Ville de Québec - Espaces piétonniers, espaces publics, murales

Escalier du Faubourg: «à quoi sert notre argent?»

La Ville de Québec doit rassurer rapidement la population en dévoilant les rapports d’ingénieurs sur la sécurité de l’escalier du Faubourg, dont l’état actuel préoccupe des citoyens, presse le chef de l’opposition officielle, Stéphane Lachance.

Résumé

La corrosion avancée, le béton effrité et les poutres fragilisées de la structure mis au jour dans une récente vidéo partagée sur les réseaux sociaux en ont même mené certains à réclamer la fermeture urgente de l’infrastructure.

Rénover et rassurer

Sans aller jusque-là, le chef de l’opposition officielle insiste pour dire que le massif escalier entre Saint-Roch et Saint-Jean-Baptiste doit être rénové rapidement.

Participez à la conversation

Exprimez-vous.Laissez un commentaire ci-dessous et faites-nous part de votre opinion.

Lire 6 commentaires

«C’est le mandat de la Ville d’entretenir les infrastructures et de le faire correctement, alors on demande à ce que ça se fasse.»

— Stéphane Lachance, chef de l’opposition officielle

Il demande ainsi à connaître en détail le plan d’intervention prévu et les échéanciers, espérant du même souffle que les travaux seront réalisés dans la prochaine année.

En attendant, disant avoir reçu «énormément de courriels pendant la période des Fêtes pour dénoncer l’état actuel de l’escalier», le conseiller municipal de Val-Bélair demande à la Ville de démonter qu’«il n’y a pas de problème» avec la structure de 99 marches.

L’escalier du Faubourg compte 99 marches. (Jocelyn Riendeau/Le Soleil)

«Les citoyens voudraient être rassurés à savoir s’il est toujours sécuritaire à emprunter», en pouvant consulter le plus récent rapport d’ingénierie.

Datant de septembre 2025, le document réalisé à la suite d’une inspection avait conclu que «l’escalier demeure sécuritaire pour ses usagers», aux dires de la Ville de Québec.



«Il faut montrer la vérité aux citoyens.»

— Stéphane Lachance, chef de l’opposition officielle

«Si la Ville évalue qu’il n’y a pas de danger, qu’elle le démontre et ça va clore le dossier», ajoute son collègue Marc Roussin, élu dans Lac-Saint-Charles—Saint-Émile.

«Gérer les priorités»

Présente pour constater de visu l’état des lieux après la parution du reportage du Soleil, l’équipe de Respect citoyens s’explique mal pourquoi l’escalier du Faubourg se trouve dégradé à ce point.

«Où sont les priorités de la Ville face à des infrastructures? On est devant une situation où on est prêts à mettre des 150 000 $ sur différents projets beaucoup moins prioritaires que l’escalier, par contre, on n’a pas d’argent à mettre sur des infrastructures directes. C’est ce qu’on dénonce», expose le chef Stéphane Lachance.

Certaines composantes de l’escalier du Faubourg se trouvent dans un état avancé de détérioration. (Jocelyn Riendeau/Le Soleil)

Pourtant une défenderesse de la mobilité active, l’administration Marchand devrait s’attarder plus aux escaliers destinés aux marcheurs, défend-il. «On investit dans d’autres domaines comme les pistes cyclables, mais ça, ça ne fait pas partie des priorités de l’administration actuelle.»



En espérant, insiste M. Lachance, que l’escalier du Faubourg ne souffre pas des délais de réalisation du projet de tramway, dont la sortie de tunnel doit aboutir dans le secteur, à proximité du Jardin Jean-Paul-L’Allier.

Travaux à déterminer

La Ville de Québec assure que le projet de transport structurant, qui engendrera effectivement un réaménagement majeur entre la Haute et la Basse-Ville, ne force pas le report d’un éventuel projet de réfection de l’escalier du Faubourg.

Même si un appel d’offres de l’été 2024 prévoyait que des travaux pourraient être réalisés dès 2025 à l’escalier du Faubourg, le porte-parole Jean-Pascal Lavoie soutient qu’«il n’y a pas eu de report de chantier».

«Les travaux nécessaires à la sécurisation de l’escalier ont été effectués en 2024 et en 2025 pour l’ascenseur», réitère-t-il.

«L’escalier est sécuritaire depuis sa réouverture et il est inspecté à une fréquence beaucoup plus soutenue depuis ces travaux.»

— Jean-Pascal Lavoie, porte-parole de la Ville de Québec

Le motif du tramway avait par ailleurs été évoqué pour expliquer la décision de repousser la rénovation de la fontaine d’eau au Jardin Jean-Paul-L’Allier voisin.

Pour l’instant, le plan de réfection de l’escalier du Faubourg demeure cependant à être précisé, tout comme le budget.

La corrosion est bien visible sur l’escalier du Faubourg. (Jocelyn Riendeau/Le Soleil)

«Nous n’avons pas d’estimation encore à ce stade, mais […] à titre comparatif, refaire l’escalier des Franciscains coûtera approximativement 1,2 million. Ce sera assurément plus cher pour l’escalier du Faubourg, qui est plus massif et qui a des composantes en fer ornemental», a informé mardi la conseillère municipale de Cap-aux-Diamants, Mélissa Coulombe-Leduc, sur les réseaux sociaux.

Toujours à la phase d’étude d’avant-projet, Québec doit encore déterminer s’il sera rénové ou reconstruit à neuf.

«Une fois l’étude complétée et la solution retenue, la Ville procédera comme à l’habitude avec un appel d’offres pour la réalisation des plans et devis. Mais nous n’en sommes pas encore là», détaille le porte-parole municipal.

Quant aux vérifications effectuées lundi par des employés municipaux et constatées par Le Soleil, elles n’ont permis de déceler aucune anomalie. L’escalier demeure donc ouvert.

Projet qui avait été abandonné à l’époque, mais qui, avec le recul, pourrait devenir exceptionnel en reliant de manière iconique la Haute et la Basse-Ville. Il permettrait en même temps de réaménager la zone des bretelles, aujourd’hui inesthétique et peu accueillante, et qui crée une rupture entre Saint-Roch, le Vieux-Port, le Vieux-Québec et Saint-Jean-Baptiste. Avec l’arrivée du tramway et la relance de Saint-Roch, ce projet mérite au minimum une réévaluation, tout en revisitant le design pour y apporter une touche de modernité, devenant ainsi un véritable upgrade pour les résidents comme pour les touristes.
https://www.journaldequebec.com/2026/01/12/il-faut-relancer-le-projet-descalier-monumental-de-jean-paul-lallier

Histoire à suivre…


https://www.journaldequebec.com/2026/01/12/il-faut-relancer-le-projet-descalier-monumental-de-jean-paul-lallier

3 « J'aime »

L’emplacement du projet aujourd’hui… une véritable plaie urbaine.

2 « J'aime »

Cela aurait été une entrée de ville majestueuse, mais le chantier serait gigantesque et l’échéancier irréaliste face aux prochains travaux du tramway. Ces derniers prendront place dans le secteur et devront avoir priorité si on veut que le réseau soit inauguré à temps et dans les budgets.

Cependant rien n’empêche de rêver à un projet d’embellissement pour cette partie malaimée de la ville. On pourrait intégrer les aménagements du tramway à une grande place publique au même endroit, qui tiendra aussi compte de la mobilité publique et privée (pas seulement automobile) puisque le boulevard Charest devient un incontournable avec lequel il faudra nécessairement composer.

En attendant il faudra développer le grand terrain bordé par l’entrée de l’autoroute à gauche sur la photo et la côte d’Abraham à droite, un site majeur où aucun projet n’a réussi à aboutir depuis de nombres d’années.

Justement, dans l’article, il est question de 2034, donc huit ans pour réaliser un parc. Je pense que c’est jouable, en intégrant bien sûr le tramway, qui est d’ailleurs mentionné dans l’article. Évidemment, il ne s’agit pas de faire un copier-coller de l’ancien projet, mais de le mettre à jour en tenant compte de la situation actuelle et de le réaliser en même temps que le tramway, dans toute sa logique. Ça fait des années qu’on cherche un projet pour rendre l’îlot Fleurie plus agréable et surtout reconnecter tous les quartiers centraux entre eux. Je pense que le timing est parfait.

Pour ce qui est du grand terrain, il s’agit de l’îlot Saint-Vincent-de-Paul, et le projet est actuellement en recherche de financement. Par contre, l’architecture proposée reste, à mon avis, loin d’être innovante pour un emplacement aussi stratégique. L’îlot SVDP méritait mieux.

1 « J'aime »

Première réaction à chaud.
La Société de développement commercial (SDC), le Port de Québec, le cabinet du maire de Québec… tous semblent enfin alignés pour concrétiser un projet sur cet emplacement absolument stratégique. Maintenant que l’idée du projet refait surface, reste à voir s’ils choisiront de réellement rouvrir le dossier — avec ambition et continuité — ou de le laisser à nouveau en sommeil,

https://www.qub.ca/article/escalier-reliant-la-haute-et-la-basse-ville-la-sdc-st-roch-appuie-lidee-1818318107?silent_auth=true

2 « J'aime »

La rue Cartier piétonne ? Ce serait je crois une bonne artère à tester en été, un peu comme Mont-Royal içi.

https://www.journaldequebec.com/2026/01/28/avenue-cartier-les-citoyens-relancent-lidee-dune-rue-pietonne

1 « J'aime »

Ce serait une excellente idée, d’ailleurs elle a déjà été fermée à quelques occasions cet été. Par ailleurs les travaux d’infrastructures souterraines qui s’amorcent déjà dans le secteur (pour le tram) pourraient compliquer les choses, puisque l’on prévoit la fermeture intermittente de René-Lévesque et le déplacement des lignes d’autobus vers Grande-Allée. Donc un grand bouleversement et la disparition de beaucoup de stationnements sur rue tout le long de cette importante artère du centre-ville.

Oui plusieurs projets (idem 3e avenue) d’amélioration des espaces urbains seront retardés par le tramway. C’est un mal pour un bien, j’imagine, on peut pas tout avoir malheureusement.

Québec s’illumine Un parcours lumineux dans le Vieux-Québec pour un deuxième hiver

PHOTO FOURNIE PAR QUÉBEC S’ILLUMINE

Québec s’illumine est de retour dans les rues de la capitale.

La capitale s’est parée de milliers de lumières de nouveau cette année grâce au parcours Québec s’illumine. Sur un peu plus d’un kilomètre dans le Vieux-Québec, profitez de l’obscurité hivernale pour explorer la magie de la ville.

Depuis janvier, près de 100 000 lumières et 1000 lanternes ont été accrochées sur les portes, lampadaires, escaliers et arbres tout au long d’un parcours d’un peu plus d’un kilomètre.

Où ? Entre les rues Saint-Jean et du Sault-au-Matelot. Deux arches lumineuses le long du chemin, ainsi qu’une chute de 30 000 lumières à l’arrière de l’hôtel 71, ajoutent des touches de scintillement.

Jusqu’au 15 mars, les couleurs changeront à six reprises, offrant une vue différente qui s’adapte à divers évènements et à l’évolution de la saison.

À découvrir gratuitement.

Consultez la page de Québec s’illumine

1 « J'aime »

Une démarche citoyenne pour piétonniser l’avenue Cartier cet été

Le Conseil de quartier de Montcalm appuie une démarche citoyenne pour rendre certains segments de l’avenue Cartier piétons lors des fins de semaine et en début de soirée cet été, afin que la rue devienne plus sécuritaire, conviviale et animée.

L’avenue Cartier est en pleine période de travaux en ce moment.

Crédit photo: Thomas Verret

Mardi soir, lors de l’assemblée du conseil de quartier, deux citoyens du secteur, Laurier Caron et Daniel Guay, ont plaidé en faveur d’un projet pilote pour rendre l’avenue Cartier piétonne, du 12 juin au 7 septembre 2026, soit l’équivalent de 26 jours.

Résumé

Appétit citoyen pour la piétonnisation

M. Guay, un résident du quartier Saint-Sacrement, a expliqué à Monmontcalm que cette action avait pour but de « donner une légitimité plus grande à la démarche citoyenne ».

En février 2023, 93,5% des 750 répondants d’un sondage mené par le conseil de quartier se disaient pour la piétonnisation estivale de l’avenue Cartier.

Tramway : contrainte ou opportunité?

La conseillère de Montcalm–Saint-Sacrement, Catherine Vallières-Roland, a rappelé que les projets doivent se réaliser en collaboration avec la Société de développement commercial (SDC) Montcalm – Quartier des arts. Elle a également souligné qu’il faudra prendre en compte les besoins des commerçants dans le contexte cette année où des travaux majeurs auront lieu dans le secteur, notamment sur le boulevard René-Lévesque.

« Votre démarche, elle est importante parce que le sondage démontre clairement qu’il y a une volonté de la part des citoyens d’avoir une rue piétonne », a néanmoins reconnu Mme Vallières-Roland.

Pour sa part, Daniel Guay, un habitué des commerces de proximité de l’avenue Cartier, ne voit pas les travaux du tramway comme une contrainte, mais plutôt comme « une opportunité » pour encourager les gens à soutenir les commerçants locaux et à utiliser les déplacements actifs pour accéder à l’artère du quartier Montcalm.

Évoquant différents succès de rues piétonnes dans le monde, dont le Petit Champlain ou l’avenue du Mont-Royal à Montréal, M. Guay ne voit pas pourquoi l’avenue Cartier ne pourrait pas être piétonne à certains moments de la semaine.

Main tendue

De son côté, le Conseil de quartier de Montcalm a demandé à la conseillère Catherine Vallières-Roland d’endosser la démarche citoyenne dans la mise en œuvre du projet pilote. L’organisme insiste pour que les citoyens, au même titre que les commerçants, collaborent à la mise en place des conditions pour assurer le succès de l’initiative dès le 12 juin.

Publicité

Le coprésident Jonathan Tedeschi a déploré que, par le passé, les membres du conseil de quartier et les citoyens ont été informés par les médias de la tenue éventuelle d’une rue piétonne ou de la non-reconduction de la piétonnisation sur l’avenue Cartier.

« Au final, ça serait intéressant d’être considérés et d’être à la table quand ça se discute, pas uniquement la SDC [sic]. Oui, c’est important de les inclure, tout le monde souhaite la santé des commerces, on est du même avis, mais on aimerait ça être partie prenante quand les décisions sont prises », a-t-il indiqué.

Des questions et des préoccupations

Le projet pilote présenté hier par Daniel Guay et Laurier Caron se décline en deux segments : le premier de 75 mètres environ entre les rues Fraser et Aberdeen, et l’autre de 41 mètres entre Aberdeen et la ruelle menant au stationnement arrière des Halles Cartier.

Il inclut l’ajout de certaines places de stationnement de 15 minutes sur les rues transversales situées à proximité de l’avenue commerçante.

Un résident a d’ailleurs demandé aux initiateurs du projet pilote où allaient être situés les stationnements de 15 minutes.

« Je ne sais pas où ils vont prendre les 15 minutes. C’est déjà surchargé (overbooké) », a soutenu ce résident du coin.

Quelques citoyens ont aussi questionné pourquoi le projet pilote ne prévoyait pas de rendre l’avenue Cartier piétonne à plus grande échelle, voire dans son intégralité.

« Je pense que l’important, c’est de commencer », a fait valoir Laurier Caron.

Une dame a d’ailleurs imploré que les aménagements des diverses intersections de l’avenue Cartier prennent en considération la réalité des enfants, plus petits, qui ne voient pas les automobiles arriver en traversant, soulevant ainsi un enjeu de sécurité routière récurrent.

Lire aussi :

Corridor VivaCité : Des citoyens souhaitent un réaménagement plus ambitieux sur la 4e Avenue

Mardi soir avait lieu un nouvel atelier d’échanges autour du futur Corridor VivaCité de l[…]

1 « J'aime »

La SDC Montcalm refuse la piétonnisation de l’avenue Cartier

La Société de développement commercial (SDC) Montcalm ne souhaite pas aller de l’avant avec un projet de piétonnisation de l’avenue Cartier. Elle réaffirme cette position dans le contexte actuel, marqué par l’arrivée imminente des travaux du tramway sur le boulevard René-Lévesque et par les incertitudes qu’ils font peser sur l’accessibilité et l’achalandage du secteur

Crédit photo: Christophe Gagnon-Fortin

Pour la directrice générale de la SDC Montcalm, Marie Langlois, il est important de rappeler que cette décision n’est ni récente ni improvisée.

« Ce n’est pas une décision prise hier ou avant-hier. La piétonnisation est un sujet qui est analysé depuis longtemps à la SDC. Ce n’est pas une décision de Marie Langlois. Je porte l’orientation de mon conseil d’administration, qui s’appuie notamment sur des consultations et des sondages réalisés auprès des commerçants », précise-t-elle.

Résumé

Une opposition majoritaire chez les commerçants

Lors d’une consultation menée en 2024 auprès des membres de la SDC, 30 commerces de l’avenue Cartier ont pris part au processus. De ce nombre, 27 se sont prononcés contre un projet de rue piétonne. Selon la SDC, l’ensemble des commerçants avaient été invités à se prévaloir de leur droit de parole.

« Les commerçants prennent des décisions qui ne sont pas idéologiques. Elles sont structurelles et économiques. Ils ont pris position pour préserver la viabilité de leur commerce », affirme Marie Langlois.

La SDC indique par ailleurs avoir mandaté à deux reprises la firme SOM afin de sonder ses membres, des démarches qui concluent à des effets négatifs anticipés d’une piétonnisation pour une majorité de commerces, dans les conditions actuelles.

Le tramway, un facteur déterminant

Le principal élément ayant fait basculer le dossier demeure l’arrivée prochaine de chantiers importants du tramway dans le secteur. Pour la SDC, le moment choisi pour relancer le projet de piétonnisation ne pouvait être plus malvenu.

« C’est le pire moment pour nous présenter ça. On ne connaît même pas encore précisément les dates ni l’ampleur des travaux. On ne sait pas si on pourra maintenir nos événements estivaux ni sous quelle forme », indique Mme Langlois.

Selon l’analyse de la SDC, sur les 73 commerces situés entre le boulevard René-Lévesque et la Grande Allée, seulement 26 relèvent de catégories susceptibles de bénéficier d’une piétonnisation, comme les bars, restaurants ou commerces de consommation spontanée. Les autres, davantage axés sur des services ou des achats planifiés, seraient plus vulnérables à une diminution de l’accessibilité automobile.

Publicité

« Une rue piétonne, ce n’est pas simplement fermer une rue. Ça demande une capacité de gestion, des investissements et une stabilité urbaine. Dans le contexte actuel, on n’a pas ce qu’il faut pour assurer un projet qui serait un succès », résume la directrice générale.

Des travaux en cours sur l’avenue Cartier.
Crédit photo: Christophe Gagnon-Fortin

Un débat public sous pression

Marie Langlois déplore également la tournure qu’a prise le débat dans l’espace public. Selon elle, la médiatisation rapide du projet et sa diffusion sur les réseaux sociaux ont exercé une pression importante sur le conseil d’administration de la SDC.

« J’aurais préféré qu’on puisse s’asseoir avec le conseil de quartier et discuter directement. Le débat s’est déplacé dans les médias, ce qui a mené à une pression sur le conseil d’administration pour prendre une décision rapidement », explique-t-elle.

Elle réfute l’idée selon laquelle la SDC ferait abstraction des attentes citoyennes, estimant plutôt que deux logiques s’affrontent : l’une axée sur la qualité de vie et l’autre sur la survie économique des commerces.

Une démarche citoyenne déçue

De son côté, Daniel Guay, instigateur de la démarche citoyenne appuyée par le conseil de quartier Montcalm, se dit déçu par la fermeté de la position de la SDC, notamment par le refus de former un comité de travail réunissant citoyens, commerçants et représentants de la SDC.

Le projet citoyen s’appuie notamment sur un sondage mené en 2023 diffusé en ligne et relayé sur les médias sociaux. Ce questionnaire a recueilli plus de 750 réponses.

Parmi les participants, 93,5 % se sont déclarés favorables à une piétonnisation estivale de l’avenue Cartier, tout en proposant divers aménagements visant à bonifier l’expérience et la vitalité du secteur.

Le sondage ne visait toutefois pas spécifiquement les commerçants membres de la SDC, mais la population ayant choisi de participer à la consultation.

M. Guay aurait souhaité une ouverture, ne serait-ce que partielle de la part de la SDC.

« On proposait une piétonnisation la fin de semaine, comme compromis. On souhaitait trouver une solution raisonnable pour tout le monde », regrette-t-il.

M. Guay reconnaît toutefois que le contexte des travaux du tramway accentue l’inquiétude des commerçants et rend le débat plus émotif, sans pour autant écarter la possibilité de poursuivre les démarches citoyennes.

La SDC juge cette décision nécessaire

Pour la SDC Montcalm, la décision de s’opposer à la piétonnisation de l’avenue Cartier demeure ferme dans le contexte actuel. Elle se veut pragmatique, appuyée sur des données, des consultations internes et une lecture des contraintes à court et moyen terme.

« Ce n’est pas une décision facile, mais c’est une décision nécessaire compte tenu de la conjoncture », conclut Marie Langlois.

Poursuite de 350 000 $ pour des champignons sur un pont presque neuf

La passerelle des Trois-Sœurs relie les quartiers Saint-Roch et Vanier. (Jocelyn Riendeau/Le Soleil)

«Gerces, champignons et bois pourri»: la Ville de Québec actionne les concepteurs d’une passerelle cyclopiétonne qui se détériore de façon prématurée.

Les nombreux marcheurs, cyclistes, coureuses, trottinetteurs et autres chauffeuses de quadriporteur qui traversent le petit pont remarquent les longues toiles blanches qui recouvrent les immenses mâts de bois érigés à l’extrémité sud.

Depuis près d’un an, la Ville de Québec procède à une opération de séchage pour préserver d’une plus grande dégradation les deux poutres qui portent à l’aide de câbles la passerelle cyclopiétonne des Trois-Sœurs.



La structure d’une cinquantaine de mètres enjambe la rivière Saint-Charles en plein cœur de Québec.

Résumé

Situé à distance de vue en amont de l’autoroute Laurentienne, le lien interrives relie le parc Victoria, dans le quartier Saint-Roch, à la rue Bourdages du secteur Vanier, juste au nord-ouest.

Moins de 10 ans après son inauguration au coût de 2,5 millions, l’administration municipale a déjà dû allonger 98 809,92 dollars de plus pour réaliser des «travaux d’assèchement», lit-on dans la poursuite déposée en Cour supérieure du Québec et dont Le Soleil a pris connaissance.

Résumé

«De plus, des travaux correctifs doivent être effectués pour remédier à la situation, lesquels sont présentement estimés à 250 000 dollars», indique-t-on ensuite dans le document légal.

La Ville de Québec réclame ainsi 348 809,92 dollars aux firmes d’ingénierie EMS et d’architecture ABCP, qui ont conçu la passerelle. Plus les intérêts et les frais de justice.

«Tout est stable»

Ces couvertures de plastique de type abri tempo, fabriquées sur mesure par une entreprise d’auvents, couvriront les deux cylindres géants de cèdre rouge lamellé-collé pour au moins un an.

Au printemps dernier, l’administration municipale expliquait que l’utilisation de ces toiles visait «à recouvrir les mâts [… pour] les protéger des intempéries et assécher les mâts avec un ventilateur afin d’en retirer l’humidité».



Le brun chaleureux du bois des poutres a laissé place au blanc des toiles dans le paysage depuis près d’un an. (Jocelyn Riendeau/Le Soleil)

Les démarches judiciaires ont ensuite été entamées à compter du mois de juin 2025.

«La Ville ne fera aucun commentaire sur le fond du dossier, afin de ne pas nuire aux discussions et au processus juridique en cours», répond aujourd’hui un porte-parole de Québec, Jean-Pascal Lavoie.

Un bilan des travaux d’assèchement sera effectué «dans les prochaines semaines».

Mais «pour le moment, tout est stable».

— le porte-parole de la Ville de Québec, Jean-Pascal Lavoie

La poursuite allègue que dès juin 2014, avant même la construction de la passerelle, «lors d’une réunion entre les intervenants du projet, une discussion a lieu sur la protection des mâts contre les intempéries».



La structure a été installée sur la rivière à la fin de 2015 et son certificat d’achèvement émis en septembre 2016.

Pourriture dès 2022

Dès juin 2022, Tétra Tech, firme externe mandatée par la Ville pour inspecter certaines de ses structures, «constate de la pourriture dans les mâts» de la passerelle des Trois-Sœurs

Dans un rapport d’expertise daté de mars 2025, une autre firme, Intra-Bois, confirme selon la poursuite que:

  • «Plusieurs gerces, champignons et bois pourri sont présents sur les mâts;
  • Le taux d’humidité est élevé et supérieur à la normale à plusieurs endroits sur les mâts;
  • Les surfaces de bois exposées des poutres et du tablier sont en bon état.»

Intra-Bois détermine aussi que le vernis d’uréthane à base d’eau utilisé n’a pas fourni la protection nécessaire et que le choix du bois non traité comme matériau n’est pas approprié au milieu humide.

Bientôt la défense

Avocate représentant la firme d’architectes ABCP dans le dossier, Me Émilie Nadeau, du cabinet Stein Monast, déclare que «considérant qu’il s’agit d’un litige judiciarisé, notre cliente n’entend pas faire de commentaires et elle fera valoir ses arguments dans le cadre des procédures».

Les deux entreprises poursuivies ont jusqu’au 27 février, donc d’ici deux semaines, pour communiquer de façon sommaire leurs arguments de défense au tribunal.

La firme d’ingénieurs EMS est défendue par le cabinet d’avocats Bélanger Longtin.

La nouvelle structure avait été primée en 2017 et en 2018. (ABCP Architecture)

La passerelle des Trois-Sœurs a été récompensée d’un Prix d’excellence Cecobois en 2017, remis chaque année aux meilleures constructions en bois à travers le Québec, et d’un Mérite d’architecture de la Ville de Québec en 2018.



Le nom de la passerelle des Trois-Sœurs évoque la culture du maïs, de la courge et du haricot que pratiquaient les autochtones avant la colonisation.

Inspirée de sa voisine des Trois-Sœurs et réalisée par les mêmes entreprises, la passerelle de la Tortue reliant la Pointe-aux-Lièvres au quartier Limoilou depuis 2021, à 1,5 km en aval sur la Saint-Charles, ne fait à ce jour pas l’objet d’une dégradation précoce due à l’humidité.

1 « J'aime »

L’escalier Lavigueur fermé jusqu’en avril

Reliant les quartiers Saint-Roch et Saint-Jean-Baptiste, l’escalier Lavigueur sera temporairement inaccessible, entre le 2 mars et le 3 avril 2026, en raison de travaux d’entretien.

Quelques travaux d’entretien sont visibles de haut sur l’escalier Lavigueur.

Crédit photo: Simon Bélanger

L’escalier Lavigueur, qui compte 157 marches, est accessible par les rues Arago Est, dans Saint-Roch, ainsi que par la rue Lavigueur, dans Saint-Jean-Baptiste.

Depuis janvier, l’escalier, datant de 1929, fait l’objet de travaux d’entretien, qui n’obligeaient pas sa fermeture prolongée.

«En travaillant sur l’escalier, les travailleurs ont pu constater des réparations qui devaient être fait[es] en enlevant des marches notamment», écrivait la semaine dernière Elainie Lepage, conseillère municipale du district de Saint-Roch—Saint-Sauveur, sous une publication du groupe Facebook «Saint-Roch : les échos de notre quartier».

Un affichage temporaire maison indiquait la fermeture de l’escalier dès le 25 février, mais c’est plutôt à partir du 2 mars qu’il ne sera plus possible d’y circuler.

Quelques travaux à faire sont bien visibles sur l’escalier Lavigueur.
Crédit photo: Simon Bélanger

«Cette fermeture s’inscrit dans le cadre de travaux pour assurer la pérennité de l’escalier et la sécurité des usagers. Le coût des travaux d’entretien est estimé à 110 000$», mentionne la Ville de Québec dans un communiqué envoyé mercredi dernier.

Deuxième escalier inaccessible

Au cours des cinq prochaines semaines, les piétons et piétonnes devront faire un détour de 450 mètres.

Depuis Saint-Jean-Baptiste, il faudra se rendre un peu plus à l’est sur la rue Lavigueur, puis descendre par la côte Badelard, pour accéder à la rue Arago Est.

L’état des escaliers entre la Haute-Ville et la Basse-Ville est au cœur de l’actualité de Québec au cours des derniers mois.

L‘escalier des Franciscains, reliant les quartiers Montcalm et Saint-Sauveur, a dû être démoli l’automne dernier, en raison des dommages importants causés par l’orage, lors de la dernière Fête nationale du Québec.

En début d’année 2026, une vidéo virale dénonçait cette fois l’état de l’escalier du Faubourg, escalier central reliant Saint-Jean-Baptiste et Saint-Roch. On pouvait y voir des traces de corrosion et un affaiblissement du béton.

Les escaliers du Faubourg et des Franciscains, tout comme les escaliers Lépine, Frontenac et de la Chapelle, se trouvaient sur une liste devant faire l’objet de travaux de rénovation entre 2025 et 2027.

L’escalier Lavigueur ne se trouve toutefois pas dans cette liste.