Transition écologique, arrondissement Rosemont

Transition écologique

Rosemont passe à la vitesse supérieureImage: https://mobile-img.lpcdn.ca/lpca/924x/r3996/70f89b18-1cab-11eb-b8ad-02fe89184577.jpg

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

L’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie, à Montréal, placera l’environnement au cœur de ses actions.

(Montréal) Une « petite révolution » s’opérera dans les trois prochaines années dans Rosemont–La Petite-Patrie. Penser les infrastructures en fonction de leurs vertus écologiques. Planifier à petite échelle. Donner plus de pouvoir aux citoyens. La Presse a obtenu le plan de transition écologique que l’arrondissement dévoilera ce lundi.

Publié le 2 novembre 2020 à 5h00 https://www.lapresse.ca/actualites/grand-montreal/2020-11-02/transition-ecologique/rosemont-passe-a-la-vitesse-superieure.php

Jean-Thomas LveillJean-Thomas Léveillé
La Presse

L’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie, troisième en matière de population avec ses quelque 150 000 habitants, appuie sur l’accélérateur de la transition écologique et modifie complètement sa gouvernance pour placer l’environnement au cœur de ses actions.

Le plan prévoit l’implication accrue des citoyens dans la planification urbaine avec des solutions à la carte, adaptées aux différents milieux de vie de l’arrondissement, notamment pour lutter contre les îlots de chaleur et améliorer la mobilité des citoyens.

« C’est une petite révolution administrative en termes de planification urbanistique », a affirmé le maire François William Croteau, joint par La Presse en fin de semaine.

L’objectif de ce plan est de rendre le territoire plus résilient pour que les citoyens continuent d’avoir une qualité de vie malgré les crises qu’ils affrontent, explique-t-il, évoquant les actuelles crises climatique et sanitaire.

Pour susciter l’adhésion aux changements importants que cela implique, « il faut que le citoyen soit au cœur de cette démarche et qu’il puisse s’approprier ce plan de transition et de résilience », pense le maire Croteau.

Le plan s’aligne aussi sur l’Agenda 2030 et les 17 objectifs de développement durable des Nations unies, qui visent l’amélioration de la résilience des milieux de vie dans un contexte de détérioration de l’environnement et du climat.

Bureau de projets

De tels changements de gouvernance s’accompagnent d’une modification du mode de fonctionnement de l’administration municipale.

« L’arrondissement va devenir un bureau de projets en transition écologique et résilience », explique le maire François William Croteau.

Le moindre projet passera dorénavant par « le filtre » de la résilience et de la transition écologique, a indiqué à La Presse M. Croteau.

Il donne l’exemple du réaménagement d’un parc, qui, tout en répondant aux besoins des usagers, devra aussi atteindre des objectifs écologiques en intégrant par exemple un milieu humide, un bassin naturel de rétention d’eau de pluie ou de la végétation favorisant la biodiversité.

« Ce parc-là devient un élément de l’écosystème », résume le maire.

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

François William Croteau

On ne fera plus jamais des aménagements comme on le faisait auparavant.

François William Croteau, maire de Rosemont–La Petite-Patrie

Autre exemple : les saillies de trottoir, qui se multiplient depuis une décennie dans l’arrondissement, intégreront désormais, là où c’est pertinent, des « microbassins de rétention » pour réduire la quantité d’eau de pluie envoyée aux égouts.

« Ça, c’est rendre le territoire plus résilient », dit le maire, qui assure que les changements se verront dès cette année.

Pour y parvenir, les différents services de la Ville devront planifier ensemble plutôt que d’intervenir tour à tour, d’où l’importance d’un fonctionnement à la manière d’un bureau de projets.

Cette façon de faire peut sembler plus lourde au premier abord, reconnaît le maire Croteau, mais elle est en réalité « plus simple à gérer et coûte moins cher parce que les résultats sont plus intelligents et répondent mieux aux besoins ».

Tendance mondiale

Les plans de transition à l’échelle municipale, voire hyperlocale, commencent à se multiplier dans le monde, selon René Audet, titulaire de la Chaire de recherche sur la transition écologique de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Ils se distinguent du concept du développement durable par leur volonté de « réorganiser ce qu’on a » plutôt que de « réaliser des projets de développements qui vont être verts », explique-t-il.

Le plan de transition de Rosemont–La Petite-Patrie présente d’ailleurs une approche « assez différente » des plans de relance verte des gouvernements Trudeau et Legault, qui reposent beaucoup sur les avancées technologiques, illustre le chercheur.

« On pense peu à la réorganisation de la société, à repenser nos milieux de vie, et ça, c’est une contribution importante [dans la transition écologique] », affirme René Audet.

La chaire de recherche accompagnera d’ailleurs Rosemont–La Petite-Patrie dans la réalisation de son plan de transition en prenant part à des projets citoyens, ce qui lui permettra de « générer des connaissances scientifiques ancrées dans la pratique, dans la réalité », explique René Audet.

La Fondation David-Suzuki voit d’un bon œil le plan de transition de Rosemont–La Petite-Patrie, qu’elle a pu consulter il y a quelques jours.

Les groupes de transition écologique se multiplient dans les quartiers montréalais et veulent s’impliquer, donc « créer une structure de gouvernance qui les incorpore, c’est génial », lance Diego Creimer, codirecteur par intérim de l’organisation.

« J’espère que ça va inspirer d’autres arrondissements et d’autres villes, dit-il. On est dus pour ça. »

C’est une excellente idée, qui ne se fera certainement pas sans heurts. Je pense aussi qu’il s’agit d’une bonne façon d’impliquer les citoyens, mais que des efforts doivent être faits pour impliquer les citoyens qui ont des opinions divergentes ou moins populaires. Je pense au Plateau-Mont-Royal, où l’administration est souvent critiquée pour une attitude dogmatique, voire arrogante envers leur opposition.
J’espère aussi que ça servira d’exemple à d’autres arrondissements et d’autres villes.

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J’aime le fait qu’on comprenne que le développement durable, ce n’est pas réaliser un projet “écolo” de temps en temps. C’est un “état d’esprit” dans lequel il faut se mettre. Il faut regarder chaque projet sous la loupe du développement durable, pour voir si on fait le meilleur choix des points de vue de l’environnement, de l’économie et du social.

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Wow! Pour vrai, chapeau à l’administration Rosepatrienne! C’est exactement ça faire une transition écologique! En espérant que ça ne soit pas juste des mots. Mais à voir comment on agit à Rosemont-La-Petite-Patrie, ça ne restera pas juste de beaux mots sur un volumineux documents et ça se traduira dans des actions concrètes!

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Oui c’est un exemple et une vision qui devrait inspirer d’autres comités de citoyens dans d’autres arrondissements. Je pense notamment @ILuvMTL dans Ste-Marie qui a de magnifiques projets à proposer et qui devrait faire pression sur sa mairie locale.

acpnc said: Oui c’est un exemple et une vision qui devrait inspirer d’autres comités de citoyens dans d’autres arrondissements. Je pense notamment @ILuvMTL dans Ste-Marie qui a de magnifiques projets à proposer et qui devrait faire pression sur sa mairie locale.

Le problème avec notre arrondissement, c’est qu’on a pas un maire d’arrondissement élu. Mais je suis entièrement d’accord que le Centre-Sud devrait avoir une telle initiative. J’ai envie de contacter mon conseiller de ville voir si ça donne quelque chose.

Pour info, voici le document en question (sur le site de l’Arrondissement) :


C’est très concret comme document et propositions.

Xa1992 a dit :

acpnc said: Oui c’est un exemple et une vision qui devrait inspirer d’autres comités de citoyens dans d’autres arrondissements. Je pense notamment @ILuvMTL dans Ste-Marie qui a de magnifiques projets à proposer et qui devrait faire pression sur sa mairie locale.

Le problème avec notre arrondissement, c’est qu’on a pas un maire d’arrondissement élu. Mais je suis entièrement d’accord que le Centre-Sud devrait avoir une telle initiative. J’ai envie de contacter mon conseiller de ville voir si ça donne quelque chose.

Cette situation montre bien le déficit démocratique que vous subissez par rapport aux autres citoyens montréalais. Justement en prévision des prochaines élections il faudrait que la population du centre-sud se mobilise rapidement, pour qu’un poste de maire d’arrondissement soit disputé comme dans tous les autres arrondissements de la ville. C’est une question d’équité démocratique et de principe soulevé lors de la Révolution Américaine avec le slogan: “No taxation without representation

Autant que je trouve que ce soit une bonne nouvelle, autant que c’est peu faire pour essayer de bien paraitre… Est-ce que l’arrondissement à adopté un règlement qui oblige les toits verts sur une superficie minimum ? Est-ce que l’arrondissement à un plan pour changer toute sa flotte de véhicules pour de l’électrique ? Est-ce qu’elle encourage l’achat de véhicule électrique pour ses résidents, par exemple gratuit pour les voitures électrique ? Est-ce qu’elle à un plan pour aider les bâtiments à atteindre une efficacité énergétique lors de rénovation (réduction de taxe)?

C’est bien beau avec une fosse d’arbre qui recueille l’eau de pluie, si mais si tu permet encore de construire des bâtiments qui polluent, ou bien un annule l’autre

Dom723 a dit : C’est bien beau avec une fosse d’arbre qui recueille l’eau de pluie, si mais si tu permet encore de construire des bâtiments qui polluent, ou bien un annule l’autre

Un beau cas de damned if you do, damned if you don’t! :wink:

Tu as peut être toi aussi jeté un oeil au document et donc lu les différents partenariats déclinés à la page 24 et 25, dont :

  • L’Arrondissement de Rosemont–La PetitePatrie collabore avec la firme-conseil Lemay afin d’optimiser son cadre réglementaire de transition écologique et de concevoir des outils d’urbanisme innovants pour mieux encadrer les interventions et projets sur le domaine privé.
    Ainsi que :

  • L’Arrondissement souhaite expérimenter et trouver de nouvelles avenues pour la fourniture de ses services à la popula - tion et pour la réalisation de ses différents projets d’infrastruc - tures. En s’associant à [la Chaire de transition écologique de l’UQAM et le LAB Transition____] et en mettant à profit leur savoir, il entend réaliser des progrès dans sa transition à partir de données probantes issues de l’expérimentation.

C’est des mesures intéressantes, mais rien encore de super concret en pratique. De plus, pourquoi la ville fais affaire une firme privée pour la conseillée sur ses futurs règlements ? De plus, si c’est une urgence, on est rendu à imposer des normes et des règlements, pas juste débattre de la future éventuelle marche à suivre. C’est juste que je trouve que ce genre d’annonce en grande pompe sans mesure concrète, reste du pelletage de nuages, jusqu’attend qu’on sorte de vraies normes et nouvelles façons de faire, et plus on attend, plus on a de chance que certains de ces efforts finissent sur une tablette.

Dom723 a dit : C’est des mesures intéressantes, mais rien encore de super concret en pratique. De plus, pourquoi la ville fais affaire une firme privée pour la conseillée sur ses futurs règlements ? De plus, si c’est une urgence, on est rendu à imposer des normes et des règlements, pas juste débattre de la future éventuelle marche à suivre. C’est juste que je trouve que ce genre d’annonce en grande pompe sans mesure concrète, reste du pelletage de nuages, jusqu’attend qu’on sorte de vraies normes et nouvelles façons de faire, et plus on attend, plus on a de chance que certains de ces efforts finissent sur une tablette.

Honnêtement, tu ne me donnes pas l’impression d’avoir lu le documents ou t’être renseigner sur les changements réglementaires récemment adoptés.

Pour info, un arrondissement (comme une ville) fait parfois affaire avec des consultants parce qu’une refonte réglementaire demande du temps et qu’il doit tout de même délivrer les services auxquels on s’attend de lui.
Edit: élagage :slight_smile:

Attention les arrondissements n’ont pas tous les pouvoirs pour agir, dans bien des cas leurs décisions dépendent d’instances supérieures pour se réaliser concrètement sur le terrain. Cela dit elles ont un pouvoir d’information et d’incitation, aussi de mobiliser la population pour faire pression sur les autres gouvernements.
Néanmoins leurs actions locales peuvent avoir un effet d’entrainement positif et initier un réel changement de paradigme. Comme dans tous les dossiers environnementaux, il faut coordonner les efforts en mettant la population dans le coup. Quoi de mieux alors que de s’ouvrir aux propositions citoyennes, qui sont souvent en avance dans les perceptions et généralement plus engagées en amont dans le processus de changement.

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Dom723 said: Autant que je trouve que ce soit une bonne nouvelle, autant que c’est peu faire pour essayer de bien paraitre… Est-ce que l’arrondissement à adopté un règlement qui oblige les toits verts sur une superficie minimum ? Est-ce que l’arrondissement à un plan pour changer toute sa flotte de véhicules pour de l’électrique ? Est-ce qu’elle encourage l’achat de véhicule électrique pour ses résidents, par exemple gratuit pour les voitures électrique ? Est-ce qu’elle à un plan pour aider les bâtiments à atteindre une efficacité énergétique lors de rénovation (réduction de taxe)?

C’est bien beau avec une fosse d’arbre qui recueille l’eau de pluie, si mais si tu permet encore de construire des bâtiments qui polluent, ou bien un annule l’autre

  • Les toits verts ne sont pas une panacée. Rosemont ne peut pas être le seul arrondissement à les demander, puisqu’ils représentent un coût énorme pour les acheteurs et donc, pour les locataires. L’arrondissement a raison de ne pas les requérir unilatéralement: on encouragerait encore davantage l’étalement urbain. En ce moment, il est préférable, sur le plan de l’environnement, qu’une famille s’établisse dans un vieux duplex de Rosemont qui fuit de partout que dans une maison dite durable à Mirabel. Rappelons que le premier critère de pollution d’un ménage demeure sa localisation dans la région métropolitaine, bien que les pertes énergétiques et la gestion durable des eaux demeurent des points importants.
  • Oui, la ville de Montréal au complet travaille à l’électrification de sa flotte.
  • Le gouvernement du Québec donne de larges subventions pour l’achat de véhicules électriques. Les arrondissements n’ont pas la fiscalité ni la compétence de subventionner des véhicules, d’autant plus que l’arrondissement de RPP fait déjà ce qui relève de sa compétence: prévoir des bornes électriques et des infrastructures cyclables pour favoriser le report modal (puisque les voitures électriques, c’est bien, mais pas autant que les vélos et le transport en commun, surtout dans Rosemont)
  • L’arrondissement de Rosemont, comme l’ensemble de la ville, a participé à ma connaissance aux consultations sur la réforme du code de la construction pour favoriser l’intégration de mesures durables et éco-énergétiques dans l’ensemble des nouvelles constructions et des rénovations. Encore une fois, il ne revient pas à l’arrondissement de les exiger unilatéralement. Et tant que la fiscalité municipale demeure ce qu’elle est, les arrondissements (et la ville au grand complet) ne sont pas en position d’octroyer des réductions de taxes. Si l’arrondissement s’occupait de telles compétences, il serait légitime que les municipalités exigent les fonds qui vont avec du gouvernement du Québec.
    Pour ma part, je suis ravi de l’intention claire et sans ambiguïté annoncée par l’arrondissement dans son plan, lequel se détaille en plusieurs gestes concrets dans l’ensemble des sphères sur lequel il a contrôle. J’espère que tous les arrondissements emboiteront le pas. Il y va de la résilience de notre métropole.
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Plus d’agriculture urbaine dans Rosemont–La Petite-Patrie

PHOTO NINON PEDNAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Parmi les projets qui pourraient voir le jour dans Rosemont–La Petite-Patrie : des vergers urbains et des forêts nourricières dans les parcs, des serres urbaines en cour avant et à l’intérieur de bâtiments, et des projets combinant culture maraîchère sur toit et vente de légumes frais.

Alors que le jardinage gagne de plus en plus d’adeptes, surtout depuis le début de la pandémie, l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie, à Montréal, vient d’adopter une politique d’agriculture urbaine, pour faciliter l’accès de ses résidants à la culture des légumes et des fruits.

Publié le 6 avril 2021 à 18h54

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Isabelle Ducas Isabelle Ducas
La Presse

« Un des objectifs majeurs, c’est de tendre le plus possible vers l’autonomie alimentaire à Montréal », explique le maire de l’arrondissement, François Croteau.

Plusieurs initiatives ont déjà été mises en place pour favoriser l’agriculture dans le secteur, mais la population en redemande, selon le maire Croteau. Il cite notamment les longues listes d’attente pour les jardins collectifs et communautaires, et la présence de plus de 700 jardins plantés par les résidants sur le domaine public.

Comme une bonne partie de la population est en télétravail, les gens ont plus de temps pour s’adonner à ces activités, note M. Croteau. « Il y a aussi de plus en plus d’intérêt pour la consommation locale, en lien avec la crise climatique et les préoccupations au sujet des pesticides dans les légumes. »

« On a fait un projet-pilote l’an dernier au parc Beaubien de jardin libre, un jardin collectif, sans clôtures et sans règles, où les gens étaient invités à planter un potager, poursuit-il. Ça a eu un succès fulgurant, ça s’est rempli dans le temps de le dire. Pour les gens qui, souvent, n’ont pas de cour, il y a un besoin, ils en veulent davantage. »

Dans le cadre de sa nouvelle politique, l’arrondissement analyse actuellement d’autres terrains qui pourraient recevoir de tels jardins.

Parmi les autres projets qui pourraient voir le jour dans Rosemont–La Petite-Patrie : des vergers urbains et des forêts nourricières dans les parcs, des serres urbaines en cour avant et à l’intérieur de bâtiments, et des projets combinant culture maraîchère sur toit et vente de légumes frais.

Une coopérative d’agriculture urbaine verra aussi le jour, formée de résidants qui seront chargés d’assurer la mise en œuvre et le suivi de divers projets.

En tout, l’arrondissement promet « 75 actions pour permettre à l’ensemble des citoyens d’avoir un accès diversifié à de l’agriculture urbaine à moins de 500 mètres de leur domicile ».

Le Laboratoire sur l’agriculture urbaine (AU/LAB) travaille avec l’arrondissement pour la mise en place de certains de ces projets.https://www.lapresse.ca/actualites/grand-montreal/2021-04-06/plus-d-agriculture-urbaine-dans-rosemont-la-petite-patrie.php

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Un autre projet dans RPP. Cette fois-ci pour combattre l’herbe à poux.

Planète bleue, idées vertes

Le combat des plantes


PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE
En plantant des végétaux qui vont empêcher l’herbe à poux de repousser, en prenant racine avant elle, en accaparant la lumière, on donne ainsi un coup de pouce à la nature pour favoriser des plantes mieux acceptées.

Pourquoi s’éreinter année après année à arracher l’herbe à poux, ou à utiliser des herbicides, quand on peut laisser des plantes nous en débarrasser ?

Publié le 19 juillet 2021 à 6h00
JEAN-THOMAS LÉVEILLÉ
LA PRESSE

De grandes monardes mauves, des bouquets d’échinacées et de rudbeckies, ou encore quelques plants d’asclépiades parsèment les fosses de plantation qui bordent la 5e Avenue, dans Rosemont–La Petite-Patrie, à Montréal.

Pourtant, il y a deux ans à peine, c’est l’herbe à poux qui dominait le paysage, ici.

Plutôt que de simplement l’arracher, ce qu’il faut invariablement recommencer année après année, l’arrondissement a opté pour l’implantation d’un « couvert végétal compétitif » afin de combattre la plante qui fait éternuer 1 Québécois sur 10.


PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE
Mélissa Larochelle, agente de recherche en développement durable à l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie

« Si tu fais juste arracher, les graines sont encore dans le sol [et la plante va repousser], ça ne sert à rien », explique Mélissa Larochelle, agente de recherche en développement durable à l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie.

Car même si elle est une plante annuelle, l’herbe à poux renaît chaque année grâce aux quelque 3000 graines que chaque plant peut produire… et qui peuvent survivre dans le sol pendant 40 ans.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

L’herbe à poux est la plus importante cause d’allergies saisonnières dans le nord-est de l’Amérique du Nord.

De sa floraison vers la mi-juillet jusqu’au gel automnal, un seul plant produit des millions de grains de pollen, ce qui fait de cette plante la plus importante cause d’allergies saisonnières dans le nord-est de l’Amérique du Nord.

En plantant des végétaux qui vont empêcher l’herbe à poux de repousser, en prenant racine avant elle, en accaparant la lumière, on donne ainsi « un coup de pouce à la nature », dit Mélissa Larochelle.

« Le but, c’est de l’empêcher d’avoir la luminosité qu’il faut pour germer », résume Camille Lamontagne-Bluteau, coordonnatrice en verdissement à la Coopérative Miel Montréal, qui participe au projet de l’arrondissement.

100 km de rues


PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE
Nature-Action Québec a aidé à cartographier les secteurs à prioriser, à partir des signalements d’herbe à poux faits par la population.

Rosemont–La Petite-Patrie est intervenu sur 75 km de rues en deux ans avec la méthode du couvert végétal compétitif, un projet pour lequel l’arrondissement a obtenu une subvention du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

Quelque 3000 végétaux sont ainsi montés au front contre l’herbe à poux.

L’organisation Nature-Action Québec a poussé à la roue pour cartographier les secteurs à prioriser, à partir des signalements d’herbe à poux faits par la population, et Miel Montréal a conseillé l’arrondissement pour le choix des plantes.

Tant qu’à planter, créons donc de l’habitat pour les pollinisateurs !

Mélissa Larochelle, arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie

D’ailleurs, une partie des interventions ont été réalisées par Miel Montréal, tandis que d’autres l’ont été par des citoyens et citoyennes.


PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE
Ce projet de lutte contre l’herbe à poux a été couronné d’un prix du Conseil régional de l’environnement de Montréal, au printemps dernier.

L’arrondissement prévoit intervenir sur 25 km de rues supplémentaires l’an prochain en remettant une cinquantaine de trousses de 60 plants à des citoyens pour poursuivre cette bataille contre l’herbe à poux, qui a d’ailleurs été couronnée d’un prix du Conseil régional de l’environnement de Montréal, au printemps dernier.

L’idée est d’aider les plantes vivaces, que la fragmentation des espaces verts empêche de se multiplier, à occuper les espaces de prédilection de l’herbe à poux que sont les zones sans couvert végétal, fortement piétinées, ou encore les grandes friches sans entretien, expliquent Mélissa Larochelle et Camille Lamontagne-Bluteau.

Nombreux avantages

Les plantes choisies pour faire partie de cette escouade végétale sont toutes indigènes – c’est-à-dire qu’on les retrouve naturellement ici – et, comme l’herbe à poux avec qui elles rivalisent, résistent aux conditions difficiles.


PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE
Camille Lamontagne-Bluteau, coordonnatrice en verdissement à la Coopérative Miel Montréal

« Elles sont adaptées à des climats un peu plus secs, plus arides, des sols pauvres, elles sont aussi résistantes à toutes les perturbations », explique Camille Lamontagne-Bluteau.

Elle note que leur implantation a d’ailleurs pour effet d’améliorer la qualité des sols, ce qui contribue à augmenter leur capacité d’absorption de l’eau.

Ces plantes indigènes sont aussi particulièrement prisées des pollinisateurs sauvages du Québec, qui ont une meilleure capacité de pollinisation que les abeilles d’élevage et sont « indispensables à certains de nos végétaux », ajoute-t-elle.

On trouve par exemple au Québec 350 espèces différentes d’abeilles sauvages, dont 175 sont répertoriées dans l’île de Montréal, sans même compter les papillons, coléoptères et autres pollinisateurs, illustre Camille Lamontagne-Bluteau.

La stratégie du couvert végétal compétitif s’est avérée très efficace, autant dans les fosses entretenues par Miel Montréal que dans celles prises en charge par les citoyens, affirment l’organisme et l’arrondissement.

« Avec un faible entretien et un amendement vraiment de base, juste du compost, les végétaux réussissent à bien s’implanter et à bien survivre à l’hiver », constate Camille Lamontagne-Bluteau.

Cette simplicité est un avantage considérable, explique Mélissa Larochelle, puisque l’arrondissement souhaite que le projet soit « totalement transférable aux citoyens éventuellement ».

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Rosemont–La Petite-Patrie

Quatre nouvelles ruelles vertes dans Rosemont

Photo: Archives

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Benjamin Aubert

10 mars 2022 à 17h08 - Mis à jour 10 mars 2022 à 17h29 2 minutes de lecture

Quatre nouvelles ruelles vertes et un nouveau jardin de rue verront le jour dans l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie au cours de l’été 2022.

Réalisées par la communauté, ces ruelles contribuent notamment à réduire l’effet des îlots de chaleur et à améliorer la qualité de l’air. Selon l’arrondissement, la création des nouveaux espaces permettra de déminéraliser et de végétaliser 654 m² d’asphalte.

Les nouveaux espaces seront situés dans les ruelles qui se trouvent entre la 12e et la 13e Avenue, entre le boulevard Rosemont et la rue Dandurand, puis entre la rue de Bellechasse et le boulevard Rosemont. Une autre sera localisée entre la 18e Avenue et l’avenue Bourbonnière entre le boulevard Rosemont et la rue Dandurand. Finalement, la quatrième ruelle se trouvera entre l’avenue Jeanne-d’Arc et le boulevard Pie-IX entre la rue Dandurand et la rue Masson.

Par ailleurs, la ruelle verte déjà existante qui se situe dans le quadrilatère formé par la rue Saint-Dominique, l’avenue Casgrain, la rue Beaubien Est et la rue de Bellechasse sera quant à elle bonifiée.

Le nouveau jardin de rue s’étendra sur 325 mètres et il sera aménagé sur la 12e Avenue, entre la rue Dandurand et le boulevard Rosemont.

Grâce à ces ajouts, Rosemont–La Petite-Patrie comptera 140 ruelles vertes au terme de la saison. Il s’agit d’un record parmi les arrondissements de la métropole.

L’ensemble des ruelles vertes et jardins de rue dans l’arrondissement.
https://journalmetro.com/local/rosemont-la-petite-patrie/2789120/quatre-nouvelles-ruelles-vertes-dans-rosemont/

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Agriculture urbaine Des plants pour Montréal

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Le terrain derrière l’église Saint-Jude, dans Ahuntsic, que cultive Réal Migneault, fondateur de La Ferme de rue Montréal

Ce nouveau modèle de production a le vent dans les voiles. Et la métropole québécoise n’est pas étrangère à sa popularité. Le cégep de Victoriaville y a offert pour la première fois cette année son programme de techniques en agriculture urbaine, alors que d’inspirantes initiatives citoyennes continuent de germer.

Publié à 6h00

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TEXTES : Ariane Krol

TEXTES : Ariane Krol La Presse

PHOTOS : Martin Tremblay

PHOTOS : Martin Tremblay La Presse

PHOTOS : Alain Roberge

PHOTOS : Alain Roberge La Presse

Étudier l’agriculture urbaine… en ville

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Les élèves Marie-Danielle Coulombe, Camille Hétu et Marie-Ève Brais

Pour la première fois cette année, le cégep de Victoriaville a offert son programme de techniques en agriculture urbaine à… Montréal. L’engouement pour ce programme témoigne de l’intérêt pour ce nouveau modèle de production. La Presse est allée rencontrer des élèves en fin de session.

Stéfannie Picard, 33 ans, n’a pas renouvelé son permis de technologue en radio-oncologie en avril. Ce printemps et à l’été, elle ira plutôt travailler dans une ferme maraîchère biologique de la Montérégie.

« C’est vraiment une réorientation de carrière. J’en avais assez de la bureaucratie du système de santé », explique cette Longueuilloise, mère de trois enfants.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Stéfannie Picard

Elle songeait à quitter le domaine hospitalier depuis plusieurs années ; la pandémie l’a décidée.

« Aider les personnes malades, c’est super, mais j’aimerais voir grandir de belles choses. »

Stéfannie n’était cependant pas prête à s’installer durant trois ans à Victoriaville, où le cégep est le seul à offrir un DEC avec un profil en agriculture urbaine. C’est l’arrivée du programme à Montréal qui l’a convaincue, comme la plupart des élèves que nous avons rencontrés dans l’édifice de l’École nationale du meuble et de l’ébénisterie, qui appartient au cégep de Victoriaville.

La vingtaine d’élèves de cette première cohorte viennent presque tous de la région métropolitaine. Et pour l’automne prochain, le programme a reçu deux fois plus de demandes d’admission pour Montréal (29) que pour Victoriaville (14), montrent les données des deux premiers tours.

« Beaucoup de possibilités »

Marie-Danielle Coulombe, 29 ans, auparavant intervenante dans un centre pour femmes en situation d’itinérance, a été attirée par l’aspect communautaire de l’agriculture urbaine.

Dans les cours, il y a beaucoup d’ouverture aux partenariats, aux projets à vocation sociale. Même en créant une entreprise, on peut améliorer l’environnement urbain et le communautaire.

Marie-Danielle Coulombe, élève au programme de techniques en agriculture urbaine

Camille Hétu, 28 ans, a perdu son emploi en muséologie durant la pandémie et réalisé qu’elle n’aimait pas le travail de bureau. « Le fait que le programme soit vraiment diversifié m’a attirée. On voit le maraîchage, l’élevage d’insectes, les champignons, l’apiculture », dit celle qui avait déjà un potager sur son balcon et dans sa cour.

« Ça bouge beaucoup, j’ai l’impression qu’il va y avoir beaucoup d’ouvertures. Peut-être que je n’aurai pas besoin de lancer une entreprise pour trouver un emploi qui me convient », constate Marie-Ève Brais, 24 ans, qui s’est inscrite au programme après son baccalauréat en design de l’environnement.

Tristan Lachance, 23 ans, Hugo Bastien, 22 ans, et Florence Hogue, 20 ans, qui s’étaient rencontrés l’an dernier en Colombie-Britannique, se sont inscrits ensemble l’été dernier.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Les élèves Florence Hogue, Hugo Bastien et Tristan Lachance

Hugo et Tristan comptent sur les stages qu’ils feront à l’été, dans des fermes maraîchères de Dunham et de Frelighsburg, pour décider s’ils poursuivront le programme.

« Ce sera une première expérience : on va mettre les mains dans la terre, littéralement », dit Hugo.

J’ai travaillé sur des fermes avant, j’ai vraiment adoré ça, mais je me demande si je veux en faire une carrière : ce sont de longues heures, tu travailles au soleil, c’est exigeant pour le salaire que tu fais.

Tristan Lachance, élève du programme de techniques en agriculture urbaine

Florence sera aussi en stage à Frelighsburg, mais à l’automne, elle ira plutôt étudier la sexologie à l’UQAM. « Pas parce que je n’aime pas le programme, je trouve ça vraiment pertinent. J’aimerais avoir une ferme éventuellement », précise-t-elle.

Production maraîchère, vente de produits transformés, projets à vocation sociale ou éducative : avec encore deux années d’études devant eux, les élèves rencontrés n’ont pas encore décidé ce qu’ils feront une fois leur diplôme en poche.

« Ça va rester urbain, peut-être pas nécessairement à Montréal, plus en Montérégie. De toute façon, je me rends compte qu’il y a vraiment beaucoup de possibilités », témoigne Stéffanie.

« Il y a beaucoup de nouvelles entreprises. On n’a aucune difficulté à trouver des stages pour l’été », confirme l’enseignant Athanasios Mihou, qui a une longue expérience de l’agriculture urbaine montréalaise.

Deux élèves de la première cohorte ont d’ailleurs déjà quitté le programme pour aller travailler à temps plein dans des entreprises qu’ils avaient approchées pour des stages.

Enseigner l’agriculture en ville

Construit dans un repli de l’avenue De Lorimier, près de la voie ferrée, le bâtiment de l’École du meuble est clairement plus urbain qu’agricole. À l’exception d’une salle de semis, l’essentiel du terrain, dont les travaux en serre, se passe ailleurs. Mais le cégep a de grandes ambitions pour Montréal.

INFOGRAPHIE LA PRESSE

Source : Accès Bio Terre

Il veut installer une ferme-école en milieu on ne peut plus urbain – sur un terrain vague bordé par la voie ferrée du Canadien Pacifique, qui en est propriétaire. Cette parcelle de 1,2 hectare, située entre les arrondissements du Plateau-Mont-Royal et de Rosemont–La Petite-Patrie, est à quelques minutes de l’école.

« Ici, il va y avoir une serre froide, un poulailler et deux conteneurs, l’un réfrigéré, l’autre pour entreposer le matériel », dit John Saywell, conseiller en développement institutionnel au cégep, en désignant le centre du terrain, baptisé cour d’Iberville. Une aire de lavage et de conditionnement, un rucher, un verger et de grands îlots de production maraîchère hors sol sont aussi prévus.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

John Saywell, conseiller en développement institutionnel, et Athanasios Mihou, enseignant, expliquent le projet de ferme-école que le cégep de Victoriaville souhaite créer sur cette ancienne gare de triage du Canadien Pacifique, à Montréal.

Imaginer un espace verdoyant dans cette ancienne gare de triage jonchée de déchets demande un effort, mais l’idée n’a rien d’utopique. La Ville de Montréal et le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec ont accordé une subvention de 100 000 $ à Accès BioTerre, organisme à but non lucratif du cégep qui pilote le projet. Le tiers des espaces de culture seront d’ailleurs réservés à la Corporation de développement communautaire Plateau-Mont-Royal, qui recevra de l’accompagnement pour y produire des aliments.

Il reste à convaincre le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, qui, étant donné qu’il s’agit d’un changement d’utilisation du terrain, exige une étude de caractérisation.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Un poulailler, une serre d’été et des aires de production et de recherche sont notamment prévus dans cette zone du terrain où le cégep de Victoriaville souhaite établir sa ferme-école.

« Si on le caractérise, c’est sûr qu’on va trouver quelque chose, mais personne ne dépenserait 1 million de dollars pour décontaminer un terrain destiné à faire pousser des carottes », indique M. Saywell. Le cégep prévoit donc cultiver hors sol, dans des îlots remplis d’une épaisse couche de terre saine posée sur une membrane étanche. Le terrain sera loué, et non acheté, et les infrastructures seront non permanentes. BioTerre demande donc plutôt une autorisation pour usage temporaire.

« La ville est occupée à 100 %, les terrains contaminés sont à peu près les seuls qui restent », fait observer M. Saywell.

Si le projet est autorisé d’ici juin, la ferme-école pourra entrer en production le printemps prochain, estime le cégep.

Le ministère de l’Environnement considère pour sa part qu’une utilisation temporaire doit viser une période déterminée. « Un projet de culture maraichère sans période déterminée dans le temps, dans l’attente qu’un promoteur puisse redévelopper un site, correspond à un changement d’usage », nous a mentionné le Ministère par courriel.

27 ans

Moyenne d’âge des élèves qui s’inscrivent au profil « Agriculture urbaine » du DEC Gestion et technologies d’entreprise agricole

Source : cégep de Victoriaville

Profession : fermier de rue

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Réal Migneault, fondateur de La Ferme de rue Montréal

L’agriculture urbaine n’est pas qu’une affaire de toit ou de serres. À cinq minutes à pied du métro Sauvé, dans le quartier Ahuntsic, le maraîcher Réal Migneault entame sa deuxième saison de production dans la cour arrière d’une église.

« Je suis le seul maraîcher qui prend deux heures et demie pour vendre une courge à 1 $ », blague Réal Migneault en désignant le passage piétonnier le long du terrain qu’il cultive, derrière l’église Saint-Jude. « Les gens ont accès visuellement au jardin et au jardinier, ils sont intéressés, ils viennent nous parler. »

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M. Migneault ne s’en plaint pas, la transmission des connaissances est au cœur de la mission de son entreprise, La Ferme de rue Montréal.

« Je suis content quand je vends mes tomates, mais je suis bien plus content quand quelqu’un part avec le plant. Là, je suis généreux de mes conseils en titi ! »

Passion de longue date

L’agriculture est une deuxième carrière, mais une passion de longue date pour M. Migneault. À 50 ans, il a quitté son poste d’associé et directeur du développement durable de la firme d’architectes Lemay pour suivre une attestation d’études collégiales en agriculture à distance. L’avant de sa maison d’Ahuntsic, depuis longtemps transformé en potager, a servi aux travaux pratiques.

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« C’est ici que j’ai sorti pas loin de 300 livres de concombres et là, 225 têtes de salade. Une année, j’ai produit à peu près 250 livres de tomates », raconte-t-il en montrant son terrain, à l’angle des rues Saint-Denis et Prieur.

Il a commencé à vendre des légumes au voisinage puis, voyant que sa production ne suffisait pas à la demande, a convaincu l’église Saint-Jude de lui laisser cultiver son terrain de quelque 6000 pi2, inutilisé depuis un demi-siècle.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Sur le stationnement de sa maison, Réal Migneault a installé les bacs roulants qu’il a conçus pour les terrasses de restaurants et les immeubles à bureaux. Fabriqués en bois récupéré, ces bacs sont pourvus d’un large rebord permettant de s’asseoir autour des petits fruits, laitues et autres fines herbes qui poussent au centre.

Après avoir passé l’année 2020 à défricher et à aménager l’espace, La Ferme de rue est entrée en production l’an dernier.

L’église a décidé d’actualiser sa mission avec les enjeux du jour, c’est un bail sans frais.

Réal Migneault, maraîcher

C’est ainsi qu’une partie de la récolte de l’été dernier est allée à des organismes d’entraide locaux, et que des activités éducatives ont été offertes à la communauté, notamment à des enfants de l’école primaire voisine.

La vente de légumes aux particuliers n’est pas suffisante pour soutenir un tel modèle, reconnaît le maraîcher urbain.

« Résilience économique et sociale »

En 2021, des commanditaires comme le Fonds de solidarité FTQ, la caisse Desjardins du Centre-Nord et PME Montréal ont parrainé des espaces de culture, et M. Migneault a vendu des semis au Rona du quartier. Cette année, la ferme deviendra fournisseur du resto-boulangerie La Bête à Pain, offrira des ateliers sur la transformation de produits et continuera à chercher des partenaires financiers.

« On fait le pont entre l’entreprise privée et l’impact dans la communauté », explique M. Migneault en faisant valoir le rôle de l’agriculture urbaine dans « la résilience économique et sociale ».

« C’est une bonne thérapie contre l’écoanxiété, une source de plaisir qui est satisfaisante, mais aussi apaisante sur le plan psychologique. Les gens sentent qu’ils sont utiles, ils ont fait un geste, et leur estomac les en remercie. »

La Ferme de rue a reçu au début de mai un prix Novae, qui récompense les projets à impact répondant à des enjeux sociaux et environnementaux.

Consultez le site de La Ferme de rue Montréal

Consultez le site de Cultiver Montréal

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