

On compte parmi ces frais des dépenses quotidiennes, comme celles liées à l’épicerie, évaluées à 50 000 $ par mois, permettant de servir plus de 1200 repas par jour.

Résilience Montréal devra aussi composer avec de nouvelles dettes liées à son projet de déménagement. Actuellement située à l’angle de la rue Sainte-Catherine, la ressource passera à 650 mètres au sud, près de la rue Saint-Jacques, sur l’avenue Atwater.

Le projet, en partenariat avec le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, est en péril, puisque Résilience Montréal craint de ne plus avoir les fonds nécessaires pour y offrir des services.

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L’arrondissement du Sud-Ouest connaît l’emplacement de ce campement et il est visité par des ressources pour les aider, le SIM, le SPVM, etc.

Mais la politique de l’arrondissement, contrairement à d’autres, est de ne pas démanteler à moins que le campement pose un réel problème de sécurité publique.

Aussi, toutes les personnes qui passent sur l’autoroute près du CUSM savent exactement où est situé ce campement

Un campement de Montréal se prépare pour l’hiver

L’hiver dernier, Noovo Info vous montrait un campement situé dans le Sud-Ouest de Montréal. Neuf mois plus tard après notre passage, celui-ci a pris de l’ampleur et se prépare pour la saison froide.

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Des détaillants démunis face à l’itinérance

Des gens qui crient dans le magasin, qui ont des demandes farfelues, qui frappent sur le comptoir ou d’autres qui couchent littéralement devant la porte d’entrée du commerce. Les problèmes d’itinérance et de santé mentale nuisent à l’expérience de magasinage et incitent même parfois les clients à se tourner vers des boutiques ou des centres commerciaux « plus tranquilles », constatent des détaillants.

Publié à 5 h 00

Nathaëlle Morissette La Presse

](https://www.lapresse.ca/auteurs/nathaelle-morissette)

Je pense qu’il y a un besoin dans la communauté des commerçants d’outiller leurs employés pour faire face à différentes situations avec des clients difficiles.

Laurent Dyke, cofondateur d’E2F consultation et formation

Bien souvent, ils ne font rien. Mais on ne veut pas quelqu’un à moitié nu, en pleine crise dans le magasin. On ne peut pas accepter ça.

Paul-André Goulet, propriétaire d’une dizaine de magasins Sports Experts

L’itinérance, c’est plus grand que le Quartier latin. Ça s’est répandu. Le problème, il est sérieux, tient-il à dire. C’est sûr et certain qu’il va falloir que l’on pose des gestes pour améliorer la situation. Est-ce que c’est aux commerçants de le faire ? Non. Ce n’est pas notre devoir. Notre devoir, c’est de créer des revenus et de payer de l’impôt.

Philippe Grisé, cofondateur d’Empire

Par ailleurs, l’itinérance n’est pas l’apanage de la métropole québécoise. Des commerçants d’autres villes doivent composer avec cette réalité. C’est le cas notamment de Trois-Rivières où l’été 2024 a été particulièrement difficile, confirme Rachel Hébert, propriétaire des Folies de Rachel et présidente du conseil d’administration de la Société de développement commercial (SDC) du centre-ville de Trois-Rivières.

Pour illustrer la situation, la commerçante qui vend confiseries, chocolats et autres douceurs raconte qu’avant 2020, les sans-abri se comptaient presque sur les doigts d’une seule main. « Maintenant, oui, il y en a plus. » Et à l’été 2024, la situation a pris une telle ampleur que le centre-ville était jonché de détritus. « Il y avait des amoncellements d’objets, raconte-t-elle. On sentait qu’il y avait un impact sur l’achalandage. »

Pour remédier à la situation, la SDC et la Ville ont mis en place un projet pilote en formant une brigade de nettoyage avec une dizaine de sans-abri embauchés pour maintenir la propreté du centre-ville. Selon Mme Hébert, l’expérience est un grand succès. Mais reste que les détaillants doivent maintenant s’adapter à cette nouvelle réalité. Certains sans-abri comptent même parmi ses clients réguliers. « J’en ai un qui vient une fois par mois acheter son pot de caramel. On lui fournit une cuillère. Ça fait partie de son petit bonheur. »

https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2025-10-14/centre-ville-de-montreal/des-detaillants-demunis-face-a-l-itinerance.php

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Centre-ville de Montréal Des détaillants démunis face à l’itinérance

Des gens qui crient dans le magasin, qui ont des demandes farfelues, qui frappent sur le comptoir ou d’autres qui couchent littéralement devant la porte d’entrée du commerce. Les problèmes d’itinérance et de santé mentale nuisent à l’expérience de magasinage et incitent même parfois les clients à se tourner vers des boutiques ou des centres commerciaux « plus tranquilles », constatent des détaillants.

La présence de sans-abri et les enjeux de santé mentale ne datent pas d’hier. Mais les détaillants interrogés, à Montréal et en région, affirment tous que le problème est plus persistant. Si bien que Détail Québec, comité sectoriel de main-d’œuvre du commerce de détail, a organisé récemment un webinaire pour outiller les propriétaires et employés de magasin à « intervenir avec discernement auprès de clientèles en situation de vulnérabilité ».

Pour remédier à la situation, la SDC et la Ville ont mis en place un projet pilote en formant une brigade de nettoyage avec une dizaine de sans-abri embauchés pour maintenir la propreté du centre-ville. Selon Mme Hébert, l’expérience est un grand succès. Mais reste que les détaillants doivent maintenant s’adapter à cette nouvelle réalité. Certains sans-abri comptent même parmi ses clients réguliers. « J’en ai un qui vient une fois par mois acheter son pot de caramel. On lui fournit une cuillère. Ça fait partie de son petit bonheur. »

https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2025-10-14/centre-ville-de-montreal/des-detaillants-demunis-face-a-l-itinerance.php

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Un message a été fusionné à un sujet existant : Élections municipales 2025 - Villes de l’agglomération de Montréal

On apprend qu’une des raisons pour lesquelles Pierre Lessard-Blais ne sollicite pas un 3e mandat comme maire de MHM est qu’il est fatigué de géré les enjeux liés à l’itinérance

Itinérance : comment cohabiter avec les campements?

La question de l’itinérance s’impose dans les campagnes électorales municipales. Toutes les régions sont touchées, mais ce sont souvent les campements qui constituent la pointe la plus visible de l’iceberg. Doit-on les démanteler ou plutôt mieux les équiper? Portrait d’un dilemme qui se présente partout.

Le reportage de Davide Gentile.

Pierre Lessard-Blais était en entrevue à l’émission radio Ça nous regarde :arrow_heading_down:

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Reportage de RAD sur les roulottes sur le site de l’ancien hippodrome

Des logements temporaires pour lutter contre l’itinérance à Montréal | Terrain | Rad

Des roulottes de chantier transformées en logements temporaires accueillent une trentaine de personnes sur le site de l’ancien hippodrome, dans Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce. Le projet, mené par la Ville de Montréal en partenariat avec la Mission Old Brewery, vise à offrir un toit à celles et ceux qui sont prêts à se reloger de façon permanente.

Le journaliste Olivier Arbour-Masse est allé sur place. Il a rencontré Robert, un des premiers résidents, qui a accepté de raconter son histoire pour rappeler que l’itinérance, aujourd’hui, peut toucher n’importe qui.

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Bcp de gens aurait avantage à regarder ce reportage… ça pourrait peut-être leur faire réaliser que de s’opposer à tout genre de ressources pour aider ces personnes, c’est pas nécessairement la meilleure chose à faire. Merci du partage

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Il y a une belle chronique de Catherine Éthier ce matin qui critiquait la sortie dans les médias du proprio du Sports Experts au centre-ville : Le billet d'humeur de Catherine EthierL'itinérance | OHdio | Radio-Canada

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Merci du partage. 100% raison avec elle.

Je ne sais plus quoi faire… Ça fait 2 ans que nous décorons pour Halloween dans le village au coin Logan/Lartigue (Mon copain ne fêtait pas avant) et on n’arrête pas de se faire voler des décorations par des personnes itinérantes ! (Nous savons que c’est ce type de citoyen parce que nous avons déjà trouver des objets qui nous appartenaient dans des campements proche…

Je suis à veuille d’aller passé un message d’intérêt générale de BASE au foyer pour femmes itinérantes à côté ou leurs donner un roman de règle de civisme pour les nuls à lire à leurs personnes…

De plus, ça leurs sert à quoi de voler des ostis de décorations d’Halloween pour leurs campements ? C’est d’un ridicule et un manque de civisme flagrant de la part de ces personnes !

Je me retiens TRÈS fort pour ne pas être impoli et condescendant envers eux, mais disons que le prochain qu’on pogne qui vole ou qu’on trouve des objets à nous dans leurs affaires, ça risque de barder ! Quand cest rendu que la drogue et leurs mode de vie affecte autant leurs Q.I., c’est qu’il y on des problème de “vivage” en société !

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il y a plusieurs personnes en situation d’itinérance qui souffrent de maladies mentales qui leur font accumuler des objets de façon compulsive…ces personnes n’ont aucune raison logique d’accumuler affaires comme des décorations. C’est vraiment triste que ces personnes soient laissées à elles-mêmes quand elles ont besoin de soins médicaux et psychologiques.

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Je sais, mais c’est quand même dommage qu’il volent les choses que les citoyens font pour embellir le quartier ! Cest pas une raison qui excuse les vols… Dans ma famille, il y a un membre très malade mentalement, qui réagi comme un enfant et à parfois le comportement de quelqu’un sous drogue dure, mais les gens qui s’en occupe lui ont appris de ne pas voler se qui ne lui appartient pas !

Si mon grand-oncle qui à le Q.I. d’une huître (Dsl mononcle) est capable de comprendre ou du moins savoir que voler, cest pas bien ! Les itinérants devraient être capable aussi !

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Itinérance dans Hochelaga Des refuges repensés inquiètent des voisins

On leur avait assuré que Montréal répartirait mieux les ressources en itinérance, mais les principaux candidats à la mairie promettent désormais de les centraliser. Des citoyens d’Hochelaga estiment avoir été « roulés dans la farine » avec le projet de modernisation des installations d’un refuge de CAP Saint-Barnabé.
Publié à 5 h 00

Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Des menaces, des ballons de soccer percés avec des seringues, même de la prostitution dans certains coins… C’est un cauchemar pour bien des gens, ce qui se passe. Et là, avec ce qui se projette, on craint vraiment un exode des résidants dans le quartier », explique Maxime Langlois, qui vit près de l’ancien YMCA de la rue Hochelaga, transformé en refuge depuis quelques années.

L’organisme CAP Saint-Barnabé gère trois ressources : le refuge Hochelaga, qui compte 200 places dans l’ancien aréna du YMCA, le refuge Bennett, offrant 60 places, et l’Étape, qui a 90 places, pour un total de 350. D’ici 2030, son objectif est de concentrer ses services dans un seul site, celui de la rue Hochelaga, qui comporterait environ 150 chambrettes sur plusieurs étages, dans l’objectif de préparer les sans-abri à occuper un logement permanent.

Ce projet signifie que le quartier Hochelaga-Maisonneuve perdra 200 places pour accueillir les sans-abri. La situation fait craindre aux citoyens que davantage de personnes itinérantes se retrouvent dans la rue et entrent en conflit avec le voisinage. L’an dernier, un enfant âgé de seulement 3 ans s’était fait agresser et cracher dessus par un itinérant allongé sur le trottoir, dans le quartier, alors qu’il était sur le chemin de la garderie.

« Volte-face » décriée

Un thème central

Résumé

La directrice générale du CAP Saint-Barnabé, Michelle Patenaude, affirme que le tout se ferait par phases pour permettre à la Ville et au réseau communautaire de se préparer en conséquence. « Ce qu’on souhaite, c’est que d’autres arrondissements et d’autres joueurs prennent la balle au bond. C’est pour ça que ce travail doit se faire tranquillement », explique-t-elle.

« On a encore le temps de se parler. La mobilisation des citoyens, c’est correct, mais ça devance ce qu’on veut faire. On veut vraiment faire un beau projet de quartier, avec les citoyens », ajoute Mme Patenaude.

Maxime Langlois, lui, rétorque qu’il en va de la cohésion sociale. « Personne ne s’oppose à ce qu’on prenne soin des personnes vulnérables. Et justement, ça prend plusieurs petits refuges à échelle humaine, pas un seul gros mégaprojet. Ça n’a pas de sens en termes de cohabitation », dit-il.

Aussi résidant du secteur, Samuel Hallé seconde les propos de son voisin. « Dans certains coins, c’est vraiment devenu triste. Il y a du flânage partout, de l’intimidation, les trottoirs sont bloqués. On a même entendu que des personnes âgées se sont fait voler. En tant que voisins, ça nous effraie. Et on se dit qu’on ne peut pas laisser ça aller. Sinon, ça va devenir un ghetto », juge-t-il.

« Volte-face » décriée

Les deux citoyens dénoncent la « volte-face » de l’arrondissement dans ce dossier. Lors d’une rencontre tenue ces derniers mois, la conseillère municipale et candidate à la mairie de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve Alia Hassan-Cournol avait insisté sur la nécessité de mieux répartir les ressources d’aide en itinérance, en construisant de plus petites ressources dans l’est de Montréal.

Mais le 9 octobre dernier, le chef de son parti, Projet Montréal, Luc Rabouin, a plutôt donné son appui au projet du CAP Saint-Barnabé. La cheffe d’Ensemble Montréal, Soraya Martinez Ferrada, s’y est aussi montrée favorable. « On a vraiment l’impression de s’être fait rouler dans la farine, alors que les enjeux sont déjà tellement énormes », illustre M. Langlois.

En entrevue, Alia Hassan-Cournol affirme qu’elle « comprend la frustration des citoyens ». « C’était en effet la volonté initiale de diviser la grande ressource en plus petites, mais la réalité […] c’est que les refuges actuels sont insalubres, dont un avec un toit qui s’effondre et qui coule. Ce n’est pas acceptable. Les citoyens qui s’y trouvent méritent aussi de la dignité », soutient-elle.

PHOTO JOSIE DESMARAIS, ARCHIVES LA PRESSE

La conseillère Alia Hassan-Cournol

« Comme aspirante mairesse, je ne veux pas vivre avec le fait que d’autres gens meurent de froid cet hiver, puis qu’on n’ait pas essayé toutes les options possibles », ajoute l’élue.

Elle s’engage à ce que le projet « soit un exemple de cohabitation sociale » dans la métropole. « Il va falloir s’asseoir avec les CPE, réfléchir à l’ensemble des irritants, renforcer l’intervention psychosociale. On est loin d’avoir un projet concret et des premières pelletées de terre, donc on a du temps », persiste Mme Hassan-Cournol.

Un thème central

Ailleurs dans le milieu communautaire, on appuie le CAP Saint-Barnabé. « Oui, il y a une potentielle réduction en capacité d’hébergement d’urgence, mais notre mission de base, c’est de loger les gens le plus vite possible. Je pense que c’est ça qui doit rassurer la population », affirme le directeur de la Mission Old Brewery, James Hughes.

La cohabitation avec l’itinérance est au sommet de la liste des priorités des électeurs, selon les sondages réalisés depuis le début de la campagne montréalaise.

Au début du mois, Soraya Martinez Ferrada s’est engagée à créer un fonds de 100 millions de dollars pour rénover, construire et acquérir des bâtiments qui serviront à abriter de « plus petits » refuges partout dans l’île. L’idée a été mal reçue par l’équipe de Luc Rabouin, qui y voit un risque de déraciner les sans-abri de leur quartier.

Dans l’Ouest, à Pierrefonds, une pétition a recueilli ces derniers jours plus de 600 signatures pour la création d’un « plan d’action pour cohabiter en sécurité avec un centre de sans-abri », à savoir le refuge de l’organisme Ricochet.

https://www.lapresse.ca/actualites/elections-municipales/2025-10-21/itinerance-dans-hochelaga/des-refuges-repenses-inquietent-des-voisins.php

Je comprends pas…Le projet aurait à terme moins de places que l’actuel refuge dans le YMCA - n’est-ce pas ce que ces gens veulent?

Crise de l’itinérance Centre-Sud frappé de plein fouet

Épicentre de l’itinérance à Montréal, le quartier Centre-Sud vit une crise sans précédent. En un an seulement, les organismes du secteur ont réalisé quelque 500 000 interventions auprès de sans-abri et d’autres personnes en grande précarité, révèle une étude obtenue en primeur par La Presse. Nous avons constaté sur le terrain l’ampleur de la détresse.

Publié à 5 h 00

Texte : Caroline Touzin Équipe d’enquête, La Presse

Photos Martin Tremblay La Presse

À la polyvalente, en quatrième secondaire, Franck Messomi dormait souvent durant ses cours.

Ce n’était pas de la paresse. L’adolescent passait ses soirées dans le métro et ses nuits dans un parc.

Un intervenant social de l’école a permis au jeune en situation d’itinérance d’entrer avant le début des classes pour prendre sa douche. Il lui offrait des coupons repas pour manger à la cafétéria.

Un demi-million d’interventions, mais toujours des besoins

Plus visible et plus diversifiée

À l’Auberge du cœur Le Tournant, où loge actuellement Franck, 61 % des jeunes sont issus d’une minorité visible.

« On est débordés »

Surdoses mortelles

Un rôle essentiel

Manque de ressources

Résumé

« J’avais trop peur. Je devais rester éveillé », se rappelle le jeune homme, qui a aujourd’hui 20 ans. « Mes études en ont souffert. »

Le jeune immigrant arrivé à Montréal à 16 ans s’est retrouvé à la rue après un conflit avec son père. « Disons qu’au Cameroun, l’éducation est très stricte », confie-t-il avec pudeur.

Franck est venu grossir les rangs des sans-abri qui ont cogné à la porte d’un organisme du quartier Centre-Sud pour obtenir de l’aide.

Un demi-million d’interventions, mais toujours des besoins

Ce quartier montréalais vit une crise sans précédent. En un an seulement, les organismes de Centre-Sud ont réalisé pas moins de 500 000 interventions auprès de sans-abri et d’autres personnes en grande précarité.

C’est ce qui ressort d’un portrait réalisé par la Corporation de développement communautaire (CDC) Centre-Sud en collaboration avec l’Observatoire québécois des inégalités, obtenu en primeur par La Presse. C’est la première fois que de telles données sont compilées.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Ariane Préfontaine, chercheuse à l’Observatoire québécois des inégalités

Le chiffre de 500 000 interventions est inédit. Il « peut sembler beaucoup », souligne la chercheuse de l’Observatoire québécois des inégalités Ariane Préfontaine, qui a coréalisé le portrait avec son collègue Christian Girard.

« Mais en même temps, poursuit-elle, on se rend compte que dans le contexte de la crise actuelle, ce n’est pas suffisant. »

Nouveaux arrivants, personnes âgées, travailleurs à bas salaire ou étudiants – quand ce ne sont pas des familles entières – n’arrivent pas à se loger. De nouveaux profils s’ajoutent au portrait de l’itinérance dans ce quartier montréalais.

Les chercheurs de l’Observatoire québécois des inégalités ont épluché les rapports d’activités 2023-2024 de 24 organismes, en plus de mener des entrevues sur le terrain. Leur conclusion : en raison de la pression accrue, le milieu communautaire est « au bord de la rupture ».

Plus visible et plus diversifiée

Centre-Sud, quartier historiquement ouvrier de Montréal, est délimité à l’ouest par le boulevard Saint-Laurent, au sud par la rue Notre-Dame, au nord par la rue Sherbrooke et à l’est par la voie ferrée du Canadien Pacifique. Diverses populations marginalisées – des sans-abri et des travailleuses du sexe, notamment – l’habitent depuis longtemps, malgré un embourgeoisement progressif, rappelle Mme Préfontaine.

Le milieu communautaire y est très enraciné.

Sauf que l’augmentation de l’itinérance et sa plus grande visibilité dans l’espace public, causées par les multiples crises sociales actuelles, contribuent à « complexifier le contexte social », observe la chercheuse.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Franck Messomi dans la chambre qu’il partage avec un autre jeune à l’Auberge du cœur le Tournant

Aujourd’hui, les personnes autochtones y sont surreprésentées, particulièrement les Inuit. Les immigrants sont aussi beaucoup plus nombreux, entre autres des jeunes sans statut.

À l’Auberge du cœur Le Tournant, où loge actuellement Franck, 61 % des jeunes sont issus d’une minorité visible.

« Des jeunes arrivent à Montréal avec un visa d’étudiant. Ils ont un enjeu de santé mentale qui les mène à être hospitalisés. Ils ratent trop d’école, perdent leur visa et débarquent ici », décrit Kevin Vaillancourt, intervenant social dans cette ressource d’hébergement d’urgence pour jeunes hommes de 17 à 29 ans.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Franck échange avec Saliou, un autre jeune hébergé au Tournant, qui a récemment immigré du Sénégal.

Dans une autre Auberge du cœur du quartier, la Maison Tangente, 38 % des jeunes issus de l’immigration sont carrément sans statut. « Il faut qu’on s’adapte, ajoute M. Vaillancourt. À la base, on est spécialisés en réinsertion sociale des citoyens canadiens. »

Ces nouvelles réalités posent de nouveaux défis aux organismes, qui doivent offrir des services adaptés à d’autres réalités linguistiques, administratives et culturelles, précise d’ailleurs le portrait inédit.

« On est débordés »

La crise du logement et la hausse du coût de la vie ont un impact majeur sur l’itinérance visible. À l’Auberge Le Tournant, les jeunes sans-abri peuvent faire un séjour de six mois, mais jusqu’à la pandémie, ils partaient en moyenne après trois mois.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Dans Centre-Sud, de petits campements de sans-abri sont apparus sur des terrains vagues situés à l’abri des regards.

Désormais, « ils n’arrivent plus à se trouver un logement, alors ils restent jusqu’à la limite », décrit Kevin Vaillancourt. Pendant ce temps, la liste d’attente s’allonge, ce qui oblige d’autres jeunes à rester plus longtemps dans la rue. « On est débordés », explique l’intervenant.

Autres enjeux majeurs : la santé mentale des gens en grande précarité est plus fragile, et les substances qu’ils consomment sont plus toxiques, ce qui entraîne une hausse des surdoses, rappelle Ariane Préfonfaine.

Chez Méta d’Âme, ressource d’hébergement pour consommateurs de drogues, les rappels concrets de la crise des surdoses sont partout. À l’entrée d’un des immeubles, une affiche met en garde les résidants contre « des surdoses au fentanyl rose ou mauve en date du 1er octobre ». Sur la porte de la salle de bains du bâtiment principal, on rappelle qu’un employé « cogne aux 5 minutes ».

Le centre d’injection supervisée le plus proche est trop loin pour les résidants, alors certains s’isolent dans la salle de bains pour consommer, explique sa directrice générale par intérim de l’organisme, Alicia Élizabeth Morales.

Surdoses mortelles

Méta d’Âme, « géré par et pour » d’anciens et actuels consommateurs d’opioïdes, est frappé de plein fouet par la crise. « On a généralement un décès par an. Cet été, on a perdu deux résidants, morts par surdose, en deux mois. Ce n’est pas normal », se désole Mme Morales, elle-même « une enfant du quartier » qui a grandi dans les Habitations Jeanne-Mance.

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René Lépine, 49 ans, vit dans l’un des appartements de l’organisme Méta d’Âme depuis huit ans.

Mme Morales a tenté elle-même de secourir le second résidant mort d’une surdose en lui administrant de la naloxone. En vain. Elle soupçonne que leur drogue était contaminée à la médétomidine, une substance émergente au Québec, commercialisée comme médicament sédatif et analgésique en médecine vétérinaire.

Après avoir vécu 12 ans sans domicile fixe, Christopher Kucyk est pair aidant chez Méta d’Âme, où il est aux premières loges pour constater les ravages des drogues contaminées.

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Christopher Kucyk est pair aidant à l’organisme Méta d’Âme.

Il y a plus de violence qu’à mon époque ; les gens sont prêts à se battre pour une dose. Moi, j’aimerais mieux mourir que de retourner dans la rue.

Christopher Kucyk, pair aidant chez Méta d’Âme

Aussi sorti de la rue grâce à l’organisme, René Lépine acquiesce : « Les gens sont plus fermés sur eux-mêmes. » Sans le soutien de l’organisme, où il réside depuis huit ans, l’homme de 49 ans est convaincu qu’il ne serait plus de ce monde : « Je ne pensais jamais me rendre à 50. »

Un rôle essentiel

Les efforts « colossaux » des organismes sont « sous-estimés », alors qu’on assiste dans ce quartier à une aggravation du syndrome « pas dans ma cour », observe François Bergeron, directeur de la CDC Centre-Sud.

M. Bergeron ne veut pas jeter la pierre à certains citoyens de Centre-Sud qui, craignant pour leur sécurité, demandent la fermeture ou le déménagement d’organismes d’aide aux itinérants ou usagers de drogues. Mais depuis la pandémie, il a l’impression qu’on rend les organismes communautaires « responsables de cette crise, alors qu’ils font partie de la solution ».

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François Bergeron, directeur de la Corporation de développement communautaire Centre-Sud

Si les organismes craquent, c’est tout le quartier qui s’effondre.

François Bergeron, directeur de la CDC Centre-Sud

Ce « mouvement de ressac » pèse lourd sur les équipes « épuisées », se désole-t-il.

Manque de ressources

À Méta d’Âme, cet épuisement est palpable. Le téléphone de l’organisme sonne à tout bout de champ. « On n’a pas les moyens d’avoir une secrétaire », lance Mme Morales. La directrice de 37 ans nous montre un logement encombré « à vider ».

La résidante est morte il y a un an, mais l’organisme manque de personnel pour le faire, alors que la demande pour leurs logements « a triplé ». La buanderie est également condamnée pour l’instant, faute de personnel.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

La directrice générale par intérim de Méta d’Âme, Alicia Élizabeth Morales

La rétention du personnel est déjà difficile dans les organismes en raison d’un sous-financement chronique et d’un manque de reconnaissance de leur travail, selon François Bergeron.

La Ville de Montréal a annoncé l’été dernier une aide financière de 22,5 millions pour la lutte contre l’itinérance, mais répartie sur trois ans entre 39 organismes pour la réalisation de 42 projets.

« Faites le calcul, souligne M. Bergeron. Ce mode de financement, par projet, est devenu la seule source de financement supplémentaire des organismes, alors que le support “à la mission” stagne. »

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Réunion d’équipe de l’organisme Méta d’Âme

Plusieurs groupes vulnérables manquent encore de ressources adaptées, comme les communautés LGBTQ+, les femmes, les personnes autochtones, les personnes handicapées et celles qui ont un animal de compagnie, selon l’étude.

« Certaines personnes passent entre les mailles du filet social », d’où l’augmentation de l’itinérance visible, constate la chercheuse Ariane Préfontaine.

Franck Messomi, lui, a pu entreprendre, grâce au Tournant, un stage de réinsertion sociale dans un organisme qui recycle les appareils électroniques. « Je rêve d’être ingénieur informatique », confie le jeune homme, dont le visage s’illumine à l’évocation de l’avenir qu’il peut avoir dans son pays d’accueil.

En savoir plus

  • Soutien des organismes du Centre-Sud aux sans-abri en 2023-2024 :
    -500 000 interventions (interventions psychosociales, travail de rue, accompagnement judiciaire, etc.)
    -64 000 accès à des douches
    -7600 trousses d’hygiène
    -200 000 vêtements
    -116 000 nuitées d’hébergement
    -80 000 visites aux haltes-chaleur et de répit
    -280 000 visites dans les centres de jour/soir et sites de consommation supervisée
    -91 000 kg de nourriture distribués.

source : Portrait de l’itinérance dans Centre-Sud : des chiffres sur une crise humaine sans précédent

https://www.lapresse.ca/actualites/2025-10-22/crise-de-l-itinerance/centre-sud-frappe-de-plein-fouet.php

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Un autre article sur un refuge qui se concentre sur des peurs perçues et des gens qui donnent un nom fictif même si ils ont signé une pétition.

Pierrefonds residents spark debate over Ricochet’s enlarged location

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Comme le projet dans Hochelaga qui laissait sous-entendre qu’on retirait des ressources et qu’on concentrait le tout à un seul endroit, alors qu’après avoir vu un post tik-tok d’une intervenante (Sur le bord de la ligne), c’est pas ça du tout. Faut que les médias fassent un meilleur travail un moment donné pour rapporter les vrais informations sinon, la perception des gens est affecté de façon négative. C’est déjà difficile en ce moment…pas besoin de ça en plus pour nuire…

La parole aux sans-abri | « Il faut traiter l’itinérance avec un sentiment d’urgence »

Habitués à voir la société détourner le regard, les itinérants se réjouissent aujourd’hui de se retrouver au cœur de la campagne électorale municipale. Des sans-abri rencontrés par La Presse espèrent maintenant que Montréal cessera de chercher à démanteler leurs campements à tout prix pour enfin les aider à sortir de la rue.

Favorite selon les sondages, la cheffe d’Ensemble Montréal, Soraya Martinez Ferrada, s’engage à ce qu’il n’y ait plus de campements à Montréal d’ici la fin de son mandat, si elle est élue. Son principal opposant, Luc Rabouin, va plus loin : le chef de Projet Montréal promet que plus personne ne vivra dans la rue d’ici 2030, s’il gagne.

Les deux promesses se veulent ambitieuses. Mais les personnes en situation d’itinérance consultées par La Presse y croient, à condition que la prochaine administration municipale mette les bouchées doubles pour y arriver.

Résumé

Nathan Neil est devenu itinérant il y a environ trois ans, vers la fin de la pandémie. Le prochain maire devrait traiter l’itinérance avec le « même sentiment d’urgence » que lors de cette période, plaide-t-il.

« Ils nous ont tassés des hôtels et des arénas en nous souhaitant bonne chance », déplore celui qui s’est retrouvé à la rue après avoir perdu son emploi dans le domaine du service à la clientèle.

« Il faut qu’on nous aide comme des sinistrés. Si un logement est incendié, on ne laisse pas ses occupants dormir dans la rue. Pourquoi on accepte cela des personnes en situation d’itinérance ? », demande l’homme de 62 ans, rencontré au centre de jour de l’organisme Résilience Montréal.

Bonifier les ressources

Lorsqu’on évoque les refuges qui offrent un hébergement temporaire, Nathan Neil est incapable de retenir ses larmes. C’est un « interminable enfer » qu’il vit en les fréquentant ces dernières années.

« Tu dois toujours être ultra-vigilant. Dormir sur ton cellulaire ou ton ordinateur pour ne pas te faire voler. Il y a du bruit sans arrêt. L’hiver, il fait extrêmement froid, et on ne te donne pas toujours de couverture. Un oreiller ? C’est rare. C’est un vrai luxe », énumère-t-il.

Aux prises avec des défis financiers, les ressources sont incapables d’offrir des services permettant aux sans-abri de se « reprendre en main », considère-t-il. Francis Turgeon, rencontré au CAP Saint-Barnabé, corrobore.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Francis Turgeon

Il habite dans un campement, faute de place dans les refuges, qui sont « presque toujours saturés ». Lors des jours froids, l’hiver, il dort dans les haltes-chaleur.

Encore là, il faut que tu t’arranges pour arriver très tôt pour avoir une place, sinon, tu es dans la merde.

Francis Turgeon

Dans ces haltes, les bénéficiaires sont la plupart du temps contraints de dormir sur une chaise. Pascal-Aurèle Lefebvre l’a vécu : il a dormi pendant 57 jours consécutifs assis, appuyé sur une table, l’hiver dernier, avant d’avoir enfin accès à un lit.

« Après deux jours, tu es complètement zombie. Tu imagines après deux mois ? Comment tu peux te reprendre en main dans des conditions comme celles-là ? Il faudrait au moins donner assez d’argent aux refuges pour qu’ils offrent un lit à tout le monde », considère-t-il.

Non aux démantèlements

M. Lefebvre a choisi de retourner vivre en campement, après un hiver passé au CAP Saint-Barnabé. Là-bas, il était astreint à des heures d’arrivée et de départ, sous peine de perdre le lit qui lui était réservé.

Comme lui, plusieurs personnes en situation d’itinérance préfèrent vivre en campement, puisqu’elles s’y sentent plus en liberté. C’est le cas de Francis Turgeon, qui habite dans un boisé d’Hochelaga-Maisonneuve depuis février.

Même s’il y tient, sa liberté a un prix.

« T’as pas de murs, pas de poignée de porte. Si t’es pas là, tu te fais voler. Si tu as un conflit avec quelqu’un de mal intentionné, il peut te tuer en pleine nuit. Ça fait peur », avoue-t-il, en pointant une cicatrice sur sa tempe, provenant d’un conflit.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Francis Turgeon

M. Turgeon aimerait que les campements soient plus encadrés. Qu’on y ajoute des toilettes chimiques, y offre plus d’accompagnement social et y délimite des zones précises pour chaque campeur.

Les démantèlements ne font qu’ajouter de l’huile sur le feu, selon lui.

« C’est vraiment la pire chose à faire », approuve Sylvain Fauteux, qui habite en campement depuis cinq ans.

PHOTO JOSIE DESMARAIS, LA PRESSE

Sylvain Fauteux, une personne itinérante qui habite en campement

Chaque fois, l’adaptation du déménagement nous fait reculer dans nos efforts pour trouver un logement.

Sylvain Fauteux, une personne itinérante qui habite en campement

Éviter le pire

En campement autant que dans les ressources d’hébergement, tous rêvent à la même chose : un logement. « Personne d’entre nous n’est né en espérant dormir dehors », rappelle Jean-Christophe Grenier.

Pour lui, le constat est clair : il faut construire des logements sociaux, mais surtout, y offrir un soutien psychosocial adéquat. « Si tu prends quelqu’un en campement et que tu lui offres un logement sans aide, il va se retrouver dans la rue quelques jours plus tard », insiste-t-il.

PHOTO JOSIE DESMARAIS, LA PRESSE

Jean-Christophe Grenier

Après des années sans faire tes impôts, ton épicerie, ton ménage, tu dois tout réapprendre.

Jean-Christophe Grenier

Et surtout, les listes d’attente pour obtenir un logement social doivent raccourcir, insiste Nathan Neil. Son ex-copain a été sur la liste d’attente d’une habitation à loyer modéré (HLM) pendant neuf ans. Il est mort avant d’en bénéficier.

« Une semaine après sa mort, on l’a appelé pour lui annoncer qu’il restait seulement 500 personnes devant lui sur la liste d’attente », raconte calmement M. Neil, en retenant ses larmes.

« C’est le sort qui nous attend, si rien n’est fait : qu’on ne devienne que des noms barrés sur une liste », conclut-il.

Rendez-vous le 2 novembre… ou pas

À Montréal, les personnes en situation d’itinérance peuvent voter, même si elles n’ont pas d’adresse fixe. Élections Montréal a mis en place une attestation de fréquentation, qui leur permet d’offrir l’adresse d’une ressource d’aide dont elles bénéficient pour s’inscrire à la liste électorale.

Parmi les personnes consultées par La Presse, seul Jean-Christophe Grenier a fait part de son intention de voter. Les autres ne prévoyaient pas le faire, car ils sentaient que leur vote ne ferait pas la différence.

« On ne se sent pas nécessairement bien représentés. Peu importe qu’on vote ou non, on n’a pas l’impression que ça fera pencher la balance », explique Francis Turgeon.

https://www.lapresse.ca/actualites/elections-municipales/2025-10-23/la-parole-aux-sans-abri/il-faut-traiter-l-itinerance-avec-un-sentiment-d-urgence.php

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