Fumeurs de crack. Passage temporaire malfamé. Mobilier urbain en mauvais état. Le principal accès au Vieux-Montréal par le métro ne paie pas de mine, estiment des visiteurs, en ce début de saison touristique.
Publié hier à 19 h 57
Philippe Teisceira-Lessard Équipe d’enquête, La Presse](La Presse | Philippe Teisceira-Lessard)
En plus d’être un épicentre de la crise de l’itinérance, la station Place-d’Armes subit ces mois-ci le chantier majeur de la rue Saint-Urbain qui l’enclave totalement. Le touriste qui en sort doit zigzaguer entre deux cloisons pour atteindre le quartier historique, à travers des personnes souvent désorganisées. Un aménagement critiqué par le cabinet de la mairesse lui-même.
« Ça fait tiers-monde. Oh boy », lâche Mario Lafrance, président de la Société de développement commercial du Vieux-Montréal. « Le Vieux-Montréal, c’est un peu le rayonnement international de la ville. Quand tu arrives ici, tu te demandes un peu où ça va être. » À ce moment, la place avait été fraîchement nettoyée et l’ambiance était calme.
« C’est l’enfer. C’est dégueulasse. En tout cas, moi je trouve ça dégueulasse », a commenté Mario Vanasse, en visite dans le secteur. « Moi je suis de la Rive-Sud et j’y retourne, sur la Rive-Sud. »
Mardi, le passage a été carrément inondé après un orage, l’eau n’ayant pas de place pour s’écouler. « Je n’ai jamais vu ça dans une ville développée », a alors commenté Jae Yong Choi, une touriste coréenne, en rigolant. « Ça semble être un passage critique, pourtant la canalisation est mal faite. »
Jeudi, le passage a été élargi.
À l’entrée du métro, couverte par le Palais des congrès, des toxicomanes fumaient régulièrement du crack sous l’œil des passants, dans les derniers mois.
Au moment du passage de La Presse, début juin, une enseigne de métal annonçait un projet terminé depuis deux ans. Un morceau de métal en pendait, posant un risque important de blessure.
L’aménagement « affecte le sentiment de sécurité »
PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE
Station Place-d’Armes
Cette enseigne a été retirée après que le cabinet de la mairesse a été appelé à commenter la situation.
« Une inspection du site a été réalisée ce matin et des avis correctifs concernant la propreté des lieux ont été émis », a indiqué l’attachée de presse Marykim Gaudreault, la semaine dernière. « On a également demandé une présence policière accrue au PDQ afin d’assurer un sentiment de sécurité aux personnes qui traverse la rue Saint-Urbain à partir de la station Place-d’Armes et une équipe de sécurité privée va également patrouiller [dans] le secteur dans les prochains jours. »
L’équipe de Valérie Plante reconnaît toutefois que « plusieurs enjeux se superposent dans ce secteur », dont le chantier du ministère des Transports sur le viaduc de la rue Saint-Urbain. « Son aménagement n’est pas optimal et affecte le sentiment de sécurité des usagers. »
Du côté du Ministère, on assure simplement que « l’accès à la station de métro Place-d’Armes et au Palais des congrès de Montréal est maintenu en tout temps », sans indiquer si l’aménagement est indiqué pour un haut lieu du tourisme.
« Au cours des prochaines semaines, les clôtures du chantier seront recouvertes par des toiles avec des images évoquant les transports pour réduire l’impact visuel des travaux », a écrit Louis-André Bertrand, porte-parole du Ministère. « Cela s’ajoute à la signalisation qui a été mise en place pour aider les personnes à s’orienter dans les alentours du chantier. »

