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Résumé

Colisée: un musée ne fera pas bouger Marchand

Par Émilie Pelletier, Le Soleil

26 novembre 2024 à 17h09|

Mis à jour le26 novembre 2024 à 17h31

Le maire Bruno Marchand préconise toujours la démolition du Colisée. (Caroline Grégoire/Archives Le Soleil)

La proposition de transformer le Colisée en musée sera «regardée» par la Ville de Québec. Mais a priori, le maire Bruno Marchand n’apparaît pas assez emballé pour changer d’idée sur sa préférence de voir l’ancien amphithéâtre tomber.


«On va regarder la proposition. Mon opinion ne change pas, mais je trouve intéressant que des citoyens proposent des projets», a-t-il commenté, mardi, en mêlée de presse.

Le maire de Québec réagissait à l’idée soumise par le Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM) de faire revivre l’ancien Colisée en le transformant en Musée national des transports, de l’innovation et de la technologie.




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Un musée pour préserver le «patrimoine» du Colisée
Le Soleil - Colisée de Québec - 27 février 2024 - Photo Caroline Grégoire

Une idée que le groupe militant a déjà pu soumettre à la conseillère municipale responsable du patrimoine au comité exécutif, Mélissa Coulombe-Leduc, et la directrice générale d’ExpoCité, Catherine Chénier.

Avant de rendre une décision finale, l’administration Marchand attend encore de prendre connaissance des conclusions de la Commission d’urbanisme et de conservation de Québec (CUCQ) qui doit statuer sur la valeur patrimoniale de l’ancien amphithéâtre. Son avis est attendu avant les Fêtes.

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Dans l’intervalle, Bruno Marchand campe sur sa position. Il n’a jamais fait de cachette de sa préférence de voir le vieux stade de 15 000 places assises être démoli.

«Ce n’est pas parce que j’ai une opinion que j’ai la vérité.»

— Bruno Marchand, maire de Québec

«Je trouve que ce serait magnifique d’avoir là la réponse à plein de besoins de la ville, notamment des logements, des espaces verts», réitère-t-il, s’engageant tout de même à s’alimenter de la réflexion de la CUCQ.

Combien ça coûte?

À l’hôtel de ville de Québec, la proposition d’un musée n’enchante pas particulièrement les oppositions.

Le chef de la deuxième opposition, Patrick Paquet, se montre même sceptique.



«L’idée est peut-être excellente, mais moi je veux savoir qui va payer la facture. Quelqu’un qui me lance ça aujourd’hui, de nulle part, la première chose que je veux demander comme bon gestionnaire de la Ville, c’est le plan financier», a-t-il soumis.

«Est-ce qu’on va créer un nouveau musée aux frais des contribuables de la ville de Québec qui va encore être sur le compte de taxes? C’est inacceptable.»

— Patrick Paquet, chef de la deuxième opposition

Ambigu sur la démolition ou non du Colisée, M. Paquet affirme que sa décision sera entièrement motivée par une question de coûts. «Si c’est plus profitable pour les contribuables de construire du logement et de démolir le Colisée, on va pencher vers la démolition, c’est clair.»

De son côté, la cheffe de Transition Québec n’affiche «pas de préférence» pour un scénario ou l’autre, même si elle suppose qu’un projet «mixte» alliant logement et événementiel aurait des avantages.

«Souvent, ce qu’on voit quand on essaie de refaire un édifice, les coûts explosent. Alors peut-être qu’une démolition serait plus sécuritaire en gestion financière», avance Jackie Smith, élue municipale de Limoilou.

Promoteurs et gens d’affaires de Lévis sont furieux contre la décision de l’administration Lehouillier de geler le développement dans ses deux principaux pôles. Surtout que le maire a refusé de s’engager à arrêter de surtaxer les terrains vagues où il ne sera plus possible de construire.

«Comme promoteur, ça nous fait peur», a témoigné le promoteur Michel Fortier, qui a plusieurs lots à vendre dans le secteur Desjardins. «Qu’est-ce que je fais demain matin? J’appelle mes contracteurs pour leur dire qu’ils n’auront pas de permis pour deux ans?» a-t-il demandé.


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Moratoire sur le développement d’une bonne partie de Lévis
Le Soleil - Traitement des eaux à Lévis rue Aquifère secteur Saint Nicolas - le 29 novembre 2024 - Photo Caroline Grégoire

La direction générale lui a confirmé qu’il devrait en effet mettre les projets de ses clients sur pause. «J’ai des comptes à rendre!» a-t-il protesté, soulignant que la décision de Lévis «n’encourage vraiment pas les promoteurs à vouloir continuer à y investir». Dans la salle, tous semblaient partager son exaspération et sa conclusion.

La présidente de la Chambre de commerce et d’industrie du Grand Lévis (CCIGL) Marie-Josée Morency a d’ailleurs déploré la façon dont le moratoire a été annoncé.

«Ils ont pris beaucoup de nos membres par surprise», a témoigné Mme Morency, qui parle d’un «manque de prévisibilité».



«C’est la surprise totale, on sent l’émotion, on sent la frustration.»

— Marie-Josée Morency, pdg de la Chambre de commerce et d’industrie du Grand Lévis

Surtaxés même sans pouvoir construire

Les promoteurs présents à la séance se sont montrés particulièrement irrités que le maire Lehouillier refuse de statuer sur le futur de la surtaxe imposée par Lévis sur les terrains vacants desservis.

La faute du gouvernement?

Au cours du conseil municipal et de la conférence de presse qui l’a précédé, le maire de Lévis est revenu à plusieurs reprises sur le resserrement des règles du ministère de l’Environnement quant aux rejets des usines municipales de traitement de l’eau.

«Le ministère de l’Environnement a des exigences beaucoup plus élevées maintenant avec zéro rejet», a souligné le maire Lehouillier, blâmant en partie Québec pour le moratoire qui a dû être décrété par Lévis.

Une «croissance de palmarès»

Pour Repensons Lévis, le moratoire voté à l’unanimité vendredi pour Desjardins et Saint-Nicolas est un signe que le parti d’opposition «avait raison sur toute la ligne» en dénonçant la «perte de contrôle» du développement de l’administration Lehouillier.

«C’est tout ce qu’on dénonce depuis le début», a tranché le chef Serge Bonin avant la séance extraordinaire du conseil municipal vendredi. «Quand on adopte un plan quinquennat des infrastructures, il faut s’occuper de nos infrastructures, il faut s’occuper de nos capacités et on développe à plein régime.»

Malheureusement, un autre projet au centre-ville de Québec, dans le quartier Saint-Roch, vient de s’effondrer.

Dans un secteur qui en a réellement besoin, la faillite du promoteur laisse un nouveau trou béant, malgré la démolition de deux immeubles. Ce projet prometteur (et très esthétique) de 12 étages représentait une belle opportunité pour revitaliser le quartier.

J’espère sincèrement qu’un autre promoteur reprendra rapidement ce site pour concrétiser un projet et combler ce nouveau trou dont Saint-Roch n’a vraiment pas besoin.

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La seule chose qui me donne espoir dans ce dossier est que les fondations sont déjà en place pour redémarrer un autre projet de remplacement. Quand on sait que les fondations prennent près d’un an avant la construction proprement dite de l’édifice au niveau de la rue.

Autrement si le marché est favorable pour un hôtel dans ce secteur (ce qui semble être le cas selon une étude de marché récente) un promoteur pourrait y trouver un avantage et profiter d’économies notables à l’achat du site.

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wow that was a nice design

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Innovation tous azimuts

.ILLUSTRATION FOURNIE PAR GROUPE STATERA I RÉGIS I SALEM ARCHITECTURE

La construction du complexe Laforest, qui vise la certification BCZ design, a débuté dans le secteur du chemin Saint-Louis, à la tête des ponts de Québec et Pierre-Laporte, dans Sainte-Foy.

Le premier bâtiment de grande envergure à carbone zéro au Québec verra le jour dans la capitale.Le complexe de 13 étages, dont 6 seront en retrait de la rue, deviendra par exemple l’un des plus hauts au Canada composé d’une enveloppe en bois en ossature légère et de bois massif. « Les enveloppes en bois sont plus performantes que les enveloppes en acier léger, précise M. Constantin. Elles ont une meilleure performance énergétique et leur impact en carbone est plus faible. On touche à deux grands enjeux du développement durable et on a eu l’appui du ministère des Ressources naturelles et des Forêts pour concevoir cette enveloppe. La boucle d’eau mitigée, qui est un système de récupération et d’échange thermique relié à la géothermie, ne sera pas une première, mais elle est rarement utilisée à cause de son coût élevé. »

Complexe Laforest

Promoteur : Groupe Statera en partenariat avec Fondaction

Certification visée : Bâtiment à carbone zéro (BCZ) design (Conseil du bâtiment durable du Canada)

Mesures vertes : Géothermie, panneaux solaires, enveloppe en bois en ossature légère, dernier étage avec une structure de bois massif, boucle d’eau mitigée, intégration de jardins de pluie (entre autres)

Soutien de 1,4 million du Programme d’innovation en construction bois (PICB) (ministère des Ressources naturelles et des Forêts)

Soutien de 1 million du Fonds pour soutenir les projets durables en habitation de la Ville de Québec

Soutien du programme Projets innovants d’Hydro-Québec (PPI)

Projet de recherche et développement avec l’Université Concordia pour l’intégration de panneaux photovoltaïques

Programme de construction verte en bois (CVBois) du gouvernement du Canada (liste d’attente)

https://www.lapresse.ca/maison/immobilier/2024-12-08/innovation-tous-azimuts.php

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Les dernières évaluations financières de la démolition potentielle du Colisée remontent à 2021.

Les études alors commandées par l’administration Labeaume et révélées par l’ancien maire en pleine campagne électorale chiffraient que la facture pour démolir l’ancienne maison des Nordiques et des Remparts s’élevait alors à quelque 17 millions de dollars.



À peine quelques années auparavant, en 2019, faire tomber le Colisée sous le pic des démolisseurs avait été évalué à huit millions.

Mais l’évolution des normes environnementales, la présence de plomb et d’amiante avaient fait gonfler les coûts entre les années.

Avec la lente dévitalisation de la rue St-Joseph et ses alentours, qui peine à louer ses nombreux locaux commerciaux. Il est clair que le centre-ville au quartier St-Roch a besoin d’un véritable stimulant économique, qui lui injecterait le dynamisme nécessaire pour renverser la vapeur du développement.

En fait le pire qui pourrait arriver c’est le statu-quo, c’est-à-dire l’annulation du projet de l’ilot Dorchester et demeurer avec un immense stationnement qui joue actuellement le rôle indésirable de trou noir pour le centre de la ville de Québec. Déjà que plusieurs projets dorment dans les cartons un peu partout en basse, comme en haute ville. Il est indispensable pour l’équilibre des forces, surtout avec le futur tramway, d’accélérer la construction afin de ramener le développement dans la ville-centre.

Si on attendait de faire l’unanimité pour construire un projet à Québec, rien ne se ferait. Tout le monde voudrait le meilleur projet possible, la Ville aussi, mais où sont les autres options pour ce grand terrain de stationnement qui tue la vie urbaine depuis des décennies?

Je ne peux pas croire que 63 signataires opposés au projet aient droit à trois articles dans Le Soleil. Franchement, on marche sur la tête !

63 signataires… et on leur donne une tribune ? Je rêve ! Ce sont probablement les mêmes qui bloquent tous les projets dans Saint-Roch depuis des décennies.

À quand une pétition pour les citoyens qui soutiennent ce projet, un projet qui ne peut être que bénéfique pour le quartier ?

63… Je n’en reviens pas. Quand on me disait que des citoyens étaient contre, je m’attendais à des centaines et centaines, mais 63 ? Comment Le Soleil peut-il leur offrir une telle visibilité ?

Et la mairie ? Elle ne peut pas flancher pour 63 personnes face à un projet d’envergure qui propose 500 logements, un hôtel et des commerces.

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Ça dépend, je ne suis pas familier avec ce dossier précis, mais s’il y a une obligation de processus référendaire (même avec les “super pouvoirs” temporaires, ça peut arriver selon l’usage), elle n’aurait pas le choix… Ce serait la loi. Tout dépend du cas si un tel blocage peut arriver, mais la ville ne peut pas agir en dehors du cadre légal.

Je comprends bien le contexte légal, mais mon commentaire porte surtout sur la visibilité disproportionnée que Le Soleil offre à ces opposants. Cette semaine seulement, ils ont publié trois articles sur cet acte de résistance !

ce qui probablement n’aide pas a l’opinion publique et l’acceptation du projet…

Ah oui, pour ça c’est beaucoup. Peut-être qu’il manque de nouvelles excitantes à Québec :wink:

Je mentionne juste que du point de vue de la ville, reculer ou non ne dépend pas de sa propre volonté, juste quelques personnes peuvent faire dérailler un projet, même si la ville le supporte. Si on veut du changement là, faut vraiment faire pression sur Québec (provincial).

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Compte tenu de l’importance du site en plein coeur du centre-ville (St-Roch) et à proximité d’autres immeubles de gabarit semblable, je vois mal un entrepreneur ne pas au moins essayer de densifier le développement à l’échelle des environs. D’ailleurs la tour actuelle la plus élevée longe la rue Dorchester à un coin de rue de l’ilot Dorchester.

J’en conclus que la valeur du terrain exige nécessairement un projet important pour garantir un profit raisonnable et ce n’est pas avec seulement du logement social qu’on y arrivera. De toute façon il faut des années pour planifier un développement social et rien ne peut se faire sans la contribution tripartite des eux gouvernements en plus de la Ville. Ce qui supposerait une autre décennie de perdue dans les circonstances.

En plus le promoteur offre plusieurs logements sociaux et abordables où justement on élève actuellement un édifice de même nature sur le terrain adjacent rue Caron et Ste-Hélène.

Or après des décennies de tergiversation et plusieurs autres propositions https://www.engrenagestroch.org/wp-content/uploads/2024/09/20240709-Memoire-Ilot-Dorchester_Trudel_VersionFinale.pdf il serait plus que temps d’aboutir à un projet qui stimulerait l’économie du secteur.

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Dernière ligne droite pour le projet de l’îlot Dorchester – en espérant que la ville donne enfin son approbation et que le petit groupe de contestataires ouvre leur esprit, dans l’intérêt du plus grand nombre, afin que les travaux puissent débuter dès 2025. Il est grand temps de se débarrasser de ce stationnement lugubre… Je le souhaite sincèrement pour Québec, car ce projet représente le seul de cette envergure dans le centre-ville depuis une décennie, avec une véritable recherche architecturale et une ambition notable en matière de hauteur.

Malheureusement, aucun autre projet d’une telle importance ne semble être prévu pour les années à venir. Ce serait une occasion manquée pour Québec de ne pas saisir cette opportunité de revitalisation et de modernisation urbaine, particulièrement pour le quartier Saint-Roch, qui bénéficiera également de l’arrivée du tramway.

(PDF du projet complet en pièce jointe)

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Le problème avec Québec c’est que le centre-ville est en compétition directe avec le pôle Ste-Foy, qui accapare une bonne partie des investissements immobiliers, qu’ils soient commerciaux ou résidentiels. Donc difficile d’attirer les promoteurs dans St-Roch, quartier perçu en déclin et dont les résistances citoyennes et la lenteur bureaucratique découragent les investisseurs.

Dommage car le centre-ville géographique peine à développer son plein potentiel. Le seul espoir réside dans le tramway, cependant les retards dans les décisions n’ont fait que retarder à leur tour d’autres projets qui pourtant dynamiseraient durablement le coeur de la ville.

Même si le projet de Trudel sur l’ilot Dorchester n’est pas parfait, il représente tout de même une occasion essentielle pour renverser la vapeur avec des retombées bénéfiques pour la démographie et l’économie du centre-ville.

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Et surtout, il faut souligner qu’aucun projet à Sainte-Foy ou ailleurs n’apporte d’innovation ou d’audace. Ils se ressemblent tous, avec des concepts uniformes qui évoquent davantage la banlieue que la modernité urbaine. Québec mérite mieux : des projets visionnaires, ambitieux, et surtout situés dans le véritable centre-ville, là où ils peuvent réellement contribuer à revitaliser le cœur de la ville et renforcer son identité et générer (un peu) de densité!

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Je suis tout à fait d’accord, surtout que le centre-ville (St-Roch) est le seul secteur où les gens peuvent vraiment tout faire à pied à partir des quartiers limitrophes. Donc les transports actifs sont un énorme avantage sur le plan urbanistique et environnemental, en parallèle avec les TEC.

Autrement tous les projets en proche périphérie sont des ilots isolés qui sont encore conçus avec une vision dépassée orientée vers l’automobile. D’ailleurs quand on visite le coin on constate le grand potentiel de développement et la possibilité d’une densification modérée à élevée sans pour autant dénaturer la ville.

Même moi (et je ne suis pas une exception) je me rends souvent à pied du quartier Montcalm où j’habite vers St-Roch, notamment à la bibliothèque Gabrielle-Roy. Une superbe marche de santé et en même temps une occasion de mieux découvrir les environs. Je marche aussi aux Plaines tout autant que vers le Vieux-Québec et même jusqu’à la rivière St-Charles, le parc Victoria, Limoilou et la basse-ville secteur Vieux-Port.

Tout cela serait très difficile en dehors du coeur de la ville de Québec. Voilà pourquoi il faut convaincre les gens de venir s’installer dans la zone urbaine centrale. Mais pour cela il faut augmenter l’offre, d’où le nécessité d’encourager les développeurs à prioriser le centre de la ville.

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Salut acpnc, on écrit St-Roch et non St-Rock. Amicalement :slightly_smiling_face: