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Services internet oxio obtient 25 millions et attire des investisseurs étrangers

PHOTO FOURNIE PAR OXIO

Olivier Falardeau, développeur, Simon Frenette, chef de l’ingénierie, Dominic Fillion, développeur, et Marc-André Campagna, PDG d’Oxio

Le fournisseur internet montréalais oxio, qui veut que les gens perçoivent l’accès internet comme une commodité et non pas comme un engagement, vient de boucler une ronde de financement de 25 millions pour l’aider à développer ses activités.

Publié le 20 juillet 2021 à 6h00

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Richard Dufour

Richard Dufour La Presse

Xavier Niel, fondateur de Free Mobile, connu en France pour son approche « différente » des télécommunications, est un des investisseurs ayant participé à cette ronde de financement aux côtés d’Investissement Québec, de Desjardins, de WNDRCO et de Dispatch Ventures.

Deux ans après son lancement, oxio dit compter aujourd’hui 20 000 clients au Québec et 1000 en Ontario, où ses services sont disponibles depuis moins de deux mois. L’objectif est d’avoir 500 000 clients au pays d’ici 2024.

L’argent récolté doit notamment servir à accélérer le déploiement des services dans le reste du Canada et à affiner le système d’opération infonuagique sur lequel oxio mise pour améliorer son efficacité et faire baisser les prix.

Au Québec, le service internet d’oxio utilise le réseau de Vidéotron, alors qu’en Ontario, c’est celui de Rogers qui est utilisé.

« L’accès [aux infrastructures des grands fournisseurs] est obligatoire, car une grande partie des réseaux de télécommunications a été subventionnée par les gouvernements », dit le fondateur et PDG d’oxio, Marc-André Campagna.

Environ 90 % de la clientèle d’oxio est âgée entre 20 et 35 ans. « On a des gens de 60 ans qui utilisent nos services, mais ils sont un peu l’oncle ou le papa cool qui essaie toujours les nouvelles technologies », explique-t-il.

« Les gens de plus de 35 ans ont beaucoup été conditionnés à prendre le téléphone quand il y a un problème ou à magasiner au téléphone dans l’industrie des télécoms. Les gens ont donc l’habitude de téléphoner pour négocier leurs forfaits. Nos forfaits ne peuvent pas être négociés. Nous n’avons pas de centre d’appels. Les gens peuvent seulement nous rejoindre directement en ligne. C’est ce qui justifie que notre clientèle est plus jeune. »

Au Québec, oxio offre la téléphonie résidentielle, la télévision résidentielle et l’internet. Éventuellement, l’entreprise, dont les forfaits vont de 37 $ à plus de 50 $, aimerait ajouter le cellulaire.

Marc-André Campagna souhaite développer des partenariats avec des entreprises de satellites de basse orbite comme Starlink, Telesat et d’autres. « On veut avoir accès à tous les types de technologie en télécoms pour offrir la meilleure technologie au client en fonction de ses besoins et de son utilisation. »

Ambitions internationales

oxio a l’intention d’offrir ses services aux États-Unis d’ici deux ans. « On ne s’attaquerait pas à l’industrie des télécommunications si on n’était pas ambitieux », dit Marc-André Campagna.

L’entrepreneur est conscient que, pour développer oxio, il aura à nouveau besoin de capitaux. « C’est certain qu’un jour, par la force des choses, on n’aura pas le choix d’aller public [c’est-à-dire inscrire oxio en Bourse]. »

« C’est une question d’accès au capital. Le jour où l’accès sera plus dispendieux dans le privé que dans les marchés publics, ce sera le temps d’envisager notre entrée en Bourse », dit-il.

Le financement obtenu suit la participation d’oxio, l’hiver dernier, à Y Combinator, un incubateur de start-up qui a notamment lancé des entreprises comme Airbnb, DoorDash et Dropbox.

oxio, qui prétend que son service peut être commandé en ligne en moins de cinq minutes, compte une soixantaine d’employés. Le PDG soutient que le chiffre d’affaires se situe aujourd’hui « dans les huit chiffres ».
https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2021-07-20/services-internet/oxio-obtient-25-millions-et-attire-des-investisseurs-etrangers.php

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Freedom : accord définitif sur la vente conclue entre Rogers, Shaw et Québecor

L’accord permet à Vidéotron, la branche câble et sans fil de Quebecor, d’acheter tous les clients sans fil et internet de Freedom.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La Presse canadienne

Publié à 7 h 24

Rogers Communications, Shaw Communications et Québecor annoncent vendredi avoir conclu une entente définitive qui prévoit la vente de Freedom Mobile à Vidéotron, une filiale de Québecor, sous réserve des approbations réglementaires et de la clôture de la fusion entre Shaw et Rogers, annoncée le 15 mars dernier.

La nouvelle est annoncée par Québecor dans un communiqué.

À la fin du mois dernier, Rogers et Shaw avaient convenu de reporter au 31 décembre prochain la date limite de leur fusion proposée.

Les trois géants canadiens des télécommunications se disent convaincus que la transaction est la meilleure option pour qu’émerge un solide quatrième fournisseur canadien de services sans fil. Ils croient aussi qu’elle répond aux préoccupations soulevées par le commissaire de la concurrence et le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie concernant la transaction Rogers-Shaw.

Rogers a annoncé qu’elle vendrait Freedom Mobile à Québecor pour 2,85 milliards de dollars, alors qu’elle cherche à obtenir le feu vert des autorités pour sa prise de contrôle de Shaw pour 26 milliards de dollars. L’accord verrait Québecor acheter tous les clients sans fil et internet de Freedom, ainsi que son infrastructure, son spectre et ses points de vente.

Pour que la transaction impliquant Freedom puisse aller de l’avant, les parties signalent que celle entre Rogers et Shaw devrait être approuvée.

La transaction Rogers-Shaw signée en mars 2021 a notamment déjà reçu l’approbation des actionnaires et du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), mais elle demeure assujettie à l’examen du Bureau de la concurrence et du ministère de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique.

D’ailleurs, en mai dernier, le Bureau de la concurrence a rejeté la proposition de Rogers pour acquérir Shaw et il est possible que la cause soit tranchée par le Tribunal de la concurrence.

Vendredi, le président et chef de la direction de Rogers, Tony Staffieri, affirme croire que la vente de Freedom Mobile à Québecor réponde aux préoccupations soulevées par le commissaire de la concurrence et par le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, François-Philippe Champagne.

À lire aussi :

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Extrêmement ravi de voir que Québecor, via sa filiale Vidéotron, prend de l’expansion. Et cette fois-ci au Canada. Voici un siège social avec une forte présence à Montréal et qui contribue beaucoup dans la société québécoise en général mais aussi dans la culture et dans le mécénat.

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J’abonde dans le même sens. J’ajouterais que la concurrence accrue permettra éventuellement de faire baisser les forfaits cellulaires. Parce qu’ici les prix sont bien supérieurs à la moyenne des autres marchés équivalents dans le monde.

Valsoft | Une licorne montréalaise lorgne la Bourse


PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE
Sam Youssef, cofondateur et grand patron de Valsoft

Une jeune entreprise montréalaise de logiciels ayant obtenu une valorisation d’un milliard après seulement six ans d’existence poursuit son impressionnante croissance et songe à faire le saut en Bourse dès l’an prochain.

Publié à 6h00
Richard Dufour
LA PRESSE

Valsoft est une entreprise fondée par Sam Youssef et Stéphane Manos, deux anciens étudiants en génie informatique de l’Université Concordia ayant précédemment tissé un lien d’amitié au cégep Vanier.

L’entreprise dont les bureaux sont installés en bordure de l’autoroute métropolitaine dans l’arrondissement de Saint-Laurent a réalisé sa première acquisition en 2016. Les transactions se succèdent depuis, au point que Sam Youssef souligne que Valsoft a aujourd’hui environ 2500 employés « un peu partout dans le monde ».

Il soutient que Valsoft pourrait terminer l’année avec 25 entreprises achetées en 2022, ce qui porterait à 55 le nombre de transactions d’achat depuis le début des activités de l’entreprise il y a six ans. « On est rendu à une quinzaine d’acquisitions jusqu’ici cette année et on devrait avoir un chiffre d’affaires de près de 300 millions à la fin de l’année. »

L’entrepreneur de 40 ans explique avoir réalisé le potentiel de consolidation de l’industrie du logiciel après avoir d’abord investi dans des actions d’entreprises inscrites en Bourse comme Constellation Software ou Salesforce, entre autres.

Inspirée par CGI et Couche-Tard

« L’intérêt envers les entreprises de logiciels a aussitôt grandi », souligne le Montréalais d’origine libanaise.

« C’est un secteur en forte croissance. Les entreprises spécialisées dans des créneaux spécifiques peuvent contrôler les prix dans leur marché et beaucoup génèrent d’importants revenus récurrents. »

En analysant l’opportunité, dit-il, « on a aussi étudié Warren Buffett et les entrepreneurs québécois ayant eu du succès en réalisant des acquisitions, par exemple Alain Bouchard, de Couche-Tard, et Serge Godin, de CGI ».

« Au Québec, la structure du marché et les règles fiscales sont très favorables aux entreprises pour réaliser des acquisitions à l’étranger et on a vu un potentiel de consolidation dans le secteur du logiciel. »

Sam Youssef estime à 30 000 le nombre d’entreprises dans le monde qui conçoivent des logiciels pour des marchés nichés (hôtels-boutiques, entreprises forestières, etc.).

« On regarde tous les petits marchés verticaux où il est possible d’avoir un pricing power. »

Les résultats semblent lui donner raison. « Six ans plus tard, on vaut plus d’un milliard depuis l’investissement de Viking », dit-il.

Les yeux sur la Bourse

En début d’année, l’entreprise montréalaise a annoncé que le fonds d’investissement américain Viking injectait 100 millions dans Valsoft en échange d’une participation de 10 %.

Valsoft est encore peu connue au Québec, dit Sam Youssef, « mais elle est connue dans les cercles d’investisseurs privés aux États-Unis et ailleurs dans le monde ».

Il affirme avoir reçu de l’intérêt de plusieurs firmes. « Mais les gens de Viking nous ont expliqué comment ils pouvaient nous aider à développer notre potentiel et nous ont parlé d’une façon qui nous a convaincus. Jusque-là, on travaillait essentiellement avec l’argent de nos partenaires originaux et celui généré par les entreprises acquises. »

Contactée par La Presse, la direction de Viking a poliment décliné notre demande d’entrevue, mais a néanmoins affirmé qu’elle allait lire notre reportage « avec intérêt ».

Sam Youssef précise que l’investissement de Viking aide Valsoft à grossir plus rapidement. Si bien que Valsoft songe à franchir une autre étape.

« On pense à réaliser un premier appel public à l’épargne vers la fin de 2023 ou au début de 2024 », dit-il.

Si les deux fondateurs demeurent les principaux actionnaires de Valsoft, il y a environ 25 autres investisseurs privés au capital, principalement des employés de l’entreprise, dit Sam Youssef.

« On a plus d’opportunités qu’on a d’argent aujourd’hui. Faire le saut en Bourse apporterait des capitaux, ce qui nous aiderait à croître plus vite. De plus, plusieurs de nos investisseurs-employés aimeraient avoir cette option de liquidité qu’offre la Bourse. »

La pornographie comme tremplin

À la fin de leurs années d’université, au début des années 2000, les deux fondateurs de Valsoft se sont lancés dans le marketing d’affiliation et la gestion de sites web, dont certains pour adultes et notamment un nom bien connu aujourd’hui, mais duquel ils ont souhaité se dissocier en 2010 : Pornhub.

Sam Youssef et Stéphane Manos avaient regroupé leurs activités dans une entreprise baptisée Mansef (combinaison des noms des deux entrepreneurs).

« Les produits pour adultes généraient plus d’argent que le reste. Mais cinq ans plus tard, c’était devenu une grosse partie de la compagnie et nous n’étions plus à l’aise avec l’industrie, alors nous avons vendu », raconte Sam Youssef.

« Nous voulions faire autre chose de notre vie », ajoute-t-il sans vouloir révéler le prix de vente par respect pour ses partenaires de l’époque.

Conscient de la délicatesse du sujet, Sam Youssef préfère aussi ne pas se prononcer sur ce que Pornhub est devenu et les allégations d’exploitation sexuelle qui y sont associées.

« C’est une compagnie complètement différente aujourd’hui. Ça n’a rien à voir avec celle qu’on a créée. En vendant en 2010, on a tourné la page », dit-il.

Dès l’année suivant la transaction de vente, en 2011, Sam Youssef a pivoté vers la Bourse avec des partenaires pour investir et identifier des opportunités qui ont conduit à la création de Valsoft.

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