Société

Bien que j’approuve totalement l’expression du sentiment de bienveillance en public. Je ne ressens pas le besoin de rentabiliser mon geste ou de le publiciser. Pour moi la bienveillance est un mode de vie qui se pratique plutôt discrètement au niveau personnel. Sa véritable rentabilité est sociale et sa raison d’être est évidente par le bien-être naturel qu’elle procure au quotidien à soi-même et aux autres. Elle fait d’ailleurs partie du panier des valeurs humaines, où le soi a prééminence sur le moi.

Bienveillance inc. : comment faire de la gentillesse son fonds de commerce

Jean-Philippe Marier aimerait lancer un mouvement international de la bienveillance pour (re)placer le cœur au centre de nos actions. Voici son plan pour y arriver.

Avec tout son attirail et sa bonne humeur, le fondateur d’Act4Love, Jean-Philippe Marier, ne passe pas inaperçu.

Photo : Radio-Canada / Denis Wong

Publié à 4 h 00 HNE

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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

Après avoir été, en quelque sorte, le « Terry Fox du hug » (52 pays, 9000 km de marche, 38 000 rencontres depuis 2022), le Longueuillois Jean-Philippe Marier aimerait lancer un mouvement international de bienveillance. Mais comment faire pour rentabiliser un tel concept? Bienvenue dans la tête d’un hyperactif qui veut (re)placer le cœur au centre de nos actions.

Le projet Hug4Love (aujourd’hui nommé Act4Love (nouvelle fenêtre)) est né durant la pandémie, une période où ce passionné de psychologie et d’entrepreneuriat a pu observer les effets de l’isolement social sur la santé mentale de ses congénères.

Avec ses économies, il se lance alors dans un projet de tour du monde à petit budget (1500 $ par mois pour se loger, se nourrir et se déplacer) qui le mène à traverser l’Asie au complet, une bonne partie de l’Europe de l’Est et le nord de l’Afrique durant deux ans.

Tel un homme-sandwich du câlin, Jean-Philippe est muni d’une pancarte accrochée bien en évidence au-dessus de sa tête, qui proclame notamment (le compliment change chaque jour) : Vous êtes en feu!

Montage photo des rencontres (souvent brèves, parfois plus longues) faites par Jean-Philippe Marier durant son périple autour du monde.

Photo : Jean-Philippe Marier

AILLEURS SUR INFO : Nez rouge en service à travers le Québec les soirs du 24 et 25 décembre

Pour être comptabilisée, chacune des 38 000 rencontres de rue, accolade ou simple high five, a fait l’objet d’une photo ou d’une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Le jeune homme compte quelque 24 000 abonnés sur TikTok.

Une demande d’homologation auprès du Livre Guinness des records est d’ailleurs en cours d’évaluation pour le plus grand nombre de jours d’affilée à accomplir des actes de bienveillance envers des inconnus dans le monde. À la rédaction de cet article, il était rendu à 1402 jours consécutifs à propager la joie et la gentillesse.

Quelques rencontres marquantes

  • Ismaël (sans-abri, Jordanie) – Je l’ai embauché comme caméraman d’un jour. On a passé un moment incroyable.
  • Jeune femme (malade du cancer, Turquie) – Elle venait d’apprendre la nouvelle et n’osait pas en parler à ses proches. J’étais le premier.
  • Jonathan (recroisé à Montréal après 12 mois) – Depuis notre rencontre, il m’a confié ne plus boire et a lancé une chaîne YouTube pour aider les gens à arrêter.
  • Elizabeth (Inuit, Montréal) – Elle m’a confié n’avoir pas reçu de câlin depuis probablement plus de trois ans.
  • Une dizaine d’interactions avec la police locale (Maroc, Égypte, Turquie, Arménie, Kirghizistan), souvent intriguée par ma pancarte.

Pour toute personne (dont l’auteur de ces lignes) qui n’est pas née avec un cellulaire dans les mains, la démarche de Jean-Philippe Marier peut amener bien des questions. Dont celles-ci : qui est ce gars qui semble presque trop heureux? Surjoue-t-il la bonne humeur pour donner un bon spectacle à ses abonnés sur les réseaux sociaux?

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On s’est vite rendu compte en passant un peu de temps avec lui que notre première impression était erronée. Si je ne faisais pas tout cela avec le cœur, je n’aurais pas été capable de sortir dans la rue, beau temps mauvais temps, comme je le fais chaque jour depuis près de quatre ans, explique Jean-Philippe Marier.

Il confie d’ailleurs que l’expérience d’entrer en contact avec de purs inconnus a été très nourrissante pour lui, et pas uniquement pour les pics de dopamine que cela lui procure.

Une « piste prometteuse » en santé mentale

Selon une étude, qui s’est penchée sur 122 personnes (nouvelle fenêtre) souffrant de symptômes d’anxiété ou de dépression sérieux, le fait pour ces patients de s’adonner à des actes de bienveillance durant cinq semaines donnait de meilleurs résultats que les deux autres méthodes testées : activités sociales et tenue d’un journal de leurs pensées. Les actes de bienveillance favorisent le lien social, un facteur clé du bien-être et du rétablissement après des troubles anxieux et dépressifs, mentionne l’étude, qui y voit une piste prometteuse.

Un constat aussi fait par Jean-Philippe Marier.

Le bonheur, ce n’est pas une destination, c’est une habitude qui se cultive. Ça nécessite un travail intérieur pour définir les traumas du passé qui font qu’on ressasse au quotidien des émotions négatives, comme la peur, la colère ou la culpabilité. Il faut ensuite apprendre à lâcher prise et à les remplacer par des émotions comme l’amour, la joie, la paix, l’excitation ou la gratitude.

Ce travail intérieur, ça prend du courage. Et c’est le cœur de mon projet : donner le courage aux autres de faire pareil.

Une citation de Jean-Philippe Marier

Après plusieurs mois à sillonner les rues de la planète à raison d’une à trois heures par jour, l’homme de 34 ans décide qu’il ne veut plus être identifié uniquement en tant que Monsieur Positif, car il a ajouté d’autres actions à son arsenal, comme les high five et les compliments, et les cartes de bienveillance avec des mots positifs, plus facilement acceptés par les inconnus croisés dans la rue.

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Depuis son retour au Québec, celui qui se présente désormais comme entrepreneur à impact social passe aussi du temps à peaufiner son plan d’affaires, tout en maintenant des sorties quotidiennes raccourcies, comme au marché de Noël de la place des Festivals où nous l’avons suivi.

Ayant développé une capacité à lire le regard des gens, le jeune homme est capable de savoir qui aborder ou pas… Les high five et les mots gentils s’enchaînent et le compteur des gestes de bienveillance placé autour de son cou augmente régulièrement grâce à un bouton déclencheur placé dans son gant.

Une application pour envoyer des mots gentils et un compteur des gestes de bienveillance complètent la pancarte de l’entrepreneur à impact social.

Photo : Radio-Canada / Denis Wong

Jean-Philippe, il a un grand cœur, j’adore ce qu’il fait, confie ChinoaMTL, un créateur de contenu montréalais croisé par hasard à la place des Festivals. Il faut se soutenir, car il y a beaucoup trop de haters sur les réseaux sociaux, ajoute-t-il.

Mais comment arriver à rentabiliser un tel concept devenu le centre de sa vie? Parmi les sources de revenus possibles à déterminer, il y a évidemment les dons d’internautes ou les revenus publicitaires de Google ou de TikTok. Jean-Philippe Marier voit plus grand et espère créer un véritable mouvement mondial de bienveillance pour que ses disciples et lui atteignent le chiffre d’un milliard de gestes de bienveillance d’ici 2040.

Pour y arriver, Jean-Philippe Marier a récemment conçu une application mobile ludique (Act4Love) dont les utilisateurs peuvent envoyer des messages de bienveillance (appelés uplifts pour satisfaire un futur public anglophone).

Créer le Pokemon Go de la bienveillance

À terme, ils seront invités à se rendre dans des commerces partenaires pour aller cueillir des mots de bienveillance. En gros, c’est comme le jeu Pokemon Go : les gens se déplacent, lisent un code QR et reçoivent une carte virtuelle avec un mot de bienveillance unique et numéroté qui donne accès à des prix à l’occasion de tirages au sort ordinaires. Les commerçants y gagnent en clientèle… si le concept décolle, bien sûr.

Cette gamification de la bienveillance pourrait aussi bientôt se déployer au sein d’entreprises décidant de suivre le mouvement avec des compétitions internes entre les services ayant commis le plus d’actes de bienveillance. Le jeune entrepreneur croit que son idée a d’autant plus de chances de trouver preneur que la loi 27, modernisant le régime de santé et de sécurité du travail, vient d’entrer en vigueur et pousse les entreprises à améliorer le climat de travail.

Des exemples de produits numérotés Act4Love en vente.

Photo : Jean-Philippe Marier

Une boutique en ligne de vêtements au logo d’Act4Love a aussi été ouverte. Si le mouvement prend l’ampleur espérée, les premiers acheteurs pourraient voir leur bracelet ou leur t-shirt numéroté (donc unique) prendre de la valeur, imagine le jeune entrepreneur.

À terme, Jean-Philippe Marier compte aussi développer une série de conférences sur le mieux-être, histoire de raconter son expérience et, qui sait… de convaincre quelques aventuriers d’embarquer avec lui dans l’aventure.

Chaque jour est un succès et je n’ai jamais été aussi heureux, confie le jeune homme. La meilleure manière de cultiver le bonheur, la joie et la positivité, c’est d’en donner.

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Gaz hilarant Drôle à mourir

Le gaz hilarant, perçu comme inoffensif, peut devenir nocif et même mortel. Au moment où cette drogue devient à la mode chez les jeunes consommateurs, les gangs de rue se sont emparés de ce marché clandestin, générant des tensions entre différentes cliques. Un dossier de Mayssa Ferah.

« On peut absolument devenir accro à ça »

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Boîtes de capsules de protoxyde d’azote en vente libre chez Canadian Tire

Les termes protoxyde d’azote ou oxyde nitreux ne vous disent peut-être rien. Ce gaz inhalé de façon récréative générant l’euphorie chez le consommateur est le plus souvent appelé « proto » ou « gaz hilarant ». Mais cette drogue n’a rien de comique, avertit Santé Canada.

Résumé

« C’est de l’air qu’on met sous pression dans des capsules en métal ou des bonbonnes. La plupart des consommateurs relâchent l’air dans un ballon et aspirent le gaz », vulgarise Roxanne Hallal, coordonnatrice administrative et intervenante au Groupe de recherche et d’intervention psychosociale (GRIP).

Le protoxyde d’azote n’est pas une nouvelle substance. Les dentistes l’utilisent généralement comme anesthésiant et les cuisiniers professionnels s’en servent pour faire de la crème fouettée. Au fil des années, c’est devenu une substance consommée de façon récréative.

« On peut absolument devenir accro à ça. Avec cet effet qui ne dure pas longtemps, c’est plus facile de perdre le contrôle et de vouloir en consommer plus », signale Roxanne Hallal.

Un avis de Santé Canada publié en novembre dernier met d’ailleurs en garde les consommateurs contre ce gaz.

Regain de popularité

Euphorie, distorsion des sens, sensation de légèreté : le buzz est là, mais ne dure qu’une minute avec les petites capsules, admet Camille*. La sensation peut se prolonger avec les plus grosses bonbonnes vendues sur le marché noir.

La professionnelle dans la trentaine inhale depuis plusieurs années du gaz hilarant avec des amis lors de festivals de musique. Elle a demandé l’anonymat afin d’éviter toute conséquence dans son milieu de travail.

Elle n’a jamais ingéré du gaz au point de perdre momentanément l’usage de ses jambes, un risque pourtant bien présent. « Le son est complètement déformé, comme si mes oreilles étaient dans une canne. Mon corps me donne l’impression que je vais perdre connaissance, mais ça reste rare. »

« Quand j’en achète, c’est pour moi et mes amis, parfois des dizaines de capsules. » Elle précise que c’est devenu assez banal dans son groupe, et que les effets durent de moins en moins longtemps.

La fréquence de consommation en une soirée pour obtenir un effet prolongé peut donc augmenter.

C’est là que le bât blesse : avec les drogues dont l’effet est court, on tombe vite dans un cycle de consommation excessive.

Roxanne Hallal, coordonnatrice administrative et intervenante au Groupe de recherche et d’intervention psychosociale

La carence en vitamine B12 causée par le gaz fait en sorte que certains consommateurs perdent toute sensation dans leurs jambes ou leurs bras de façon temporaire. On parle de paralysie permanente dans de rares cas. « Quelqu’un qui ne sent plus ses jambes peut tomber, se blesser, être impliqué dans un accident de la route. Dans les cas les plus graves, la personne perd connaissance. »

Pour Camille, la consommation se fait en groupe et avec des ballons. Certaines personnes de son entourage vont directement à la bonbonne, ce qu’elle juge risqué.

Le ballon est utilisé pour réguler la température du protoxyde d’azote.

Un consommateur qui ne prend pas cette « précaution » et aspire directement le gaz à même la bonbonne ou le siphon peut se brûler ou causer des dommages irréversibles à son œsophage.

« Les conséquences sont quand même extrêmes », avertit Mme Hallal.

Aucune donnée probante n’existe au Québec sur le gaz hilarant, note-t-elle.

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Roxanne Hallal, coordonnatrice administrative et intervenante au Groupe de recherche et d’intervention psychosociale (GRIP)

Le GRIP note un regain de popularité au Québec. « On s’en fait beaucoup parler par nos usagers. C’est une drogue qui est plus consommée en groupe dans un contexte de festivals ou de fêtes, une drogue de party », indique Mme Hallal.

Santé Canada insiste sur les risques de manquer d’oxygène lorsqu’une grande quantité de gaz est inhalée tout en retenant son souffle.

« Le protoxyde d’azote peut avoir plusieurs effets nocifs sur la santé à court et long terme, sans compter les risques de blessures en cas de chute causée par des étourdissements. Ce n’est assurément pas une substance chimique anodine à prendre à la légère », avisait en 2023 l’Ordre des chimistes du Québec.

Au moins trois morts accidentelles liées au gaz hilarant sont survenues au Québec dans les dernières années, selon une recension de La Presse (voir autre texte).

En vente libre

Se procurer des capsules de protoxyde d’azote en ligne ou dans les grandes surfaces est un jeu d’enfant. La Presse s’est rendue dans trois succursales Canadian Tire en expliquant au vendeur vouloir une dizaine de boîtes de dix capsules. Premier arrêt, la succursale du centre-ville de Montréal. Le protoxyde d’azote se trouve dans une armoire fermée à clé. Le commis constate une rupture de stock. « Ça arrive souvent », dit-il. Il nous propose d’en acheter en ligne.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Capsules de protoxyde d’azote sous clé dans un magasin Canadian Tire

Le produit était disponible dans les deux autres Canadian Tire visités, là aussi sous clé. Au magasin de Verdun, un jeune employé nous demande de combien de boîtes nous avons besoin avant de se rendre à l’arrière-boutique. Nous passons ensuite à la caisse libre-service.

Les capsules de gaz hilarant sont aussi vendues sur Amazon, confirme Roxanne Hallal. « C’est peu réglementé. J’ai quand même vu un changement quand c’est redevenu populaire ; les magasins l’ont mis sous clé. »

Les dernières années, la vente sur les réseaux sociaux comme Snapchat ou Telegram a débuté, ciblant une clientèle plus jeune. « Ils sont rarement dissuadés de consommer ça, contrairement au cannabis où des campagnes sont mises en place. Ce n’est pas illégal de se promener avec une bonbonne de protoxyde d’azote, donc ça évite les soupçons qui viennent avec la consommation d’autres drogues », estime Mme Hallal.

Commerce illicite de gaz hilarant Les bandits n’entendent pas à rire

PHOTO PHILIPPE TURPIN, PHOTONONSTOP FOURNIE PAR L’AGENCE FRANCE-PRESSE

Les bonbonnes vendues de façon illicite sont différentes des petites capsules offertes en vente libre, comme sur la photo. Elles sont plus grosses, valent plus cher et ont un emballage attrayant et parfois des parfums pour attirer une jeune clientèle.

Un cartel de « ballounes » qui exporte et vend des bonbonnes de gaz hilarant s’est formé à Montréal. Dans le milieu interlope, le protoxyde d’azote est une occasion sérieuse de s’enrichir. Le gang de rue Arab Power (AP) aurait la mainmise sur ce commerce aussi lucratif qu’inusité, ont confié plusieurs sources criminelles à La Presse.

Résumé

« Les gars AP ont pris le contrôle de ça et empêchent d’autres gangs d’en vendre à Montréal. C’est un commerce qui intéresse aussi des membres du crime organisé qui ont le contrôle du gang Rollin 90s. Il y a beaucoup de tensions pour s’approprier ce marché-là en ce moment dans la ville », selon un criminel.

Les bonbonnes vendues de façon illicite sont différentes des petites capsules que La Presse a achetées en vente libre. Elles sont plus grosses, valent plus cher et ont un emballage attrayant et parfois des parfums de fruits ou de menthe pour attirer une jeune clientèle.

« Un gars peut vendre à des dizaines de personnes par soir. Donc le vendeur remplit sa voiture de bonbonnes. Les plus grosses bonbonnes en métal coûtent entre 200 $ et 300 $ », révèle un autre criminel.

Les vendeurs clandestins se font eux-mêmes souvent attaquer et voler leurs bonbonnes par d’autres bandits, puisqu’il y a un intérêt pour ce marché. « Ça a donné lieu à plusieurs conflits, parfois des coups de feu », explique l’homme issu du monde interlope.

Malgré les risques pour les consommateurs et l’implication des gangs de rue, la police ne peut pas toujours procéder à des saisies ou à des arrestations comme pour les stupéfiants.

« Les policiers et policières constatent une certaine tendance du trafic du protoxyde d’azote (gaz hilarant), confirme le SPVM. Toutefois, cette substance n’est pas considérée comme une drogue et sa possession n’est pas criminelle. Le trafic n’est pas automatiquement interdit, car le protoxyde d’azote ne figure pas dans les substances aux annexes de la loi. »

Les autorités doivent prouver l’existence d’un réseau de vente et la simple possession ne mènera pas automatiquement à des accusations criminelles.

Selon Santé Canada, le protoxyde d’azote est considéré comme un médicament et ne peut être administré que par un professionnel de la santé autorisé. Il est donc interdit de vendre ou de promouvoir ce gaz pour inhalation récréative, d’en faire la publicité ou d’en distribuer sans autorisation.

Importation d’outre-mer

Plusieurs promoteurs de soirées festives organisées dans des clubs du centre-ville de Montréal seraient impliqués dans la vente de protoxyde d’azote, affirme l’une de nos sources criminelles. Ils feraient venir les bonbonnes de gaz par bateau ou par avion de France, où le protoxyde d’azote est plus répandu, nous explique-t-il.

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Une tendance confirmée par Santé Canada. « Nous avons saisi plusieurs produits non homologués et avons travaillé de concert avec l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) afin d’empêcher les livraisons non conformes d’entrer au pays. »

La Presse a publié en décembre dernier un dossier sur la hausse de la popularité du gaz hilarant chez les jeunes Français. Une série d’accidents mortels où le protoxyde d’azote était en cause a même poussé des autorités locales à interdire la vente de la substance sur leur territoire.

Lisez « Le gaz hilarant, drogue en vogue »

Des victimes bien réelles

La Presse a répertorié trois morts accidentelles au Québec dans les dernières années où le coroner a identifié le gaz hilarant comme cause principale du décès.

Résumé

Octobre 2018

Un jeune universitaire montréalais est trouvé mort dans son logement par un de ses proches. « Sur son lit et à côté de ses mains, un siphon culinaire avec des petites bonbonnes de recharge de protoxyde d’azote conçues pour préparer de la crème fouettée [est retrouvé] », note la coroner dans son rapport. Le jeune homme est mort par asphyxie en consommant de façon récréative.

« Il s’adonnait à la consommation de gaz hilarant en utilisant un sac de plastique pour accroître la concentration de gaz et, ainsi, augmenter les sensations et le plaisir obtenu. »

Mai 2021

Un père de famille est trouvé inerte dans son lit. Il porte un masque respiratoire avec de petites bouteilles de gaz reliées au masque. Il a vomi dans son masque et ne respire plus. Selon le coroner, il s’agit d’une mort accidentelle par intoxication liée à une consommation volontaire.

Avril 2023

Un groupe d’amis, dont certains consomment du protoxyde d’azote, sont réunis lors d’une soirée. L’un d’entre eux, Charles Lafontaine, demande à son ami Mohamed Amine Oumina de lui montrer son arme à feu. Peu après, un coup de feu retentit et M. Lafontaine reçoit un projectile. « La consommation de protoxyde d’azote qui cause de la distorsion sensorielle des membres a joué un rôle dans la mauvaise manipulation de l’arme et contribué au décès », écrit le coroner.

Tous les amis de M. Lafontaine ont paniqué et déguerpi sans lui prêter assistance. Oumina, d’abord en fuite, a été arrêté. Il a plaidé coupable d’homicide involontaire.

https://www.lapresse.ca/actualites/gaz-hilarant/drole-a-mourir/2026-01-14/gaz-hilarant/des-victimes-bien-reelles.php

Je n’avais pas réalisé que la dernière loi sur la laïcité empêchent même les signes religieux pour les parents bénévoles. C’est honteux à quel point le Québec suit l’exemple de la France pour exclure le plus possible les femmes musulmanes de la sphère publique, jusqu’à l’éducation de leurs propres enfants. J’espère que des éventuels procédures judiciaires viendront annuler ces lois profondément discriminatoires.

https://www.lapresse.ca/dialogue/temoignages/2026-02-18/loi-et-laicite/je-ne-suis-plus-la-bienvenue-a-l-ecole-de-mes-enfants.php

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Le metro est devenu un asile a ciel ouvert.

On ne doit plus tolérer des gens avec de problemes de toxicomanie et des problemes mentaux de flaner dans le metro.

Plusieurs interruption de service surviennent a cause d’eux.

Le bien commun doit primer avant les droits individuels.

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D’accord mais après les gens vont aller dans la rue et tu vas dire la même chose pour l’espace public?

Ce n’est pas une question de droit individuels, tu penses vraiment qu’on peut considérer être dans la rue un droit au même titre que la liberté d’expression?

Le vraie problème est l’échec étatique de ne pas avoir su endiguer la pauvreté actuellement et de ne pas avoir efficacement redistribué la richesse depuis les années 80.

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Bin en fait c’est pas mal moins pire depuis quelques mois…

Ce n’est pas la job de la STM d’enrayer la pauvreté…

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Oui certainement, je ne dis pas qu’il faut rien faire, mais c’était juste pour montrer que les discours simplistes qui ont été dit cachent la cause réelle de l’enjeu et ne font que mettre le blâme sur les mauvaises personnes.

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Ya des foutus limites qu’est ce qui donne le droit a quelqu’un de gueuler comme il veut dans le metro.

A madrid ils ont une sacré crise du logement beaucoup plus qu’ici et j’ai vue des campements sur le bord de certaine autoroute.

Et pourtant en 3 semaine dans le metro de madrid je n’ai pas vue une seule personnes en état de crise ou intoxiqué. Ya une surveillance dans le metro et c’est zero tolérance.

A Paris même chose on applique les même regles.

Le metro est un moyen de transport pas un refuge.

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Bin je suis un peu d’accord avec Andremd quand même. Flâner dans le métro, c’est interdit. Personne ne blâme les toxicomanes et les itinérants d’être pauvres, mais par contre on ne peut pas vraiment tolérer qu’ils soient un danger dans le métro.

Ceci étant dit. J’ai trouvé bien de la part de la STM par période de grands froids quand ils ont gardé certains édicules ouverts plus tard.

Ceci étant aussi dit, c’est aussi très vrai que nos gouvernements devraient investir dans des solutions à plus long terme que juste la répression de la pauvreté…

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Beaucoup de gens ont peur d’aller dans le metro ils ne se sentent pas en sécurité.

La liberté de l’un s’arrête quand il briment le droit a la majorité d’utiliser un moyen de transport en sécurité.

Et d’ailleurs c’est typiquement nord americains le laxisme dans les transports public

Au Chili , en argentine , au bresil , au perou etc… des pays que j’ai visité c’est zero tolerance dans les transports public et leurs services sociaux sont beaucoup moins dévelloppé qu’ici.

Peut être que certains ici pourraient parler du niveau de surveillance dans les transports public pour les pays asiatiques je presume que ca doit etre assez contrôler aussi.

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Vous comprenez mal ce que je dis, je n’ai rien contre le principe, simplement je dis qu’en réprimant la pauvreté on ne l’élimine pas, on ne fait que la déplacer et c’est pourquoi il ne faut pas juste réprimer et avoir un plan plus solide du gouvernement par-dessus cela.

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Vraiment ?

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Cher Agorien(ne)s,

Je comprends parfaitement qu’à Montréal, l’hiver est rude et que personne ne devrait être laissé au froid. La dignité humaine est fondamentale. Mais il faut aussi dire clairement une chose : un système de métro n’est pas un refuge. Sa mission première est le transport. Habituellement, flâner dans le métro ou dans les transports en commun est interdit. On ne peut pas simplement redéfinir sa fonction parce que la situation sociale est difficile.

On présente souvent la présence dans le métro comme une obligation absolue, comme si ces personnes n’avaient aucun autre choix. Or, la réalité est plus nuancée. Il existe des ressources, des refuges, des centres d’hébergement. Est-ce qu’ils sont parfaits? Non. Est-ce que tout le monde veut y aller? Non plus. Mais dire qu’il n’y a aucune alternative ne correspond pas toujours à la réalité.

Je fréquente souvent des endroits où il y a des personnes itinérantes. Je leur parle. Et ce que je constate, c’est que plusieurs ne souhaitent pas quitter la rue. Certains disent aimer cette liberté. D’autres apprécient le fait de ne pas avoir de loyer à payer ni de règles à suivre. Je respecte leur parole. Mais à un moment donné, quand cette situation entraîne des déchets, des comportements problématiques, des incivilités graves ou un sentiment d’insécurité dans le métro, il faut aussi penser aux milliers d’usagers qui utilisent ce service chaque jour.

Il y a un autre point crucial : la consommation de drogues comme le crack, la cocaïne ou l’héroïne est illégale au Canada, et encore plus problématique lorsqu’elle se fait en public dans un espace comme le métro. Quand cela se produit, cela crée un danger immédiat pour la personne elle-même et pour les autres. Dans ces cas-là, la Loi P-38 peut et doit être utilisée : elle permet à un juge d’ordonner l’évaluation et le traitement d’une personne dont la santé mentale ou les comportements représentent un danger pour elle-même ou pour autrui, incluant la désintoxication forcée si nécessaire. Sans cette intervention, on fonce droit dans un mur, avec des conséquences graves pour tous.

Ce n’est pas un discours contre les personnes en situation d’itinérance. Ce n’est pas un rejet de l’empathie. Au contraire, je crois qu’il faut plus d’investissement en santé mentale, plus de logements supervisés, plus d’accompagnement. Mais accepter que le métro devienne un refuge permanent ou un lieu de consommation n’est pas une solution durable. Cela ne règle pas les causes profondes et transforme un espace public de transport en zone de tension constante.

On peut tenir deux positions à la fois sans contradiction : respecter la dignité des personnes vulnérables et exiger que le métro demeure sécuritaire et fonctionnel. La compassion ne devrait pas exclure la responsabilité collective.

À mon avis, le débat devrait porter sur des solutions structurantes et efficaces, pas simplement sur l’acceptation passive d’une situation qui, pour beaucoup d’usagers, devient de plus en plus problématique.

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Oui vraiment.

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Je ne suis pas certain que parler de “liberté” en parlant d’itinérance soit approprié…

Le problème de l’itinérance est multi-factoriel. Tant que l’on adoptera pas des mesures sur le logements, sur la santé mentale, contre la pauvreté, qu’on augmentera pas le financement des organismes qui viennent en aides aux itinérants et aux refuges, rien ne changera.

Alors on peut augmenter la répression dans le métro, mais ça ne fera que déplacer le problème, pas le régler. De plus, cette répression nécessite des fonds, des fonds qui seraient donc gaspillés et qui seraient bien mieux d’être investis directement dans les lieux domaine qui luttent réellement contre l’itinérance.

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I mean… déplacer le problème au lieu de le régler. Je suis 100% d’accord avec vous, mais ce n’est pas le rôle de la STM de régler le problème de la pauvreté. C’est plate, mais c’est quand même un élément important dans cette discussion. Ce n’est pas juste une question de propreté ou de sécurité des personnes, c’est aussi un enjeu légal, qui touche aussi bien les assurances que la responsabilité de la STM envers la sécurité.

Non… Ça c’est juste complètement faux. Si la STM économisait des dollars sur la sécurité des stations, elle les dépenserait dans bien d’autres choses qui font partie de sa mission, qui n’est assurément pas de lutter contre l’itinérance.

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j’ai bien du mal à comprendre comment ces fonds sont gaspillés s’ils contribuent à un meilleur sentiment de sécurité dans le métro qui lui même contribue à une augmentation du nombre de passagers.

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Exactement, l’objectif de la STM n’est pas de lutter contre l’itinérance, donc autant qu’elle utilise l’argent à sa disposition pour remplir sa mission et que le gouvernement alloue les fonds nécessaires à la lutte contre l’itinérance aux bons endroits.

En ce sens, c’est donc bien de l’argent gaspillé : il ne permet pas de lutter contre l’itinérance, ni ne permet de bonifier les services de la STM, dans un contexte budgétaire compliqué pour les sociétés de transports.

Parceque chaque dollar dépensé pour le “sentiment de sécurité dans le métro” est un dollar qui aurait bien plus d’effet pour réduire l’itinérance s’il était dépensé auprès des organismes qui luttent réellement contre l’itinérance, ce qui aura un effet indirect mais bien réel sur le sentiment de sécurité dans le métro.
Entendons nous bien, ce n’est pas de la responsabilité de la STM ou de l’ARTM que de lutter contre l’itinérance, c’est de la responsabilité du gouvernement provincial. Et face à l’inaction gouvernemental, je comprends tout à fait que c’est dans l’intérêt direct de la STM d’investir de ce coté là pour augmenter l’utilisation du métro et donc ses revenus.

C’est un cas typique de tragédie des communs, dans lequel les sociétés de transports qui sont déjà dans le rouge financièrement se voient obligées de dépenser pour répondre à un manque d’action politique du gouvernement dans un domaine qui ne les concerne pas.

L’installation de portes pallières sur l’extension de la ligne bleu, et progressivement sur le reste du réseau, aurait eu effet bien plus importants sur la sécurité réelle et la responsabilité de la STM envers celle-ci. Mais non, les budgets sont dans le rouge, mais face à l’inaction du gouvernement, elle perçoit l’itinérance comme une perte potentielle de revenu et investit dans des agents de sécurités à la place.

Ça illustre bien le scénario de tragédie des communs que je décris.

Bin… je vois votre point, mais il faut apporter certaines nuances. L’installation de portes palières c’est un investissement en infrastructure, c’est différent du budget des opérations (quoi que c’est relié au final par l’allocation de capital). De plus, il y a quand même une grosse différence monétaire entre un projet à plusieurs centaines de millions et l’ajout de gardiens de sécurité. Il y a un exercice d’analyse des options qui est à faire ici.

Aussi, par sécurité je ne pense pas tant que ça à quelqu’un qui tombe sur les voies. La sécurité est plus là pour éviter des agressions physiques et l’usage de tabac, d’alcool, de stupéfiants dans le métro. Quelqu’un qui overdose sur les quais ça oblige l’intervention des services d’urgence, qui peut devenir un ralentissement de service…

Dans ma tête un endroit sécuritaire pour les usagers ça compte comme un service bonifié, au même titre qu’une station et des trains propres font partie de l’offre de service.

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On est d’accord. Le point que je soulevait n’était pas remettre en question le fait d’avoir des stations sans drogues et propres, mais bien celui qui est que s’attaquer aux causes de l’itinérance à l’échelle de la société aura un effet direct sur la sentiment de sécurité dans le métro.