Station YUL-Aéroport-Montréal-Trudeau

En effet, un mandat supplémentaire aurait permis de faire pondre et tabletter un nombre record d’études, encore plus que pendant les 4 mandats libéraux précédents! :joy:

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Je crois qu’on est un peu hors-sujet… Mais mettons, que un PLQ Couillardin, ça aurait été encore une fois très bofff +++… Mais un gouvernement caquiste est affreux…
Sur ce, la station à YUL ne peut pas ne pas se faire construire. Point.

Les boys, j’ai l’impression d’être encore sur l’autre forum quand je lis tous ces commentaires politiques sur un fil du REM. On veut tous un financement pour la station et ça va venir… svp revenons au sujet!

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Reste que l’intervention de base est la même. Ce n’est pas à Québec de payer ça, ni même de garantir un prêt lié à cette station. C’est le fédéral qui devrait mettre ses culottes et agir, pour une fois, pleinement dans son champ de compétence.

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J’espère juste que les déboires financiers de la station de l’aéroport n’annihileront pas les chances qu’une entente soit conclue pour prolonger le tunnel jusqu’au terminus Dorval avant que le tunnelier ne soit détruit! :pray:

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Hé Boboy… Le désistement semble se confirmer du côté du provincial. :roll_eyes:

Une annonce sur un soutien du secteur aérien et aéroportuaire par le fédéral se fait cruellement attendre… :thinking:

Financement de la station du REM à l’aéroport Québec se désiste, l’avenir du projet en péril


PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE | La construction d’une station du REM à l’aéroport de Montréal est unanimement décrite comme essentielle pour doter l’aéroport d’un réseau de transports collectifs intermodal digne d’une grande ville nord-américaine, au même titre que Toronto ou Vancouver, entre autres villes.

(Ottawa) L’avenir de la station du Réseau express métropolitain (REM) à l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau se complique : le gouvernement Legault a inopinément décidé de se retirer du montage financier en voie d’être échafaudé par Ottawa et Québec pour assurer la construction de cette station jugée cruciale par la Ville de Montréal et le monde des affaires de la métropole.

Publié le 19 novembre 2020 à 6h17 | JOËL-DENIS BELLAVANCE | LA PRESSE

Cette décision du gouvernement Legault, que le bureau du ministre des Transports du Québec, François Bonnardel, a confirmée à La Presse mercredi, a provoqué la stupéfaction à Ottawa, alors que l’on a déjà entrepris certains travaux de forage pour l’éventuelle construction de la station.

Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, se désole de voir Québec se désister ainsi, alors que les deux capitales planchaient depuis des mois pour trouver une solution afin d’assurer son financement.

Ce projet est unanimement décrit comme essentiel pour doter l’aéroport d’un réseau de transports collectifs intermodal digne d’une grande ville nord-américaine, au même titre que Toronto ou Vancouver, entre autres villes.

« Nous avons été déçus d’apprendre que le gouvernement du Québec se soit retiré du projet de la station à l’aéroport de Montréal après plusieurs mois de travail en collaboration avec notre gouvernement. Il est impératif de trouver une solution étant donné l’importance de la station à l’aéroport pour l’ensemble de ce projet de transport en commun qui améliorera la mobilité pour les citoyens et les visiteurs de la grande région de Montréal pour des générations à venir », a affirmé le ministre Marc Garneau dans un courriel à La Presse.

Au départ, les coûts de construction de cette station, évalués à 600 millions de dollars, devaient être assumés par Aéroports de Montréal (ADM), mais l’organisme a vu ses revenus chuter de manière brutale à cause de la pandémie, laquelle a entraîné une diminution de 97 % du trafic passager depuis mars.

Appel à l’aide

ADM a ainsi lancé un appel d’urgence à Ottawa et à Québec pour qu’ils avancent les fonds nécessaires à la construction de cette station du REM, qui doit être érigée à 35 mètres sous l’aérogare. Cette station, faut-il le rappeler, fait partie d’un chantier plus vaste de 2,5 milliards de dollars qui vise à améliorer l’ensemble des accès à l’aéroport – chantier qui a été en grande partie mis sur pause à cause de la pandémie.

L’appel à l’aide semblait avoir été entendu, provoquant une valse de pourparlers et de négociations entre les deux capitales qui donnait espoir à ADM. La Caisse de dépôt et placement du Québec, qui est le maître d’œuvre de l’ensemble du projet de construction du REM, était aussi partie prenante aux discussions.


PHOTO SEAN KILPATRICK, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE Marc Garneau, ministre fédéral des Transports

Mais le retrait du Québec force le ministre Garneau à plancher sur d’autres solutions. Selon nos informations, le gouvernement Trudeau prépare un plan d’aide pour le secteur aérien qui englobera aussi les aéroports. Du financement supplémentaire pourrait être accordé à ADM, mais ce financement serait assorti de conditions de remboursement fixes, a-t-on indiqué.

« Notre gouvernement comprend l’importance du transport en commun à Montréal et partout au pays. C’est pour cela que depuis le début, nous appuyons le projet du REM. Notre engagement envers ce projet d’envergure est sans équivoque, et le lien vers l’aéroport est incontournable pour le projet en entier. Une meilleure connexion de l’aéroport au réseau de transport en commun était d’ailleurs l’un des objectifs phares du projet quand il a été annoncé », a ajouté M. Garneau dans son courriel à La Presse.

Il est inimaginable que le REM ne se rende pas à l’aéroport. C’était l’une des conditions de départ de ce projet et c’est une condition essentielle à la vitalité économique de Montréal. - Youssef Amane, directeur des communications de la mairesse de Montréal Valérie Plante

« La connexion de notre centre-ville à l’aéroport est nécessaire pour l’attraction d’investissements étrangers, la mobilité des travailleurs et le dynamisme de l’industrie touristique. Le retrait d’un partenaire financier à ce stade-ci du projet pourrait compromettre sa réalisation et le succès du projet. Les parties doivent s’entendre pour trouver une solution », continue M. Amane.

Aéroport fédéral

Au bureau du ministre François Bonnardel, on soutient que le Québec a déjà contribué largement au financement du REM. L’attachée de presse du ministre, Florence Plourde, a aussi fait valoir que l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau appartenait au gouvernement fédéral.

« Notre gouvernement veut une station du REM à l’aéroport. Le gouvernement du Québec a financé le projet du REM à la hauteur de 1,28 milliard de dollars et Hydro-Québec y a contribué pour 295 millions de dollars. En plus, le gouvernement a investi 192 [millions] pour la mise en place des mesures d’atténuation », a-t-elle indiqué dans un courriel.

« Cependant, à ce stade-ci, nous jugeons que des efforts peuvent encore être faits par l’aéroport de Montréal dans la recherche d’une solution pour le financement de ce projet. Nous rappelons également que l’aéroport de Montréal est une entité fédérale », a-t-elle ajouté.

De son côté, ADM s’est montrée prudente, affirmant n’avoir toujours pas eu la confirmation officielle de Québec qu’il se retirait du montage financier qui fait l’objet de négociations depuis juin. Mais l’organisme a rappelé qu’il s’agit d’un « projet structurant pour toute la communauté québécoise et qui est prêt à démarrer pour favoriser une relance verte et durable ».

ADM prévoit des pertes de revenus avoisinant les 600 millions pour l’année 2020 uniquement à cause de la pandémie. « Si elle n’obtient pas de prêt, ADM ne voit pas comment elle pourrait financer la construction de station du REM à l’aéroport, sans déroger à sa mission première d’autorité aéroportuaire. Avec un budget d’investissement révisé au strict minimum, ADM doit d’abord et avant tout favoriser les projets lui permettant d’assurer l’intégrité de ses actifs et la sécurité du public voyageur », a affirmé Anne-Sophie Hamel, directrice des affaires corporatives et des relations médias chez ADM.

Elle a tenu à rappeler que « le ralentissement au point quasi mort des activités aéroportuaires et l’absence d’aide ciblée pour l’industrie aérienne, une des plus touchées par la crise » depuis le début de la pandémie, « ont eu des effets dévastateurs sur la situation financière d’ADM ».

Quel accouchement laborieux pour une infrastructure essentielle à l’économie de Montréal et quel désastre avec une gare sous l’aérogare déjà construite qui servira d’entrepôt. En effet, prévue pour un train cette gare devient obsolète pour le REM.

Pendant ce temps on rame comme des forcenés pour assurer un nouveau parcours afin de sauver la desserte aéroportuaire, idéalement enrichie d’une gare de trains plus au sud (moins de 1 km) pour une correspondance avec le réseau ferroviaire.

Pourtant tous ces éléments sont indispensables afin d’assurer le trafic et l’attrait maximum de notre aéroport. Est-il nécessaire de le répéter, nous sommes en concurrence avec les aéroports canadiens et nord-américains notamment pour les incontournables routes internationales. Donc il nous faut les mêmes outils pour réussir.

Nous avons travaillé trop fort pendant des décennies pour regarder encore passer le train sans qu’il ne s’arrête en gare. Aujourd’hui le train principal a pris une autre forme (le REM), mais il est tout aussi indispensable pour relier efficacement YUL à l’ensemble du réseau de transport métropolitain.

Pendant ce temps les ententes inter-gouvernementales se font et se défont opposant la politique à l’économie. Il s’agit ne l’oublions pas de répondre aux intérêts supérieurs de la métropole et de son avenir dans l’industrie aérienne, grande créatrice d’emplois.

Ainsi chaque polémique retarde les travaux et nuit à sa réalisation. Un luxe qu’on ne peut se permettre si on souhaite retrouver le chemin de la croissance du transport aérien à Montréal et protéger nos acquis. Comprenons alors que les décisions d’aujourd’hui auront des effets à long terme sur l’ensemble des activités économiques de notre métropole et qu’un échec n’est absolument pas envisageable.

Ce qui me fait dire à nos chers politiciens, tout gouvernements confondus, de cesser de travailler à courte vue et de penser à développement durable avant tout. Ce qui veut dire que Montréal a impérativement besoin d’un aéroport moderne, efficace et relié dans les plus brefs délais aux différents modes de transport en commun pour en assurer le succès.

Alors cessons de tergiverser et agissons diligemment si on souhaite sortir renforcés des affres de cette double crise sanitaire et économique.

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My god… This provincial govt picks the most awkward timings to fight its battles…

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ADM : Ottawa doit assumer ses responsabilités

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Il me semble que Michel Leblanc résume bien la chose

Station du REM à l’aéroport : Montréal presse Québec et Ottawa de s’entendre

Le retrait d’un partenaire financier « pourrait compromettre la réalisation du projet », selon la mairesse de Montréal.

L’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau, à Montréal.
PHOTO : RADIO-CANADA / CHARLES CONTANT

Laurianne Croteau
12 h 57 | Mis à jour à 16 h 52

La Ville et la Chambre de commerce de Montréal pressent Québec et Ottawa de s’entendre sur le financement d’une station du Réseau express métropolitain (REM) à l’aéroport Montréal-Trudeau. Le gouvernement du Québec renonce à participer au financement réclamé par Aéroports de Montréal, privé de presque tout revenu depuis le début de la pandémie.

Le ministre des Transports, François Bonnardel, estime que Québec a suffisamment investi dans le projet de plus de 6 milliards de dollars et invite plutôt son homologue à Ottawa, Marc Garneau, à augmenter son financement pour cette station.

Nous jugeons que des efforts peuvent encore être faits par l’aéroport de Montréal, qui relève du gouvernement fédéral et non du Québec, dans la recherche d’une solution pour le financement de ce projet.

François Bonnardel, ministre des Transports

Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, n’a pas révélé jeudi s’il comptait pallier ce manque de fonds, mais a affirmé être déçu que le gouvernement provincial se retire du projet de liaison entre le réseau de transport en commun et l’aéroport après plusieurs mois de travail en collaboration avec notre gouvernement.

Une chose est sûre, toutefois, le projet se réalisera, selon Pablo Rodriguez, lieutenant de Justin Trudeau au Québec.

On est a minuit moins une, [les travaux] avancent vite malgré la COVID-19. J’espère que Québec va être à la table, mais nous, c’est certain qu’on va être là.

Le lieutenant de Justin Trudeau au Québec, Pablo Rodriguez, a l’émission Le 15-18

Il déplore que Québec se retire du projet la même semaine qu’il annonce son plan vert. Ceci correspond exactement à l’une des choses que l’on doit faire pour baisser les émissions de gaz à effet de serre, ajoute-t-il.

Un engagement sans équivoque d’Ottawa

Aéroports de Montréal (ADM) devait initialement investir dans le projet, mais l’organisation s’est tournée vers Ottawa et Québec, faute de moyens en raison de la pandémie. Elle affirme être incapable d’injecter les 600 millions de dollars nécessaires aux travaux.

Le gouvernement du Québec a déjà contribué au projet du REMRéseau express métropolitain à hauteur de 1,28 milliard de dollars, rappelle le bureau du ministre par voie de communiqué, et Hydro-Québec y a contribué pour 295 millions de dollars. En plus, le gouvernement a investi 192 M$ pour la mise en place des mesures d’atténuation, renchérit-il.

Le tracé du REM
PHOTO : CDPQ INFRA

L’engagement du gouvernement fédéral envers ce projet d’envergure est sans équivoque, assure le ministre Garneau par voie de communiqué, et le lien vers l’aéroport est incontournable pour le projet en entier.

Ottawa réitère l’importance du projet pour qu’il soit comparable aux autres aéroports dans le monde . C’est un peu gênant que notre aéroport international ne soit pas relié au réseau de transport en commun , avoue Pablo Rodriguez.

Une affirmation qui fait écho à la réaction de la Ville de Montréal, pour qui l’échec de la construction de cette station serait inimaginable.

La connexion de notre centre-ville à l’aéroport est nécessaire pour l’attraction d’investissements étrangers, la mobilité des travailleurs et le dynamisme de l’industrie touristique.

Youssef Amane, directeur des communications de la mairesse, par voie de communiqué

La Ville craint que le retrait d’un partenaire financier à ce stade-ci du projet mette sa réalisation en péril.

Des négociations sur la place publique

Le retrait de Québec ne devrait pas sonner le glas du projet, selon le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc. Tout le monde est convaincu que ça prend une gare du REM à Montréal-Trudeau […] je n’ai aucune inquiétude.

Quand je vois les gens qui disent que c’est en péril, je vous le dis, c’est de la négociation sur la place publique.

Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Il croit tout de même que la responsabilité de ce financement devrait incomber au gouvernement fédéral. On est dans le bras de fer sur qui devrait financer [le projet], sachant que celui qui était prêt à le faire ne peut plus le faire, explique Michel Leblanc. Je pense qu’à la fin, si on se dit que c’est au fédéral de bouger, le fédéral a les institutions pour le faire.

Le député bloquiste de Montarville, Stéphane Bergeron, abonde dans le même sens.

On n’en est pas à dire qu’il n’y aura pas de station du REM à l’aéroport Montréal-Trudeau. Mais je pense que Québec a raison de dire que l’aéroport, c’est d’abord et avant tout une juridiction fédérale. Alors, on s’attend peut-être à une intervention plus substantielle de la part d’Ottawa dans ce dossier-là.

L’aéroport voit ses revenus chuter

Selon des informations obtenues par La Presse, le gouvernement Trudeau prépare un plan d’aide pour le secteur aérien qui englobera aussi les aéroports. ADMAéroports de Montréal pourrait toucher du financement supplémentaire, mais il serait assorti de conditions de remboursement fixes.

En juin, le président-directeur général d’ADMAéroports de Montréal, Philippe Rainville, demandait à Québec et à Ottawa d’accorder un prêt assorti de conditions de remboursement souples en fonction du rétablissement de ses revenus pour que le projet puisse aller de l’avant.

Contrairement aux autres stations du REMRéseau express métropolitain, la gare YUL-Aéroport-Montréal-Trudeau devait être financée par ADMAéroports de Montréal. La corporation à but non lucratif a conclu une entente à ce sujet avec la Caisse de dépôt, maître d’oeuvre du REMRéseau express métropolitain, afin d’arrimer le tout avec son projet de réaménagement complet des accès à l’aéroport, estimé à 2,5 milliards de dollars.

Les travaux pour creuser un tunnel vers l’aéroport ont commencé il y a quelques semaines. Il est prévu que le réseau puisse desservir l’aéroport en 2024.

Avec les informations de Yasmine Khayat

Pour ce que ça vaut, le PLQ condamne la décision du gouvernement caquiste de se retirer du montage financier de la construction de la station du REM à l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau.

Ottawa paiera pour la station du REM à l’aéroport

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

L’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau, à Montréal

(Ottawa) Le gouvernement Trudeau compte sortir le chéquier pour maintenir sur ses rails le projet de construction de la station du Réseau express métropolitain (REM) à l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau.

Publié le 27 novembre 2020 à 5h00

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Joël-Denis Bellavance Joël-Denis Bellavance
La Presse

La ministre des Finances, Chrystia Freeland, confirmera dans sa mise à jour économique et financière, lundi, qu’Ottawa va avancer les fonds nécessaires à la réalisation de cette partie du projet, jugée cruciale par la Ville de Montréal et le monde des affaires de la métropole, a appris La Presse.

Mme Freeland est contrainte de délier davantage les cordons de la bourse fédérale à la suite de la décision du gouvernement Legault de se retirer du montage financier qui faisait l’objet de pourparlers entre Ottawa et Québec depuis quelques mois afin d’assurer la construction de cette station.

Ce projet est unanimement décrit comme essentiel pour doter l’aéroport d’un réseau de transport collectif intermodal digne d’une grande ville nord-américaine, au même titre que Toronto ou Vancouver, entre autres.

« Ça va être réglé la semaine prochaine », a indiqué à La Presse une source gouvernementale digne de foi qui a requis l’anonymat parce qu’elle n’était pas autorisée à parler publiquement de ce dossier.

Le gouvernement fédéral va payer pour la station du REM à l’aéroport. […] Ça n’avait tout simplement pas de bon sens de ne pas réaliser cette portion du projet. On fait le REM en grande partie pour avoir un lien rapide entre l’aéroport et le centre-ville de Montréal.

Une source gouvernementale qui a requis l’anonymat

Au départ, les coûts de construction de cette station, évalués à 600 millions de dollars, devaient être couverts par Aéroports de Montréal (ADM), mais l’organisme a vu ses revenus chuter de manière brutale à cause de la pandémie, qui a entraîné une diminution de 97 % du trafic passager depuis mars.

Résultat : ADM a lancé un appel d’urgence à Ottawa et à Québec au printemps pour que les deux ordres de gouvernement avancent les fonds nécessaires à la construction de cette station du REM, qui doit être construite à 35 mètres sous l’aérogare. Cette station, faut-il rappeler, fait partie d’un chantier plus vaste de 2,5 milliards de dollars qui vise à améliorer l’ensemble des accès à l’aéroport – un chantier qui a été en grande partie mis sur pause à cause de la pandémie.

Retrait de Québec

Sans cette injection de fonds par Ottawa et Québec, la construction de la station était en péril. L’appel à l’aide semblait avoir été entendu. Une valse de pourparlers et de négociations entre les deux capitales a donné espoir à ADM. La Caisse de dépôt et placement du Québec, maître d’œuvre de l’ensemble du projet de construction du REM, était aussi partie prenante des discussions.

Mais le ministre des Transports du Québec, François Bonnardel, a fait savoir à son homologue fédéral il y a deux semaines qu’il se retirait du montage financier, provoquant la stupéfaction à Ottawa, alors que l’on a déjà entrepris certains travaux de forage pour l’éventuelle construction de la station.

Le bureau de M. Bonnardel a alors soutenu que le Québec avait déjà contribué largement au financement du REM.

L’attachée de presse du ministre Bonnardel, Florence Plourde, a aussi fait valoir que l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau appartient au gouvernement fédéral.

Les ministres de la région de Montréal du cabinet de Justin Trudeau sont rapidement montés au créneau pour trouver une solution de rechange et éviter que la Ville de Montréal n’encaisse l’humiliation d’être privée de ce lien de transport collectif entre l’aéroport et son centre-ville.

Un projet « essentiel »

« Quelle grande ville dans le monde n’a pas un lien rapide entre son aéroport et son centre-ville ? Londres, Paris, Amsterdam, Tokyo, Toronto en ont un. C’est essentiel, et le transport collectif s’inscrit dans le plan du gouvernement pour lutter contre les changements climatiques », a-t-on souligné jeudi dans les rangs libéraux.

« La position de Québec est complètement insensée, à part peut-être pour faire une jambette au gouvernement fédéral et à la Ville de Montréal », a-t-on avancé.

Cette nouvelle injection de fonds fédéraux va rassurer ADM. La semaine dernière, l’organisme a rappelé qu’il s’agit d’un « projet structurant pour toute la communauté québécoise et qui est prêt à démarrer pour favoriser une relance verte et durable ».

ADM prévoit des pertes de revenus avoisinant les 600 millions pour l’année 2020 uniquement à cause de la pandémie. « Si elle n’obtient pas de prêt, ADM ne voit pas comment elle pourrait financer la construction d’une station du REM à l’aéroport, sans déroger à sa mission première d’autorité aéroportuaire. Avec un budget d’investissement réduit au strict minimum, ADM doit d’abord et avant tout favoriser les projets lui permettant d’assurer l’intégrité de ses actifs et la sécurité du public voyageur », avait affirmé à La Presse Anne-Sophie Hamel, directrice des affaires corporatives et des relations médias chez ADM.

Elle avait aussi rappelé que « le ralentissement au point quasi mort des activités aéroportuaires et l’absence d’aide ciblée pour l’industrie aérienne, une des plus touchées par la crise » depuis le début de la pandémie, « ont eu des effets dévastateurs sur la situation financière d’ADM ».

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10 messages ont été fusionnés à un sujet existant : Transport en commun - Discussion générale

Bon. Suite à l’énoncé économique du fédéral déposé aujourd’hui, on semble avoir prévu un certain montant d’argent pour la construction de la station à YUL du REM. Toutefois, on n’a pas indiqué qu’elle était ce montant… Hé misère ! :roll_eyes:

Ottawa donne toutefois un coup de pouce aux grands aéroports du pays, dont Montréal-Trudeau et Mirabel, en leur permettant de reporter le paiement de leurs loyers pour 2021, soit environ 200 millions de dollars. Ils devront être remboursés à compter de 2024. Les plus petits aéroports voient quant à eux leurs loyers de 2021, dont le total prévu était d’environ 29 millions de dollars, être tout simplement annulés.

Les mesures touchant les aéroports, « dont le report du paiement du loyer, permettront d’offrir une forme de soulagement temporaire aux autorités aéroportuaires du pays », a réagi Aéroports de Montréal (ADM) dans une déclaration écrite.

« Nous saluons l’annonce de la création d’un nouveau programme pour aider les grands aéroports à faire des investissements essentiels dans leurs infrastructures. Nous attendons maintenant que le gouvernement divulgue les modalités associées à ce programme afin d’analyser dans quelle proportion celui-ci pourra s’appliquer aux projets à venir à YUL. »

Ottawa entend en effet investir 500 millions sur six ans, incluant l’année en cours, pour permettre aux aéroports d’investir dans leurs infrastructures de santé, de sécurité et de transport en commun. Le programme mentionne spécifiquement la gare du Réseau express métropolitain (REM) que doit faire construire ADM sur son site, mais aucune somme n’y est attachée.

Un demi-milliard de dollars est aussi investi pour améliorer les infrastructures de santé, de sécurité et de transport en commun des aéroports. Cela inclut le financement du nouveau terminal du Réseau express métropolitain (REM) à l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau, précise-t-on.

Je pense que ce qu’il faut décoder, c’est qu’Ottawa subventionnera en partie la station, au lieu de seulement accorder un prêt remboursable à ADM.

Hum… Rien n’est moins sûre.

Flou autour du financement de la station du REM à Montréal-Trudeau

Lachine & Dorval | 11:24 1 décembre 2020 | mise à jour le: 1 décembre 2020 à 12:32 Par: Laurent Lavoie, Métro

Flou autour du financement de la station du REM à Montréal-Trudeau
Photo: Archives Métro | D’ici 2035, Aéroports de Montréal espère en attirer 15 millions de passagers de plus, à raison d’un million d’entre eux par année.

Un flou demeure autour du financement de la station du Réseau express métropolitain (REM) à Montréal-Trudeau, après l’énoncé économique de lundi du gouvernement Trudeau. Québec s’est retiré du projet récemment.

Dès 2020-2021, Ottawa prévoit 500 M$ sur six ans pour mettre sur un pied un «programme de paiement de transfert». Les grands aéroports qui travaillent sur des projets d’envergure comme la future station REM à Montréal-Trudeau, pourront recevoir des fonds.

Appelé à préciser ses intentions, Transports Canada n’a pas détaillé sur son éventuelle couverture des coûts de la station. Or, La Presse rapportait la semaine dernière qu’Ottawa assurerait le financement, et que l’annonce serait faite lors de l’énoncé économique.

«Nous saluons l’annonce de la création d’un nouveau programme pour aider les grands aéroports à faire des investissements essentiels dans leurs infrastructures. Nous attendons maintenant que le gouvernement divulgue les modalités associées à ce programme afin d’analyser dans quelle proportion celui-ci pourra s’appliquer aux projets à venir à YUL», a commenté la porte-parole d’Aéroports de Montréal (ADM) Anne-Sophie Hamel lundi soir.

Les détails seront présentés «lorsque ce sera possible», a fait savoir Transports Canada.

«Nous accueillons positivement la nouvelle de la mise en disponibilité, par le gouvernement fédéral, de solutions financières qui permettront à l’Aéroport de Montréal d’honorer ses obligations», souligne la porte-parole au bureau du REM, Emmanuelle Rouillard-Moreau.

Difficultés financières

ADM est aux prises avec d’importants problèmes financiers depuis le début de la pandémie. La corporation privée sans but lucratif révélait plus tôt cette année que son nombre de passagers avait baissé de près de 97%, ce qui représente des pertes de plusieurs millions de dollars.

Le trimestre qui s’est conclu le 30 septembre a compté sur 608 000 passagers, soit une baisse de 89,9% par rapport à la même période en 2019.

«ADM n’a actuellement pas les capacités financières pour assumer les coûts associés à la station», dit Mme Hamel.

Après que Québec ait annoncé son retrait, le ministère des Transports provincial indiquait avoir déjà investi 1,28 G$ dans l’ensemble du projet du REM et Hydro-Québec, 295 M$. Par ailleurs, 192 M$ ont été injectés pour des mesures d’atténuation.

La construction cette station est évaluée à environ 600 M$ et est la seule à ne pas faire partie de l’entente de CDPQ et de ses partenaires.

Sa mise en service a été repoussée à fin 2024. En effet, le bureau de projet du REM et la filiale Infra de la Caisse de dépôt et placement du Québec ont reconnu début novembre que des retards ont été accumulés cette année, notamment en raison de la crise sanitaire.

Allègement

D’autres mesures ont été annoncées par Ottawa pour réduire les dépenses des grands aéroports.

Le loyer de 21 administrations aéroportuaires sera allégé grâce à des fonds de 229 M$. Les grands aéroports seront d’ailleurs exemptés de ce paiement pour 2021. Le remboursement se fera sur une période de 10 ans à compter de 2024.

Toujours en raison de la baisse du nombre de vols dû à la crise sanitaire, 65 M$ iront en soutien aux administrations en 2021-2022.


Dans son communiqué suite à l’énoncé économique du gouvernement fédéral déposé hier, le Conseil du patronat du Québec croit que le gouvernement du Québec devra revoir sa position et prendre le relais du financement:

Énoncé économique du gouvernement fédéral : en attente d’une véritable relance

[…] Notons que pour soutenir les grands aéroports, le gouvernement rend disponible 500 millions de dollars sur 6 ans qui pourront notamment servir à la nouvelle gare du Réseau express métropolitain (REM) à l’aéroport de Montréal. Cette somme est une bonne nouvelle, mais le gouvernement du Québec devra prendre le relais pour finaliser le montage financier, sachant que l’aéroport ne peut pas assumer seul le reste du financement.

Y aura-t-il une station du Réseau express métropolitain (REM) à l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal? La question demeure, même si Ottawa a signifié son intention d’injecter des millions de dollars dans le projet.

Dans la mise à jour économique fédérale de lundi, Ottawa a annoncé la création d’un fonds de 500 millions de dollars sur six ans pour aider les grands aéroports, notamment avec des projets de transport en commun, comme la nouvelle gare du Réseau express métropolitain à l’aéroport de Montréal.

Par contre, ces sommes iront à tous les grands aéroports du pays. Il n’y en aura donc pas suffisamment pour financer uniquement le projet de station du REM à Montréal-Trudeau, qui devrait coûter environ 600 millions de dollars.

Au départ, la gare YUL- Aéroport-Montréal-Trudeau devait être financée par Aéroports de Montréal (ADM) à même ses revenus, contrairement aux autres stations du REM. Des revenus que la pandémie a toutefois fait fondre comme neige au soleil : 500 millions de dollars de perte seulement pour l’année en cours.

ADM s’est donc tournée vers Québec et Ottawa afin qu’ils épongent la facture de ce projet jugé essentiel par la Ville de Montréal.

Québec révise sa position

Il y a quelques mois, Québec avait signalé son intention d’offrir un prêt afin de couvrir environ les deux tiers des coûts du projet. Ottawa proposait de financer le reste avec une subvention.

Le gouvernement Legault a toutefois décidé de se retirer du projet il y a quelques semaines, affirmant que l’aéroport est de compétence fédérale. Selon ce raisonnement, c’est donc à Ottawa de couvrir l’entièreté des coûts.

Nous jugeons que des efforts peuvent encore être faits par l’aéroport de Montréal, qui relève du gouvernement fédéral et non du Québec, dans la recherche d’une solution pour le financement de ce projet, disait le ministre des Transports du Québec, François Bonnardel, en novembre dernier.

Un autre problème pour Québec : les coûts liés à la station qui seront entre deux et trois fois plus élevés que ceux des autres du réseau.

Le gouvernement Trudeau, qui était déçu de l’annonce de Québec, pense qu’il est encore possible de trouver une solution si tous les partenaires du projet reprennent les négociations.

Ottawa assure qu’il financera une partie du projet : les sommes proviendront du fonds annoncé lundi. Il est toutefois trop tôt pour indiquer l’ampleur de cette subvention. Une chose est claire, Ottawa ne sera pas le seul à payer pour le projet, et les autres partenaires devront faire leur part.

Les priorités d’ADM

Avec un budget d’investissement révisé au strict minimum, ADM doit d’abord et avant tout favoriser les projets lui permettent d’assurer l’intégrité de ses actifs et la sécurité du public-voyageur, indique la directrice des relations médias pour ADM, Anne-Sophie Hamel. Dans ce contexte, nous souhaiterions évidemment que Québec revoie sa position pour ce projet qui sera structurant pour toute la communauté.

Le budget d’investissement 2020 est réduit d’au moins 50 % et celui pour les années suivantes sera fixé au minimum vital et sécuritaire.

Anne-Sophie Hamel, directrice des relations médias pour ADM

Mme Hamel salue du même coup l’annonce d’Ottawa, mais attend de connaître les modalités associées à ce programme afin d’analyser dans quelle proportion celui-ci pourra s’appliquer aux projets à venir à YUL.

Elle explique aussi que le coût estimé du projet est plus élevé que celui des autres stations, parce qu’il inclut les frais d’aménagement pour connecter la station, qui se trouvera à 35 mètres sous le stationnement étagé de l’aérogare, et les coûts de la démolition d’une partie du stationnement étagé.

Station du REM à l’aéroport de Montréal | Ottawa invite Québec à hausser sa contribution


PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE | La construction de la station du REM à l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau est jugée cruciale non seulement par le gouvernement Trudeau et la Ville de Montréal, mais également par le monde des affaires de la métropole.

(Ottawa) Après avoir délié de nouveau les cordons de sa bourse lundi pour financer la construction de la station du Réseau express métropolitain (REM) à l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau, le gouvernement Trudeau invite Québec à en faire autant.

Publié le 3 décembre 2020 à 5h00 | JOËL-DENIS BELLAVANCE | LA PRESSE

Si la ministre des Finances, Chrystia Freeland, a annoncé dans sa mise à jour économique et financière qu’Ottawa mettait sur la table 500 millions de dollars pour aider les grands aéroports à faire « des investissements essentiels » dans leurs infrastructures comme les transports en commun, le projet de la station du REM ne sera pas le seul admissible au pays.

Même si la ministre Freeland cite nommément la nouvelle gare du REM à l’aéroport de Montréal comme projet admissible dans sa mise à jour, d’autres grands aéroports tels ceux de Calgary ou de Toronto pourront aussi soumettre des demandes de financement. En outre, les investissements fédéraux supplémentaires de 500 millions seront échelonnés sur six ans à compter de cette année.

Résultat : Ottawa continue de réclamer une contribution financière du gouvernement Legault, même s’il avance plus d’argent pour s’assurer que le projet de la station du REM voie le jour. Rappelons que le gouvernement Legault a annoncé le mois dernier son retrait des pourparlers qui avaient lieu depuis quelques mois entre les deux capitales pour échafauder un montage financier.

« Notre engagement envers ce projet d’envergure est sans équivoque, et le lien vers l’aéroport est incontournable pour le projet en entier. […] D’ailleurs, c’est pour cela que, lors de la mise économique du 30 novembre, nous avons annoncé des fonds fédéraux qui seront disponibles spécifiquement pour ce type de projets d’infrastructure aux aéroports », a expliqué Amy Butcher, directrice des communications du ministre fédéral des Transports, Marc Garneau.

« Il est impératif de trouver une solution étant donné l’importance de la station à l’aéroport pour l’ensemble de ce projet de transport en commun qui améliorera la mobilité pour les citoyens et les visiteurs de la grande région de Montréal pour des générations à venir. Nous allons devoir travailler avec l’ensemble de nos partenaires pour s’assurer que ce projet puisse se réaliser », a ajouté Mme Butcher dans un courriel à La Presse.

Au départ, les coûts de construction de la station, évalués à 600 millions, devaient être payés par Aéroports de Montréal (ADM), mais l’organisme a vu ses revenus chuter de manière brutale à cause de la pandémie qui a entraîné une diminution de 97 % du trafic passager depuis mars. ADM n’a donc pas les moyens financiers pour mener à bien le projet alors que des travaux doivent être réalisés.

Québec maintient sa position

À Québec, toutefois, le ministre des Transports, François Bonnardel, reste bien campé sur ses positions. Il maintient que Québec a déjà contribué largement au financement du REM et que l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau appartient au gouvernement fédéral.

L’aéroport de Montréal étant une entité fédérale, nous sommes satisfaits de voir le fédéral poser un geste. Notre gouvernement a déjà fait connaître sa position dans ce dossier. Le REM se rendra à l’aéroport, et ADM doit honorer ses engagements. - Florence Plourde, attachée de presse du ministre François Bonnardel

Mais chez ADM, on souligne que la crise financière provoquée par la pandémie se fait toujours sentir. L’enjeu lié au financement des coûts de construction du projet demeure donc entier.

« ADM n’a pas les capacités financières de payer pour les coûts associés à la construction de la station du REM sur son site malgré la contribution fédérale. Dans ce contexte, nous souhaiterions évidemment que Québec réévalue sa position quant à notre demande de prêt pour ce projet qui sera structurant pour toute la communauté », a indiqué Anne-Sophie Hamel, directrice des affaires corporatives et des relations médias chez ADM.

Si ADM salue la création du nouveau programme fédéral dans la mise à jour économique, on ne sait toujours pas quelle proportion de l’enveloppe proposée par Ottawa pourrait être attribuée à l’aéroport de Montréal.

Chose certaine, la construction de cette station du REM est jugée cruciale non seulement par le gouvernement Trudeau et la Ville de Montréal, mais également par le monde des affaires de la métropole, afin de doter l’aéroport d’un réseau de transport collectif intermodal digne d’une grande ville nord-américaine.

En coulisses à Ottawa, on maintient qu’il est « impensable » que cette station permettant de relier l’aéroport au centre-ville de Montréal ne voie pas le jour.

Au printemps, ADM a lancé un appel d’urgence à Ottawa et à Québec pour que les deux ordres de gouvernement avancent les fonds nécessaires, sans quoi le projet pourrait être en péril. L’appel à l’aide semblait avoir été entendu. Une valse de pourparlers et de négociations entre les deux capitales a donné espoir à ADM. La Caisse de dépôt et placement du Québec, qui est le maître d’œuvre de l’ensemble du projet de construction du REM, était aussi partie prenante des discussions. Mais le retrait de Québec a jeté un immense pavé dans la mare.

La solution ? La Banque de l’infrastructure.

Trouveriez-vous normal que le projet né spécifiquement pour relier le centre-ville à l’aéroport n’ait finalement pas de station à l’aéroport ? Moi non plus.

Publié le 4 décembre 2020 à 6h30

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Francis Vailles Francis Vailles
La Presse

C’est pourtant ce qui risque d’arriver au projet de train de la Caisse de dépôt et placement, le Réseau express métropolitain (REM), si la tendance se maintient. Personne ne veut ou ne peut financer l’entièreté de la station de l’aéroport Montréal-Trudeau, dont l’investissement s’élève, tenez-vous bien, à 600 millions de dollars.

Je sais, la joute est politique entre Québec et Ottawa et une solution devra être trouvée pour sauver le projet, mais pour l’instant, l’impasse est totale. Mon pif ? La Banque de l’infrastructure du Canada sera appelée en renfort.

Rappelons les faits. Aéroports de Montréal (ADM) avait accepté d’assumer la totalité de l’investissement de 600 millions avant l’arrivée de la COVID-19. Depuis, les avions restent cloués au sol et les passagers, à la maison, si bien qu’ADM n’a plus de revenus et donc de moyens pour financer le projet.

L’organisme demande donc l’aide de Québec et d’Ottawa. Il y a quelques semaines, les pourparlers allaient bon train, semble-t-il, Ottawa proposant d’accorder une subvention couvrant le tiers de la somme et Québec, d’assumer le reste sous forme de prêt avantageux.

Or, le ministre des Transports du Québec, François Bonnardel, refuse net d’avancer des fonds, désormais, étant donné que son gouvernement a largement financé le REM à ce jour.

Il a bien raison sur ce point. Au total, Québec s’est engagé à investir 2,4 milliards dans ce projet qui ne cesse de gonfler, soit deux fois plus qu’Ottawa (1,3 milliard), selon ma compilation des coûts, confirmée en haut lieu.

Au départ, les deux gouvernements devaient avancer la même somme (1,3 milliard), mais Québec a dû fouiller dans sa poche pour les à-côtés, comme la gare de l’autoroute 40, la contribution pour la plus-value foncière et la participation d’Hydro-Québec, notamment.

Et ne comptez pas sur la Caisse pour de nouveaux fonds, puisqu’elle en a déjà plein les bras avec les retards et le tunnel, qui a récemment été victime d’une détonation d’anciens explosifs. En vertu de l’entente, c’est la Caisse qui doit payer la facture de ce genre d’imprévus(1).

Au bout du compte, en incluant la gare de l’aéroport Montréal-Trudeau et tout le reste, le projet du REM coûtera 7,8 milliards – plutôt que les 5,5 milliards prévus au départ –, et ce sera vraisemblablement encore plus, avec les récents nouveaux retards et le problème du tunnel(2).

Les observateurs croyaient que, finalement, Ottawa allait acquitter la totalité de la facture de 600 millions, mais l’énoncé économique de la ministre Chrystia Freeland n’a proposé que 500 millions d’argent frais – et encore, l’enveloppe est destinée à l’ensemble des aéroports du pays.

Certes, le projet REM-ADM est le plus imposant et le plus avancé, et on peut penser que Montréal ira chercher la plus grosse part du gâteau des 500 millions, d’autant que le REM est le seul projet spécifiquement mentionné dans l’énoncé économique.

Il reste que si ADM obtient 300 des 500 millions, par exemple, il manquera encore 300 millions. Et que le fédéral, rappelons-nous, n’a plus les poches aussi profondes, avec son déficit de près de 400 milliards.

La Banque de l’infrastructure

Selon moi, deux avenues doivent être envisagées pour sortir de l’impasse.

D’abord, les gestionnaires d’ADM doivent aiguiser leurs crayons. L’enveloppe de 600 millions pour le projet apparaît gargantuesque, bien qu’il faille creuser à 35 mètres de profondeur pour le réaliser. En juillet 2019, ADM estimait que le projet ne coûterait pas plus de 250 millions.

Ensuite, il me semble qu’un autre partenaire doit fait partie de l’équation, appelé la Banque de l’infrastructure du Canada (BIC).

La BIC est une créature du gouvernement fédéral – comme ADM, d’ailleurs – et elle s’est vu transférer des milliards pour investir, justement, dans des projets d’infrastructures.

Dans le cas du REM, c’est la BIC qui a fait l’avance d’origine de 1,3 milliard, et non le gouvernement fédéral directement. Et son financement vient sous forme de prêts et non de capital-actions. Il est remboursable après 15 ans par le REM et il rapportera assurément à la BIC des intérêts annuels de 3 % au cours des cinq dernières années.

Ne serait-il pas convenable que la BIC fasse un prêt à ADM pour combler le manque à gagner ? Un prêt dont les intérêts pourraient commencer à courir après trois ans, par exemple ? Surtout sachant que d’ici là, les avions auront recommencé à envahir le ciel et les revenus d’ADM, à emplir ses coffres ?

La BIC n’a pas voulu confirmer ou infirmer qu’elle est engagée dans les négociations. Mais elle a sûrement l’oreille bien tendue, ayant comme président du conseil Michael Sabia – ex-PDG de la Caisse qui a lancé le REM – et l’administrateur James Cherry, ancien PDG d’ADM.

Chose certaine, il est impensable que le REM ne se rende pas à l’aéroport, et le gouvernement du Québec et la Caisse ont déjà mis beaucoup d’argent.

  1. À ce sujet, la Caisse a annoncé que le projet allait être retardé de 3 à 18 mois, selon les tronçons, ce qui allait encore faire enfler la facture. En décembre 2019, la Caisse avait déjà annoncé un dépassement de coûts de 230 millions.

  2. La Caisse parlait d’un projet de 5,5 milliards au début de l’aventure, en avril 2016, somme qui est passée à 6,4 milliards lors de la première pelletée de terre, en avril 2018.

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Station du REM à Montréal-Trudeau Une impasse de 600 millions

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

L’aéroport Montréal-Trudeau doit en principe accueillir une station du REM, mais le projet pourrait être mis en veilleuse indéfiniment.

Alors que le tunnelier du Réseau express métropolitain (REM) progresse à 30 mètres sous terre, l’inquiétude et la frustration grandissent chez Aéroports de Montréal (ADM) quant au financement de la station à Montréal-Trudeau, selon nos informations.

Publié le 26 janvier 2021 à 5h00

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Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

Le tunnel avance, mais la possibilité qu’il ne soit jamais utilisé reste sur la table. Le financement du projet de 600 millions est toujours loin d’être bouclé, au point où l’entité qui administre l’aéroport se dit « dans une impasse » et évoque la possibilité de mettre le projet sur la glace indéfiniment. Elle est privée d’une grande part de ses revenus par la pandémie de COVID-19.

Le gouvernement provincial s’était d’abord montré ouvert à venir à la rescousse d’ADM, avant de faire volte-face. Québec fait valoir qu’il s’agit d’une infrastructure fédérale.

La Presse a toutefois appris que le financement de 55 millions accordé quelques semaines plus tard par le même gouvernement au Port de Montréal — aussi une infrastructure fédérale — pour son projet à Contrecœur avait fait sourciller chez ADM.

Québec plaide que les deux dossiers ne sont pas liés.

Menace de « suspendre le projet de façon indéfinie »

ADM devait payer sa propre station du REM, mais a fait savoir en juin dernier que l’effondrement du trafic aérien avait plombé ses finances au point de la rendre incapable d’assumer un tel projet.

« Dans l’état actuel des choses, ADM ne voit toujours pas comment elle pourrait assumer les coûts associés à la station, estimés à 600 millions, sans déroger à sa mission première d’autorité aéroportuaire qui l’oblige à investir pour assurer la sécurité de ses installations », a réitéré la porte-parole Anne-Sophie Hamel dans un courriel, précisant que l’organisation demandait un prêt, et non une subvention.

Force est d’admettre que nous nous trouvons dans une impasse. Nous ne souhaitons pas avoir à nous rendre à un point où nous aurons à suspendre le projet de façon indéfinie.

Anne-Sophie Hamel, porte-parole d’ADM

Après avoir laissé flotter la possibilité qu’il s’acquitte de la totalité de la facture, le gouvernement fédéral a récemment annoncé un programme de 500 millions sur quatre ans pour financer des projets comme celui-ci. L’enveloppe est toutefois destinée à l’ensemble des aéroports canadien et ne pourra donc pas couvrir la totalité des coûts de la station du REM. À Ottawa, on espérait que Québec assume une partie des coûts.

« Le soutien du gouvernement provincial est absolument essentiel et nous croyons qu’il devrait revenir sur sa décision », a fait valoir Mme Hamel.

PHOTO FOURNIE PAR LE REM

Le tunnelier du REM, qui porte le nom d’« Alice »

« Aucun lien »

Au cabinet du ministre provincial des Transports, François Bonnardel, pas de mouvement. Le financement de 55 millions accordé au Port de Montréal pour son expansion à Contrecœur ne doit pas être comparé à ce dossier, a fait valoir l’attachée de presse Florence Plourde : « Les deux [projets] n’ont aucun lien. »

« L’argent donné au projet Contrecœur fait partie d’une enveloppe dédiée au transport maritime à laquelle le port est admissible, a-t-elle indiqué. Le gouvernement fédéral y met également beaucoup d’argent. »

En ce qui concerne la station du REM à l’aéroport de Montréal, aucune confirmation de montant du fédéral n’a été faite.

Florence Plourde, attachée de presse du ministre provincial des Transports, François Bonnardel

Chez ADM, on souligne toutefois que « des rencontres de travail avec des fonctionnaires du ministère [provincial] de l’Économie [ont été tenues] depuis le mois de juin, que les modalités d’un prêt avaient été convenues et que le statut de l’aéroport a toujours été le même ».

CDPQ Infra, le promoteur du REM, n’a pas voulu formuler de commentaires.

Le tunnelier doit creuser sur trois kilomètres pour relier l’aéroport de Montréal au reste du réseau du REM, sous des zones industrielles et sous les pistes d’atterrissage. Il a jusqu’à maintenant percé 277 mètres de terre et commence ces jours-ci à creuser le roc.

Le raccordement de l’aéroport Montréal-Trudeau au centre-ville de Montréal constitue l’une des principales raisons d’être du REM, projet de train léger de 67 km lancé en 2016 par la Caisse de dépôt et placement du Québec.

IMAGE FOURNIE PAR AÉROPORTS DE MONTRÉAL

Le projet de station du REM à l’aéroport Montréal-Trudeau

Un trou de 700 mètres

Ce n’est pas la première fois que la station du REM à Montréal-Trudeau fait la manchette. Il y a deux ans, de nombreuses critiques se sont fait entendre quant à l’absence de lien prévu entre la station du REM et la gare ferroviaire de Dorval, 700 mètres plus loin. Cette dernière accueille des trains de VIA Rail, mais aussi le train de banlieue Vaudreuil-Hudson. Ottawa a investi 2 millions pour trouver la meilleure façon de combler cet écart, mais aucun choix final n’a encore été annoncé.

Le REM en quatre dates

Avril 2016

La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) annonce son intention de faire construire et d’exploiter un réseau de métro léger sur rail qui relierait le centre-ville de Montréal à Brossard, à Laval et à l’aéroport Montréal-Trudeau. Le projet, appuyé par le gouvernement Couillard, est qualifié de « partenariat public-public ».

Avril 2018

La construction du projet commence, après l’attribution du gigantesque contrat au consortium NouvLR. Le groupe, notamment formé par les firmes SNC-Lavalin, Pomerleau et Aecon, devra bâtir les 67 km de rails et les 26 stations du réseau.

Décembre 2020

CDPQ Infra annonce qu’elle souhaite bâtir un deuxième réseau de métro léger sur rail reliant Pointe-aux-Trembles et Montréal-Nord au centre-ville. Le « REM de l’Est » doit permettre de revitaliser d’anciens quartiers industriels en cours de décontamination.

Printemps-été 2022

Le segment Rive-Sud du REM devrait être inauguré. Fin 2020, la Caisse de dépôt a affirmé que les travaux avaient pris six mois de retard, notamment à cause de la COVID-19 et de problèmes dans la réfection du tunnel centenaire qui passe sous le mont Royal.