Revitalisation de l'Est de Montréal

Sommet de l’Est Un hôtel au Stade, un centre d’innovation et des investissements d’entreprises

IMAGE FOURNIE PAR PROVENCHER ROY

Aperçu du futur hôtel de 200 chambres du Parc olympique

L’est de Montréal a vécu son moment de gloire à l’occasion du Sommet de l’Est qui s’est tenu lundi au Stade olympique. Aperçu des annonces.

Publié à 18h07

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André Dubuc
André Dubuc La Presse

Un hôtel-cinéma à la place de StarCité

Gestion Georges Coulombe annonce la construction d’un hôtel de sept étages d’environ 200 chambres en collaboration avec France Film, propriétaire du Cinéma StarCité, au coin sud-est du quadrilatère olympique. L’enseigne est inconnue pour le moment. « Le complexe hôtelier de 16 000 mètres carrés sera muni d’une salle multifonctionnelle pouvant accueillir 1000 convives, a expliqué Sonia Gagné, associée principale chez Provencher Roy, l’architecte au projet. On garde certaines salles de cinéma. Le stationnement devient une grande place publique. On prévoit le début de la construction en 2025. » Selon les promoteurs du projet, on dénombre seulement 5000 chambres d’hôtel à l’est de Papineau sur les 19 000 chambres dans l’île de Montréal. Gestion George Coulombe, c’est 30 immeubles et 115 000 mètres carrés de superficie locative. La société est propriétaire de l’ancienne usine American Co qui loge un Super C dans le secteur du Stade et exploite l’établissement hôtelier Le Manoir Stonehaven à Sainte-Agathe.

L’Est perd sa zone d’innovation santé

On ne choisit pas toujours ses endroits pour annoncer les mauvaises nouvelles. Questionné par le président de la Chambre de l’Est dans un panel, le ministre provincial de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a confirmé qu’« il tirait la plogue » sur la zone d’innovation santé qui devait voir le jour autour de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont. « Il n’y aura pas de zone d’innovation à court terme, a expliqué le ministre. Ce qui est arrivé, c’est qu’on a voulu avoir une zone beaucoup trop large à la fois thématique et géographique. Cela a causé des enjeux au niveau du financement privé. On va donc oublier temporairement la zone d’innovation globale, mais on focalise sur quelque chose d’extraordinaire qui est le centre d’excellence en thérapie cellulaire [associé à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont]. » Selon nos informations, les entreprises des sciences de la vie privilégient le centre-ville, pour la réelle proximité avec les universités et la disponibilité de la main-d’œuvre. « On a évidemment été déçus d’apprendre que le projet de zone d’innovation ne verra pas le jour. Ce projet revêtait une importance pour le secteur, c’est pourquoi beaucoup d’efforts et de travail ont déjà été faits par les partenaires pour le mettre en place », a fait savoir l’administration montréalaise dans une déclaration écrite. « C’est une très mauvaise nouvelle pour l’est de Montréal qui avait besoin d’un projet structurant au niveau d’une zone d’innovation, a réagi Julien Hénault-Ratelle, porte-parole de l’opposition officielle en matière de développement économique. Il blâme l’administration de Projet Montréal pour son manque de leadership dans le dossier.

Près de 40 millions pour une fenêtre sur le fleuve

La Ville de Montréal-Est a utilisé son droit de préemption pour acquérir un terrain en bordure du fleuve. Elle paie 19 millions au vendeur Esso. La mairesse de Montréal-Est, Anne St-Laurent, se réjouit de l’enveloppe de 20 millions allouée à la décontamination de ce terrain stratégique. Les travaux devraient commencer l’an prochain. Le lot de plus de 100 000 mètres carrés sera transformé en un carrefour commercial, récréatif et culturel. Un parc occupera 21 % de l’espace. Mais le site ne servira pas à un usage résidentiel malgré sa localisation avantageuse. Ayant utilisé son droit de préemption, la Ville acquiert le terrain aux mêmes conditions que l’acheteur initial qui avait vu son offre acceptée par le vendeur. « Notre première idée était de mettre du résidentiel pour maximiser la valeur associée à la proximité du fleuve », a expliqué la mairesse St-Laurent, présente au Sommet.

Lisez « Québec prend en charge la décontamination des terrains industriels »

Un fonds pour l’Est

Le fédéral n’est pas resté les bras croisés. Huit organisations se partagent 11 millions en provenance de Développement économique Canada (DEC), dont Laboratoires MZL, l’Institut de technologie des emballages et du génie alimentaire du cégep de Maisonneuve, Aliments Merjex, Aliments Ouimet-Cordon Bleu, Catelli et le Centre en immunothérapie du cancer C3i. « Ça va aider ces organisations dans la transformation verte, vers la carboneutralité de leurs activités », dit Soraya Martinez Ferrada, députée d’Hochelaga, ministre du Tourisme et ministre responsable de DEC. En plus, un fonds de 10 millions par an pendant trois ans sera réservé pour les entreprises et organisations de l’est de Montréal.

Grand parc de l’Est

La Ville de Montréal a profité de l’évènement pour annoncer sa volonté d’agrandir le parc-nature Pointe-aux-Prairies pour en faire le grand parc de l’Est de 700 hectares. « L’idée est de protéger les derniers terrains avec des milieux humides dans l’est de Montréal », a expliqué Caroline Bourgeois, vice-présidente du comité exécutif, responsable des grands parcs, des sports et des loisirs. La mairesse Valérie Plante a confirmé la réfection du collecteur d’égout de Montréal-Est au coût de 80 millions. Il s’agit d’un chantier essentiel pour permettre le raccordement éventuel des futures infrastructures desservant les friches industrielles. En même temps que Québec et Ottawa, Montréal met 300 000 $ dans le Carrefour d’innovation bioalimentaire, porté par le collège de Maisonneuve, La Cuisine collective Hochelaga-Maisonneuve et PME MTL Centre-Est, et situé au 5600, rue Hochelaga.

Annonces en rafale

Polytechnique a déposé un projet au gouvernement provincial pour ouvrir un centre d’innovation sur les technologies propres d’environ 4000 mètres carrés au 5600, rue Hochelaga, dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. Une centaine de chercheurs et d’employés y évolueront si le projet devient réalité. Le détaillant de plein air Décathlon envisage de déménager son siège social canadien à son centre de distribution de la rue Dickson. Loracon a commencé récemment la construction d’un premier bâtiment industriel carboneutre de plus de 35 000 mètres carrés au nord de l’autoroute 40 à Montréal-Est. Un des plus grands acteurs de la planète du domaine pharmaceutique s’y installerait. L’acquéreur des activités de nettoyage industriel au Canada, la française Ortec envisage de doubler l’effectif de son bureau montréalais, situé dans le quartier Pointe-aux-Trembles, d’ici deux ans. Au 1977, rue des Futailles, la Société des alcools du Québec commencera d’ici la fin de l’année la construction du centre automatisé de Montréal de 10 000 mètres carrés destiné aux commandes en ligne, notamment.

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