La même scène se répète tous les soirs devant l’hôtel de ville de Paris. Une trentaine d’enfants, arrivés de toute la ville, patientent pendant que leurs parents tentent par tous les moyens de trouver un abri pour la nuit.
Bonne chance »
Comme tous les soirs ici, l’ambiance est fébrile. Épaulée par des bénévoles, la foule de personnes itinérantes, dont les parents des enfants, tente de trouver un hébergement de dernière minute.
La majorité a déjà composé le 115, un numéro consacré à l’hébergement d’urgence, qui permet parfois d’avoir une chambre d’hôtel pour la nuit ou pour quelques jours. Mais le système est débordé : même les familles, prioritaires, n’ont souvent pas de place. « J’appelle matin, midi et soir, mais on me répond toujours : “Bonne chance, madame, bon courage, madame” », désespère Nino Pantsulaia, une immigrante géorgienne présente avec ses trois enfants, à la rue depuis cinq mois.
Et au Québec ?
À Montréal, il est encore extrêmement rare de croiser un enfant à la rue, selon les chercheurs interrogés par La Presse. Mais il ne faut pas croire qu’il n’y en a pas qui vivent de l’itinérance, surtout depuis le début de la crise du logement : ils sont simplement cachés.
« Dès qu’un enfant met le pied dans un refuge ou dort dans la rue, il est immédiatement signalé à la DPJ et séparé de sa famille », explique Céline Bellot, professeure de travail social de l’Université de Montréal.
Ça peut être très long de retrouver la garde de son enfant. Alors, les mères qui vivent une situation d’itinérance sont terrorisées. Elles ne disent à personne qu’elles ont leurs enfants.
Céline Bellot, professeure de travail social de l’Université de Montréal
https://www.lapresse.ca/international/europe/2025-02-13/la-presse-a-paris/des-milliers-d-enfants-vivent-dans-les-rues-de-la-france.php
https://www.lapresse.ca/dialogue/chroniques/2025-02-12/itinerance/aider-sans-se-noyer.php