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Tourisme d’affaires Montréal profite de l’instabilité américaine

PHOTO CHARLES WILLIAM PELLETIER, ARCHIVES COLLABORATION SPÉCIALE

En 2025, le Palais des congrès a accueilli 23 évènements étrangers, contre 19 en 2024.

L’année 2025 a été un succès pour le tourisme d’affaires à Montréal, qui a profité de l’instabilité des États-Unis pour aller chercher des congrès internationaux, rapportent Tourisme Montréal et le Palais des congrès. Les niveaux prépandémie sont de retour.

Les retombées économiques du tourisme d’affaires ont connu une hausse de 43 millions de dollars en 2025 par rapport à l’année précédente, indique le bilan de Tourisme Montréal et du Palais des congrès de Montréal publié ce mardi.

Les 477 évènements tenus dans la métropole ont attiré plus de 1 million de visiteurs et généré des retombées économiques estimées à 438 millions pour Montréal et le Québec.

Avec un contexte géopolitique incertain, l’industrie touristique ne s’attendait pas à un bilan si positif. Ni à cet intérêt des Américains pour le Canada et la ville de Montréal. Un intérêt en hausse, observent Tourisme Montréal et le Palais des congrès de Montréal, qui se basent sur le nombre de confirmations pour la tenue de congrès en 2026 et les années futures.

« Il y a beaucoup d’associations américaines qui n’arrivent plus à avoir les inscriptions de leurs membres canadiens et européens, parce qu’ils ne veulent pas aller aux États-Unis, soutient en entrevue Luc Charbonneau, vice-président, développement des affaires et des alliances stratégiques, au Palais des congrès de Montréal.

Résumé

« Donc, elles se disent, si on tient l’évènement au Canada, on va pouvoir récupérer ces inscriptions-là. »

Les associations américaines dans les sciences de la vie et l’ingénierie, dont certains chercheurs ont perdu leur emploi ou l’accès à certains fonds, choisissent de se rencontrer au Canada, ajoute M. Charbonneau.

« On a eu des demandes qu’on n’aurait pas eues dans le passé, parce qu’elles allaient presque automatiquement toujours aux États-Unis. Et là, tout d’un coup, ils ont besoin de voir d’autres options », observe de son côté Mylène Gagnon, vice-présidente, ventes, services aux congrès et aux membres, à Tourisme Montréal.

Les participants étrangers peuvent avoir des défis pour l’entrée aux États-Unis. Montréal et le Canada deviennent alors des options, souligne-t-elle.

Le retour des niveaux prépandémie

En 2025, le Palais des congrès a accueilli 23 évènements étrangers, contre 19 en 2024.

« On a rattrapé l’année 2019, qui est notre année de référence. On en est ravi, parce que vers la fin de la pandémie, on se demandait si les gros marchés à fortes retombées économiques, comme nos congrès internationaux et américains, seraient de retour », affirme Luc Charbonneau en soulignant que le Palais des congrès envisageait de se replier sur des marchés intérieurs.

« En fin de compte, tout a repris à 400 km/h », soutient-il.

« Je peux vous dire qu’à la même date l’an passé, on n’était pas dans la même posture. Les gens étaient très inquiets aux États-Unis », relate Mylène Gagnon, de Tourisme Montréal.

Les Américains craignaient d’être mal accueillis au Canada, et Tourisme Montréal a eu beaucoup de travail pour renforcer le message que les Montréalais les attendaient les bras ouverts. « Je pense que notre message a vraiment été bien entendu », soutient-elle.

Tourisme Montréal et le Palais des congrès s’attendent à une bonne année 2026, car plusieurs évènements internationaux majeurs se tiendront dans la métropole, dont le Salon international de l’alimentation avec 20 000 participants et des retombées économiques estimées à 14 millions.

Montréal est aussi la ville qui accueille le plus grand nombre d’évènements internationaux associatifs en Amérique du Nord depuis neuf ans, selon l’International Congress and Convention Association (ICCA).

L’itinérance en hausse a-t-elle un impact ?

Montréal est attrayant pour les marchés internationaux et américains en raison de la faiblesse du dollar canadien, mais aussi parce qu’il est ouvert sur le monde, facile d’accès et sécuritaire.

Les touristes d’affaires se plaignent-ils des bâtiments qui tombent en ruine près du Palais des congrès, dans la rue Saint-Antoine, et de l’augmentation du nombre de gens vivant dans la rue ?

Tourisme Montréal fait des sondages téléphoniques auprès des groupes qui repartent de Montréal. Ce sont des sondages étoffés d’une douzaine de pages, explique Mylène Gagnon, et chaque fois, les gens n’en font pas mention, assure-t-elle.

« Je pense qu’ils doivent le vivre, mais quand on sort de Montréal, on s’aperçoit que ce n’est pas que Montréal qui a ce défi. Ce sont toutes les grandes villes. Et quand tu compares, ce n’est pas si mal. »

Où en sont les travaux d’agrandissement du Palais ?

Est-ce que ces retombées économiques motiveront le Palais des congrès à entreprendre les travaux d’agrandissement auxquels il réfléchit depuis 2012 ?

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Le Palais des congrès lorgne des terrains sur lesquels se trouvent des édifices vacants, rue Saint-Antoine, pour d’éventuels agrandissements.

« C’est toujours dans les cartons, assure Luc Charbonneau, du Palais des congrès de Montréal. Il y a un intérêt certainement de la part de la haute direction du Palais. Ce projet-là est encore sur les rails, et on espère éventuellement qu’on pourra annoncer de bonnes nouvelles. »

« C’est un beau dossier majeur avec lequel on travaille présentement avec toutes les parties prenantes, renchérit Mylène Gagnon, de Tourisme Montréal. Je sais que tout le monde travaille très fort d’arrache-pied à ce que ça puisse se concrétiser. On n’a pas de nouvelles pour le moment. »

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